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jeudi 20 juin 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps




Dans l’Organe du 15 mai 1910 : la fête du bienheureux patron de la localité, saint Gengoux, est de retour : la fête profane ne cesse de gagner en réjouissances et en attractions mais le culte  se perd de plus en plus. Ses plus fervents adeptes d’autrefois, les tiges qui nous venaient d’outre-Poteau, le délaissent. Ceci n’est pas de nature à faire revenir saint Gengoux de la lamentable opinion qu’il s’était faite des hommes et surtout des femmes de la localité. Il est donc heureux que la voix de la conscience des uns et des autres soit étouffée par les orchestrions des forains installés dans nos rues.

La même édition annonce pour la prochaine fête à Salmchâteau l’ouverture du Grand Cinéma de la Salm, direction A.Arnold.

Quatre ans plus tard,  dans l’édition du 17 mai 1914 la teneur de l’article sur saint Gengoux de 1910 est reprise intégralement mais avec d’autres mots : la rengaine reste exactement la même.

L’Organe du 29 mai 1910 rapporte un terrible accident à Cierreux : un éboulement qui aura causé la mort de deux braves ouvriers s’est produit à la villa de M.Henry Delvaux, gouverneur de la province de Liège. Des travaux de modernisation avaient été confiés à l’architecte Hansenne de Spa mais l’eau manquant, une tranchée de deux cents mètres et profonde de six à sept mètres ainsi qu’un puits furent creusés. Un éboulement se produisit malheureusement au moment où deux ouvriers effectuaient une soudure au syphon. Tous les gros et longs efforts furent vains : ce sont deux cadavres que l’on parvint à extraire après des heures de travail.

Le même journal signale aussi qu’ un très gros orage s’est abattu sur la région et que la course cycliste « Circuit des Ardennes » organisée par le Vélo et MM. Crahay frères passera ce jour à Vielsalm. Une cinquantaine de coureurs sont inscrits.

Dans L’Organe du 14 mai 1911, on se demande où commence l’Ardenne [au singulier comme il se doit]. L’étranger qui chercherait à trouver l’Ardenne en Belgique en questionnant les habitants risquerait beaucoup d’être convaincu que l’Ardenne est une invention de géographe. En effet, une singulière pudeur fait nier à tout ardennais son origine. « C’est ici l’Ardenne ? ». « Non.na, c’est co one heûre pus long ! ». La vérité, c’est qu’on a fait aux ardennais une réputation injustifiée de balourdise et leur lenteur du langage provient tout simplement qu’ils considèrent la parole comme une chose très  grave et que l’on ne doit pas dépenser à l’aveuglette. Les ardennais qui craignent l’esprit  caustique des citadins et savent la réputation faite aux « âgneux » préfèrent renier tout simplement leur origine.

Les choses ont, heureusement, bien changé ! Ardennais et fiers de l’être !

Le 28 mai L’Organe annonce que le Tour de Belgique cycliste passera à Vielsalm le 1er juin et que le contrôle sera établi chez F. Evrard. Les coureurs devraient traverser la localité vers 12h20. ( En fait, dans l’édition suivante on apprend que ceux-ci avaient une demi-heure d’avance et que le vainqueur à Liège fut Vandenberg).
Par A.R. du 15 mai 1911, le Dr Lomry de Bovigny est nommé inspecteur d’hygiène pour la province du Luxembourg. Sa résidence est fixée à Libramont pour la question du tarif des déplacements mais le Dr Lomry est autorisé à demeurer à Bovigny où il pourra encore pratiquer la médecine.

Le 26 mai 1912, nouveau passage d’une course cycliste, la plus grande organisée à ce jour en Belgique : 450 km en une étape. Départ de Bruxelles à 11h du soir, Charleroi, Dinant, Bouillon, Laroche, Baraque de Fraiture, Vielsalm (ravitaillement chez F. Evrard), arrivée à Spa.
 A Salmchâteau, la gendarmerie a failli attraper deux braconniers mais l’un s’est enfui immédiatement, l’autre, appréhendé, s’est rebellé, a blessé un des gendarmes et a abandonné sa pipe, un fusil démontable et des cartouches et s’est enfui aussi. Le lendemain, après une visite domiciliaire et un alibi révélé faux, procès verbal pour braconnage, coups et blessures fut dressé à charge de cet homme. La police est sur bonne piste, femme aidant, pour connaître l’autre. L’état du gendarme est satisfaisant et malgré le formidable coup de crosse reçu il vaque, comme si de rien n’était, à ses occupations.

