samedi 31 mars 2012

VIELSALM DU TEMPS DE MON ENFANCE (2)

(Le n° (1) est paru dans L’Annonce de Vielsalm du 9 mars dernier)


Revenons sur nos pas pour parler du côté droit de la route appelée en ce temps Rue de la Station.
La grosse propriété Turner (27) était la première. Je savais que Monsieur Turner était une sommité en matière de forêt car j’entendais souvent mon papa dont le bois était une passion parler de lui avec respect et admiration. La propriété suivante était celle du Dr Bodson (25). J’y étais allé une fois pour des maux de gorge, d’oreille ou de nez et j’avais été frappé de voir le grand nombre de fioles qui se trouvaient dans son cabinet. Sur le talus qui longeait ces propriétés, les gosses, à force de s’y déplacer, avaient fait une sorte de sentier, un peu comme dans les champs, les vaches passant toujours au même endroit finissent par creuser un passage où l’herbe ne pousse plus. Après donc la nouvelle construction de chez Rinck, un espace resté très longtemps non bâti et un bâtiment (21) constituaient le dépôt des matériaux de construction de Clément Englebert. Nous arrivons ainsi chez Recken-Poncin (19) magasin de meubles, menuiserie et pompes funèbres. La camionnette noire Chevrolet servait indifféremment pour toutes les activités. Madame Recken, de surcroît, confectionnait des matelas. Elle est venue en faire un chez nous à partir d’un énorme tas de laine de mouton : ça l’avait bien occupée trois journées complètes. Mais comme j’avais été prié de me tenir à l’écart pour ne pas déranger, je n’ai rien vu de sa façon de faire. C’était la pédagogie de l’époque. A côté ( 17) habitait la fille, Jacqueline, qui avait épousé Eugène Olimar, bien plus âgé qu’elle et venu faire son service militaire à Rencheux. C’était un de nos instituteurs. Son village, Udange, à 5 km d’Arlon et sa longue captivité en Allemagne durant la guerre étaient ses deux sujets de diversion préférés. Nous excellions d’ailleurs pour l’aiguiller vers l’un ou l’autre et il ne manquait pas d’en tirer des morales qu’il aimait nous asséner. Un jour d’hiver alors que nous faisions du traîneau dans les Chars-à-Bœufs – nous descendions d’au-dessus de chez Colson jusqu’à la gare- nous dévalons en toboggan de 5 ou 6 luges attachées et nous traversons la grand- route – peu fréquentée surtout en hiver – au nez et à la barbe de Mr Olimar venu poster une lettre. Que n’avions-nous pas entendu le lendemain sur cette imprudence : la dictée et les fractions avaient été reportées sine die. A côté, mais à l’arrière, un grand hangar servait d’entrepôt à Odon Cottin et de garage à Jean Choffray. Devant celui-ci une épicerie COOP
( 15), la Coopérative disions-nous, qui était d’obédience socialiste et tenue par Madeleine Nicolet. Jean Choffray (13) exerçait la rare profession de déménageur, très longtemps avec un antique camion allemand puis dans un rutilant Volvo bleu orné au-dessus de la cabine d’un magnifique cerf peint. Il était aussi apiculteur et avait ses ruches Sous les Roches à Sous-Bois. Nous lui achetions évidemment le miel car Jean était le cousin de mon papa et celui-ci travaillait souvent avec lui pour mettre du beurre dans les épinards. L’étiquette des pots de miel faisait toujours mon admiration. Son rez-de-chaussée commercial ( 11) fut occupé notamment par le pharmacien Laloire puis par un magasin Spar tenu par la femme d’André Jeunejean notre (presque) voisin de la gare. On trouvait ensuite la maison d’un docteur Noêl ( 9 ) à la nombreuse famille, le bureau d’un agent d’assurances débutant : François Paquay (7), nœud papillon, barbichette et Renault 4CV, le garage Rose ( 5 )dont je ne crois pas qu’il vendait des voitures mais s’occupait plutôt d’entretiens et réparations, le café tenu par chez Jacoby ( 5), la boucherie de Robert Francis ( 3 ) qui habitait avec sa sœur Mimie et le magasin de confection pour hommes « Au Drapeau Belge » de Jules Martin (1). Celui-ci eut la première Citroën DS19 à Vielsalm et son frère Raymond était l’heureux propriétaire d’une splendide voiture de sport, une Triumph TR3 qui faisait notre admiration.



A SUIVRE/ RN

Note de l’auteur
Chaque semaine, des lecteurs de l’Annonce me disent qu’ils ne se souvenaient pas de telle ou telle chose que j’écris mais s’étonnent que je ne cite pas telle ou telle autre chose, comme par exemple les chaussures Winand et du fils, un joli curé !
C’est l’occasion de redire que ceux qui ont d’autres souvenirs seraient bien inspirés de prendre la plume pour compléter les miens. Qui va enfin se lancer ?

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