mardi 13 décembre 2011

Notice historique sur la paroisse et le village de Sart-Sainte-Walburge

Préliminaires

Les moines de l’abbaye de Stavelot répandirent, dès le milieu du VIIe siècle, les bienfaits de la parole de Dieu autour de leur monastère, et ce qui démontre qu’ils le firent avec succès ce sont les créations nombreuses et rapides d’églises et de chapelles dans les divers centres de la Principauté.
Les plus anciens édifices du culte de ce pays sont, après ceux des monastères de Stavelot et de Malmedy, les églises de Lierneux, d’Ocquier et de Tohogne, dont la première fut bâtie par saint Babolin, deuxième abbé de Stavelot († 670), et les deux autres par saint Sigolin, son successeur (670-673) .
Contentons-nous de dire un mot de Lierneux et des églises qui en furent dans la suite détachées.
De 670 à 692, Lierneux ne fut qu’une simple chapellenie qui dépendait de Stavelot, car l’érection en paroisse n’eut lieu qu’en 692 .
Dans le courant du siècle suivant, Léthernau avait comme dépendances, probablement tant au point de vue spirituel que temporel, Brâ, Seronio , Odeigne et Unalia ( ?), comme nous l’apprend un document de Carloman, du 15 août 746 . Quoi qu’il en soit, nous ne savons pas à quelle date Odeigne a été séparé de Lierneux . Une charte de Charles-le-Gros signée à Worms le 13 novembre 882, porte que la chapelle de Brâ, qui avait autrefois appartenu aux religieux de Stavelot et qui leur avait été enlevée, leur fut rendue par le monarque après lecture d’anciens écrits reconnus authentiques. Toutefois, il est probable que Brâ ne forma une paroisse distincte qu’à partir du XIe siècle, époque à laquelle la chapelle primitive fut remplacée par une église romane, dont la tour subsiste encore à l’heure actuelle. Plus tard, Brâ eut à son tour comme dépendances les chapelles de Malempré (XVIe siècle), Vaux-Chavanne (1620) et Villettes (1728). Au XIIIe siècle, fut érigée dans la même paroisse de Lierneux la chapelle de Sart Ste-Walburge, dont nous parlerons dans la présente notice. Les autres chapelles qui furent successivement érigées dans la paroisse de Lierneux, pour devenir finalement des églises paroissiales distinctes, furent Arbrefontaine (avant 1589), Provedroux (1712), Jevigné (1718), et Odrimont (1732). Verleumont fut doté en 1722 d’une chapelle qui dépend encore maintenant de l’église mère de Lierneux.

PREMIÈRE PARTIE

Le territoire et la paroisse

I. DONATION DU TERRITOIRE DE SART-SAINTE-WALBURGE À l’ABBAYE DE STAVELOT (10 novembre 896).

En 651, le roi Sigebert II d’Austrasie, donna à saint Remacle tout le pays qui entourait les abbayes de Stavelot et de Malmedy à douze lieues à la ronde, de sorte que Lierneux et ses dépendances faisaient certainement partie de cette première donation.
Quinze années plus tard, les moines de Stavelot déclarèrent au roi Childéric qu’ils désiraient voir réduire leurs propriétés du côté de Lethernacum (Lierneux), de Charanco (Chevron) et d’Amblava (Amblève, Amel). C’est ce qui leur fut accordé par le même roi dans un diplôme de 666 qui spécifie que les nouvelles frontières du sud seront ramenées jusqu’à une ligne allant de la Salm à Albafontana (Arbrefontaine) .
Toutefois, Lethernau avec ses dépendances Brastis (Bra), Aldanias (Odeigne), Seronio et Unalia, firent retour à l’abbaye à la suite du testament de Pepin de Herstal, écrit en 714. Mais trente années s’étaient à peine écoulées que Carloman, en sa qualité de maire du palais, disposa, par erreur, du domaine de Lierneux comme de tous les autres biens de la couronne. Ce fut alors que l’abbé Anglin, du monastère de Stavelot, décida de présenter ses revendications au petit-fils de Charles Martel et se rendit à cette fin aux plaids généraux que celui-ci devait tenir à Dunaville le 15 août 746. Il y exposa le but de sa démarche et Carloman après avoir reconnu l’authenticité du testament de 714, rendit définitivement le territoire de Lierneux au monastère de Stavelot .
Il est à remarquer que les autres territoires situés au sud d’Arbrefontaine tels que Sart, Bihain, Bovigny, etc…, qui avaient fait partie de la grande donation de 651 et qui avaient été rendus à la couronne en 666, ne firent l’objt de donations spéciales un siècle et demi plus tard .

C’est ainsi que le domaine de Sart, qui nous occupe tout spécialement, fut donné au monastère de Stavelot par le roi Zwentibold de Lorraine le 10 novembre 896.
Les limites de cette donation, spécifiées dans l’acte royal lui-même, étaient les suivantes : au nord, le Thier del Preuz (mons Preux) ; à l’est, le chemin qui conduit du Crin du Sart, par le moulin et les Zoupirs, au village de Petite Langlire que les moines possédaient depuis l’année précédente ; au sud, les fanges de Langlire à Bihain ; enfin, à l’ouest, le territoire de Lierneux qui faisait partie du pays de Stavelot depuis 714.
Les limites de cette donation englobaient donc certainement les territoires actuels de Grand-Sart, Petit-Sart, Joubiéval et Ottré, et peut-être aussi ceux de Verleumont, Hébronval et Regné, s’ils n’avaient pas fait partie des donations de 714 et 895 dont les limites sont inconnues.
Nous reproduisons ci-après l’acte du roi Zwentibold, d’après le Vie cartulaire de l’abbaye de Stavelot, conservé aux archives de l’Etat à Liège .
In nomine Santae et Individuae Trinitatis, Zuendebeldus divina ordinante Providentia Rex. Quidquid Deo dicatis locis devotanei conferimus a totius mundi Dominatore cum unicuique secundum quod dignus apparebit atque omnia discernens retribuet utique aeternis praemiis nos confidimus recipere. Ideo omnibus sit Sanctae Dei Ecclesiae nostrisque fidelibus notum, nos ad monasterium Stabulense, in honore Sancti Petri Principis Apostolorum constructum, in quo Sanctus Remaclus confessor et pontifex corporetenus quiescit et monachis inibi Dni famula tui inhaerentibus in proprium tradidisse paululum terrae juxta villam eorum Lethernau nuncupatam, quae his finibus undique cingitur, scilicet ex una parte mons Preuz surgit ; ex alia vero, via ad campum eorum anglariam ducens, et ex tertia fundis nejas vocatis defluit, ut habeant, teneant atque perpetualiter illam nemine inquietante vel molestiam quamlibet ingerente possideant. Ea tamen ratione praefata terra firmior maneat ut pro nostris facinoribus quotidie missam unam ac psalterium unum abhinc deincps cantent. Et ut hoc inviolabiliter per succedentia tempora observetur, haec nostrae authoritatis scripta exinde composita, manu nostra subtus roborantes annulo nostro effigiei assignari jussimus.
Signum Domini ZEBN invictissimi Regis.
Egilbertus cancellarius ad invicem Hermanni archicapellani recognovit. Data tertio idus novembris anno ab Incarnatione Domini DCCCXCVI, indictione quarta. Anno secundo Zuendeboldi regis. Actum in Arduenna apud villam Amarlaus (Amberloup) foeliciter. Amen.
On remarquera sans peine que les territoires de la seigneurie de La Bedinne et du hameau de Provedroux ne sont pas compris dans les limites de cette donation, et qu’ils doivent donc avoir fait l’objet de donations ultérieures. Tout ce que nous savons, c’est que dans la lettre quatre cent et unième de Wibald, abbé de Stavelot, adressée en 1153 à Henri comte de Salm pour lui reprocher les exactions de ses sujets, il est dit que les gens de Salm ont pris vingt-quatre bœufs dans une villa que l’abbaye possédait alors « près du château de Salm ». Il s’agit évidemment ici d’une grande ferme que l’abbaye possédait dès lors à La Bedinne ou à Provedroux. Quoi qu’il en soit, La Bedinne et Provedroux faisaient partie des possessions de l’abbaye à la fin du XIVe siècle.

