lundi 7 mai 2012

LE QUARTIER DE LA GARE DE MON ENFANCE

Je vous parle d’un temps que les moins de cinquante ans et les actuels nouveaux habitants du quartier ne peuvent pas connaître : celui des années cinquante à soixante, vieux donc d’une soixantaine d’années. Les souvenirs que j’en ai sont les miens ; mes contemporains en ont d’autres, différents, complémentaires.

Venant du centre de Vielsalm et tout juste après avoir dépassé le Salm-Home du baron Janssen, nous arrivons donc au quartier de la gare bien distinct du reste de la localité, surtout dans la mentalité des gens. Qu’y trouve-t-on à ce moment-là ?



1ère partie : le côté gauche de la rue

La vieille chapelle St-Gengoux et N.D. de Luxembourg perchée sur son talus entre les arbres – un monument en hommage aux coloniaux y sera érigé plus tard – précède la grosse maison Cottin. La première partie de celle-ci est occupée par Charles Maus et son épouse d’origine française, la seconde par la famille de Marcel Rulmont.



Au Bazar de la Salm chez Halconruy, plus tard chez Dejosé, on trouve presque tout mais notamment des sacoches, des valises, du papier peint, des articles religieux, des cartes postales, etc…

Le magasin d’ameublement de Raymond Monfort fournit tous les meubles de la maison : il en fabrique certains car il est menuisier.

Après les entrepôts de chez Payon, le garage Louis Barbette, concessionnaire des motos Saroléa et taxi à l’occasion avec sa grosse Chevrolet toujours garée en face.

La boulangerie Au Pré Fleuri de Paul Remacle où son épouse Suzanne vend, notamment, des délicieuses gosettes à la pâte feuilletée. Je salive.

A l’angle des Chars-à-Bœufs, un petit square, avec une grande croix de bois, entretenu par la famille Payon. Dans les Chars-à-Bœufs, se trouve la maison et le cabinet du bon docteur Remacle et bien sûr le Pensionnat du Sacré-Cœur où ma maman est allée à l’école. Elle en était, à l’époque, la plus jeune élève. Nous y allons parfois à la messe célébrée par l’abbé Cateau. Dans la ruelle adjacente de la Chapelle, citons, entre autres, la famille nombreuse Clotuche et chez Grégoire. Et dans les maisons du bas des Chars-à-Bœufs : Fernand Bock, le marchand de glace que l’on trouve lors de tous les événements et aux points stratégiques les jours d’été et la famille Billiet, notamment.

Le Garage de l’Etoile où Arthur Jeunejean vend annuellement une quantité étonnante de Renaul 4CV, Dauphine, Frégate, etc… Sur la vitrine à gauche de la porte d’entrée est peinte de temps à autre une scène rappelant les innombrables victoires en rallye des Dauphine Gordini. L’artiste inconnu sait y faire !

A côté, la forge des frères Roger et Emile Guillaume. J’entends les marteaux qui frappent l’enclume. Dans le travail, un cheval est ferré à neuf. Je sens la corne de ses sabots qui fume et grésille. On peut acheter là des écrémeuses Mélotte et – le progrès est déjà bien en route – des tracteurs Deutz.

La vitrine de la modiste Andrée Remacle propose des chapeaux qui actuellement auraient encore du succès.

Le petit magasin de Madame Habotte propose tabacs et chiques de toutes sortes. Ici aussi je sens un mélange de tabac, de cannelle et de je ne sais quoi de sucré.

Le café et la pension de la famille Orianne. Joseph travaille aux carrières du Gros Thier, a mon Gômez. Je le vois sortir de la galerie poussant avec deux ou trois autres ouvriers de fond un wagonnet chargé de blocs de schiste à scier ou à fendre. Les jours de fête à la gare, c’est lui l’homme-orchestre. Son épouse : Léna ; ses filles Geneviève et Fanny.

Après le Bureau luxembourgeois d’assurances et immobilier de Marcel Rulmont et chez Jean André ( Jean Mâtchwè)qui a épousé Flore en secondes noces nous voici à la librairie de Joseph Goldstein. S’il fait beau il est assis dans son fauteuil en osier devant la porte et porte une penne qui le protège du soleil. On y trouve journaux, films, cartes- routières, timbres-poste, etc… Une année (au moins) était-ce au moment du Tour de France ou pendant toutes vacances, je ne sais plus, un avion lui amène en début de soirée un paquet de journaux qui est largué dans un champ sous la beurrerie.

