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mardi 12 janvier 2016

HISTOIRE : La dalle à incrustations dans l’église de Vielsalm

La prestigieuse dalle à incrustations d’un chevalier en armure portant les armoiries de Salm découverte dans les ruines de l’église de Vielsalm en avril 1953, ne serait-elle pas celle du fils d’Henri VII dernier comte de Salm ?

►L’éminent historien Jules Vannérus, informé de la découverte par Georges Bernard (propriétaire des ruines du château à Salmchâteau), de Bruxelles, et Arsène Rollé, de Grand-Halleux, datait cette dalle du XVe siècle et démontra qu’il ne pouvait s’agir que d’Henri VII, comte de Salm, mort en 1415.

(J. VANNÉRUS, La pierre tumulaire du dernier comte de Salm-en-Ardenne, Henri VII, mort vers 1415, dans BIALUX, 1954/3-6)

►Gaston Remacle, l’historien de Vielsalm, l’attribua à son père le comte Henri VI mort vers 1360.

(Journal « L’Annonce de Vielsalm », du 22-08-1954 ; G.REMACLE La pierre tombale d'un comte de Salm découverte à Vielsalm en 1953, dans GSHA, n°10, 1979/51-55)

►Sur le site de L’Institut Royal du Patrimoine Artistique de Belgique, le monument est daté du XVIe siècle.

 Il est indiscutable que le monument soit similaire aux dalles de la seconde moitié du XIVe siècle, dont le style à perduré bien au-delà de la moitié du XVe. Pour s’en convaincre, il suffit de compulser les ouvrages sur les monuments funéraires en pays mosan, rédigés par Hadrien Kockerols.

Selon le contremaître des travaux de reconstruction, Alex Yvaney, la dalle se trouvait du côté de l’Épître (à gauche de l’autel), recouverte d’environ 30 cm. de remblai. Elle reposait sur des pierres disposées pour une fondation de mur. Il n’y avait donc pas de fosse ou d’ossements en dessous. Elle avait déjà été déplacée, pour servir de pièce de soutènement. (Note de Gaston Remacle, 24-07-1954) 

Il faut rapprocher de la découverte de la dalle de Vielsalm, celle, plus curieuse, du squelette d’un cheval, à proximité du chœur de l’église, dans l’ancien cimetière ! (Journal « L’Avenir du Luxembourg » du 04-04-1953) Arsène Rollé avait lu dans un manuscrit de l’instituteur Rasse, une note faisant état d’une comtesse de Salm qui fut enterrée avec son cheval favori. (J. VANNÉRUS, La pierre tumulaire du dernier comte de Salm-en-Ardenne, Henri VII, mort vers 1415, dans BIALUX, 1954/3) En prenant en considération les risques sanitaires encourus par l’enfouissement d’un animal de cette taille au cœur du village et au su des rigueurs du culte catholique concernant les terres consacrées eu égard aux inhumations (par exemple, les enfants mort-nés ne pouvaient pas y être inhumés), je crois que ce cheval devait revêtir une importance particulière, pour qu’on l’ensevelisse à cet endroit.

 Il est établi que les comtes ne séjournaient que très rarement à Salm. L’inhumation de l’un d’entre eux dans l’église de Vielsalm constituait une exception. Dans les conditions prévues par Henri VII pour l’accession à la propriété du comté de Salm au seigneur de Reifferscheid figurait la recherche du corps de Henri, son fils, mort sur le champ de bataille à Othée (Liège). En outre, il devait s’occuper de sa sépulture. Missions dont le seigneur de Reifferscheid s’était acquitté comme en témoigne le procès de 1456 pour la possession du comté.

(J. VANNÉRUS, Les comtes de Salm-en-Ardenne, 1029-1415, seconde partie, t. 52, Arlon, 1921/164)

 Quoi de plus symbolique pour le seigneur de Reifferscheid dont la finalité était l’acquisition du comté de Salm, que de ramener les dépouilles du chevalier, de sa monture, et d’élever un monument dans la première église du comté ? Cette cérémonie exceptionnelle doit avoir eu lieu vers 1408 et a certainement marqué la population locale pour que près de trente ans plus tard, elle réclame l’héritier du seigneur de Reifferscheid comme comte de Salm.

(J. VANNÉRUS, Les comtes de Salm-en-Ardenne, 1029-1415, seconde partie, t. 52, Arlon, 1921/165)

Georges  BENOIT

samedi 8 août 2015

VIELSALM : DE LA PROPRIÉTÉ BIEVER à la RUE DU VIEUX MARCHÉ (4/6)


Les années sinon les mois de la grande propriété sont comptés.
Et effectivement dès 1953, un projet d’aménagement de celle-ci est établi. On est sûr de la date car il est représenté sur ce plan une future construction  [de] Mr Hoffman. On le verra plus loin, Edgard Hoffmann a acheté une parcelle en 1953 et y a construit sa maison en 1954. Ce projet prévoit une demi- douzaine de maisons espacées par des îlots de verdure : on verra que la réalisation sera quelque peu différente.
Le 20 mai 1956, L’Annonce de Vielsalm publie un avis du notaire Jean Duchâteau-Caprasse informant le public qu’il est chargé de vendre de gré à gré à la demande de Mademoiselle Marie-Thérèse Sépult trente-cinq parcelles de nature et d’importance diverses et réparties dans toute la commune, et notamment une maison de maître sise place Paulin Moxhet, avec nombreuses dépendances, remise, jardin et vastes garages, d’une contenance formant ensemble de 17 ares 10 ca.
Elle est bien décidée à tout vendre pour, on le verra plus tard, rejoindre son frère  dans son exil helvétique.
Marie-Thérèse Sépult.


***

Parcelle par parcelle, la propriété du centre de Vielsalm va donc être vendue complètement. La chronologie de son démantèlement me semblait intéressante à établir. N’ayant pu obtenir du Cadastre les modestes renseignements que je sollicitais, j’ai donc dû m’y prendre autrement et ayant frappé à la bonne porte, celle de Joseph Toubon que je remercie déjà,  j’ai pu établir grosso modo la transformation du grand mur de schiste en rue bâtie. Ce qui suit n’est pas un relevé exhaustif de l’évolution des parcelles cadastrales : ce n’est pas le but. Chacun  pourra  éventuellement compléter ce texte par des précisions personnelles. Toutefois, ceux qui auraient des renseignements complémentaires intéressants, qui connaîtraient des anecdotes, qui posséderaient des photos (une de Jules  Sépult serait particulièrement bienvenue) ou des documents relatifs à ces transformations pourraient me les communiquer directement (*)  ou à l’éditrice de L’Annonce. Ils en sont déjà remerciés.