II. LA SEIGNEURIE DE LA BEDINNE, dite DE GENNERET à SART-Ste-Walburge

Il est certain qu’il a existé à Sart une demeure seigneuriale, qui était située à l’endroit qu’on désigne encore actuellement sous le nom de « La Bedinne », mais il serait assez difficile d’établir d’une façon certaine la date à laquelle elle peut remonter, et celle à laquelle elle a disparu .
Ce sont les seigneurs de La Bedinne qui fondèrent et dotèrent la chapelle de Sart Ste-Walburge dans la seconde moitié du XIIIe siècle, comme nous le verrons plus loin.
Il est probable que les premiers châtelains portèrent le nom du village, comme c’était l’habitude autrefois. Ce qui semble confirmer l’hypothèse, c’est que dans un acte de donaton écrit à Bra en 1107, Berthe de Bullin, donatrice, eut parmi ses témoins un certain Boson de Sart qui ne peut être qu’un notable du pays .
Plus tard, la seigneurie de La Bedinne passa à la famille de Genneret qui continua à posséder les dîmes de Jenneret (près de Bende), lesquelles relevaient également de la Cour féodale de Stavelot. Actuellement, on dit encore chaque année en janvier une messe basse fondée pour chacu des châtelains dont les noms suivent : de Genneret, Wathy Colette, Colas Jehenne et Jehan Flageolet. Le dernier châtelain de cette famille fut Evrard de Genneret, époux de Lorette N., qui mourut vers 1394.
Dans la suite, le plein fief dit de Genneret au Sart Ste-Walburge fut relevé davant la Cour féodale de Stavelot par Colette Briffoz de Fairon, en 1411, tandis que Warnot Briffoz d’Ouffet, releva les dîmes de Jenneret (Bende) en 1414 .
Jean, fils de Vollette Briffoz de Fairon, opéra en 1414 le relief de la seigneurie de Sart et en même temps celui de la mayeurie de Fairon. Ce dernier fut seigneur de 1414 à 1446, époque où Warnot Briffoz mayeur d’Ouffet, en sa qualité de mambour du jeune Jean Briffoz, releva « le plein fief de Genneret qui avait appartenu à Everard de Genneret, contenant cour et jugeurs, cens, retes, hommages et dîmes à Genneret en Sart Ste-Walburge et ailleurs ».
La même année, la seigneurie fut relevée à Stavelot par Jean de Strée, beau-frère et successeur de Jean Briffoz. En 1460, le plein fief de La Bedinne devint la propriété de Warnot Briffoz, seigneur de Villers-aux-Tours et de Tohogne, qui avait déjà obtenu en 1456 des dîmes que son oncle Warnot avait possédées après 1414 et qui lui étaient dévolues par Lorette de la Chapelle, veuve de Guillaume de Viller.
En 1494, Gilson de Hodister, mayeur de Hamoir, releva « le plein fief de Genneret avec ses appartenances et appendices, contenant cour, semonce d’hommage en Ban de Lierneux, dîmes, cens, rentes, maisons, jardins, wannaiges, droictures, et émoluments audit fief appartenans, qui furent jadis à Dlle Lorette et à Everard de Genneret » .
Marie de Hodister, fille de Gilson de Hodister, obtint le plein fief de La Bedinne comme dot en 1534 et, après sa mort arrivée en 1553, Henry de Heid, son mari, en fut le propriétaire. Celui-ci était en même temps mayeur de Ciney. En 1564, Henry, fils de Henry de Heid et de Marie de Hodister, entra en possession de son patrimoine et le conserva jusqu’en 1589. À cette date, le fief passa aux mains de Jean de Heid qui le vendit à son frère Claude de Heid en 1598 pour la somme de 550 florins de Brabant .
Vers 1627, la seigneurie fut vendue et, après cette date, il ‘en est plus question dans les archives de Stavelot, ce qui semblerait indiquer qu’elle a été détruite, comme les villages de Langlire, de Salm, Saint-Martin, Lamerlé, Glain, et Bellevaux, par les troupes lorraines, françaises ou hollandaises qui ont ravagé le comté de Salm et les environs de 1630 à 1650 .
En 1835, on ne voyait plus à l’endroit autrefois occupé par le château que des restes de fondements dont on tirait alors des pierres à bâtir .

III. ― LA CHAPELLE (XIIIe – XIXe siècle)

A. La chapellenie de Sart-Ste-Walburge comprenait autrefois les hameaux de Grand-Sart et Petit-Sart, ainsi que celui de Provedroux qui en fut détaché en 1712. La tradition rapporte que ce furent les seigneurs de La Bedinne qui firent bâtir la chapelle et qui la dotèrent du moulin de Sart que la fabrique a aliéné en 1881 . La chapelle fut dédiée à Ste-Walburge.
L’édifice primitif datait du XIIIe siècle, comme l’indiquait la belle tour romane de transition dont il était orné. Cette tour était carrée et possédait des fenêtres romanes géminées formant une couronne de lumière complète ; l’épaisseur de ses murs atteignait au moins deux mètres. D’autre part, comme la dédicace eut lieu le jour de la fête du Saint-Sacrement, et que cette fête fut célébrée pour la première fois en 1251 à Saint-Martin à Liège, par Hugues de Saint-Cher, il faut en conclure que la date de l’érection de la chapelle doit se placer après l’année 1251. En tout cas, cet édifice du culte existait certainement au XIVe siècle, parce que dans les reliefs de la Cour féodale de Stavelot de cette époque, le nom du village est déjà Sart « Sainte-Walburge ».
Sous l’ancien régime, la chapelle faisait partie de la paroisse de Lierneux, du concile de Stavelot, de l’archidiaconé d’Ardenne et de l’évêché de Liège. L’administration fabricienne toutefois était distincte de celle de Lierneux, comme le prouvent des reliefs opérés à Stavelot en 1402 et en 1613. À la fin de l’année, la fabrique de Sart devait soumettre ses comptes à l’approbation du curé de Lierneux .
Le 23 juin 1666, la chapelle de Sart-Ste-Walburge et Provedroux fut érigée en église paroissiale par Maximilien-Henri de Bavière, archevêque de Cologne et évêque de Liège, mais cette érection ne devait être que passagère .
Il ne faut pas en conclure toutefois que cette mesure n’ait pas été mise en exécution, car le contraire est manifestement démontré par les rôles des tailles et les comptes du ban de Lierneux, conservés aux archives de l’Etat, à Liège.
C’est ainsi que pour justifier une dépense de 54 ½ florins faite par la Cour à l’occasion de la contribution conférée à Lierneux les 1 et 22 juillet 1666 par Mgr Jean-Antoine Blavier, suffragant de Liège, il est spécifié dans les comptes de cette année que Monseigneur était accompagné de son chapelain, de deux valets, du doyen du concile de Stavelot, du curé de Lierneux et du « pasteur » de Sart.
De même, dans le rôle des tailles du 17 octobre 1666, on lit ce qui suit : « Paul Farnir a testé envoyé à Stavelot pour faire dresser requeste contre cieulx du Sart qui se faisoient entendre, ladite cure estant déparée, de ne voulloir plus contribuer à leur mère-église ; pour le voyage duquel l’on taxe parmy ses frais 2 fl. bb. »
Son Altesse de Stavelot les renvoya devant l’autorité compétente et un messager fut envoyé à Liège. Les autorités diocésaines ouvrirent une enquête à la suite de laquelle il fut trouvé qu’il y avait lieu de rapporter l’acte d’érection de Sart-Ste-Walburge en paroisse (1669) .
À partir de cette date, Sart redevint comme par le passé chapelle dépendante et la paroisse ne fut définitivement érigée qu’à la mise en exécution du concordat de 1801 .

B. Les chapelains connus : ― Nous donnons ici les noms de quelques chapelains qui sont cités dans les œuvres de loi de la Cour de Lierneux ou dans les archives paroissiales.
1. Jean NICOLAY, « pasteur » de Sart, cité en 1669 dans un acte de baptême de la paroisse d’Ottré.
2. Julien WANLIN, chapelain de Sart, cité en 1670 et 1675.
3. Dieudonné de BRA (1680).
4. Jean-Antoine RENARD de Sart (1680-1684).
5. Noël HAZARD de Baneux (Lierneux), cité en 1684 et 1687. Il occupa dans la suite la cure de Lierneux de 1693 à 1725.
6. Sébastien-Pierre NIZET de Sart, cité en 1690 et 1693.
7. Jean LANSIVAL de Lansival (Lierneux), 1694-1695…
8. Gaspard NICOLAY de Salm, cité en 1699 et 1701.
9. Henri-Frédéric WALRANT de Sart (1701-1708). Sous son administration eut lieu, le 20 juin 1708, la visite canonique de la chapelle de Sart-Ste-Walburge par le comte de Liedekerke, archidiacre d’Ardenne. Nous en donnons le procès-verbal en note .
10. Gilles THOMAS, ancien vicaire d’Ottré, fut chapelain à Sart-Sainte-Walburge de 1709 à 1715.
11. Gilles-François SERVATY, de Rahier (1715-1727). Il mourut à Sart le 8 février 1727.
12. E.F. MAKA, cité en 1735.
13. François BEYER (1736-1740).
14. Henri SERVAIS (1738-1740).
15. Jean FERY, chapelain de 1741 à 1758.
16. Henri-Joseph MARICHAL de Lierneux (1759-1761). Il fut dans la suite vicaire à Lierneux, puis curé à Bellevaux (Malmedy).
17. Hubert-Lambert-Joseph BLAISE de Baclain (1761-1793).
18. Godfroid-Joseph THOMAS de Dairomont, qui fut le dernier chapelain de Sart (1793-1803) et le premier curé. Il signe pour la première fois « desservant de Sart » le 7 septembre 1803 .

