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vendredi 13 février 2015

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

L’Organe de Vielsalm du 2 mai 1937  débute par une mise au point péremptoire de l’état du réseau hydrographique de la région. Après lecture de ceci, plus aucune controverse n’est possible !

Vielsalm-Antique
…Quelques cours d’eau sillonnent la commune. La Salm est la Ronce qui change de nom au Bois de Cierreux. Après le passage de la route de Diekirch, passe à Salm-Château, Vielsalm, Grand-Halleux et se jette dans l’Amblève à Trois-Ponts. La Salm proprement  dite  est formée par la réunion du Glain et des Fanges Sierfu. Parcours 17,8 km.
L’Eau des fanges prend sa source à l’ouest de Bovigny, son parcours est de 2,2 km, aboutit au chemin de Courtil, traverse la route de Diekirch et rejoint l’embouchure de l’ Eau de St-Martin. Ce dernier ruisseau a un parcours de 4,3 km ; il est formé du Juvigny et du Neuf Pré, à la chapelle de St-Martin. Il existe encore la Grosse hache et le Basselanc  qui prend sa source aux « Corriotes ».


Incendie à Vielsalm : Dans la nuit de dimanche à lundi, un incendie d’une rare violence s’est déclaré rue des Savoyards. Malgré la promptitude des secours apportés par les pompiers, les militaires du 32ème groupement mixte des Chasseurs ardennais et la population il ne fut pas possible d’enrayer le sinistre.
Les trois maisons de MM. Lannoy, contrôleur des douanes, V. Andrianne, menuisier et  Bougelet, militaire,  furent entièrement consumées. On suppose que c’est un feu de cheminée qui est à l’origine de ce désastre.
Le 23 mai suivant une pétition est présentée au conseil communal par les habitants de la localité et tendant à la non reconstruction des bâtiments incendiés : les circonstances tragiques d’un incendie dans la rue des Savoyards viennent tout particulièrement de mettre en relief le piteux état d’un agencement urbain dont le moins qu’on puisse dire est qu’il est incommode, malpropre et dangereux. L’état présent des choses offre au conseil communal l’occasion ou jamais de manifester ici son programme d’urbanisation.
Il ne faut pas pour le bien de notre ville, pour la santé de nos générations de demain que se réédifient des ruelles malodorantes, croupissantes, génératrices de miasmes et de maladies pour les riverains.
L’élément dévastateur nous a indiqué les limites d’un nouvel embellissement de Vielsalm. Nous vous demandons de donner l’air et la lumière de Vielsalm à un coin de notre ville qui ne les connaissait  plus.
Signataires : Vve Mersch, J.Starck,  G.Archambeau,  B.Denis, Magain, Jacoby, A.Denis, Herman-Goedert, J. Hens.

Le conseil  regrette de ne pouvoir  faire bon accueil à cette demande : il estime que les finances communales ne lui permettent pas de donner satisfaction aux pétitionnaires vu les frais à en résulter.

                                                                               Robert NIZET

samedi 23 novembre 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps


Le 18 novembre 1906 : Monsieur Lucien Remacle, agent du Comité spécial du Katanga, décoré de l’Etoile de service de l’Etat indépendant du Congo est décédé le 26 septembre dernier à l’âge de 36 ans. Son premier départ pour le pays noir datait de juin 1898.

Le 14 novembre 1909 : Lundi dernier, le tram partant de Vielsalm à 5 h 4 m a renversé une charrette à bras se trouvant sur la ligne du vicinal en face de la scierie Denis à Vielsalm-Station. Le propriétaire du véhicule s’est vu contraint à payer 50 frs de dommage pour dégradation à la locomotive.

Le 10 novembre 1911 : À Regné, les habitants ont été, jeudi 7 écoulé, très étonnés de voir atterrir [sic] un ballon de dimensions respectables monté par deux personnes de nationalité allemande.

Le 9 novembre 1913 : Dimanche dernier vers 7 heures du soir deux automobiles arrivant en sens inverse et appartenant, l’une à M. Van Praet de Bruxelles et l’autre à un automobiliste allemand, voulurent se croiser dans la rue de Neuville actuellement encombrée de matériaux de construction. Les chauffeurs vinrent s’immobiliser contre les tas de pierres. L’auto de M.Van Praet put tant bien que mal continuer sa route. Il n’en fut pas de même de la seconde voiture qui, ayant l’avant défoncé, dut être garée chez M. Gillis. Il n’y eut pas d’accident de personne à déplorer.

Le 23 novembre 1913 : À Salmchâteau, lundi dernier dans l’après-midi, Mme Vve Futvoye rinçait son linge dans la rivière la salm [le Glain] lorsque son pied glissa et elle tomba à l’eau. A l’appel d’une autre femme, un dénommé Winand accourut et parvint à ramener la malheureuse sur la berge. Des soins immédiats lui furent prodigués et on parvint non sans peine à la ranimer. Cette personne de 69 ans est restée alitée plusieurs jours mais est actuellement hors de danger.

La Saint-Clément : après les fêtes somptueuses du « Rallye- Vielsalm », voici les réjouissances plus modestes mais plus vives du monde ouvrier. Dimanche prochain sera consacré au culte de saint Clément, patron des ardoisiers auxquels se joignent les ouvriers de la pierre. Le dur labeur de ces braves procure au pays de Salm des ressources considérables et y crée un bien-être familial. Salmchâteau sera particulièrement en liesse et  La Concordia  réjouira la population par ses accords harmonieux.
Mais la fête sera ternie car, à Bihain, un de ces ouvriers de la pierre, M. Husquet était occupé à vouloir faire descendre un banc de pierre lorsque celui-ci se détacha et vint s’abattre sur le malheureux qui eut la jambe écrasée. Le docteur appelé d’urgence dut se résoudre à faire amputer le membre : on conduisit le malheureux en voiture à Bruxelles.

A Bra sur Lienne, un braconnier de Lansival a été surpris hier par un garde-pêche et arrêté : c’est un récidiviste, H.S., connu pour dévaster les rivières du coin.

Le 19 novembre 1933 : À Gouvy, un train coupe un homme en deux. On a découvert à l’entrée de la station le cadavre mutilé d’un cultivateur de Gouvy, Clotuche Fr., 40 ans, célibataire. Le malheureux, faisant partie de la fanfare, avait participé aux festivités de l’anniversaire de l’Armistice. Ayant sans doute bu plus que de raison, il s’était pris de querelle avec un ouvrier de la localité. Qu’advint-il ensuite, on ne sait, mais un train le surprit sur la voie et le coupa littéralement en deux à hauteur de la poitrine.

                                                                                         Robert NIZET




samedi 17 mars 2012

SALM ou GLAIN: UN DERANGEANT PHENOMENE DE TOPONYMIE

La Commission royale de toponymie et de dialectologie a depuis longtemps dénoncé les innombrables erreurs de noms de lieux, de routes, de cours d'eau, etc… qui figurent sur bon nombre de cartes, officielles ou non.
Ces erreurs remontent très souvent aux années 1840, époque où furent dressés les Atlas des chemins vicinaux par des enquêteurs généralement étrangers, ignorant les dialectes locaux et interrogeant des témoins qui parlaient souvent le wallon (ou le flamand) de leur région, connaissaient peu ou pas du tout le français et étaient souvent ignorants de l'orthographe, sinon illettrés. Un bon exemple local de ce genre d'erreur est le lieu-dit « Mont-le-Soye », en wallon « Amon l'sôye ». Quiconque connaît le wallon reconnaîtra sans peine que la préposition « amon » signifie « chez » et qu'une « sôye » est une scie. Ainsi, il traduira le lieu-dit par : à la scie, chez la scie ou chez le scieur. Jamais en tout cas il ne pensera à un « mont » – d'autant plus que le lieu-dit est situé au creux d'un petit vallon – ni à de la soie ! Mais un enquêteur ignorant le dialecte comprendra « mont le (ou la ) soie » et sa notation sera à l'origine d'un lieu-dit orthographié sur la plupart des cartes jusqu'aux années 1960-1970 de telle façon qu'un étranger pensera à un "mont" et à de la soie.