Edgard Hoffmann, sur le clocher de l'église.
Le premier à acquérir une parcelle, le 9 juillet 1953, est Edgard Hoffmann. Il y construit une maison en 1954.  Il est surveillant de travaux et au même moment ont lieu les travaux de construction de la nouvelle église. Les mauvaises langues racontent que tous les camions de pierres n’allaient pas jusqu’à l’église ! Il est un fait que les matériaux sont les mêmes.  La parcelle d’Hoffmann étant enclavée, il est convenu dans l’acte de vente qu’il est établi à perpétuité au profit du lot vendu une servitude de passage de trois mètres de largeur sur les parcelles voisines de telle sorte qu’il aura accès à la rue de l’Hôtel de Ville.
Edgard Hoffmann décède sur le chantier de l’église le 25 novembre 1954 alors que l’aménagement final de sa nouvelle maison n’est pas terminé. Sa veuve Germaine Denis ne l’occupera guère car elle suivra comme dame de compagnie Marie-Thérèse Sépult en Suisse jusqu’au décès de cette dernière en 1978 donc. Madame Denis et sa fille nous vendront cette propriété en 1986. Les caves et le garage seront transformés en local commercial à destination de librairie-papeterie d’abord et actuellement d’atelier de reliure artisanale.
Remarquons que du grand mur de schiste existant au moment où commencent ces ventes il ne reste actuellement qu’un morceau de moins de trois mètres nous appartenant.

(*) robertnicolas.nizet@gmail.com                                   Robert NIZET                                                       


mardi 6 janvier 2015

Concernant les cloches de l'église de Vielsalm

Martin LEGROS
FONDEUR DE CLOCHES BOUVIGNOIS

À propos de notre étude sur Martin Legros parue dans le numéro de Noël du Guetteur Wallon, nous avons reçu plusieurs communications intéressantes. Notamment cette note de M. Hallet, curé-doyen de Vielsalm.

« En 1772, Martin Legros fondit à Vielsalm une petite cloche pesant 410 kilogs et donnant le LA haussé, au son argentin, don du comte Sigismont de Salm-Reifferscheid et Esterazy. On raconte que le comte et la comtesse s’amenèrent au moment de la coulée auprès de l’artiste, installé dans la prairie du « Doyard » et jetèrent dans le métal en fusion des cuillères, des fourchettes, etc., en argent, pour rehausser le timbre de la cloche.

« Celle-ci porte l’inscription suivante : « Laudo Deum verum, clerum et plebem voco, Festa decoro, Tempestatem fugo. Me fudit Martinus Legros, expensis nobilium et generosorum Comitum Salmensium 1772 »

« Elle est ornée d’un bel écusson aux armes des Salm-Reifferscheidt-Esterazy, d’une exécution très nette. »
Nous remercions M. le doyen Hallet de sa communication et nous lui enverrons prochainement des renseignements sur Charles Joris qui a fondu en 1732 une autre cloche de Vielsalm.
Nous serions reconnaissants à nos lecteurs s'ils voulaient nous signaler les cloches qui ont été fondues par ces braves « clocmanns » ambulants. Il serait intéressant de faire le folklore de cette corporation d'artistes wallons. E. C.


Extrait de: Le Guetteur Wallon 1929, p.20

mardi 5 mars 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps


Dans l’Organe du 12 février 1905 :
La série rouge continue à Lierneux : jeudi dernier le feu a détruit trois maisons appartenant à M. Guillaume. Cette catastrophe porte à 12 le nombre de maisons incendiées à Lierneux depuis un mois !

Jules Jeunejean, mécanicien et maréchal ferrant informe que ses ateliers seront transférés rue de la Station dans l’ancienne maison Arasse.
 Il s’agit de l’immeuble Cottin,  Simon jusque récemment (puisqu’il vient d’être vendu et va être rasé) et situé  sous le monument aux Coloniaux. Un certain Walrant (ou Wallerant ?) y a aussi (avant ou après ?) fabriqué des pierres à rasoir.

Enfin, l’éditeur incite ses lecteurs à demander les nouvelles cartes postales illustrées de la chasse à courre de Vielsalm. Sans doute Gillet se bornait-il à les imprimer, laissant à plusieurs commerçants de la localité le soin de les éditer ?

Dans l’Organe du 11 février 1906 un abonné signale l’état lamentable du matériel roulant sur la ligne Gouvy-Libramont : les trains y sont composés de voitures légères destinées à ne faire que du 45km/h mais roulent souvent à du 60 km/h pour récupérer le retard. Donc le matériel est détraqué, disloqué, les ressorts déformés et on subit des secousses. Pourtant il existe, remisées dans des dépôts, de nombreuses voitures construites pour le service des voyageurs durant l’exposition de Liège.

A Bovigny, une chasse avait été organisée à la Heid. Un sanglier avait été blessé et fut poursuivi par quelques chasseurs mais l’animal rendu furieux bourra sur eux à différentes reprises et cassa la jambe gauche à Jules Jacob de  Rogery. Soins donnés par le Dr Lomry qui participait à la chasse et la bête de 76 kg achevée.

Il est annoncé dans l’Organe du 27 janvier 1907 que les obsèques solennelles pour le repos de l’âme de Monsieur Lucien Remacle seront célébrées en l’église de Ville-du-Bois le mercredi 30 janvier courant à 10 heures du matin.
Lucien Remacle, agent du comité spécial du Katanga et décoré de l’étoile de service de l’Etat indépendant du Congo, était né à Ville-du-Bois le 4 juillet 1870 et est décédé au poste de Lubefu le 26 septembre 1906.

On suppose, vu le délai, que le corps avait été rapatrié.

L’Organe du 24 janvier 1909 relate l’accident mortel survenu à la halte de Rencheux : Gengoux Peters de Ville-du-Bois, garde barrière de nuit, a été tamponné par le train de marchandises de 21h45 et trouvé à l’état de cadavre vers 22 heures. On suppose qu’il n’aura pas entendu venir le train ou que, trompé par l’obscurité, il  se sera approché trop près de la voie.

L’Organe du 6 février 1910 donne le compte-rendu complet de la séance du 30 janvier du conseil communal. Il y est question d’une lettre de la Fabrique d’église tendant à obtenir l’autorisation de placer une nouvelle horloge à l’église. Celle qui existe est dans un tel état de délabrement qu’elle fait craindre des accidents et qu’elle indique l’heure d’une façon très irrégulière, étant en fonction depuis 203 ans. Le devis présenté par M. Lugeler de Strasbourg, ayant comme représentant à Vielsalm Joseph Starck,  s’élève à 1864 Fr et l’intervention de la commune serait de 932 Fr. Bien qu’il y aurait eu appel à deux fabricants mais qu’un seul devis soit présenté, la proposition de placement est admise à l’unanimité.

 L’Organe du 9 février 1913 est consacré, comme très souvent, principalement au compte rendu du conseil communal. Cette fois-ci, celui-ci commence par indiquer qu’une assistance nombreuse se trouvait dans la salle, attendant avec stoïcité l’ouverture des débats qui, malheureusement pour eux, se sont déroulés le plus courtoisement et sans altercation.

Ce n’était pas toujours le cas.

Ces séances du conseil semblaient être attendues et suivies comme une distraction fort prisée ! Remarquons cette fois, notamment,  une demande de subsides des Zélés Orphéonistes de Bêche (un Bêchlî sachant manier la plume ne pourrait-il nous instruire sur cette société ?) et une pétition des gens de Rencheux réclamant l’eau alimentaire !

