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samedi 21 février 2015

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

L’Organe de Vielsalm en 1939 :

Le 2 avril : à Rencheux, dans la nuit de vendredi à samedi, un incendie d’une rare violence s’est déclaré dans les immeubles de MM. Caëls et Fraikin. En peu de temps, ces maisons ne formèrent plus qu’un immense brasier et il ne fut plus question d’enrayer le sinistre.
Dans le même village, un jeune homme nommé Francis qui venait à Vielsalm en vélo a fait une chute si malheureuse qu’il fut tué sur le coup. Il n’avait que 18 ans.

Le 6 août : Monsieur Antoine de Rosée,  fils de notre sympathique conseiller communal et Président du conseil provincial,  est parti pour le Congo pilotant son avion personnel le 3ct de l’aérodrome d’Evere. Il survolera la Tunisie, la Tripolitaine, l’Egypte, le Soudan jusqu’à Costermanville dans le Kivu où il séjournera quelques jours. Il traversera ensuite le Congo jusqu’à Léopoldville où il fera un séjour de trois ans.
A l’état civil, naissance de Nicole-Aline-Victorine fille de Vancraeyenest Firmin et de Hubert Marie à Vielsalm.

Le 27 août : le baron Antoine de Rosée est arrivé au terme de son raid de 10.000 km en avion, atterrissant sain et sauf à Banningville le 21ct. Restons au Congo pour signaler que M et Mme Vidua-Sépult qui exploitent la ferme Rhodeby près de Léopoldville ont obtenu de splendides distinctions au concours-exposition du 21 juillet dernier à Léopoldville. Un magnifique lot de bœufs de trait et du matériel agricole a remporté le Grand Prix d’Excellence. Et Madame Vidua avec un lot de poules Rhode-Island a obtenu le 1er Prix d’excellence. Honneur à nos vaillants Ardennais !

A l’occasion du départ du doyen Hallet, une manifestation de sympathie est organisée au cours  de laquelle le bourgmestre Victor Gomez et le baron de Rosée prononcent un discours. Les louanges abondent dans l’un et l’autre et l’accent est surtout mis sur le comportement héroïque du doyen durant la guerre de 14-18.
 Victor Gomez : En 1914, alors que vous étiez à  peine installé ici [en 1910], les Allemands apprenaient à connaître en vous ce que serait la résistance du peuple belge  à l’oppression. … Vous avez durant quatre ans entretenu la flamme du patriotisme le plus pur.
Le baron de Rosée : condamné  à être fusillé avec d’autres le 15 août 1914, vous êtes resté courageusement pendant de longues heures angoissantes, pieds et poings liés, gardé à vue, par des sentinelles, attendant l’exécution. Cette peine commuée, vous êtes resté prisonnier pendant 38 jours dans le presbytère. … Votre grande œuvre ici est cette magnifique grotte de N.D. de Lourdes qui se dresse sur la montagne de Golonfa. C’est votre persévérant travail qui a mené à bien cette belle chose. Vous l’avez dressée là-haut en reconnaissance de la protection miraculeuse dont a été l’objet la paroisse et votre personne durant cette guerre.

(Photo : l’animation à la grotte les premières années de fonctionnement. Le marchand de souvenirs et celui de glaces (Fernand Bock) attendent les nombreux pèlerins qui viennent prier Notre-dame de Lourdes)

Ici se termine la compilation des faits divers rapportés par L‘Organe de Vielsalm de 1905 à 1939.
                                                                                              Robert NIZET


                                                                                                       

vendredi 6 février 2015

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

L’Organe du 16 septembre 1906 : Au Congo, les essais de traction à l’aide d’éléphants ont donné les plus heureux résultats et le gouvernement poursuit avec une louable ténacité la domestication de ces pachydermes. C’est au commandant Laplume que cette tâche ingrate avait été confiée et, malgré les difficultés énormes auxquelles il a dû faire face, il s’en est tiré avec honneur.
La rubrique de l’état civil annonce la naissance de Willy, fils de PAQUAY Joseph et de TALBOT Marie-Thérèse.

L’Organe du 29 août 1909 : À Vielsalm, le camionneur de la boulangerie Demoulin en rentrant avec son attelage mercredi soir est tombé dans un des fossés ouverts pour la construction d’un aqueduc en face de la gendarmerie . Le malheureux a une jambe brisée.
À Salmchâteau un vol de chaussures dont a été victime M. Winand Gabriel a été commis par deux vagabonds faisant partie d’une troupe de nomades venue d’Allemagne. La gendarmerie recherche les filous.

Le 26 septembre 1909 : À Courtil, mardi à 6 heures du soir, le tocsin sonne : une épaisse fumée se répand au-dessus de la maison Schoune où habitent les familles Lefèvre-Schoune et Vve Schoune-Burnay. En moins d’une heure le feu a réduit cette habitation en un brasier ardent. C’est la seconde fois en à peu près un an que la Vve Schoune voit son habitation incendiée. Absente au moment des faits, elle rentre attristée et désespérée. On dit qu’une partie de ses écus est devenue la proie des flammes !
Le 3 octobre 1909 : À Beho, M. Bernard, médecin, un vénérable octogénaire doyen du corps médical luxembourgeois a été renversé par un cycliste maladroit. Il n’a pas tardé à succomber.
À Bihain, départ aujourd’hui à 11 heures de la course cycliste organisée par  le cercle de la Vieille Bizance. [ ???]

Le 7 juillet 1912 : À l’Université de Liège, M. P. Gomez a subi avec distinction l’épreuve du grade légal de candidat ingénieur.

Le 25 août 1912 : État civil, décès : BERNARD Léonie-Henriette, 72 ans, rentière veuve de JOTTRAND Gustave.

Le 31 aout 1913 : État civil, naissance : Albert-Joseph fils de KOPP Fr et de GRÉS Elise.

                                                                               Robert NIZET

vendredi 9 mai 2014

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

L’Organe du 12 avril 1914 : un Rallye-Cycliste réunira ces dimanche et lundi tous les cyclistes désireux de participer au tirage au sort de plus de 1000Frs  de primes en espèces. Il suffit de faire inscrire – gratuitement -  son n° de plaque provinciale.
Nestor Remacle de Priesmont vient de subir brillamment à Liège son examen de moniteur de gymnastique.