LA SALM AU LIEU DU GLAIN
Une de ces erreurs - ô combien dérangeante - a fait passer au siècle dernier le nom de Salm à la rivière Glain à l'approche de Salmchâteau. Dérangeante parce que :
- elle est entrée dans les moeurs d'une très grande partie de la population;
- la Salm, dépouillée de son nom, reçoit des noms variant avec le lieu et l'époque : ruisseau de Petit-Thier, ruisseau d'Hermanmont, eau du Baron, eau maréchale, … ce qui atteste un malaise certain;
- la Salm n'ayant plus de nom, un farfelu lui a inventé celui de « Vielle », ce qui aurait donné naissance au nom de Vielsalm en accolant deux noms de rivières ! C'est d'une bêtise à faire hurler.( Le suffixe Viel signifie vieux : les comtes de Salm, établis en face de l'actuelle église à un endroit appelé Salm tout court, ayant émigré au début du 14e siècle à 2 km au sud et créé Salmchâteau, l'endroit occupé précédemment est tout simplement devenu l'ancienne Salm, Vielsalm !)
Les étymologistes s'accordent pour faire remonter les noms de Salm et de Glain à la préhistoire et plus particulièrement à l'époque celtique. Le cours d'eau en question a donc été appelé « Glain » depuis plus de deux millénaires et c'est depuis un peu plus d'un siècle que son cours inférieur a changé de nom.

LES FAITS
En fait, que constate-t-on ?
1) L'existence dans le réseau hydrographique de la région de deux rivières Salm et Glain. La Salm prend sa source sur l'ancienne commune de Petit-Thier, longe la route de St-Vith entre le moulin Minguet et le zoning de Burtonville, traverse l'ancienne propriété de Rosée, longe le terrain de football, passe au Tienne-Messe où elle reçoit le Baraîchin, puis sous l'église et s'unit au Glain sous Rencheux. Les endroits appelés vif-Sâm, sur Sâm, Sâmfa jalonnent son cours.
Le Glain prend sa source près de Commanster et, par Beho et Bovigny, atteint (après avoir reçu la Ronce) Salmchâteau (où il reçoit le ruisseau de Bêche et le Golnay), forme le plan d'eau des Doyards, reçoit la Salm, poursuit par Grand-Halleux pour se jeter dans l'Amblève à Trois-Ponts.

La preuve des documents.
Ne prenons que les dernières mentions dans le temps :
- délibération du conseil communal de Vielsalm du 27 juillet 1840 : octroi de l'autorisation « d'établir une scierie de bois…au lieu-dit le Moulin de Vielsalm (à l'endroit de l'actuelle chute du plan d'eau) pour être mue par eau et alimentée par la rivière de Glain ».
- Dans Etudes historiques sur l'ancien pays de Stavelot-Malmedy de De Nève : « …l'Amblève passe à trois-Ponts où elle reçoit le Glain »;(1848)
- Dans Tandel, Communes luxembourgeoises, par Mr Lepage : « Salmchâteau est situé au confluent de trois ruisseaux : le principal, dont la source est à Commanster… s'appelle le Glain »(1877).

Les preuves toponymiques :
- le pont à proximité de l'entrée sud du tunnel ferroviaire de Trois-Ponts s'appelle toujours « Pont de Glain »;
- les lieux-dits è Glain (Grand-Halleux), fosse à Glain (Salmchâteau), Fa de Glain et fond de glainchamps (en amont de Bovigny).

2) Jusqu'à la moitié du 19e siècle, aucun problème.
3) A partir de 1840, passage progressif du terme Salm vers le Glain dans certains comptes rendus du conseil communal notamment. Il s'ensuit : une rivière qui n'a plus de nom et une autre qui, sans rime ni raison change de nom en s'emparant de celui d'un de ses affluents.

Ouvrons ici une parenthèse. Une des raisons de ce transfert pourrait à mon avis se trouver aussi dans le parler wallon de la localité de Vielsalm. La rivière venant de Salmchâteau est appelée l'êwe du Sâm facilement traduite à tort par La Salm. A tort, parce que en wallon Salmchâteau se dit simplement Sâm. C'est la même erreur qu'a commise tout récemment un employé du MET qui a fait apposer sur le pont de Salmchâteau une plaque « Pont de Salm » alors qu'il s'agit du Pont d'Sâm c'est à dire Pont de Salmchâteau( mais sur le Glain !)

4) Dans le même temps, aucun problème pour le cours supérieur du Glain jusqu'à l'approche de Salmchâteau. Les gens de Honvelez ou Bovigny ont toujours utilisé le terme correct de Glain.
5) Jusqu'au début des années 1970, « Glain » était devenu à Vielsalm un hydronyme en voie de disparition bien que, dès 1948, Gaston Remacle eût publié dans le bulletin trimestriel de l'Institut archéologique du Luxembourg, une démonstration de ce transfert de noms. La création en 1973 de l'A.S.B.L. Val du Glain, Terre de Salm remit déjà, du fait de cette dénomination, ce terme au-devant de la scène.

A la fin des années 1980 ou au début des années 1990, l'association ci-dessus et Comté de Salm, Patrimoine et Environnement avaient envoyé un courrier aux Pouvoirs publics de différents niveaux pour attirer l'attention sur ce fait et leur demander de débuter un rétablissement des noms corrects dans leurs actes, plans, etc… Le sujet ne les intéressant pas, il n'y eut aucune réaction favorable.
Il est exact que ce problème n'est pas vital et qu'un transfert de nom ne constitue pas une catastrophe. Mais lorsqu'on écorche votre nom, vous le faites remarquer. Si l'on vous donne le nom du voisin, vous rectifiez. Nos villages, lieux-dits ou rivières ne peuvent se rebiffer mais ont néanmoins droit au respect de leur nom.
Ce ne fut cependant pas un coup dans l'eau car, par exemple, le service de toponymie de l'Institut géographique national et les Sentiers de Grande Randonnée ont signalé qu'ils tiendraient compte à l'avenir de cette remarque.

Nous espérons que toutes les personnes de Salmchâteau, Vielsalm, Grand-Halleux et Trois-Ponts principalement qui nous liront appelleront dorénavant leurs rivières de leurs vrais noms : le Glain, c'est le Glain, la Salm, c'est la Salm mais le Glain n'est pas la Salm. Il coulera encore beaucoup d'eau sous les ponts du Glain et de la Salm avant que nos deux rivières retrouvent – peut-être - leurs noms authentiques : l'effort pour ce faire devra être long et soutenu. En attendant, coulez Gain, coulez Salm !

Robert NIZET

dimanche 13 septembre 2009

À Saint-Martin (Bovigny).

(publié le 7 décembre 1978)

Entre Rogery et Bovigny, sur un plateau dans la forêt, se dresse isolée une chapelle. L’endroit est connu sous le nom de « Saint-Martin ».

C’est le centre antique d’une paroisse régionale, devenue maintenant « de Bovigny ».

Elle portait à l’origine le nom de paroisse « Glain », du nom d’un ancien domaine auquel elle appartenait. Elle est signalée déjà dans un document de 814, mais il n’est pas douteux qu’à ce moment elle existait déjà depuis pas mal de temps.
Elle comprenait le territoire de la commune de Bovigny, sauf Cierreux qui dépendait de Salm. En des textes latins, elle est dénommée « de Glaniaco » en 814 et 950. Plus tard, au XIIe siècle, on la désigne sous le nom de « Saint-Martin », du nom du patron.

À la suite d’événements malheureux de toutes sortes, guerres, ravages, épidémies, aux XIVe et XVe siècles, le curé de la paroisse finit par devoir abandonner son presbytère non loin de l’église, et son séjour à Bovigny, de provisoire d’abord, devint peu à peu définitif. Le 2 juin 1717, la chose fut régularisée et le titre d’église paroissiale de Saint-Martin fut transféré à la « chapelle » de Bovigny. Le bâtiment, qui vraisemblablement était alors fort défectueux, finit par tomber en ruines. Toutefois, en 1850, l’abbé DEBRA, curé de Bovigny, fit construire la chapelle actuelle, sur l’emplacement de l’ancien édifice ; elle est connue sous le nom de « chapelle N.D. des Malades ».





Il n’y a jamais eu d’habitation à côté de la chapelle, qui est toujours restée isolée. Le presbytère se trouvait au bas de la côte conduisant à la chapelle, près de la rivière.

Gaston REMACLE

mercredi 2 septembre 2009

L’église de Mont-Saint-Martin à Bovigny.