A Lierneux, dimanche dernier vers midi, la maison de Mr J. Massoz a été tellement malmenée par le vent que le pignon a été enlevé. Une personne qui était alitée a été projetée de l’étage au rez–de- chaussée et y est arrivée indemne. Il n’y a pas d’accident à déplorer.

M. Léopold Michaux, ancien docteur à Vielsalm, qui était parti au Congo l’année dernière (1913) est décédé à Kambové le 28 janvier dernier à l’âge de 47
ans.

                                                                                     Robert NIZET

lundi 4 octobre 2010

Vielsalm. ― L’Eglise.


Vielsalm. ― L’Eglise.

― Construite en 1717 par les comtes de Salm, elle possède au fond de l’autel à droite un tableau artistique, véritable chef d’œuvre d’auteur inconnu qui représente le meurtre de St-Gengoux la tête fendue, sur son lit, sa femme qui regarde la scène à la lueur d’une chandelle par l’entrebaillement d’une porte, une hache, instrument du crime, et l’assassin qui s’enfuit dans l’obscurité.

dimanche 4 octobre 2009

La paroisse de Salm-Vielsalm.

(publié le 21 décembre 1978)

Il y a bien des siècles déjà qu’un centre paroissial s’est créé à l’endroit devenu Vielsalm ; mais on ne sait quand. Il s’agissait alors d’une grande paroisse régionale.

Un document de 1131 mentionne l’existence de l’ « ecclesia de Salmes » ; c’est à propos de redevances dues par cette église à l’abbaye de Stavelot. Sans nul doute, cette église de Salm est l’ancienne paroisse de Salm qui a subsisté jusqu’en 1803.
Ainsi signalée en 1131, elle existait alors déjà depuis longtemps, certainement, et sa création ne peut être due qu’au travail apostolique des moines de Stavelot.
C’est vers 650 que l’abbé Remacle et ses compagnons s’installèrent à Stavelot et commencèrent sans tarder l’évangélisation de la région.

Cette paroisse de Salm était fort grande. Elle comprenait les territoires des actuelles communes de Grand-Halleux, Petit-Thier et Vielsalm, de même que les villages de Goronne, Cierreux et Commanster. Elle avait ainsi pris les limites de deux anciens domaines contigus. On ne sait quel a été son nom à son origine ; celui de « Salm » n’a pu lui être attribué qu’après la création du comté de même nom.

Pendant longtemps, cette ancienne paroisse ne comporta qu’un seul édifice du culte, chapelle ou église, que tous les paroissiens rejoignaient en temps opportun.
Dès le début, une église s’est-elle fixée à l’endroit devenu Vielsalm, désert à ce moment-là ? Ce n’est pas certain, et nous pensons que, édifiée non loin toutefois, elle n’y est venue qu’après quelque temps avec la naissance du comté de Salm vers l’an mille, et une nouvelle autorité civile dans la région.
Au cours des siècles, l’augmentation de la population notamment devait rendre l’église paroissiale trop petite, et d’accès trop éloigné pour bien des personnes. Aussi vit-on peu à peu des communautés villageoises en expansion s’efforcer d’avoir chez elles un édifice du culte également, avec un vicaire écolâtre, ce avec l’accord de l’autorité religieuse. Ainsi, Grand-Halleux eu sa chapelle déjà avant 1430, Goronne en 1691, Commanster en 1683, Salmchâteau en 1725, Burtonville en 1703, Petit-Thier en 1704, Cierreux en 1704, Ville-du-Bois en 1766.

La paroisse actuelle de Vielsalm est née en 1803, du démembrement de l’ancienne paroisse et à la suite du concordat napoléonien de 1801.

La nouvelle organisation des paroisses fit aussi de Vielsalm le centre d’un doyenné du même nom.

Cette nouvelle paroisse de Vielsalm ne comprit plus Cierreux, Goronne, Grand-Halleux, Petit-Thier, Salmchâteau. Plus tard, elle perdit encore Commanster en 1835, Ville-du-Bois en 1842, Neuville et Burtonville en 1913.

La paroisse de Vielsalm, ainsi que toutes celles du canton, sont passées le 15 janvier 1843 au diocèse de Namur, alors que précédemment, la région avait toujours fait partie du diocèse de Liège.

Gaston REMACLE

vendredi 25 septembre 2009

Une curiosité : l’horloge de l’église de Vielsalm.

(publié dans Reflets, le 28 septembre 1978)

Savez-vous que l’horloge de l’église de Vielsalm est d’un grand intérêt par les sujets qu’elle représente en ses cadrans ?

Le cadran principal montre les motifs suivants, se rapportant à la chasse à courre :
1 h., les chiens ;
2 h., le chevreuil ;
3 h., le cerf ;
4 h., le renard ;
5 h., le sanglier ;
6 h., la curée ;
7 h., l’église ;
8 h., le cor de chasse ;
9 h., le prêtre bénissant les équipages ;
10 h., l’amazone ;
11 h., le cavalier ;
12 h., le maître d’équipage.

Le cadran vers Grand-Halleux envisage l’histoire locale :
1 h., le Celte ;
2 h., le Romain ;
3 h., le Franc ;
4 h., saint Gengoux ;
5 h., saint Lambert ;
6 h., les armoiries de Salm ;
7 h., la vieille Salm (château) ;
8 h., la nouvelle Salm ;
9 h., la guerre des Paysans ;
10 h., un ardoisier ;
11 h., un paysan ;
12 h., le Chasseur ardennais.

Le cadran vers Rencheux présente les motifs se rapportant à la vie chrétienne :
1 h. le baptême ;
2 h., la Foi ;
3 h., l’Espérance et son symbole ;
4 h., la Charité, le cœur ardent ;
5 h., la Confirmation ;
6 h., la Pénitence ;
7 h., l’Eucharistie ( le prêtre élève le calice) ;
8 h., la Communion (le ciboire et l’hostie) ;
9 h., l’Ordre (le calice, le missel, le bonnet carré) ;
10 h., le Mariage ;
11 h., l’Extrême-onction (le prêtre fait l’onction) ;
12 h., le Ciel, la Trinité avec la croix, la colombe et le Père.

L’horloge a été repeinte et remise à neuf en juillet 1978.

mardi 22 septembre 2009

L’ église de Vielsalm.

(publié le 14 septembre 1978)

Plusieurs édifices successifs au même endroit ont servi d’église à Vielsalm. Combien et de quelle durée, on ne sait.
À cet égard il faut regretter qu’en 1953, lors de la démolition de l’édifice, des fouilles n’aient pas été entreprises pour découvrir des vestiges des bâtiments antérieurs.

Après plusieurs autres, une reconstruction de l’église doit avoir eu lieu au début du XVIe siècle.

Deux siècles plus tard, le bâtiment était en fort mauvais état.
En 1715, le comte de Salm fit procéder à sa réédification complète, et il accorda pour ce travail un subside important ; les paroissiens, eux, fournirent beaucoup de main d’œuvre et de voiturages.
En 1877, on reconstruisit la tour, en agrandissant un peu l’édifice ; celui-ci a été remplacé complètement en 1953.





