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mercredi 10 avril 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps


Il est question dans L’Organe de Vielsalm du 19 mars 1905 de la grande exposition de Liège de 1905: les halles ne seront pas accessibles après la chute du jour. Mais comme l’enceinte est ouverte jusqu’à 11 heures du soir, il faut éclairer les jardins et diverses attractions. De surcroît il faut compter sur un éclairage à la hauteur des progrès de la science et donnant aux jardins un aspect gai et accueillant. Une entente est donc intervenue entre les exposants de chaudières et de dynamos : ils seront les producteurs de la force électrique nécessaire. Pour l’éclairage des façades on a adopté un  moyen ingénieux : on projettera la lumière électrique sur leur surface claire de façon à les faire surgir de la nuit comme des palais de rêve.

On annonce aussi que le chef de l’expédition du chemin de fer du Katanga, le capitaine Alphonse Jacques, vient de s’embarquer à Boma, accompagné de ses deux adjoints, pour rentrer au pays.

Dans l’Organe du 15 mars 1914 : un million de francs a été mis en circulation en pièces d’or à l’effigie du Roi Albert. L’auteur de la gravure a réussi un profil très décoratif de notre roi.

Vendredi dernier à Petit-Thier, l’habitation de l’instituteur Servais a été l’objet d’une tentative de cambriolage. L’auteur, qui est connu de la gendarmerie  et dont  le nom est tu par déférence vis-à-vis de sa famille, a emporté un révolver et quelques paperasses. Celles-ci ont été renvoyées par expresse [sic] de Grand-Halleux à leur propriétaire.

Le parc communal est doté pour quelques temps d’un établissement de « Ringking » : il s’agit de ce sport moderne (patins à roulettes)  qui fait si grande fureur dans les villes. Pour une fois, Vielsalm a donc la veine de voir arriver dans ses murs cette attraction qui ne manque ni de difficultés ni d’adresse. Avis aux amateurs de culbutes magistrales !

L’Organe du 7 mars 1908  reprend un article de la Revue Belge et Coloniale où il est question du commandant Laplume.
Grand, sec comme une trique, d’humeur toujours joyeuse, acclimaté comme pas un, le commandant Laplume est bien le colonial qui s’est complètement fait à l’ambiance africaine ; dédaigneux du casque  encombrant, on le rencontre, par le soleil le plus vif, le chef couvert seulement d’un fez.
Mais Laplume n’est pas seulement un chasseur d’éléphant, un dresseur d’une patience angélique.
Parti pour la première fois le 6 novembre 1892 comme sergent, il rentrait en 1898 après avoir été deux fois au Nil et un peu partout chef de poste dans l’ouest de l’Uele.
C’est lui qui, abandonné au combat par son peloton apeuré, resta seul bien en vue de l’ennemi pour donner le change à ceux-ci en feignant de commander ses hommes, détournant ainsi une attaque contre la colonne Chaltin en marche ; c’est encore lui qui, pour tuer le temps, se mit à noter le nombre de minutes qu’il fallait aux ennemis pour recharger leurs canons !
En juillet 1899 il fut envoyé au Congo pour commencer le dressage des éléphants. Après avoir été examiner les procédés utilisés au Gabon, il entama la domestication des pachydermes à Kira-Vungu et à son retour en Belgique quatre ans plus tard il en avait déjà domestiqué douze.  Retourné en 1904 il en retrouva huit et finit par réunir un troupeau de 28 bêtes capables de tirer la charrue et de  transporter des matériaux. Pendant ce nouveau séjour il délivra  plus de quatre mille esclaves qu’il renvoya dans leur foyer.
Carrière bien remplie dont Laplume passé du grade de sergent à celui de capitaine-commandant peut s’enorgueillir à juste titre.

Rappelons que Jules-Henri Laplume était né le 16 novembre 1866 à Salmchâteau et qu’après des études d’instituteur, il s’engagea à l’armée puis au service de l’Etat indépendant du Congo. Il est l’auteur de plusieurs études sur l’élevage des éléphants.

                                                                                     Robert NIZET

dimanche 20 février 2011

Organe de Vielsalm

(Dimanche 9 janvier 1887. Deuxième année, Numéro 2.)

TIRAGE AU SORT

Le tirage au sort des miliciens de la levée de 1887, s’effectuera ) 10 heures du matin :
A [parmi d’autres localités] Houffalize, le samedi 5 février ; Vielsalm, le mercredi 9 février.