(publié dans Ardenne et Famenne, 1968-1969/1)

I.
Plusieurs documents nous font savoir qu’au haut Moyen Age existait, en Ardenne, une villa, un domaine du nom de Glain, mentionné sous la dénomination de Glaniau villa, Glaniaco, Glaniacho, Glengou.
Vers 720, 6 décembre, Charles Martel, maire du palais, vint y tenir un plaid (à Glaniau villa) et y rendit une sentence devant une cour nombreuse.

(J.HALKIN/ C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, t.I, Bruxelles, 1909, pp.39-40)

Un autre document, une charte privée du 14 avril 915 indique les limites de ce domaine : la terre de Saint-Remacle (Lierneux), la terre de Saint-Aubin (Gouvy), et les terres de deux particuliers Erlebold et Everhelm (ces deux dernières sont le domaine de Thommen et ce qui fut le comté de Salm primitif).

(J.HALKIN/ C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, t.I, Bruxelles, 1909, pp.126-129)

Ces limites sont celles de l’actuelle commune de Bovigny et de ce qui fut l’ancienne paroisse de Mont-Saint-Martin jusqu’à 1803, excepté toutefois Cierreux (au nord du ruisseau) qui, jusqu’à 1803, fit partie de la paroisse de Salm.
On estime raisonnablement que l’emplacement du chef-lieu du domaine de Glain se trouvait à l’endroit occupé actuellement par les bâtiments de la ferme dite « des Concessions ».

II.

Le 1 octobre 814, l’empereur Louis le Pieux confirma les monastères de Stavelot et de Malmedy dans la possession de plusieurs dîmes et chapelles situées en territoire royal, parmi lesquelles celle de glaniaco. Confirmation renouvelée le 1er février 950 par Otton Ier.

(J.HALKIN/ C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, t.I, Bruxelles, 1909, pp.66 et 163)

Ces droits, fait remarquer le diplôme impérial, avaient déjà été donnés aux monastères par les prédécesseurs de Louis (ab antecessoribus nostris).
De quels devanciers s’agit-il ? De deux ou trois ? En tout cas cela nous reporte pour le moins au VIIIe siècle.
En 814, la chapelle de Glaniaco existait donc déjà depuis longtemps.

III.

Vers 1130, au commencement de l’abbatiat de Wibald, un dénombrement des églises à la collation de l’abbé de Stavelot cite celle de « Monte Sancti Martini ».

(J.HALKIN/ C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, t.I, Bruxelles, 1909, p.305)

À la même date, Mont-Saint-Martin est encore cité dans le relevé des églises et terres payant des redevances à l’église de Stavelot.

(J.HALKIN/ C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, t.I, Bruxelles, 1909, p.309)

Désormais, c’est sous ce nom de Saint-Martin, de Mont-Saint-Martin, que seront mentionnées, dans les documents, l’église et la paroisse en question. Que cette église, à partir de certain moment, ait été désigné par le nom de son titulaire, rien d’étonnant. De même, que le mont sur lequel s’élevait l’édifice.

IV.

Glain, chef-lieu de la villa royale, est à l’écart de Mont-Saint-Martin. Dès lors, le bâtiment capella de Glaniaco se trouvait-il au chef-lieu du domaine royal ? Ou faut-il le voir, déjà à son origine, sur le sommet du Mont ? Il y a là un problème.
Géographiquement, le Mont-Saint-Martin est bien mieux placé que Glain pour servir de centre paroissial ; il n’est pas tellement éloigné non plus du chef-lieu de l’ancien domaine, environ 1 km., et sur un terrain de même niveau.
D’autre part, en 814 et déjà depuis les devanciers de Louis le Pieux, la capella de Glaniaco était église non seulement du chef-lieu, mais église régionale ; car des dîmes, que l’on peut croire importantes à raison du fait qu’elles font l’objet d’un diplôme impérial, lui étaient attachées.
À notre avis, ce caractère régional permet de penser que, dès l’origine de la paroisse, aux premiers temps de l’évangélisation par les moines de Stavelot, l’église paroissiale s’est trouvée sur le thier devenu « Mont-Saint-Martin ».
La dénomination église de Glain peut très bien d’ailleurs avoir signifié église du domaine de Glain, quel qu’ait été l’emplacement de l’édifice du culte, cela quand la vie au chef-lieu était encore active. Cette vie venant à faiblir et disparaître peu à peu, entre 814 et 1130 (cela fait trois siècles), le nom du patron de l’église aura prévalu sur l’ancienne dénomination.

V.

Le 2 juin 1717, à la suite d’une demande des paroissiens adressée à l’évêque de Liège, le titre d’église paroissiale de Saint-Martin fut transféré à la « chapelle de Bovigny ».
C’était la régularisation d’une situation de fait.

(A.P. Bovigny. Cité par L.LOMRY/ P.-F. LOMRY, La toponymie de la commune de Bovigny, dans A.I.A.LUX., Arlon, 1947, p.135)

Depuis longtemps, une partie de la paroisse avait été ravagée. Bien des endroits, habités autrefois, étaient devenus déserts : Lamerlé, Outrimont, Pumont, Oburcy, Belvaux, Walo, et d’autres. La situation de l’église, sur le mont, était devenue réellement excentrique et le curé résidait à Bovigny, près de ce qui restait de ses paroissiens.
À quel moment la dévastation de la paroisse s’est-elle effectuée ? Le P. LEMAIRE la place « vers le milieu du XVIIe siècle ».

(H.LEMAIRE, Ancienne église de Saint-Martin en Ardenne, Luxembourg, 1879, pp.17-26. L’auteur pense qu’on inhumait déjà à Bovigny avant 1717, basant son opinion sur la présence à Bovigny d’une croix tombale datée de 1666 (p.21))

Toutefois, elle a eu lieu bien avant. Le dénombrement des chefs de ménage de 1472 ne cite aucune des localités notées ci-dessus.

(A.E.A.)

Non plus que les dénombrements ultérieurs.

(J.GROB/J. VANNERUS, Dénombrements des feux des duché de Luxembourg et comté de Chiny, t.I, Bruxelles, 1921. G.REMACLE, Chefs de ménage de Bovigny, dans B.I.A.LUX., 1965-2.
N.B. Sur l’ancienne paroisse de Saint-Martin, voir aussi D. GUILLEAUME, L’archidiaconé d’Ardenne dans l’ancien diocèse de Liège, Liège, 1913)


Sans entrer dans d’autres détails, remarquons seulement que les temps du XIVe siècle, au plus tard, ont amené bien des malheurs dans le pays, et nous situons, quant à nous, la dévastation du ban de Saint-Martin à cette époque.
Le maintien du droit de collation, et d’une part aux dîmes, dans le chef de l’abbaye de Stavelot, a gardé jusqu’en 1717, à l’église du Mont-Saint-Martin, son titre d’église paroissiale.

Gaston REMACLE, 24/10/1968

jeudi 20 août 2009

Documentation au sujet de la rivière de GLAIN en aval de Salmchâteau.

I. Textes d’archives :

670. « per ipsam Alsenam usque ubi in Glanem ingreditur ; deinde traversum Glane usque Albam Fontanam »
(HALKIN et ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, t. I, p.22)

814. « et inde per ipsam Alsemanm usque ubi in Glanum rivolum ingreditur ; et deinde ultre Glanum usque ad Albam Fontem »
(HALKIN et ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, t. I, p.65)

950. « Glanum rivulum ingreditur ; et deinde ultre Glanum »
(HALKIN et ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, t. I, p.162)

1481. « les dits masuiers ne peut prendre paçon dedans glaind »
(G. REMACLE, Vielsalm et ses environs, 1968, p.246)

1486. « item die fischerei in der glane »
(FAHNE de ROLAND, Codex diplomaticus Salmo-Reifferscheidanus, 1866, p.259)

1570. Christophe de MANDERSCHEIDT, abbé de Stavelot, donne en accense à Jean, fils Etienne de TROISPONT, une « islette » située dans la rivière de Glain, par dessus les Trois-Ponts »
(et ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, t.II, p.586)

1586, 22 août. « Contract pour l’érection du pont devant les maisons des trois ponts sur la rivière de glain, pour 140 dallers »
(A.E.L., Stavelot-Malmedy, I/309, p.193)

1590, 20 mai. « ung pré gisant pardessouz la Vieille Saulme en rivage, tenant … du loing au costel de l’eau de glain »
(CS 1587-1622/9vo)

1592, 22 septembre. « Anthoine de Bellevaux brasseur inhabitant à la Vielle Saulme » achète « un pré … interiacceant entre l’eau du Glain et le grand chemin »
(CS 1597-1603/17)