Le 26 avril : mardi dernier, jour habituel de la foire, les marchands ambulants, ignorant  l’interdiction des marchés dans la région étaient venus installer leurs tables et  tentes pour se livrer à leur petit trafic. Ils en ont été pour leur peine.
Dans la nuit de lundi à mardi, les étudiants liégeois, suivant leur traditionnelle habitude sont venus faire visite aux habitants de Vielsalm et surtout à la fameuse pompe de la place du marché.
Le retour du Congo à Salmchâteau du Commandant Laplume est toujours un  événement qui donne encore lieu cette fois-ci à de grandes réjouissances.

Le 10 mai 1914, à Gouvy, le 2 mai dernier, l’express Liège-Luxembourg au lieu d’être dirigé sur la voie règlementaire est venu se jeter sur une rame de voitures à voyageurs mises de côté pour le lendemain. La locomotive s’est littéralement enchassée dans la première voiture tamponnée. Deux personnes ont été grièvement blessées et les dégâts matériels sont importants.
Depuis le 1er mi, le service des trains est complètement modifié,  les trains belges cessent d’aller jusqu’à Trois-Vierges et Gouvy devient donc une gare de formation.

En avril et mai 1933, l’Organe  rapporte la Grande semaine du Vol à voile de Colanhan. Le 23 : de nombreux clubs arrivant de partout en Belgique se sont affairés aussitôt pour monter les appareils transportés dans des remorques spéciales. Dimanche matin le vent du nord était peu favorable car les contreforts de la colline de Hébronval ne sont pas utilisables par ces vents. Le 30 : la semaine d’Hébronval a, cette année, manqué  de réussite. On a certes comptabilisé 166 vols mais le plus long n’a atteint que 1 minute et 14 secondes alors que l’an passé on avait enregistré un vol de 2 heures 11 minutes et 3 secondes ! La pente nord de Colanhan n’a pas été aménagée car il eût fallu abattre des sapins, faire enlever les milliers de mètres de fils de clôture et donc indemniser les propriétaires. De surcroît, cette année, les subsides n’avaient pas été accordés et on ne pouvait donc octroyer de primes. Le vol à voile est une excellente préparation à l’aviation et il est nécessaire de poursuivre l’organisation des semaines d’Hébronval.  Le Patriote Illustré  relata  cet événement dans ses éditions des10 et17 septembre.



Le 28 avril 1935, l’Organe  relate le retour du Congo de Camille de Rosée [ né le 23.06.1901 et décédé le 9.7.1987, époux de Marie-Josée Delin, la baronne décédée il y a environ deux ans], fils du Conseiller Provincial et Communal [ Jacques dit « Jimmy » époux de Marie Snoy]. Il est rentré à bord de l’avion postal Léopold-Roger.  Il est un des premiers à avoir utilisé ce moyen de locomotion car seuls deux passagers sont admis. Le trajet normal dure 5 jours mais cette fois-ci il a fallu attendre 5 jours supplémentaires pour recevoir d’Europe un moteur de rechange.
 Dans le même journal on annonce le décès de M. E. Saint-Paul de Sinçay à Paris le 8 mai dernier dans sa soixante-dix-septième année. Les obsèques ont été célébrées à Saint Pierre  de  Chaillot.


                                                                     Robert NIZET

dimanche 2 mars 2014

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

L’Organe de Vielsalm du 14 janvier 1912 annonce la démission  de M. Henry Delvaux de Fenffe, gouverneur de la province de Liège dont les nombreuses interventions lorsqu’il était membre de la Chambre des représentants étaient à chaque fois rapportées par ce journal.
A Trois-Ponts, à cause du déraillement d’un train de marchandises au tunnel, tous les trains ont subi du retard. Il a fallu un jour pour déblayer la voie.
A Burtonville, une association libérale est en voie de formation. La première réunion se tiendra au local de l’Aurore le 21 janvier prochain.

Dans l’Organe du 28 janvier 1912 on apprend que la population de Grand-Halleux  a fait une belle réception à M. Léon Houssa qui rentrait du Congo où il occupait les fonctions de commis des impôts.
Le 12 février on adjugera à Neufchâteau le service de malle-poste entre Amberloup et Bertogne et entre Houffalize et Bertogne.
Dans les carrières de Bihain les ouvriers s’éclairent avec du carbure. Hier soir Pierre Bidonnet s’approcha d’un tonneau avec une lampe allumée et provoqua une violente explosion. L’ouvrier eut la face entièrement brûlée et les yeux sont dangereusement atteints: on craint qu’il ne perde la vue.

L’Organe du 17 mars 1912 
Les ardoisières sont à l’ordre du jour depuis le désastre de Warmifontaine où des affaisements de galeries ont provoqué des écroulements de maisons.


(Carte postale de Warmifontaine : affaissement du sol le 11 mars 1912) .

A ce sujet il circule dans nos parages le bruit de rachat d'exploitations salmiennes par la Société de Warnifontaine. Si cela est vrai, cette nouvelle sera bien accueillie par nos ouvriers. [?]
A Goronne, deux ménagères avaient laissé leur lessive au pré la nuit : le matin il avait disparu. Une jeune fille de Rencheux aux allures étranges ayant été vue la veille dans les parages, la gendarmerie se rendit chez elle et tout fut retrouvé mais déjà transformé. La personne portait même sur elle certains vêtements volés. C’est, bien sûr, un moyen de se préparer à entrer en ménage à peu de frais.   
Dans le même village la maison de M. Delhalle –Kleid a reçu une visite nocturne : le matin toutes les portes étaient ouvertes. On a retrouvé  à quelques mètres un biberon ayant contenu de la crème  et la canne du propriétaire. Un pain, quelques pièces de lard et un essuie-main ont aussi disparu. Les gendarmeries  de Vielsalm et Lierneux  s’étant mises en campagne, on découvrit le voleur à Lierneux, portant encore le pain enveloppé dans l’essuie-main. Honneur à nos pandores !!
A Bovigny, pendant que deux enfants prenaient leurs ébats dans la cuisine, une ménagère déposa une marmite d’eau bouillante sur le parquet : un bambin tomba dedans et fut affreusement brûlé. M. le Curé  appelé en toute hâte donna au petit des soins empressés qui calmèrent immédiatement ses souffrances.  [ Un curé rebouteux ? Il n’y a pas incompatibilité !]
La nécrologie mentionne le décès à Vielsalm le 15 mars  de Madame Julie Cahay  [première] épouse de M. Victor Jeunejean [mon grand-père maternel] .

