lundi 3 août 2009

1. Les origines.

Vers l'an mille, un événement d'importance vint marquer les destinées de notre région : la création du comté de Salm.

C'est dans un document non daté, mais rapporté par ses éditeurs à la fin de 1034 ou à la première moitié de 1035, que l'on rencontre la première mention du nom de Salm. Il s'agit d'un acte d'échange conclu entre les abbayes de Stavelot et de Saint-Maximin de Trèves, au sujet de certains lieux, acte citant un comes Gisilbertus de Salmo en tête des témoins.

(J. HALKIN et C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, Comm. Roy. D’hist., Bruxelles, 1909, T. I, p. 211.)

Il y a donc, en 1035, un comte de la terre de Salm. Par la suite, les documents qui nous restent permettent d'établir la descendance de ce comte ; J. VANNÉRUS l'a fait de main de maître dans son ouvrage Les comtes de Salm-en-Ardenne.
Mais auparavant, on manque de renseignements au sujet des prédécesseurs de Gislebert.
Toutefois ceux-ci, comme plusieurs auteurs l'admettent, étaient déjà établis dans notre région.

(J. VANNERUS, Les comtes de Salm-en-Ardenne, dans A.I.A.LUX. 1919, pp. 6-8. — A. HERCHEN, Manuel d'histoire nationale du Grand-Duché de Luxembourg, 1952, p. 52. — E. BERNAYS et J. VANNERUS, Histoire numismatique du comté puis duché de Luxembourg et de ses fiefs, Bruxelles, Hayez, 1910, et son complément, 1934 — D. GUILLEAUME, L'archidiaconé d’Ardenne dans l’ancien diocèse de Liège, dans Bull. de la soc. D’art et d’hist. Du diocèse de Liège, t. XX, Liège, 1913, p. 548.)

On le sait d'abord par une charte du 31 octobre 959 faisant allusion aux pressantes démarches de Sigefroid, bisaïeul de Gislebert. Elles avaient pour but de s'emparer de Bodeux, fort proche de ce qui deviendra comté de Salm. L'abbé Wérinfrid de Stavelot, qui en éprouvait une très vive inquiétude, fit échouer cette tentative. Néanmoins, comme le remarque VANNÉRUS, comment comprendre cette insistance de Sigefroid sinon en admettant que celui-ci se trouvait déjà installé aux environs, ce qui ne peut être que du côté de Salm.

D'autre part le père de Gislebert, c'est-à-dire Frédéric († 1019), était comte d'Ardenne septentrionale et avoué de Stavelot.

(J. VANNERUS, Les comtes de Salm-en-Ardenne, dans A.I.A.LUX. 1919.)

Il est dès lors raisonnable d'admettre que les ancêtres de Gislebert possédaient déjà la cuvette de Salm depuis les environs de la moitié du Xe siècle.
Par le fait de l'appartenance de Gislebert à la maison fondatrice de Luxembourg se comprend également le point de départ de la vassalité de Salm vis-à-vis de Luxembourg, vassalité qui durera tant que durera le comté.

Le 5 novembre 1248, le comte Henri III reconnaît formellement cette vassalité :

« Je Henris, cuens de Salmes, fac savoir à tous ceaus ki ces lettres verront et oront ke j'ai repris le chastial de Salmes et toute la chastellerie entirement et toutes apentices et tous alois ki i sont apartenans, en fief et en homaige, ligement, del conte Henri de Luceleborg et de La Roiche et marchis de Arlons, et si sui devenus ses hom liges envers tous homes, save la feauté ke je devoie devant à mes autres signors. Et si est à savoir ke il se puet aydier et doit del chastel de Salmes et de la terre envers tous homes, et se li est chastiaus rendaules à tous ses besoins et cis fies sera apendans à tous jors à la conté de Luceleborg... » .


(Archives du royaume, cité par E. BERNAYS et J. VANNERUS, Histoire numismatique du comté puis duché de Luxembourg et de ses fiefs, Bruxelles, Hayez, 1910, et son complément, 1934, p. 757. )

Le 11 janvier 1307, Henri V renouvelle cet hommage prêté par Henri III envers le Luxembourg :

« Nous Henris, cuens de Salmes, faissons savoir à tous ke comme nostre antecessour... conte de Salmes aiient estés en la foy et en l'ommaige des nobles hommes les contes de Luccenbourch dou chasteal et de la chastellerie de Salmes, nous à nostre temps, pour ceu que par trespassement de temps les choises qui sont faictes ne soiient hors de memore, avons renovelleit et renovellons l'ommaige desus dit en telle manière ke nous, pour nous, nos hoirs et nous successeurs, contes de Salmes, avons repris et reprendrons de haut homme et noble nostre chier et amei signeur Henri, conte de Luccembourch, de la Roiche et marchis d'Erlons, pour lui, ses hoirs et ses successeurs, contes de Luccembourch en fyes et en hommaige lige le chasteal et la chastellerie de Salmes dessus dis, aveukes toutes leur appartenances, en alleus, fyes, arrier-fies, gardes, hommaiges, bourgesies et en toutes autres signories, quelles qu'elles soient... ».


(Arch. génér. du roy., cité par E. BERNAYS et J. VANNERUS, Histoire numismatique du comté puis duché de Luxembourg et de ses fiefs, Bruxelles, Hayez, 1910, et son complément, 1934, pp. 754-755).

À ces engagements, Henri V ajoute la reconnaissance formelle de la juridiction de la cour de Luxembourg, la renonciation à tout droit de marche, et la promesse de ne jamais battre monnaie. Nous doutons toutefois que le comté, quand il fut créé, aurait été fait d'un coin de terre détaché du comté de Luxembourg, pour servir d'apanage à la branche cadette de ce nom. Au contraire, c'était un îlot entouré de tous côtés par des terres de Stavelot. La constitution primitive du comté de Salm reste assez obscure.

Après la fondation du comté lorrain de Salm-en-Vosges, vers 1171 par le fils unique de Henri Ier de SALM, la distinction entre les deux comtés de Salm se fit en désignant le comté primitif sous le nom de vieux comté de Salm, de comté de bas Salm (NiederSalm), de Salm-en-Ardenne, de Salm-en-Oisling ; le comté lorrain porta, lui, le nom de comté de haut Salm (OberSalm), de Salm-en-Vosges.

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