1595, 28 mai. « une troisième part, … environné tout à l’entour de l’eau de Glain »
(CS 1587-1622/39)

1599, 13 juillet. « ung pré situé au fourdon pré, ioingnant d’un costé à Bertrand Gengoulx de Ryncheux et de l’autre à l’eau de Glain »
(CS 1597-1603/80)

1601. « 1601, 20e janvier, le Receveur Bex rend à Jean Denys des Trois Ponts mayeur de Fosse une venne située sur la rivière de Gleen que tenoit auparavant Jacque Jean Denys des dts Trois Ponts »
(A.E.L., Stavelot-Malmedy, I/309, p.191)

1604, 30 août. « sa part d’un petit pré situé en moreau-faingne, joingnant pardesseur à Jean Wilhelme de la Vielle Saulme et pardessouz à l’eau de Glain »
(CS 1602-1609/96)

1604, 12 novembre. « Servais Guilhaulme demourant au bas chasteau présent et acceptant un pré extant à la hairongue tenant … à l’eau de Glain »
(CS 1602-1609/102)

1605, 20 septembre. « un pré gisant desseur la venne du moulin [de Vielsalm] ioingnant … inférieurement à la rivière de Glain »
(CS 1602-1609/125)

1608. « un pré … tenant … pardessouz à Jean Winand [de Grand-Halleux] et d’un autre endroit à l’eau de Glain »
(CS 1602-1609/237)

1612, 11 avril. « tous tels sartages … extant au ban des Halleux pardeça la rivière de Glain scavoir à l’endroit de la petite Halleux »
(CS 1611-1615/33)

1614, 13 juin. « Gillet Colla du Mont a vendu … toute son appartenance es sartages pardeca l’eau de Glain du costé de la grande Halleux »
(CS 1611-1615/116)

1619, 27 avril. « Jean frenson de Rynscheux … vend … sa troisième part de certain héritage dict communément les Islettes de St Gengoulphe circuites de la rivière de Glain »
(CS 1617-1620/71vo)

1622, 6 juillet. « Catherinne veufve de feu Jean frenson de Rynscheux … vend une engagère … tenante d’un costé à la rivière de Glain de l’autre au pré de Jean du fourny »
(CS 1620-1625/8vo)

1623, 30 mai. « trois charées de foing … à prendre au pré Jean du fourny situé pardessous Rynscheux tenant à la rivière de Glain »
(CS 1620-1625/53vo)

1627, 2 janvier. « Pierre Jacob le ieune d’Ennalle … vend … une pièce de pré scis au loing de la rivière de Glain tenant pardessouz au wys »
(CS 1625-1627/77)

1627, 28 juin. « Nicolas Burthon … met es mains de Thomas musnier de la Vieille Saulme … une faingne scise pardessouz golonfaix tenante à la rivière de Glain »
(CS 1625-1627/121)

1628, 27 juillet. « Gillette fille de feu Piron du pont demourant à Hourt … oppignore … toutes telles terres sartables … gisans pardela la rivière de Glain du costé de la petite Halleux »
(CS 1627-1631/68)

1692, 23 juillet. « Les islettes entières … s’extendantes desoubs jusqu’au prez possédé par Léonard le moisne … tout du loing à l’eau bannale dit glain »
(CS 1683-1718/113vo)

1722, 16 mai. « Le sieur Michel Jacob … a demandé et obtenu ban et relief des biens … consistans en un prez dit le prez au Gottay joindant d’un costé à la rivière de Glain »
(CS 1702-1725/300)

1722,15 mai. « un prez dit le prez au Gottay ioindant dessous à la veuve Gérard Comté de Rencheux, d’un coté à la rivière de Glain »
(CS 1702-1725/300)

1729, 13 mai. « Jean Josse de petite halleux assisté de Jeanne sa femme … ont declaré avoir vendu … un preid scitué au finage de Salme, lieu dit desautrin preid, joindant … du long de la rivière de glain »
(CS 1726-1730/105)

1737, 14 mai. « un petit morceau de champs situé en lieu dit à la fosse rolette joindant … d’embas à l’eau de galin »
(CS 1737-1741/26)

1737, 7 octobre. « une prairie sise au delà du pont du moulin de vielsalme vers Rencheux tenante … dessous à l’eau de glain »
(CS 1737-1741/81)

1738, 9 septembre. « une prairie gisante au finage du Hourt … tenante d’un costé au chemin du Seigneur et l’autre à la rivière de glain »
(CS 1737-1741/200)

1738, 9 décembre. « une prairie gisante au finage du Hourt … tenante d’un coté au chemin du seigneur et de l’autre à la rivière de glain »
(CS 1737-1741/200)

1740, 28 janvier. « Jean Sevrin du hourt … vend … certain morceau de preid gisant en lieu de glain tenante … à l’eau de glain »
(CS 1737-1741/308)

1740, 24 août. « son pré situé au dit Salmchâteau joindant d’un costé … à la rivière du Glain »
(CS 1737-1741/364)

1740, 20 décembre. « item un morceau de bois appelé la heche finage de Rencheux, joindant … à l’eau de glin »
(CS 1738-1749/79)

1741, 10 octobre. « la prairie dite pirenne … joindante d’un coté au Bois le maire d’autre à l’eau de Glain »
(CS 1737-1741/451)

1741, 10 octobre. « une prairie gisante au finage de Rencheux en lieu dit entre deux Roches joindante d’un côté à l’eau de Glain d’autre au bois d’aisance »
(CS 1737-1741/450)

1741, 10 décembre. « une prairie gisante au finage de Rencheux en lieu dit entre deux roches joindante d’un coté à l’eau de Glain »
(CS 1737-1741/450)

1743, 30 juillet. « une prairie gisante en lieu dit le pont des perches joindants d’un côté au chemin et de l’autre à la rivière de Glain »
(CS 1741-1747/167)

1744, 7 juin. « une prairie gisante dans la basse ville joindante d’un côté à l’eau de Glain et d’autre au chemin du Seigneur »
(CS 1778-1780/142)

1749, 29 juillet. « le sieur Erich Adolphe Ruth haut officier … a vendu … le prez dit le pouriprez à l’eau de la vallée joindant … du couchant à l’eau de Glain »
(CS 1749-1753/55)

1755, 1 avril. « une certaine prairie lieu dit le pré à lonai tenant … du couchant à Henri Georis du dit Hourt, et du septentrion à l’eau de Glain »
(CS 1753-1757/422)

En 1755, les biens possédés « par l’Eglise paroissiale de Vielsalm » comprenaient notamment :
- « une troisième [prairie] de 800 [verges] joignant du levant et du septentrion à l’eau de glain »
- « une quatrième [prairie] de 101 [verges] joignant du couchant à l’eau de glain, du levant au douaire du curé ».
- « une cinquième [prairie] de 107 [verges] joignant … du levant au douaire, du couchant à l’eau de Glain ».
- « une sixième [prairie] de 103 [verges] joignant du couchant à l’eau de glain … et du levant au douaire du curé »
- À « Salmchâteau un enclos dit le courtil fontaine de 12 [verges] entouré du chemin et de l’eau de Glain »
(A.G.R. Jointes des amortissements, n°898)

En 1755, également, les « biens possédés par l’église de St Laurent aux Halleux appendice de l’église paroissiale de Salm » comprenaient notamment :
- À « grande Halleux une prairie dite es Renorée » joignant « du couchant à l’eau de glain ».
- « une prairie joignant du levant à George Gengoux de grande Halleux … du couchant à l’eau de glain »
- Le pré dit le quarai joignant du levant à Henri Mathieu L’anfant de la petite Halleux … du couchant à l’eau de glain »
- À « Hourt une prairie dites les Rondes écobenées du levant et du couchant à l’eau de glain »
- À « Hourt le pré dit à Lonai joignant … du midi à l’eau de glain »
- À « Petite Halleux un pré dit es glain joignant du levant à l’eau de glain »
(A.G.R. Jointes des amortissements, n°898)

1757, 14 septembre. « la prairie à l’eau de la vallée … tenant du couchant à l’eau de Hermanmont et à la rivière de glain »
(CS 1753-1757/404)

1762, 6 décembre. « une fange dit communément la fange du hourt … du levant aboutissant à l’eau de glain lez le pont »
(CS 1762-1768/135)

1764, 12 janvier. « une prairie au fumage de petite halleux en lieu dit es eglins joignant … du levant à la rivière de glains »
(CS 1762-1768/308)

