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samedi 23 novembre 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps


Le 18 novembre 1906 : Monsieur Lucien Remacle, agent du Comité spécial du Katanga, décoré de l’Etoile de service de l’Etat indépendant du Congo est décédé le 26 septembre dernier à l’âge de 36 ans. Son premier départ pour le pays noir datait de juin 1898.

Le 14 novembre 1909 : Lundi dernier, le tram partant de Vielsalm à 5 h 4 m a renversé une charrette à bras se trouvant sur la ligne du vicinal en face de la scierie Denis à Vielsalm-Station. Le propriétaire du véhicule s’est vu contraint à payer 50 frs de dommage pour dégradation à la locomotive.

Le 10 novembre 1911 : À Regné, les habitants ont été, jeudi 7 écoulé, très étonnés de voir atterrir [sic] un ballon de dimensions respectables monté par deux personnes de nationalité allemande.

Le 9 novembre 1913 : Dimanche dernier vers 7 heures du soir deux automobiles arrivant en sens inverse et appartenant, l’une à M. Van Praet de Bruxelles et l’autre à un automobiliste allemand, voulurent se croiser dans la rue de Neuville actuellement encombrée de matériaux de construction. Les chauffeurs vinrent s’immobiliser contre les tas de pierres. L’auto de M.Van Praet put tant bien que mal continuer sa route. Il n’en fut pas de même de la seconde voiture qui, ayant l’avant défoncé, dut être garée chez M. Gillis. Il n’y eut pas d’accident de personne à déplorer.

Le 23 novembre 1913 : À Salmchâteau, lundi dernier dans l’après-midi, Mme Vve Futvoye rinçait son linge dans la rivière la salm [le Glain] lorsque son pied glissa et elle tomba à l’eau. A l’appel d’une autre femme, un dénommé Winand accourut et parvint à ramener la malheureuse sur la berge. Des soins immédiats lui furent prodigués et on parvint non sans peine à la ranimer. Cette personne de 69 ans est restée alitée plusieurs jours mais est actuellement hors de danger.

La Saint-Clément : après les fêtes somptueuses du « Rallye- Vielsalm », voici les réjouissances plus modestes mais plus vives du monde ouvrier. Dimanche prochain sera consacré au culte de saint Clément, patron des ardoisiers auxquels se joignent les ouvriers de la pierre. Le dur labeur de ces braves procure au pays de Salm des ressources considérables et y crée un bien-être familial. Salmchâteau sera particulièrement en liesse et  La Concordia  réjouira la population par ses accords harmonieux.
Mais la fête sera ternie car, à Bihain, un de ces ouvriers de la pierre, M. Husquet était occupé à vouloir faire descendre un banc de pierre lorsque celui-ci se détacha et vint s’abattre sur le malheureux qui eut la jambe écrasée. Le docteur appelé d’urgence dut se résoudre à faire amputer le membre : on conduisit le malheureux en voiture à Bruxelles.

A Bra sur Lienne, un braconnier de Lansival a été surpris hier par un garde-pêche et arrêté : c’est un récidiviste, H.S., connu pour dévaster les rivières du coin.

Le 19 novembre 1933 : À Gouvy, un train coupe un homme en deux. On a découvert à l’entrée de la station le cadavre mutilé d’un cultivateur de Gouvy, Clotuche Fr., 40 ans, célibataire. Le malheureux, faisant partie de la fanfare, avait participé aux festivités de l’anniversaire de l’Armistice. Ayant sans doute bu plus que de raison, il s’était pris de querelle avec un ouvrier de la localité. Qu’advint-il ensuite, on ne sait, mais un train le surprit sur la voie et le coupa littéralement en deux à hauteur de la poitrine.

                                                                                         Robert NIZET




jeudi 11 mars 2010

Sire Dupont.

