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dimanche 4 mai 2014

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

L’Organe  de Vielsalm du 3 avril 1910  reparle du drame de Spa signalé le 2 janvier de la même année : un quadruple assassinat y avait été commis. On vient de retrouver, trois mois après donc, sur le comptoir du café, dissimulé sous un tiroir un poignard ensanglanté !  Cette découverte établit d’éloquente manière l’incroyable incurie de ceux qui ont dirigé cette instruction et la négligence impardonnable qui a présidé aux premières constatations. C’est alors qu’on faisait l’inventaire en vue de la vente publique de l’établissement qu’on a fait cette découverte.
A la chasse à courre de Vielsalm, il y a chaque jour des prises et les Hallali se font presque dans la localité. Samedi dernier, un magnifique  chevreuil est venu tomber dans les anciennes carrières ouvertes de Cahay suivi bientôt par trois chiens. La curée s’est faite à l’entrée de Vielsalm.

L’Organe du 1er mai rapporte un nouvel accident sur le chemin de fer : le serre-frein Jos. Brasseur en allant prendre son service a été atteint par un wagon vide lancé sur une voie de manœuvre. Atteint de blessures et de fractures le malheureux a été transporté à l’hôpital de Stavelot où il est décédé le lendemain. Il y avait à peine trois mois que sa fille s’était noyée accidentellement dans la Salm [le Glain].
Dans la même édition on apprend que le chien des époux  Denis Colson, colporteurs à Vielsalm avait voulu mordre sa maîtresse et l’on suppose que la bête était atteinte de la rage.

Dans L’Organe de Vielsalm du 14 avril 1912 : depuis 1905 une ligne vicinale relie Vielsalm et le chemin de fer de Gouvy à Trois-Ponts à Lierneux, siège de la colonie wallonne d’aliénés. Ce terminus ne donne qu’une satisfaction relative et le prolongement de la ligne vicinale revient une fois encore sur le tapis : on voudrait qu’elle aboutisse à Trois-Ponts ou même à Stavelot. En fait, comme  une route superbe relie  Lierneux à Stoumont en descendant la vallée de la Lienne, c’est cette route que le vicinal suivra. Venant de  Liège, on ne devra donc plus faire le détour par Trois-Ponts ou Vielsalm et ce nouveau vicinal permettra d’admirer une des plus ravissantes  vallées de l’Ardenne.

On sait, depuis, que ce projet n’a jamais été réalisé.

Le 5 mai 1912 : un accident à Lierneux. Un brave cultivateur nommé Servais, de la Falize, conduisait un bœuf attelé à un rouleau-plombeur. L’animal s’est effrayé et le rouleau de 300 kg est passé sur l’homme dont l’état est grave.

L’Organe  du 11 mai 1913  annonce que des courses de motos traverseront notre localité les 11 et 12 : départ à Bruxelles et arrivée à Spa via  Namur, Marche et Bastogne.

Celui du  18 mai annonce le retour du Congo de C. Denis, fils de M. Denis-Derochette  après y avoir séjourné deux ans. Les Echos de la Salm dont Denis est membre est venu lui souhaiter la bienvenue. Une foule énorme était massée sur le quai de la gare pour l’accueillir.

Le 25 mai cet « exploit » d’automobilistes  est rapporté par  L’Organe : A Bihain, mercredi dernier vers 9h30 du soir , une automobile grise n’ayant pas de phare et marchant à une vitesse vertigineuse se dirigeait vers Houffalize et vint foncer sur un troupeau de moutons appartenant à M. Vincent du Bois St-Jean. Sans faire attention aux cris et aux appels de ce dernier, l’auto continuait à avancer dans ce troupeau de bêtes apeurées. Le fermier constata  que 11 moutons avaient été tués net et 9 autres furent abattus le lendemain. Les auteurs de cette tuerie volontaire n’ont pas daigné s’arrêter et ont continué en riant. L’enquête menée de concert par les gendarmeries des Tailles et de Houffalize ont pu amener la découverte des auteurs de cette sauvagerie.