Le 10 mai 1940, à 6 h. du matin, une mine de 1 950 kg. de poudre, placée par l’armée belge au pied de la tour de l’église, explosait ; elle provoqua de très graves dégâts à l’édifice. Le lendemain, l’armée allemande, aux fins de combler l’excavation de la route, fit s’effondrer la tour.

Fin 1944, le retour offensif de la bataille des Ardennes acheva de ruiner complètement l’édifice.

Ainsi, à partir de mai 1940, il ne fut plus possible d’y célébrer les offices religieux, et il fallut attendre des temps meilleurs pour la reconstruction. La vie paroissiale occupa alors, durant plusieurs années, la salle de fêtes du Cercle catholique ; puis, à partir de 1945 jusqu’à 1956, une construction en bois dans le jardin de l’école Saint-Joseph.

Voici maintenant quelques détails relatifs à l’église de Vielsalm reconstruite en 1953.

Architecte : Victor DEGAND.
Entrepreneurs : Léonard LECOQ et fils, de Waimes.
Premier coup de pioche officiel ; par le bourgmestre MASSOZ, le 10 mars 1953.
Bénédiction et pose de la première pierre, par Mgr CHARUE, évêque de Namur : 30 septembre 1953.

Pose de la croix et du coq sur la flèche du clocher : 16 octobre 1954.





Le 8 juillet 1956, à l’occasion des cérémonies de la profession de foi des enfants, messe dans la nouvelle église, mais à titre exceptionnel.
L’ouverture définitive aux exercices du culte n’a eu lieu que le 23 septembre 1956, fête de Saint-Lambert.
Dimensions de l’édifice : longueur extérieure, 55 m. ; hauteur de la tour, 50 m., sans la croix ; largeur de la nef centrale, 11 m. ; la croix du clocher, 6 m.

Gaston REMACLE

lundi 17 août 2009

Aux origines de Vielsalm.

(publié le 15 mars 1947)

Un précédent article a signalé à quel fait Vielsalm doit son origine. Rappelons-le.

À l’extrémité du lieu-dit TIENNE-MESSE sur le rocher que baignait au pied le ruisseau de Salm, – celui qui vient par Hermanmont – s’est érigé le premier château des seigneurs qui prirent le nom de e qui caractérisait l’endroit, le nom de SALM.
Cela se passait vers l’an 1000, et la demeure seigneuriale se trouvait donc à l’endroit où s’élève aujourd’hui la villa de MARNIX, près des ruines actuelles de l’église.
Autour de ce château primitif, peu à peu surgirent l’une ou l’autre demeure de quelque sujet des seigneurs. Cet habitat, ainsi constitué, dominé par la présence du château, c’était pour les rares habitants de la région, SALM.
Comment alors le nom de cet habitat, devenu progressivement un petit bourg, est-il passé de SALM à VIELSALM ?
C’est que, au début du XIVe siècle, les comtes de SALM décidèrent de changer de résidence, d’abandonner leur château du moment, et d’aller en bâtir un nouveau à 3 km environ vers le Sud.
Autour de ce nouveau castel, ils voulurent alors attirer la population. Pour cela, le 23 janvier 1362, la comtesse Mahau de THUIN, comtesse de Salm, et son fils Henri y créèrent une franchise, c’est-à-dire qu’ils accordaient des privilèges à ceux qui viendraient édifier leur demeure près de cet endroit.
Cette nouvelle résidence de Salm, c’était donc une Salm nouvelle, par rapport à la première. Aussi, la première Salm avec son château désaffecté, fut-elle considérée dans le parler local, comme la VIEILLE SALM.
Et le nom est resté. La VIEILLE SALM, c’est VIELSALM.
Sans doute, l’orthographe actuelle de cet endroit, VIELSALM, n’est pas correcte ; mais le fait importe peu.
Quant à la nouvelle Salm, plusieurs documents la mentionnent au cours des siècles sous le nom de SALM-LA-FRANCHISE, de BAS-CHÂTEAU DE SALM, de FRANCHISE DU BAS-CHÂTEAU.
L’agglomération a pris de l’extension et, on l’a deviné, c’est Salmchâteau, que le langage local appelle toujours SAM, Salm.
Faut-il ajouter qu’auprès de la première demeure des seigneurs de Salm s(était fixé le centre religieux de la région, de la paroisse qui prit le nom de Salm également.
Après le départ des seigneurs pour Salmchâteau, le centre paroissial resta à Vielsalm.

Gaston REMACLE

lundi 10 août 2009

Au centre du Pays de Salm, Vielsalm.

(publié dans le Bulletin du Syndicat d’initiative de Vielsalm, 1951, n°1)

L’intérêt est toujours grand de remonter à l’origine des choses, de la découvrir, la comprendre. Elle éclaire, elle enseigne.
Ainsi en va-t-il particulièrement s’il s’agit de groupements humains ; car on y retrouve l’homme avec ses soucis, ses ambitions, sa vie. Ceux qui, les premiers, ont, là, bâti leur demeure, pourquoi s’y sont-ils fixés ? Par quoi y ont-ils été retenus ? Quel mobile les a guidés ?
La question peut se poser pour chacune de nos localités. Au cœur du pays de Salm, elle va nous retenir pour Vielsalm même.

Si à propos du passé de Vielsalm, on interroge les personnes d’âge, si l’on examine avec attention l’aspect des lieux, si l’on consulte certain plan centenaire ou quelques archives, la conclusion s’impose vite que, il y a un siècle, l’endroit présentait un groupement de maisons bien différent de celui d’aujourd’hui.
Le vieux Vielsalm d’il y a cent ans et plus se tenait tout entier, pour ainsi dire, autour de l’église et de la place voisine.
D’une centaine d’habitations en ce temps-là, une quarantaine il y a trois cents ans, il se groupait aisément aux abords de cet endroit.
Le « pont des perches », à ce moment, se distinguait de Vielsalm tout autant que Priesmont, Cahay ou Rencheux. Et quand, rejointe aujourd’hui par les maisons qui ont couru vers elle, la gare du chemin de fer fut édifiée, la population de Vielsalm jugeait bon de protester du fait que cette gare le laissait « tout à fait à l’écart ».
Pour entrevoir l’origine de Vielsalm, il faut donc se tourner vers la crête rocheuse du Tienne-Messe, et lui demander son secret.
Quelle attirance a bien pu décider ceux-là qui, les premiers, y ont édifié un logis ?
Présence d’eau potable ? Ou disposition favorable du sol à la naissance d’un centre rural, comme la plupart des autres localités aux temps reculés ? Certes, non. Car les lieux qui ont servi d’assise au Vielsalm primitif ne constituaient rien de moins qu’un crête rocheuse se terminant presque en ravin.
Jusqu’à l’établissement d’une conduite d’eau communale, le problème de l’eau restera d’ailleurs épineux pour Vielsalm ; en 1854 encore, la raison majeure invoquée et pour laquelle « la construction d’une fontaine sur la place publique de la localité » se montrait « d’une nécessité absolue », était, dit un procès-verbal du moment, « que les habitants doivent se rendre à la rivière de la Salm très distante de la localité et dont les abords sont très difficiles, pour procurer l »eau nécessaire à la population et au bétail ».
Si, par un travail sincère de l’esprit, considérant la colline du Tienne-Messe jusqu’à son extrémité ouest, on fait abstraction du remblai de la voie ferrée Vielsalm-St-Vith, datant de 1915, du remblai aussi sur lequel gisent les ruines de l’hôtel de Belle-Vue et descend la grand’route actuelle, on aperçoit alors un paysage bien différent de celui d’aujourd’hui ; tout le contraire du fonds indispensable à un établissement rural.
Mais on voit une disposition du sol très favorable à servir de base à une forteresse médiévale. La hauteur est escarpée, en effet. Elle domine plusieurs vallées profondes vers Grand-Halleux, vers l’est et l’Eiffel aussi, vers le sud encore avec une vue au delà de Provedroux. Un circuit de hauteurs encadre, au loin. Et, de cet observatoire, regardant vers le nord, l’imagination entrevoit le riche Stavelot du moyen âge.
C’est bien une forteresse, qui, un jour, est venue s’ériger à cet endroit.

