dimanche 17 septembre 2017

Quelques précisions sur la chapelle St-Roch à Arbrefontaine

Dans une de ses chroniques, parues dans le journal publicitaire « Ourthe-Amblève », OURTHAM alias Charles PIERARD (+ 1973) signalait : « La chapelle Saint-Roch. En 1959 eut lieu l’inauguration de ladite chapelle, située entre Menil et Arbrefontaine. La précédente avait été détruite à la suite de la bataille des Ardennes 1944-45. On ne connaît pas la date de sa construction, mais elle aurait été érigée à la suite d’une épidémie de peste survenue vers le milieu du 18e siècle. »


Chapelle St-Roch actuelle, construite dans les années 1950.

Si le culte de St-Roch est effectivement associé à l’horrible maladie contagieuse, il n’en reste pas moins que la construction de l’ancienne chapelle est  largement antérieure à la moitié du XVIIIe s.
Les registres de la cour de Salm renseignent le relief effectué, le 07.03.1714, par Paquay TOUBON, d’Arbrefontaine, notamment d’un champ situé près de « la chapelle St Roche ».

Texte de 1714.

Ancienne chapelle, détruite à la guerre.

Situation de la chapelle sur une carte de la moitié du XIXe s.


©Georges BENOIT

jeudi 3 août 2017

HISTOIRE: Le village de Cierreux (Gouvy) a-t-il constitué une seigneurie, fief noble de la prévôté et comté de La Roche ? (Inédit)

À la fin du XIXe siècle, Émile Tandel fut le maître d’œuvre d'une somme concernant la province de Luxembourg et portant le titre Les Communes luxembourgeoises, un ouvrage constitué de sept volumes édités de 1889 à 1894 par l'Institut archéologique du Luxembourg, dont il était le président. 
En 1877, Tandel proposa de demander aux instituteurs de la province de Luxembourg de recueillir les légendes et les proverbes locaux. Il se chargea de rédiger et d’envoyer le questionnaire. Il compila les données et les compléta, avec d’autres collaborateurs bénévoles.

Émile Tandel
En relisant la notice consacrée à l’ancienne commune de Bovigny (Arrondissement de Bastogne, vol. IV, p.170), je tombe sur cet extrait : « Cierreux, où existe une chapelle qui date de 1706, était un fief noble dépendant jadis de la prévôté et comté de Laroche. En 1728, Pierre de Groulard prenait le titre de seigneur de Cierreux ». Monsieur Tandel se référait aux Analyses des manuscrits Würth-Paquet.

Si Cierreux possédait bien une chapelle (depuis 1704), le village faisait partie de la mairie de Lalloux, dans le comté de Salm, au moins depuis le Moyen-Âge.
La seigneurie à laquelle il faisait allusion était Ceureux ou Seureux. Nom donné à un plateau à l’Est-Sud-Est de La Roche, limité au Nord par la vallée de l’Ourthe et à l’Ouest par le ruisseau qui coule dans le ravin de Hermeux. Sous l’Ancien-Régime, ce lieu constituait une seigneurie foncière, effectivement plein-fief de la cour féodale de La Roche. En 1716, Pierre de Groulart releva, avec ses cohéritiers, à la cour féodale de La Roche, le neuvième de Ceureux, échu par succession de leur père. 

(A. DE LEUZE, « Fiefs du Comté de Laroche », 4e partie, pleins-fiefs, pp. 131 et 135.) 

– À noter que la famille de Marguerite de Bande, aïeule maternelle de Jean-Hubert Favaige, notaire à Vielsalm (+ 1705), possédait également des parts dans la seigneurie de Ceureux.

On trouve un Guillaume de Sierreux, officier héréditaire du ban de Wanne en 1665. À ce titre, il résidait dans le château de Wanne. Mort vers 1688, il fut inhumé dans le chœur de l’église de ce village. Sa fille, Anne-Jeanne, épousa le baron Jean-Thomas de Waha dit de Baillonville. 
(Pierre André, « Le château de Wanne », dans « Le Cahier du Ban », n°3, 2004, Musée de Wanne)

Georges BENOIT

dimanche 30 juillet 2017

HISTOIRE : Les fonts baptismaux de Bovigny (inédit)


Dans le livre « De Saint-Martin à Bovigny », G. Antoine, l’auteur, renseigne (p. 50) un acte, du premier quart du XVIIIe s. (v. 1716), de l’archidiacre accordant au pasteur de Bovigny et à ses paroissiens l’autorisation de transférer les fonts baptismaux du temple de Saint-Martin, en ruine, vers l’église de Bovigny où le curé exerce ses fonctions pastorales. À un autre endroit du livre (p. 34), l’auteur s’interroge sur ces fonts : « Pourquoi cette cuve n’a-t-elle pas été installée à Bovigny en 1716 ? » et « Pourquoi les baptêmes se célébreraient-ils à « Saint-Martin » alors que la vie se déroule à Bovigny ? ».