MILICE NATIONALE

Liste des personnes inscrites dans le canton de Vielsalm qui, à la date du 1er janvier 1887, sont appelées à concourir au tirage au sort pour la levée de la milice :

Commune d’Arbrefontaine.
1. Bonivers, Julien.
2. Cuvelliez, Jean-Maurice-Thomas.
3. Fraiture, Jean-Baptiste-Constant.
4. Fraiture, Jean-Pierre-Julien.
5. Jacques, Louis-Joseph.
6. Lemoine, Constant-Joseph.
7. Maréchal, Joseph-Bertrand.
8. Maréchal, Paul-Joseph.
9. Pirotte, Antoine-Joseph-Constant.
10. Servais, Jean-Pierre.
11. Sevrin, Alfred-Jean-Louis.

Commune de Beho.
1. Belhomme, Dominique.
2. Bernard, Oscar.
3. Bissen, Nicolas.
4. Closjans, Jean-Pierre.
5. Kalbusch, Charles.
6. Kreins, Leopol-Grégoire.
7. Kreins, Nicolas.
8. Kretels, Victor.
9. Lentz, lopold-Nicolas.
10. Meyers, Nicolas.
11. Pierret, Pierre-Antoine.
12. Portzenheim, Jean.
13. Reisch, Jean-Eust.-Eugène.
14. Rommes, Pierre.
15. Schmitz, Pierre-Louis.

Commune de Bovigny.
1. Alberty, Pierre-François.
2. Deris, Corneille-Jean-Nicolas.
3. Guillaume, Henri-Joseph.
4. Jacob, Hubert-Jean-Baptiste.
5. Jacquet, Henri-Joseph.
6. Pirard, Louis-Joseph.
7. Poncin, Jules-Michel.
8. Remy, Nicolas-Joseph.
9. Rical, Alphonse.
10. Rulmont, Const.-Joseph-Alph.
11. Sevrin, Alph.-Franç.-Joseph.

Commune de Grand-Halleux.
1. Bodson, Alphonse-Franç.-Joseph.
2. Bredo, Emile-Joseph.
3. Drion, Antoine-Lambert.
4. François, Hypolite-Joseph.
5. Frédrich, Lambert-Christophe.
6. Gaspard, Jules-Joseph.
7. Jacquemin, Alphonse-Jean-Jos.
8. Joris, Louis-Nicolas.
9. Lambert, Alphonse-Joseph.
10. Nicolaï, Jean-Henri.
11. Paul, Jean-Thomas.
12. Rouxhet, Léopold-Joseph.
13. Sevrin, Guillaume-Joseph.

Commune de Petit-Thier.
1. Bruyère, Jules-Joseph.
2. Cottin, François-Joseph.
3. Remacly, Constant-Joseph.
4. Thomas, françois-Joseph.

Commune de Vielsalm.
1. André, Auguste.
2. Andrianne, Alphonse-Joseph.
3. Andrianne, Constant-Joseph.
4. Archambeau, Léop.-Jean-Joseph.
5. Arnold, Clément-Joseph.
6. Benoît, François-Joseph.
7. Burnay, Jean-Joseph.
8. Cabeke, Charles-Louis.
9. Caëls, Joseph-Constant.
10. Chapelle, Gengoux.
11. Colson, Edouard-Emile.
12. Cottin, Jules-Joseph.
13. Coussreant, Pierre-Joseph.
14. Denis, Marie-Grég.-Edmond.
15. Diderrich, Norbert.
16. Evrard, Victor.
17. Goffinet, Augustin-Joseph.
18. Gomez, Alphonse-Joseph.
19. Hens, Constant-Joseph.
20. Jeanpierre, Victor-Joseph.
21. Klammers, Jean.
22. Lemaire, Victor-Joseph.
23. Lenfant, Joseph.
24. Louis, Pierre-Joseph.
25. Malherbe, Alphonse-Joseph.
26. Masson, Ernest-Franç.-Joseph.
27. Masson, Joseph-Aug.-Gérard.
29. Paquay, Joseph-Victor.
30. Pip, Jean-Hubert-François.
31. Putz, Jules-Joseph.
32. Putz, Victor-Joseph.
33. Ratz, Michel.
34. Rinck, Gengoux-Joseph.
35. Rolling, Jean-Joseph.
36. Santkin, Prospert-Joseph.
37. Thunus, Bertrand-Louis.
38. Winand, Nicolas-Joseph.

