dimanche 2 août 2009

À propos de Kalala.

(publié dans la Revue de Carlsbourg, en juillet 1925)

M. DIDERRICH avait repassé par son vieux Carlsbourg pour y amener un nouvel élève : un authentique jeune Nègre, cueilli dans la brousse et qui s’appelait « Kalala ». à cette époque, les Noirs étaient encore chez nous, un objet de curiosité. Qu’on imagine donc le succès de « Kalala » auprès des villageois et surtout des villageoises ! au reste, « Kalala », ne manquait pas d’esprit. Un beau jour de distribution solennelle des prix, il se produisit entre deux actes de la séance dramatique traditionnelle, pour détailler une chansonnette. Le premier couplet marcha sans un raté, au grand amusement de l’auditoire ; mais dès le deuxième couplet, la mémoire, tout à coup, manqua au Congolais. Un blanc aurait pâli, blêmi, eût achevé de se perdre en se trahissant. Le chanteur nègre a du moins cette ressource de dissimuler son émotion sous son ébène ; avantage énorme que « Kalala » apprécia aussitôt à son prix. Sans barguigner davantage, il souda les morceaux de couplets ensemble et à tous les rythmes et les rimes, comme s’il fonçait dans un maquis, il poussa jusqu’au bout ; puis, saluant, se mit à rire en découvrant le public, pouffant de rire, l’éclair de ses belles dents…

Fr. Emile.

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