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mardi 8 novembre 2011

Alexandre Otte

— Le 1er septembre [1853] M. Alexandre Otte, prêtre attaché à l'école Saint-Louis à Namur, a célébré sa première messe à Vieil-Salm (Luxembourg), son lieu natal. C'a été un jour de fête pour ce village. Un clergé nombreux, 17 prêtres, en surplis, est allé chercher en procession M. Otte qui les attendoit agenouillé au pied d'une statue de la Sainte-Vierge exposée sur un autel élégant, élevé contre les murs delà maison paternelle. M. le Doyen, après lui avoir adressé quelques mots, lui offrit un crucifix en ivoire et lui mit sur la tête une couronne de roses blanches; il entonna ensuite le Veni Creator qui fut chanté par le clergé jusqu'à l'église. Après l'évangile, M. le curé de Ste-Véronique à Liège, parent de M. Otte, prononça d'une voix émue un excellent et touchant discours sur le sacerdoce. Bien des larmes coulèrent et les nombreux auditeurs emportèrent de cette pieuse solennité une grande idée des fonctions et du caractère du prêtre. La foi ne peut que gagner beaucoup à de telles cérémonies religieuses.

(extrait du Journal historique et littéraire, vol. 20, Liège, 1853, p.301)

mercredi 28 octobre 2009

L’ancienne maison Otte à Vielsalm et une pierre curieuse, de 1725.


(publié dans Ardenne et Famenne, revue trimestrielle, n°4, 1968-1969) pp.241-245)

La pierre datée figurant sur la photo reproduite ci-contre se trouve actuellement encastrée dans le mur de soutènement d’une propriété située à Vielsalm, à l’extrémité de la ruelle dite « des Savoyards », derrière l’église.
Elle est en grès d’arkose, pierre du pays (dimensions : 45 cm. de hauteur, 26 cm. à la plus grande largeur).

A Vielsalm, bien peu de gens la connaissent.

Disons tout de suite que, de prime abord, elle nous a fortement intrigué, non par sa forme qui paraît bien la destiner à occuper le centre d’un cintre de porte, celle-ci d’assez belle ampleur, mais par les détails de la sculpture et par le terrain sur lequel elle se trouve.



On le voit, au-dessus de la date, il y a une tête, genre de masque, riant ou grimaçant ; le sens de cette figure nous échappe.

La date surtout nous a frappé. Nous devons absolument écarter « 1125 », car l’emploi de chiffres arabes en 1125 ne se conçoit pas. Du reste, d’autres éléments d’information permettent d’admettre que, malgré l’insolite conformation du deuxième chiffre, la date à retenir est donc celle de 1725.

L’intérêt qu’a éveillé en nous cette pierre s’est avivé surtout du fait de l’endroit où elle se trouve. L’immeuble qui l’a portée est celui d’une famille qui a profondément marqué de son influence Vielsalm autrefois, et même le comté de Salm ; nous parlons de la famille OTTE, dont la figure la plus marquante a été Jean-Bernard (1719 – 1793).







Nous sommes certain que la maison en question a été celle de Jean-Bernard OTTE, licencié (docteur) en médecine, mayeur de Salm de 1747 à son décès, soit pendant plus de 45 ans, receveur du comté et greffier à certain moment, homme de confiance plus d’une fois du comte de Salm au cours d’un demi-siècle salmien assez troublé.

Par son aspect et sa disposition, l’immeuble datait certainement du XVIIIe siècle. Tel qu’on l’a connu jusqu’en 1931, il avait, pour le XVIIIe siècle, une allure dépassant de loin celle des demeures communes, avec son corridor central, trois pièces à gauche, trois pièces à droite, l’étage de même, sans parler des dépendances, de belles boiseries et lambris au corps de logis. La situation matérielle du constructeur devait être à l’avenant.
Qui était ce bâtisseur ?



En 1725, Jean-Bernard ne comptait que six ans. Son père, Georges OTTE, était décédé en 1720. Il n’avait pas manqué déjà d’une certaine aisance matérielle, comme ses ancêtres directs d’ailleurs, et il avait, comme ceux-ci, exercé des activités commerciales. Son mariage lui avait donné l’entrée, acceptée sans doute, dans la « grande » famille de Vielsalm à ce moment, la famille PIERRET.