1766, 1 avril. « Laurent Gengoux de Mont petit Halleux … cède et transporte … un morceau de prez situé … desous à l’eau de Glain »
(CS 1780-1783/161)

1766, 5 avril. « le pré dit Liette entouré de deux côtés de la rivière de glain » à Petit-Halleux.
(CS 1762-1768/362)

1766, 7 juillet. « Jean toussaint parmentier du hour … déclare d’affecter … une prairie dite Glain joignant … desous à l’eau du Glain »
(CS 1762-1768/497)

1767, 24 novembre. « une fange dite au cul de la vanne, joignant … devant à Jean Biémont du dit Mont petite Halleux et derrière à l’eau de Glain »
(CS 1772-1774/97)

1779, 15 avril. « une prairie en lieu dit entre deux roches joignante d’un côté à la rivière de Glain et d’autre au bois dit hodinfosse »
(CS 1786-1788/213)

1777, 15 mai. « certaine prairie située en lieu dit Golonfatz joignant d’embas à la rivière de Glain »
(CS 1774-1778/213)

1778, 22 mai. « Jean Louis Piette de Vielsalm … déclarant céder … la prairie dite fourdonprez tenante du levant à l’eau de Glain »
(CS 1778-1780/85)

1780, 2 novembre. « certaine prairie masure scituée en lieu dit basse ville de Salmchâteau joindante … deseur au chemin, vers le levant à la rivière de Glain »
(CS 1780-1783/249)

1781, 10 mai. « la dite prairie gisante au finage du hourt tenant d’un côté au chemin du seigneur, de l’autre à la rivière de Glain »
(CS 1780-1783/290)

1782, 30 avril. « Guillaume Joseph Otte de Vielsalm lequel déclare vendre … certaine prairie située en lieu dit à la chapelle joindante … du couchant à l’eau du glain »
(CS 1780-1783/387)

1782, 21 mai. « certaine fange, dite fange moray située dessous le bois Lemaire joindante d’un côté à la rivière de glain »
(CS 1780-1783/404)

1783, 4 janvier. « Le sieur Jean Bernard Otte Mayeur … ont déclaré de vendre … la prairie leur appartenant gisante au village de hourt ban des Halleux … tenante … du bas à la rivière de Glain »
(CS 1783-1785/90)

1785, 29 mai. « Anne Marie Lejeune, veuve de Nicolas belvaux de Rencheux laquelle a déclaré avoir vendu … certaine prairie … connu sous le nom de prés au pont … joindant de l’autre côté à la rivière de glain »
(CS 1786-1788/80)

1785, 25 septembre. « Jean Louis Piette de Vielsalm … déclarent de recéder leur droit d’engagère de la dite prairie à fourdonprez joindante … du levant à l’eau de Glain »
(CS 1786-1788/81)

1786, 12 janvier. « un morceau de fange située en lieu dit la fange moray joindant d’un cotté à la roche dite roche du hourt … du couchant à la rivière de Glain »
(CS 1785-1786/249)

1786, 9 février. « Pierre Frederiche d’Ennal lequel déclare vendre … le prez dit Richardprez joindant … d’embas à l’eau de glain »
(CS 1788-1789/171)

1788, 26 juin. « Jean pierre abinet jeune homme de Grande halleux … a déclaré vendre … un prez masure situé en lieu dit glain joindant du levant à la rivière de ce nom »
(CS 1788/180)

1794, 31 mars. « un morceau de fange masure, situé au fumage de Vielsalm, en lieu dit golonfatz joindant … d’en bas à la rivière de Glain »
(CS 1794/107)

1794, 23 juin. « certaine prairie masure, située en lieu dit à la chapelle finage de Vielsalm, tenant … du couchant à l’eau de Glain »
(CS 1794/206)

An VI, 8 floréal (27 avril 1798), le relevé des biens fonciers des habitants de Salmchâteau mentionne :
- « un pré à la fosse de glin » ( Baptiste LAPLUME)
- « un pré dit entre deux eaux du levant à l’eau de glain » (aux héritiers Jean Henri le BEGUE)
- « dessous la hairongue joindant l’eau de glain fange » (aux héritiers Barthelemi ANDRIANNE)
- « un champ au pont des perches du levant à l’eau de glain » (à François MAGARD)
(A.E.L. Lierneux, 114)

An X, 25 prairial. « traversant le chemin du petit halleux à Salm et continuant … jusqu’à une borne fixée sur le bord de la rivière du glein, de là traversant la rivière ».
(A.E.L. F.F., liasse 126, extrait du procès-verbal de reconnaissance des limites de la commune de Vielsalm)

An X, 4 thermidor. « … nous avons trouvé au point de jonction des rivières de Glein et d’Emblève … montant le cours de la rivière de glein jusqu’au bois de la Rochelinval … suivant encore ce chemin jusqu’à la rivière de glein … ».
(A.E.L. F.F., liasse 126, extrait du procès-verbal de reconnaissance des limites de la commune de Wanne)

1805, 28 avril. « le pont situé sur l’eau de Glain entre Vielsalm et Rencheux est en partie croulé … »
(A.C. Vielsalm, Registre aux délibérations du Conseil municipal de Vielsalm)

1809, 2 février. « Laurent Lekeu cultivateur à Petit-Halleux … vend … certaine prairie dite fange du Hour tenant du levant à la rivière de Glain »
(A.E.S.T.H. Notariat MARTHOZ, Vielsalm, 1809, n°28)

1809, 7 mars. « Laurent Honvlez d’Ennal … a déclaré de vendre … certain terrain en la dite commune nommé richapré … joignant du levant à la rivière de Glain »
(AESTH. Notariat MARTHOZ, Vielsalm, 1809, n°63)

1809, 23 octobre. « un pont sur ka rivière de Glain qui abrégeait le chemin de plusieurs villages à Vielsalm ayant été entraîné … »
(A.E.L. F.F., liasse 796, Lettre de Pierre-Antoine PONCIN, de Vielsalm)

1823, 9 décembre. « il ne lui avoit été permis » [à Lambert TIGNY de Salmchâteau] « de détruire … la digue en pierres laquelle servoit de tems immémorial pour amener les eaux de la rivière dite de Glain »
(A.E.S.T.H., J.P. Vielsalm, 1823, n°100)

1824, 28 mars. « une prairie située en lieu dit prés Close tenant du couchant à la rivière de Glain »
(R.P. Salmchâteau)

1826, 15 juillet. Vente, par Antoine MIGNON, de Hourt, de « un pré situé en lieu dit grand pré lequel joint … à la rivière dite Glain »
(A.E.S.T.H., Notariat DENIS, Vielsalm, 1826)

1838, Jean NICOLAS, de Grand-Halleux, achète « une pièce de prairie … située au territoire du dit petit Halleux tenant du levant à l’eau dite de Glain »
(A.E.S.T.H., Notariat DENIS, Vielsalm, 1838)

1839, 4 octobre. Extraits de l’acte de partage des biens OTTE, à Vielsalm (Not. DENIS) :
- « le moulin de Vielsalm, avec la pature y joignant … l’ensemble tenant du midi à la rivière de glain ».
- « un petit pré en lieu dit fourdon pré … tenant du midi et levant à la rivière dite glain ».
- « un petit pré en lieu dit au pont, tenant du levant à l’eau de glain ».
- « la première portion du bois Lemaire tenant à la rivière de glain ».

1840, 27 juillet. « Vu la demande de la dame Vve Lebaron … tendant à obtenir l’autorisation d’établir une scierie de bois sur sa propriété au lieu dit le Moulin de Vielsalm pour être mue par eau et alimenté par la rivière de Glain »
(A.C. Vielsalm, Registre aux délibérations du Conseil communal de Vielsalm)

1843, 15 janvier. « Charles-Joseph Otte de Vielsalm … donne à titre de bail à loyer, un moulin à farine, mu par l’eau, dit moulin de Salmchâteau, sis sur le ruisseau dit eau de glain »
(A.E.S.T.H., Notariat DENIS, Vielsalm, 1843, n°18)

1863. « Le moulin et la scierie de Vielsalm … Etablie sur la rivière de Glain, cette usine jouit d’un moteur hydrauliqe d’une grande puissance »
(Annonce de Stavelot, 2 mars 1863, annonce de la vente du moulin de Vielsalm, Not. DENIS)


2. Textes d’auteurs.

1741, BERTHOLET Jean, Histoire ecclésiastique et civile du duché de Luxembourg et comté de Chiny, T. I, p.28 :
« L’Emblève entre par Aywaille dans l’Ourt, la Glaine par Salm dans l’Amblève ».