(publié dans « Pays de Salm » le 2 mars 1958)

Pierre François DUPONT est né le 27 mars 1726 au pays de Laroche, d’après certains. Ses parents, châtelains, possédaient armoiries et blason et seraient originaires d’une bourgade de Carinthie.
Mais si nous en croyons une biographie du R.P. LEMAIRE, Jésuite, cette assertion est totalement légendaire, car c’est bien à Bra-sur-Lienne qu’il vit le jour.
Son père Jean-Baptiste DUPONT (ou du PONT) avait épousé Françoise LEONARD, de Villettes.
Dieu bénit cette union car Pierre-François se fit prêtre, ce qui vint compléter le nombre de quinze prêtres, religieux et religieuses que cette famille donna à l’Eglise en moins d’un siècle.
Bachelier en théologie, Sire DUPONT est nommé bénéficiaire en l’église de La Roche en 1747. En 1749, il est nommé curé de Bra où il succède à Jean-Jacques de HARLINVAL.




L'église de Bra.


Il aurait voulu, écrit le R.P. LEMAIRE, achever l’œuvre de son prédécesseur et construire une nouvelle église conçue dans le style du nouveau chœur, mais sa bonne volonté vint échouer devant l’inertie de la plupart de ses paroissiens dont il ne sut peut-être pas conquérir l’affection, assez pour les rendre généreux au gré de ses désirs.
Cette œuvre capitale ne fut possible qu’après son départ de Bra et par son successeur immédiat.
Pendant les neuf années de son pastorat, il fut souvent en procès avec plusieurs de ses paroissiens qui, contre toute justice, se refusaient à payer les dimes auxquelles il avait droit et que sa conscience lui faisait un devoir de maintenir comme une obligation dont il aura à répondre à ses supérieurs et à son successeur. D’autres procès eurent lieu pour amender certains paroissiens à prendre leur part dans les frais qu’entrainait l’entretien du presbytère, de l’école, etc. …
Nommé curé à Lierneux, en 1758, il succéda au Révérend Messire Gilles-François GERKINET, protonotaire apostolique, ci-devant conseiller et secrétaire particulier du prince sérénissime de LOUVENTEIN, décédé le 24 octobre de la même année.




L'église de Lierneux.

Dans sa nouvelle paroisse, sire DUPONT ne trouva pas plus de tranquillité, car les paroissiens de Lierneux se montrèrent à son égard pour le moins aussi peu accommodants que ses impatients et derniers ouailles.
On avait cru que tous les hommes de bonne volonté se rangeraient à ses côtés. La charge était lourde, certes, et il méritait qu’elle soit allégée, et une fois de plus, il ne fut pas répondu à son attente.
Les archives paroissiales témoignent que c’était l’homme prêt à se sacrifier pour la cause de Dieu et du prochain.
Il soutenait l’affligé, encourageait l’abattu, calmait la souffrance du malade et jetait la semence de la vertu dans tous les cœurs.
Il avait pris possession de l’église de Lierneux, qui devint la sienne, et il y était entré avec confiance. L’union, hélas, ne fut pas parfaite entre le pasteur et les fidèles.
Le cœur qui n’avait battu que pour Dieu, l’Eglise et le bien de ses frères se paralysa. Les portes de l’Eternité s’étant ouvertes devant lui, son âme alerte remonta à sa source. Ce prêtre modeste et dévoué mourut saintement le 5 février 1788.
Honorons sa vénérable mémoire.
La pierre sépulcrale était jadis encastrée à droite de l’autel, côté de l’Evangile, en l’église de Lierneux. C’est là que fut placée la porte de la nouvelle sacristie lors de la construction et depuis, la pierre fut placée dans l’ancienne contre le mur et entre les deux fenêtres de l’abside. Des signes bizarres et des armoiries sont incrustés dans la pierre. Nous n’en avons pas découvert le sens.
Elle a été sauvée de la destruction et mise en lieu sûr.




Quand à l’inscription, elle est conçue comme suit :
Illic Jacet Rdus admodus Dnus P.F. Dupont Natus 20 martis 1726 S. Théollovanis Bacc. Etinec Lesia Rupensi benefidiatus 1747 Bus Byter et pastor in braa 1780 Requiescat in pace.

Traduction :
Ici repose
Le très révérend Monsieur P.F.
Dupont, né le 27 mars 1726
Bachelier en théologie
Bénéficiaire en l’église de La Roche
En 1747, prêtre et curé de Bra 1758
Est mort le 5 février 1788
Qu’il repose en paix.

C. PIERARD