À la première question, rien ne prouve que les fonts (mesurant 59 cm de hauteur) n’aient pas été installés à Bovigny en 1716. Ils ont peut-être été transférés dans la Chapelle Notre-Dame des Malades, lors de sa construction, en 1850, sur le site de l’ancienne église de Saint-Martin… Il faudrait rechercher dans les comptes de la fabrique l’éventuel achat d’une nouvelle cuve baptismale vers cette période…

À la seconde question, il est certain que les baptêmes se célébraient à Bovigny et ce, longtemps avant l’autorisation de 1716, en attestent les actes de baptêmes célébrés à Bovigny, consignés dans un registre depuis 1677, conservé aux Archives de l’État à Saint-Hubert. Le fait est avéré d’autant plus par l’acte de baptême de Henri, fils de Jean Marquet, de Bovigny, du 3 avril 1682, lequel suggère que l’enfant fut baptisé dans de nouveaux fonts. Ceux-ci auront remplacés les anciens, ce qui prouve les baptêmes à Bovigny depuis une période reculée !
Extrait du registre paroissial de Bovigny, avec la mention des nouveaux fonts.

© Georges BENOIT

samedi 17 décembre 2016

Immersion dans le passé marchois

Mon nouveau livre vient de paraître. Il est vendu au salon de coiffure "En Vogue" à Vielsalm, Galerie du Vieux-Marché, au prix de 25€.



lundi 5 septembre 2016

L’ancienne demeure seigneuriale de Beho : la maison « mayesch »

Au début du XVIIIe siècle, cette demeure était habitée par Jean Pierre PACKES, mayeur et officier de la cour de Thommen dont Beho faisait partie, à l’exception de quelques maisons sur le territoire du comté de Salm. PACKES exerçait aussi les fonctions de notaire, au moins jusqu’en 1737. Sa fille, Marie-Madeleine, épousa, en 1711, Léonard-François-Félix de FAYMONVILLE qui fut notaire également. Le couple aura comme fils, Léonard-François de FAYMONVILLE, né à Beho le 10 mars 1720, est cité comme notaire à Beho de 1749 à 1760. Il contracta mariage à Vielsalm, le 19 février 1754, avec Marie-Catherine BAPTISTE, du « Vieux-château » à Commanster, fille de l’échevin de Salm, Henri-François BAPTISTE et d’Anne-Pétronille SCHEURETTE. On peut encore admirer la superbe pierre tombale de cette dernière à l’entrée de l’église de Commanster. 

Emplacement de l'ancienne maison seigneuriale de Beho.

 En 1765, la veuve du notaire de FAYMONVILLE était remariée à Jean-Henri de MÉREN, originaire d’Oudeler, officier héréditaire de la cour de Thommen. Il meurt à Beho en 1803 ; sa femme aussi, en 1810. 
La maison de Méren, près de l'église.
Un fils de cette seconde union, Jean-Paul de MÉREN (1768-1847), est établi à Marche-en-Famenne comme directeur des postes royales ; il deviendra même bourgmestre de cette ville de 1814 à 1823. Son fils, Richard de MÉREN (1828 – 1880), personnage haut en couleurs, fut l’un des protagonistes d’un attentat raté contre l’Empereur Napoléon III, en 1853. Il fut condamné à la déportation au bagne de Cayenne, puis amnistié en 1859. 

