samedi 21 février 2015
Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps
dimanche 2 mars 2014
Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps
(Carte postale de Warmifontaine : affaissement du sol le 11 mars 1912) .
A Goronne, deux ménagères avaient laissé leur lessive au pré la nuit : le matin il avait disparu. Une jeune fille de Rencheux aux allures étranges ayant été vue la veille dans les parages, la gendarmerie se rendit chez elle et tout fut retrouvé mais déjà transformé. La personne portait même sur elle certains vêtements volés. C’est, bien sûr, un moyen de se préparer à entrer en ménage à peu de frais.
samedi 22 février 2014
Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps
samedi 16 mars 2013
Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps
mardi 5 mars 2013
Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps
mardi 4 décembre 2012
dimanche 27 février 2011
Organe de Vielsalm
CONSEIL COMMUNAL DE VIELSALM
Compte-rendu de la séance du 13 janvier.
Sont présents : MM. Grégoire, échevin ; Laplume, Sépult, Paquay, Masson, Bruyère, conseillers, et Gillet secrétaire.
La séance est ouverte à 3 heures de relevée.
Le secrétaire donne lecture du procès-verbal de la séance du 27 décembre dernier. Ce document est approuvé avec les trois renvois faits en marge du troisième objet.
Ont voté l’approbation : MM. Laplume, Sépult, Paquay, Bruyère et Masson-Jeunejean.
A voté contre : M. Grégoire, échevin.
Le Conseil reçoit en outre communication de la correspondance :
1° De la lettre de M. le gouverneur de la province, communiquée en copie par M. le commissaire d’arrondissement de Bastogne, le 23 décembre 1886, l’informant que le fonds commun n’interviendra plus dans les frais d’entretien de l’aliéné Duchesne.
2° Le Conseil entend la lecture de la lettre de M. le commissaire d’arrondissement du 7 janvier 1887, transmettant en communication l’arrêté de m. le gouverneur de la province de Luxembourg, en date du 4 janvier 1887, maintenu par arrêté de la Députation permanente le 6 dito qui suspend l’exécution de la délibération du Conseil communal du 27 décembre 1886, portant nomination du sieur Jean-Joseph Bruyère aux fonctions de membre du Bureau de bienfaisance de cette commune, en remplacement de M. Félix Grosfils, membre sortant, lequel ne figurait pas sur les listes de candidats présentés, l’une par le Bureau de bienfaisance et l’autre par le Collège échevinal.
M. Sépult dit que M. Andrianne, membre du Bureau de bienfaisance, n’a pas été convoqué à l’assemblée du Bureau, et demande, au nom du Conseil, communication des livre et pièces relatifs à cette affaire.
3° Le procès-verbal de vérification de la caisse communale, 4e trimestre 1886, présentant un encaisse de fr. 648-43, est communiqué au Conseil.
4° Le Conseil décide qu’il y a lieu de liquider à Mme veuve Scheuren une somme de 63 fr. 70c. pour entretien de l’indigent Larondelle.
4° Charge le Collège des bourgmestre et échevins de procéder aux formalités préliminaires pour parvenir à vendre un excédant de voirie à la famille Henrard, qui en a fait la demande, et nomme MM. Paquay, conseiller communal, et Jules Andrianne, membre du Bureau de bienfaisance, experts chargé d’évaluer le dit excédant.
5° Ajourne sa décision à prendre et relative à l’imposition communale ou emprunts pour couvrir une somme de fr. 12,736-79, formant le montant total des déficits au budget de 1886.
6° Ajourne également la formation du budget communal de 1887.
7° Le Conseil, réuni en comité secret, entend les explications de Mlle Bombert, maitresse de couture à Neuville, et ajourne sa décision.
L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 4 ½ heures.
CORRESPONDANCE.
Monsieur le Bourgmestre de Vielsalm nous prie d’insérer ce qui suit, ce que nous faisons avec plaisir puisqu’il s’agit de faire connaître la vérité et les manœuvres du Conseil communal :
Monsieur l’éditeur de l’Organe de Vielsalm,
Dans son n° du 2 courant, l’Echo de la Salm a reproduit le compte-rendu d’une séance du Conseil communal en date du 27 décembre dernier.
Comme cet article me visait personnellement, j’ai relevé les inexactitudes nombreuses et mal intentionnées qui s’y rencontraient.
Dans son n° d’hier, le rédacteur de l’Echo se borne à publier le paragraphe final de ma réponse, prétextant ne pouvoir l’insérer en entier à cause du cadre restreint de son journal.
Je ne pense pas, M. l’Editeur, que ce soit là la véritable raison ; mais passons. Je n’insisterai pas auprès de lui. Je viens vous prier de vouloir reproduire in extenso dans vos colonnes la réponse que j’adressai à votre confrère et dont la teneur suit :
Vielsalm, le 12 janvier 1887
Monsieur l’éditeur du journal l’Echo de la Salm à Vielsalm.
Dans votre n° du 2 janvier courant, vous publiez le compte-rendu d’une séance tenue par le Conseil communal de Vielsalm le 27 décembre dernier, séance à laquelle je n’ai pas assisté.
Je lis dans ce compte-rendu ce qui suit :
« Qu’il n’est pas vrai que le Conseil communal ait autorisé le Collège des bourgmestre et échevins de faire confectionner les prétendus plans, devis et cahier des charges prémentionnés. »
Je tiens à faire connaître à vos lecteurs que cette déclaration du Conseil communal, par l’organe de M. Sépult, conseiller, est absolument contraire à la vérité.
Il me suffira pour le démontrer de reproduire ici les termes mêmes de la délibération du 29 mars 1884, qui porte :
Le Conseil décide :
« Qu’il y a lieu de profiter de la construction des écoles de Vielsalm pour comprendre au centre de l’immeuble dont il s’agit ; charge le Collège des bourgmestre et échevins de faire dresser plans et devis de l’ensemble par M. Kupper, architecte provincial à Bastogne ».