                                                                                         Robert NIZET


jeudi 3 octobre 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

On lit dans  L’Organe de Vielsalm :

Le 24 septembre 1909 :
Nouvelles de l’expédition Laplume au Congo : une colonne de cent  hommes  vient de quitter le district du Bangalla pour se rendre dans l’Ouellé où elle renforcera l’expédition Laplume qui opère contre le sultan Djabbir, sans grand succès jusqu’à présent,  avantages partiels et revers se succédant. Elle enregistre de nombreux cas de désertion : un grand nombre de soldats passe au camp de l’ennemi avec leurs armes perfectionnées.
L’état civil nous apprend la naissance de Marie  Kieffer que de nombreux lecteurs ont encore connue.
 Un personnage !

Dans la nuit du 24 au 25 septembre un malandrin a tenté de cambrioler le moulin Lebecque à Ville-du-Bois. Le meunier rentrant chez lui aperçut de la lumière dans le bâtiment. Sa femme retourna à Ville-du-Bois pour chercher du renfort. Le cambrioleur sauta par la fenêtre et se blessa,  parvint néanmoins à se sauver mais fut rattrapé. Après lui avoir administré une bonne raclée, on l’amena à la gendarmerie de Vielsalm où il avoua qu’il avait un complice. Sur place la gendarmerie constata diverses disparitions dont une machine à coudre. En fait, le duo, des polonais [déjà !] s’était rendu coupable d’autres faits du genre dans la région.

Le 7 octobre 1906 : un terrible accident à la gare du chemin de fer de Vielsalm.
François Pècheux, ouvrier préposé au service des manœuvres s’est fait écraser entre une locomotive et un wagon au quai de déchargement en amont de la gare. La victime eut le bassin complètement déplacé, un bras et une jambe cassés en plusieurs endroits et de nombreuses contusions. Le docteur Tilman fit transporter la victime chez elle où elle mourut quatre heures plus tard dans d’atroces douleurs.
Pècheux était marié et père de deux enfants et habitait depuis quelques temps au passage à niveau de Cierreux. Il était au service de l’État depuis 35 ans.

Le 29 septembre 1907 :
A Ottré, le cordonnier Briol, après avoir verni les fenêtres de son habitation employa du calygène pour nettoyer les taches sur les vitres. Sa petite fille s’empara du bol contenant le produit et en but une gorgée : l’effet fut terrible. Atrocement brûlée, tous les efforts du médecin furent inutiles et elle expira après 24 heures d’atroces souffrances.
A Bovigny, le ruisseau venant de Beho vers Bovigny [le Glain, donc ?] a été chaulé dans les premiers jours de la semaine. La police est sur les traces de ces écumeurs de rivières.

Le 6 octobre 1907.
On apprend d’Aix- la- Chapelle que l’automobile club impérial a entamé avec la ville des pourparlers pour l’établissement d’un autodrome et d’une piste d’essais dans l’Eifel. La province avancera le capital et la ville se chargera des intérêts. Le club automobile de Francfort s’est prononcé contre ce projet car en raison de la proximité de la frontière belge, c’est la Belgique qui profitera des avantages commerciaux que procureront ces réunions.
[S’agit-il du fameux Nürburgring près de Adenau, à proximité du château de Nürburg à une centaine de km de Vielsalm ? Si oui, on a mis le temps puisque la construction de cette piste date de 1925, son inauguration de 1927 !]
A partir de samedi prochain commencera le chauffage de nuit des trains de voyageurs partant entre 11h du soir et 4 h du matin. A partir du 3 novembre, tous les trains seront chauffés jour et nuit.


                                                                               Robert NIZET

jeudi 11 juillet 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

Dans L’Organe de Vielsalm :

Le 16 juin 1907 :
Mercredi est décédée à la Villa le Rencheux  Mademoiselle Louise-Wilhelmine-Marie-Gobertine Baronne van der Straeten-Waillet née à Bruxelles le 12 juillet 1879. Un service solennel sera célébré en l’église paroissiale de Vielsalm lundi à 11 heures.

De très nombreuses ventes publiques de foin ont lieu dans tout le canton.

Le 23 juin 1907 :
Des bicyclettes seront distribuées aux gendarmes dans un délai rapproché et un nouveau  mode d’allocation des fourrages [pour les chevaux, sans doute ?] sera instauré.
On sait comment une partie du Luxembourg fut enlevée en 1839 à la Belgique. Ce que l’on sait moins c’est qu’à deux reprises, en 1851 et en 1867, celle-ci entrevit la possibilité de reprendre ce territoire. En 1851, la Hollande paraissait disposée à nous rendre le Luxembourg moyennant honnête indemnité mais ceci eut fait rentrer cette province redevenue belge dans la confédération germanique et la France parut peu favorable. La Belgique s’abstint donc. En 1867, les Luxembourgeois paraissaient favorables à l’idée mais c’est la froideur du gouvernement belge qui fit échouer le mouvement.
Ceci aurait changé bien des choses !

Le 7 juin 1908 :
La première page est consacrée à l’annonce de la parution du Guide touriste Vielsalm et les Environs édité, comme L’Organe, par Gillet. Il est vendu 0,75fr à divers endroits de la localité.
Ce guide est toujours bien connu actuellement des collectionneurs.
Du Congo on apprend le décès de Henry Pauly de Rogery, embarqué le 2 janvier 1907, employé- éleveur à l’île de Matéba (Bas-Congo) et le retour au pays de Joseph Putz de Salmchâteau qui compte actuellement 10 années de service dans notre colonie.

Le 19 juin 1910 : lundi dernier, Vielsalm était envahi [sic] par une petite troupe venant faire plusieurs reconnaissances dans nos environs. 35 officiers supérieurs et autant de soldats-ordonnances sont restés dans nos murs jusque samedi matin. C’est toujours avec un nouveau plaisir que notre population si bonne et si accueillante voit arriver l’école de guerre et ce n’est pas sans un sentiment de regret que celle-ci quitte notre hospitalière cité.

Le 25 juin 1911 : Nul ne croyait à Vielsalm au passage des hardis aviateurs du Circuit européen d’Aviation. Non seulement il en est passé mais nous avons eu la veine de voir des atterrissages et des envolées. À Regné, atterrissait vers 3h le monoplan n°16 Deperdussin piloté par Prévost. Après avoir passé la nuit à l’hôtel Albert à Lierneux et avoir été ravitaillé par Lanser, un autre aviateur, il est reparti à 6h du matin et arrivé à Ans à 6h35. Lundi entre 4 et 6 h du matin un biplan et un monoplan ont également plané au-dessus de Vielsalm. Le plus grand régal fut sans contredit l’atterrissage  à 6h30 du biplan Farman piloté par Wynmalen (n°22) après avoir tourné 1h30 pour trouver un terrain propice. Après un magnifique vol plané au-dessus du Rond-chêne, il atterrit sans avarie sur le thier du Monty dans un pelé appartenant au baron de Rosée chez qui il fut reçu.
Son envolée fut fixée au 22 juin à 3h du matin, ce qui fit courir de nombreux curieux.  Des voitures de secours venues de Liège amenaient outre les mécaniciens, MM. de Lamine, de Dion [S’agit-il du marquis Albert de Dion constructeur des voitures portant son nom ?] ainsi que le frère du pilote. D’autres aviateurs ont atterri à Malempré,  Cherain,  Stavelot,  Chevron et Manhay. Des renseignements auraient été demandés à propos du terrain où le biplan se trouvait dans l’intention de proposer à l’aéro-club liégeois d’y établir un champ d’atterrissage.
Vraiment dommage qu’aucune photo n’ait été prise de cet événement !