PIERRET, notaire luxembourgeois mort en 1737, parle de Salmchâteau en ces termes :
« un petit village que l’on nomme la Nouvelle Salm, séparée du château par la petite rivière de Glaine »
(Cité par TANDEL, Les communes luxembourgeoises, 1891, t. IV, p.650)

1828. COURTOIS Richard, Recherches sur la statistique physique agricole et médicale de la province de Liège, t.I, p.120 :
« L’Amblève … passe à Stavelot et se dirige un peu au sud vers les Trois-Ponts où elle reçoit sur la rive gauche le Glain ». Puis, en note 1 : « Le Glain passe à Grand-Halleux… ».

1848. de NOUE Arsène, Etudes historiques sur l’ancien pays de Stavelot-Malmedy, p.472 : « Trois-Ponts où elle [l’Amblève] rencontre le Glain ».

1855. GRANDGAGNAGE C., Mémoire sur les anciens noms de lieux dans la Belgique orientale, p.17 : « Selon M. de Noue, l »Alsena est l’Enalle … et le Glanis ou Glanus, l’Albe ; mais il est évident que ce dernier est le Glain, qui se jette dans l’Amblève à Trois-Ponts ».

1866. FAHNE de ROLAND A., Geshichte der Grafen, jetzigen Fürsten zu Salm-Reifferscheid …, Köln, p.38 : « Die Grafschaft Salm in den Ardennen … werd von der Glain durchströmt ».


3. cartes et dessins.

1728. La carte des limites mérovingiennes de l’Abbaye de Stavelot, dessinée par RODERIQUE (publiée par la revue « Folklore Stavelot-Malmedy-Saint-Vith », 1968, p.32) indique la rivière sous le nom de « Glanis Albe ».

Vers 1775, carte de FERRARIS. Depuis le confluent avec la Ronce, jusqu’à la commune actuelle de Grand-Halleux, la carte mentionne : Glain et Glain riv.

Un petit dessin, annexé au procès-verbal de délimitation de la commune de Vielsalm de l’an X (A.E.L., F.F., liasse 126), indique la rivière sous le nom de : « rivière de Glain ».

1844. L’Atlas des communications vicinales de la commune de Vielsalm, donne à la rivière, sur son cours dans la commune, deux fois le nom de Glain (A.C. Vielsalm)


4. Toponymes.

Noms de lieux situés près de la rivière de Glain, en aval de Vielsalm ; les archives mentionnent ces noms, encore repris par le langage actuel :

- En aval de Rencheux : « fanges de Glain ».
- En aval de Grand-Halleux : « en lieu dit glain ».
- Près de Trois-Ponts : « pont de glain ».

samedi 15 août 2009

Le Val de Salm.

(publié dans le Bulletin du Syndicat d’Initiative de Vielsalm, 1950 n°2)

Chaque région a son visage propre. Le touriste aime à le découvrir, le comprendre, en garder le souvenir, peut-être plus que l’homme de l’endroit, trop habitué à ses horizons familiers.
S’il fallait dire l’originalité de celui du pays de Salm, par quelle particularité le définir ?
Le trait dominant paraît bien être, ici, un vaste sillon sur lequel viennent s’articuler les lignes du pays. Orienté du midi vers le nord, il coupe la région presque en son milieu, tantôt resserré, sauvage, entre des roches qui le dominent, tantôt mieux à l’aise pour recevoir quelque ruisseau.
S’y glisse, active, une rivière. Qu’elle a dû lutter pour se frayer la route ! elle miroite, « Glanis », la « brillante » des anciens, allant de Commanster à Trois-Ponts à la rencontre de l’Amblève. Val de Salm, oui, mais dont le nom ne vient pas de la rivière qui l’anime.
Car c’est bien l’expression « eau de Glain », « rivière de Glain », qui, jusqu’au siècle dernier, a désigné cette rivière ; quantité de documents en font foi. Avec le terme « Glain », la langue celtique nous a laissé un témoignage de sa présence dans le pays. D’autre part, en 670 déjà, c’est également sous ce terme, « Glanem », que reconnut notre rivière, sous Grand-Halleux à l’endroit où elle reçoit le ruisseau d’Ennal,une commission composée de commissaires royaux et de délégués de l’Évêque de Liège réduisant le territoire de Stavelot à la demande des moines de l’abbaye. Et vers le même temps, c’est au domaine ou villa de Glain, situé aux environs de la ferme des Concessions-Bovigny, que Charles Martel vint siéger avec une suite nombreuse le 6 décembre 720.
Mais le temps a-t-il vraiment jeté cet antique nom dans l’oubli ? Nullement, puisque, tout le long u val, des toponymes en gardent le souvenir : « pont de Glain » à Trois-Ponts ; le lieu dit « è Glain » à Grand-Halleux ; un autre, « fosse à Glain » à Salmchâteau ; « Glainfa » à Commanster.
Aujourd’hui, les cartes et l’école donnent souvent le nom de Salm à la rivière, comme si en elle était passée la vie de la région.
Et c’est vrai que, depuis un siècle, elle s’est faite impérieuse, commandant à la route et a rail de l’accompagner sur la plus grande partie de son cours. Toute l’activité des environs s’en est ressentie. Les demeures même tendent à descendre vers elle, et lui créer un cadre nouveau ; Grand-Halleux, Vielsalm, Salmchâteau, Bovigny, grandissent sur ses rives. Le val de Salm est devenu comme le cœur de la région.
S’il est plein d’histoire, il manifeste tout autant un riche pittoresque. Quelques sommets en révèlent le charme : les roches du Hour, le Bonalfat, le Thier des Carrières, le Camp romain … On peut choisir et, de là, découvrir les horizons étalés. Ou bien cheminer au creux de la vallée, sous les roches, les ombrages, avec de continuelles surprises de décor.
Mais, de part et d’autre du val central, d’autres richesses se déploient. Des crêtes se détachent, perpendiculaires au vaste sillon. Elles gagnent le lointain, jusqu’où ? à la rencontre d’autres pays. Qu’on les suive, et chaque pas, chaque coup d’œil découvriront un détail nouveau.
Le promeneur attentif découvrira davantage, le merveilleux de légendes bien normal pour un pays chargé d’histoire et de relief tourmenté : le souvenir, lié à la roche de Rompt-le-cou, du cheval Hora sauvant la jolie Odette d’Ennal ; les sabbats de sorcières sur les hauteurs du Hour ; la joute des deux guerriers se retrouvant chaque année au Gros-Thier pour le Jugement de Dieu ; l’intervention du cheval de Bon Secours encore, en faveur des amours de Laïde et de Lambiet de La Bedinne ; et le rendez-vous, aux environs de Saint-Martin, de toutes les légendes qui courent les chemins, les fonts baptismaux qui ne veulent pas être déplacés, le trésor gardé par Satan, le curé assassiné à l’autel par son seigneur, Lopin-Lopar, les cloches au fond d’un puits, et d’autres… traduction de l’éternel drame humain aux prises avec le mystère.
C’est une vive impression que peut laisser le Val de Salm.

Gaston REMACLE

dimanche 9 août 2009

5. Les limites du comté.

AU NORD

La frontière fixée ici en 670 par la commission délimitant le domaine de l'abbaye de Stavelot, n'a subi aucune modification depuis.

C'est une ligne allant vers l'ouest, à partir d'un point culminant (altitude 599 m) au nord-est de Mont-le-Soie ; elle rejoint le ruisseau d'Ennal un peu en aval de Mont-le-Soie, suit le ruisseau jusqu'au Glain, puis tourne vers le nord-ouest pour aboutir au voisinage de l'église actuelle de Saint-Jacques.


Du confluent du ruisseau d'Ennal avec le Glain, la ligne n'a pu s'infléchir vers Arbrefontaine comme on l'a dit parfois, puisque la délimitation de 670 devait réduire le domaine de Stavelot notamment du côté de Lierneux. Mais la direction prise vers Dairomont pour rejoindre l'Amblève, est la seule normale. Quant à Alba Fontana cité en 670, il s'agit d'une fontaine éloignée d'Arbrefontaine et indépendante de cette localité.