(On trouvera divers détails sur ces familles OTTE et PIERRET dans notre ouvrage de G.REMACLE, Vielsalm et ses environs (2e édition, Vielsalm, 1968.))

Et par Jeanne-Elisabeth PIERRET, mère de Jean-Bernard, fille de Catherine de LIMBOURG de Malmedy, filleule de Gilles de LIMBOURG, docteur en médecine et bourgmestre de Malmedy, les vues et les ambitions de la famille de Georges pouvaient encore s’élargir.

(Sur la famille de LIMBOURG, voir Annuaire de la noblesse belge, 1895, pp.121, 139, et revue Folklore Stavelot-Malmedy-Saint-Vith, 1963, p.92, et 1964, pp.110-111)

On peut raisonnablement penser que c’est sous l’influence des de LIMBOURG que Jean-Bernard put faire des études de médecine. A en juger par son activité et son comportement au cours de son mayorat, il devait être intelligent et sensé. Son instruction lui a permis une belle carrière et une destinée dont a bénéficié sa descendance.

Jeanne-Elisabeth PIERRET a-t-elle été « bâtisseur » ? Comme elle était veuve depuis 1720, on l’admet difficilement. On voit plutôt que la propriété, déjà bâtie, sera venue un jour à Jean-Bernard par héritage. L’étude des anciennes familles de Vielsalm nous amène à penser que seul un membre de sa famille, en 1725, a pu faire édifier la maison, sans doute l’un des deux frères de Georges, plus particulièrement Bernard, marchand et sans alliance, ou Jean PIERRET, grand-père et parrain de Jean-Bernard OTTE.

Notons en passant que cette maison ne figure pas sur le dessin de Vielsalm établi par le dessinateur spadois Mathieu XHROUET avant 1715, alors que l’emplacement de l’immeuble y est très visible.

Nous estimons donc que la date de 1725 se justifie pour la construction du bâtiment.

Celui-ci comportait, s’ouvrant sur la façade et à côté du corps de logis, une grande porte cintrée. La pierre de 1725 devait normalement se trouver au milieu de l’arc de cercle.

Jean-Bernard OTTE est décédé en sa demeure le 11 décembre 1793. Son épouse, Marie-Elisabeth LEMOINE,le 1er ventôse an XII ; le procès-verbal de mise sous scellés après le décès de la défunte témoigne de la disposition du bâtiment et de la valeur de son mobilier.

(AESTH, Justice de paix de Vielsalm, 1er ventôse an XII)

Henri-Joseph (décédé le 6 juin 1814), fils de Jean-Bernard, reprit l’immeuble après le décès de ses parents, bien qu’il fût juge au tribunal civil de première instance de Malmedy, puis son neveu, Jean-François OTTE, établi à Commanster. Dès lors, la maison a vu défiler bien des occupants (dont l’école communale des filles de 1884 à 1892).

De 1845 à 1866, elle servit même de caserne de gendarmerie, ce qui lui valut, jusqu’à sa fin, le surnom de « Vieille Caserne ».

Cette fin approchait. Des locataires de passage se succédèrent, de divers genres. Le vendredi 20 février 1931, vers 5 h. du matin, un incendie ravagea tout. Incendie toujours resté un peu mystérieux.

Le journal L’Organe de Vielsalm du 22 février 1931, relatant l’incendie, déclare la maison « construite en 1725 », opinion basée, sans doute, sur la date de notre pierre.

Propriété à ce moment de Joseph PAQUAY-TALBOT, après Léonard JEUNEJEAN, le bâtiment comptait six ménages. Il ne resta que des murs branlants ; on n’a gardé qu’un beau marteau de porte en cuivre (replacé à la maison de Mme. Annie BELLEFROID-PAQUAY) et … la pierre de 1725.

Toutefois, peu avant l’incendie, le bel escalier intérieur avait été enlevé et vendu ; il se trouve maintenant au mess des officiers, rue du Général JACQUES, à Vielsalm.

Depuis une trentaine d’années, on a rebâti une nouvelle maison à cet endroit. Il est dommage que notre pierre n’y ait pas retrouvé sa place.

Le masque léonin grimaçant qui décore la pierre a vraisemblablement une valeur apotropaïque. Sans doute à comparer avec différentes têtes de pierre qui ont été décrites dans cette revue (1958, I, p.10 ; 2, p.53 ; 4, p.170 ; 1959, 3, p.138).