                                                                               Robert NIZET

mardi 7 mai 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps


L’Organe de Vielsalm du 9 avril 1905 donne les informations sur le prix d’entrée (1fr) et les abonnements à l’Exposition de Liège dont l’ouverture approche. Les abonnements acquis dès à présent permettent en outre la visite des travaux préparatoires. L’abonnement ordinaire coûtera 20 frs ; pour les actionnaires, 15 frs ; pour les militaires de tous grades en fonction ou à la retraite, leur femme et leurs enfants, 10frs. La demande doit être accompagnée d’une photo format carte de visite sur carton dur.

Retour du Congo : le commandant Alphonse Jacques de la mission d’étude du chemin de fer du Katanga se trouvait à bord de l’Anversville arrivé à Anvers le 3 avril dernier. Il était descendu à Southampton et est revenu par Ostende. Son boy Abdallah l’accompagne. [Précisons pour les tintinophiles que ce n’est pas le même Abdallah, fils de l’émir Mohammed Ben Kalisch Ezab et  cher au capitaine Haddock]. C’est déjà la septième fois que ce négro [sic] vient en Europe. M. Jacques nous est revenu bien portant.

Dans l’édition du 8 avril 1906 il est question de divers travaux auxquels le ministre promet son soutien : construction d’un égoût, pavage de la partie de la route Sedan-Malmedy entre Vielsalm et Salmchâteau et nouvelle voie de chargement du vicinal Lierneux-Vielsalm à la gare de Vielsalm




La pompe située au bas de la place du marché fait l’objet d’articles récurrents.

  
Le 3 juin 1906 : Estudientina – La visite des Etudiants des Mines de L’Université a été, comme les années précédentes, marquée par la culbute de pompe se trouvant au bas de la place du marché.

Le 6 avril 1913 : le passage des étudiants en notre localité a encore été marqué par quelques exploits drolatiques. Ils s’en sont de nouveau pris à notre pauvre borne fontaine, l’ont arrachée, décapitée et sont partis en emportant la partie supérieure. Tout cela accompagné de cris, de chants et de discours. Il paraîtrait que le larcin se trouve à Stavelot à la disposition de notre administration communale.

Le 26 avril 1914 : dans la nuit de lundi à mardi les étudiants liégeois, suivant leur traditionnelle habitude sont venus faire visite aux habitants de Vielsalm et surtout à notre fameuse pompe de la place du marché. Pour la trente-unième [sic] fois cette dernière a été malmenée et en fin de compte portée sur le kiosque au milieu d’un charivari très animé. Selon leur coutume ils sont arrivés le lendemain matin pour lui rendre leurs derniers hommages, malheureusement leur espoir fut déçu, la pompe avait été soustraite à leur extravagance. Cette fumisterie durera-t-elle jusqu’à la consommation des siècles ou fera-t-on disparaître ou placer moins en vue cette pauvre persécutée ?

Chaque année à pareille époque, l’Organe rapporte des faits similaires.
 Lu sur une carte éditée par Ernotte-Colson avec la légende « Vielsalm-Grand’Place » et envoyée le 24 mai 1905 : Mon cher Marcel. Ci-dessus [avec une flèche] la pompe que nous avons fichue par terre dès notre arrivée à 5 heures à Vielsalm ; un superbe jet d’eau s’élève sur la place. Ebahissement général des naturels. Léon.
Les « naturels », c’est nos grands-parents !

Maintenant (en 2013)  que la place est de nouveau pourvue d’une fontaine, cette tradition pourrait, ne trouvez-vous pas, être remise à l’honneur ?  Je compte glisser l’idée à l’un ou l’autre président d’étudiants toujours à la recherche de tours à jouer !

Dans l’Organe du 3 avril 1910 : Nous  savons de la meilleure source que nous sommes sur le point d’obtenir un train venant de Gouvy vers 4h40, allant jusque Grand-Halleux sans arrêt, puis, retournant de là à 5h25 pour s’arrêter partout et donner la correspondance à Gouvy vers Libramont à 6h05. Nous savons aussi que M. le chef de station de Vielsalm a donné un avis défavorable. Allons, MM. les intéressés de Vielsalm, tâchez de faire changer d’avis notre brave chef de station. [qui, à l’époque, était J.C. Goffart]

                                                                                         Robert NIZET 

vendredi 16 mars 2012

DES SALMIENS AU CONGO

Dans un article paru dans Le Pays de Salm du 29 mars 1959 (hebdomadaire publié par Jacques Winand), l'inénarrable « journaliste » local Moustique (Alexis Bruyère) fit un relevé précis des coloniaux salmiens issus de la rue du Général Jacques à Vielsalm. Sur 280 mètres et 52 habitations il en avait trouvé 26 soit un par deux habitations et un par onze mètres de rue !!! Il pensait que c'était un record, ce qui n'est pas impossible. Et de fait, les gens de la région qui dès la fin du 19e siècle sont partis vers l'Etat Indépendant du Congo puis vers le Congo belge sont légion. L'un des premiers et le plus célèbre est sans conteste Alphonse Jacques qui conquit en terre africaine ses premières- et sans doute ses plus grandes – lettres de noblesse.

Le notaire Jules Jacques (1825 – 1900) avait repris l'étude de son père Pierre-Joseph située dans un bâtiment de la route vers Neuville. (En 2008, à cet emplacement, l'immeuble « Art Nouveau » de feu le notaire Delire devenu L'Auberge du Notaire , ensemble de chambres d'hôte de standing). Il fut aussi conseiller provincial et exploita le coticule entre Vielsalm et Salmchâteau. Son épouse Léonie Lamberty lui donna huit enfants : deux filles et six garçons. L'un d'eux, Alphonse, aura un destin hors du commun.