Récapitulation des inscriptions :

Arbrefontaine, 11
Beho, 15
Bovigny, 11
Grand-Halleux, 13
Petit-Thier, 4
Vielsalm, 38

Total, 92

Faits divers

On nous écrit de Wathermal :

« Dimanche dernier, cinq jeunes gens de Wathermal, accompagnés d’un jeune homme d’Ourthe, se rendaient au chef-lieu de la commune, à l’effet de s’y faire inscrire pour le tirage au sort.
À Beho, ils firent la rencontre de deux autres jeunes gens d’Ourthe qui s’y trouvaient pour la même cause. On but ensemble, on chanta et s’amusa fort bien, non pourtat sans se dire quelques paroles désobligeantes.
Vers 6 heures du soir, on se remit en route pour Ourthe, séparés en deux groupes comme on était venu. La première bande, assez nombreuse, s’en allait lentement, causant et riant, lorsqu’elle fut rencontrée par la seconde troupe à une distance d’environ vingt minutes de Beho. Après s’être échangé quelques mots, l’un des derniers arrivants portant à l’un des premiers deux coups de couteau, dont l’un au sein droit et l’autre sur la septième côte, du même côté. Un autre jeune homme du premier groupe arriva au secours du blessé et reçut un coup de couteau à la jambe droite.
Par un hasard providentiel (si l’on peut appeler cela un hasard), aucun des coups de couteau, qui nous auraient pu être mortels, n’est extrêmement dangereux. Dans l’un des coups portés au premier blessé, la lame a glissé entre les chairs et les côtes, faisant une large ouverture ; dans l’autre coup, elle s’est arrêtée net sur la côte. Le second blessé a été atteint près de l’artère fémorale et à un décimètre du bas-ventre. »

Foires de la semaine
(Provinces de Luxembourg, Liège, Namur et Grand-Duché) :
Lundi 10, Durbuy, Paliseul, Salmchâteau, Luxembourg.
Mercredi 12, St-Hubert, Echternach (Grand-Duché)
Vendredi 14, St-Madr, Filot, Fosse.
Samedi 15, Sugny.

Une aventure du roi Léopold.

Léopold se promenait un jour, à pied, en habit civil et complètement seul, dans les rues de bruxelles.
C’était vers quatre heures de l’après-midi ; la nuit tombait, on était à la fin d’octobre.
Il s’arrête devant la maison du général X. à la vue du soldat de faction, lequel marquait indolemment le pas le long du trottoir, le fusil au bras et tenant de la main droite une énorme tarte qu’il dévorait à pleine bouche.
Ce naïf conscrit était de B…, près de Vielsalm ; sa mère était venue le voir par le premier train du matin ; mais par malheur, il était de garde, et le mauvais vouloir de ceux à qui elle avait demandé de pouvoir parlé à son fils à la caserne, lui allait faire perdre toute la matinée ; elle ne l’avait retrouvé que dans l’après-midi, avait causé avec lui quelques moments à peine et avait même dû se hâter pour reprendre le convoi de Vielsalm, après avoir laissé à son fils la tarte qu’elle avait fait elle-même à son intention et que celui-ci mangeait si avidement.
Léopold s’arrête donc et l’accoste, voulant connaître la pensée de ce jeune paysan sur la vie militaire.
— D’où êtes-vous, mon ami ? lui demanda-t-il.
— Vos estoz bein curieux, monsieus, répondit le pioupiou ; mais tot l’même dji vos l’dirais : dji sos d’on viège di tot près del Visâme ; divinez à c’t’heure, si vos ploz.
— De Rencheux ? dit le roi.
— Vos n’y estoz nein.
— De Grand-Halleux ?
— Vos n’y estoz nein.

Et notre gaillard, joyeux de l’embarras de son interlocuteur, tout en mordant à belles dents entre chaque phrase, fredonnait sournoisement une chanson où il était question de balouches.
— De Bovigny, alors ?
— Vos y estoz, dji sos di Bovigny…

(après un instant de silence). Mais vos, monsieu, qui est-ce qui vos estoz ?
— Devinez, répondit à son tour Léopold.
— Dji voès bein à vosst’ air qui vos estoz on’ancien sodart, quoèqui vos n’ave nein l’habit militaire.
— Oui, mais de quel grade ?
— Lieutenant ?
— Vous n’y êtes pas.
— Cap’taine ?
— Vous n’y êtes pas.
— Gros major ?
— Vous n’y êtes pas.
— Général ?
— Vous n’y êtes pas.
— Co pu haut ?
— Oui.
— Serive li roè, par hasard ?
— Vous y êtes.
— Ah ! c’ co là, tinoo m’tortai, qui d’jive préseinte les armes !

