samedi 12 février 2011

Organe de Vielsalm

( dimanche 19 décembre 1886, première année, n°6.)

CONSEIL COMMUNAL DE VIELSALM.


Le Conseil est convoqué en séance publique, en la maison communale, pour le mardi 21 décembre courant, à 2 heures précises de relevée, à l’effet de statuer sur les objets suivants :
1° Lecture et approbation du procès-verbal de la séance du 24 novembre dernier :
2° Communication de la correspondance ;
3° Demande d’un crédit spécial au budget de 1886 pour payer l’état des frais de M. Cupper, architecte provincial, et ceux du procès ;
4° Communication du procès-verbal d’enquête à charge de la maîtresse de couture de Neuville ;
5° Liquidation de la note des frais d’entretien de l’indigent Larondelle ;
6° Nomination d’un membre du Bureau de bienfaisance, M. Clément Jeunejean n’acceptant pas ;
7° Demande en concession d’un excédant de voirie par Mme veuve Henrard et ses enfants ;
8° Impositions communales ou emprunts pour couvrir les 12,736 fr. 79 centimes de déficit des sections ;
9° Demande d’un crédit spécial pour rembourser à des particuliers des frais de distributions d’eau à domicile.
10° Décision à prendre concernant la proposition de la nomination d’une institutrice à Ville-du-Bois, M. le curé Grosfils consentant à céder son local pour l’école.


Dans cent ans d’ici.