Il naquit à Stavelot le 24 février 1858 chez son grand-père Lamberty mais peut être considéré comme un pur salmien puisque sa famille était bien ancrée à Vielsalm. Il commença au collège Saint-Remacle des études qu'il poursuivit au Collège de la Trinité à Louvain puis à l'Institut Rachez à Bruxelles, en préparation à l'école militaire où il entre en 1876. Il fait encore l'Ecole de guerre avant de s'embarquer le 8 mai 1887 pour le Congo, à ce moment Etat indépendant. Là, il s'occupe de tout : maintien de l'ordre, organisation des transports, vérification des bateaux, entraînement des miliciens de la force publique. Il rentre au pays en 1890 et repart le 13 mai 1891 après avoir été reçu en audience privée chez le pape Léon XIII pour s'occuper cette fois de la lutte anti-esclavagiste au cours de laquelle il sort vainqueur du grand chef des expéditions barbares Tippo-Tip.

C'est aussi à ce moment qu'il fonde un poste qui deviendra Alberville (puis Kalemie). Nouveau retour au pays en 1894 : il se fiance à Pauline Beaupain, puis troisième terme de 1895 à 1898. Durant les quatre années suivantes, il sera réintégré dans les cadres de l'armée et mettra cette trêve dans les expéditions africaines à profit pour se marier et avoir deux enfants.
Cependant, une fois le Congo débarrassé de ses trafiquants de chair humaine, il fallait étudier les ressources du pays. Alphonse Jacques reprend donc du service outre-mer en 1902 pour étudier, construire et exploiter le chemin de fer reliant la frontière méridionale du Congo à la Lualaba. En 1905 : retour en Belgique et vie de garnison à Hasselt, puis le voilà commandant en second de l'Ecole Militaire, ensuite commandant du 12e de Ligne à Liège au moment où éclata la première guerre mondiale qui va lui permettre de se distinguer à nouveau et d'acquérir d'autres titres de gloire. En effet, Jacques avait fondé une ville au Congo, il va en sauver une en Belgique. Le 16 octobre 1914 avec son 12e de ligne, il occupe à Dixmude le point névralgique du front. Si ce point cède, les Allemands seront à Paris quand ils voudront. Jacques tiendra dix-sept jours jusqu'à ce que l'inondation sème la panique chez les Allemands. Après la guerre, il sera chargé de réorganiser l'armée et de représenter la Belgique dans divers pays étrangers.
Alphonse Jacques avait été fait Baron par A.R. du 15 novembre 1919 puis autorisé à ajouter à son patronyme la mention de Dixmude par A.R. du 27 octobre 1924. Il mourut le 21 novembre 1928 et on lui fit des funérailles nationales. Vielsalm honora sa mémoire d'une stèle avec buste en bronze sculpté par P. Van de Kerkhove et qui fut inaugurée près de la maison communale le 14 septembre 1930. Il fut enterré au cimetière de Vielsalm où sa tombe conçue par l'architecte Poupé fut inaugurée le 11 mai 1930. Le conseil communal de Vielsalm, en sa séance de 16 août 1919, baptisa Rue du Général Jacques la route anciennement appelée de Neuville . (En français correct, on dit et on écrit bien Rue DU Général Jacques). Signalons encore que chacun des retours d'Alphonse Jacques au pays était l'occasion de festivités grandioses dans la capitale et à Vielsalm.

Comme dit ci-dessus, de nombreux autres citoyens salmiens ou de la région proche – une quarantaine entre 1887 et 1908 - suivirent, avec moins de réussite et donc de retentissement médiatique, l'exemple de Jacques.

Norbert Niderich né à Vielsalm en 1867 partit en 1890 comme adjoint à l'expédition du Katanga et revint en 1893; Il était seul mais il avait laissé en route un petit compagnon qui devait le rejoindre quelques semaines plus tard : Kalala, premier Noir à arriver et à séjourner ici ! Objet donc de curiosité et de bien des conversations. On cite le cas d'un habitant d'au – delà d'Odeigne venu à pied voir cette chose extraordinaire : un homme à la peau noire. Les gosses de Salmchâteau n’étaient pas les derniers pour taquiner ce phénomène : ils lui criaient : Neûr djâle, neûr djâle ! Et Kalala de se réfugier chez son bienfaiteur en pleurant : Moi pas neûr djâle, moi pas neûr djâle ! Kalala avait été fait prisonnier par un chef noir et vendu à des arabes comme esclave. Il parvint à s'évader et fut recueilli par Diderich et ses hommes. Son protecteur lui fit faire des études à Carlsbourg où il fut baptisé sous le prénom d’Antoine puis retourna en Afrique.

Hubert-Joseph Putz s'engagea au service de l'Etat indépendant du Congo en qualité d'éleveur de bétail et d'agent de culture. Il fut notamment chargé de la capture et de la domestication des zèbres et éléphants au Katanga. Pour cela il se rendit d'abord en Uele où il retrouva un autre Sâmiot , le commandant Jules Laplume qui s'illustra précédemment dans plusieurs actions contre les marchands d'esclaves avant de s'occuper activement de la domestication des éléphants et d'écrire sur le sujet des études intéressantes. Comme, en fait, les éléphants n'étaient pas très nombreux au Katanga, Putz se cantonna aux zèbres. Une grande battue permit la capture d'une centaine de bêtes qui prirent place dans un kraal de 16 ha avec boxes et manège. Il ne semble pas que l'élevage de ces chevaux en pyjama ait connu une suite. Rentré en Belgique en 1909, il s'installa dans son village natal de Salmchâteau où il créa le Cercle africain des Ardennes.
C'est ce Cercle, devenu entre temps royal, (C.R.A.A.) qui en 1957 fut à la base de la création du Mémorial aux vétérans coloniaux du Pays de salm. Après plusieurs projets, il fut décidé d'intégrer celui-ci au site de l'ancienne chapelle Saint-Gengoux déjà citée en 1589 et qui a été ensuite consacrée aussi à Notre-Dame du Luxembourg.(Entre l'actuelle Avenue de la Salm et la Rue de la chapelle).
Ce mémorial de pierre et de bronze fut inauguré le 28 juillet 1957 par la Baronne jacques de Dixmude, veuve du général, en présence des représentants des Rois Baudouin et Léopold III (un fils du Général notamment) , du Ministre des colonies, de très nombreuses personnalités et familles de coloniaux ainsi que d'un important détachement de la Force publique. Il voulait honorer les pionniers (jusqu’en 1898) et les vétérans (jusqu'au 18 octobre 1908) ayant servi sous l'Etat Indépendant du Congo. Par la suite, y fut adjoint le souvenir de tous ceux ayant œuvré au développement du pays devenu Colonie belge.
Quel que soit le regard que les révisionnistes jettent maintenant sur cette œuvre gigantesque de la colonisation et de la civilisation du bassin du Congo, tous ces gens, dont beaucoup ont laissé là-bas leur vie ou leur santé, méritaient bien cet hommage.