Avant de terminer ce paragraphe, mentionnons encore quelques détails qui concernent l’ancienne chapelle. En 1712, la chapellenie de Sart fut démembrée à l’occasion de l’érection de la chapelle de Provedroux. Dans la suite cependant, les baptêmes et les enterrements furent encore faits à Sart ; quant aux mariages, ils furent dès lors célébrés à Provedroux, mais en présence du vicaire de Sart.
Le cimetière de Sart renferme une quinzaine d’inscriptions funéraires datant des XVIIe et XVIIIe siècles. Voici la plus ancienne :
Icy repose en Dieu honorable Jean Walrant, en son vivant
Eschevin de Lyerneux, Vault et Villers de Havant
Et Capitaine du Sart, qui décéda le 6e octobre
1669. Priez Dieu pour son âme.
L’église de Sart possède un grand ostensoir Renaissance qu’elle a reçu en 1652 de Michel Delgleize et Jean Matheî, mambours cette année-là.
Les anciens registres paroissiaux de Sart (1681-1804) sont conservés à la maison communale de Lierneux. Il ne reste à Sart que quelques registres aux comptes de la fabrique et quelques pièces détachées dont la plus ancienne est de 1672.
Parmi les fondations, nous nous contenterons de citer celles de la famille de Genneret remontant au XIVe siècle, et celle de Henri-Noël Denatty, ancien curé de Samrée, datant du 3 juin 1793.

IV. LA PAROISSE (1803-1906).

Dans le tableau des paroisses du diocèse de Liège, présenté au Gouvernement français en suite du concordat de 1801 et approuvé le 29 avril 1803 par le premier Consul, Sart figure comme église paroissiale comprenant Grand-Sart, Petit-Sart et de plus le hameau de Joubiéval, qui jusque là avait fait partie de la paroisse d’Ottré .
1. Godfroid-Joseph THOMAS, originaire de Dairomont, fut le dernier chapelain et le premier curé de Sart-Ste-Walburge. Il n’exerça les fonctions pastorales que pendant deux ans, et fut enlevé à l’affection de ses ouailles le 30 avril 1805. Ses dépouilles mortelles reposent dans le cimetière de Sart.
2. Jean-Noël LEMAIRE, originaire de Sart, exerça son ministère dans son village natal de 1805 à 1827. Il avait fait ses études au Grand Séminaire de Liège et constitué un titre presbytéral devant la Cour de Lierneux en date du 26 février 1787. Il mourut en retraite le 21 septembre 1828, et fut inhumé à Sart.
3. Materne HERMAN, né à Trois-Vierges le 2 mars 1796, fut vicaire à Vielsalm, puis curé à Sart à partir du 16 juin 1827. Il fut pendant vingt-neuf ans le père de ses paroissiens et le modèle du pasteur. Sa mémoire est encore à l’heure actuelle restée en vénération dans les cœurs de tous ceux qui l’ont connu. Il est mort en retraite le 29 mai 1858 à l’âge de 62 ans. Son corps repose également dans le cimetière de Sart-Sainte-Walburge.
4. Jean-François GREGOIRE succéda à Materne Herman dans les fonctions de cré de Sart en 1847. Il remplit successivement les fonctions de vicaire à Verleumont (Lierneux) de 1848 à 1856, de curé de Sart-Ste-Walburge de 1856 à 1866, et enfin chapelain à Hèvremont de 1866 à 1872. Il est mort en retraite à Villettes le 19 juillet 1873.
Les quatre successeurs de M. le curé J.F. Grégoire sont encore en vie ; ce sont : M. M. G.-G. PETRY (1866-1875), qui reconstruisit l’église en 1870 ; V. WAFFLARD (1875-1879) ; Nicolas SYLVESTRE (1879-1885) ; Victor-J. DENNE (1885 et suiv.).

V. PRETRES ORIGINAIRES DE SART ET DE JOUBIEVAL

Parmi les cent-quarante prêtres originaires du ban de Lierneux dont les noms nous ont été conservés, les suivants sont de Sart ou de Joubiéval :
1. Jacques LECLERCQ, de Joubiéval, fils de Henri Leclerc et de Marie Boutay, a constitué un titre presbytéral, devant la Haute Cour de Lierneux, le 5 avril 1686.
2. Sébastien-Pierre NIZET, de Sart-Ste-Walburge, fils de Sébastien Pétry Nizet, et de Marie Lemercier, constitua un titre à Lierneux le 24 octobre 1686. Nous savons seulement qu’il a été quelques temps chapelain à Sart-Ste-Walburge.
3. Jean-Antoine RENARD, fils d’Antoine RENARD de Sart et de Catherine Delcomté, a constitué un titre presbytéral le 4 janvier 1680. Un acte du 15 juillet 1704 nous apprend qu’il était, à cette date, notaire apostolique et curé d’Ottré. Il gouverna cette paroisse jusqu’à sa mort, arrivée en 1720. Son testament est daté du 6 janvier 1720. Il fut inhumé dans le chœur de son église, du côté de l’évangile.
4. Remacle LEONARD, de Joubiéval, constitue un titre presbytéral, devant la Cour de Lierneux, le 31 juillet 1687.
5. Paul GREGOIRE, de Sart-Ste-Walburge, constitua un titre presbytéral à Lierneux le 12 avril 1711. Il fut, plus tard, curé de St-Remacle au Pont d’Amercoeur et y demeura jusqu’en 1760, époque de sa mort.
6. Gangulphe GEORIS, de Sart-Ste-Walburge, neveu du précédent, fut nommé à la cure de St-Remacle, en remplacement de son oncle en 1760.
7. Joseph NIZET, de Sart-Ste-Walburge, constitua un titre à Lierneux en 1767, et devint plus tard bénéficier à Nalinne (Hainaut). Il est cité dans un acte de 1776.
8. Henri-Frédéric WALRANT, fils de Jean-Dieudonné Walrant, greffier à Lierneux, et d’Hélène Pirotte de Houffalize, né à Sart le 17 juin 1672, fut chapelain dans son village natal de 1702 à 1708. Il fut, plus tard, curé d’Arlon (acte de 1737). Il ne vivait plus en 1748.
9 et 10. Hubert et Séverin RICHARDT de Joubiéval firent leurs études en Allemagne et devinrent tous deux chanoines à Maîence. En 1722, ils donnèrent un ostensoir de fabrication rhénane à l’église d’Ottré. Cette même église reçut plusieurs statues en bois et le calice de Séverin Richardt, qui porte la date de 1739 .
11. Gaspard-Jos. RENARD, fils de François Renard et de Catherine Delgleize de Sart, a constitué un titre à Lierneux le 18 juillet 1748. Il fut marguillier dans son village natal de 1748 à 1752.
12. François EVRARD, fils de François Evrard et d’Anne Remy, constitua un titre clérical à Lierneux le 30 octobre 1726. Il mourut à Sart le 21 décembre 1779 .
13. Julien-Remy OTTE, fils de Remy Otte, fut chapelain à Jehanster, où il fit son testament, en faveur de sa chapelle, le 14 septembre 1730. Antérieurement, il avait été vicaire à Theux (Acte du 12 août 1701).
14. Pierre-Joseph CHEVOLET, né à Sart en 1784, fut nommé prêtre en 1813. Il fut curé à Arbrefontaine (1819-1822), puis à Huccorgne (1822-1864). Il est mort en retraite à Oteppe le 11 février 1866 à l’âge de 82 ans.
15. Pierre-Joseph CHEVOLET, né à Sart en 1811, fut ordonné prêtre en 1841. Il fut installé premier curé à Winamplanche en 1843 et y resta jusqu’en 1862, époque où il fut transféré à Sougné. Il remplit les fonctions pastorales dans cette paroisse de 1862 à 1881, et mourut en retraite à Winamplanche le 16 décembre 1888, à l’âge de 77 ans.
16. Antoine-Joseph NIZET, né à Joubiéval en 1841, fut ordonné prêtre à Liège en 1869, vicaire à Verleumont (Lierneux) la même année, curé à St-Jacques, à Fosses, de 1874 à 1881, puis à Sougné de 1881 à 1898. Il est décédé en retraite à Sougné le 1er septembre 1904.
17. Henri-François GUILLAUME, fils de Henri-Laurent Guilleaume et de Marie-Joseph Bodson, né à Sart le 26 juin 1789, fut ordonné prêtre à Malines le 14 février 1818. Il fut, dans la suite, curé à Chaineux. Il mourut en retraite à Saint-Denis (Liège) le 6 novembre 1867, à l’âge de 78 ans.
18. Jean-Noël LEMAIRE, de Sart-Ste-Walburge, constitua un titre presbytéral à Lierneux le 26 février 1787. Il fut vicaire à St-Remacle, à Liège, en 1788, et marguillier à Sart de 1790 à 1795, puis vicaire à Jevigné. En 1805, il fut appelé à remplir les fonctions du saint ministère dans sa paroisse natale et il y resta jusqu’à sa retraite en 1827. Il mourut à Sart le 21 septembre 1828.
19. Dom Emilien NIZET, qui était moine bénédictin de Malmedy en 1702, et sous-gouverneur de la même abbaye en 1718.
20. Jean BAUDUIN, de Joubiéval, qui fut curé à Ottré, puis à Lierneux, de 1780 à 1784.
21. Jean PAULIS, de Joubiéval, vicaire à Ottré en 1727 (archives d’Ottré).
22. Révérend maître Jean LEONARD, de Joubiéval, cité dans les registres paroissiaux en 1766 et 1767 .
Les six prêtres dont les noms suivent sont encore en vie :
23. Jean-François GUILLEAUME, ordonné prêtre en 1880, ancien professeur à l’Institut St-Remacle à Stavelot (1879-1899) ; actuellement curé à Jalhay depuis 1899.
24. Joseph BURNOTTE, ordonné prêtre en 1887 ; il fut successivement vicaire à Spa (1887-1889), à Blégny (1889-1891), et à Theux (1892-1893). Il exerça les fonctions du saint ministère à Goffontaine de 1893 à 1898, époque où il fut promu à la cure de Sougné.
25. Jean-Joseph MASSOZ, ordonné prêtre en 1892, vicaire à Ste-Foy à Liège, de 1892 à 1894, puis à Jalhay de 1894 à 1899. Il est, depuis, 1899, curé à Ocquier.
26. Edouard-Henri GEIBENNE, ordonné prêtre en 1903. Il a été vicaire à Prayon (1904-1905) et exerce les mêmes fonctions à Hollogne depuis 1905.
27. Jules RENARD, ordonné prêtre le 17 juin 1905, coadjuteur à Sougné.
28. Denis-Joseph GUILLEAUME, ordonné prêtre le 17 juin 1905, vicaire à Ste-Foy (Liège depuis le 7 juillet de la même année.

