samedi 5 septembre 2009

Il y a 2 siècles. Quand Ville-du-Bois voulait une chapelle.

(publié dans Pays de Salm, le 21 mars 1954)

Faisant partie de la paroisse de Salm, pendant longtemps Ville-du-Bois n’a possédé aucune chapelle ou église.

Vers la moitié du XVIIIe siècle, les habitants du village jugeant « leur communauté fort grande et peuplée » soit 73 ménages, décidèrent de « faire ériger une chapelle et « d’y faire célébrer la sainte messe, moyennant la permission des supérieurs, par un prêtre duement à ce salarié ».

Si l’on se représente l’état des chemins en ce temps-là, ainsi que l’ittinéraire à parcourir, on comprend que pour une population de plus de 300 personnes, l’érection d’une chapelle se justifiât.

Il y a lieu de remarquer qu’en effet à ce moment, et pendant un siècle encore, le chemin reliant Ville-du-Bois à Vielsalm différait totalement de celui d’aujourd’hui. De Ville-du-Bois à Hermanmont il s’en écartait vers le sud, tandis qu’à partir de Hermanmont il descendait au gué du Tienne-messe et, de là, se dirigeait vers l’endroit appelé actuellement Sous-bois. Et quel chemin !

Aussi, combien ne pouvaient que difficilement se rendre à Vielsalm pour la messe dominicale. Et que de difficultés aussi pour la fréquentation de l’école paroissiale, l’instruction religieuse, les baptêmes, etc. Situation pénible à laquelle une solution s’imposait.

On imagine qu’intervenait bien un peu également une raison d’amour-propre. Depuis longtemps Ville-du-Bois était la plus populeuse des localités de la paroisse de Salm, dépassant même Vielsalm, comme il le dépasera pendant près d’un siècle encore. Or, Salmchâteau, Goronne, Burtonville, Petit-Thier, Cierreux, Commanster, localités de population moindre, avaient leur chapelle depuis quelque temps déjà.

C’est ainsi qu’au cours de 1766, une requête fut introduite auprès de l’Evêque de Liège, dont notre région relevait alors au point de vue religieux, et ce jusqu’en 1842.
Intempéries, rigueurs de l’hiver, distance à franchir, relief accidenté du sol, rivière à traverser, eaux stagnantes sur le parcours, constituent un ensemble de raisons mises en relief.

La réponse fut favorable. Fin 1766, Monseigneur l’Evêque de Liège reconnaissait le bien fondé de la requête, et l’autorisation est accordée.

Mais il y avait l’autorité civile. Une requête lui fut également présentée. Elle rencontra un refus, le 27 avril 1766.

Il faut se rappeler ici qu’au comté de Salm, à ce moment, se multipliaient les débats entre le seigneur et les sujets. D’autre part, la reconstruction de l’église de Vielsalm, un peu auparavant, avait entraîné des dépenses considérables que le comte avaient blâmées. Qui sait si la crainte de nouvelles dépenses n’a pas eu son influence dans le rejet de la requête.

Et pourtant, les habitants de Ville-du-Bois voulaient leur chapelle. Ils n’avaient pas attendu la réponse à leurs requêtes pour se mettre à la besogne. Au cours de l’été 1765 déjà, un édifice avait été érigé, entièrement à leurs frais.

Le 29 mars 1765, Jean Gérard DELVEAUX et Quirin LAMBORELLE, tous deux de Houffalize, firent accord avec les commis de la communauté de Ville-du-Bois pour exécuter la construction d’une chapelle. Le premier, de faire, pour septembre, toute la charpente nécessaire, pour une somme équivalent à 71 écus (environs 330 frs.). le second, de faire les murailles crépies, de 3 pieds moins un quart d’épaisseur et 18 de hauteur, pour un bâtiment mesurant à l’intérieur 53 pieds de long et 25 de large, avec, de chaque côté, trois fenêtres larges de 3 pieds et hautes de 6, et cela pour le prix de 56 écus (environ 260 frs.) ; le travail de maçonnerie devant commencer en mai. L’édifice comporterait un clocher comme celui de l’église de Salmchâteau à ce moment-là.

Les commis de Ville-du-Bois signant cet accord étaient François-Pierre GENGOUX, François-Gérard ANDRIANNE, Jean-Benoît CUVELIER, Mathieu REMACLE, Jean LEONARD, Jean GEORGE, Gengoux DANTINNE, Henri JEUNEJEAN.

C’est avec les « commis de la communauté » que l’accord était conclu, bien qu’en présence de deux habitants de Vielsalm figurant au nom de la paroisse de Salm, preuve de l’accord au moins tacite de l’autorité religieuse locale.

Dès lors, le rejet de la requête à l’autorité civile, comme nous l’avons dit ci-dessus, arrivait trop tard. Cette dernière se trouvait devant le fait accompli.

La chapelle bâtie, il restait à pouvoir y bénéficier de la célébration du culte et de la présence à demeure d’un prêtre.

Le 26 décembre 1766, les autorisations manquant toujours, les habitants expriment la volonté de pourvoir à « l’honête entretien » de leur chapelle « en subvenant promptement à sa décoration et à tous les ornements nécessaires ». et, ajoutent-ils en gens décidés, de pourvoir également à la subsistance et l’entretien d’un prêtre. A cette date déjà même des fondations de messes sont faites à la dite chapelle.

Le 31 décembre enfin, Monseigneur l’Evêque accorde la demande de bénir l’édifice et fait savoir, qu’à la première occasion opportune, celui-ci sera consacré.
Six semaines plus tard, le 12 février 1767, le Conseil provincial de l’Impératrice permet également au curé MARTINY de Vielsalm de bénir la chapelle.

Dès lors, on peut considérer l’édifice comme ouvert au culte et devenu centre de vie religieuse pour la localité.

L’emplacement de la chapelle était le même que celui de l’église actuelle. Mais le bâtiment s’orientait de l’est à l’ouest, avec entrée du côté de l’ouest.

Restait à assurer la subsistance du prêtre attaché à demeure au village.

(La fin au prochain numéro)

Gaston REMACLE

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