Robert NIZET.

jeudi 3 février 2011

Organe de Vielsalm

(dimanche 21 novembre 1886, Première année, n°2)

Etranger.

Les nouvelles du Congo ne sont guère rassurantes. Nos hardis explorateurs ont dû quitter les Stanley-Falls en présence des dispositions peu conciliantes des bandes d’Arabes nombreuses et bien armées.


De nos Ardoisières.

Je le constate avec regret, le gouvernement et les administrations communales du royaume ne font pas grand chose pour les intérêts de notre industrie locale.
Notre schiste ardoisier est d’une qualité remarquable comme matériel de bâtisse ; l’ardoise de Vielsalm se travaille avec une grande facilité, et elle est d’une résistance extraordinaire aux actions atmosphériques.
Pour agir en bons patriotes, les Sociétés belges, les Communes et l’Etat devraient donner la préférence à nos ardoises et les recommander aux entrepreneurs et soumissionnaires aux adjudications publiques. D’autant plus que, pour la qualité, notre ardoise est au-dessus de toute comparaison.
On m’objectera que la production de nos ardoisières est insuffisante à l’alimentation des grands entrepreneurs. Je l’admets, une commande de 5 à 600.000 ardoises à fournir dans les 8 jours serait gênante pour le premier de nos maîtres-carriers ; oui, mais si toutes nos exploitations prenaient un arrangement commun pour fournir tous ensemble la commande supposée ?
EXEMPLE : Un propriétaire d’ardoisière de Vielsalm reçoit une commande de 500.000 ardoises pour la réparation des édifices publics de Bruxelles. Le patron qui a reçu cette commande n’a que 100.000 ardoises fabriquées, alors il partagerait le reste de la commande, soit 400.000 ardoises à fournir entre les autres exploitations.
Il me semble qu’un arrangement de cette nature serait fort utile à tous nos maîtres carriers.
Un autre point important est celui des droits d’entrée, du tarif douanier. Le système du libre échange est le seul vraiment juste et profitable.
Nos ardoises ne peuvent plus maintenant entrer en Allemagne et dans le Grand-Duché sans payer des droits énormes et cela pourquoi ?
Parce que les ardoises allemandes du Rhin ne valent pas les nôtres et que l’empire veut forcer ses sujets à prendre leurs mauvaises ardoises nationales, plutôt que nos excellentes ardoises belges. Voilà un beau résultat pour nos carrières et pour les entrepreneurs allemands.
Le gouvernement, pour prouver qu’il cherche l’intérêt de notre industrie locale, devrait insister auprès du gouvernement prussien pour obtenir le retrait des droits d’entrée dont on a frappé nos ardoises.
En terminant, je souhaite que les entrepreneurs belges, travaillant pour l’Etat et les Communes soient plus honnêtes, c’est-à-dire ne rejettent pas parfois nos ardoises parce que nos maîtres de carrières n’ont pas les moyens de leur acheter à coups de pourboires, la préférence pour leurs produits.

Un Ami de l’Ouvrier.



Le ministre actuel, tous nous le savons, a témoigné un vif désir d’améliorer la triste situation de nos classes ouvrières.
Beaucoup d’économistes de notre époque ont écrit sur ce sujet bien des pages remarquables.
Le gouvernement a fait mieux : il a posé un acte au lieu de se livrer à des discussions oiseuses sur la crise industrielle.
Je veux parler de la Commission, du travail, que je considère comme une institution éminemment patriotique, d’une nécessité et d’un à-propos incontestable.
Pour ne parler que de son passage à Vielsalm, elle a donné aux ardoisiers et aux cultivateurs de notre canton l’occasion d’exposer leurs griefs.
Il en a été de même dans tout le pays ; aussi l’œuvre de nos gouvernants leur a pour toujours acquis la confiance et la gratitude de tous les travailleurs dont ils cherchent à soulager la gêne.
Les différentes Commissions du travail qui ont parcouru le royaume sont aujourd’hui en possession du dossier complet de la cause ouvrière et agricole en Belgique.
Que reste-t-il à faire maintenant pour qu’un mieux réel apparaisse dans la situation de l »ouvrier, et couronne dignement les travaux de ces Messieurs ?
Il reste, me semble-t-il, à étudier les institutions ouvrières modèles du pays et de l’étranger, comme, par exemple, le système existant dans les aciéries Krupp en Allemagne, où l’ouvrier est associé avec le maître et prend part aux bénéfices de la maison qu’il enrichit de son travail.
Il reste à faire des lois protégeant l’ouvrier contre certains patrons rapaces qui, hélas ! faut-il l’avouer ? manquent d’honnêteté à l’égard de leurs ouvriers.
Il reste enfin, et surtout, le grand devoir pour tous nos industriels de surveiller et de protéger la moralité et les principes religieux des travailleurs. Qu’on ne l’oublie jamais : la morale saine et puissante du christianisme est la seule barrière que l’ouvrier au désespoir hésite à franchir : la morale chrétienne est le rempart avancé de l’ordre et de la paix.
Le socialisme pénètre là où les principes religieux manquent ; l’anarchie déborde ceux que la religion ne soutient plus de sa puissance conservatrice.
Je termine cet article en affirmant mon espoir que les hommes généreux qui nous gouvernent prouveront qu’ils comprennent le grand devoir incombant à tout administrateur d’éclairer et de protéger nos frères : les ouvriers.

NEMO.

L’HIVER APPROCHE !