C’était vers l’an 1000.
Un document dont la date est à fixer entre fin 1034 et début 1035 cite, pour la première fois, le nom de Salm : « comes Gisilbertus de Salmo ». d’autres données autorisent à admettre que l’installation chez nous des seigneurs qui prirent le nom de « SALM » remonterait même un peu plus haut, dans la seconde moitié du Xe siècle, avec Sigefroi dont l’insistance, en 959, à vouloir s’établir à Bodeux donnait grande inquiétude à l’abbé Werinfrid de Stavelot.
Disons donc, en bref, vers l’an 1000. Après 1035, les mentions de Salm comme nom du comté, des comtes, ou de leurs châteaux, vont se multiplier.
Sur le promontoire de Vielsalm, les seigneurs dressèrent leur demeure. Château et forteresse, avec une chapelle castrale vraisemblablement, dès le début du comté ; le tout entouré d’une enceinte et d’un fossé dont, paraît-il, on retrouvait encore des traces au siècle dernier.
Le castel s’élevait tout au bord de l’arête, en face des ruines actuelles de l’hôtel de Belle-vue. La première mention qu’on en connaisse est de 1153 : « mon château de Salm », dit le comte Henri Ier, en le mettant, avec tous ses biens, à la disposition de l’abbé Wibald de Stavelot.
Autour de ce château primitif, peu à peu surgirent des demeures. Résultat d’une double tendance bien humaine : celle, chez les faibles, de trouver protection auprès de la force ; celle, chez le puissant, de s’attirer des sujets. La présence, en 1501, de six ménages francs sur les huit de l’agglomération n’interdit pas de penser qu’à l’origine, le château abrita une franchise murée. Mais que de temps a-t-il fallu, au bourg naissant pour prendre vigueur ?
Et il arriva, certain jour le fier château fut abandonné. Nécessité d’une autre époque, sans doute. Un nouvel édifice seigneurial vint à s’élever 3 km. Vers le sud.
L’ancien castel, peu à peu, subit la décrépitude. Le 9 septembre 1560, fut par « noble Dame Elisabeth natifve de Hennenberg, Comtesse de Saulme », cédée « héréditablement en fief à Gilles le moulnier de la vieille Saulme », « la place appellée le vieux chasteau gisant au dit vieille-Salme avecque les appendices et circuits à la ditte place ».
Privée de son centre vital, la localité n’allait-elle pas, désormais, sur une base aussi ingrate, s’anémier ?
Il en est des groupements humains comme des hommes ; certains ont plus de chances que d’autres.
La fortune a souri à Vielsalm. À côté du château, était venu se constituer un centre paroissial. D’une grande paroisse, allant de Commanster aux Halleux et de Cierreux à Petit-Thier. Le château désaffecté, le centre paroissial fixé resta. Pour voir, chaque dimanche au moins, une grande affluence de monde. Aucune autre, du comté de Salm, ne l’égalait. De fait, la position géographique de l’endroit au sein du comté, n’était-ce pas assez pour attirer là des affaires et des influences ?
Ainsi, au XVIIIe siècle, le notaire y réside. Il y a aussi quelques « marchands » en ce siècle qui apporte bien des choses nouvelles. Et des « taverniers ». jusqu’à son décès en 1793, Sire Laurent MARTINY, curé de Salm, sera doyen du Concile de Stavelot. Et, depuis les environs de 1600, le mayeur du comté en fait, est de Vielsalm.
Voilà une situation qui pouvait, un jour, favoriser l’essor de l’endroit.
C’est ce qui advint à la fin du XVIIIe siècle, avec le régime français. Une fois encore, la fortine souriait à Vielsalm.
Par l’arrêté du 14 fructidor an III (31 août 1795), il devenait chef-lieu du septième canton du département de l’Ourthe. Et ce choix allait lui valoir peu à peu des faveurs nouvelles, avec la fixation du centre décanal en 1803, avec l’installation progressive de services administratifs, avec l’établissement, en 1867, d’une gare qui devait susciter la naissance rapide de nombreuses habitations nouvelles et stimuler l’activité commerciale.
La population était restée longtemps sans supériorité sur celle des villages voisins, une bonne centaine de familles seulement il y a un siècle. Depuis, elle a pris de l’ampleur.
Rural autrefois, commerçant aujourd’hui, Vielsalm est devenu bourgade, au visage tout rénové après la tourmente d’hier. Une petite capitale.
En face des anciennes communautés du pays de Salm, ses égales autrefois, ses aînées même pour plusieurs, c’est un privilège. Le service le justifie. Celui de rayonner, celui d’épanouir la région voisine, de respecter son caractère propre en lui communiquant le vrai progrès.
Cela, au sein d’un paysage que peut, certes, consacrer le grand tourisme.
Demain, tout peut être tellement plus beau qu’autrefois.

Gaston REMACLE


Ndlr:

Cet article a été republié dans l'Annonce de Vielsalm du 11 mars 1951.

vendredi 7 août 2009

Qui était Gustine MAKA ?

(publié le 24 janvier 1960)

Les habitants de Rencheux – et sans doute aussi de la région de Salm – seront, je crois, intéressés de connaître la véritable personnalité de cette femme de chez nous.
Depuis que le sympathique groupe des « Macrâlles » a sacré Gustine MAKA comme reine incontestée des sorcières, elle est devenue on ne peut plus populaire dans notre région, et même en dehors de notre commune.

Gustine MAKA s’appelait en réalité Marie-Joseph-Augustine LEMOINE. Elle était née à Rencheux le 21 mai 1836 et était la fille de Jean-Joseph LEMOINE et de Marie-Jeanne MAKA, de Fraiture (Bihain) mariés à Vielsalm le 7 août 1833.

Gustine épousa en premières noces M. Herman TOUBON, d’Arbrefontaine, dont elle eut deux fils, et en secondes noces, Monsieur Jean RENIER, de Villettes (Bra).

Elle quitta Rencheux pour Arbrefontaine en 1887 et décéda à l’hospice de Turnhout le 18 février 1915. Elle a donc vécu 79 ans.