Et le naïf factionnaire met sa tarte dans les mains du roi qui, par un mouvement irréfléchi, la prend et reste ébahi vis-à-vis du soldat qui tient flegmatiquement son fusil à deux mains et à bras tendus pour lui porter les armes.

Etat-Civil de Vielsalm

Du 30 décembre 1886 au 5 janvier 1887.

NAISSANCE : 1.
Oscar-Edmond, fils de Flix-Alphonse Jacoby, bourrelier, et de Marie-Elisabeth Lerho, de Vielsalm.

AVIS AU PUBLIC.


L’officier de l’état-civil de Vielsalm informe le public que les personnes se rendant au bureau de l’administration pour faire dresser des actes de l’état-civil doivent se faire accompagner de témoins connus, jouissant de leurs droits civils et âgés d’au moins 21 ans, savoir :
Pour les actes de décès, le déclarant et un témoin ;
Pour les actes de naissances, le déclarant et deux témoins ;
Pour les actes de mariages, les parties, parents et quatre témoins.

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dimanche 20 septembre 2009

Son Excellence Mgr Charue à Vielsalm.

(publié dans L’Avenir du Luxembourg, le 3 avril 1952)

Mardi matin, à 7 h.15, Monseigneur l’Evêque de Namur célébrait la messe dans le baraquement de Vielsalm. De nombreuses personnes, averties de son arrivée dans la paroisse, y assistaient.

Après la messe, Son Excellence assista au catéchisme préparatoire à la communion solennelle et se plut à interroger les enfants sur la leçon du jour. Malgré leur émotion, gamins et gamines répondirent de leur mieux, certains même très bien.

Vers 9 h.30, Monseigneur se rendait à Ville-du-Bois dans la chambre funéraire de M. l’abbé François CLAISE, curé de Bihain. Il pria quelques instants devant le corps de celui qui était l’un des plus anciens prêtres du diocèse et il s’entretint ensuite avec les deux demoiselles PAQUAY, parentes du défunt.

Dans la matinée, Son Excellence visita le baraquement de Petit-Thier ; elle monta enfin jusqu’aux casernes de Rencheux, où plusieurs soldats reçurent le sacrement de Confirmation de sa main.

dimanche 6 septembre 2009

Pour écarter les orages.

G.REMACLE, dans G.S.H.A. n°8 (1978) p.89.

Nos communes.

(publié le 1er février 1979)

La récente fusion des communes a fait disparaître plusieurs d’entre elles, dans notre région.
C’est en vertu des dispositions de la loi du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800) qu’avaient été créées les communes de Grand-Halleux, Arbrefontaine, Vielsalm, comme les communes voisines de Beho, Bovigny, Lierneux.
Depuis lors, et jusqu’au 31 décembre 1977, les limites de la commune de Grand-Halleux n’avaient pas changé, et cette commune comptait 2 484 hectares, 32 ares, 88 centiares.
La commune d’Arbrefontaine, elle, s’était agrandie de la section de Goronne détachée de Vielsalm le 1 janvier 1853, selon une loi votée le 11 novembre 1852 à la Chambre des Représentants et le 3 décembre suivant au Sénat ; ainsi, Arbrefontaine mesurait 2 051 ha., 24 a.,65 ca.
Depuis le 31 décembre 1977, Goronne a été rattaché à la nouvelle commune de Vielsalm.
Vielsalm perdit encore, à partir du 1 janvier 1848, ce qui devint la commune de Petit-Thier, soit 1 907 ha.,19a., 35 ca., selon une loi du 10 mars 1847.
Ainsi, la commune de Vielsalm était ramenée à 5 468 ha., à l’origine, à 2 848 ha., 57 a., 57 ca.
Actuellement, après sa fusion récente avec les anciennes communes de Bihain, Grand-Halleux, Petit-Thier, une partie de la commune de Lierneux, et les localités de Commanster et Goronne, elle mesure 11 885 hectares, avec 6 700 habitants.

Gaston REMACLE

jeudi 3 septembre 2009

Les chefs de ménage de La Comté, Salmchâteau, Bèche, Rencheux et Petit-Thier en 1659.