A L'OUEST

Du voisinage de l'église actuelle de Saint-Jacques, une ligne à peu près droite, vers le Crin-do-Sart, tient la hauteur par Pelhémont et sépare deux bassins : celui du Glain, à gauche, celui de l'Amblève à droite. Cette ligne limitait, du côté de l'est, ce qui a constitué le comté primitif de Salm et la paroisse de Salm ; à l'ouest, à droite, les domaines très anciens de Bodeux et de Lierneux, antérieurs à l'époque franque. Très vieille limite donc que celle-ci.

Une modification s'est produite néanmoins à une date antérieure au XVe siècle, probablement vers le XIIIe: Arbrefontaine, avec Menil et Gernechamps, qui appartenaient à Lierneux, ont passé au comté de Salm, on ne sait à la suite de quels événements.


G. REMACLE suppose que c'est à ce moment qu'Arbrefontaine, endroit de passage fréquenté à la fin du Moyen Age comme l'attestent de vieux chemins, sera né et aura grandi, devenant ainsi objet de convoitise pour le comte de Salm établi très près à Goronne.


Du Crin-do-Sart jusqu'au moulin KOOS, de Sart-Sainte-Walburge, un chemin allant vers Langlire et toujours visible actuellement est cité en 896 comme limite d'un domaine s'étendant du Thier-del-preux jusqu'au-delà de Bihain.


« ex una parte Mons Preuz surgit, ex alia vero via ad campum eorum Anglariam ducens, et ex tertia Fundisneias vocatas défluit... »
(J. HALKIN et C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, T.I, Bruxelles, 1909, p. 116).


A gauche, ce qui est devenu Salm, au XIVe siècle.


C'est l'étendue entre le Golnay et le Thier-du-Mont.
(G. REMACLE, Du premier au second château de Salm-en-Ardenne, dans B.I.A.LUX., Arlon, 1965)
Toutefois, avec le temps, cette limite a fléchi quelque peu vers l'est, pour coïncider avec des abornements de terrains.


AU SUD-OUEST

Ici, deux tronçons formant angle droit sont nettement marqués par des cours d'eau. L'un de ceux-ci est le Golnay, depuis le moulin KOOS, jusqu'au confluent à Salmchâteau avec le Glain.
L'autre est le Glain, depuis le Golnay à Salmchâteau, jusqu'au confluent du Glain avec le ruisseau de Cierreux.

A L'EST

Notre frontière du côté de l'est ayant son point de départ à l'altitude 599 m au-dessus de Mont-le-Soie, elle se dirigeait vers le sud.
Elle longe le vieux chemin de Stavelot à Luxembourg, le chemin restant à Salm, jusqu'à Poteau. Elle suit toute la crête de partage des eaux, sauf une avancée du territoire de Thommen à l'endroit dénommé « Streitwald », jusqu'au ruisseau de Vîfsâm.
C'est une frontière linguistique également, depuis la période franque, faisant de Commanster une localité d'expression wallonne.

AU SUD

G. REMACLE estime que le domaine de Glain n'a pas fait partie du comté de Salm primitif.

Il base cette opinion sur les faits suivants, à peu près contemporains de l'origine du comté de Salm :

- En 1004, un certain Gérard et sa femme Frigdevide donnent au monastère de Stavelot ce qu'ils possèdent à Glain sous forme d'alleu. L'acte de donation (J. HALKIN et C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, T.I, Bruxelles, 1909, pp. 201-202) constate la présence, comme témoins, de Gislebert, qui ne peut être que le comte Gislebert de Salm cité en 1034-1035, de son père Frédéric, de son oncle ou frère Henri. Si, à ce moment, notre comte avait possédé également Glain, comment n'aurait-il pas cherché à être lui-même bénéficiaire de cette donation ? Et comment Glain n'aurait-il pas été désigné comme étant dans la dépendance de notre comté ?
- Entre 980 et 1007, sous l'abbatiat de Ravenger, à l'occasion d'un miracle opéré au tombeau de saint Remacle en faveur d'une femme de Glain, ce domaine est déclaré propriété de l'abbaye : « in vicina nobis fisco Glengou... » (Miracula Santi Remacli, chap. XVII, livre II, cité par C. GUILLAUME dans ses notes).
Cfr. aussi D. GUILLEAUME, L'archidiaconé d’Ardenne dans l’ancien diocèse de Liège, dans Bull. de la soc. d’art et d’hist. du dioc. de Liège, tome XX, Liège, 1913, p. 231, note 1.
- En 1135, Glain n’est plus cité dans la liste des biens de l’abbaye de Stavelot-Malmedy
(J. HALKIN et C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, T.I, Bruxelles, 1909, p.323)
et faisait probablement déjà partie du comté de Salm (Archidiaconé)
- En 1310 : « paroisse de St. Martin, terre de Salm » (op.cit., p.231)


La limite première de Salm au sud-est donc celle qui démarquait vers l'an mille les terres de Salm et celles de Glain.
Elle prend son point de départ au confluent du ruisseau de Cierreux avec le Glain. Elle remonte alors le ruisseau, de telle façon que le village de Cierreux appartenait à Salm, comté et paroisse, tandis que Rogery était à Glain. La coïncidence avec le ruisseau allait jusqu'à un point situé entre Sâm-li-vivî et Louxibou, là où le ruisseau est franchi par un vieux chemin en ligne droite venant d'Audrange par le moulin de Beho et gagnant la région de Salm.

Au gué précité, la délimitation abandonne sa coïncidence avec le ruisseau, tourne à droite, et suit le chemin jusqu'au moulin de Beho où finit le domaine de Glain. Au-delà, elle continue vers l'est où elle rencontre le chemin déjà mentionné et venant de Poteau.

Après l'intégration du domaine de Glain au comté de Salm — on ne sait ni quand ni comment ( En tout cas, avant 1310 (E. TANDEL, Les communes luxembourgeoises, t. IV, p. 288)) —, la frontière du comté de Salm s'est reportée vers le sud. Un vieux chemin venant d'Audrange et courant sur la crête entre Courtil et Gouvy en paraît le tracé tout naturel. Toutefois, Beho est laissé en dehors de Salm, sauf deux maisons. D'autre part, la Ronce sépara désormais la terre de Salm de celle de Lierneux.
Vers l'ouest pourtant, une nouvelle poussée de la terre de Salm a dû s'opérer à une date indéterminée, pour prendre pied sur le versant vers l'Ourthe, avec Halconreux et jusqu'au milieu du village de Gouvy.


Le 3 août 1626, le comte de Salm devint seigneur par engagère de l'autre partie de Gouvy, pour 4 800 livres (A.E. Tch. N°21). Au-delà de Gouvy, le comté de Salm comprit aussi une petite partie de Rettigny ; il s'agit, semble-t-il bien, d'une enclave dans la terre de Cherain. Nous n'avons pas à faire ici l'histoire de toutes les possessions de Salm qui comprenaient également une maison à Sommerain, une à Audrange, trois à Huldange et une enclave sans habitation près de Recht, cette dernière délimitée en 1778.


3. Le nom de Salm.

A la fin du siècle dernier, on a cherché une explication de la présence du terme Salm dans la dénomination de la famille comtale. Plusieurs opinions ont été avancées, rattachant ce terme à certaines hypothèses présence présumée, autrefois, du saumon dans nos ruisseaux ; nom du défilé entre Vielsalm et Salmchâteau, qui serait apparenté à un terme de langue finnoise ; particulièrement, nom de Salm donné à la rivière passant à Salmchâteau et sous Vielsalm. Ces suppositions ne reposent sur aucun fondement.

G. JOTTRAND, dans Notice sur Alt-Salm ( A.I.A.LUX., p. 193), écrit qu'un défilé pareil à celui qui se trouve entre Vielsalm et Salmchâteau, « s'appelle en langue finnoise Salmé », et que « c'est ce vieux nom qui est resté attaché » à la dénomination de Vielsalm.
Toutefois, dans une édition postérieure (Ed. SEVRIN, vers 1930, p. 3), JOTTRAND a modifié son texte sur cette question et ne tire aucune conclusion ; il a donc changé d'avis. Quant au véritable nom de la rivière entre Salmchâteau et Vielsalm, c'est-à-dire Glain, aujourd'hui un peu méconnu, c'est à partir de la moitié du XIXe siècle qu'on a commencé de le confondre avec celui de Salm ; mais nous ne pouvons nous étendre ici sur ce sujet.



