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vendredi 9 mai 2014

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

L’Organe du 12 avril 1914 : un Rallye-Cycliste réunira ces dimanche et lundi tous les cyclistes désireux de participer au tirage au sort de plus de 1000Frs  de primes en espèces. Il suffit de faire inscrire – gratuitement -  son n° de plaque provinciale.
Nestor Remacle de Priesmont vient de subir brillamment à Liège son examen de moniteur de gymnastique.

Le 26 avril : mardi dernier, jour habituel de la foire, les marchands ambulants, ignorant  l’interdiction des marchés dans la région étaient venus installer leurs tables et  tentes pour se livrer à leur petit trafic. Ils en ont été pour leur peine.
Dans la nuit de lundi à mardi, les étudiants liégeois, suivant leur traditionnelle habitude sont venus faire visite aux habitants de Vielsalm et surtout à la fameuse pompe de la place du marché.
Le retour du Congo à Salmchâteau du Commandant Laplume est toujours un  événement qui donne encore lieu cette fois-ci à de grandes réjouissances.

Le 10 mai 1914, à Gouvy, le 2 mai dernier, l’express Liège-Luxembourg au lieu d’être dirigé sur la voie règlementaire est venu se jeter sur une rame de voitures à voyageurs mises de côté pour le lendemain. La locomotive s’est littéralement enchassée dans la première voiture tamponnée. Deux personnes ont été grièvement blessées et les dégâts matériels sont importants.
Depuis le 1er mi, le service des trains est complètement modifié,  les trains belges cessent d’aller jusqu’à Trois-Vierges et Gouvy devient donc une gare de formation.

En avril et mai 1933, l’Organe  rapporte la Grande semaine du Vol à voile de Colanhan. Le 23 : de nombreux clubs arrivant de partout en Belgique se sont affairés aussitôt pour monter les appareils transportés dans des remorques spéciales. Dimanche matin le vent du nord était peu favorable car les contreforts de la colline de Hébronval ne sont pas utilisables par ces vents. Le 30 : la semaine d’Hébronval a, cette année, manqué  de réussite. On a certes comptabilisé 166 vols mais le plus long n’a atteint que 1 minute et 14 secondes alors que l’an passé on avait enregistré un vol de 2 heures 11 minutes et 3 secondes ! La pente nord de Colanhan n’a pas été aménagée car il eût fallu abattre des sapins, faire enlever les milliers de mètres de fils de clôture et donc indemniser les propriétaires. De surcroît, cette année, les subsides n’avaient pas été accordés et on ne pouvait donc octroyer de primes. Le vol à voile est une excellente préparation à l’aviation et il est nécessaire de poursuivre l’organisation des semaines d’Hébronval.  Le Patriote Illustré  relata  cet événement dans ses éditions des10 et17 septembre.



Le 28 avril 1935, l’Organe  relate le retour du Congo de Camille de Rosée [ né le 23.06.1901 et décédé le 9.7.1987, époux de Marie-Josée Delin, la baronne décédée il y a environ deux ans], fils du Conseiller Provincial et Communal [ Jacques dit « Jimmy » époux de Marie Snoy]. Il est rentré à bord de l’avion postal Léopold-Roger.  Il est un des premiers à avoir utilisé ce moyen de locomotion car seuls deux passagers sont admis. Le trajet normal dure 5 jours mais cette fois-ci il a fallu attendre 5 jours supplémentaires pour recevoir d’Europe un moteur de rechange.
 Dans le même journal on annonce le décès de M. E. Saint-Paul de Sinçay à Paris le 8 mai dernier dans sa soixante-dix-septième année. Les obsèques ont été célébrées à Saint Pierre  de  Chaillot.


                                                                     Robert NIZET

dimanche 9 août 2009

Paul de SINCAY.

(publié dans: DE VAUX, Le sport en France et à l’étranger, Silhouettes sportives, tome II, Paris, 1900, p.207-210)

Le Rallye-Vielsalm est, je crois, la plus ancienne société de chasse qui existe en Belgique. Fondé en 1853, par le comte de CORNELISSEN, pour chasser le lièvre, le Rallye-Vielsalm ne se mit en société qu'en 1875, après avoir été successivement sous la direction de son fondateur, celle de MM. GRART et le baron Camille du ROSÉE.
La meute, qui jusqu'à cette époque ne comptait que des chiens français, se transforma également et ne tarda pas à se composer entièrement de chiens anglais. Comme on chassait, presque tous les jours de la semaine, le lièvre ou le renard, il fallait des chiens très vite. Le baron du ROSÉE était un veneur de la bonne école ; il resta à la tête de cet équipage jusqu'en 1894, et tous les veneurs qui ont pris part à ses laisser-courre sont unanimes pour vanter ses grandes qualités. C'était un homme fort affable, d'un caractère excessivement gai et d'une bonne humeur constante.
La succession qu'il laissait, lorsqu'il fut forcé par la maladie, de se démettre de ses fonctions de maître d'équipage, était fort difficile à recueillir; et elle serait certainement tombée en déshérence, si M. Gaston SAINT-PAUL de SINÇAY avait refusé cette charge.