(publié dans L’Annonce de Vielsalm, le 3 février 1952)

Les noms des chefs de ménage mentionnés ci-après sont tous ceux qui figurent, pour les localités en question, au recensement de 1659 au comté de Salm.
Afin d’éviter les longueurs, nous n’avons pas repris, pour chacun d’entre eux, le texte complet les concernant, mais seulement l’une ou l’autre particularité caractéristique.
Il y a lieu de remarquer encore que presque tous vivaient du travail agricole, du moins partiellement ; la profession indiquée pour certains dans le texte qui suit n’est en réalité, dans les cas envisagés, qu’une profession dont le caractère secondaire en fait précisément une particularité propre à l’individu cité.
Les noms figurant sous la dénomination de « Bexhe » comprennent également les chefs de ménage de Gotalle. Ainsi, par exemple, « Henri Le doulx ». on sait que Gotalle, aujourd’hui désert, se trouve sur le versant sud du Thier-des-Ardoisières, entre la crête des Quatre-Vents et Bèche.
Au XVIIe siècle, il comptait 4 ou 5 ménages, à notre avis.
Ainsi qu’on le verra, Bas-Château est signalé comme distinct de Salmchâteau. [ texte figurant dans l’article, mais annulé ultérieurement par G. REMACLE : Il correspond à peu près à ce qui est actuellement « Basseville » à Salmchâteau]. Les données des archives prouvent qu’au XVIIe siècle, et bien plus tard encore, Bas-Château et Salmchâteau étaient considérés comme groupements réellement distincts.

Comté

Servais Malsoult ardoissier
Jean de la Comté chartier
Servais Lalloux hottelier
Thomas maçon de son art
Vefve Everard
Jean Malsoult chartier
Vefve Jean Lalloux
Vefve Henri Lalloux
Nicolas Gile
Balduyn Counet, faiseur d’ardoisse de chassis.

Bas Château « ou bascourt du Chasteau »

Jean Lhoest
Haus
Denis le Begue faiseur de pierre à rasoires
Poncin monourier pauvre
Art Diederich manouvrier

Lesquels possèdent comme ils déclarent en bien que leur demeure et sont obligé particulièrement au Chasteau.

Salmchâteau

George Aisquine
Noel Blendeff
Henri Weron
Vefve Denis Vehin
Vefve Wynand Piette
Pire Sunchine
Vefve Jean Sergeant
Salentin gros Jean gaigne sa vie avec la hotte
Jean Gontrand
Guilleaulme Servais messagier et manouvrier
Henri la Plume charton, voiture continuellement du costé de Luxembourg
Vefve Emmanuel son fils cherton, voiture continuellement du costé de Luxembourg
Willeme Delvaulx revendeur de bierre
Jean Everard, gaigne son pain par ses bras
Piette
Vefve Laurent Abinet
Willeme la Plume revendeur de bierre
Gérard le Begue faiseur de pierre
Jean grand Collet faiseur de pierres
Toussainct Musnier, musnier de son art

Bexhe

Jean Colla ardoissier
Herman le Begue
Pasqueau Claultier
Henri Le Doulx
George le Begue
Gille Colchon
Vefve Jean Begon
Anthoine Scheff
Grand Henri ardoissier
Jean Dedrich ardoissier
Herman Dessus Leau ardoissier
Hubert Pierre
Claes le Coppe alias mareschal faiseur de pierre
Henri Dochamps ardoissier

Ryncheux

Bertrand Gengulph
Jean Willemme
Hubert Deprez masson de son art
Jean Pirotte masson de son art
Vefve Jean Servais texheresse de son art
Henri le Moisne
Henri Morsomme eschevin
Léonard Moret mendiant avec une hotte parmi les pays estrangiers
Jean Hubert n’at rien
Vefve Piron Albert
Henroset
Bertrand Gérard
Henri Piron ardoissier
Jean Moisne
Vefve Frecon
Vefve Jean Jacque
Vefve Bertrand Gengoulph
Jean le Qu’eulx
Collet del Neuville

Petitierme

Jean Mareschal manouvrier
Jean groz Henri
Henri Israel
Vefve Mathy le Soye
Mathy Jaspar
Henri Marette
Henri Mareschal
Henri Englebert
Jacques Englebert
Henri Jean du Pont
Remacle Mathy Jehennett
Vefve Jacque de Fosse
Vefve Colla Bartholomé
Vefve Jean Lysbeth
Jean Lambert
Jean Mathy Remacle
Jean Martin
Barthélemy le Saint
Vefve Henri Collinet
Collas Guilliaulme hottelier

Gaston REMACLE

jeudi 30 juillet 2009

Vieux chemins au pays de Salm.