L’hiver pour le riche, pour celui qui est dans l’aisance, n’a rien qui puisse l’effrayer : c’est plutôt pour lui la saison des fêtes.
Pour le fermier lui-même, c’est l’époque du repos, des joyeuses veillées, et le soir, entouré de sa famille, assis en face de ce grand feu brillant qui l’égaie et l’échauffe, il entend sans souci le vent glacial qui fait rage au dehors.
C’est pour le pauvre que l’hiver réserve ses rigueurs : la chambre est mal close ; le foyer ne donne qu’une faible chaleur, car le combustible est rare, on l’épargne, et cependant les vêtements réchauffent si peu, ils sont minces, ils sont usés ; le garde-manger est vide, et toutefois le menu est bien simple : des pommes de terre et du pain noir ! Que faire, où trouver des ressources ? L’hiver surtout, le travail est rare, les journées sont si courtes ! et puis encore la vieillesse, la maladie, ne viennent que trop souvent encore compléter la misère du pauvre…
Venir en aide à ceux qui souffrent, donner à ceux à qui tout manque. N’est-ce pas là une des plus douces jouissances de celui qui possède ? Et comment user sans remords de tous les bienfaits de la vie, si on ne peut se dire : j’ai secouru mon pauvre voisin ; j’ai empêché cette pauvre veuve de mourir de froid, de faim, elle et ses petits enfants ! J’ai partagé avec tous ceux qui n’ont rien une partie de ce superflu, une partie même de ce qui m’est nécessaire !
Mais parfois la misère de nos voisins nous est inconnue ; nous les visitons rarement nous-mêmes ; nous ne connaissons pas ses besoins. Dans notre paroisse s’est formée une Société charitable qui se donne la mission de visiter chaque semaine le pauvre à domicile, de s’enquérir ainsi de ce qui lui manque, de lui donner, suivant l’occasion, des conseils, des encouragements, des consolations.
Cette société, en suite d’une autorisation de la Députation permanente, a établi une tombola, loterie charitable dont le produit intégral doit servir à nourrir, à chauffer, à vêtir les pauvres et les malheureux de notre village.
Il y a des lots charmants dans cette tombola ; il en est d’utiles ; ils sont nombreux, d’ailleurs, et chacun peut s’attendre à recevoir un souvenir de cette fête de charité. On remarque surtout divers objets modelés en terre plastique, élégants de dessin, de faire, d’invention ; ils dénotent chez l’auteur un véritable sentiment d’artiste.
Les billets de la tombola sont du reste à bas prix : 25 centimes ; il n’est personne qui ne puisse être à même de s’associer à cette bonne œuvre.
Le tirage aura lieu incessamment ; il reste encore quelques centaines de billets à distribuer. Nous faisons appel à la charité de tous ; qu’on ne l’oublie pas, le produit de la tombola aidera plus d’un malheureux à passer l’hiver sans trop souffrir du froid et de la faim.
Les billets se distribuent chez MM. Bucheman, Grès, Culot.


Une ardoisière en Angleterre.
L’industrie ardoisière est pour le canton de Vielsalm une source de richesse, elle fait vivre, depuis des siècles, une bonne partie de notre population ouvrière.
Nous n’avons toutefois, dans notre bassin, que des exploitations de médiocre importance, et peu d’entre nous ont eu l’occasion de se rendre compte par eux-mêmes de l’immense développement que diverses ardoisières ont pris dans des pays voisins.
Une des plus grandes ardoisières est celle de Penrhyn dans le pays de Galles ; elle offre surtout une disposition toute spéciale.
Au milieu d’une large vallée, s’arrête brusquement une chaîne de collines.
Cette extrémité de la montagne a été taillée en gradins successifs, disposés en hémicycle, depuis le fond de la vallée jusqu’au sommet. C’est là l’ardoisière, car la montagne tout entière n’est qu’un immense bloc de schiste ardoisier, légèrement recouvert de terre, où poussent des arbres et de la verdure.
Chaque gradin a environ 40 pieds de hauteur : déjà les gradins supérieurs ont été épuisés, mais on a laissé au centre une sorte de colonne-témoin, dont le faîte indique la hauteur première où les travaux ont commencé. Il y a actuellement 14 gradins ou étages en exploitation. Chaque gradin à sa brigade d’ouvriers, ses chemins de fer, etc., et il faut près d’une heure pour le parcourir d’un bout à l’autre. La montagne entière a 600 pieds d’élévation ; l’exploitation de chaque gradin se poursuit d’ailleurs au fur et à mesure le long des deux flancs de la montagne.
Au fond de la vallée sont installés une scierie mécanique, une fonderie de fer, des ateliers de constructions pour les machines, les outils, les wagons, etc. car tout le matériel se construit sur place.
L’ardoisière est située à deux lieues du port de mer de Bangor, auquel elle est reliée par un chemin de fer.
Il y a là parfois de 50 à 60 navires en chargement.
On reçoit dans le monde entier les produits de cette ardoisière. Leur importance est telle que l’impôt payé au gouvernement est calculé à raison d’un revenu annuel de deux millions de francs.
Il y a là un atelier pour la fabrication des dalles d’ardoises avec un outillage des plus curieux. Les blocs sont fendus d’abord à 30 cent. Environ d’épaisseur ; on les coupe à dimensions à l’aide de scies circulaires : le dressage se fait par de puissantes machines à raboter dont le ciseau a jusque 40 cent. De largeur. En deux ou trois passes, on y dresse une table de 2 à 3 mètres carrés.
On fabrique à Penrhyn d’immenses quantités d’ardoises pour écoliers ; les blocs réduits à 0m30 d’épaisseur sont équarris ensuite à la scie circulaire et ramenés aux dimensions de 0m25 X 0m30.
L’ouvrier fondeur les réduit ensuite en minces lames, avec une telle rapidité que deux servants placés à ses côtés ont peine à le suivre. Chaque coup de maillet détache une ardoise.
Ces schistes jouissent en effet d’une fissilité extrême et en même temps leur élasticité et leur solidité sont sans pareilles.
J’ai vu amener devant moi un bloc de 30 cent. D’épaisseur, la scie circulaire l’eut bientôt équarri ; il avait alors 1m60 sur 1m80 ; il s’agissait de le diviser en plaque de 0m03 d’épaisseur. L’ouvrier armé d’un ciseau de 5 à 6 cent. De largeur attaqua le bloc ; en deux ou trois coups de maillet l’outil avait pénétré de quelques centimètres. Alors l’ouvrier s’en servant comme d’un levier, séparait sans effort la plaque voulue. En quelques minutes il eut devant lui 10 superbes dalles, destinées à former des tables de billard.
Avec nos schistes une telle opération demanderait un soin extrême ; il faudrait enfoncer le ciseau tout doucement et successivement sur tout le pourtour du bloc.
Ici rien de semblable ; deux ou trois coups de maillet font pénétrer le ciseau ; un mouvement de levier et la plaque se détache. Il est facile de comprendre la quantité d’ardoises pour toiture que chaque ouvrier, un peu expert, peut fabriquer dans une pierre semblable. Les ardoises anglaises sont de grandes dimensions ; elles sont surtout employées dans le nord de l’Allemagne et en Amérique.
L’ardoisière de Penrhyn occupe près de 1,500 ouvriers ; elle a livré au commerce en un an près de 25 millions d’ardoises de toute première qualité.
La nature est bien loin de s’être montrée aussi généreuse envers nos ardoisières de Belgique. Ici c’est dans le sous-sol qu’il vous faut travailler ; le plan est enclavé dans des roches dures, qu’il faut enlever à grands frais ; l’eau nous noie, les décombres nous gênent. Là bas rien de semblable, l’ardoise est au-dessus du sol même ; il suffit de la cueillir ; aucune roche étrangère à enlever, aucune inondation à craindre.

