samedi 19 septembre 2009

Notes historiques. Fraiture (2).

(publié dans Pays de Salm, le 4 juillet 1954)

À deux kilomètres environ, c’est la Baraque de Fraiture, la sœur de la Baraque Michel, mais, et à juste titre, moins orgueilleuse. Jugez donc, 530 mètres d’altitude seulement. C’est là que se croisent les routes de l’Etat, allant de Vielsalm à La Roche et de Houffalize à Werbomont. Aussi, quel mouvement, quel tumulte de klaxons, de cornes et de trompes, quel roulage fiévreux et trépidant. « Parfois au milieu de ce tapage — écrit Albert BONJEAN — s’insinuent avec prudence, à travers l’enchevêtrement des moteurs, de longues charrettes aux essieux boueux sur lesquelles saignent encore les épicéas que la cognée vient d’abattre. Ou bien, quelque patache rustique attelée d’une maigre jument qu’une fermière conduit à la ville prochaine y vendre son beurre et ses œufs. Au milieu de ces autos, de ces camions, de ces limousines, des attelages et des chevaux, quel anachronisme ».

C’est très poétique en effet … et c’est déjà du passé… La modernisation a marqué l’endroit de son empreinte.

En ce point culminant, avons-nous dit, le froid y est parfois plus rigoureux qu’en aucune partie des Ardennes. Les voyageurs y sont, à certains jours, surpris par des brouillards épais causés par les réserves d’eau qui ont été creusées pour en extraire la tourbe. Mais à la saison d’été le pays est plein de charme.



« Vers Les Tailles — écrit Jean d’ARDENNE — commence le tableau sévère des landes marécageuses et où s’accuse l’effort de l’homme, le travail opiniâtre de la charrue qui essaie d’entamer le sol ingrat ».
À la Baraque, deux maisons, deux métairies, si vous voulez, très cossues depuis leur reconstruction d’après guerre.





Un poteau indique : 31 km. d’Aywaille ; 55 de Liège ; 15 de Houffalize ; 17,2 de La Roche ; 12,9 de Salmchâteau et le hameau, objet de notre article, qui a donné son nom au carrefour, se trouve à quelque distance, dans la fourche des routes de Liège et de Trois-Ponts.

« Aux alentours — écrit encore Jean d’ARDENNE — c’est l’Ardenne sous son aspect le plus désolé, mais aussi le plus émouvant et le plus caractéristique. Le plateau rasé, tourbeux, domine en partie un vaste horizon de forêts. Au nord on voit onduler les croupes de la Lienne et de l’Amblève. Au sud, celles de l’Ourthe. Par les ciels mouvementés, cette terre maigre et frissonnante où passent de grandes ombres, expression de la solitude, du silence et du vide, semble raconter un poème d’âpre mélancolie et de morne résignation ».

C’est l’Ardenne Luxembourgeoise dans ses plus captivants attraits. Les drèves forestières, les hautes futaies, les petits champs en damier, les prairies, les baies, les lacets des sentiers, les roches schisteuses, les chaumes, les pignons de pierres grises, les sources jaillissantes révèlent la sérénité de la vie rustique véritable. Non pas de celle qui s’altère de jour en jour, écrit un auteur, mais de cette vie simple et claire, telle une chanson de bergère assise au bord du ruisseau
À suivre.

HISTORIENS

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