Elle habitait à Rencheux dans la maison « Tatache », je m’excuse du sobriquet occupée présentement par M. André GERMAIN-PAULUS et appartenant à M. Auguste LOBET-GOFFIN.

MAKA n’était donc pas un sobriquet, comme tout porte à le croire, mais bien le véritable nom de jeune fille de sa maman.

La famille LEMOINE, dont est issue Augustine, est très ancienne ; elle était de très bonne réputation et vivait dans l’aisance. C’est à la suite de nombreux événements malheureux, que Gustine fut amenée à vivre difficilement et fut réduite presque à la mendicité. Son honnêteté est toutefois toujours restée sans tâches ni reproches.
C’était donc une brave vieille femme de Rencheux, toujours habillée exactement comme le sont les Ardennais de la Fête des Myrtilles, avec foulard et « badjolet », quoique pauvrement toutefois.
Physiquement, elle était impotente, avait le dos très voûté et surtout, marchait excessivement lentement, en traînant péniblement les pieds. Une demi-journée lui était nécessaire pour se rendre de Rencheux à Vielsalm, et on peut se demander, dès lors, comment elle pouvait faire le trajet Arbrefontaine-Vielsalm. Pourtant, plusieurs personnes, qui ont connu Gustine m’ont affirmé qu’elle revenait presque chaque semaine quémander son pain auprès des familles aisées de Vielsalm.
Souvent, il lui arrivait de demander à un enfant ou à un passant de bien vouloir lui nouer ses souliers. Gustine avançant péniblement et en plus, ses lacets étant plus que certainement en mauvais état, elle était elle-même incapable de le faire. Plusieurs parents de l’époque interdisaient à leurs enfants de porter aide à la malheureuse, car les lacets des souliers étaient disait-on alors, un des artifices préférés des Macrâlles pour jeter des sorts ( !). il y a donc de fortes chances pour que ce soit là une des principales raisons qui fit de Gustine une sorcière malgré elle. Il est encore bien connu de nos jours, aussi bien à Rencheux qu’à Arbrefontaine, qu’elle n’a jamais pratiqué la sorcellerie ; elle en était d’ailleurs bien incapable, et elle avait seulement le grand tort d’être vieille, impotente et pauvre.

Nos Macrâlles du Val de Salm ne m’en voudront certainement pas d’avoir écrit ces quelques lignes sur leur grande patronne, mais il faut bien rendre à César ce qui lui appartient et à la mémoire de Gustine l’honneur qui lui revient.
Chacun comprend qu’il s’agit uniquement de folklore, et puis, MAKA rime si bien avec Bonalfat, tchatcha et tchêna, mais je crois pouvoir déduire que, impotente comme elle était dans les dernières années qu’elles a passées à Rencheux, Gustine MAKA ne s’est certainement pas risquée de monter au Bonalfat pour y quérir des « frambâches plein s’tchèna ».
Néanmoins, je prends mes précautions, et pour m’éviter les pires représailles de la part de ses disciples au prochain sabbat, je me garde bien de signer.

Jean KAISER

Ndlr :
1) Dans les notes de Gaston REMACLE, il est dit que les renseignement sur l’identité de Gustine MAKA, dans cet article ont été communiqués par G. REMACLE.
2) Habitant à Arbrefontaine, Gustine venait à Vielsalm par la malle-poste. Parfois elle venait loger à la maison LERUSE (dite vieux baron).

samedi 1 août 2009

En regardant des Ruines.

(publié dans L’Annonce de Vielsalm le 14 juin 1953)

Le 10 mars 1953, à 10,50 h., M. le Bourgmestre de Vielsalm donnait le premier coup de pioche officiel marquant le début des travaux de reconstruction de l’église de Vielsalm, blessée à mort le 10 mai 1940.
À l’heure qu’il est, les travaux vont bon train. L’emplacement et les abords du nouvel édifice en subiront une modification complète.
S’il est un endroit qui, pour la région de Vielsalm, est chargé d’histoire, le voilà bien ici. Plusieurs fois déjà, des travaux d’importance ont entamé son aspect primitif. Ceux d’aujourd’hui vont faire tomber plus inexorablement encore le voile de l’oubli sur ce vieux coin, tout imprégné du souvenir des hommes et des choses. Aussi, convient-il d’évoquer un peu, à son sujet, le passé régional auquel il est lié.









Sauf la tour reconstruite en 1870, l’église détruite en 1940 avait été édifiée entièrement en 1715. Un subside de 6 000 écus, donné par le comte de Salm, servit à couvrir une grande partie des dépenses.
Dans le style du XVIIIe siècle, elle avait grande allure. À tel point, que le comte de Salm reprocha, paraît-il, à son haut-officier RUTH, l’édification d’une « cathédrale » au lieu d’une église de village comme il l’avait autorisé.
L’église nouvelle se dressait sur l’emplacement même de plusieurs églises antérieures. Combien ? on ne sait. On dit que la précédente était de 1511. Mais la paroisse dont elle constituait le centre vital remontait vraisemblablement à la période carolingienne, au temps où le zèle des religieux, installés à Stavelot depuis la moitié du VIIe siècle, évangélisait la région. En 1131, l’ « Ecclesia de Salmes » figure encore dans le relevé des églises payant des redevances à Stavelot.
La paroisse de « Salm » ainsi dénommée en 1131 concernait, et ce, jusqu’à 1803, tout le territoire allant de Cierreux à Ennal, et de Commanster à Goronne. Des chapelles pour les diverses localités la composant ne viendront qu’assez tard : Grand-Halleux, vers 1425 ; Commanster, 1683 ; Goronne, 1691 ; Burtonville, 1703 ; Petit-Thier, 1704 ; Salmchâteau, 1723 ; Ville-du-Bois, 1766.
Quant au premier édifice religieux de cette grande paroisse, s’est-il élevé à l’endroit des travaux actuels de construction ? Ce n’est pas certain. Toutefois, après la naissance du comté de Salm, l’église modeste du moment apparaît comme liée à la présence du château de Salm.
Car il y eut, à l’endroit devenu Vielsalm, le premier château des comtes de Salm.
Il est bien établi aujourd’hui que sur le promontoire rocheux qui constitue l’emplacement de l’actuelle villa de Madame MOUTON, s’est dressée la demeure féodale primitive des « de Salm », du nom même du ruisseau heurtant le pied du rocher. La première mention qu’on en connaisse est de 1153 : « castellum meum Salmis » (mon château de Salm), dit le comte Henri Ier en le mettant avec tous ses biens à la disposition de l’abbé Wibald de Stavelot. Toutefois, l’installation dans la région de la famille seigneuriale doit être datée de vers l’an 1000 déjà.
La crête rocheuse servant d’assise au manoir, avec ses abords, présentait en ce temps-là un aspect bien différent de celui d’aujourd’hui ; face au pays de Stavelot, elle offrait une disposition du sol très favorable à servir de base à une forteresse médiévale. Le remblai de la voie du chemin de fer établie en 1915, le remblai aussi sur lequel reposent la grand-route actuelle et les ruines de l’hôtel de Belle Vue, les travaux en cours pour la construction de l’église, ont complètement déformé le site. Par un travail sincère de l’esprit, l’imagination le recrée toutefois assez aisément.
Au bord de l’arête rocheuse, accessible seulement par le sud-est, le castel s’éleva. En face, l’église régionale vint se poser. Le chemin dévalant vers le ruisseau les séparait.
Trois bons siècles passèrent. Dans la première moitié du XIVe, entre 1307 et 1362, la demeure seigneuriale fut abandonnée, au profit d’une nouvelle édifiée 3 km. Vers le sud ; les restes en sont toujours visibles près de Salmchâteau.
L’ancien château tomba peu à peu en ruines. Le 9 septembre 1560, « illustre et noble Dame Elisabeth natifve de Hennenberg, comtesse de Saulme » céda héréditablement en fief à « Gilles le moulnier de la Vielle Saulme […] la place appelée le vieu chasteau gisant au dit Vielle Salme avecque les appendices et circuits à la ditte place … ».
À Vielsalm, la dénomination de « place du vieux château » donnée à l’endroit subsista pendant plus de deux siècles encore. En voici, par exemple, une mention de 1740 : « Le Sieur Jean-Louis Coster cède au Sieur Jean Raphaël bourgeois marchand résident à la Vielle Salme une place de maison scituée au dit Vielle Salme au lieu nommé le vieux château ».
Revenons sur le chantier des travaux d’où nous sommes partis.
Endroit chargé d’histoire ! Car, sous les dalles des anciennes églises successives, et tout autour de l’édifice religieux, jusqu’à la fin du siècle dernier et donc pendant huit siècles au moins, il servit de cimetière. En nombre incalculable, des milliers de défunts ont été, là, déposés.
Un véritable ossuaire pour la région. Il appelle le respect.
Au moment où les exigences contemporaines imposent la transformation et le renouvellement de ce vieux coin de Vielsalm, peut être les travaux en cours apporteront-ils des découvertes et, par là, des lumières nouvelles sur le passé de la région.