C’est en vertu de cette décision votée par cinq membres contre un et deux abstentions, que le gouvernement provincial a chargé M. Cupper d’exécuter les dits plans et devis.
Je lis ensuite dans votre compte-rendu :
« Qu’il n’appartenait donc pas à M. Beaupain, bourgmestre, de faire faire les prétendus plans, devis et cahier des charges en question, portant la date toute récente du 30 juillet 1885. »
Par délibération du 7 janvier et du 11 février 1885, le Conseil chargeait M. Loneux d’exécuter les dits plans et devis ; ces délibérations ont été improuvées par la Députation permanente dont la décision a été maintenue sur appel par arrêté du ministre de l’intérieur en date du 7 septembre 1885.
Dans ces deux délibérations, . Sépult adoptait en principe la confection des plans et devis. Je n’avais pas besoin de faire confectionner les plans et devis en question, dont l’architecte provincial avait été chargé par la Députation permanente, et ce travail n’est pas d’une date aussi récente que veut bien le dire M. Sépult, puisque l’arrêté ministériel qui en charge définitivement l’architecte provincial est encore d’un mois postérieur à cette date.
Votre compte-rendu dit encore :
« Qu’il est regrettable que la Députation n’ait pas autorisé la commune à ester en justice contre la réclamation trop bien fondée de M. l’architecte Cupper. »
Je crois utile de faire connaître à vos lecteurs que le Conseil s’est pourvu en appel de cette décision de la Députation, laquelle a été maintenue par le ministre de l’intérieur le 19 octobre 1886.
Il résulte de tout ce qui précède que le Conseil communal, au lieu d’adopter un système de défense absolument dépourvu de sens commun, s’était tout simplement soumis aux décisions prises par les autorités supérieures compétentes ; il aurait économisé à la caisse communale des frais considérables auxquels va donner lieu le procès Cupper, et ainsi diminué un peu les impôts extraordinaires dont, d’après vous, Monsieur l’éditeur, on se disposerait de frapper les habitants de Rencheux et de Vielsalm.
Vos lecteurs sont trop clairvoyants pour ne pas voir dans votre compte-rendu et dans les réflexions désobligeantes qui l’accompagnent une petite manœuvre électorale.
Je tenais donc de rétablir les faits dans leur réalité, afin que chacun puisse en retirer la part de responsabilité qui lui incombe.
Je terminerai en ajoutant, pour l’édification des contribuables, que les chemins de Bêche et de Burtonville, visés par votre article, n’ont coûté à la commune qu’un tiers des frais de construction et que ces chemins avaient été votés sur la demande des sections intéressées à la majorité du Conseil.
Je compte Monsieur l’Editeur que vous voudrez bien insérer la présente dans votre plus prochain numéro et vous prie d’agréer l’expression de mes sentiments distingués.
Le Bourgmestre, BEAUPAIN.
En ce qui concerne l’observation peu bienveillante de l’Echo au sujet des chemins de Bèche et de Burtonville, je me bornerai à lui faire observer que les personnes chez lesquelles il se renseigne l’induisent en erreur et savent parfaitement que le service de la voirie était assuré, l’autorité supérieure n’autorisant du reste jamais aucune dépense sans indiquer les moyens de la couvrir.
Il n’est donc nullement besoin de créer des ressources pour les travaux de voirie puisqu’il existe au règlement du compte de voirie, 1re page du budget de 1887, un boni de 6 950fr. 28 cent., pour couvrir toutes les dépenses faites jusqu’au 31 décembre 1886, ce qui rend donc complètement superflu la création d’impôts pour boucher le prétendu trou fait dans la caisse communale, dont parle si complaisamment l’Echo, trou qui n’existe que dans son imagination.
Agréez, etc. Le Bourgmestre, BEAUPAIN.
Faits divers
Vols. — On nous écrit de Gouvy : Pendant la nuit du 11 au 12 courant, des voleurs se sont introduits chez M. Effling, cordonnier, et Antoine Maréchal, boucher et négociant, tous deux demeurant à Gouvy.
Chez le premier, ils ont enlevé des souliers et une paire de bottes, le tout évalué à 80 francs ; chez le second, ils se sont emparés d’un quartier de viande de bœuf qu’ils ont pris la peine de découper convenablement et de bien envelopper ensuite.
On avait remarquer pendant la soirée deux individus circulant dans la localité sans but bien déterminé ; mais comme les crésus sont rares ici, personne ne craignant la perte d’un trésor, ces étrangers avaient pu sans encombre prendre leurs mesures.
Mais à Gouvy, lorsque tout le monde dort, la douane veille. Aussi, vers 2 heures du matin, nos deux individus se voient énergiquement poursuivis, forcés d’abandonner le quartier de viande. Ils ne durent leur salut qu’à un plantis de sapins qui leur offrit asile.
Que notre brave douane trouve ici l’expression de notre gratitude vive et sincère. À une prochaine rencontre, elle s’emparera du vol et des voleurs.
Nous apprenons de Tavigny, jeudi 13 courant, que deux individus habitant depuis peu cette localité y ont été arrêtés et conduits sous bonne escorte à la prison de Marche.
Voici les motifs de cette arrestation et les circonstances qui l’ont accompagnées : Un vol avait été commis à Troine (Grand-Duché de Luxembourg) ; d’un autre côté, un rasoir dit de rencontre avait été vendu à un habitant de Tavigny. M. le juge de paix de Houffalize, habitant aussi cet endroit, ayant appris l’un et l’autre faits, pria son domestique d’aller lui chercher le rasoir en question et, muni de cet objet, il se rendit à Troine, où il acquit la certitude que ceux qui avaient vendu le rasoir n’étaient autres que de vilains filous dont il fallait se débarrasser au plus tôt. Aussi la gendarmerie arriva-t-elle incontinent à Tavigny.