(inédit ?, 1959)

L’étude de la voirie de la région nous amène à conclure que le moyen âge, particulièrement après les XIe et XIIIe siècles, a vu s’établir un réseau de chemins nouveaux. Il témoigne de relations humaines différentes de celles des temps antérieurs, et il révèle d’autres préoccupations.
C’est un fait général qu’avec la fin des grandes invasions, plus de sécurité renaît. La population s’accroît. De nouveaux groupes d’habitations se créent, tandis que les anciens, qui ont survécu, prennent de l’ampleur. Des centres de la vie chrétienne naissent, rayonnent, et appellent la population, tels, ici, ceux de Stavelot et de Malmedy, et des paroisses s’organisent.
Le commerce aussi, peu à peu, prend de l’essor, provoque déplacements de personnes et charrois.
Inévitablement, les voies de circulation vont s’en ressentir. Elles n’auront plus des ambitions de longues distances et de sécurité qui exigeaient la ligne droite et le maintien sur les hauteurs. Mais, reprenant parfois des tronçons d’anciens chemins, sans doute, ailleurs elles s’en écartent selon les besoins plus immédiats, et elles iront d’une localité à l’autre, et, plus que leurs devancières, éviteront les fortes pentes.

Nous croyons avoir relevé quelques-uns de ces chemins ainsi créés à cette époque, et qui se sont maintenus jusqu’à la naissance de la voirie moderne plus parfaite et répondant à d’autres nécessités.

Leurs traces en sont, en général, toujours visibles ; au temps de notre jeunesse encore, des pas familiers leur restaient fidèles.

De Rogery, que l’on rejoignait facilement en venant d’Ourthe, de Beho et d’Audrange, un chemin prenait la direction de Stavelot. S’y raccordaient les charrois et les pas de la région de Bovigny, Cierreux, Bèche, Neuville.

Presque en ligne droite, il passe d’abord à gué le ruisseau de Cierreux, gagne l’extrémité est de Burtonville sous le nom de voye de Rogery, descend vers Sart-Hennard, passe la Salm, devient la grande vôye en abordant Petit-Thier, traverse Petit-Thier monte vers Les Plins passe au pas d’âne et se dirige alors vers Malmedy. Avant qu’il n’aborde Les Plins, une bifuraction s’en détache, descend à gauche vers Mon-le-Soie où vient le rejoindre un autre venant de Vielsalm par le gué de Tienne-Messe, la halinne vôye aujourd’hui désaffectée entre Priesmont et Ville-du-Bois, Rond-Chêne, Mon-le-Soie ; le chemin commun s’engage alors vers le haut de Logbiermé et vers Stavelot.

Un texte de 1753, qui le mentionne clairement : « un champ gisant à Mont le Soie desous le grand chemin de Salm à Stavelot » (CS 1753-1757/29) ; à l’Atlas des communications vicinales de Vielsalm, le tronçon qui précède Rond-Chêne est cité comme « chemin du village de Ville-du-Bois à Stavelot ».

A Mon-le-Soie a croisé ces derniers chemins un troisième qui conduit à Recht par Mon l’gros où il retrouve le chemin beaucoup plus ancien de Lierneux à Recht. Il constitue toujours, actuellement, la voie assurant les relations Grand-Halleux et Mon-le-Soie. A l’est de Mon-le-Soie, il est repris par les pâtures et les bois.
Une mention de ce chemin, du 16 août 1684 : « une demy iournée à la croix Jean Giet desseur le hour ioindant des deux costés aux hres Matthy Georis du hour et d’un autre au chemin allant vers le Soye » (CS 1683-1718/43).

Par rapport à Grand-Halleux, il présente un tracé plus court et une pente moins raide que la voie plus ancienne qu’il rejoignait donc vers Mon l’gros.

Du fait du passage de ces chemins, il n’est pas étonnant que des habitations se soient érigées pour constituer le hameau de Mon-le-Soie. L’endroit était déjà habité à la fin du XVIe siècle. Etre autres, ces mentions d’archives :

  • 1607. « Gillet des Soyes [émancipe] Jean son filz aagé d’environ quinze à seize ans » (CS 1602-1609/224vo).
  • 1621. « Jean des Soyes l’aisné… tourne en habot… le pré gisant aux Soyes, gisant pardessouz la maison du dit Jean tenant du costé inférieur au ruisseau et d’un autre endroit à Gillet » (CS 1617-1622/47)

Les dénombrements de 1561 et 1575 font état de « Jean de Soye » parmi les chefs de ménage d’Ennal dont Mon-le-Soie peut-être considéré comme une extension. Actuellement, Mon-le-Soie ne comprend plus qu’une maison et un ménage.
A notre avis, selon les mentions d’archives, l’endroit s’est d’abord dénommé Soye ( = petite scierie). Mon-le-Soie serait, selon le langage de la région, « chez le Soye », ou « chez la Soye ».