DEUXIEME PARTIE

SART-SAINTE-WALBURGE AU POINT DE VUE CIVIL

I. Administration civile

La principauté de Stavelot était une monarchie élective. Après l’élection, l’abbé recevait du pape et de l’empereur des droits régaliens qui en faisaient le souverain du pays et qui réduisaient sous son obéissance les magistrats, les officiers et les sujets de la principauté. Le prince avait le droit de vie et de mort ; il exerçait seul les pouvoirs législatif et exécutif. Toutefois, avant de publier les lois et les mandements, il consultait toujours les anciens usages et les records de justice et communiquait les réformes projetées aux différentes Cours et aux Etats du pays. La publication des lois se faisait aux plaids généraux. Les autres fonctionnaires du pouvoir exécutif étaient le podestat de Stavelot, le châtelain de Logne, les mayeurs, les échevins et les bourgmestres des différentes Cours .
Il existait à Lierneux, comme dans chaque communauté du pays, une Cour de justice composée d’un mayeur, de sept échevins nommés à vie et d’un greffier. La Cour de Lierneux ressortissait en appel, tant au civil qu’au criminel, à la Haute Cour de Stavelot. Le baillage de Lierneux comprenait aussi les Cours d’Ottré et de Hébronval. Dès 1365, la Cour de Lierneux comprenait sous sa juridiction les villages ou hameaux de Lierneux, Grand-Sart, Petit-Sart, Joubiéval, Provedroux, Jevigné, Lansival, Baneux, Amcômont, Reharmont, La Vaux, Odrimont, Hierlot, Brux et Verleumont.
Comme Sart-Ste-Walburge a toujours fait partie du ban et du baillage de Lierneux, les reliefs simples, les actes ordinaires de vente, d’échange, d’hypothèque, ainsi que les rôles de justice et des tailles étaient de ce chef enregistrés au greffe de la Cour de Lierneux. Quant aux reliefs des fiefs, ils étaient opérés devant la Cour féodale de Stavelot dès le XIVe siècle.
Les archives du ban de Lierneux, conservées au dépôt de l’État à Liège depuis 1881, comprennent quarante registres aux œuvres de loi des années 1546 à 1793 ; un registre aux plaids généraux (1578-1586) ; deux registres aux reliefs (1666-1785) ; sept registres et cinquante-cinq cahiers aux rôles ordinaires et extraordinaires (1638-1783) ; un registre de la Cour de Bousny (1668-1793) ; quinze registres aux tailles et aux comptes des années 1653 à 1797 ; deux registres aux dénombrements (1713) et douze liasses de pièces diverses .
Les impôts ordinaires et extraordinaires du pays de Stavelot étaient proposés par le prince et répartis entre les différentes communautés par les assemblées générales des officiers de la principauté. On ne connaissait point les impôts indirects et il y avait trois espèces de contributions directes : les tailles réelles que nous appellerions maintenant la contribution foncière ; les tailles personnelles assises sur la propriété mobilière présumée, et les tailles afforaines qui n’atteignaient que les étrangers propriétaires dans le pays.
Dans les communautés où le dénombrement des biens n’avait pas encore été fait, la contribution personnelle était jointe à la foncière. Ce dénombrement fut effectué au ban de Lierneux en 1713, à la suite des ordres de François de Lorraine, prince-abbé de Stavelot. Tous les manants des divers hameaux durent se présenter au greffe de la Cour de Lierneux et déclarer sous la foi du serment le nombre, l’étendue et la mouvance des terres à leur juste valeur, la Cour nomma dans chaque village deux hommes compétents qui durent aussi prêter serment de fidélité. Ces arbitres furent : à Grand-Sart, Pierre BASTIN et Henry GREGOIRE ; à Petit-Sart, Jean ANDRE et Jean RENARD ; à Joubiéval, Barthélemy LEONARD et Jean LE CORBUSIER ; à Provedroux, Henry MICHEL et Henry ALHON.
Pour finir, citons en passant quelques noms d’échevins de la Cour de Lierneux qui étaient de Sart ou de Joubiéval : Warnier du Sart-Ste-Walburge, bailly de Lierneux (1501) ; Henrot du Sart (1550) ; Henrot du Sart (1540) ; Jean Trilar et Bertren du Sart (1550) ; Mathieu de Joubiéval (1617) ; Jean Mathieu du Sart (1615) ; Jean Trillar du Sart (1620) ; Berthollement du Sart (1620) ; Boniface du Sart († 1637) ; Jean Bastin (1630, 1652) ; Jean Walrant (1669-1694) ; Michel Walrant (1672) ; Dieudonné Jean Walrant (1669-1694) ; Michel Bastin (1666) ; Nicolas-Pierre Delgleize (1707) ; Jean-Michel Walrant, notaire et procureur résidant à Sart, greffier du ban pendant plusieurs mois en 1741 ; Gilles-Benoît Léonard (1747-1763) ; Remacle Léonard († 1747) ; Antoine Renard († 1725) ; Pierre-Michel Niset (1763-1792) ; Pierre Grégoire († 1773) ; Jean-Remacle Léonard (1773) ; Jean-Henri Bodson, nommé le 17 mars 1792.
Sous les gouvernements qui se sont succédés en Belgique depuis 1795, Sart-Ste-Walburge a fait et fait encore partie de la commune de Lierneux. Provedroux, Sart, et Joubiéval forment une section distincte depuis 1882. Après cette date, les habitants de Sart et de Joubiéval ont procédé par trois étapes successives au partage des biens-fonds qui ont toujours appartenu au village et qui portaient au XVIIIe siècle le nom d’ « héritages » de Sart-Ste-Walburge. Un partage analogue avait déjà eu lieu vers 1767.

