dimanche 13 septembre 2009

Villages disparus.

(publié le 1er mars 1979)

Dans la région, plusieurs endroits aujourd’hui occupés par des terrains de culture ou des bois ont été autrefois habités, soit par une maison isolée ou même par un petit groupe de demeures. La vie s’en est retirée peu à peu, attirée sans doute plus activement ailleurs par les nécessités du moment.
L’un de ces groupes a existé entre Ennal et Mont-le-Soie, à l’endroit dénommé Sâte ou ol Sâte. On peut encore y voir, actuellement l’emplacement de six bâtiments au moins. Il est certain que l’endroit n’était plus habité déjà vers 1450. C’était alors une époque qui a vu beaucoup de désordres et de calamités. De diverses considérations, il y a lieu de penser que l’habitation a duré quelque 150 ou 200 ans. En 1966, M. Paul DEROCHETTE de Grand-Halleux a dégagé les ruines de l’un de ces bâtiments et mis au jour de nombreux débris de poteries appartenant à la céramique fabriquée entre la fin du XIIe siècle et le milieu du XIVe.

Un autre petit village disparu, ou presque, de la commune de Grand-Halleux, est Mon-le-Soie. L’endroit était habité déjà vers 1560 avec « Jehan de Soye ». La dénomination primitive du lieu est « Soyes » ou « Soye », terme apparenté à « scierie ».
« Mon le Soye » signifie « chez le Soye ». L’expression « Mon-le-Soye » qui est une francisation de l’appellation wallonne, a fini par prévaloir.
C’était autrefois un endroit fort fréquenté, notamment pour le passage vers Stavelot, ainsi que par la circulation des Halleux vers Recht et plus loin.
Un texte de 1656 : « Soye est désert, ayant eu trois maisons qui sont estés bruslées par les Hollandois, les biens estant abandonnés et ruynés ». Mais le hameau est revenu à la vie et a comporté jusqu’à cinq mémages encore au siècle dernier.
Non loin de Bèche, près du vieux chemin allant de cette localité vers Quatre-Vents, se trouve l’endroit dénommé « Gotale ». il était autrefois lieu de passage de tout le ban de Bovigny vers Vielsalm.
Cet endroit a été habité et on peut encore y relever l’emplacement de cinq bâtiments. Selon la tradition, l’un de ceux-ci était une forge. Effectivement, y a vécu « Paquay le cloutier » (âgé de 55 ans en 1655), qui y a fabriqué des quantités considérables de clous ; fournissant, par exemple, en 1659, 2 700 clous au château de Salm pour des réparations à la toiture.
En 1575, ce hameau comportait six ménages ; très probablement, il n’y a jamais eu là plus de six familles. La dernière manifestation de vie de Gotale est un acte de baptême, du 15 août 1701, de Jean-Henri, fils de Jean ROUAL et Catherine.
Gotale a failli renaître vers 1882. La famille GOENTGES de Kapelle, y bâtit une modeste maison qui brûla vers 1900. Elle ne fut pas rebâtie.

Gaston REMACLE

Ndlr :
Cet article reprend les n° IX à XI, de Connaissons notre région, parus en 1972-74. Mais, avec quelques changements.

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