dimanche 1 novembre 2009

Au pays de Salm. Les destinées d’une vieille ferme, à Burtonville.

(publié dans Ardenne et Famenne, 1966, n°4, pp.195-201)





Cette maison bâtie, à la fin du XVIIe siècle, sur une partie de la propriété CUVELIER en face du bâtiment principal de la ferme CUVELIER, à Burtonville. Elle a été occupée et possédée pendant plusieurs générations par la famille COMTÉ. Le nom de Comté s’établit à Burtonville avec Jean Comté, de Vielsalm, qui épousa, vers 1710, Jeanne CUBELIER de Burtonville (née en 1691), fille de Servais (né en 1660, à Burtonville). Pour l’époque de sa construction, c’était un bâtiment fort ample, comme on peut encore s’en rendre compte aujourd’hui. On remarque, au centre, le chartil, pour l’entrée de l’étable et de la grange ; puis, à droite, la bergerie (dont la porte en plein cintre a été obturée). Cette façade est orientée vers l’est ; le pignon, à gauche de la photographie vers le sud (n°5 sur le plan).

Il y a trois siècles, la vie agricole de la région de Salm ne comportait pas, à vrai dire, d’exploitation en fermage complet. Chaque famille s’efforçait d’avoir son petit bien, auquel elle ajoutait parfois, en location, l’une ou l’autre parcelle reprise d’un autre terrien plus fortuné ; mais une exploitation complètement affermée ne se rencontrait pas à cette époque.

Il faut arriver au dix-huitième siècle pour voir se constituer quelque rare exploitation complètement en faire-valoir indirect. Marque et conséquence de l’évolution de la vie économique.

De ces exploitations d’un genre nouveau, j’en vois cinq : à Hermanmont, l’ancienne ferme seigneuriale (affermée à partir du 3 avril 1724 à Gérard CUVELIER de Ville-du-Bois, pour 70 écus annuels) ; à Priesmont (après le décès de Michel JACOB, mayeur de Salm, en 1747, et de son épouse. Locataire : Henri BONTEMPS, puis ses enfants) ; à Commanster (après le décès de Henri-François BAPTISTE, en 1762, et de son épouse Pétronille SCHEURETTE, en 1778) ; à Cierreux (vers 1765. Il y a un « censier », Henri DESSY, en 1766, d’origine étrangère à la région) ; et à Burtonville.
C’est de cette dernière que nous allons parler. Elle est précisément la plus ancienne que nous connaissions de la région.



BURTONVILLE: Dessin des bâtiments, d'après un plan cadastral de 1844. État à peu près semblable à celui d'aujourd'hui.

  1. Bâtiment principal, désigné en 1766 comme étant une maison «servante de quartier de maître».
  2. «Quartier séparé pour le censier» en 1766, avec ses remises annexes.
  3. Écuries et granges.
  4. Bâtiments ayant servi de tannerie.
  5. Maison bâtie sur la propriété CUVELIER au XVIIe siècle.

Il s’agit de la ferme occupée actuellement par M. François ANTOINE. Son caractère exceptionnel dans le passé vient encore du fait qu’elle disposait, il y a deux cents ans déjà, d’une superficie fort supérieure aux autres exploitations agricoles de Burtonville et des villages voisins ; depuis plus de deux siècles, elle a été presque constamment exploitée en location.

Le cadastre de Marie-Thérèse, de 1766, nous apprend qu’à ce moment le bien immobilier le plus important de Burtonville était possédé par « Nicolas Jacques Cornesse demeurant à Stavelot, et Nicolas Cornesse son fils Conseiller [du Prince-Abbé] au dit Stavelot tant pour lui que ses sœurs héritiers d’Eve Cuvelier ».

À s’en tenir à ce texte de 1766, le bien en question est donc venu aux CORNESSE, de Stavelot, par héritage des CUVELIER.

Effectivement, comme nous l’apprennent d’autres documents. Nicolas-Jacques CORNESSE (né à Stavelot le 20 avril 1706) était fils de Catherine CUVELIER originaire de Burtonville, celle-ci ayant une sœur, Eve, restée célibataire, marraine du dit Nicolas-Jacques, et décédée à Stavelot, le 20 juin 1743. Catherine et Eve CUVELIER sont nées à Burtonville, filles de Jean CUVELIER et Catherine, respectivement les 14 février 1666 et 5 décembre 1679.