II. Faits militaires

Le maintien de la paix publique dans chaque ban de la principauté était assuré par la garde bourgeoise. D’après le treizième et dernier règlement promulgué par Guillaume de Bavière le 30 novembre 1651, les officiers étaient nommés par le prince sur la proposition des Cours. Tout bourgeois devait servir gratuitement dans la compagnie de son ban jusqu’à l’âge de 65 ans ; mais on ne pouvait exiger plus d’un homme par ménage. Les conseillers des Cours, les ecclésiastiques, les gentilshommes er les bourgmestres étaient exemptés du service militaire. Le prince avait trois adjudants et une garde permanente de vingt-six hommes commandés par un capitaine.
Grâce à sa position géographique, la communauté de Lierneux située à l’extrémité sud de la principauté et à proximité de la France et de l’Allemagne, eut souvent l’avantage discutable de se trouver entre l’enclume et le marteau. D’ordinaire, les troupes qui en temps de guerre sillonnaient le pays, recherchaient les villages les plus considérables comme Lierneux, mais lorsque l’occasion s’en présentait, elles ne dédaignaient pas les troupeaux des hameaux voisins. Voilà pourquoi il nous semble probable que Sart-Ste-Walburge n’échappa point aux pillages de 1387 et de 1574 dont Lierneux eut tant à souffrir.
Quoi qu’il en soit, les Lorrains, les Hollandais et les Français qui occupèrent presque continuellement le comté de Salm de 1630 à 1660, imposèrent souvent des corvées et des contributions de guerre aux habitants de Sart qui s’estimaient trop heureux lorsqu’ils pouvaient, en répondant assez facilement à leurs exigences, prévenir les dangers plus graves des incursions chez eux. De plus, les rôles des tailles de 1652 à 1715, mentionnent presque chaque année des passages de troupes espagnoles, françaises ou allemandes, et donnent jusque dans leurs détails les charges qu’elles imposèrent aux différents hameaux du pays de Lierneux.
Le 31 juillet 1665, le bruit se répandit que des troupes allemandes s’étaient avancées jusqu’à Saint-Vith. Aussitôt, Pierre de Huart, mayeur de Lierneux, envoya un messager à Stavelot pour en informer le podestat dans le but d’obtenir des secours. Malheureusement les renforts n’arrivèrent sans doute pas à temps, car le 4 août les troupes de S.A. de Bade pillèrent Jevigné non sans blesser plusieurs habitants et le lendemain, elles firent subir le même sort au hameau de Verleumont. Ces troupes se dirigèrent ensuite vers Malempré ; mais comme on craignait un retour offensif, la milice du ban fut convoquée pour le 6 août à Lierneux, et Sart y envoya dix-huit hommes.
Au commencement du mois de mai de l’année 1668,plus de deux mille Français passèrent par Sart-Ste-Walburge et prirent la direction de Herve d’où ils retournèrent en France par la vallée de l’Ourthe.
Les passages de troupes françaises et étrangères entre 1792 et 1815 doivent aussi être signalés, car on rappelle encore à l’heure actuelle les exactions dont se rendirent coupables les cosques qui séjournèrent quelques temps à Sart à cette époque .

III. Industrie locale

Les habitants de Sart pour la plupart des agriculteurs ; cependant ils n’ont jamais renoncé complètement à l’exploitation des richesses naturelles de leur pays ni aux bienfaits de l’industrie locale. Nous nous contenterons de dire un mot des deux moulins de Sart et de Joubiéval et des carrières.
Le moulin de Sart, qui fut donné à la fabrique comme dotation de la chapelle, existait probablement déjà avant la construction de celle-ci, c’est-à-dire à la fin du XIIIe siècle. Quant au moulin de Joubiéval, il est cité pour la première fois dans un acte de l’an 1396, par equel Lambotte d’Ottré donne à Jean d’Ottré les rentesqu’il possédait sur cet immeuble, estimées à 6 « coppes de regon ». Dans les registres aux reliefs de la Cour féodale de Stavelot, il est encore fait mention de ce dernier moulin quatorze fois entre les années 1415 et 1548. Le chapitre de Stavelot l’acheta en 1557 à Maurice d’Ottré pour 444 ½ florins et en conserva la propriété jusqu’à la Révolution française. Au commencement du XXe siècle, on a construit un nouveau moulin et on y a ajouté une scierie de bois dernier modèle.
L’industrie de la pierre à rasoir fut connue aussi de bonne heure à Sart, car les anciennes carrières, situées entre Provedroux et Sart, indiquent par leur disposition primitive un travail remontant au moins au XVIe siècle. On y faisait entre autres des dalles sépulcrales, des bénitiers d’église, des meules de moulin et des pierres de fonts baptismaux .
Ces ouvrages ne recevaient, en général, aucun ornement présentant un caractère architectural. Les fonts baptismaux de l’ancienne église paroissiale de St-Martin (Bovigny) sont un reste de cette industrie aujourd’hui délaissée. Ils forment un cône renversé mesurant 0,60 m. de hauteur, 0,85 m. à leur plus grand diamètre, et 0,50 m. au plus petit. On y remarque seulement une rainure circulaire où se plaçait le couvercle des fonts .
Dans un acte du 3 mai 1513 par lequel messire Paulis, curé de Lierneux, relève les biens de Boudechon d’Oultré son oncle, est mentionnée une pièce de terre situé derrière les fosses. Ce lieu-dit, que tout le monde connaît encore aujourd’hui, indique évidemment la préexistence des carrières à l’époque indiquée.
D’autres carrières de dalles ont été ouvertes à Joubiéval au cours du XIXe siècle et sont encore en exploitation actuellement. Grand-Sart possède de son côté des carrières de pierres à rasoir qui remontent au XVIIIe siècle. Les coticules qu’on y extrait sont façonnés dans le village et vendus ensuite dans tous les pays civilisés. À l’heure actuelle, le commerce des pierres à rasoir à Sart peut s’évaluer à 140 000 frs. par an. Ce genre d’exploitation occupe une centaine d’ouvriers à Sart et forme la principale richesse du village .
Les nombreuses routes qui sillonnaient le village et le nouveau chemin de fer vicinal de Vielsalm à Lierneux, inauguré le 23 octobre 1904, ne peuvent que faciliter le développement de cette industrie locale.

IV. L’instruction

La règle qui prescrit que près de chaque église il y ait une école est presque aussi ancienne que le christianisme. on la retrouve rappelée dans les décrets des conciles, dans les capitulaires de Charlemagne et dans les décrétales de Grégoire IX. De même, les statuts archidiaconaux de Liège, qui remontent au moins au XIIe siècle, inculquent aux curés des villes et des villages l’obligation de veiller à ce que il y ait des écoles près de leurs églises et à ce que les instituteurs soient des hommes capables.
La plupart des instituteurs, à cette époque, étaient des clercs qui remplissaient en même temps les fonctions de vicaire ou de sacristain.
Au doyenné de Stavelot, il y avait au XVIIIe siècle un grand nombre d’écoles tenues par des prêtres, vicaires ou sacristains ; c’était le cas pour Sart-Ste-Walburge (1708), Bodeux (1708), Provedroux (1712), Verleumont (1722), Odrimont (1732), Bra (1708), Lierneux (1708) et Cherain (1716).
Pendant tout le XVIIIe siècle, il y eut donc deux prêtres de résidence à Sart-Ste-Walburge : le chapelain et le maître d’école qui exerçaient à Sart les fonctions d’instituteurs, nous connaissons les suivants : Henry Cornély (1709) ; Jean-François Georgy de Salm (1737, 1738) ; Remy André (1743) ; Jean-Joseph Collinet (1747) ; Jean-François Falize (1772) ; Servais Cornélis de Malempré, décédé à Sart le 26 juillet 1789 à l’âge de 69 ans ; Jean-Pierre Cara de Taverneux (an VII) qui mourut chapelain à Provedroux le 19 décembre 1808 à l’âge de 38 ans.
À côté de l’ancienne école, on éleva une nouvelle au milieu du XIXe siècle, et celle-ci, devenue trop petite, fut remplacée à son tour en 1899. Parmi des instituteurs de Sart au XXe siècle, nous connaissons MM. Pierre-François Potelle de Lierneux ( ?-1882) ; Isidore Potelle de Sart (1882-1884) ; Victor Blaise de Rettigny (1884-1888) ; Paul Potelle de Sart (1888). Mme Paul Potelle-Arnould donne classe aux filles depuis 1899.
De 1880 à 1865, une école libre fut organisée à Sart et M. Jean-Hubert Geiebenne y donna les cours primaires à soixante-quinze élèves.

