samedi 6 février 2016

HISTOIRE : Miliciens Salmiens sous les Français, à la fin du XVIIe siècle

Depuis l’occupation française du comté, en 1681, plusieurs Salmiens furent enrôlés dans les armées de Louis XIV, roi de France. Le 17 avril 1694, un compte des dépenses du comté de Salm fait état du paiement d’une somme de 67 écus, 4 sous, pour les sept « soldats de milice de nostre pays » restés en vie. Ce paiement, à raison de cinq sous de France par jour et par soldat, depuis le 13 décembre 1693 jusqu’au jour de « leur marche » inclus, soit environ deux mois, avait été ordonné par Jean-Baptiste de MAHIEU, Intendant des armées françaises et administrateur du duché de Luxembourg. Les sept braves furent : Servais le CUVELIER, de Ville-du-Bois, Servais LAPLUME, du bas chasteau (à Salmchâteau), Henry JACQMIN, de Bovigny, Jean Colla MEURICE, de Mont-Petit-Halleux, Henry Jean FRANZ, de Beho, Jean-Baptiste LAMBERT et Mathieu VOZ, de Petit-Thier. Henry JACQMIN, ayant obtenu son congé, Monsieur de MAHIEU décida de le faire remplacer par un autre Salmien ; lequel devait être escorté par un homme de la justice de Salm jusqu’à Arlon, en passant par Luxembourg. Ce fut l’échevin Gérard TOUBON († 1730), d’Arbrefontaine, qui fut désigné pour cette mission. Le soldat choisi s’engagea dans la compagnie du gouverneur d’Arlon, par consentement de l’Intendant. Ce fut encore TOUBON qui conduisit d’autres soldats destinés à des remplacements. Il lui fut ordonné « de les faire boire à Arlon, pour avoir bon courage et ne point déserter » ! Comme personne ne voulait plus obéir et que les huit anciens miliciens menaçaient de déserter l’armée, les justiciers de Salm décidèrent de leur octroyer une somme de 32 écus chacun. Le fils de Jean Colla MEURICE, de Mont, était resté chez lui, malade, et, dans l’incertitude de sa guérison, n’avait pas marché avec les autres. L’Intendant donna ordre de le faire conduire à « l’hospital de Luxembourg ». Ce fut François ALEXANDRE, de Gouvy, qui s’en chargea, avec son cheval. Les hommes correspondant aux critères de sélection étaient désignés par la justice de Salm, lorsqu’il fallait choisir un soldat pour la milice. Messieurs de la justice profitaient de l’occasion pour boire « un petit pot de vin » facturé aux habitants du comté… Les miliciens désignés étaient conduits à Bastogne « pour tirer au sort ». C’est de cette manière que le hasard désigna Henry MOYS, de Petit-Thier, lequel ne voulant pas être soldat, s’engagea dans la compagnie de Nicolas de CATINAT (1657 – 1712), maréchal de France ― Eric-François PIERREZ (1664 – 1734), de Vielsalm, futur seigneur de Bihain, était « lieutenant de la compagnie des fusilliers de Catina » en 1695 ―. La justice de Salm dut choisir dare-dare un remplaçant en la personne de Martin MEURICE, d’Arbrefontaine, moyennant 30 écus. Monsieur de MAHIEU ordonna à l’officier de Salm de faire conduire ledit MOYS par trois hommes afin de l’emprisonner à Luxembourg. Les habitants du comté payèrent le « quartier d’hiver » aux neuf soldats de la milice salmienne, à raison de 5 sous de France par jour, soit 11 écus et 8 bons sous chacun ; à l’exception du fils de Noël DE LA CROIX, de Gouvy, nouveau milicien, qui ne reçut que 3 écus et 28 bons sous. 


Georges BENOIT

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