dimanche 13 septembre 2009

Histoire vraie d’autrefois. Le soldat de Napoléon qui revenait.

(publié le 30 décembre 1962)

Jean-François WALRANT, né le 7 juillet 1788, de Sart-Ste-Walburge, était parti, lui-aussi comme soldat de Napoléon. Depuis douze années déjà.

Donner de ses nouvelles, oui, il n’y avait pas manqué au début. Toutefois, les dernières, on n’en connaissait plus la date. Elles venaient d’Italie, où le soldat avait été fait prisonnier.

Depuis, s’il était mort ou vif, qui aurait pu le dire.

Sa mère veuve continuait d’habiter avec deux autres fils, à la vieille maison WALRANT. Une maison pas ordinaire et qu’on appelait « le château ».

Et la mère WALRANT, souvent, pensait à son fils soldat, en silence. Mais quel espoir lui restait-il ?

La cloche déjà appelait pour la messe. Les frères WALRANT gagnaient d’un alerte pas la direction de l’église.

Les croise soudain, sur la route, un étranger, barbu. Qui est-ce ? Où va-t-il ?

On se salue, selon l’usage.

— On va à la messe ?... Y a-t-il encore de la bière au château ?
Quelle question !

L’heure de l’office de permet pas d’engager la conversation. Mais l’homme, en tout cas, paraît bien étrange.

… Le voilà au château. Maman WALRANT est seule.

L’homme entre. Il s’assied. Il essaie de converser. La femme n’est pas rassurée.

— Vous ne me connaissez pas ?
— Non !
Montrant son petit doigt noueux, l’homme insiste :
— Et ceci ne vous dit rien ?
— Non vraiment.
Un silence. L’étranger caresse sa barbe.
— Pourriez-vous me passer un rasoir, et un miroir ?
Et notre barbu d’entailler, à grands coups, la toison dorée de ses joues, sous l’œil curieux de son hôtesse.
Enfin, voilà une figure toute neuve. Elle se tourne vers la femme.
— Et maintenant ? … Ceci, qu’en pensez-vous ? indique un doigt posé sur une cicatrice près de l’oreille gauche.
La femme s’approche, le regard plein d’un émoi qui grandit, grandit.
Et soudain, les larmes jaillissent, dans un cri d’angoisse et de joie à la fois :
— Mon fils !

(Cette histoire nous a été contée par Joseph MINET, de Sart, en 1959, descendant de la famille WALRANT)

Gaston REMACLE

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Quelques précisions sur la chapelle St-Roch à Arbrefontaine

Dans une de ses chroniques, parues dans le journal publicitaire « Ourthe-Amblève », OURTHAM alias Charles PIERARD (+ 1973) signalait : « La...