Quelle est cette famille CUVELIER ? Elle s’est installée à Burtonville au début du XVIIe siècle, vers 1615, avec les deux frères Servais et Henri CUVELIER, originaires de Ville-du-Bois, où la famille CUVELIER existait déjà en 1561 avec « Servais le Cuvelier ».

Défricheurs et travailleurs, sans doute, les deux frères arrivèrent vite à une certaine aisance, c’est-à-dire, pour l’époque, à la possession d’un bien immobilier d’importance. Ils s’adonnaient même à un certain commerce puisque Servais était reconnu, il y a trois cents ans, comme « faiseur de potasse », produit très recherché à ce moment et dont la fabrication supposait également du transport par attelage, parfois à longue distance. On fabriqua même, dans la famille, de la bière en quantité relativement importante.

Aussi n’est-on pas étonné de voir, aux deux générations suivantes, un Jean CUVELIER de Burtonville (1668 – 1742), « eschevin des Cour et Justice de Salm, et controlleur de Son Excellence notre seigneur le Comte ». Il est mentionné comme « sieur », ou « honoré », tandis que sa sœur Eve est « demoiselle », que la famille CORNESSE de Stavelot vient chez CUVELIER choisir une épouse, et qu’un fils, Pierre, devient prêtre. La famille a donc acquis du relief et bonne considération.
C’est alors que la famille CUVELIER commence à prendre fermier pour travailler son bien.

C’est en 1713 qu’eut lieu le partage de la succession des feux parents de Jean, Catherine et Eve CUVELIER ; Selon les accords contenus audit partage présenté en justice de Salm, Nicolas CORNESSE héritait de la moitié des biens, l’autre moitié allant à son beau-frère Jean CUVELIER.
Fin mai 1718, un censier fut établi conjointement par ces deux propriétaires sur les biens en question, chacun pour moitié.

(AELUX, Cons. prov. requêtes, liasse 211. Requête de Jean CUVELIER au sujet de la taille de la communauté de Burtonville)

Plus tard, Nicolas-Jacques, fils de Nicolas CORNESSE et neveu de Jean CUVELIER resté célibataire, hérita encore d’une autre partie des anciens biens CUVELIER.
En 1766, il louait le tout à un censier pour 130 écus annuels.
En 1766, la propriété CORNESSE à Burtonville comprenait : en terres labourables, 65 journaux, 40 (le journal = 21 a., 795), en terres sartables, 15 j. 22 ; jardins et vergers, 3 j. 10 ; 11 prairies de 40 j. 04 ; un enclos de 16 j. 90 ; 2 étangs de 12 verges ; une fange à tourbe de 9 j. ; une ùaison « servante de quartier de maître, un quartier séparé pour le censier avec granges, écuries, bergeries, boulangerie et dépendances ; un moulin à briser les écorces, une usinne à l’huille dans le même moulin ; une tannerie avec un petit bâtiment servant à appretter les cuirs, la dite tannerie contenante une détremperie et vingt cuves ».

Il est très probable que l’installation de la tannerie est due aux CORNESSE qui, étant mêlés, à Stavelot, à l’industrie du cuir qui y était florissante, auront tenté d’en appliquer les procédés sur leur bien de Burtonville.
Nicolas CORNESSE intervint dans diverses affaires concernant des communautés du pays de Salm. Les habitants e Burtonville lui empruntèrent 964 écus, 2 escalins, au moment des procès que soutenaient les manants de Salm contre leur seigneur. Il aida la communauté de Ville-du-Bois à acquérir un presbytère pour le vicariat nouvellement constitué en cette localité en 1767. Une messe fondée est toujours célébrée actuellement chaque année à Ville-du-Bois pour ledit Nicolas CORNESSE et son épouse Catherine GILSON.


En 1806, la famille CORNESSE possédait toujours ses propriétés à Burtonville, avec Nicolas-Denis CORNESSE (fils de Nicolas-Jacques). Ce bien foncier avait gardé son importance relative, à en juger par le montant de l’impôt foncier dont il était chargé, c’est-à-dire 100,73 F., et qui était de loin le plus élevé de ceux qui grevaient les propriétaires de Burtonville.
Les autres propriétaires les plus frappés par l’impôt foncier étaient ensuite : Jean JEUNEJEAN (frs 75,3), veuve COMTÉ (30,25), Mathieu BEAUPAIN (30,10), etc.