                                                                     Robert NIZET


jeudi 1 août 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

On lit dans l’Organe de Vielsalm

du 25 juillet 1909 : la Cour d’assises de Trêves a condamné à mort Breuer qui, il y a quelques mois, avait lâchement assassiné Mr Mathonet de St-Vith.

du 3 juillet 1910 : le chien du cantonnier Dufourny a été écrasé vendredi par le vicinal en face de la maison Rausens [actuellement Mullen à côté de la Place de Salm, voir la photo d’époque] à Vielsalm.

du 10 juillet 1910 : un club cycliste est en voie de formation en notre ville. Nous engageons nos jeunes à s’inscrire et nous formons des vœux pour voir à Vielsalm une forte société de sport. Il va sans dire que toute question politique sera écartée et que le seul but des organisateurs est le sport et l’athlétisme.

Le sport colombophile est, quant à lui, entaché d’une fraude de plus. Le sieur X qui occupait une place en vue dans la société  Le Ramier vient de se faire prendre en flagrant délit au local même au moment où il enlevait les bagues à ses pigeons avant de les enloger. Il faut savoir que les pigeons sont bagués à la société avec une bague en caoutchouc numérotée que l’on constate à la rentrée du pigeon. C’est grâce à M. Jean Kaiser, un dévoué commissaire, que l’on doit la découverte de la fraude qui aurait pu durer encore longtemps. L’amateur indélicat a évidemment été exclu de la société sine die.

du 24 juillet 1910 : un aliéné de la colonie de Lierneux s’est échappé lundi en trompant la surveillance de son gardien et a gagné la voie ferrée qu’il a suivie de Rencheux à Trois-Ponts sans être inquiété par les ouvriers de la voie qui prirent le fou, bien habillé, pour un surveillant ! En gare de Trois-Ponts, il tenta de prendre un coupon pour Bruxelles en disant qu’il n’avait pas d’argent : il fut éconduit puis gagna Stavelot où il logea avant de pénétrer dans le train vers Trois-Ponts pour regagner la colonie ! Son gardien, prévenu, arriva pour l’accompagner mais le fugitif tenta alors de se jeter par une portière alors que le train roulait. Il en fut empêché par son gardien et des voyageurs et réintégra la colonie.
Quelle affaire !

A Burtonville, M. N. Grolinger, brigadier des douanes en congé de maladie pour cause de neurasthénie a disparu de son domicile depuis samedi dernier le  16 alors qu’il voulait se rendre à Rogery. Le soir du 19 il n’était pas encore rentré. Une battue organisée dans les bois n’a rien donné et les recherches faites par la police allemande avec des chiens sont aussi restées vaines. Voici le signalement du disparu : 1,62m, cheveux et moustaches grisonnants, figure ronde, yeux gris-bleues [sic], chapeau de paille grand format, gilet et veston gris clair, pantalon de coutil, col de caoutchouc droit, cravate noire, souliers ferrés. Le même fait s’est produit il y a une quarantaine d’années et la victime, un douanier également, n’a jamais été retrouvée. On a toujours supposé que le malheureux avait été  enlisé dans les fagnes de Bechfat [sic].

A Lierneux, deux vaches ont été foudroyées dimanche dernier dans une pâture pendant l’orage qui s’est déchaîné sur notre contrée.

du 23 juillet 1911 : le bruit circule que le Gouvernement serait intentionné de démolir une partie du presbytère, de la maison Sépult et du mur de clôture de l’église pour élargir la route à cet endroit. Sous toutes réserves !

                                                                               Robert NIZET


lundi 15 avril 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps


Un point du compte rendu de la séance du 19 mars 1905 paru dans L’Organe de Vielsalm du 26 mars concerne le tram de Lierneux qui fonctionne depuis moins d’un an. Mr Delsine  signale qu’au terminus de la ligne du vicinal [ à l’endroit actuel de la Boutique Klons, rue du Vieux Marché] on graisse et on nettoie les machines juste en face des maisons ; c’est dégoûtant.
 Il avait été demandé qu’on fasse ces travaux entre les maisons Beaupain [actuellement Place de Salm] et Herman ; on l’a fait une fois : c’est de parti pris de la part des mécaniciens. On devrait également demander que l’on place sur la cheminée de la machine un chapeau pour empêcher les cendrées de s’échapper. En outre, on fait des excès de vitesse dans la traversée de la localité : on demande qu’une réclamation soit envoyée.