Madame Delvaux-Bovy, elle, est la propriétaire de l’Hôtel de la Salm possédant une magnifique cave creusée dans le roc. Sa fille Simone la seconde tandis que son fils Lolo navigue au loin sur des navires dont il est le cuistot.

Après chez Nottet, voici une autre boulangerie, celle de Louis Bruyère. Nous disons chez Smet (peut-être parce qu’il y avait eu là auparavant un Schmets ?) Nous n’y allions pas pour une rancune dont j’ignore la cause, futile à coup sûr.



Trois ou quatre maisons où habitent Gaston Jacques, son épouse Nestorine et deux filles de deux mariages différents, la veuve Burnotte et son fils Jean-Marie, les Rondeux et nous arrivons chez le menuisier Gustave Duvivier. Ici je hume la bonne odeur du bois, des copeaux et de la sciure qui s’amoncelle au sol. Gustave tient aussi deux ou trois vaches. Vers 1960 ou 1961 un terrible incendie détruira tout sauf le corps de logis.



Après chez Léopold Georges et Laure Wampach (dont une fille établie à Bruxelles et revenue pour la fête à la gare décèdera dans la nuit suivant le bal, je ne sais plus en quelle année) voici les établissements René Cottin : aliments pour bétail, charbons et station essence Purfina. Plusieurs véhicules et un personnel déjà nombreux mais c’est Marie Dantine qui retient mon attention : installée à l’étage, elle reprise les sacs en jute. Elle est déjà bien âgée cependant. Son fils Charles fait aussi partie du personnel. Un soir, grosse animation dans la rue : des moteurs vrombissent, le Tour de Belgique auto patronné par Purfina se ravitaille ici. Aloys Schonne, le comptable, ne sait où donner de la tête pour servir tous ces pilotes. Les Cottin ont construit plus loin une villa assez haut perchée : je ne sais qui l’habite. Plus tard, ce sera le Docteur Caprasse et sa famille venus de Salmchâteau.

Au-delà trois terrains dits Pré le Comte ne sont pas bâtis. Dans le premier, ce même Docteur Caprasse va bientôt y construire une grosse maison dont les travaux seront pour nous un petit événement. Dans l’autre, mon papa met ses jeunes veaux et c’est par là que nous grimpons aux carrières pour y faner un champ qu’il y loue, ou simplement pour jouer, explorer… Les carrières et leur réseau de rails pour wagonnets, avec plaques tournantes, les machines pour scier et fendre les blocs, une activité incessante : quelle source d’émerveillement pour un gamin ! Je sens la fraîcheur venant des profondeurs quand, l’été, on se place à l’entrée de la galerie. Lorsque la société a construit le moulin à schiste, il a d’abord fallu agrandir les ouvertures des portes car les machines n’entraient pas. Et au début de l’exploitation, tous les champs alentour seront couverts de poussière de schiste !

Au bas du dernier champ en bord de route se trouve un fortin juste au bord de la route et quelqu’un (qui ? pourquoi ?) y a dressé une grosse croix faite de deux troncs d’arbre. Tout au bout de la rue et donc de la localité, sur un petit terre-plein, Ernest Lassine a installé sa roulotte et son dépôt de ferraille et de vieilles voitures. Il y a de la brouille dans la famille comme l’indique l’avis affiché « Ce n’est pas la même maison d’en face » (sic). En bord de route, un tuyau débite une eau claire et abondante de façon continue. C’est la trûtchète qui évacue le trop plein d’une ancienne galerie de carrière. On va encore parfois y chercher des cruches d’eau mais elle sert surtout à laver les voitures.

Plus loin, voici le défilé majestueux de ma Fosse-Roulette.


2ème partie : le côté droit de la rue

Après la belle maison de chez Robertfoid dans son parc arboré, la maison Winand-Martin fournit tout ce qu’il faut aux dames et dans le même immeuble, Jacques Winand propose tous les travaux d’imprimerie et édite le journal Le Pays de Salm.

Les établissements Payon gérés par Marcel Payon et son fils Gustave vendent des charbons et des aliments pour le bétail. Une bascule permet de peser tout camion avant et après déchargement.



La Place du Tram est le terminus de la ligne Lierneux-Vielsalm depuis que les voies dans la localité ne sont plus utilisables en raison des dégâts causés par la guerre. Juste à côté, le dépôt de matériaux de l’entrepreneur Englebert.

