dimanche 9 août 2009

5. Les limites du comté.

AU NORD

La frontière fixée ici en 670 par la commission délimitant le domaine de l'abbaye de Stavelot, n'a subi aucune modification depuis.

C'est une ligne allant vers l'ouest, à partir d'un point culminant (altitude 599 m) au nord-est de Mont-le-Soie ; elle rejoint le ruisseau d'Ennal un peu en aval de Mont-le-Soie, suit le ruisseau jusqu'au Glain, puis tourne vers le nord-ouest pour aboutir au voisinage de l'église actuelle de Saint-Jacques.


Du confluent du ruisseau d'Ennal avec le Glain, la ligne n'a pu s'infléchir vers Arbrefontaine comme on l'a dit parfois, puisque la délimitation de 670 devait réduire le domaine de Stavelot notamment du côté de Lierneux. Mais la direction prise vers Dairomont pour rejoindre l'Amblève, est la seule normale. Quant à Alba Fontana cité en 670, il s'agit d'une fontaine éloignée d'Arbrefontaine et indépendante de cette localité.



A L'OUEST

Du voisinage de l'église actuelle de Saint-Jacques, une ligne à peu près droite, vers le Crin-do-Sart, tient la hauteur par Pelhémont et sépare deux bassins : celui du Glain, à gauche, celui de l'Amblève à droite. Cette ligne limitait, du côté de l'est, ce qui a constitué le comté primitif de Salm et la paroisse de Salm ; à l'ouest, à droite, les domaines très anciens de Bodeux et de Lierneux, antérieurs à l'époque franque. Très vieille limite donc que celle-ci.

Une modification s'est produite néanmoins à une date antérieure au XVe siècle, probablement vers le XIIIe: Arbrefontaine, avec Menil et Gernechamps, qui appartenaient à Lierneux, ont passé au comté de Salm, on ne sait à la suite de quels événements.


G. REMACLE suppose que c'est à ce moment qu'Arbrefontaine, endroit de passage fréquenté à la fin du Moyen Age comme l'attestent de vieux chemins, sera né et aura grandi, devenant ainsi objet de convoitise pour le comte de Salm établi très près à Goronne.


Du Crin-do-Sart jusqu'au moulin KOOS, de Sart-Sainte-Walburge, un chemin allant vers Langlire et toujours visible actuellement est cité en 896 comme limite d'un domaine s'étendant du Thier-del-preux jusqu'au-delà de Bihain.


« ex una parte Mons Preuz surgit, ex alia vero via ad campum eorum Anglariam ducens, et ex tertia Fundisneias vocatas défluit... »
(J. HALKIN et C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, T.I, Bruxelles, 1909, p. 116).


A gauche, ce qui est devenu Salm, au XIVe siècle.


C'est l'étendue entre le Golnay et le Thier-du-Mont.
(G. REMACLE, Du premier au second château de Salm-en-Ardenne, dans B.I.A.LUX., Arlon, 1965)
Toutefois, avec le temps, cette limite a fléchi quelque peu vers l'est, pour coïncider avec des abornements de terrains.


AU SUD-OUEST

Ici, deux tronçons formant angle droit sont nettement marqués par des cours d'eau. L'un de ceux-ci est le Golnay, depuis le moulin KOOS, jusqu'au confluent à Salmchâteau avec le Glain.
L'autre est le Glain, depuis le Golnay à Salmchâteau, jusqu'au confluent du Glain avec le ruisseau de Cierreux.

A L'EST

Notre frontière du côté de l'est ayant son point de départ à l'altitude 599 m au-dessus de Mont-le-Soie, elle se dirigeait vers le sud.
Elle longe le vieux chemin de Stavelot à Luxembourg, le chemin restant à Salm, jusqu'à Poteau. Elle suit toute la crête de partage des eaux, sauf une avancée du territoire de Thommen à l'endroit dénommé « Streitwald », jusqu'au ruisseau de Vîfsâm.
C'est une frontière linguistique également, depuis la période franque, faisant de Commanster une localité d'expression wallonne.