Elle se présenta ainsi, sans coup férir, accompagné de M. le juge, au domicile des deux inculpés.
Mais leur arrestation dut difficile à exécuter : ces individus ne se laissèrent garrotter qu’après avoir administré à leurs visiteurs force coups de pied et coups de poing.
La besogne fut rude, mais, grâce au courage des gendarmes et au dévouement de leurs compagnons, force resta à la loi.
Foires de la semaine. — Provinces de Luxembourg, Liège, Namur et Grand-Duché de Luxembourg. — Lundi 24, Durbuy : mardi 25, Wiltz, Dinant, Orchimont : mercredi 26, Laroche : vendredi 28, Salmchâteau : lundi 31.
ETAT-CIVIL DE VIELSALM
Du 12 au 19 janvier.
NAISSANCES: 2 : savoir:
Noémie-Marie-Sidonie, fille de Henri-Joseph Cahay, cultivateur, et de Marie-Anne Paquay, ménagère à Burtonville.
Grégoire-Joseph, fils Jean-Henri-Eugène Derochette, ouvrier ardoisier, et de Marie Grégoire, ménagère à Bèche.
DECES, 2, savoir :
Marie-Catherine Collette, âgée de 75 ans, ménagère, veuve de Jean-Joseph Piette, de Cahay.
Joseph Evrard, âgé de 32 ans, cordonnier à Vielsalm.
vendredi 11 février 2011
Organe de Vielsalm
CORRESPONDANCE.
Monsieur l’éditeur de l’Organe de Vielsalm.
Je sais que les affaires communales vous intéressent tout particulièrement ; c’est pourquoi je me suis fait l’interprète de plusieurs de mes concitoyens en me permettant d’attirer votre attention sur une question très importante pour les habitants de la section de Rencheux.
Le soir, le chemin qui relie ce village à Vielsalm, est très fréquenté et la route, n’étant pas éclairée, présente de véritables dangers en plus d’un point.
Il serait facile et peu couteux de remédier à cet état de choses en plaçant quelques réverbères aux endroits les plus dangereux.
Nous osons espérer que l’on ne reculera pas devant la minime dépense qu’occasionnera notre demande.
Agréez, Monsieur l’éditeur, nos respectueuses salutations.
Un abonné de Rencheux.
Faits divers
Vol audacieux.
Pendant la nuit du 30 novembre au 1er décembre courant, des malfaiteurs ont perpétré un vol audacieux à Vielsalm. Après avoir enlevé à la forge de Léon Laloire les instruments qu’ils destinaient à l’accomplissement de leur œuvre scélérate, ils se sont introduits successivement ;
1° Chez M. Renoupré, où ils n’ont pu aller au delà de la cuisine, qui était fermée.
2° Chez M. Beaupain, notre honorable bourgmestre, où ils ont fait main basse sur l’argenterie et d’autres objets d’une valeur assez considérable.
3° Chez M. Cahay, à l’Hôtel du Midi, où ils se sont emparés d’une somme d’environ quarante francs déposée dans le comptoir.
Pour pénétrer dans ces habitations, les voleurs ont enduit de farine délayée un carreau de la fenêtre et après l’avoir coupé, ils l’ont brisé afin de pouvoir ouvrir la fenêtre en faisant jouer l’espagnolette.
La gendarmerie, prévenue dans la matinée, est sur pied et fait d’actives recherches.
Espérons que les malfaiteurs tomberont bientôt aux mains de la justice et recevront le juste châtiment de leur forfait.
Etat-Civil de Vielsalm
Du 26 novembre au 2 décembre 1886.
NAISSANCE : 1.
Théophile-Joseph, fils de Jacob, François-Joseph, et de Tigny, Marie-Anne-Joseph-Amélie de Bèche.
DECES : 2.
Winchen, Marie-Marguerite, âgée de 63 ans, veuve de Lebecque, Jean-Guillaume, de Salmchâteau.
Pecheux, Marie-Joseph, âgée de 29 ans, épouse de Jacob, Léonard-Joseph, de Ville du Bois.
MARIAGE : 0
Publication de mariage entre : Comté, Christophe-Alexis, 21 ans, ouvrier au chemin de fer, à Grand-Halleux, et Rondeux, Marie-Augustine, 21 ans, sans profession, à Rencheux.
Annonces :
JARDINAGE.
M. ADAM jardinier-fleuriste.
Se recommande pour tout ce qui concerne son état, tels que jardinage, taille d’arbres, tonte des haies, etc. Il est établi chez M. Paul COLSON, négociant à Vielsalm.
Travail soigné.
___
Avis aux jeunes gens amateurs de musique.
Un cours de musique s’ouvrira, à partir du 8 décembre courant, chez m. Hoffmann Emile, à Rencheux.
Ce cours comprendra :
1° Etude complète et détaillée du Solfège.
2° Etude de l’instrument en cuivre.
Les cours auront lieu, les lundi, mercredi et vendredi de chaque semaine, de 7 à 9 heures du soir.
Le prix est fixé à fr. 1,50 par mois.
___
LES MACHINES A COUDRE SINGER
De tous systèmes et de toutes forces se trouvent chez M. STARCK, horloger à Vielsalm.
On y trouve également Montres, Pendules, Horloges, etc., de 1er choix.
Réparations soignées et garanties.
Commune de Lierneux
VENTE DEFINITIVE D’EXCEDANTS DE VOIRIE A LIERNEUX.
