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samedi 11 octobre 2014

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

En 1905, l’Organe du 22 octobre signale que la démission du notaire Jacques est acceptée et que l’adjudication pour la construction  d’une route au lieu-dit des Chars-à-Bœufs, avec rectification de celle du cimetière à Cahay [ ?] sera ouverte.

Le 29 octobre de la même année : une noyade à Bovigny et un vol à Sart.
Depuis quinze jours on recherchait la nommée  Bovy M.H. veuve Lejeune. On savait qu’elle était allée du côté de la chapelle St-Martin malgré la tempête et la pluie. Ce matin, un ouvrier carrier se rendant à son ouvrage a découvert le cadavre de la disparue qui aura sans doute voulu traverser la rivière sur des pierres mais les eaux étant fortes, elle aura glissé et se sera noyée.
Des escarpes se sont introduits dans la maison Archambeau-Daco, cabaretier à Sart-Lierneux. Tout en pensant avoir fait une bonne rafle, les voleurs sont volés car croyant enlever beaucoup de viande ils sont partis avec un jeune veau trouvé dans les flancs d’une bête tuée la veille !

L’Organe du 13 octobre 1907 nous apprend que Mademoiselle Géradon fille de notre géomètre du cadastre a réussi avec grand fruit l’examen de sortie de l’école normale de Nancy.
A Bovigny, Mme Gester et sa fille étaient occupées à arracher du sable quand survint un éboulement les ensevelissant toutes les deux. Après de nombreux efforts, on parvint à retirer les malheureuses mais la jeune fille avait cessé de vivre. Madame Gester portait de nombreuses blessures et avait une jambe cassée. Son état est inquiétant.
Depuis le 10 octobre dernier, Vielsalm est éclairé « électriquement ». Ce nouveau  service marche admirablement et fait honneur aux ouvriers qui ont fait ce travail.

Dans l’Organe du 1er décembre 1907, on apprend que le chemin de fer Malmedy-Stavelot va entrer dans la voie de la réalisation. Ce projet est toujours néanmoins combattu par l’état-major de l’armée belge pour qui c’est une voie stratégique d’accès dans notre pays méditée par l’état-major allemand. Souci d’ailleurs partagé par la France. Par contre, les populations des deux villes sont dans la jubilation !

Le 25 octobre 1908 : A St-Vith, jeudi dernier, Mr Mathonet , marchand de grains, revenait de Gérolstein avec un ami mais une discussion a dû surgir car le lendemain des passants ont trouvé, baignant dans son sang et à l’état de cadavre le pauvre Mr Mathonet : une balle de révolver lui avait traversé le crâne. Les soupçons se portèrent évidemment sur le compagnon de la veille qui est déjà sous les verrous. Il s’agit, affirme-t-on, d’une simple jalousie.
Mais plus bas, extrait du journal L’Etoile,  on annonce que l’auteur du crime serait le coureur cycliste Otto Breuer bien connu sur les pistes belges et allemandes comme « stayer »  dont le train de vie très élevé est bien connu.

Toujours du côté de la frontière allemande : les automobiles qui, les années précédentes, faisaient fureur et semaient l’épouvante dans les villages frontières sont devenues des oiseaux rares. [Étonnant : en 1907 le parc automobile devait être encore assez restreint.] C’est que le gouvernement allemand a établi un droit d’entrée non exorbitant mais qui porte à réfléchir et tous les chauffeurs ne veulent donc  pas payer cette taxe, ce qui permet aux villageois de respirer. A quand les dirigeables, moins encombrants pour les piétons ?


A Vielsalm, un ouvrier travaillant à la construction du nouveau pensionnat a fait une chute de 8 m de haut. On espère sauver la victime qui porte de terribles blessures à la tête et aux bras.

                                                                     Robert Nizet

lundi 14 juillet 2014

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps


L’Organe du 8 juillet 1906 signale  qu’un début d’incendie à la ferme dite du bois Lemaire a été rapidement circonscrit. Mais le 15 du même mois on apprend que le feu a complètement détruit l’aile droite de cette ferme qui appartient à Jules Andrianne, rentier à Vielsalm. 15 chars de foin et la plus grande partie du mobilier ont été la proie des flammes. Assurance par la Cie « La Belgique ».

Dans la même édition on prie les lecteurs de bien remarquer que le bienfaisant purgatif qui est si répandu dans notre ville sous le nom de Pilule antiglaireuse Wahléry se vend maintenant partout au prix modique de 1 Fr la boîte.

A partir du 29 juillet les magasins Delhaize situés à Vielsalm près de la poste seront fermés le dimanche à 1 heure de relevée.

L’Organe du 30 juin 1907 : un détachement de l’Ecole de guerre se composant de 38 officiers et 65 chevaux séjournera à Vielsalm les 13 et 14 juillet prochains. Par A.R. du 26 juin, Alphonse Jacques, capitaine-commandant, adjoint d’état-major est promu au grade de major.

Dans l’Organe du 4 juillet 1909 : Mardi dernier vers 6 heures du soir plusieurs ballons sont passés au-dessus de Vielsalm. Vers 7h30, atterrissage à Cahay du ballon « Köln » piloté par M.Milarch Ernest, professeur de mathématique et de physique à l’Université de Boon [Bonn ?] qui était accompagné de M. Kurt de Nisewand, assesseur de justice à Cologne. 38 ballons avaient été lâchés dans cette dernière ville le mardi 28 et 27 le lendemain. Leur ballon a effectué le trajet Vielsalm-Cologne en 3 heures et par un temps pluvieux. Après avoir rangé leur matériel, les aéronautes sont allés prendre un repos bien mérité à l’Hôtel de Belle-Vue. Le même jour, un autre ballon monté par des officiers allemands a atterri à Lierneux. Un autre encore à Grand-Halleux dans la prairie de M. Lemaire à Bècharprez.