V. Biographie

Avant de terminer cette courte notice, nous nous faisons un devoir de mentionner les noms de deux de nos compatriotes qui, grâce à leurs aptitudes et à leurs travail, ont occupé des positions distinguées. Je veux parler de Julien de Paul et de François Niset.
Le premier naquit à Provedroux en 1659 d’une famille de condition très modeste. Il entra plus tard au service de Louis XIV qui lui confia dans la suite la fortification des frontières septentrionales de la France. Julien de Paul s’acquitta si bien de ses fonctions que le roi, en témoignage de sa reconnaissance, accorda un diplôme de noblesse à sa famille.
Julien de Paul était aussi bon chrétien que bon militaire, car en 1712 il fit bâtir à ses frais la chapelle de Provedroux.
Voici son épitaphe, qui se trouve dans le porche de l’église de Provedroux :
« Sta viator et lege. Hic jacet prenobilis D. Joan. Julianus de Paul. Sacr. Rom. Imp. eques, fundator hujus sacelli, vir ad magna natus et omni encomio major. Vixit propitio sibi in negotiis Deo, omnibus spectabilis, venerandus, odisius nemini et ubique recti et sequi tenax ; bellicorum aggerum conductor, varias ad firmandos regni Gallici limites vel aedificavit vel amplificavit urbes Dunkercamanalen, Mardicensem, Givetum, Carolomontium, Metas, etc…., etc… quas validioribus et prope inexpugnabilibus cinxit propugnaculis atque ob haec tam bene gestis, regiis honoratus muneribus in animi grati beneficium et signum, ex felici per liv annos connubio cum D. Anna Maria de Jasy praeclaram suscepit prolem eamque locupletavit, nobilitavit atque ad munia honorifica sive in rebus civilibus sive militaribus in omni probitate extulit. Defunctus in quo natus erat pago nomine Provedroux e Stabulensis principatus Dominio, ibidem corpus suum humani voulit ; obiit nonagenarius die XXVI janu. Anno Dom. 1749. Abi viator et praecare Deum optimum et maximum ut anima ejus aeterna requiescat in pace »
Dans le même porche de Provedroux, se trouve une courte épitaphe en français :
« Ici repose en Dieu Messire Julien de Paul, natif de Provedroux, écuier du Saint Empire Romain, fondateur de cette chapelle, décédé de ce monde le 26 janvier 1749, qui avait épousé le 27 may 1695 Mlle Anne-Marie Jasy de Namur. Priez Dieu pour le repos de son âme ».
Le second, François Niset, naquit à Joubiéval en 1829 et devint plus tard conservateur de la Bibliothèque royale de Bruxelles. Il a publié un volume de poésies. Il est mort à Ixelles en 1899 .

APPENDICE

LA POPULATION DE L’ANCIENNE CHAPELLENIE ET DE LA PAROISSE DE SART
En 1534, le ban de Lierneux comptait 148 ménages. En 1653, il y avait 30 ménages à Grand-Sart, 15 à Petit-Sart, 17 à Joubiéval et 9 à Provedroux. En 1708, la chapellenie comptait environ 270 habitants ; en 1802, il y en avait 333, et en 1900 la paroisse comptait 800 habitants.
Nous donnons ci-après quelques listes des familles de Sart, de 1394 à 1902.
PREMIERE LISTE
XIVe siècle
16 janvier 1394 : Johan Li Abbeit, Collair de Sart, Haned Mariscal, Jehan Bareit, Gillar de Sart, Johan, fils Leset ; Johan fils, grand Wilheaime d’ent deiz Rwi ; Collinet de Sart, Johan Brinneaul, Johan de Haubiaival, Collinet de Haubiaval, Johan Marchand, Johan Chenallu, Henry de Kokealmon, Lerot de Sart, Collet Cuchon do bain de Roine relève à Kokealmon.
1395 : Collin, fils Lerossè d’Assempreit relève un fief en Assempreit et appelé le fief de Maroye de Xhavanne ; Collar Rosseaulx et Henry Pouchard.
1399 : Wérot Quaré et Pirot de Jaberva.

DEUXIEME LISTE
XVe siècle
1er janvier 1400 : Pirot de Jebeival, les enfants le fils de Kokelmon.
1402 : Hemoteal caonne relève le tiers de Kokelmont deleis le Sar-Saint-Valbuer ; Collin, beau-frère du précédent ; Colin fils Collinet del Bedin, Pirot gendre de Cronchamps de Goronne relève à Sart de Collar Mosseaul del Vauz, Collin fils Le Rossè d’Asombré.
1406 : Denise fils maistre Collin Delgleixhe, Lambot d’Otreit de Sart-Sainte-Valbeux, Jehan Fisce de Sart, Wérot fils Collar de Sart, Wyry fils Linon relève l’ancienne maison de Remacle delle Quelle.
1407 : Pirot Toilhair, Henri Canonne et Kolet Begine, son frère ; Henri fils Lino de Jobielvauz, Mathu fils del filhe Le Fise de Kokelmont.
1410 : Kateline fille de Lambotte d’Oltré et Jehan, son frère.
Avant 1439 : Jean fils Collet de la Teste de bœuf.
1439 : Malherbe d’Entre deux Ruys, fils de Jean.
Mort en 1439 : Jean d’Entre deux Ruys.
1442 : Colais Teste de bœuf.
1458 : Tossaint et Pirot fils Wérot Colla de Sart-Sainte-Walburge, Pirot de Joubiévaux manant à Saint-Vith.
1482 : Jean Pacquette de Sart.

TROISIEME LISTE
XVIe siècle
Habitants connus (1501-1513).
1501 : Rebard fils de Jehan de Sart-Sainte-Walburge relève de Stassin de Sart-Sainte-Wabeux et de son fils Jehan.
1502 : Jehennet filhe Pirot de Cockeamont et Collet fils Gille de Semepré son mari ; Jehan Pirot Tulhare, Linot fils Michi Delgleize, Warnier de Sart-Sainte-Walburge relève la moitié des fiefs Bodeson fils Hannes de Fiseiz ; ce Warnier est bailly du ban de Lierneux ; Pirot Wailram de Sart-Sainte-Walburge ; Maron Pirot, Linot fils Collet Gordinea, Pirot de Mon, Michel Thossan, Heurot de Sart, Vinchot fils Grigoir Piroteaux, Ely fille Colla Jehan Magin et Jean Pacquay delle Comteis, Henry Collet Gordinea, Lynot Bery, le fils Grigoir Vinchot, Albinet de Sart, le fils Walran de Sart, Tossen de Sart, fils de Henry Le Parmentier, Gillet le Menestreit, Pirot Jehan de Leauwe, Mathis Collet Gordinea, Vieux Cola de Sart, Jehan Stassin de Sart, Jehan Collet, Jehan Doullin.
1503 : Pirot fils Pirot Jehan de Leauwe relève de Jehan Pacquet ; Jacqmin Tulhar demeurant à Hierlot ; Pirot fils Jacqmyn Trilhar ; la fille de Michie de Lenglire de Sart-Sainte-Walburge, Pirotea de Sart, Jehan Colla, Gille de Sart, Henry Lambiet, Mathie Gordineaux, Jehan Collet, demeurant à Liège, relève de Collet Gille son père, jadis de Sart ; Henrot de Kokeamont, Jehan Lynot, Jehan Gile, Jehan Gillet, Jehan de Hyve, Paulus, fils de Henry Lynot.
1505 : Piron Grand Henry, Gille de Marteau, Jehan Michiel de Jubiévaulx, Feu Jean Dassey, Jehan Reinty de Provedroux relève ce que Gile de Hour Haldar avait obtenu lors de son mariage le 28 février 1479.
1506 : Jehan fils Jehan Toullair, Jehan le Petit Fayhea, Jehan Mathie Collet de Sart.
1507 : Collet, gendre du bailly Warnier de Sart ; Jehan fils Henry Le Moulnye de Joubeyvaulx relève d’Isabelle Walran sa mère, la moitié de l’assise Walran de Sart ; Henry Collet, Jehan fils Collet Gillet.
1508 : Henry Gordinea de Sart, Jehan Mathie de Sart, Mathie Collet, Thonon fils Grégoire de Sart.
1510 : Henri et Jehan Vécrulle, fils de Collet Packea ; Pirot Grosjehan d’albefontaine, gendre de Henri Vécrulle ; Maurice le Moulnier et Jehan le Moulnier de Joubiéval.
1511 : Isabeau, veuve de Grégoire Pirottea de la Gleize en Sart ; Mathie fils Pirot, Jehan de Leawe, Michel Malherbe, Jehan Colla, Jehan Pacquay de Joubiévaulx, Jehan Pacquay de Sart, époux de la fille de Pirot Jehan de Leawe ; Henry Jehan Pacquay, Poncelet, fils de la fille de Jehan Gille ; Lynar Ballie, Bodechon d’Assebbepré, Henrot, son frère ; Pirot de Pomreu, demeurant à Bastogne.
1512 : Jehan Gille du Sart, Feu Bodechon Symon de Sart, Jehan Vaultele de Créau, Jehenne relicte de Vinchot de Sart et Francheu son fils, feu Grégoire Pirotteau était le grand-père de ce dernier.
1513 : Jehan et Grégoire, fils de Bodechon Symon ; Lynar le Corbesyr ; Boudechon d’Oultré et Messire Paulis, curé de Lierneux, son neveu.