Gaston REMACLE

Au moment de mettre la revue sous presse, M. G. REMACLE a découvert une photo de la maison (dans L’art populaire en Wallonie, Ed. Musée Vie Wallonne, Lg, 1970). Nous regrettons de ne pouvoir la reproduire (N.d.l.R.)

vendredi 31 juillet 2009

Anciennes maisons de Vielsalm.

(publié dans Pays de Salm, le 20 février 1966)

La démolition récente du bâtiment dit « maison Sépult » a encore ravi à Vielsalm un des rares vestiges de son passé. Il reste maintenant à la localité fort peu de chose pour rappeler le visage de Vielsalm d’autrefois.
Profitons de l’occasion pour attirer l’attention sur deux immeubles où l’histoire locale trouve quelques attaches.

Le premier se dresse dans la rue dite des Savoyards, cette rue si typique mais à l’aspect modifié depuis peu.

Tel qu’il est actuellement, le bâtiment envisagé ici paraît bien esseulé. Ses voisins, autrefois, le serraient de près ; ils l’ont peu à peu abandonné et l’on peut se demander si, bientôt, lui aussi ne subira pas une condamnation.
Il s’agit de la maison, vide en ce moment, et qu’occupa en dernier lieu la famille MULLER.

Modestement, elle a son histoire, et en voici quelques traits.

Au temps de sa jeunesse et pour son époque, c’était une demeure qui ne manquait pas de distinction. Elle a d’ailleurs abrité des occupants non dénués de relief.

Il y a plus de deux cents ans y habitait un notaire, Clément WARLET, déjà en fonctions vers 1730. il avait épousé, le 14 février 1729, Marie Emérentianne ARCHAMBEAU, née à Vielsalm en 1705.
Il est décédé le 10 mars 1763.
On connaît ses voisins. Du côté de la place du marché, il y avait Maurice SCHYLLE et sa famille. De l’autre côté, vers Priesmont, c’était la maison de Jean-Bernard OTTE, maieur de Salm durant de nombreuses années, maison qui, plus tard au siècle suivant sera dénommée « vieille caserne ».

Clément WARLET étant défunt en 1763, sa veuve éprouva sans doute des revers de fortune. A 64 ans, en 1769, elle était d’ailleurs devenue incapable de gagner sa vie et « ne subsistait que par les bons soins de son fils prêtre », Joseph Clément.
La maison exigeait à ce moment des frais d’entretien. Un premier emprunt de 160 écus, au sieur PAUL de Provedroux, ne suffirait pas pour les payer.
Ainsi, Marie Emerentianne se résigna à la vente de sa demeure. Le 24 octobre 1769, Jean Guillaume ORBAN, de Vielsalm, en fit l’acquisition pour 300 écus et 4 écus de « couvre-chef » (supplément)

Avec des activités agricoles, comme d’ailleurs presque toutes les familles de Vielsalm en ce temps-là, Jean-Guillaume ORBAN pratiquait déjà un petit commerce.
Mais c’est le fils, surtout, Jean Nicolas, qui retient l’attention.
Il est boutiquier. Né en 1776, il arrive à la majorité et à la période révolutionnaire et de régime nouveau.
Ses idées étaient sans doute assez avancées ; à 24 ans, on le voit adjoint au maire de la commune. En 1810, et jusqu’au 26 septembre 1823, il devient le premier magistrat de la commune, avec les fonctions de maire, succédant à son presque voisin Jean Christophe LAMBERTY.
Plus tard, Jean Nicolas revint aux affaires communales, toutefois avec d’autres fonctions.
Le 15 février 1837, à 61 ans, il est installé comme secrétaire communal jusqu’à sa démission en février 1849. dans l’histoire des communes de la région, il est le seul croyons-nous et à un âge aussi avancé qui ait servi sa commune de cette façon.

Après son décès en 1854, sa fille Catherine Jeanne continua d’habiter la demeure paternelle avec son mari, Michel DENIS, originaire de Neuville et horloger.
Plus tard, d’autres familles ont occupé la maison jusqu’en 1964.

Quel peut être l’âge de cette dernière ? Son emplacement, au cœur de ce que fut le Vielsalm primitif, permet de lui donner bien des années.

