samedi 16 mars 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps



  
Dans l’Organe du 18 février 1906 on annonce la mort de monsieur Auguste Cahay, 76 ans, hôtelier à Vielsalm, veuf en 1ères  noces de Deroitte Marie-Elisabeth et en 2èmes noces de Moreau Lambertine. Dans celui du 8 avril suivant, les études de Mes Gomez et Caprasse annoncent pour cause de décès l’adjudication provisoire d’immeubles à Vielsalm : l’Hôtel de la Station mieux connu sous le nom d’Hôtel Cahay avec annexes, écuries, remises et pré y attenant, joignant la gare de Vielsalm et la rivière La Salm.

Les terrains situés à cet endroit étaient propriété depuis l’origine du cadastre et jusqu’en 1889 de Charles-Joseph Otte, cultivateur, puis après son décès, de sa veuve Joséphine Olivier, rentière.
 En 1890, cette propriété passe à Auguste Cahay, négociant en bois puis hôtelier. C’est donc lui qui entre 1890 et 1893 construisit là une maison à usage d’hôtel qu’il agrandira au moins une fois.
(Cahay fut élu aux élections du 15 octobre 1899 comme conseiller de la commune de Vielsalm, élection invalidée par la Députation Permanente du fait que le domicile dudit Cahay entre la gare et la rivière est situé sur le territoire de Rencheux !)
Le tout mis à prix à 22.300 Fr a été adjugé après différentes enchères pour 22.600 Fr à la fille du défunt, Julie, épouse assistée de Monsieur Victor Jeunejean, marchand de bestiaux.
Le couple Jeunejean-Cahay n’exploite cet hôtel (ayant porté plusieurs dénominations) que moins de trois ans car dès 1909, il appartient à Joseph Molhan-Renard, transporteur en malles-poste et hôtelier établi en face.

Deux avis dans l’Organe attirent inévitablement l’attention  quand on compare leur contenu à ce que nous connaissons actuellement.
Le 22 février 1914 le journal nous apprend en effet que le bureau des postes de Vielsalm sera ouvert les dimanches et jours fériés de 9 à 10 heures !
Le 5 avril de la même année, la Chambre de commerce nous informe que, comme suite à ses démarches, le bureau de la poste qui fermait à 6 heures du soir restera dorénavant ouvert jusque 7 heures !

 Quand on sait qu’à la même époque et encore bien plus tard, un envoi posté à Vielsalm dans la matinée était distribué à Bruxelles ou à Liège vers 16 ou 17 heures le même jour, que deux tournées par jour avaient lieu et une encore le dimanche, on peut se poser des questions sur l’efficacité actuelle de ce qui est malgré tout toujours considéré comme un service public.
                                               ***


Les premières courses automobiles organisées dès 1884 se déroulèrent de ville à ville mais les accidents causés par le passage de ces épreuves dans les localités populeuses, l’augmentation des vitesses atteintes et la recherche du nouveau firent naître l’idée de courir en circuit fermé. Elle prit forme, pour la première fois, en Belgique, avec le Circuit des Ardennes tracé autour de Bastogne. Il eut lieu de 1902 à 1907 et était l’équivalent de nos courses actuelles de Formule 1.
Peu d’entre vous le savent, sans doute. Il s’agissait donc d’un évènement mondial déplaçant les foules ( voir, pour les plus curieux, notamment, le n°16 de Glain et Salm, Haute Ardenne)  qui, on va le voir, engendrait donc de la jalousie chez certains.

L’Organe de Vielsalm  du 2 février 1908 reprenait l’information suivante du journal L’Auto : Je puis vous annoncer de façon formelle que le Circuit des Ardennes changera cette année d’itinéraire. Nous avons été trop longtemps accoutumés à la façon par trop commerciale des Ardennais et particulièrement des gens de Bastogne. En plus la ville de Spa paraît devenir le vrai centre sportif de la Belgique et (…) peut-être pourrait-on  aménager dans ses environs un circuit idéal.

L’Organe du 23 février  dévoile ce nouveau circuit : Trois-Ponts- Basse-Bodeux-Chevron- Werbomont- Baraque de Fraiture- Salmchâteau-Vielsalm-Trois-Ponts, soit 64 km à travers les Ardennes dans ce qu’elles ont de plus charmant et de plus pittoresque. L’article insiste sur la qualité des routes, le peu d’agglomérations traversées, l’absence de passage à niveau. Les autorités locales seraient très favorables à la course.

Mais tous ces espoirs seront déçus.
Tout d’abord le Circuit des Ardennes 1908 n’aura pas lieu : trop peu de concurrents s’étaient inscrits.
Ensuite, le projet de nouveau circuit fera long feu : il faudra attendre en 1920 la découverte du site de l’Eau rouge et la possibilité qu’il offre de constituer ce qui deviendra le Circuit national de Francorchamps. A ce moment, le Circuit des Ardennes de Bastogne n’est plus que souvenirs et regrets.


                                                                                     Robert NIZET



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