samedi 17 mars 2012

LE VICINAL VIELSALM-LIERNEUX

Jusque dans les années cinquante, nos régions rurales étaient couvertes par un réseau assez ramifié de voies vicinales. Le TRAM qui constitue pour beaucoup LE souvenir joua un rôle non négligeable dans le développement de nos campagnes. Fonctionnant d'abord à la vapeur, au mazout ensuite, il allait jusque dans les villages les moins accessibles ou les plus haut perchés. Il permit à de nombreuses villettes restées à l'écart du chemin de fer de néanmoins s'y rattacher. Les régions de la Lienne, du Glain et de la Salm avaient eu la chance d'être dotées, assez tard et dans les toutes dernières, d'une ligne ferroviaire vicinale reliant Vielsalm à Lierneux.

C'est en 1892 que le conseil communal de Lierneux mit, pour la première fois à l'ordre du jour de sa séance du 24 mai, cette importante question qui consistait à relier par un vicinal le village de Lierneux à la ligne de Vielsalm à Liège en aboutissant soit à Stoumont, soit à Trois-Ponts. Elle y reviendra plusieurs fois; plusieurs tracés seront envisagés, chacun présentant son lot d'avantages; les arguments parfois les plus fallacieux seront présentés; la procédure administrative est lente; les discussions s'éternisent; les avis changent; les opinions deviennent contradictoires. Enfin, en séance du 3 février 1902, c'est chose décidée : le vicinal Vielsalm – Lierneux sera construit et les travaux commencent en 1903. Le 23 octobre 1904, notre petit tram fait sa sortie d'essai et le premier voyage en exploitation commerciale eut lieu le lendemain.

La distance Lierneux-Vielsalm est franchie en une heure, ce qui n'est pas un record de vitesse. C'était donc des locomotives à vapeur qui fonctionneront jusqu'en 1935, moment où des autorails Diesel font leur apparition sur une ligne rénovée.
Raccourcie de quelques centaines de mètres pour cause de dégâts causés par la seconde guerre, la ligne fonctionnera jusqu'en 1958 : elle fut alors remplacée par un service d'autobus et l'enlèvement des rails se fit petit à petit.

L'origine de l'entreprise était située dans la rue principale de Vielsalm (actuellement : rue du Vieux Marché) juste avant un endroit où celle-ci était particulièrement étroite, entre un bâtiment aujourd'hui hélas disparu (la pension de famille Hoffmann) et le mur avec contreforts de la propriété Sépult aujourd'hui disparu également (actuellement de la pharmacie Segers à l'Hôtel des myrtilles). La ligne commençait sans tambour ni trompette et la localité était traversée en chaussée par les actuelles rue du Vieux Marché, avenue de la Salm et rue de la Fosse Roulette. Au premier kilomètre, arrêt au-dessus de la gare du chemin de fer, à un endroit qui avait dû être remblayé et qui, après la seconde guerre, deviendra le point de départ. Dès les premiers projets cet endroit semble avoir posé problème : un garage est prévu sur la place et une bretelle descend vers la gare et se dirige vers les quais situés en amont de celle-ci. Ni l'un ni l'autre ne seront réalisé. La ligne continue en accotement de la route vers Salmchâteau et quitte la localité. Au kilomètre 2, un raccordement enjambe le Glain par un ouvrage métallique biais pour donner accès au quai de transbordement des marchandises sur les wagons du chemin de fer. Ce qui causa, semble-t-il, également du souci aux concepteurs du tracé car les plans successifs en montrent trois projets différents.
Encore quelques centaines de mètres et le village de Salmchâteau est atteint en même temps que la ligne passe sous le chemin de fer vers Gouvy et qu'elle effectue un tournant à angle droit. Elle ne pénètre pas réellement dans le village mais le contourne par le pied de la colline du château. Là eurent lieu les seules expropriations qui abîmèrent le site fait d'un ensemble de petits jardins et quelques annexes. Une maison dut être démolie. A cet endroit, la voie passe de la rive droite du Glain à la rive gauche par un pont métallique. L'arrêt de Salmchâteau se situe juste avant le petit pont en pierres sur le Golnay. Après une courbe, la ligne rejoint la grand-route vers La baraque de Fraiture qu'elle va suivre en accotement par La Bedinne, Les Sarts (quai de chargement), Joubiéval, Hébronval, en passant successivement dans la province de Liège, celle du Luxembourg puis encore celle de Liège.
Entre Hébronval et Regné, un dernier quai de chargement est établi et, à ce moment, deux virages font passer la direction de l'est au sud. La ligne abandonne la route et pénètre en site propre. Une descente continue mais légère à travers bois (les geûyes) amène la ligne au point d'arrêt de Verleumont fort distant du village lui-même, puis à l'entrée du village de Lierneux. Elle traverse en biais la route de Verleumont puis, après un dernier tournant, celle de La Vaux à angle droit. Quelques centaines de mètres encore en ligne droite et c'est la gare de Lierneux, complexe très important et aussi le terminus.
Le trajet était long de 15,250km et, à l'époque de la vapeur, durait une heure et six minutes, du temps de l'autorail, quarante à quarante-cinq minutes. La dénivellation était de 135 mètres.
Un livre donne les plans et un grand nombre d’illustrations sur la ligne et ses à-côtés, kilomètre par kilomètre et même souvent hectomètre par hectomètre, ainsi que des commentaires, des anecdotes et des souvenirs : AUTOUR ET A L'ENTOUR DU TRAM DE LIERNEUX, ouvrage collectif imaginé et édité par Robert Nizet, 1997, épuisé
R.N.

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