Sur la route vers la gare, on trouve d’abord l’épicerie tenue par la veuve d’Odon Jeunejean. Le drame du Côreû est encore tout récent mais ce n’est que bien plus tard que j’en aurai vraiment connaissance. Lucienne est secondée par son père Lucien Ruche, un homme calme et tranquille qui, en outre, effectue des travaux de jardinage dans plusieurs propriétés de la localité. Passé le pont sur le Glain que, ignorants des dérangeantes fantaisies de l’hydrographie locale, nous appellerons encore longtemps La Salm, nous voici chez Carle : café, hôtel, restaurant. Eugène, après avoir été employé à la chasse à courre fait le taxi au volant de ses Ford successives. En face, seul bâtiment à droite sur cette portion de rue, l’ancien relais des malles-poste avec ses caves sur deux étages est occupé par la famille Jacques : Maria épouse Benoît, René, handicapé profond, Clémence et Arthur à la démarche zigzagante et saccadée.

Et là devant nous, LA gare où règne une activité incroyable. En aval un vaste quai de découpe de bois chargés directement sur les wagons du chemin de fer à destination des mines de charbon. En amont, l’entrepôt des colis d’où partent chaque jour plusieurs camions dont le Hanomag de Henri Malchaire de Ville-du-Bois et puis une aire de chargement et déchargement des marchandises avec de part et d’autre deux voie ferrées réservées à cet effet. En outre, on y trouve une rampe de chargement pour les véhicules militaires, chars, jeeps et half-tracks utilisés à la caserne. Chaque matin, une locomotive procède aux « manœuvres » : elle répartit les wagons amenant les marchandises pour permettre leur transbordement sur les camions et constitue un convoi avec ceux expédiant d’autres marchandises vers des destinations parfois lointaines. Lors des grèves de 1960, de nombreux wagons restèrent bloqués là et devinrent le temps que l’activité reprenne un terrain de jeu nouveau donc intéressant : nouveau pâturage ravit le baudet !

Demi tour.
Après le café de Clémentine Lugens, bières Haecht, où viendront plus tard Yvon et Jeanne Meurice, voici les grands magasins du Centenaire, a mon Djan Hinri : Jean, avec sa maman Clarisse et souvent la servante Rosa venue des cantons de l’Est vend épicerie, articles de ménage, papiers peints et couleurs au rez- de -chaussée, de la vaisselle en tout genre au sous-sol, des jouets au premier et des valises au second. A l’approche de la saint Nicolas nous pouvions aller nous « documenter » au premier qui était alors particulièrement bien fourni. Le papa Joseph et le fils José, eux, s’occupent de la quincaillerie, des poêles et de l’outillage.

Passé la route vers Rencheux, les commerces deviennent plus rares au profit des maisons d’habitation.

Omer et Anna Richelle sont au service de chez Cottin. Ils ont deux filles : Raymonde et Jacqueline.

Lucie Cottin qui avait épousé Marcel Close était une femme instruite et je pense qu’elle sera la première femme à siéger au Conseil communal. Ses parents Victor Cottin et Jane Delsinne habitèrent un temps avec elle.

René Cottin est incontestablement le plus gros commerçant du quartier ; c’est même un industriel car il possède aussi une usine à Chokier en bord de Meuse. Au service de son épouse et de leur quatre enfants, il y a une servante, Gerda, venant elle aussi des cantons de l’Est.

André Jeunejean continue le commerce de son père Arnold qui, lui, était plutôt fabricant et expédiait des machines agricoles jusqu’au Congo, comme en témoigne une carte postale. Lui se limite à des essoreuses, lessiveuses, réchauds à gaz, petit matériel pour les agriculteurs. Deux filles Myriam et Nadine que je n’ai jamais revues.

A côté, chez désiré Nizette, la fille Suzanne, couturière, a épousé Armand Lesage qui travaille « au téléphone ». Quand il revient en moto, leur chienne lui fait chaque jour un accueil long et bondissant. Le frère Albert, aussi érudit autodidacte que misanthrope, a élu domicile dans la cave qui sent toujours son savon à barbe ! Suzanne, devenue veuve, sera une des premières dans le quartier sinon la première, à posséder la télévision et elle nous invite souvent à aller voir certaines émissions.

Gilbert Brasseur est mon coiffeur : il a son salon chez ses parents Georges et Marie. On y trouve aussi des cannes à pêche et même des carabines. C’est donc aussi le rendez-vous des chasseurs et des pêcheurs.