Nous vivons véritablement dans un siècle de merveilles. Comme nous avons perfectionné depuis quelques années toutes les inventions qui ont pour but l’amélioration de notre condition terrestre !
Les bateaux à vapeur, les locomotives, le télégraphe électrique, le téléphone, les machines à tisser, la photographie, l’emploi du gaz, les fourneaux, les poêles ont changé l’aspect de la vie humaine.
Partout, enfin, nous voyons le progrès et les grandes réformes sociales.
Ce progrès ne peut pas s’arrêter, il continuera et prendra chaque année une importance nouvelle.
Écartons le voile qui nous cache l’avenir, et voyons quelques-unes des choses qui sont réservées à l’homme.
D’aujourd’hui en cent ans, les rues de nos grandes villes seront pavées en fer et les camions et les chariots seront trainés par la vapeur.
Le fermier labourera son champ, sèmera et coupera son blé, me battra à l’aide de l’électricité ; il économisera ainsi 50 p.c. de travail et de temps.
Le voyageur qui voudra se rendre dans les pays d’Outre-Mer montera dans un ballon et, ainsi, n’aura plus à craindre la rage des tempêtes. S’il a une distance moins grande à parcourir, il attachera sur ses épaules sa machine volante, et, ouvrant ses ailes, il sera plus heureux qu’Icare dans ses excursions aériennes.
La correspondance ne sera plus expédiée par chemin de fer, car ce mode de transport sera bien trop lent pour l’époque.
Déjà, à Londres, on se sert, pour les petits paquets, de chariots miniatures que l’on pousse à travers des tubes, tout comme le boulet lancé par un canon.
Lorsque ces petits chariots seront devenus d’un usage général, il est bien probable qu’on en fera de plus grands qui seront organisés pour le transport des voyageurs.
C’est un fait bien connu que le son se communique à travers les tubes. D’après ce principe, les villes seront approvisionnées de musique comme elles le sont de gaz. L’orgue, ou tout autre instrument, sera placé dans la ville et des tuyaux le mettront en communication avec les maisons.
Pour avoir de la musique, on n’aura qu’à ouvrir un robinet.
On pourra ainsi assister, à Vielsalm, à un concert donné à Paris.
Quoique nous soyons déjà familiarisés avec l’extérieur des planètes, nous levons encore vers le ciel des regards pleins d’une ardente curiosité.
Nous avons un vague pressentiment que le firmament qui s’étend sur nos têtes contient quelque chose de plus que des corps non habités. Et nous croirions volontiers que ces corps célestes peuvent être le séjour d’une race d’êtres semblables à nous.
Pourquoi n’y aurait-il pas des habitants, qui, grâce à une vue plus perçante ou à des lunettes plus fortes, nous observent pendant que, occupés de nos progrès, nous attendons impatiemment le moment ou nos instruments plus perfectionnés nous permettrons de répondre à leurs signaux ?
Puisque la même lumière tombe sur eux et sur nous et que les rayons sont réfléchis d’une planète à l’autre, qui sait si notre monde ne pourra pas communiquer avec les planètes ? Alors l’échange de la pensée se ferait avec la rapidité de l’éclair dans tous les mondes éclairés par le soleil.
Le passé a vu de brillants succès en médecine, cependant il nous est permis d’espérer qu’il viendra un temps où une connaissance plus parfaite de la médecine et des maladies, de meilleures habitudes et une vie plus pure, permettront aux hommes de vivre aussi longtemps qu’avant le déluge.
Et puisque la science, jointe à l’art, a su remplacer par des parties artificielles presque toutes les parties du corps, est-il déraisonnable de supposer que l’on pourra rendre à l’homme cassé par l’âge sa première jeunesse ?
Les exigences de la société deviennent de jour en jour si impérieuses que dans cent ans nos dames seront obligées de passer tout leur temps à s’habiller, à faire des visites et à s’acquitter des devoirs de leur profession.
Afin de leur permettre d’employer ainsi leur temps, on inventera sans doute une machine pour faire les travaux du ménage.
L’homme de ménage en se levant le matin, n’aura qu’à toucher un bouton et une étincelle électrique allumera le gaz du poêle.
Alors l’homme de ménage (car alors, il n’y aura plus de femmes de ménage) passera une ceinture et servira le café, battra les œufs, fera cuire la viande et griller le pain. Il passe une autre ceinture et les assiettes sortent bruyamment du buffet : la table est mise.
Le repas terminé, une autre roue tourne, les assiettes sont lavées, l’appartement est balayé et aéré, les meubles sont époussetés et mis en ordre : le travail du matin est terminé.
La dame peut sortir pour aller voter, visiter un malade, ou plaider un procès.
Dans la soirée, l’homme de ménage passe une autre ceinture et l’on voit s’avancer une machine munie de plusieurs bras.
Elle prend les enfants l’un après l’autre, les met dans un baquet où elle les lave vigoureusement pendant dix ou quinze minutes, puis elle les lance dans leur lit.
Le travail de la journée est ainsi terminé : on a économisé du temps et personne ne s’est mis en colère.
Cette machine n’aura pas de faiblesse à satisfaire ; elle n’aura besoin ni de passer les dimanches dehors ni de recevoir ses cousins à la maison.
Elle n’aura pas de parents pauvres faisant toujours les yeux doux au beurre, au sucre et à la farine.
Et maintenant, lecteurs bienveillants, laissez-moi vous souhaitez de vivre encore cent ans pour que vous puissiez voir le glorieux accomplissement de toutes ces choses.

AURORA.

Etat-Civil de Vielsalm

Du 8 au 15 décembre.

NAISSANCE : 1.
Gustave-Julien-Joseph, fils de Evrard, Henri-Joseph, ouvrier ardoisier, et de Lemaire, Anne-Marie-Lambertine-Virginie, ménagère, à Ville-du-Bois.

DECES : 0.

MARIAGE : 1.
Englebert, Eugène, âgé de 34 ans, cultivateur, avec Talbot, Marie-Joseph-Victorine, âgée de 31 ans, sans profession, à Ville-du-Bois.

Annonces :

Société d’Assurances CONTRE L’INCENDIE L’UNION BELGE Fondée en 1824, dont le siège est établi place de l’Industrie, 29, à Bruxelles.
Agent principal à Vielsalm : A. GILLET, secrétaire communal.

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