Manifestement tout le monde n’appréciait pas ce nouveau moyen de transport !

Une controverse existe aussi à propos de la nouvelle route des Chars-à-Bœufs qui devrait aboutir en face de chez C. Paquay [plus tard maison Payon] mais la pente serait moins forte par le tracé de la chapelle. Celui-ci ne permettant pas l’obtention de subsides, il sera abandonné.

Enfin le Commissaire d’Arrondissement informe l’administration communale de faire dresser en triple expédition le contrat pour l’éclairage électrique de Vielsalm à intervenir entre M.J. Beaupain et la Commune.

Dans l’Organe du 22 mars 1908 on relate la mort d’un Comte de Salm.
Les journaux allemands annoncent le décès du prince Salm-Salm d’Anhalt [lire Anholt] en Westphalie. Parmi les nombreux titres qu’il portait, on remarque celui de Duc d’Hoogstraeten. Ses ancêtres quittèrent notre pays pendant la Révolution française et leur château qui leur avait été donné en apanage par Napoléon Ier [ ?] fut confisqué . Plus tard, la famille de Salm refusa de revendiquer sa propriété qui, faisant retour à l’Etat, fut transformée en une maison de refuge pour mendiants. C’est là que séjournent actuellement les milliers [ !!!] de vagabonds qu’on envoie annuellement à Hoogstraeten.  [Informations non vérifiées !]

A Spa l’Aéro-club de Belgique  organise des concours d’aviation auxquels sont seuls admis les appareils plus lourds que l’air : aéroplanes, hélicoptères, orthoptères, etc…   Les concours comprennent trois journées et sont dotées de 54.000frs de prix.

Le 23 mars il y aura une vente publique de meubles devant la demeure et à la requête de Robert Malherbe, coiffeur à Vielsalm-Station, ainsi que des produits de savons et parfumeries.
 Malherbe quitte non seulement le quartier de la gare mais change aussi de métier ! 
  

Sur cette magnifique carte postale  très animée du quartier de la gare, le « salon » du coiffeur Malherbe se trouve dans la première maison à gauche marquée d’une croix.  

                                                                                         Robert NIZET

samedi 17 mars 2012

LE VICINAL VIELSALM-LIERNEUX

Jusque dans les années cinquante, nos régions rurales étaient couvertes par un réseau assez ramifié de voies vicinales. Le TRAM qui constitue pour beaucoup LE souvenir joua un rôle non négligeable dans le développement de nos campagnes. Fonctionnant d'abord à la vapeur, au mazout ensuite, il allait jusque dans les villages les moins accessibles ou les plus haut perchés. Il permit à de nombreuses villettes restées à l'écart du chemin de fer de néanmoins s'y rattacher. Les régions de la Lienne, du Glain et de la Salm avaient eu la chance d'être dotées, assez tard et dans les toutes dernières, d'une ligne ferroviaire vicinale reliant Vielsalm à Lierneux.

C'est en 1892 que le conseil communal de Lierneux mit, pour la première fois à l'ordre du jour de sa séance du 24 mai, cette importante question qui consistait à relier par un vicinal le village de Lierneux à la ligne de Vielsalm à Liège en aboutissant soit à Stoumont, soit à Trois-Ponts. Elle y reviendra plusieurs fois; plusieurs tracés seront envisagés, chacun présentant son lot d'avantages; les arguments parfois les plus fallacieux seront présentés; la procédure administrative est lente; les discussions s'éternisent; les avis changent; les opinions deviennent contradictoires. Enfin, en séance du 3 février 1902, c'est chose décidée : le vicinal Vielsalm – Lierneux sera construit et les travaux commencent en 1903. Le 23 octobre 1904, notre petit tram fait sa sortie d'essai et le premier voyage en exploitation commerciale eut lieu le lendemain.