Au cours de nos recherches à ce propos, un autre élément nous a frappé. A notre avis, il est convaincant. C'est le nom du ruisseau passant au pied du promontoire rocheux sur lequel a été bâti le premier château de Salm dont on parle ci-après.
Il s'agit du ruisseau, guère inférieur au Glain, et venant par Hermanmont, Beaufays et Petit-Thier. De sa source à son confluent avec le Glain, le terme Salm se retrouve sur son cours dans trois toponymes fort anciens et toujours utilisés par le langage local actuel :

Vîfsâm, à la source ;

Voici trois mentions de ce nom de lieu :
— 1602. « Anthoine le Burneau de la Ville du bois at vendu à Jean filz Leonard gros Henry de Burtonville... la quatriesme part de l'accens gisant à la Vivesaume... » (CS, 1602 -1609 /28).
— 1768. « Mathieu Willem Jacques du petitier » déclare vendre une prairie « en lieu dit à la vive Salm... pour le profit de Henri Englebert de Blanchefontaine » (CS, 1780-1783/138).
— 1825. « un idem (sartage) dans le vif Sâm » (Papiers GEORGES, de Petit-Thier).


Sursâm , à Petit-Thier ;

Entre autres, quatre textes
— 1581. « sa quatriesme part du pré de Sursaulme tenant pardesseur à Leonard Denys et pardessous à l'eau » (CS, 1587-1622/71).
— 1646. « moyse noel de la ville du bois.., cède à Henry Jean du pont (de Petit-Thier) sa parte de prez situe en sursalm » (CS, 1638-1651/180).
— 1733. « un pré au finage du petithier au lieu dit Sursame joindant deseur a barthelemy Jean Mathy et desoub au ruisseau » (CS, 1730-1734/93).
— 1771. « un champ situé proche le petitier dit Sursame traversé par le centier conduisant à Comanster » (CS, 1786-1788/8).


Sâmfa, entre Beaufays et Ville-du-Bois.

Bornons-nous à cette mention, de 1589 : « une pèce de pré que le dit Anthoin avoit acquis a Jehan fils de feu Andriette delle Ville du boy situé a Samfau » (CS, 1565-1594/59).
Les documents notent : Salme faix, Saulme faix, Sam faix, Samfau, Saulmefaix, Sam fax, Salmfatz.



Rien d'étonnant dès lors que ce terme se rencontre une quatrième fois vers l'aval, c'est-à-dire au pied du rocher qui a servi d'assise au castellum Salmis cité en 1153.

J. HALKIN et C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, T.I, Bruxelles, 1909, p. 466.
Le 7 octobre 1835, le Conseil communal de Vielsalm, dans sa délibération du jour, mentionne le cours d'eau sous le nom de « la rivière de la Salm ». Voici la mention, établie à l'occasion de la construction projetée de la route Stavelot-Diekirch, et de son passage aux abords de Vielsalm, à la partie septentrionale de la localité : « Le Conseil susdit cède en outre à la Société concessionnaire les moellons du vieux pont construit entre Vielsalm et Rencheux, pour être employés à la construction du pont nécessaire au passage de la route sur la rivière de la Salm, sous le bourg de Vielsalm ». A cette date, le nom de Glain était encore bien vivant pour désigner la rivière entre Vielsalm et Rencheux. Dans le texte qui vient d'être cité du Conseil communal, il n'y a par conséquent aucune équivoque entre Glain et Salm.


Rien d'étonnant que cette demeure seigneuriale ait pris le nom d'une caractéristique de l'endroit, le ruisseau Salm exemple de plus du phénomène humain selon lequel un habitat prend le nom de la rivière au bord de laquelle il s'est établi.
A remarquer que le terme Glain ne pouvait être choisi pour caractériser l'endroit, puisqu'il dénommait déjà, vers l'an mille, un autre domaine, voisin, au sud du ruisseau de Cierreux.
Ainsi le terme Salm s'est lié à la dénomination du château et, forcé- ment, à la famille qui occupait celui-ci.
Nous n'hésitons donc pas à expliquer la dénomination de la famille de SALM en la rattachant au nom du ruisseau prenant sa source à Vif sâm.

mercredi 29 juillet 2009

A travers l’histoire régionale, Vielsalm et ses environs :

(publié dans ?; le 28 octobre 1978)

Au temps de la préhistoire.

On appelle préhistoriques, les temps sur lesquels on n’est renseigné par aucun document écrit et précédant l’ère chrétienne. On se bas alors, pour connaître cette époque, sur des vestiges matériels. Ceux-ci ne manquent pas dans notre région ; ils permettent d’admettre qu’elle a été habitée déjà depuis fort longtemps et même par une population très active. De l’examen de ces vestiges, on peut conclure qu’ils se rapportent pour la plupart aux derniers siècles avant J.-C., ce qu’on appelle l’époque de la Tène, ou l’âge du fer, et qui a vu dans nos régions des populations celtiques.
Voici quelques-uns de ces vestiges.
  • Le camp dit abusivement « romain » au sommet du Gros-Thier entre Bèche et Salmchâteau. Il n’a rien de « romain » ; il a été édifié pour servir de refuge et de défense aux populations de ce temps-là.

  • Plusieurs tombes ont été découvertes et fouillées sur le territoire de la commune de Bovigny et aux abords, livrant des poteries, anneaux et bracelets, une hache.

  • Autre vestige : des pierre taillées en forme de fève de café, d’environ 40 cm. De longueur et destinées à servir de meules à broyer le grain. On en retrouve encore sur le banc d’arkose qui va des Quatre-Vents (Neuville) vers l’est, ainsi que près de Provedroux ; on a dû en fabriquer des quantités considérables.

  • Une longue série d’excavations pour l’extraction de la pierre d’arkose constitue un indice encore de cette époque. Partant des environs de Joubiéval, on la retrouve à l’est des Quatre-Vents, puis plus loin au-delà des Mauvaises-Pierres (Petit-Thier). On ne peut que lui donner un âge d’environ deux millénaires.

  • Entre autres, deux noms antiques de cours d’eau de la région témoignent aussi de la présence celtique. Il s’agit de GLAIN et SALM, deux termes que l’on rencontre dans toute l’Europe. Termes hydronimiques, c’est-à-dire désignant de l’eau. GLAIN se rapporte à « eau brillante » ; SALM à « eau un peu trouble ».

  • Le long de plusieurs de nos ruisseaux, particulièrement celui de Louxibou descendant vers Cierreux, celui de Bèchefa descendant vers Bèche, ainsi qu’aux sources du Salm, on constate la présence d’une quantité de tertres irréguliers et d’origine artificielle, des « tambales » dit le langage du pays. Ils appartiennent à une bande qui va du plateau des Tailles jusqu’à la haute Amblève. Les archéologues sont d’accord pour reconnaître qu’il s’agit là de résidus de délavages aurifères et ils situent leur origine à l’âge du fer. Il y a là une activité considérable.

  • On sait que la Gaule a été jadis un des pays grands producteurs d’or. César en a tiré des sommes considérables ; elles lui ont permis de conquérir Rome où l’abondance d’or, après la guerre des Gaules, fit tomber le rapport de valeur de l’or à l’argent de 1/11,91 en 150 à 1/8,39 en 50 avant J.-C.

  • D’autres vestiges plus anciens encore ont été trouvés non loin de notre région. Par exemple, des haches en pierre polie, près de Gouvy, près de Baclain, entre Hébronval et Bihain en 1947.

Ndlr:

Cet article a déjà été publié, morcelé, de 1972 à 1974, sous la rubrique "Connaissons notre région".

lundi 27 juillet 2009

Connaissons notre région. (XXV)

(série d’articles publiés dans « Les Annonces de l ‘Ourthe » ( ?) le 14 juin 1974)

Le vieux moulin.

La « rue du moulin » à Vielsalm rappelle l’existence d’un moulin à farine. Il était situé sous la villa Mouton. Il a été démoli en 1915 pour faciliter le passage de la voie de chemin de fer Vielsalm – Saint-Vith créée à ce moment. Il en subsiste encore des vestiges. C’était un moulin « à trois tournants », donc à trois paires de meules. Il était alimenté en force motrice par un bief de dérivation de l’eau de Glain, bief qui se voit encore maintenant. Entre le bief et le Glain se trouve le pré dit « entre deux eaux ». ce moulin était très ancien et avait été restauré après plusieurs incendies. Son plus ancien meunier connu s’appelait Gilles, décédé vers 1570.

Gaston REMACLE