En 1855, Ferdinand-Antoine de MÉREN, autre fils de Jean-Paul, est directeur en chef de l’administration des postes de Belgique, à Bruxelles, lorsqu’il vend au profit du docteur en médecine Gaspard BERNARD, originaire de Dampicourt, tous ses bâtiments à Beho, moyennant 5 350 francs. BERNARD avait fréquenté l’école latine du curé DEBRA à Bovigny. 
Malgré ses 87 ans, il pratiquait encore la médecine. C’est en allant visiter un malade au village qu’il fut victime d’un stupide accident. Un cycliste qui venait derrière lui, l’effraya, et, en voulant l’éviter, le docteur tomba. Cette chute provoqua une congestion cérébrale. Il mourut le même jour, le 28 septembre 1909, sans avoir repris connaissance. Il avait été décoré pour son combat dans la lutte contre le choléra. 
La maison convertie en "Hospice Ste-Marie", carte postale.
Plus tard, la maison de Beho fut convertie en hospice, tenu par des sœurs. C’est là que s’éteignît, en 1965, le fils du docteur, Walter BERNARD, ancien curé de Bovigny, qui y avait pris domicile lorsqu’il fut pensionné en 1937. La tombe monumentale de la famille BERNARD se trouve sous la bretèche de la tour de l’église de Beho. 
Emplacement de l'ancienne maison seigneuriale, photo google.
Avant d’être la proie d’un incendie, au début des années 2000, la vieille maison avait été convertie en gîte. Les ruines ont été rasées.

Georges BENOIT

samedi 6 février 2016

HISTOIRE : Miliciens Salmiens sous les Français, à la fin du XVIIe siècle

Depuis l’occupation française du comté, en 1681, plusieurs Salmiens furent enrôlés dans les armées de Louis XIV, roi de France. Le 17 avril 1694, un compte des dépenses du comté de Salm fait état du paiement d’une somme de 67 écus, 4 sous, pour les sept « soldats de milice de nostre pays » restés en vie. Ce paiement, à raison de cinq sous de France par jour et par soldat, depuis le 13 décembre 1693 jusqu’au jour de « leur marche » inclus, soit environ deux mois, avait été ordonné par Jean-Baptiste de MAHIEU, Intendant des armées françaises et administrateur du duché de Luxembourg. Les sept braves furent : Servais le CUVELIER, de Ville-du-Bois, Servais LAPLUME, du bas chasteau (à Salmchâteau), Henry JACQMIN, de Bovigny, Jean Colla MEURICE, de Mont-Petit-Halleux, Henry Jean FRANZ, de Beho, Jean-Baptiste LAMBERT et Mathieu VOZ, de Petit-Thier. Henry JACQMIN, ayant obtenu son congé, Monsieur de MAHIEU décida de le faire remplacer par un autre Salmien ; lequel devait être escorté par un homme de la justice de Salm jusqu’à Arlon, en passant par Luxembourg. Ce fut l’échevin Gérard TOUBON († 1730), d’Arbrefontaine, qui fut désigné pour cette mission. Le soldat choisi s’engagea dans la compagnie du gouverneur d’Arlon, par consentement de l’Intendant. Ce fut encore TOUBON qui conduisit d’autres soldats destinés à des remplacements. Il lui fut ordonné « de les faire boire à Arlon, pour avoir bon courage et ne point déserter » ! Comme personne ne voulait plus obéir et que les huit anciens miliciens menaçaient de déserter l’armée, les justiciers de Salm décidèrent de leur octroyer une somme de 32 écus chacun. Le fils de Jean Colla MEURICE, de Mont, était resté chez lui, malade, et, dans l’incertitude de sa guérison, n’avait pas marché avec les autres. L’Intendant donna ordre de le faire conduire à « l’hospital de Luxembourg ». Ce fut François ALEXANDRE, de Gouvy, qui s’en chargea, avec son cheval. Les hommes correspondant aux critères de sélection étaient désignés par la justice de Salm, lorsqu’il fallait choisir un soldat pour la milice. Messieurs de la justice profitaient de l’occasion pour boire « un petit pot de vin » facturé aux habitants du comté… Les miliciens désignés étaient conduits à Bastogne « pour tirer au sort ». C’est de cette manière que le hasard désigna Henry MOYS, de Petit-Thier, lequel ne voulant pas être soldat, s’engagea dans la compagnie de Nicolas de CATINAT (1657 – 1712), maréchal de France ― Eric-François PIERREZ (1664 – 1734), de Vielsalm, futur seigneur de Bihain, était « lieutenant de la compagnie des fusilliers de Catina » en 1695 ―. La justice de Salm dut choisir dare-dare un remplaçant en la personne de Martin MEURICE, d’Arbrefontaine, moyennant 30 écus. Monsieur de MAHIEU ordonna à l’officier de Salm de faire conduire ledit MOYS par trois hommes afin de l’emprisonner à Luxembourg. Les habitants du comté payèrent le « quartier d’hiver » aux neuf soldats de la milice salmienne, à raison de 5 sous de France par jour, soit 11 écus et 8 bons sous chacun ; à l’exception du fils de Noël DE LA CROIX, de Gouvy, nouveau milicien, qui ne reçut que 3 écus et 28 bons sous. 