QUATRIEME LISTE
XVIIe siècle

Liste des familles de GRAND-SART, PETIT-SART, JOUBIEVAL et PROVEDROUX d’après le rôle des tailles du 7 mai 1653.
Sart Al Hesse : Femme de Henry Grigoire, Piron Simon, Sion Didy, Jean George, Guillaume Bauduen, Pierre Basten, Franç. Leparmety, Basten Pierre, Renard Jacque, Jean Evrard, Jean Walrant, Jean Paul, Noël-Jean Bietmé, Femme Jaque, Renard Jacmein, Gillet le Mercenier, Paulis Madenge, Fille Madenge, Jean Mathieu.
La Gleize : Miche del Gleize, Jacqmein Bodson, Femme Remacle, Marc Boniface, André-Henry Lemaire, Pierre Grégoire, Femme Delaitre, Pierre des Indes, Piron le Corbesier, Thomas le Meunier, Jean-Evrard Piron, Jean Huaime, Collin (del Gleize), Jean Le Marichal, Quirin Madenge.
Joubiéval : Pierre Lemeunier, Pierre-Jean Léonard, Jean Anthoine, Jean Halconru, François Halconru, Henry-Jean Léonard, Denis Cloese, Paulis-Jean Françoy, Femme Herman, Lambert le Grand Henry, Fille de Pré, Jean Mathieu, Femme Philippe, Jean Bietmen, Femme Gerlache, Borine, Bastin Despaigne.
Provedroux : Jean Lemaire, Enfants Melchior, Henry de Floret, Arte Anthone, Symètre Renard, Fille Henry Gillette, Jean Paul, Henry Alzon, Anne Collet.

CINQUIEME LISTE
XVIIIe siècle

Liste complète des familles de SART, le 20 janvier 1700.
Grand-Sart : Henry Grégoire, Enfants Pierre Delgleize, François Evrard, Willem Evrard, Relicte Jean George, Michel Bastin, Pierre Remy, Jean Marchand, Jacques Goffin, Jean Savari, Dedi Michel, Paul Grégoire, Enfants Jean Walrant, Relicte Bastin, Henri Noël, Antoine Renard, Jacques Lemarichal, Colla Jean Colla, Jean Paulis, Relicte Jean Mathieu.
Sart à l’église : Jean Renard, Henri Bodson, Jean Marquet, Enfants Pacquay, Grégoire, Jean André, Enfants Collin, Jean Quelin, Jacques Le Chevolet, Relicte Jean Lemarichal, Jean de Villettes, Enfants Mathieu Thomas, Lambert de Brume, Henri-Jean Marque, Marie Marque, Marie-Anne François, appelée « chastelaine ».
Joubiéval : Catherine le Meunier, Urbain Le Meunier, Bietmez Léonard, Jean Marque, Les héritiers Jean Rigau, François Paul, Jean-Henri Léonard, Jean Jaspar, Henri Halconru, Jean le Corbesier, Henri Gerlache, Séverin Gerlache, Relicte Jean de Rochelinval, Henri Bastin, Anne Philippe, Paul François.
Provedroux : Jean Lemaire, Sevrin Léonard, Relicte Jean Mention, Denis-Jean Arte, Jean Collette, Jean Paul, Henri-Jean Gillet, Henri Alhon, Jean Remy, Hubert Lemaire, Jean Le Gouvy, Jean Laplume.

SIXIEME LISTE
XXe siècle

Liste des noms des familles de la paroisse en 1902.
Abinet, André, Andrianne, Archambeaux, Balthazar, Barbette, Batteux, Beaudoin, Bodeux, Bodson, Borguet, Bottier, Brisy, Burton, Burnotte, Bechait, Close, Cornet, Deroanne, Denne, Derochette, D’Olne, Evrard, Failon, Felten, Georis, Genin, Geiebenne, Grégoire, Guillot, Guilleaume, Gaspard, Houran, Houry, Istace, Job, Joris, Jacquet, Jeukels, Koos, Lamboray, Lenfant, Lemasuy, Lecler, Léonard, Lemaire, Lesenfants, Lebecque, Lejeune, Mestré, Masson, Massoz, Mathieu, Miny, Moyse, Minet, Marichal, Monfort, Metlenne, Meniger, Nelis, Nizet, Orban, Piron, Potelle, Parmentier, Péters, Rahier, Renard, Remy, Rondeux, Reynertz, Schoune, servais, Sevrin, Trouet, Viance, Walrant, Wergifosse, Werhauzen, Zanguerlez, Zeimetz.