Nicolas CORNESSE était encore propriétaire à Burtonville le 10 avril 1810, puisque à cette époque il est repris comme tel à une liste de contribuables, et avec sa cote d’imposition qui est la plus considérable de celles qui frappaient les habitants de Burtonville.
C’est avant 1821 que tout son bien passa à Jean-Baptiste BURNAY, originaire de Courtil-Bovigny.
Un requête du 13 juillet 1821 de Mathieu BEAUPAIN, beau-père de BURNAY, ainsi que d’autres documents du même moment, concernant un élément des biens CORNESSE c’est-à-dire le moulin à tan de Beaufays, et comme ayant appartenu à Jean-Baptiste BURNAY.
Ce moulin à tan, « qui a cessé de tourner » à cette date, est sans nul doute le « moulin à brisser les écorces, une uisinne à l’huille dans le même moulin » signalé en 1766, comme appartenant aux CORNESSE de Burtonville. Quant à « l’uisinne à l’huille » en question, ce ne peut être, vu son emplacement, que l’ancien pressoir d’huile cédé le 20 avril 1748 par la communauté de Ville-du-Bois, au sieur Eric-Adolphe RUTH de Vielsalm. CORNESSE aura donc acheté à RUTH, ce pressoir entre 1748 et 1766, puis annexé à ce petit bâtiment un moulin à tan destiné à alimenter sa petite tannerie de Burtonville.

( Ces documents concernent le projet, par Mathieu BEAUPAIN, de transformer le moulin à tan en moulin à farine ; au lieu d’un moulin à farine, c’est une tannerie qu’on trouve à cet endroit peu après, et jusqu’en 1912, exploitée par la famille BEAUPAIN. (AEA, Usines et ateliers, Vielsalm))

Devenu propriétaire à Burtonville, Jean-Baptiste BURNAY, en son absence du pays, laissait gérer ce bien par un membre de la famille BEAUPAIN, comme, après lui, bien des membres de sa famille.

BURNAY avait épousé à Bovigny, en 1809, Marie-Anne BEAUPAIN, fille de Mathieu BEAUPAIN qui avait quitté Burtonville quelques années auparavant pour s’établir à Cierreux-Bovigny. BEAUPAIN s’occupait d’activités commerciales. Notons particulièrement qu’au début du siècle il avait effectué divers achats d’immeubles provenant des biens séquestrés du comté de Salm, dont le moulin de Cierreux en 1808 et des étendues boisées.
Le gendre BURNAY avait les mêmes préoccupations ; elles le conduisirent, assez vite après son mariage, à s’établir à Lisbonne (Portugal).
Le 2 novembre 1823, Mathieu BEAUPAIN louait, pour compte de son gendre, le bien venu des CORNESSE, en fermage. Preneur, Godefrin MARQUET et son épouse Marie-Catherine COUNET, de Rogery, pour 3, 6, 9 ans, à raison de 219 florins 24 cents annuels. Bail renouvelé au même reneur le 16 janvier 1833, moyennant 464 frs. par an.

En 1835, apparaît Charles NIELLON, général retraité, domicilié à Bruxelles. Le 28 octobre, il loue le corps de ferme, pour trois années, à raison de 600 frs. par an… et la promesse d’acheter la propriété au prix de 21 164 frs. La vente est finalement réalisée à ce prix, par acte du 24 décembre 1836. À ce moment, NIELLON est bien établi à Burtonville, et Jean-Baptiste BURNAY est toujours à Lisbonne.

À relever que le même 24 décembre Charles NIELLON faisait son testament, ainsi que son épouse, TORRIS Louise-Amélie-Marie-Charlotte-Christine.

Quelques mots au sujet de ce personnage.

NIELLON est né à Strasbourg en 1795. Il fit les campagnes napoléoniennes sous divers grades. Après 1815, il se retira en Belgique. En 1830, il intervint dans les événements militaires de la révolution belge, et il finit par mériter le grade de général de brigade. Il se retira à Burtonville d’abord, puis à Laeken où il est décédé le 26 février 1871. Lors de son séjour à Burtonville, il avait accepté la grande naturalisation à lui conférée par sanction royale du 16 mars 1837.
Un fils lui est né à Burtonville, Alexandre, le 22 avril 1837, dont la mère était Louise-Christine-Amélie-Marie-Charlotte FORRIS.
D’après le journal L’Echo du Luxembourg du 2 décembre 1840, toute la propriété de NIELLON était à vendre, ce par expropriation forcée, à la requête de M. Edouard DEVYLDER, rue de l’Ecuyer Bruxelles, et à l’audience publique des criées du tribunal de Marche. Le journal donne le détail des immeubles à vendre.