Le jeudi 16 décembre 1886, à 9 heures du matin, et jours suivants s’il y a lieu.
Le Collège des Bourgmestre et Echevins de la commune de Lierneux fera vendre publiquement, en la salle communale et par le ministère de Me Louis MATHEY, notaire à Lierneux, les EXCEDANTS DE VOIRIE non repris au chiffre de l’expertise aux ventes antérieures.
Pour tous renseignements, s’adresser au Secrétariat communal de Lierneux.
Par le Collège :
Le Secrétaire, HAKIN
Le Bourgmestre BECHOUX.
Horaire du train.
lundi 24 mai 2010
Parmi les noms de lieux de la région.
Les noms de lieux sont devenus aujourd’hui l’objet d’une vraie science qu’on appelle la toponymie. L’honneur d’avoir créé ce nom (dérivé de « topos » = lieu, et « nomos » = science) revient à l’historien belge G. KURTH, qui est originaire de notre Luxembourg. Cette science est trop nouvelle pour pouvoir tout expliquer ; le mystère entoure encore une foule de noms qui nous sont familiers, mais que nous ne comprenons plus. Au cours d’une promenade autour de la Salm, nous préciserons la signification et l’origine de quelques termes locaux.
Honneur d’abord à VIELSALM ! Ce nom résulte évidemment d’une déformation de Vieille-Salm. La voix populaire a longtemps cherché une étymologie facile, en rattachant ce nom à salmo, le saumon, qui aurait jadis abondé en nos rivières. Les armoiries de la commune présentent encore deux saumons opposés dos à dos. Pourtant, l’élément « Salm » est tout autre chose ; il s’agit d’une racine très ancienne, répandue dès les temps préhistoriques dans toute l’Europe et même en Asie Mineure. Il désigne des mers, des caps, des fontaines, des rivières ; il se rattache donc à l’idée générale d’eau en mouvement. Aussi n’est-il pas surprenant qu’il ait désigné une rivière : la Salm, dans notre région.
Lorsque la terre se morcela en fiefs, au moyen âge, le nom fut appliqué au « comte de Salm », le seigneur du pays. (La première mention historique date de 1035). Le château-fort bâti par les comtes vers l’an 1000, à l’emplacement de la propriété MOUTON, attira sous sa protection un village qui prit naturellement le nom de maître du lieu.
Mais, vers 1350, les comtes abandonnèrent cette résidence pour construire un nouveau château en amont, à l’emplacement stratégique qui commande l’entrée de la Fosse Roulette. Au pied de ses murs, s’aggloméra un nouveau village, Salm-la-Franchise, qui prit plus tard le nom de SALMCHATEAU.
Dès ce moment, on comprend que les textes anciens aient opposé : la Vieille-Salm, ou Salm-la-Vieille, à Salm-la-Franchise, ou Salm-la-Neuve. Peu à peu, la Vieille-Salm s’est altérée en Vielsalm, comme on l’appelle aujourd’hui.
Le nom de Salmchâteau fait allusion à cette nouvelle résidence que les comtes de Salm ont bâtie, il y a six siècles, sur les hauteurs dominant la rivière.
Lorsqu’il construisirent la forteresse, les comtes accordèrent une franchise à l’endroit ; on entend par là une exemption de certaines taxes que le prince octroyait pour attirer les manants sur ses terres. Ainsi le nouveau village prit le nom de Salm-la-Franchise ; on le baptisa aussi Bas-Château et même Basse-Ville. Le nom de Salmchâteau se généralisa quand disparut le privilège comtal.
RENCHEUX, l’autre « banlieue » de Vielsalm, dissimule mieux ses origines. Il y a quelques siècles, tout contribuait à séparer Rencheux de notre localité : les rochers abrupts qui cernaient le château, la Salm qui inondait les Doyards, le caractère rocailleux du ravin. Il faut, semble-t-il, rattacher Rencheux à un mot wallon : rin, qui désigne les branches du noisetier, qu’on emploie comme tuteurs pour soutenir les tiges de pois. L’appellation ancienne du lieu est Rincheu que l’on prononce aussi Rinchê en patois.
Le suffixe n’est pas inconnu dans la région. On peut relever des noms parallèles : un triheux est un terrain en friches ; un ronhieu ou ronchieux désigne une terre couverte de ronces ; un pircheux est un terrain pierreux.
Il semble donc qu’on ait dénommé Rincheu, ce versant de la Salm couvert d’arbustes, particulièrement de noisetiers. Aujourd’hui encore, de part et d’autre de la « Tchavée », qui gravit la côte, les pentes rocailleuses sont couvertes de futaies qui devaient tout envahir, avant que la main de l’homme élimine ces broussailles.
Quittons notre « capitale », pour survoler au gré de l’alphabet, le vaste pays de Salm, parsemé de petits bourgs aux noms sonores et parfois évocateurs.
ARBREFONTAINE est généralement assimilé à l’endroit dénommé Alba fontana (signifiant blanche fontaine), qui est cité dans des textes très anciens (déjà en 670). Cette étymologie, bien que séduisante, est très discutable, comme le montre un examen attentif du nom.
Les sources aménagées et munies d’un petit réservoir sont souvent désignées, dans nos régions, du nom de « fontaine ». on y joint ordinairement un adjectif ; citons Bellefontaine, Blanchefontaine, Menufontaine, Noirefontaine, Troisfontaine, dans notre province seulement. Il est naturel d’associer ainsi un adjectif à un nom. En revanche, Arbrefontaine résulte de la juxtaposition de deux noms : cette formation est moins normale, car on n’unit pas directement un nom à un autre nom, désignant des objets, sinon avec l’aide d’une préposition ou d’un article. Nous songeons à des localités comme Bois-de-Breux, Queue-du-Bois, Neuville-le-Chaudron.