Gaston REMACLE

Ndlr:

publié également dans Excelsior, en mai 1953.

vendredi 31 juillet 2009

La pierre tombale d’un comte de Salm découverte à Vielsalm en 1953.

(publié dans L’Annonce de Vielsalm, le 22 août 1954)

Cet été aura vu l’avance rapide des travaux de reconstruction de l’église de Vielsalm. La toiture se complète chaque jour. L’ensemble du monument prend corps de plus en plus, et il dresse, sur le beau décor des horizons boisés, une masse imposante et originale.
Encore quelques mois, et ce coin de Vielsalm aura pris visage tout nouveau et attrayant.
Plus rien n’apparaîtra de ces blessures de guerre qui jetaient une souffrance dans le pittoresque et l’attrait de la localité.
Mais plus rien non plus, sur cet endroit historique, ne rappellera le passé.
A voir la fière église moderne, avec des abords coquets, qui se souviendra encore ! Qui se souviendra de la belle église, comme une « cathédrale », du 18e siècle ; de celles qui l’ont précédée ; du vieux cimetière avec ses dizaines de milliers de morts ? Si, comme dit LAMARTINE, « C’est la cendre des morts qui créa la Patrie », c’est bien ici qu’il faut trouver le cœur de ce qui fut l’ancienne paroisse de Salm.

Cette ancienne paroisse de Salm allait, on le sait, d’Ennal à Commanster, de Poteau à Cierreux et Goronne.
Sa fondation remonte à l’époque carolingienne. Mais son appellation de « Salm » ne viendra que plus tard, lorsque la terre elle-même, sous le régime féodal, aura pris nom de comté de Salm.
Où fut érigée la première église, modeste chapelle, sans doute ? A notre avis, non pas à l’endroit devenu Vielsalm, d’ailleurs inhabité aux temps carolingiens. Ce n’est que plus tard, après l’établissement, vers l’an 1000, des seigneurs qui prirent le nom de SALM, que le centre religieux s’est déplacé. Le système féodal, la présence du château à l’emplacement de la villa actuelle de Mme MOUTON, amenèrent pour la région une vue nouvelle. De gré ou de force, vraisemblablement, la vie religieuse elle-même dut en tenir compte. Et l’église, de Salm désormais, s’établit près du château.

Nous sommes ici vers le Xie siècle ou même peut-être le XIIe.
Depuis, au même emplacement, plusieurs bâtisses se sont succédé, chaque fois agrandies sûrement. Cinq ou six, peut-on admettre, si l’on tient compte de l’histoire locale et des modes de construction d’autrefois.

Et depuis également, le cimetière créé autour de l’édifice a accueilli les défunts jusqu’en 1873.
Dès lors, est-ce exagération que de parler de dizaines de milliers de morts, alors qu’à la fin du 18e siècle, par exemple, et sans compter ceux du ban des Halleux, il se faisait chaque année à Vielsalm environ 75 enterrements ?

Les édifices successifs, les tombes par milliers, celles de gens modestes et celles de personnalités, tout cela aurait dû, semble-t-il, laisser au sol un nombre considérable de vestiges. L’histoire locale y aurait trouvé une lumière plus vive.

Pourtant, au cours de déblais, l’an dernier, qu’a-t-on découvert ?
A notre avis, deux trouvailles surtout méritent de retenir l’attention.

Il s’agit de deux pierres. L’une, en arkose, ayant constitué des fonts baptismaux. L’autre, la pierre tombale d’un chevalier.

Laissant pour l’instant la première, pourtant bien caractéristique et plus ancienne nous voudrions ici insister sur la seconde.

Au moment de la découverte, on en a parlé déjà. Par sa masse, son caractère artistique marqué, son genre, elle a normalement frappé l’attention. Il n’est pas inutile, pensons-nous, d’y revenir.

La pierre en question se trouve toujours provisoirement, à l’heure actuelle, dans la cour de l’école libre à Vielsalm.

Il s’agit d’une dalle de granit mesurant 2,54 m. de longueur, 1,24 de largeur et 0,21 d’épaisseur. Autour de la pierre et longeant les bords, des bandeaux creux ; vraisemblablement, il y eut là une épitaphe en métal. Puis, comme cadre général, une brillante décoration de style ogival.

La partie centrale et maîtresse de la décoration présente un chevalier en armure. Au bas du gisant, un bouclier avec les deux saumons de SALM. Sur la cotte de mailles, deux grands saumons ; celui du côté droit apparaît très clairement, et mesure 0,92 m. Au côté gauche, une épée.
La tête est nue, avec cheveux retombant sur le côté. Mais la figure est occupée par un creux qui a dû contenir une matière autre que la pierre. Un creux également, sur la poitrine, indique la place des mains, jointes pour la prière.

Au-dessus de la tête du gisant, une main bénissant.
Plus haut, trois petits creux dont deux en forme d’anges tournés vers le troisième.

Enfin, à côté, dans la partie supérieure, deux enfants pourvus chacun, en forme d’ailes, de deux saumons, et accompagnés de l’écusson de Salm.