La distance Lierneux-Vielsalm est franchie en une heure, ce qui n'est pas un record de vitesse. C'était donc des locomotives à vapeur qui fonctionneront jusqu'en 1935, moment où des autorails Diesel font leur apparition sur une ligne rénovée.
Raccourcie de quelques centaines de mètres pour cause de dégâts causés par la seconde guerre, la ligne fonctionnera jusqu'en 1958 : elle fut alors remplacée par un service d'autobus et l'enlèvement des rails se fit petit à petit.

L'origine de l'entreprise était située dans la rue principale de Vielsalm (actuellement : rue du Vieux Marché) juste avant un endroit où celle-ci était particulièrement étroite, entre un bâtiment aujourd'hui hélas disparu (la pension de famille Hoffmann) et le mur avec contreforts de la propriété Sépult aujourd'hui disparu également (actuellement de la pharmacie Segers à l'Hôtel des myrtilles). La ligne commençait sans tambour ni trompette et la localité était traversée en chaussée par les actuelles rue du Vieux Marché, avenue de la Salm et rue de la Fosse Roulette. Au premier kilomètre, arrêt au-dessus de la gare du chemin de fer, à un endroit qui avait dû être remblayé et qui, après la seconde guerre, deviendra le point de départ. Dès les premiers projets cet endroit semble avoir posé problème : un garage est prévu sur la place et une bretelle descend vers la gare et se dirige vers les quais situés en amont de celle-ci. Ni l'un ni l'autre ne seront réalisé. La ligne continue en accotement de la route vers Salmchâteau et quitte la localité. Au kilomètre 2, un raccordement enjambe le Glain par un ouvrage métallique biais pour donner accès au quai de transbordement des marchandises sur les wagons du chemin de fer. Ce qui causa, semble-t-il, également du souci aux concepteurs du tracé car les plans successifs en montrent trois projets différents.
Encore quelques centaines de mètres et le village de Salmchâteau est atteint en même temps que la ligne passe sous le chemin de fer vers Gouvy et qu'elle effectue un tournant à angle droit. Elle ne pénètre pas réellement dans le village mais le contourne par le pied de la colline du château. Là eurent lieu les seules expropriations qui abîmèrent le site fait d'un ensemble de petits jardins et quelques annexes. Une maison dut être démolie. A cet endroit, la voie passe de la rive droite du Glain à la rive gauche par un pont métallique. L'arrêt de Salmchâteau se situe juste avant le petit pont en pierres sur le Golnay. Après une courbe, la ligne rejoint la grand-route vers La baraque de Fraiture qu'elle va suivre en accotement par La Bedinne, Les Sarts (quai de chargement), Joubiéval, Hébronval, en passant successivement dans la province de Liège, celle du Luxembourg puis encore celle de Liège.
Entre Hébronval et Regné, un dernier quai de chargement est établi et, à ce moment, deux virages font passer la direction de l'est au sud. La ligne abandonne la route et pénètre en site propre. Une descente continue mais légère à travers bois (les geûyes) amène la ligne au point d'arrêt de Verleumont fort distant du village lui-même, puis à l'entrée du village de Lierneux. Elle traverse en biais la route de Verleumont puis, après un dernier tournant, celle de La Vaux à angle droit. Quelques centaines de mètres encore en ligne droite et c'est la gare de Lierneux, complexe très important et aussi le terminus.
Le trajet était long de 15,250km et, à l'époque de la vapeur, durait une heure et six minutes, du temps de l'autorail, quarante à quarante-cinq minutes. La dénivellation était de 135 mètres.
Un livre donne les plans et un grand nombre d’illustrations sur la ligne et ses à-côtés, kilomètre par kilomètre et même souvent hectomètre par hectomètre, ainsi que des commentaires, des anecdotes et des souvenirs : AUTOUR ET A L'ENTOUR DU TRAM DE LIERNEUX, ouvrage collectif imaginé et édité par Robert Nizet, 1997, épuisé
R.N.