Le notaire WARLET, qui l’habita, aurait aujourd’hui plus de 250 ans, et l’on ne sait rien de ses prédécesseurs. Sans exagérer, on peut voir en elle, croyons-nous, environ trois siècles.
Si un jour, la pioche du démolisseur l’atteint, il faudra bien la traiter avec un peu de respect.

Gaston REMACLE

dimanche 26 juillet 2009

Le vieux moulin de Salmchâteau est démoli.

(publié dans …, le 26 août 1962)

Situé à la Basse-Ville, le vieux moulin vient de disparaître, ayant cédé ses pierres vénérables pour la construction d’un nouvel édifice.

L’offensive des Ardennes l’avait fort malmené ; dépourvu de toit, il n’en restait guère que des murs branlants.
C’était autrefois, jusqu’en 1795, l’un des moulins banaux du comté de Salm, à l’usage exclusif des habitants de Salmchâteau, Bèche et Comté. On peut faire remonter son origine au quatorzième siècle ; il aurait donc l’âge respectable d’environ six cents ans.
Sous le régime de la banalité, il était exploité en fermage. La valeur de celui-ci était fixée en grain. Par exemple, vers 1770, le meunier prenait le moulin à bail pour 23 muids de seigle par an – le muid valait 250 litres environ –.
Un peu plus tard, le fermage fut réduit en valeur d’argent, soit 55 écus.
À la Révolution française, le moulin fut séquestré ainsi que les autres moulins du comté de Salm (d’Arbrefontaine, de Cierreux, de Grand-Halleux, de Halconreux, de Vielsalm). Il devenait ainsi propriété de l’Etat.
Nous étions alors, jusqu’en 1815, sous la domination française.
Vers 1810, l’Etat français procéda à la vente de nombreux biens provenant des séquestres ; parmi eux le vieux moulin de Salmchâteau. Il fut acheté par Jean-François OTTE, de Vielsalm, en 1809, pour la somme de 6 300 fr. J.-F. OTTE avait acheté également d’autres biens séquestrés, parmi lesquels le domaine de Hermanmont pour 11 000 fr. et le moulin de Vielsalm pour 9 025 fr.

La famille OTTE et sa descendance a gardé le moulin de Salmchâteau jusqu’à vers 1920 ; puis elle l’a revendu à ce moment à M. OFFERGELD, de Vielsalm.
Jusqu’à cette dernière vente, il a servi de moulin à farine. M. OFFERGELD l’a utilisé pour son industrie de pierres à rasoir.

Après l’offensive des Ardennes, il a cessé son activité.









L'ancien moulin de Salmchâteau.

Voici maintenant le nom de quelques meuniers.
En 1561, Pierre.
En 1575, Henri.
En 1589, Pierre.
En 1617, Thomas.
En 1656, Toussaint.
En 1665, Bertrand, décédé en 1670.
Après 1720 et pendant de nombreuses années, Henri LEMAIRE, originaire de Ligneuville (dont descend M. Henri LEMAIRE de Bèche), puis son fils, Jean-Henri.
Vers 1770 et après, Jean-François FRÉÇON.
En 1796, Henri NOEL.
En 1846, et après Arnold WERGIFOSSE, originaire de Grivegnée.
La famille PAQUAY-CUVEILLEZ de Vielsalm a été la dernière à exploiter le moulin à farine.

Le 15 décembre 1861, à 8 heures du matin, un accident mortel se produisit au moulin. Jean-Arnold, âgé de 14 ans, fils du meunier WERGIFOSSE gardait le moulin en l’absence de son père. À quoi s’occupait-il ? Il se fit prendre par un engrenage, eut un bras arraché, la tête fendue, et fut tué sur le coup.

Gaston REMACLE

Ndlr :
D’après des notes de G. REMACLE, le nouvel édifice construit avec les pierres du moulin est la chapelle de Bèche. Il ajoute un meunier entre NOEL et WERGIFOSSE : Vers 1835 et après : Henri-Joseph LAPLUME, de Salmchâteau. Il ajoute, d’après les papiers PAQUAY, qu’en 1890-1895, Constant PAQUAY-CUVELLIEZ louait le moulin à M. OLIVIER, de Recogne, pour 650 frs. par an.