Il est donc difficile d’identifier Albafontana avec Arbrefontaine. En outre, le groupe de consonnes lb n’aurait pu devenir rb en vertu des lois de la phonétique. Ajoutons que la position géographique de l’actuelle Arbrefontaine semble ne pas coïncider avec la situation de Alba fontana qui se trouvait plus au nord.
Il faut chercher la solution ailleurs. Si nous interrogeons le peuple, nous l’entendons prononcer aujourd’hui encore : Nâfontinne ou Afontinne. Des documents datant de 1501 et de 1525 montrent qu’à l’époque, la localité s’appelait déjà Alfontayne (1). Il arrive en effet qu’on ajoute une préposition à un nom de lieu afin de le préciser. Il semble bien que ce soit ici le cas et que le nom populaire signifie simplement « à la fontaine ».
L’appellation « Arbrefontaine » doit être une interprétation récente du terme wallon ; elle serait due à des scribes qui ont inconsciemment francisé le nom et qui l’ont déformé sous l’aspect que nous connaissons.
Concluons : il semble qu’il n’y a aucun rapport entre l’antique Alba Fontana et Arbrefontaine d’aujourd’hui. La tradition populaire explique aisément l’origine du nom : à la fontaine. Arbrefontaine est une forme moderne et artificielle.
BEHO est un nom d’origine germanique : Bockholz (la forêt de bouleaux) qui dérive d’un terme celtique plus ancien encore. Le mot s’est allégé des lettres qui paraissaient trop lourdes à des populations d’expression wallonne et il est devenu l’actuel Beho. L’aspiration germanique s’est pourtant maintenue dans la deuxième syllabe.
En wallon, le peuple dit parfois « Abhô » ; ce terme, mérite une explication. Jadis, on ajoutait une préposition devant la première syllabe de beaucoup de noms de lieu ; elle servait souvent à préciser l’endroit : à, en, de sur… (cf. Afontinne). Il est arrivé plus d’une fois, que la préposition s’agglomère au nom de manière plus ou moins définitive ; ainsi « à Beho » est devenu « Abhô ». cette forme du mot apparaît, dans des documents, il y a trois siècles.
BOVIGNY doit être rattaché à un nom de personne. Bovo est un nom d’origine franque qui fut latinisé sous la forme Bovinius. Il faut se rappeler que les Gaulois ont constitué dans nos régions de vastes domaines qu’ils désignaient du nom du propriétaire auquel on adjoignait le suffixe acus.
Ainsi Boviniacus représentait, il y a un millénaire, le domaine de Bovo. La finale du mot s’est usée un cours des âges, tandis que se maintenaient les syllabes les plus sonores. La graphie y est une fantaisie de scribe datant du moyen âge.
CIERREUX est également un village très ancien. Ce nom paraît formé de deux éléments : Cheron, un nom gaulois répandu dans le peuple, et un second terme : reux qui désigne un défrichement. Il s’agirait d’un domaine rural ayant appartenu à un certain Cheron. En wallon, on prononce encore le nom : Cherreux. Signalons qu’on doit attribuer la même origine au nom de Halconreux.
COMMANSTER a un passé plus mystérieux. Ce petit village porte, outre son nom wallon, une appellation germanique : Gommelshusen. Le suffixe ster est très répandu en Wallonie (Ster, Jehanster, Colonster…) ; néanmoins le sens du mot reste discuté. Il doit désigner un défrichement ou simplement une terre, un lieu-dit. En outre, la première partie de Commanster est d’origine obscure.
COO n’est autre chose qu’une sympathique forme wallonne : « cô », traduisant simplement le français cou. Ce mot imagé a désigné l’étroite bande de terre qui séparait deux boucles de l’Amblève. Une tranchée fut jadis creusée à travers ce « cou » par les moines de Stavelot ; depuis lors, l’eau s’y précipite en une cascade bouillonnante.
COURTIL est un nom de lieu très répandu depuis les débuts du moyen âge. Dans le latin populaire, « curtis » désignait une cour de ferme ou une exploitation rurale. On citerait beaucoup de composés wallons comme Walcour, Rocour, Amercoeur. Le domaine agricole de Courtil est connu par de nombreux documents historiques ; il était construit le long d’un chemin très ancien qui menait à Vielsalm.
FARNIERES doit probablement être rattaché à un nom d’arbre : le frêne. Farnières est une altération de Fresnières, c’est-à-dire « le lieu où poussent des frênes ». Le suffixe ières apparaît dans de nombreux noms de lieux : Rosières, Bossières, Tillières, pour désigner des plantations de roses, de bois, de tilleuls. Dans la langue populaire, Farnières est devenu Farnières, par métathèse, quand on perdit de vue le sens originel du nom.
FRAITURE dérive d’un vieux mot français : fraitis = friche, lieu désert. On désignait ainsi les terrains gagnés sur la fagne inculte. Deux lieux-dits ont porté ce nom dans notre région : l’un se trouve près de Nadrin ; l’autre village de Fraiture est voisin de Bihain sur la Lienne ; ses habitants, terrorisés par une épidémie de peste, l’abandonnèrent, paraît-il, au 16e siècle.
GOUVY est une localité à dénomination bilingue : au wallon Gouvy correspond l’allemand Gailig. Il semble que Gouvy doive être rattaché à Gaudiacus qui désigne le domaine d’un certain Gaudius. On peut aussi rapprocher ce nom de Gouy-lez-Piéton.
Des doublets dans le genre de Gailig — Gouvy ne sont pas rares ; la proximité de la zone de langue allemande crée des phénomènes analogues le long de toute la frontière linguistique. La déformation d’un nom de lieu est très naturelle lorsqu’il est prononcé par des populations qui ignorent la langue d’où le nom provient.