Le coin inférieur gauche est sérieusement ébréché. Il apparaît en outre avec une usure très marquée qui a enlevé entièrement le dessin décoratif selon un triangle d’environ 75 cm, pour chaque côté de l’angle droit.

Pour les restes de quel personnage la dalle a-t-elle été taillée ?

A en juger par les détails qui la décorent, elle se rapporte à un membre de l’ancienne famille seigneuriale de Salm, qui ne peut-être qu’un comte même.
On a dit que cette décoration serait attribuable au XVe siècle. Et comme est décédé en 1415 le dernier comte de Salm de la maison de VIANDEN, Henri VII, on en a conclu que la pierre tombale en question ne peut être que celle de Henri VII.

Conclusion un peu hâtive, nous paraît-il. Car, à les examiner soigneusement, les motifs décoratifs présentent un style général qui n’est pas celui du flamboyant, mais d’une époque antérieure. Pour notre part, nous les attribuons au XIVe siècle ; et nous avons entendu défendre également cette opinion par d’autre que nous, de façon nette.

Dans ces conditions, il est malaisé d’admettre le nom du comte Henri VII comme étant celui du personnage pour lequel la pierre a été réalisée. Mais on pense plutôt à son père, Henri VI, décédé en 1359 ou 1360.

D’autres détails confirment d’ailleurs cette opinion.
Les motifs décoratifs constitués par les deux enfants figurés au-dessus du gisant apparaissent manifestement comme étant d’une facture différente de celle du reste du travail. Ils offrent moins de finesse et moins de symétrie. Ils sont d’une autre main.

Ils se présentent aussi comme constituant une ajoute au dessin d’abord conçu et réalisé par l’artiste. Un effort sincère de l’esprit permet facilement de s’en rendre compte, et qu’il y a là un complément de décoration, qui a sa signification, sans doute, mais dont l’absence ne nuirait nullement à l’ensemble.

Cet ornement signifierait, a-t-on dit, des enfants morts tout jeunes, enfants du personnage représentés par le gisant.

Ce ne peut être le cas pour Henri VII. A son décès en 1415, on le sait formellement, celui-ci n’avait plus aucun héritier. Son épouse, Philippine de SCHOONVORST, était décédée déjà avant juillet 1399. à cette dernière date, trois enfants lui restaient, Henri, Jeanne, Marie, mais des enfants assez grands ; ils mourront sans descendance avant leur père. En 1415, celui-ci était donc seul, depuis plusieurs années déjà.

Comment, dès lors, expliquer que sur sa dalle mortuaire, confectionnée après 1415, on aurait fait mention, ultérieurement encore, de motifs rappelant des enfants décédés combien d’années avant leur père ?

Toutes ces considérations nous écartent de l’opinion selon laquelle la dalle concernerait Henri VII.

Mais il semble bien plus plausible de penser ici à Henri VI.
Celui-ci laissait une épouse, Mahaut de THUIN, qui lui survécut de plusieurs années, et au moins un fils, Henri VII ; tous deux ont pu se préoccuper, de la sorte et normalement, de la tombe de Henri VII.

Telle qu’elle a été mise au jour l’an dernier, la dalle gisait sous une couche de remblai, dans le chœur de l’ancienne église, près de l’autel ; sa disposition permet d’admettre qu’elle avait déjà été déplacée, avant d’être recouverte par le remblai, et pour servir à un usage autre que celui de couverture d’une tombe.

De ce fait, il y a lieu de déduire qu’elle ne se trouvait à cet endroit, invisible, depuis la construction de l’église en 1715.
Or, voilà qu’elle nous revient dans son état du début du XVIIIe siècle, c’est-à-dire avec de l’usure par les pas et dépourvue de sa décoration métallique.

Quelle était cette dernière ? Cuivre, bronze, argent ?

Quel serait le motif de sa disparition ? On peut émettre sans doute, à ce propos, plusieurs hypothèses.

Il ne serait pas exclu, croyons-nous, de penser qu’il s’agirait ici de faits de rapines et brigandage militaires.
Précisément, notre région a souffert, au début du XVIIe siècle, de bandes armées hostiles au culte catholique. N’a-t-on pas vu, en 1636, les Hollandais brûler la maison pastorale de Vielsalm et interdire la célébration de la messe dans l’église de Salm ? Et en 1631, d’autres bandes piller l’église de Saint-Martin (Bovigny) et la chapelle de Courtil ? Tant d’actes de violences ont été commis au siècle de malheur !

Le plan d’aménagement de la nouvelle église de Vielsalm et de ses abords comporterait, paraît-il, l’utilisation de la vieille dalle funéraire d’Henri VI. Elle serait encastrée dans l’un des murs de la tour.

Ce serait là une belle réalisation. Elle conserverait à Vielsalm, qui en a tant perdu, un beau vestige du passé.

Gaston REMACLE

lundi 27 juillet 2009

Connaissons notre région. (XXIV)

(série d’articles publiés dans « Les Annonces de l ‘Ourthe » ( ?) en 1972-1974)

Pierre tombale dans l’église de Salm.

Date probable : 14me siècle. Dalle funéraire de 2 m.50 sur 1 m.24, découverte lors de la reconstruction de l’église en 1953. Dans un beau décor gothique rayonnant, elle représente un chevalier aux armoiries de Salm : Henri VI, comte de Salm, décédé en 1359 ou 1360. Les saumons sont placés en cercle au lieu de la position habituelle : dos à dos.
Le visage et la chevelure, ainsi que les mains étaient représentés en métal. Ces pièces ont disparu.
Des anges lancent l’encensoir vers Dieu le Père, qui tient un enfant représentant le défunt.
Aux pieds du personnage, un chien couché.

Gaston REMACLE

Connaissons notre région. (XIV, 2)

(série d’articles publiés dans « Les Annonces de l ‘Ourthe » ( ?) en 1972-1974)

Sur Saint Gengoux (suite).

L’église de Vielsalm détruite en 1940 comportait, au petit autel, une peinture représentant le meurtre de saint Gengoux. Dans l’église actuelle, il y a toujours une petite statue du saint (ancienne, en habit militaire). La chapelle, maintenant incorporée au mémorial des agents coloniaux, existait déjà avant 1600 et est dédiée à saint Gengoux. Il y a encore une chapelle [dédiée] au même saint près du terrain de football et construite en 1928. Il y a aussi à Vielsalm la « clinique Saint-Gengoux », un « Rallye Saint-Gengoux » de sonneurs de cors, une troupe de scouts « Saint-Gengoux », la « mutualité Saint-Gengoux ». En dessous de la nouvelle piscine, dans le talus, il y avait de temps immémorial la « fontaine Saint-Gengoux », aujourd’hui comblée depuis une trentaine d’années ; ses eaux possédaient, disait-on, des propriétés spéciales pour la guérison des maux d’yeux. Enfin, disons qu’autrefois, le prénom de Gengoux était souvent donné aux petits garçons, comme Laurent à Grand-Halleux et Maurice à Arbrefontaine ; actuellement, il n’y a plus, dans la commune de Vielsalm, qu’un seul Gengoux, M. Gengoux PAQUAY, à Priesmont.

Gaston REMACLE