Quel courage et quelle conscience professionnelle !

                                                                                         Robert Nizet


dimanche 13 septembre 2009

Le gros Joseph, de Courtil.

Le gros Djôsef, courtaud, rougeaud et tout rondouillard, ne se tuait pas tellement au travail. Par contre, il transpirait beaucoup à boustifailler ; après quoi, il fallait bien qu’il se reposât. « Entre les coups », il prisait continuellement.

Un matin, après avoir, comme d’habitude, copieusement déjeuné, il doit aller à Beho, assister à l’enterrement d’une vieille connaissance. Après la cérémonie, Djôsef avait l’estomac dans les talons. Il se dirigea vers la mortuaire, croyant bien y trouver table mise pour e repas traditionnel des funérailles.

Malheureusement, il avait oublié que le défunt, lui aussi, misogyne impénitent, n’avait aucune parenté dans la localité. Rebroussant chemin et de plus en plus affamé, force lui fut d’entrer dans la première gargote rencontrée. Il s’y fit servir trois tranches d’un immense pain de seigle, une vraie roue de brouette, tranches grassement beurrées, qu’il avala goulûment, avec deux grandes jattes de café.

Puis il héla le patron pour régler la douloureuse : « C’est un demi franc ».
– « Mais, c’est trop cher ! Je n’ai pas mangé mon saoul » !
– «Tant pis, vous pouviez en prendre davantage pour le même prix » !
– « en ce cas, raboutomme li pan èt l’boure ».

et Djôsef, reculant de plusieurs crans la boucle de sa ceinture, se remet à table et enfourne quatre autres grosses tartines.
Enfin, il se redressa dignement et s’éloigna vers Courtil, en « pennetant » tout au long du chemin.

ROUVA

Un clairvoyant.

Un fermier de Neuville avait vendu son cochon à la foire de Vielsalm.

L’animal, d’ailleurs mal venu, était barbouillé de boue et ne payait pas de mine. Aussi, son proprio n’en avait-il obtenu qu’un prix dérisoire. Bon débarras quand même, se dit-il.

Seulement, il s’agissait de remplacer avantageusement le goret, avait recommandé la cinseresse. Notre homme fit donc un tour sur le marché, examinant, palpant, affectant l’air connaisseur, se montrant difficile pour fixer son choix.

Enfin, il avise une bête, un peu maigre, peut-être, mais qui semblait lui adresser ses grognements comme pour sympathiser. Le prix demandé est bien plus élevé qu’il a obtenu de l’autre. Tant pis. Marché conclu.

Le brave nourrain ne fut nullement difficile à ramener à la maison. Bien au contraire, il trouva tout seul l’entrée de la porcherie…

C’était celui-là même, au préalable débarbouillé, que notre Neuvillois venait de vendre une heure auparavant.

Mais les injures que le propriétaire du goret entendit de sa femme, je vous les laisse deviner !

ROUVA

Au temps du bon doyen Paquay.

(publié dans le Bulletin paroissial de Salmchâteau, 1960)

(Jean-Guillaume PAQUAY, né à Neuville le 8.3.1788, décédé à Rencheux le 10.7.1860, curé-doyen à Vielsalm de 1827 à 1853).

En ce temps-là, Mr le doyen PAQUAY avait un sacristain du nom de Pépaix, type farceur, dont les grosses blagues sont restées légendaires dans le val de Salm.

Il arrivait à Pépaix d’actionner les cloches intempestivement, sans ordre ni motif, au beau mitan du jour. Mr le Doyen accourait dare-dare pour tomber à bras raccourcis sur le sonneur, mais celui-ci avait chaque fois déjà pris le large.