Vendu en 1840, l’ancien bien des CUVELIER est alors possédé par Toussaint-Joseph LAMBERT, ingénieur à Gand. Celui-ci n’est pas un inconnu dans le pays, étant né à Hourt (Grand-Halleux) d’une ancienne famille locale. Il était frères de Guillaume LAMBERT qui fut professeur renommé à l’Université de Louvain.

Ce fut un autre frère de Toussaint, c’est-à-dire Pierre-Joseph, qui jusqu’en 1847, s’occupa de la ferme, puis le fermage passa en d’autres mains.
Pierre-Joseph LAMBERT alla s’installer dans un bâtiment agricole venant d’être érigé (dit actuellement « Ferme du Bois Lemaire ») au bord de la nouvelle route de l’État construite en 1846 entre Vielsalm et Grand-Halleux.

En 1862, Toussaint LAMBERT vendit sa propriété de Burtonville ) Théodore PETY de THOSÉE, président de la Cour d’appel de Liège. Celui-ci y dirigea lui-même, durant quelque temps, l’exploitation de la ferme, après le départ du fermier Hubert PIERRE dont le cheptel comprenait notamment, à son départ, 120 moutons gras, 60 brebis ; 30 agneaux, et 20 agneaux-moutons.

Le 25 mars 1889, Catherine-Julia MAILLET, petite-fille de Th. PETY, chanoinesse au monastère de Berlaymont, revendit le bien à Marie-Joséphine ARRASSE, veuve TOUBON, de Menil-Arbrefontaine, pour 55 000 F. (Not. DOUNY).
Marie-Joséphine ARRASSE est née le 17 septembre 1838 à Farnières (Grand-Halleux). Elle était le onzième et dernier enfant de Pierre-Joseph ARRASSE, époux en premières noces (le 16.9.1804), de Marie-Elisabeth PIERRE d’Ennal, et en deuxième noces, le 19 janvier 1820, de Marie-Joseph LANDURCY de Farnières.
Son frères Guillaume-Joseph, né le 4 octobre 1808, fit des études universitaires sous l’influence de je ne sais quel personnage, et il devint ingénieur civil. Il est décédé en octobre 1884 à Bruxelles.

Voici ce qu’en écrivait le journal « L’Annonce de Stavelot » du 28 février 1886 :

« M. ARRASSE, né à Grand-Halleux, était ingénieur en chef de la Compagnie du Grand Luxembourg lorsque survint la déconfiture de l’entrepreneur des plus importantes sections de la ligne. La Compagnie remit le marché à M. ARRASSE, qui fut remplacé comme ingénieur par M. WILLIEN, aujourd’hui directeur gérant du chemin de fer ¨rince Henri à Luxembourg. M. ARRASSE acheva la construction de la ligne de Namur à Luxembourg et de la ligne Arlon à Longwy ; puis il entreprit la construction de la ligne de l’Ourthe de Marloye à Liège. Ses entreprises réussirent et sa fortune se trouva fort agrandie par les placements qu’il fit à l’époque de la guerre de 1870. Peu après, il se retira des affaires et acheta la maison de la place de l’Industrie où il vécut avec trois de ses nièces ; l’une qui a épousé un chef de station de l’État, M. COLLIGNON ; l’autre, M. DELCOMMUNE ; la troisième est célibataire et a hérité de la maison susdite. La fortune de M. ARRASSE a été répartie en dix parts inégales entre ses frères, neveux et nièces ».


Lors du règlement de la succession de Guillaume ARRASSE, un procès eut lieu au sujet de détournements qui auraient été commis au préjudice de certains héritiers. Le journal « L’Echo du Luxembourg » du premier semestre 1886 en donne la relation.
C’est avec sa part d’héritage que Marie-Joséphine ARRASSE effectua divers achats de biens immobiliers, dont l’ancienne exploitation CUVELIER-CORNESSE à Burtonville ; également, le 11 juin 1889, l’exploitation voisine dite actuellement « ferme Herman » et possédée à l’époque par Marie MAILLET, petite-fille de TH. PETY de THOSÉE. Marie-Joséphine fit également construire la belle maison de Menil-Arbrefontaine, occupée actuellement encore par son petit-fils Emile TOUBON.

Cette famille en est toujours propriétaire actuellement.

Peu après l’achat effectué par Théodore PETY, un incendie s’était déclaré dans le bâtiment le25 mai 1862. Les écuries avaient été brûlées ainsi qu’une partie de leur contenu ; la perte avait été évaluée à ce moment de 18 à 20 000 francs.