La direction de Recht a provoqué aussi une modification à un chemin plus ancien, celui qui, venant de l’ouest par Petit-Thier, vôye wiême et vers Recht.

A partir de bètch do thier, et via la croix du français, un autre tracé s’est établi. Il reste à mi-hauteur de la colline et permet d’éviter une pente assez prononcée.

Toutefois, la partie basse de Petit-Thier, et Blanchefontaine empruntaient, vers Recht, un autre chemin, parallèle au précédent et un peu plus bas.

Deux mentions :

  • 1598. « une pièce de terre derière les champs que tient présentement Jean Jeannette du petithierme tenant … pardesseur et pardessouz aux deux chemins de Reth » (CS 1587-1622/7).

1717. « certain champ … gisant au lieu vulg. Appellé le gotay Noel, joindant d’embas au chemin conduisant à Reth » (CS 1702-1725/171vo)

il avait, jusqu’à Poteau, le tracé actuel de la grand-route de l’Etat. Puis, par Moldenberg, il rejoignait le chemin venant de la Croix du Français.

Avant de quitter cette ectrémité du pays de Salm, signalons encore, entre Poteau et Recht, deux chemins coupant la grand-route de l’Etat, et se rejoignant au nord-ouest avant d’arriver à Ochsenbaracken, pour se diriger vers Malmedy.

L’un vient de la région de Crombach et Thommen, et s’approche assez près de Recht qu’il laisse à droite.

L’autre, à la borne 95/, de l’ancienne frontière, se détache du vieux chemin Stavelot-Luxembourg, et s’en écarte et vers l’est. Normalement, devaient le suivre les charrois venant de la région de Commanster et Beho. Avant d’arriver à la maison de M. Pierre DEJOSÉ qu’il laisse à droite, il a suivi un instant le tracé même de la grand-route actuelle Poteau-Recht. L’endroit où il l’abandonne, et ses environs, porte le nom, au cadastre et dans le langage local, de Salmwege.

L’essor de la ville de Liège et du nord du pays a influencé également la voirie de la région de Salm, y provoquant la naissance de chemins.

De Beho et environs, on peut marquer le début de l’un d’eux. Longeant la rive droite du Glain, il le franchit au pont de Saint-Martin, gagne Longchamps (Bovigny), tend vers Honvelez qu’il laisse à droite, descend vers la Ronce en obliquant légèrement, remonte en laissant Provedroux à droite, se dirige vers le moulin KOOS de Sart, puis le Crin-do-Sart, Arbrefontaine, et prend la direction du nord-ouest.

C’est sans doute ce chemin des environs de Erria-Bra signalé par ce texte de 1533 : « une certaine pièce d’héritage … qu’on diest minafays … ioindant d’un costet au chemin tendant de Salme à Liège doultre parte à la Cour de Hierloz et d’autre parte au prés et héritages du dit Enriaulx » .

(H.LEMAIRE, Notice sur la paroisse et l’ancienne vicomté de Bra, Liège, Donnay, 1882, p.24vo.)

Il a déjà porté le nom de « pasay de Lîdje » ou « vôye di Lîdje » en amont du gué (aujourd’hui pont) de Djivni (à l’ancien chemin d’Ourthe à Rogery).

  • 1569. « un champ sartable un peu plus haut, par de là le wy de Gevingny, joindant du costé du midy au Pasay de Lîdje, et de l’orient à la voye d’Ourte ».

(L’abbé C. GUILLAUME († 1944, curé émérite de Burtonville) qui cite ce texte dans ses notes manuscrites, ajoutait : « Nous en avons de plus récents, avec les mentions de « voie de Lîdje », et qui ont trait au même chemin ».)

La dénomination de vô de Lîdje lui est toujours attribuée près de Honvelez, et elle se rencontre également à Arbrefontaine.

Deux mentions à ce propos :

  • Du 28 septembre 1901 : « Pierre Kaifve et Jean Hubert Malsoult ambedeux d’Arbrefontaine [font un échange de terrains dont] un champ gisant à la voye de Liège » (CS 1587-1622/122).
  • Du 15 mai 1730 : « François Mottet d’Arbrefontaine … a mis en gage une demy journée de champ lieu dit à la voye de Liège finage du dit lieu » (CS 1730-1734/5).