Une fois, le révérend PAQUAY crut bien pouvoir enfin donner une rossée d’importance à l’incorrigible Pépaix. Il crut bien, en effet, le surprendre, dans le « trou aux cloches », encore soulevé par la corde du gros bourdon lancé à toute volée.
Mais la gifle, rageusement donnée au bon moment, ne lui arracha à lui-même qu’un cri de douleur … Il venait de frapper la statue de saint-Gengoux, que Pépaix avait traitreusement pendue à la corde.

Quant à Pépaix, il resta introuvable.

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Mr le doyen PAQUAY a veillé fort tard. Le lendemain matin, il pénètre à l’église, les yeux encore alourdis de sommeil. Il aperçoit vaguement le rideau de son confessionnal, côté des pénitents, un peu relevé.

« Pour sûr, c’est encore la vieille Honorine qui veut se confesser ! ».

De mauvaise humeur, il serait temps de dire la messe, Mr le Doyen pénètre au confessionnal. Un peu sourd, il n’entend rien de la confession de sa pénitente. Mais ce n’est pas tellement grave, il en connaît par cœur le répertoire, todis comme todis.

Mr le Doyen impose la pénitence habituelle, lève solennellement la main droite, et, pieusement, récite la formule d’absolution. Puis il sort.

Mais Honorine, elle, reste au confessionnal.

Intrigué, Mr le Doyen s’approche et s’aperçoit avec stupeur qu’il vient, lui, pauvre pécheur, d’absoudre … la statue de la Vierge Immaculée que Pépaix, le sacristain, occupé au grand nettoyage, avait remisée la veille au confessionnal en attendant de la remettre à sa place.


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En ce temps-là, Pépaix habitait La Comté.
Un jour, il revenait de Vielsalm avec son « clitchet » que traînait cahin-caha son vieux bœuf Arbijou.

Sur le clitchet : deux douzaines d’ardoises, une livre de gros clous, un bon morceau de zinc, peu de chose en somme, mais assez tout de même pour justifier l’usage du clitchet. Ah, j’allais l’oublier, il y avait aussi un kilo de tabac, « del balance ».

Arrivé au bas de la mauvaise « gripette » qui introduit à La Comté, Arbijou (1), dont l’humeur capricieuse était connue de tout le village, fatigué de la promenade, Arbijou refusa net de tirer plus longtemps.

Après bien des palabres inutiles, Pépaix s’attela en tête du convoi et, courageusement, sous les regards narquois de ses concitoyens, entraîna le bœuf et le clitchet.

Inutile de vos dire qu’il dut, à plusieurs reprises s’arrêter pour reprendre haleine. Au dernier démarrage, alors qu’il ne restait plus que la traversée du village, Arbijou manifesta quelques velléités de reprendre le harnais, mais Pépaix se retourna furieux et lui jeta à la face : « Trop tard, valet, ti l’as volou, ti magn’rais ti honte djusqu’al copette ».

La leçon était dure pour Arbijou, mais les cœurs de lion sont les vrais cœurs de père.

(1)Arbijou : de âr (hâr) et bijou. Bijou est l’un des noms souvent donnés à une bête de trait. âr (ou hâr), terme usité couramment pour inviter l’animal de trait à virer à gauche.


Ndlr:

Republié par G. REMACLE dans un journal le 13 janvier 1963.

dimanche 6 septembre 2009

Le vocabulaire de l'élevage à Brisy (Cherain) (4).

J. SAMRAY, dans G.S.H.A. n°9 (1978) pp. 49-71.

A propos d'un "spot" de Courtil.

J.T., dans G.S.H.A. n°8 (1978) p.93.

A propos de blasons populaires.

V. du G., dans G.S.H.A. n°8 (1978) p.92.

Le mort qu'on avait perdu.

G.REMACLE, dans G.S.H.A. n°8(1978) p.90.

Ndlr :

Cet article est la reproduction de celui de 1962.

La santé par les plantes ?

C.LAURENT, dans G.S.H.A. n°8 (1978) pp.88-89.

Les manquements aux usages. Un aspect de la vie sociale dans le parler de Bihain (2).

C. HABAY, dans G.S.H.A. n°8 (1978), pp.57-63.

Un pèleringae à saint Gengoux, à Vielsalm, en 1537.

L. MARQUET, dans G.S.H.A. n°8 (1978) pp.13-14. Avec 2 photos en début de revue.