Georges BENOIT

mercredi 27 janvier 2016

RELATION DE LA VIE A GORONNE PENDANT LA GUERRE 1914-1918- ANNÉE 1916

Voici la suite du « Liber memorialis » de la paroisse de Goronne  (Pages rédigées par l’abbé Leboutte, curé de Goronne), en ce qui concerne l’année 1916.


Roger GEORIS

 

 

 

Anno 1916


                              A la fin de l’année 1915, la vie commence à devenir d’une cherté incroyable : c’est le commencement d’une hausse énorme des prix de tous les articles. Heureusement, la commission américaine « For Relief in Belgium », dont les rouages sont fort
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Ici la page est coupée et au verso de ce qui reste, une note signée par l’Abbé Georges, successeur de l’Abbé Leboutte à la cure de Goronne signale que :
« Le 20 avril 1920, Monsieur le Vicaire général Cawet m’autorise à supprimer cette page ».
Le récit reprend donc à la page suivante comme suit :
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l’an je donne les cours de 3ème latine, à un autre les cours de langues pour la 5ème, aux deux autres les leçons de la classe préparatoire d’Humanités avec les premières notions de latin.

               Les jeunes gens du village, trouvant le besoin de s’amuser pendant que leurs compatriotes souffrent au front, dans les hôpitaux, dans les prisons, ont institué une société de foot ball, le Belge Club ! Et ils jouent chaque soir en semaine ; et le dimanche, ils désertent les offices de l’après-midi, ils vont s’exhiber dans les villages voisins, ils s’y enivrent, ils tapagent, hurlent et souvent pendant la soirée et la nuit. Evidemment, les sociétés des environs leur rendent la pareille. Il paraissait que l’argent recueilli irait aux prisonniers de guerre ; mais il faut d’abord payer les ballons, les costumes de jeu, les chaussures et la rincette. Et que reste-t-il pour les prisonniers ? … C’est bien triste de devoir constater de pareilles choses en temps de guerre !

               A l’occasion de la Solennité de l’Adoration, le R. P. Armand ; O. F. M. de Bastogne a prêché aux saluts du Triduum. Les offices ont été bien suivis. Il y a eu 170 communions le jour de l’Adoration (c’est chaque année le même chiffre, parce que ce sont toujours les mêmes qui ont gardé leur vieille coutume) ; le lendemain, dimanche 6, il en est revenu 95, qui avaient communié le 5, à une communion spéciale pour les soldats morts à la guerre. Le R. P. a été fort bien écouté et vivement regretté.

               Pendant le mois de Novembre, nous avons appris que l’autorité allemande enlevait dans toutes les provinces de Belgique des hommes de 17 à 55 ans de toute condition, qu’elle appelle « chômeurs » sous prétexte de leur fournir du travail en Allemagne, travail pour lequel ils seront payés, ce qui leur donnera de quoi se nourrir ainsi que leur famille, et de plus, ils cesseront d’être à charge de l’assistance publique. Au fond, ce n’est que l’esclavage qui nous menace. Nous avons dû comparaître à Vielsalm, le19 Décembre, au nombre de 65 ; une bonne trentaine ont communié le matin pour se fortifier dans cette pénible circonstance. On a pleuré beaucoup dans la paroisse depuis quelques jours ; nous avons assisté à Vielsalm à une des plus tristes scènes qu’il soit possible de voir. Deux jeunes hommes de la paroisse ont été retenus et nous les avons vus partir pour l’exil… Ce qu’on a versé de larmes ce jour-là !…

               Le nombre des communions en 1916 a été de 4247.





Quelques précisions sur la chapelle St-Roch à Arbrefontaine

Dans une de ses chroniques, parues dans le journal publicitaire « Ourthe-Amblève », OURTHAM alias Charles PIERARD (+ 1973) signalait : « La...