Le gros Edouard Triolet est son voisin. Tellement gros qu’il profite de ce que mon père vend un veau ou un cochon qu’il faut peser sur la bascule pour vérifier son poids. Sa fille, veuve, s’est remariée avec Maurice Rouxhet de Stavelot. L’épouse de ce dernier et leurs quatre enfants de 7 à 14 ans ont été assassinés le 19 décembre 1944 par les Nazis lors des tueries de Stavelot. Pas étonnant que Maurice ne rit pas tous les jours. C’est à lui que je dois mon baptême de l’air ; il volait en effet à partir de Spa et de Verviers.

François Triolet avait épousé une brave flamande, Léonie ; ils hébergèrent les parents de celle-ci devenus vieux mais ne connaissant malheureusement pas un mot de français. François se déplaçait toujours avec son vélo, car il avait des difficultés pour marcher, et son chien ; celui-ci sera un jour attrapé et tué par la voiture d’un jeune instituteur, Joseph D. juste avant le pont du chemin de fer et presque sous mes yeux.

Et nous voilà à ma maison natale. Je suis le premier enfant de Marcel Nizet et de Marie-José Jeunejean. Une sœur et un frère viendront ensuite. Mon père est fermier, a une bonne douzaine de vaches, un cheval, quelques veaux, un temps des cochons. Ma vieille Nénenne Mélanie Lansival vit avec nous. Une de ses occupations est de servir le lait à une douzaine de clients quotidiens : une chaise basse est installée dans le corridor ; dessus un litre et un demi-litre pour l’appoint.
Ici, j’entends le roulement du tram qui, quatre à six fois par jour, rythme notre activité, là-haut aux carrières le bruit de l’armure sciant les blocs de schiste et celui des wagonnets déversant les déchets sur les vèrdôs , à l’arrière les innombrables trains de marchandises transportant quotidiennement le coke vers le Grand-Duché et tirés par deux énormes machines à vapeur, plus tard des Diesel, l’incessant bruissement de la grande eau, l’êwe du Sâm, qui s’intensifie deux fois par jour lorsque Cierreux lâche. J’ai rédigé à l’intention de mes filles une longue description de notre maison et de notre vie au long des jours.

Quelle belle époque ! Et pourtant…

Mes yeux s’embuent. Une larme perle, roule et s’écrase sur mon clavier…

Il convient de signaler une particularité de la plupart de ces dernières habitations : elles ont presque toutes un banc sur le trottoir ; on l’occupe tard le soir en été ou les dimanches après-midi pour regarder le spectacle de la rue, car c’en est un. Simple et naïf passe-temps d’une époque révolue.

Nos premiers voisins à droite sont Aloys et Zoé Schonne et leurs trois filles. Je suis en conflit permanent avec Zoé et traquer ses poules est un de mes passe-temps préférés : ça me vaudra une fois la visite des gendarmes !

Le greffier Bozet est passionné de photographie : il a réussi un très beau cliché de sa fille Chantal en train de m’embrasser. Nous avons 5 ou 6 ans…

Vient ensuite Pierre Clause, menuisier, charpentier, charron avec sa deuxième épouse Thérèse et son fils, le grand Maurice, notre meilleur voisin : toujours là pour rendre service, faire plaisir..., et s’engueuler avec mon papa à propos de football ou de coureurs cyclistes.

Chez Magotiaux : encore un petit magasin tenu par Léonie. Son mari Victor est un personnage peu commun. Il ne tolère pas, par exemple, que nous jouions derrière chez lui, dans l’eau des carrières, petit ruisseau charriant de la poussière de schiste où nous créons un réseau de canaux et de barrages avant qu’il ne se jette dans la rivière.

Après chez Lengler qui seront remplacés par la famille (nombreuse) Laurent, voici la maison basse de chez Lesenfants. Edouard Lesenfants qui ne manqua pas d’aller voir au Casino (ou était-ce déjà au Lido ?) le film Les enfants d’Edouard ! Son fils Gilbert deviendra notre instituteur.

René André dit Tchanmathî est transporteur routier et possède un des premiers camions Mercédes d’après-guerre avec lequel il parcourra plus de 800.000 km. De ce fait, il reçoit une revue de la firme dont il me fait cadeau.