Depuis longtemps donc, la propriété est exploitée en fermage.
On relève, en 1680 déjà, du temps de la famille CUVELIER, comme fermiers, les époux Mathieu et Elisabeth. Puis, vers 1720, Jean THOMAS, de Géromont, époux de Catherine ; en 1766, Hubert LEGAYE et sa famille (il quitta peu après pour s’installer à Taillis-Bèche, où il avait acheté un petit bien en 1768) ; plus tard, Jean BODEUX, époux d’Anne-Catherine BURTON.

On a vu ci-dessus que le cadastre de 1766 signale « un quartier séparé pour le censier ». cette présence de deux corps de logis s’est maintenue jusqu’en janvier 1945.
La ferme est actuellement exploitée par M. Fr. ANTOINE, y succédant à son beau-père Alphonse LAMBERT, ce dernier succédant lui-même à son beau-père Henri LONGFAYE ; le bail de H. LONGFAYE avait commencé en 1917.

Au cours des derniers combats de l’offensive des Ardennes et du retour de l’armée américaine, fin janvier 1945, les bâtiments de la ferme ont été la proie d’un gigantesque incendie. Septante personnes, qui y avaient trouvé refuge, durent fuir pendant que crépitaient les flammes et la fusillade. Aucune ne fut blessée mortellement, cependant tout le bétail périt.

La restauration, entreprise assez rapidement, est complète.



La ferme exploitée par M. Fr. ANTOINE, complètement reconstruite, après sa destruction lors de l’Offensive des Ardennes en janvier 1945, à peu près comme elle était avant le sinistre (n°1 sur le plan). À l’intérieur di bâtiment, tout le long du mur de façade (qui figure sur la photo), court un grand corridor dans lequel s’ouvrent les pièces d’habitation, celles-ci ayant leurs fenêtres au sud, de l’autre côté du bâtiment. C’est ce bâtiment qui, au cadastre de 1766, est désigné comme « servante de quartier de maître ». pendant longtemps au siècle dernier, et jusqu’en 1919, des douaniers y ont habité en locataires, Burtonville ayant alors un poste de douanes (jusqu’au déplacement de la frontière belgo-allemande).

À remarquer qu’avant le raccordement de l’endroit à la conduite d’eau communale, il n’y a pas dix ans, l’eau du lieu-dit Laguespré et celle d’une autre source était amenée abondamment à la ferme par un bief artificiel, toujours visible, d’environ 500 mètres. Ce bief pouvait fournir un courant d’eau suffisant pour tous les besoins de la ferme, même pour alimenter et actionner la petite tannerie des CORNESSE. Celle-ci se trouvait dans les très vieux bâtiments, toujours visibles, situés en face de la ferme.



Bâtiment fort ancien, en face et en dessous du bâtiment principal de la ferme. C’est là notamment qu’ont été effectuées des opérations de tannerie. Il fait toujours partie de l’ensemble des biens occupés par le fermier, M. François ANTOINE, sauf l’extrémité de droite qui a été aménagée en corps de logis (n°4 sur le plan).


Les bâtiments, remis à neuf il y a peu, ont maintenant pris figure nouvelle. Et sous l’impulsion du fermier actuel, progressiste, la vieille ferme des CUVELIER et des CORNESSE constitue encore, pour longtemps, au pays de Salm, une des belles « figures » de son activité.

SOURCES :
AEA et AESTH : Actes de la Cour de Salm ; Tabelles cadastrales de 1766.
AEL : Fonds français (dont liasse 1191).
AELUX : Dénombrements des feux, 1656 et autres.
AGR : Dénombrements de 1766 et autres.
Anciens registres paroissiaux de Salm et de Stavelot.
Actes du notaire JACQUES à Vielsalm.
AC Vielsalm : état-civil ; registres de population ; atlas des communications vicinales ; délibérations du Conseil communal.
Journal L’Annonce de Stavelot.
G. REMACLE, Vielsalm et ses environs, Vielsalm, 1957.
Sur Ch. NIELLON, divers ouvrages et notes. Citons seulement : H. DESPETER, 1830, Grandes figures, Bruxelles, VANDERLINDEN, sans date.
Sur la descendance de Jean-Baptiste BURNAY, voir Le parchemin, 7e série, mars 1960, n°58, pp.46-47. Son petit-fils, Henri, fut créé comte de BURNAY en 1888 par le roi Louis Ier de Portugal.


Gaston REMACLE

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Ndlr:

Avec les ajouts et corrections de G.REMACLE.

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