A GRAND-HALLEUX, les habitants se donnent aujourd’hui encore le nom de « Halonî » ou de « Haloneux ». En vieux français, un « hallot » désigne une branche ou un buisson ; ce terme est d’origine germanique. Ainsi, on appliquait jadis le nom de « Halleux » à des endroits brouissailleux. Ajoutons une constatation surprenante : Petit-Halleux a, de tout temps, été plus important que son voisin Grand-Halleux.
Cette localité a porté au 16e siècle un nom aujourd’hui disparu : Moustre, qui est une variante de Moustier. Cette appellation dérivait de monasterium ; elle évoquait l’existence du presbytère qui fut bâti lorsque Halleux fut érigé en paroisse
Il n’est pas rare, dans notre pays, qu’un détail religieux fixe le nom d’un lieu ; ainsi, La Gleize (= l’église) ; La Moinerie, Saint-Hubert, Purgatoire, se rattachent à des souvenirs historiques de ce genre.
A. LEKEU
(1)M. G. REMACLE a relevé ce nom dans un dénombrement d’anciens feux de la région.
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Ndlr : Cet article doit être lu avec beaucoup de réserves, il apparaît clairement que l’auteur n’a pas eu accès aux archives du comté de Salm !
jeudi 10 septembre 2009
dimanche 6 septembre 2009
L'évacuation de mai 1940 : de Rencheux-Vielsalm à Marche-en-Famenne.
jeudi 3 septembre 2009
Les chefs de ménage de La Comté, Salmchâteau, Bèche, Rencheux et Petit-Thier en 1659.
Les noms des chefs de ménage mentionnés ci-après sont tous ceux qui figurent, pour les localités en question, au recensement de 1659 au comté de Salm.
Afin d’éviter les longueurs, nous n’avons pas repris, pour chacun d’entre eux, le texte complet les concernant, mais seulement l’une ou l’autre particularité caractéristique.
Il y a lieu de remarquer encore que presque tous vivaient du travail agricole, du moins partiellement ; la profession indiquée pour certains dans le texte qui suit n’est en réalité, dans les cas envisagés, qu’une profession dont le caractère secondaire en fait précisément une particularité propre à l’individu cité.
Les noms figurant sous la dénomination de « Bexhe » comprennent également les chefs de ménage de Gotalle. Ainsi, par exemple, « Henri Le doulx ». on sait que Gotalle, aujourd’hui désert, se trouve sur le versant sud du Thier-des-Ardoisières, entre la crête des Quatre-Vents et Bèche.
Au XVIIe siècle, il comptait 4 ou 5 ménages, à notre avis.
Ainsi qu’on le verra, Bas-Château est signalé comme distinct de Salmchâteau. [ texte figurant dans l’article, mais annulé ultérieurement par G. REMACLE : Il correspond à peu près à ce qui est actuellement « Basseville » à Salmchâteau]. Les données des archives prouvent qu’au XVIIe siècle, et bien plus tard encore, Bas-Château et Salmchâteau étaient considérés comme groupements réellement distincts.
Comté
Servais Malsoult ardoissier
Jean de la Comté chartier
Servais Lalloux hottelier
Thomas maçon de son art
Vefve Everard
Jean Malsoult chartier
Vefve Jean Lalloux
Vefve Henri Lalloux
Nicolas Gile
Balduyn Counet, faiseur d’ardoisse de chassis.
Bas Château « ou bascourt du Chasteau »
Jean Lhoest
Haus
Denis le Begue faiseur de pierre à rasoires
Poncin monourier pauvre
Art Diederich manouvrier
Lesquels possèdent comme ils déclarent en bien que leur demeure et sont obligé particulièrement au Chasteau.
Salmchâteau
George Aisquine
Noel Blendeff
Henri Weron
Vefve Denis Vehin
Vefve Wynand Piette
Pire Sunchine
Vefve Jean Sergeant
Salentin gros Jean gaigne sa vie avec la hotte
Jean Gontrand
Guilleaulme Servais messagier et manouvrier
Henri la Plume charton, voiture continuellement du costé de Luxembourg
Vefve Emmanuel son fils cherton, voiture continuellement du costé de Luxembourg
Willeme Delvaulx revendeur de bierre
Jean Everard, gaigne son pain par ses bras
Piette
Vefve Laurent Abinet
Willeme la Plume revendeur de bierre
Gérard le Begue faiseur de pierre
Jean grand Collet faiseur de pierres
Toussainct Musnier, musnier de son art
Bexhe
Jean Colla ardoissier
Herman le Begue
Pasqueau Claultier
Henri Le Doulx
George le Begue
Gille Colchon
Vefve Jean Begon
Anthoine Scheff
Grand Henri ardoissier
Jean Dedrich ardoissier
Herman Dessus Leau ardoissier
Hubert Pierre
Claes le Coppe alias mareschal faiseur de pierre
Henri Dochamps ardoissier
Ryncheux
Bertrand Gengulph
Jean Willemme
Hubert Deprez masson de son art
Jean Pirotte masson de son art
Vefve Jean Servais texheresse de son art
Henri le Moisne
Henri Morsomme eschevin
Léonard Moret mendiant avec une hotte parmi les pays estrangiers
Jean Hubert n’at rien
Vefve Piron Albert
Henroset
Bertrand Gérard
Henri Piron ardoissier
Jean Moisne
Vefve Frecon
Vefve Jean Jacque
Vefve Bertrand Gengoulph
Jean le Qu’eulx
Collet del Neuville
Petitierme
Jean Mareschal manouvrier
Jean groz Henri
Henri Israel
Vefve Mathy le Soye
Mathy Jaspar
Henri Marette
Henri Mareschal
Henri Englebert
Jacques Englebert
Henri Jean du Pont
Remacle Mathy Jehennett
Vefve Jacque de Fosse
Vefve Colla Bartholomé
Vefve Jean Lysbeth
Jean Lambert
Jean Mathy Remacle
Jean Martin
Barthélemy le Saint
Vefve Henri Collinet
Collas Guilliaulme hottelier
Gaston REMACLE
mercredi 2 septembre 2009
Il y a 3 siècles, Rencheux et Goronne, au temps des pâturages communs. Un petit traité de paix local.