CORRESPONDANCE.
Nous recevons la lettre suivante qui s’occupe d’une question qui intéresse surtout les habitants de la section de Vielsalm :

Monsieur l’Editeur de L’ORGANE DE VIELSALM,
Vous annoncez dans votre numéro programme, que vous vous occuperez surtout des affaires communales.
Permettez-moi donc d’attirer votre attention sur le manque presqu’absolu des eaux alimentaires à Vielsalm, même depuis quelques mois, le peu d’eau qui nous est distribué est de mauvaise qualité ; cette eau séjourne trop longtemps, immobile dans les conduites. Outre le désagrément qui en résulte pour les habitants qui se trouvent privés d’eau, il y a là un grave danger pour la santé publique.
Il serait facile de parer au mal en captant l’une ou l’autre des sources voisines de celle dont on se sert.
Dans tous les cas, il est urgent de prendre des mesures pour parer à une telle situation.
Agréez, etc.
UN ABONNÉ.

Faits divers.
Foire de Salmchâteau du 12 novembre 1886.
Bêtes exposées :
Bœufs, 148 ;
Bouvilions, 75 ;
Vaches, 150 ;
Génisses, 107 ;
Cochons adultes, 85 ;
Porcelets, 510.
Prix maintenus pour les bêtes à cornes.
La race porcine est un peu en hausse. Vente facile. Beaucoup de marchands de l’étranger et du pays.

Etat-Civil de Vielsalm
Du 11 au 18 Novembre 1886

NAISSANCE : 1
Marie-Joseph-Elisabeth, fille de Jacob, Léonard-Joseph, cordonnier, et de Pécheux Marie-Joseph, son épouse, à Ville-du-Bois.

DÉCÈS : 1
Wathelet, Eléonore-Clémentine, âgée de 68 ans, sans profession, veve de Ippersiel, François-Nicolas, à Vielsalm.

MARIAGE : 1
Arrasse, Guillaume-Joseph, sans profession, âgé de 33 ans, domicilié à Grand-Halleux, et Barbette, Anne-Thérèse, sans profession, âgée de 29 ans, domiciliée à Salmchâteau.

Annonces :
Cordonnerie.
Un apprenti cordonnier peut se présenter chez M. Philippe Grès, à Vielsalm.
___

François COLSON
Négociant en Bois et Charbons à VIELSALM, près de la Station.
On trouve articles de fumeur tels que : Pipes en bois et en écume de Vienne, tuyaux, amadou, etc., ainsi que cannes de voyage, cannes de pêche, crîns marins, mouches artificielles et ceintures pour hommes et enfants. Articles religieux tels que : chapelets, croix, médailles et scapulaires.
___

Hôtel du Midi
Tenu par Auguste CAHAY, à Vielsalm.
Chevaux et voitures à louer. Ecuries. Boxes. Vins vieux de premier choix à des prix modérés.
Pension : 4 fr. par jour. Service soigné.
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Les Assurances belges
Société anonyme d’assurances
À primes fixes contre les risques d’incendie. Conditions avantageuses des anciens tarifs ;
Agent principal : M. MASSON, à Vielsalm.
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3,000 francs comptant.
10 ans de crédit pour le surplus. S’adresser à Me JACQUES, notaire à Vielsalm.

dimanche 2 août 2009

Kalala, le premier congolais arrivé à Vielsalm.

(publié le 16 octobre 1960)

Les récents événements du Cogo rappellent au souvenir de nombreux salmiens des faits de la fin du siècle dernier relatifs à l’épopée africaine.
C’était le temps des DIDERICH, des LAPLUME, des JACQUES et de combien d’autres de nos concitoyens.
Il est un de ces faits qui, à l’époque, fit l’objet de curiosité et bien des conversations. Il s’agit de l’arrivée et du séjour à Vielsalm du premier congolais. Celui-ci s’appelait Kalala.
Norbert DIDERICH, né à Vielsalm le 26 avril 1867, ingénieur du génie civil, des mines, arts et manufactures, avait été engagé comme adjoint à l’expédition du Katanga. Le 22 avril 1893, il rentrait à Vielsalm, qui lui faisait une brillante réception.
DIDERICH était revenu seul. Mais il avait laissé en route un petit compagnon qui devait le rejoindre quelques semaines plus tard : Kalala.
Kalala était âgé de 7 ans, et d’une taille élevée pour son âge. Il était originaire des environs de Lupungu (Haut-Sankuru).
Quelque temps avant le passage de l’expédition du commandant belge BIA dans ces contrées le village qu’ habitait l’enfant fut attaqué et rasé par un chef nègre, ami et vassal des Arabes marchands d’esclaves. Le père et la mère de Kalala furent tués et lui-même fut attaché à la chaine des esclaves qu’on dirigeait vers la ville du vainqueur.
L’enfant, réduit en esclavage, parvint à tromper la vigilance de ses ravisseurs. DIDERICH et ses hommes qui se trouvaient aux environs de Lupungu en 1891, mirent l’enfant en sécurité. Celui-ci s’attacha à l’ingénieur qui le garda près de lui.
Courant les dangers et les privations auxquelles l’expédition de son protecteur avait été habituée, Kalala arriva heureusement au Tanganika et à la jonction avec le capitaine JACQUES.
Ayant regagné Boma, DIDERICH confia l’enfant à un de ses amis, M. VAN DEN PLAS, intendant général à l’Etat du Congo, et c’est ce dernier qui ramena Kalala en Europe par le bateau Komassy.
À Vielsalm, Kalala habita chez M. Bernard DENIS, oncle de M. DIDERICH. Le gamin se fit rapidement, parmi les garçons de la localité, de nombreux petits amis.
Son protecteur lui fit faire des études à l’établissement de Carlsbourg. Kalala y fut baptisé et prénommé Antoine, ayant pour marraine la comtesse d’URSEL.
Ses études terminées, Antoine Kalala reprit le chemin de l’Afrique et y fonda une famille.
Mais, pendant plusieurs années encore, il resta en correspondance avec ses bienfaiteurs de Vielsalm.

Gaston REMACLE