Le dépôt de vieux fers et vieilles voitures de Louis Lassine est assez impressionnant et cache presque les roulottes dans lesquelles habite sa nombreuse famille. Nous allions souvent lui vendre des vieux fers que, sans vergogne, nous allions rechercher par derrière ou alors nous posions négligemment le pied sur la bascule lors de la pesée. Une fille, Mariette, construit une petite maison qui sera plus tard achetée et rehaussée par Raymond Parmentier. Le fils de celle-ci, Jeannot, se tuera en vélomoteur du côté de Gouvy tandis que son cousin Alex sera une des quatre victimes de l’accident au bout de la ligne droite de La Bedinne dans la Neckar d’Eric Dupré.

La dernière maison est celle d’Aline triolet dont le mari a été tué pendant la guerre par une balle (allemande, je présume) juste à côté de notre maison. Elle-même sera victime d’une explosion de gaz. Elle a deux enfants : Edouard et Fernande.

Derrière chez elle une passerelle sur la rivière permet de rejoindre la route de Rencheux près du pont du chemin de fer. Là se trouve une cabine de signalisation où travaille souvent Maurice Clause et un quai de découpe du bois où nous jouons souvent. Je sens la bonne odeur de la résine de sapin.



Passé le Pont des Perches, deux habitations adossées : chez Bastin, Jules (maçon) et Irma ( employée « au téléphone » dans le même immeuble que la poste dans la rue du Général Jacques) et chez Emile Lallemand. Devant ces maisons, un immense garage de chez Cottin où est entreposé du fourrage. Nous y jouons souvent à l’insu des propriétaires mais nous en sommes parfois délogés par Aloys.

Derrière les magasins Lallemand, un passage est le vestige de l’ancien chemin venant de Vielsalm et se dirigeant vers Salmchâteau par le gué du Pont des perches. Cela, je ne le saurai que bien plus tard. Pour le moment le passé de la localité n’est pas une préoccupation. Dommage car j’aurais appris des choses qui m’ont échappé à tout jamais. Il y a là une habitation occupée un temps par la famille Billiet puis par la famille Labarbe-Barbette ; Marcel faisait saint Nicolas pour le quartier. Par une gripette courte mais abrupte entre chez Lugens et chez Jeunejean nous revenons sur la place.

Ici se termine cette évocation du quartier de la gare de mon enfance et j’aurais pu être bien plus long; je l’ai quitté depuis trente-cinq ans mais, on l’aura compris, une partie de moi-même y est restée. Tout cela a bien changé. Est-ce en mieux ? Est-ce en moins bien ? Presque toutes les personnes citées nous ont quittés. Ne restent des vrais de la gare encore sur place que ( sauf erreur de ma part) Gilbert Lesenfants, Nicole Triolet, Guy et Odette Cottin, Freddy Lallemand, Anne-Michèle Delvaux, Jacquelmine Carle, Jacqueline Winand ; ajoutons-y le notaire Cottin : ce n’est pas pour cinquante mètres ! Enfin, il me plaît de citer Odon et Jean-Claude qui sont restés eux aussi dans la localité et avec lesquels j’échange souvent des souvenirs de la gare. Puissions-nous le faire encore longtemps.

RN / ronizetvielsalm (signe habituel)hotmail.com

5 commentaires:

  1. Bonsoir,

    Je suis tombé par hasard sur votre blog;
    Je suis un des petits enfants d'Aloys et de Zoé.J'imagine bien ma grand-mère, que nous appelions bonne-maman vous houspiller alors que vous taquiniez ses poules dans le "biez" comme ils disaient. Je me rapelle bonne maman gardant précieusement épluchures de pommes de terre, coquille d'oeufs etc, les rassemblant presque religieusement dans une écuelle émaillée, blanche et dédiée à cela, écuelle que bon papa descendait à "ses" poules tous les soirs.
    Ah, souvenirs, souvenirs

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  2. Mille merci d'avoir fait "revivre" mon bon papa et ma bonne maman

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  3. Myriam et Nadine ont habité Liège, rue Grétry; Nadine serait décédée;

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  4. bien merci,je recherchais quelques renseignements
    concernant mon arrière grand-père qui vivait à l'époque dans une roulotte

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  5. moi qui ne suis pas d'ici , je suis de Soignies, région d'ouvrier carrier , combien vielsalm a changé,mais je vous comprend très bien quand vous dites que vous vous rappeliez très bien des bancs ou tout le monde se retrouvais devant chez lui jusqu’à la lueur de la nuit ,moi c'est un de mes plus beaux souvenir, sans stress on partageais ce qu'on avais , si on faisais des crêpes dans la rue , touts les copains arrivait et nous pareil chez eux ..... quel temps merveilleux !

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