(publié dans Pays de Salm, le 27 décembre 1953)
« Pays de Salm » a publié dernièrement une série d’articles relatifs à l’ancien système de pâturages communs.
Nous croyons intéressant de reproduire ci-après un document concernant le même sujet. Il s’agit d’un accord réalisé en 1660 entre les villages de Goronne et Rencheux.
Un différend avait donc surgi antérieurement entre ces deux localités, pour la délimitation des étendues permises au pâturage de leurs herdes respectives.
Le document en question met fin à ce différend par l’entente des deux parties en cause. C’est un petit traité de paix local.
Par Jean COLLA et Jean MARESCHAL de Goronne d’une part, Jean WILLEM de Rencheux d’autre part, ce au nom de leurs vinagiers, l’acte fut présenté par devant la Haute Justice de Salm le 12 novembre 1660 afin d’y être homologué et mis en garde de loi.
IXE
Pour assouvir irrévocablement et sans contravention ny contredit le différent,
dispute et procès meu pardevant messieurs de la Justice de cestuy Comté entre
les mannans de Goronne d’une et ceux de Rincheux d’autre part, et ce pour le
faict du pasturage de leurs bestes, et estans remis à la décision des souscripts
ou sounommez arbittres et amys de paix scavoir Bartholomé de GERNECHAMPS
eschevin, et Collet ROSSEAU de la Vielsalm pour ceulx du dit Goronne, Toussaint
le meusnier de Salm et Jean MORET de la Vielsalm pour ceulx du dit Rincheux, et
le mayeur Jean Salentin PIERREZ come médiateur de part et d’autre à ce requis
sous les stipulations accoustumières faictes par Jean COLLA au dit nom et de la
part de tous les comanants, avec Meurice MARTIN d’illecq, et Jean WILEM, Bietmé
MORSOM, et Simon le QUEUX de Rincheux au nom aussi de leurs comanans. Et après
avoir ester sur les lieux différentieux entre parties et en prins occulaires
inspection, déclarent premièrement ensuitte de ce que ceux de Goronne (quant à
leurs bouviers) planteront les bannons à la St-Jean come ils ont faicts au lieu
d’heu ordinaire et accoustumé, et que ceux de Rincheux ne pastureront plus
avant.
Et pour le temps mort scavoir depuis la St Remy jusque à may ou au
commendement du Seigneur, ceux de Rincheux prindront leurs pasturages du costé
du Thier du mont scavoir jusques à un ruiseau nommé wery fontaine. Et come
iceluy ruisseau vat droict en descendant et trescouppant le pred en bas
appartenant aux hoirs HERMAN du dit Goronne et de la comprins toutes les
bruyères de la montaigne come elle se monstrent qui s’appelle l’accent Jean
LAMBET jusques aux champs labourables appartenant à VALENTIN joindant aux preds
de garain, et de la sur la tenence de champs vers Rincheux appartenant à Meurice
MARTIN droict sur le chemin chareau en descendant jusque à l’eaue.
De la
dite eau maintenant en montant vers Goronne jusque à trois hesses proches d’un
pred de Hubert de PRED de Goronne et d’icelles hesses trescouppant les bruyères
et tirant vers Hodinfosse droict sur deux autres hesses joindant et un peu au
dehors du bois.
Bien entendu que ceulx du dit Rincheux n’excéderont les
limittes en quelle saison que ce soit.
Concernant le pasturaige de ceux
de Rincheux du costé du Thier du Mont come est passé ci dessus, iceux pour
prendre leur pasture, sur la terre d’Abbaye en Stavelot, si en cas ils ne
peuvent passez desseur le chemin venant du banafaz et trescouppant le ruz de
Gottale desseur le pred HERMAN à raison peut estre de quelq grains y croissants
ou autre empechement, iceux du dit Rincheux pourront passer avec leurs bestes
dessoub le dit chemin au moidre dommage en quelle saison que ce soit.
Bien entendu que ceulx du dit Rincheux ne toucheront le pasturage par
dela le dit ruz de Wery fontaine ny dessouz la dite terre d’Abbaye sur ce
qu’appartient à ceux de Goronne.
Bien entendu aussy que ceulx du dit
Goronne en quelle saison que ce soit ne passeront avec leurs bestes les limittes
ou banonns qu’ilz posent à la St Jean au regard des bouviers dans les bruyères
desseur Criwy joindant à l’accent LAMBET.
Et quant aux bruyères du costé
du banafaz, ceux de Goronne en tout temps et saison et par deca les limittes
jusques au bois peuvent pasturer avec leurs bestes saulf es preds et champs qui
seront abbannez à may au comandement du Seigneur.
Entendu aussy que dans
les champs qui se trouvent comprins dans les limittes que dessus tant ceulx de
Rincheux que Goronne pastureront depuis la St Remy jusque à may ou au
commandement come dessus tant si bien l’un que l’autre.
Et en cas que
l’un ou l’autre par un mesgard passeroit ou transgresseroit quelque peu les
limittes que dessus, l’on ne se prendra pas justement et aussy tost par le cole,
ains se souffrira aultant que possible et au moindre dommage come bons voisins.