AU SUD

G. REMACLE estime que le domaine de Glain n'a pas fait partie du comté de Salm primitif.

Il base cette opinion sur les faits suivants, à peu près contemporains de l'origine du comté de Salm :

- En 1004, un certain Gérard et sa femme Frigdevide donnent au monastère de Stavelot ce qu'ils possèdent à Glain sous forme d'alleu. L'acte de donation (J. HALKIN et C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, T.I, Bruxelles, 1909, pp. 201-202) constate la présence, comme témoins, de Gislebert, qui ne peut être que le comte Gislebert de Salm cité en 1034-1035, de son père Frédéric, de son oncle ou frère Henri. Si, à ce moment, notre comte avait possédé également Glain, comment n'aurait-il pas cherché à être lui-même bénéficiaire de cette donation ? Et comment Glain n'aurait-il pas été désigné comme étant dans la dépendance de notre comté ?
- Entre 980 et 1007, sous l'abbatiat de Ravenger, à l'occasion d'un miracle opéré au tombeau de saint Remacle en faveur d'une femme de Glain, ce domaine est déclaré propriété de l'abbaye : « in vicina nobis fisco Glengou... » (Miracula Santi Remacli, chap. XVII, livre II, cité par C. GUILLAUME dans ses notes).
Cfr. aussi D. GUILLEAUME, L'archidiaconé d’Ardenne dans l’ancien diocèse de Liège, dans Bull. de la soc. d’art et d’hist. du dioc. de Liège, tome XX, Liège, 1913, p. 231, note 1.
- En 1135, Glain n’est plus cité dans la liste des biens de l’abbaye de Stavelot-Malmedy
(J. HALKIN et C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, T.I, Bruxelles, 1909, p.323)
et faisait probablement déjà partie du comté de Salm (Archidiaconé)
- En 1310 : « paroisse de St. Martin, terre de Salm » (op.cit., p.231)


La limite première de Salm au sud-est donc celle qui démarquait vers l'an mille les terres de Salm et celles de Glain.
Elle prend son point de départ au confluent du ruisseau de Cierreux avec le Glain. Elle remonte alors le ruisseau, de telle façon que le village de Cierreux appartenait à Salm, comté et paroisse, tandis que Rogery était à Glain. La coïncidence avec le ruisseau allait jusqu'à un point situé entre Sâm-li-vivî et Louxibou, là où le ruisseau est franchi par un vieux chemin en ligne droite venant d'Audrange par le moulin de Beho et gagnant la région de Salm.

Au gué précité, la délimitation abandonne sa coïncidence avec le ruisseau, tourne à droite, et suit le chemin jusqu'au moulin de Beho où finit le domaine de Glain. Au-delà, elle continue vers l'est où elle rencontre le chemin déjà mentionné et venant de Poteau.

Après l'intégration du domaine de Glain au comté de Salm — on ne sait ni quand ni comment ( En tout cas, avant 1310 (E. TANDEL, Les communes luxembourgeoises, t. IV, p. 288)) —, la frontière du comté de Salm s'est reportée vers le sud. Un vieux chemin venant d'Audrange et courant sur la crête entre Courtil et Gouvy en paraît le tracé tout naturel. Toutefois, Beho est laissé en dehors de Salm, sauf deux maisons. D'autre part, la Ronce sépara désormais la terre de Salm de celle de Lierneux.
Vers l'ouest pourtant, une nouvelle poussée de la terre de Salm a dû s'opérer à une date indéterminée, pour prendre pied sur le versant vers l'Ourthe, avec Halconreux et jusqu'au milieu du village de Gouvy.


Le 3 août 1626, le comte de Salm devint seigneur par engagère de l'autre partie de Gouvy, pour 4 800 livres (A.E. Tch. N°21). Au-delà de Gouvy, le comté de Salm comprit aussi une petite partie de Rettigny ; il s'agit, semble-t-il bien, d'une enclave dans la terre de Cherain. Nous n'avons pas à faire ici l'histoire de toutes les possessions de Salm qui comprenaient également une maison à Sommerain, une à Audrange, trois à Huldange et une enclave sans habitation près de Recht, cette dernière délimitée en 1778.


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