lundi 22 juin 2015

Trois hôtels « de Belle-Vue » à Vielsalm (4/5)

Les ruines
Elles ont subsisté plusieurs années, à l’ombre, à partir de mai 40, de celles, plus imposantes, de l’ancienne église. En fait, seul l’hôtel lui-même avait brûlé, les dépendances ayant été préservées et restaient donc intactes. L’Organe de Vielsalm du 27 août 1939 et L’Annonce de Vielsalm du 27 annoncent la vente publique par le notaire Duchateau-Caprasse d’un magnifique emplacement anciennement Hôtel de Belle-Vue avec dépendances et terrains :
Maison d’habitation avec toutes dépendances, garages et remises, parc, autrefois à usage d’hôtel restaurant dénommé « Hôtel de Belle-Vue », le tout situé en plein centre de Vielsalm à front de la grand-route de Sedan à Malmedy d’une contenance de 23 ares 40 ca. Cet hôtel avant l’incendie de 1938 était considéré comme étant recommandable à tout point de vue ; il jouissait d’une clientèle choisie et nombreuse et d’une réputation méritée. À front de la grand-route de Sedan-Malmedy très fréquentée en toute saison, sa situation commerciale est de tout premier ordre. Il était autrefois considéré comme étant un des meilleurs de la région.

Apparemment cette vente n’avait rien donné. Il faut dire que l’époque n’était pas aux projets immobiliers. À un autre moment, il y aurait sans doute eu des amateurs pour perpétuer cette activité commerciale intéressante.
Pourtant en 1942 alors donc que la situation est encore pire, Léontine Thonard tente à nouveau de vendre la propriété. On le sait grâce au compte rendu du conseil communal rapporté par L’Annonce de Vielsalm du 15 octobre 1950 où Victor Gomez dans son intervention dit : En 1942, je suis allé à la séance de vente. Comme il n’y avait pas d’autre amateur, Mme Thonard a replié son dossier et n’a jamais donné signe de vie.
Le 27 mai 1949, une emprise de 195m2 est réalisée au profit de l’État dans la parcelle E288 d’une superficie de 23,40 ares. Dans le compte rendu cité ci-dessus, Mr Massoz confirme qu’une bande de 6 m a été effectivement expropriée.
À plusieurs reprises de 1949 à 1952, il est question dans les comptes rendus du conseil communal de Vielsalm de la reconstruction de l’église et de son urbanisation. À chaque fois, l’expropriation de la maison Thonard, comme dit le texte, pose problème car il faudrait obtenir des subsides pour l’acquérir. Le conseiller Adam –je ne sais pas qui c’est - revient à chaque fois avec cette propriété : à croire qu’il y avait un intérêt !   Le plan d’aménagement des abords de l’église est approuvé par arrêté royal du 3 octobre 1951.
L’Annonce de Vielsalm du 10 février 1952 signale qu’une lettre du Ministère des Travaux publics décrète que les frais provenant des abords de l’église seront à charge de l’État : la maison Thonard fait partie de ce plan et est donc expropriée.
Le 4 septembre 1952, le Comité d’Acquisition acquiert en effet les 21,45 ares restants au profit de l’État.
En 1959, la Compagnie des Autobus vicinaux marque son accord sur le stationnement des autobus en-dessous de l’église : cela signifie que la parcelle est débarrassée des ruines mais je n’ai pu trouver aucune mention de l’arasement de celles-ci. Celles de l’hôtel incendié l’ont en tout cas été avant les dépendances.
Deux cartes postales récentes, non datées, n’ayant pas circulé et ne portant donc pas de cachet postal, sont intéressantes. La nouvelle église est terminée : nous sommes au plus tôt en 1956 mais probablement un, deux ou même trois ans plus tard.



La première, dont une partie est agrandie ci-dessus, montre que les dépendances sont encore presque intactes. Devant, on ne distingue aucun amas de pierres et gravats : les ruines de l’hôtel ont donc déjà disparu.

La seconde, dont une partie est agrandie ci-dessus, montre les dépendances en ruines : on dirait même qu’elles ont été à leur tour incendiées. Je n’ai pourtant pas connaissance d’un tel fait.



Enfin, une troisième carte postale récente montre la parcelle complètement débarrassée de toute construction ou ruine.

                                                                                                  Robert NIZET

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