Et pour les despens encourus par justice jusque à présent attendu que
les arbittres sont en différentes et contraire, le soubscript médiateur choisy
de part et d’autre et pour un plus grand bien déclare que parties en partageant
la moitié par moitié comme aussy ceulx de la présente conférence. Et en cas que
ceux de Rincheux se treuvent grevez par iceulx despens et qu’ils jugent que
ceulx de Goronne en ayent fait mal à propos et devoir estre seul à leur charge
ou ceux de Goronne au regard d’iceux de Rincheux, il sera permis aux parties de
s’adresser à mayeur de la Justice pour les faire taxer et en mettre à chasque
partie ce que de raison et droict luy touche, en cas que amiablement ils ne
peuvent convenir.
Ainsy faict et arresté à Salm et par moy signé, le 15
may 1660. Signé Jean PIERREZ. Plus bas, GERNICHAMPS, Jean WILLEM, au nom des
mannans de Rincheux et arbittres scavoir Toussaint le muny de Salme et Jean
MORET, Simon LEQUEUX au nom de ceulx que dessus, X marqqz de Meurice MARTIN ; X
marque de Pacquay MARESCHAL ; X marque de Colla ROSSEAU.
Pour copie
authentique J.S.PIERREZ.
Gaston REMACLE
dimanche 30 août 2009
Au temps des pâturages communs. un petit "traité de paix" entre Rencheux et Goronne en 1660.
vendredi 7 août 2009
Qui était Gustine MAKA ?
Les habitants de Rencheux – et sans doute aussi de la région de Salm – seront, je crois, intéressés de connaître la véritable personnalité de cette femme de chez nous.
Depuis que le sympathique groupe des « Macrâlles » a sacré Gustine MAKA comme reine incontestée des sorcières, elle est devenue on ne peut plus populaire dans notre région, et même en dehors de notre commune.
Gustine MAKA s’appelait en réalité Marie-Joseph-Augustine LEMOINE. Elle était née à Rencheux le 21 mai 1836 et était la fille de Jean-Joseph LEMOINE et de Marie-Jeanne MAKA, de Fraiture (Bihain) mariés à Vielsalm le 7 août 1833.
Gustine épousa en premières noces M. Herman TOUBON, d’Arbrefontaine, dont elle eut deux fils, et en secondes noces, Monsieur Jean RENIER, de Villettes (Bra).
Elle quitta Rencheux pour Arbrefontaine en 1887 et décéda à l’hospice de Turnhout le 18 février 1915. Elle a donc vécu 79 ans.
Elle habitait à Rencheux dans la maison « Tatache », je m’excuse du sobriquet occupée présentement par M. André GERMAIN-PAULUS et appartenant à M. Auguste LOBET-GOFFIN.
MAKA n’était donc pas un sobriquet, comme tout porte à le croire, mais bien le véritable nom de jeune fille de sa maman.
La famille LEMOINE, dont est issue Augustine, est très ancienne ; elle était de très bonne réputation et vivait dans l’aisance. C’est à la suite de nombreux événements malheureux, que Gustine fut amenée à vivre difficilement et fut réduite presque à la mendicité. Son honnêteté est toutefois toujours restée sans tâches ni reproches.
C’était donc une brave vieille femme de Rencheux, toujours habillée exactement comme le sont les Ardennais de la Fête des Myrtilles, avec foulard et « badjolet », quoique pauvrement toutefois.
Physiquement, elle était impotente, avait le dos très voûté et surtout, marchait excessivement lentement, en traînant péniblement les pieds. Une demi-journée lui était nécessaire pour se rendre de Rencheux à Vielsalm, et on peut se demander, dès lors, comment elle pouvait faire le trajet Arbrefontaine-Vielsalm. Pourtant, plusieurs personnes, qui ont connu Gustine m’ont affirmé qu’elle revenait presque chaque semaine quémander son pain auprès des familles aisées de Vielsalm.
Souvent, il lui arrivait de demander à un enfant ou à un passant de bien vouloir lui nouer ses souliers. Gustine avançant péniblement et en plus, ses lacets étant plus que certainement en mauvais état, elle était elle-même incapable de le faire. Plusieurs parents de l’époque interdisaient à leurs enfants de porter aide à la malheureuse, car les lacets des souliers étaient disait-on alors, un des artifices préférés des Macrâlles pour jeter des sorts ( !). il y a donc de fortes chances pour que ce soit là une des principales raisons qui fit de Gustine une sorcière malgré elle. Il est encore bien connu de nos jours, aussi bien à Rencheux qu’à Arbrefontaine, qu’elle n’a jamais pratiqué la sorcellerie ; elle en était d’ailleurs bien incapable, et elle avait seulement le grand tort d’être vieille, impotente et pauvre.
Nos Macrâlles du Val de Salm ne m’en voudront certainement pas d’avoir écrit ces quelques lignes sur leur grande patronne, mais il faut bien rendre à César ce qui lui appartient et à la mémoire de Gustine l’honneur qui lui revient.
Chacun comprend qu’il s’agit uniquement de folklore, et puis, MAKA rime si bien avec Bonalfat, tchatcha et tchêna, mais je crois pouvoir déduire que, impotente comme elle était dans les dernières années qu’elles a passées à Rencheux, Gustine MAKA ne s’est certainement pas risquée de monter au Bonalfat pour y quérir des « frambâches plein s’tchèna ».
Néanmoins, je prends mes précautions, et pour m’éviter les pires représailles de la part de ses disciples au prochain sabbat, je me garde bien de signer.
Jean KAISER
Ndlr :
1) Dans les notes de Gaston REMACLE, il est dit que les renseignement sur l’identité de Gustine MAKA, dans cet article ont été communiqués par G. REMACLE.
2) Habitant à Arbrefontaine, Gustine venait à Vielsalm par la malle-poste. Parfois elle venait loger à la maison LERUSE (dite vieux baron).