lundi 7 septembre 2009

Il y a 2 siècles. Quand Ville-du-Bois voulait une chapelle (2).

(publié dans Pays de Salm, le 28 mars 1954)

(suite)
La chapelle bâtie en 1765, et les autorisations nécessaires accordées en 1766 et 1767, restait à assurer la subsistance du prêtre attaché à demeure à la localité.

En ce temps-là, les curés et les vicaires ne recevaient aucune allocation des pouvoirs publics. Leurs ressources venaient en général de leurs biens personnels, du casuel, de certaines redevances et offrandes. Certains prêtres même, étaient exploitants agricoles, les mœurs d’alors différant de celles d’aujourd’hui.

Le 26 décembre 1766, les chefs de ménage de Ville-du-Bois assemblés vinagèrement par devant le notaire RAPHAEL, de Vielsalm, avec comme témoins « sire Laurent Martiny official du consistoire de Stavelot et curé de Salm et Halleux » et « Jean Etienne George de Rencheux » s’engagèrent, par n acte revêtu de leurs signatures, « volontairement et solidairement l’un pour l’autre et tant pour eux que pour leurs descendants et successeurs » à pourvoir à la subsistance et entretien d’un prêtre, et ce, de la façon suivante :

- payer au prêtre « pour rétribution annuelle chaque ménage un demi stier de seigle ou deux escalins et un stier d’avoine ou deux escalins à la nouvelle année, avec un pain ou une plaquette ; et au mois de mai une livre de boeur et un demi quartron d’œufs ou au lieu de ce cinq sols et demis ce qui importera annuellement au moins quarante-huit écus et treize sols de cette province, attendu qu’ils sont au nombre de septante-trois ménages actuellement ».

- lui fournir « une demeure honête et décente ». un bâtiment fut mis à la disposition du vicaire et dans lequel, dès 1767 déjà, le prêtre tint école. C’est le presbytère actuel. A ce bâtiment fut joint un potager d’environ sept ares, donné à la maison vicariale par des habitants du village.

- fournir « le pain et le vin nécessaire pour la célébration des messes ».

- en outre, pour la tenue de l’école, le « prêtre percevra une plaquette de chaque enfant non escrivant, et un escalin de ceux qui apprendront à écrire, et fourniront au surplus le chauffage nécessaire » (l’escalin valait deux plaquettes ou francs 0,58 environ).

De son côté, le prêtre devait :

- tenir l’école « assiduement » ; de fait, une école sera mentionnée déjà en 1767.

- et célébrer « les messes des dimanches et lundis et des fêtes de la vierge qui se faiteroient à l’intention des habitants ».

et ainsi, dès 1767, un prêtre fut attaché à demeure comme vicaire à Ville-du-Bois : l’abbé Jean-Pierre DECROTIER, auparavant vicaire à Goronne, et originaire de Mont-le-Ban.

Il y resta jusqu’à sa mort, à Ville-du-Bois, le 13 octobre 1801, soit donc trente-cinq ans.

Nous donnons maintenant la fin du document du 26 décembre 1766, constituant l’engagement de la communauté de Ville-du-Bois concernant le prêtre de la localité :

« … en foi de quoi lecture distinctement faite les dits habitans ont signé
et respectivement marqué ne sachant écrire en présence de sire Laurent Martiny
official du consistoire de Stavelot et curé de Salm et Halleux et de Jean
Etienne George de Rencheux témoins requis et appellés qui ont aussi signé et moi
susdit notaire sousigné au dit Ville du Bois ut supra sont à la minute
originelle signés et respectivement marqués Jean Cottin ; Pierre Cuvelier,
marque de Barbe X veuve Pierre Gengoux ; signé Gilles Bertrand pour sa mère ;
marque d’Anne X veuve Bastin Christophe ; signé Léonard Deprelle ; marque de
Pierre Jean X Pierre ; signé Pierre Englebert ; marque de X Mathieu Melchior ;
signé Joseph Dantinne ; Bartholomé Jeunejean ; Jean Henri Piron ; Bartholomé
Henri Bontems ; marque X de Jean Piron Tichon ; marque X de Mathieu Counet ;
marque X de Maurice Lebecque ; signé Jean-Henri Laurent ; marque X de Henri
Bontems ; marque X de Gérard Jeunejean ; marque X de Jean Gérard Remacle ;
marque X de George Fourgon ; signé Jean Joseph Talbot ; marque X de Henri
Alexandre pour la veuve Alexandre sa mère ; signé Joseph Lebecque, Noel Jean
George ; marque de X Hubert Bontems, signé Hubert Cuvelier ; Gengoux Roualle ;
marque de X Joseph Englebert ; signé François Deprelle le jeune ; marque de
Servais X Cahay ; marque X de Henri Dantine ; signé Pierre Warny ; marque X de
Marie Catherine veuve Bartholomé Bontems ; marque X de Marie Elisabeth Georis
pour sa mère veuve ; marque de X Mathieu Pierre Noel ; plusieurs étant absens
les suivans commis de la communauté se font forts et pleigent caution pour eux
sont signé François Deprelle ; François Gengoux ; Mathieu Remacle ; marque X
d’Englebert Henri Jean Henri ; signé Henri Jeunejean ; Gengoux Dantine ; Jean
Benoit Cuvelier ; Jean Servais Gengoux ; puis L. Martiny curé de Salm témoin ;
Jean Etienne George témoin ; et soussigné in fidem J.F. Raphaël notaire ».

Gaston REMACLE

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Quelques précisions sur la chapelle St-Roch à Arbrefontaine

Dans une de ses chroniques, parues dans le journal publicitaire « Ourthe-Amblève », OURTHAM alias Charles PIERARD (+ 1973) signalait : « La...