SEPTIEME LISTE

1829
Cette liste nous a été aimablement communiquée par M. l’abbé B. A. FOURGON, qui l’a découverte dans les archives de M. le docteur Vilenne, son grand-oncle.
SART :
278 Jean-Henri Guilleaume et Marie Catherine Chevolet, son épouse, 54 et 55 ans, maréchal-ferrant et cultivateur.
- 5 enfants : Jean-Nicolas, 28 ans, Jean-Henri, 25 ans, Denis, 23 ans, Jean-Guillaume, 17 ans, Marie-Cine, 18 ans, plus un domestique : Jean-Henri Simon de Malmedy : 8 pers.
279 Jean Andrianne-Lescrenier, 60 ans…3 pers.
280 veuve Andrianne-Gillet, 53 ans…4 pers.
281 Georges Toubon-Regnier, 37 ans, natif d’Arbrefontaine… 2 pers.
282 Jean-Henri-Louis Wangen, 62 ans, natif de Reuland, (dont 3 de l’ancienne famille Lesaint)… 6 perss.
283 Veuve Walrant-Chevolet, 71 ans… 8 pers.
284 Henri-Martin Burton-Marichal, 47 ans… 4 pers.
285 François Lecler-Lescrenier, 63 ans… 4 pers.
286 Jean-Joseph Lecler-Burton, 39 ans… 6 pers.
287 Henri Schröder, veuf, 34 ans, né à Holler, et Jean-Joseph Grégoire-Andrianne, 36 ans, charpentier… 5 pers.
288 Jean-Hubert Lemaire-Orban, 63 ans… 2 pers.
289 Joseph Orban-Valentin, 50 ans… 3 pers.
290 Jean-François-Louis Lamboray-Niset, 39 ans, né à Ottré… 5 pers.
291 Pierre-François Nizet-Renard, 40 ans (dont Jean-Léonard Geiben, né à Crombach, 20 ans)… 6 pers.
292 Paul Burton-Massoz, 49 ans… 7 pers.
293 Servais Massoz, veuf, 67 ans, et Paul Burton-Massoz, 25 ans… 4 pers.
294 Joseph-Noël Nizet, 64 ans, veuf, Pierre-Michel Niset, célibataire, 58 ans, et Henri-Joseph Burton-Nizet, 36 ans… 10 pers.
295 Jacques-Joseph Georis-Orban, 57 ans… 8 pers.
296 Marie-Catherine Delvaux, née à Hébronval, veuve, 60 ans, et Jean-Pierre-Joseph Burton-Marichal, 30 ans… 7 pers.
297 Marie-Jeanne Fraiture, 84 ans, née à Salm, et François-Joseph Orban-Simon, 47 ans… 6 pers.
298 Marie Bothier, 60 ans, mendiante… 3 pers.
299 Marie-Jne Lecler, 38 ans, veuve, née à Ottré et ses enfants : Bothier, Henri-Joseph, etc… 6 pers.
300 Jean-Joseph Bertrand, 53 ans, veuf, né à Regné, et ses enfants… 7 pers.
301 Marguerite Toubon, veuve Grégoire, 65 ans… 3 pers.
302 Jean-Gérard Servais-Sevrin, 27 ans, né à Bodeux… 3 pers.
303 Jean Rahier-Orban, 54 ans, né à Spa… 2 pers.
304 Henri-Joseph Nizet-Louis, 52 ans… 5 pers.
305 Jean-Pierre Orban-Walrant, 66 ans… 8 pers.
306 Jean-François Walrant-Burton, 40 ans… 8 pers.
307 Jean-Joseph Walrant-Andrianne, 33 ans… 7 pers.
308 Pierre-Michel Nizet-Lemaire, 30 ans… 4 pers.
309 Jean-Joseph Bodson, 38 ans, veuf… 1 pers.
310 Jean-Grégoire Lacaille-Renard, 23 ans, né à Battice… 5 pers.
311 Matrene Herman, 33 ans, né à Trois-Vierges, desservant… 4 pers.
311 bis. Marie-Joseph Gillet, veuve Halet et ses enfants, 60 ans (dont un cordonnier)… 4 pers.
312 Jean-Joseph Marichal-Noël, 28 ans… 3 pers.
313 Jean-Joseph Feltenne-Bodson, 53 ans, charron… 5 pers.
314 Marie-Josèphe Guillaume, veuve Sart, 48 ans, ses enfants, et Henri Guilleaume, veuf, 79 ans… 5 pers.
315 Marie-Cine Lemaire, veuve Guilleaume, 43 ans… 8 pers.
316 Joseph Rahier-Thélen, 56 ans, maréchal-ferrant… 8 pers.
317 Jean-Joseph Christophe-Noël, 45 ans, né à Sart-lez-Spa… 2 pers.
318 Anne-Marie Bodson, veuve Lemaire, 37 ans… 5 pers.
319 Jean-André Lemaire-Orban, 48 ans… 5 pers.
320 Anne-Jeanne Monfort, veuve, 78 ans, et Etienne Heklin-Lemaire, 29 ans… 4 pers.
321 Jean-Henri Velter-Grégoire, 50 ans, né à Ottré mendiant… 6 pers.
322 Marie-Marguerite Orban, 64 ans, veuve, et Jean-Noël Grégoire, céibataire, 20 ans… 2 pers.
323 Jean-Joseph Massoz-Bodson, 70 ans, meunier… 7 pers.
324 Jean-André Chevolet-Mousny, 49 ans… 12 pers.
325 Dieudonné Burnotte-Lecler, 42 ans, né à Samrée… 4 pers.
326 Maurice Arrasse-Renard, 46 ans, né à Arbrefontaine, marchand… 3 pers.
327 François-Michel Walrant-Guilleaume, 34 ans… 4 pers.
328 Martin Miny-Cougnet, 59 ans… 7 pers.
329 Jean-Laurent Sevrin-Renard, 51 ans, né à Grand-Halleux, sorti de Sart en 1830 pour aller à Mont… 7 pers.
330 Jean-Joseph Chevolet-Hourant, 29 ans… 2 pers.
331 Jean-Michel Walrant-Lemaire, 42 ans… 9 pers.
332 Jean-Guilleaume Lemaire-Sart, 26 ans, né à Vielsalm… 5 pers.
333 Jean-Pierre (ou Gaspard ?) Joseph Chevolet, 35 ans ( ?) et M.T. Ratz, son épouse… 6 pers.
334 Jean-Guilleaume Bille-Leblanc, 50 ans, né à Bèche, berger… 8 pers.
335 André Renard-Collin, 47 ans… 8 pers.
JOUBIEVAL :
336 Pierre-Joseph Ailephe-Lemaire, 34 ans, marchand… 2 pers.
337 Jacques-Hubert Grégoire, 71 ans, et son épouse Marie-Jne Ailephe, 70 ans, née à Bastogne… 2 pers.
338 Séverin-Pierre Lecler, 68 ans, veuf, charron, et Henri Leclerc-Massoz, 30 ans… 5 pers.
339 Jean-Laurent Lebeck-Servais, 39 ans… 3 pers.
340 Henri Leclerc, 69 ans, veuf… 5 pers.
341 Noël Deperron-Ducrottier, 50 ans, né à Verviers… 3 pers.
342 Gérard Morsomme-Remacly, 34 ans, né à Salm… 4 pers.
343 Jean-Joseph Leclerc-Felten, 56 ans… 6 pers.
344 Nicolas-Joseph Marquet-Servais, 29 ans, boutiquier, né à Grand-Halleux… 4 pers.
345 Jean-Pierre Léonard-Minet, 60 ans, né à Joubiéval… 4 pers.
346 Jean-Hubert Nélis-Lemaire, 44 ans, fermier… 5 pers.
347 Jean-Pierre Henne, veuf, 51 ans… 4 pers.
348 Aubin Abinet-André, 45 ans, fermier… 6 pers.
349 Ferdinand Feltenn-Marc, 63 ans… 5 pers.
350 François Nizet, veuf, 8 ans, et François-Augustin Nizet, 38 ans, époux Lomry… 4 pers.
351 Antoine Nizet-Masson, 36 ans… 5 pers.
352 Jean-Séverin Léonard-Nicolay, 51 ans… 4 pers.
353 Joseph Leclerc, veuf, 60 ans, et ses enfants… 5 pers.
354 Jean-François Orban-Regnier, 62 ans… 3 pers.
355 Jean-Martin Orban-Liners, 51 ans, né à Ottré… 5 pers.
356 Lambert-Joseph Renard-Dutrou, 29 ans… 5 pers.

PROVEDROUX :
357 Simon Blanjean, 64 ans, veuf, et Pierre-Joseph Genot-Blanjean, 30 ans… 4 pers.
358 François Sévrin, 52 ans, veuf… 3 pers.
359 Marie-Joseph Sévrin, veuve Masson, 74 ans et Jean-Pierre Remacly-Masson, 45 ans, né à Petit-Thier… 8 pers.
360 Paul-Joseph Archambeaux-Derochette, 44 ans, né à Vielsalm… 8 pers.
361 Marie-Cine Toubon, 58 ans, mariée à Philippe Fekenne de Steinbach, d’abord veuve Masson, enfants du premier mariage… 5 pers.
362 Jean-Hubert Blanjean-Rulmont, 27 ans… 2 pers.
363 Henri Grupont-Derique, 69 ans, né à Gerimont, châtelain de Provedroux… 2 pers.
364 Marc Marquet-Gesnot, 45 ans, né à Grand-Halleux… 6 pers.
365 Jean-Nicolas-Joseph Archambeaux-Ratz, 37 ans, né à Vielsalm… 9 pers.
366 Marguerite Quoilin, 77 ans, veuve de Rettigny et Mathieu Deroitte-Remy, né à Rettigny, 53 ans… 3 pers.
367 Pierre-Joseph Remy, 75 ans, veuf, et ses enfants et petits-enfants, tous des Remy… 10 pers.
368 Marie-Joseph Pignon, veuve Masson, 63 ans… 4 pers.
369 Lambert Gilson-Quoilin, 65 ans, né à Wanne… 7 pers.
370 Pierre Gesnot-Lhote, 61 ans… 6 pers.
371 Servais Putz-Lebeck, 47 ans, né à Vielsalm… 6 pers.
372 Henri-François Huberty-André, 26 ans, né à Vielsalm… 3 pers.
373 Marie-Cine Thérèse Andrianne, veuve Laplume, 58 ans, et ses enfants… 3 pers.
374 Jean-Joseph Fontaine-Raquet, 35 ans, né à Roanne menuisier, entré et sorti peu après… 5 pers.
375 Henri-Léonard Hens-Ratimus, de Neuville, entré et sorti peu après… 4 pers.




Par l’abbé Denis GUILLEAUME, vicaire à Sainte-Foy, à Liège.
1906.

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Quelques précisions sur la chapelle St-Roch à Arbrefontaine

Dans une de ses chroniques, parues dans le journal publicitaire « Ourthe-Amblève », OURTHAM alias Charles PIERARD (+ 1973) signalait : « La...