A remarquer qu’après le pont de Saint-Martin, ainsi que sur la comune de Lierneux, il s’est confondu avec des tronçons de plus anciens chemins.

Celui qui passe au moulin KOOS de Sart et jusqu’au Crin-do-Sart est signalé en 896 : « via ad campum eorum Anglariam ducens ».

(HALKIN/ROLAND, Les chartes de Stavelot-Malmedy, T.1, p.116)

les localités de Cierreux et Rogery se raccordaient à ce chemin au-dessus de Honvelez. Gouvy le rekoignait à Bovigny par la vieille vôye de Sâm. Bihain, Goronne, Rencheux et Vielsalm le retrouvaient à Arbrefontaine. Tandis qu’un autre courant s’y rattachait au-delà d’Arbrefontaine, passant par Mont-Petit-Halleux, et amenait les voyageurs du ban des Halleux, de Ville-du-Bois, Petit-Thier et plus loin. Petit-Thier atteignait Mont par le bois Cheneux, Rond-Chêne (le chemin passe à une centaine de mètres au sud de Rond-Chêne), Hourt et le gué du Glain.

On peut dater de la première moitié du quatorzième siècle la construction du château de Salm, près de Salmchâteau. Elle a été le point de départ de la naissance de la localité voisine.

Mais une série de chemins apparaissent ainsi comme rayonnant de l’endroit ; ils ne s’expliquent que par la vitalité du manoir féodal qui a provoqué et appelé des relations humaines.

L’un tend vers Lierneux par La Comté, Crin-do-Sart, Menil où il retrouve une plus ancienne voie. La Comté est né sur son passage.

A La Comté, le croisait un chemin venant de Vielsalm, et Rencheux pour gagner Ottré et la région de Bihain.

Un autre, par Haironde, permet de se rendre à Cierreux, Rogery, et Bovigny.

Un troisième, passe le Glain avec le précédent, prend la direction de Taillis né à son passage, puis Commanster, où il se raccorde à d’autres voies vers l’est et le sud.

Enfin, signalons le raccord Salmchâteau-Vielsalm, par Basse-Ville – où il semble bien qu’il faut voir la naissance de Salmchâteau – et Pont-des-Perches, où l’on franchit le Glain, autrefois par un gué. Après Pont-des-Perches, se détachait la route dite des Chars-à-Bœufs à Vielsalm, qui à Neuville se prolongeait par la « vô d’Saint Vé », donc vers Saint-Vith (via Burtonville et la borne 95 de l’ancienne frontière Belgo-prussienne).

Dans cette région du pays de Salm, les routes modernes ont créé un nouveau courant de circulation. Il faut citer ici la route de Trois-Ponts à la Baraque-de-Fraiture par Vielsalm, Salmchâteau, Hébronval, créée en 1846 ; celle, de 1849, qui s’en détache à Salmchâteau et qui court vers le Grand-Duché de Luxembourg ; enfin une troisième, de Vielsalm à Poteau et plus loin, en 1856.

Le perfectionnement de plus en plus poussé des moyens de locomotion, exigeant des routes sans ornières et bien entretenues, a fait le reste. Les vieux chemins tombent en désuétude. Bientôt, repris par les pâtures et les bois, on n’en retrouvera plus qu’à grand-peine de vagues traces.

Gaston REMACLE


lundi 27 juillet 2009

Connaissons notre région. (XIII)

(série d’articles publiés dans « Les Annonces de l ‘Ourthe » ( ?) en 1972-1974)

Nos communes.

C’est en vertu de la loi du 28 pluviose an VIII (17 février 1800), qu’ont été créées les communes de Grand-Halleux, Arbrefontaine, Vielsalm, comme les communes coisines de Beho, Bovigny, Lierneux. Depuis lors, les limites de la commune de Grand-Halleux n’ont pas changé et cette commune compte toujours 2 484 hectares. La commune d’Arbrefontaine, elle, s’est agrandie de la section de Goronne, détachée de Vielsalm le 1 janvier 1853, selon une loi votée le 11 novembre 1852 à la Chambre des représentants et le 3 décembre suivant au Sénat ; la commune mesure actuellement 2 051 ha. ; Vielsalm perdit encore, à partir du 1 janvier 1848, ce qui est devenu la commune de Petit-Thier, selon une loi du 10 mars 1847 ; la commune de Petit-Thier a une superficie de 1 907 ha. La commune de Vielsalm qui à l’origine mesurait 5 468 ha., en compte encore 2 848 ha.

Gaston REMACLE