M. Paul de SINÇAY, le maître d'équipage actuel de Rallye-Vielsalm, est un parfait gentilhomme d'une grande compétence en vénerie, familiarisé avec tous les sports. Homme de cheval remarquable, il possède une écurie de chasse de premier ordre. C'est en Angleterre qu'il a fait ses premières armes et où il s'est familiarisé avec la chasse au renard. D'une solidité à cheval à toute épreuve, il passe partout, aucun obstacle ne l'arrête, ce qui ne l'empêche pas cependant de ménager son cheval de manière à le conduire à l'hallali sans trop de fatigue.

Le Rallye-Vielsalm possède deux meutes, une pour le renard, composée de quatre-vingts fox-hounds, et une seconde pour le lièvre, composée de quarante-cinq à cinquante harriers. Le personnel compte un premier piqueur, DÉBUCHER, deux valets de chiens à cheval et deux autres valets de chiens qui ne quittent pas le chenil. C'est William PEYLE, au service de M. de SINÇAY depuis trente-cinq ans, qui est chargé de la direction des écuries qui comptent de vingt à vingt-cinq chevaux, choisis parmi les meilleurs types que l'on puisse rencontrer.









Les membres sociétaires du Rallye-Vielsalm sont : MM. Le comte John de MARNIX, le vicomte DESMANET de BIESME, Lambert de ROTHSCHILD, Josse ALLARD, le baron del MARMOL, Emile HAUZEUR, Jules NAGELMACKERS, le vicomte de SPOELBERCH, Georges CHAUDOIR, le vicomte de JONGHE, le baron F. de MACAR, le comte de JONGHE-D'ARDOYE, le capitaine REINTJENS, Mme PELTZER-HAUSEUR, MM. Georges et René PELTZER, le comte de MARNIX de SAINTE-ALDEGONDE et Adolphe MAY.
La saison de chasse ne comporte à Vielsalm, à cause de la rigueur du climat, que trois ou quatre mois de laisser-courre, mais tous les laisser-courre de cet équipage sont des plus attrayants.
La chasse au lièvre, qui est une des chasses les plus difficiles, constitue un sport de tout premier ordre. Si la chasse au lièvre ne présente pas la brillante mise en scène, l'émouvant spectacle du laisser-courre sur les grands animaux, elle passionne cependant les vrais veneurs, car elle est une des plus savantes, et, malgré son rôle modeste, considérée comme l'école et la clef de l'art de la vénerie.
Pour forcer le lièvre, c'est-à-dire prendre à courre l'animal le plus rusé, dont les voies sont si légères qu'elles laissent à peine de sentiment, il faut posséder une excellente meute, et, pour créer cette meute, connaître à fond les qualités et les défauts du chien courant.
La fureur de prendre vite a modifié souvent non seulement l'espèce et la qualité du chien, mais aussi la manière de courre le lièvre : marcher grand train est le but ambitionné par un bon nombre do veneurs ; essouffler l'animal par tous les moyens et le prendre dans quarante ou quarante-cinq minutes., les jours de bon vent et de bonne terre, est un succès fort recherché par quelques-uns, mais fort peu apprécié par M. de Saint-Paul de SINÇAY. A ses yeux, tout l'intérêt de la chasse du lièvre consiste dans cette lutte qui s'établit entre la finesse, la ruse de l'animal et le travail intelligent d'une bonne meute..
A Vielsalm, on n'a. jamais admis qu'on sacrifiât la gorge, la science de l'équipage, à la rapidité de la chasse, et que le désir de prendre en peu de temps fit substituer au travail, si passionnant d'une meute savante, une course furibonde, constamment secondée par l'action immédiate du piqueur.

L'équipage de Vielsalm a compris que, pour forcer un animal, qui tient à peine deux heures devant un train soutenu et régulier, une vitesse excessive n'était pas nécessaire; que, dans des pays cultivés, le chien devait être savant par lui-même, se servir seul clans les défauts, et qu'il fallait surtout rechercher la. meute de l'équipage, avant d'y adjoindre la meute du piqueur.







11 n'en est pas de môme de la chasse du renard, qui demande à être menée rondement, car dans les Ardennes le fox-hunting voit surgir une foule de difficultés, qui arrêtent l'élan des fox-hounds et lui font souvent manquer leur animal. Néanmoins la chasse du renard est suivie avec passion par tous les membres de l'équipage, bien plus à cause des grands espaces parcourus que par la prise presque toujours incertaine du renard.
La tenue de Rallye-Vielsalm, pour la chasse du lièvre, est l'habit bleu, parements et cols rouges, boutons argent ; pour le renard, habit rouge, parements et cols bleus, boutons or.