L’Organe du 17 juillet 1910  regrette que  lors de la visite des officiers supérieurs de l’Ecole de guerre du 13 au 18 juin dernier, aucune société musicale de Vielsalm n’a eu l’idée d’organiser un tout petit concert pour égayer un peu les tristes soirées que ces Messieurs ont dû passer en nos murs. Ce n’est pas gentil. Espérons que l’an prochain on tiendra compte de ce petit reproche.
 [Il est vrai qu’en ce temps- là, Pètoine n’existait pas encore !!!]

Au Conseil provincial,  le souhait est émis que l’on construise à Salmchâteau-halte un bâtiment convenable dans le genre de celui de Cierreux. Le baron de Rosée appuie la demande et Bernard Denis assure  que c’est une réelle nécessité. Il revient aussi sur le cas de Rencheux où la halte n’est dotée pour tout abri que d’un ancien wagon.

L’Organe du 7 juillet 1912 : A Regné, un incendie a détruit la maison Cloosens : tout a été brûlé et les nombreux sauveteurs qui faisaient partie d’une noce chez le voisin ont détruit presque la totalité des meubles des jeunes mariés en voulant les éloigner du sinistre.

A Bovigny, l’enterrement de la victime de l’accident survenu à l’Ardoisière les Corbeaux a eu lieu mardi au milieu d’une grande affluence et un discours fut prononcé par un camarade du défunt.


                                                                                         Robert NIZET

dimanche 2 mars 2014

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

L’Organe de Vielsalm du 14 janvier 1912 annonce la démission  de M. Henry Delvaux de Fenffe, gouverneur de la province de Liège dont les nombreuses interventions lorsqu’il était membre de la Chambre des représentants étaient à chaque fois rapportées par ce journal.
A Trois-Ponts, à cause du déraillement d’un train de marchandises au tunnel, tous les trains ont subi du retard. Il a fallu un jour pour déblayer la voie.
A Burtonville, une association libérale est en voie de formation. La première réunion se tiendra au local de l’Aurore le 21 janvier prochain.

Dans l’Organe du 28 janvier 1912 on apprend que la population de Grand-Halleux  a fait une belle réception à M. Léon Houssa qui rentrait du Congo où il occupait les fonctions de commis des impôts.
Le 12 février on adjugera à Neufchâteau le service de malle-poste entre Amberloup et Bertogne et entre Houffalize et Bertogne.
Dans les carrières de Bihain les ouvriers s’éclairent avec du carbure. Hier soir Pierre Bidonnet s’approcha d’un tonneau avec une lampe allumée et provoqua une violente explosion. L’ouvrier eut la face entièrement brûlée et les yeux sont dangereusement atteints: on craint qu’il ne perde la vue.

L’Organe du 17 mars 1912 
Les ardoisières sont à l’ordre du jour depuis le désastre de Warmifontaine où des affaisements de galeries ont provoqué des écroulements de maisons.


(Carte postale de Warmifontaine : affaissement du sol le 11 mars 1912) .

A ce sujet il circule dans nos parages le bruit de rachat d'exploitations salmiennes par la Société de Warnifontaine. Si cela est vrai, cette nouvelle sera bien accueillie par nos ouvriers. [?]
A Goronne, deux ménagères avaient laissé leur lessive au pré la nuit : le matin il avait disparu. Une jeune fille de Rencheux aux allures étranges ayant été vue la veille dans les parages, la gendarmerie se rendit chez elle et tout fut retrouvé mais déjà transformé. La personne portait même sur elle certains vêtements volés. C’est, bien sûr, un moyen de se préparer à entrer en ménage à peu de frais.   
Dans le même village la maison de M. Delhalle –Kleid a reçu une visite nocturne : le matin toutes les portes étaient ouvertes. On a retrouvé  à quelques mètres un biberon ayant contenu de la crème  et la canne du propriétaire. Un pain, quelques pièces de lard et un essuie-main ont aussi disparu. Les gendarmeries  de Vielsalm et Lierneux  s’étant mises en campagne, on découvrit le voleur à Lierneux, portant encore le pain enveloppé dans l’essuie-main. Honneur à nos pandores !!
A Bovigny, pendant que deux enfants prenaient leurs ébats dans la cuisine, une ménagère déposa une marmite d’eau bouillante sur le parquet : un bambin tomba dedans et fut affreusement brûlé. M. le Curé  appelé en toute hâte donna au petit des soins empressés qui calmèrent immédiatement ses souffrances.  [ Un curé rebouteux ? Il n’y a pas incompatibilité !]
La nécrologie mentionne le décès à Vielsalm le 15 mars  de Madame Julie Cahay  [première] épouse de M. Victor Jeunejean [mon grand-père maternel] .

                                                                                         Robert NIZET


vendredi 25 octobre 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

Le 24 novembre 1907 :

Une belle course à Vielsalm entre deux sportmen (Comte de Jonghe et Comte Arnould d’Oultremont) et pour un pari de plusieurs milliers de francs. Le second avait parié que son cheval avec une voiture dite « américaine » rallierait Spa en 1 heure et 30 minutes. Pari gagné en 1heure et 16 minutes sous les acclamations d’une foule enthousiaste et suivi d’un goûter chez le maître d’équipage de Sinçay.

A Courtil un incendie dû probablement à la malveillance détruit  complètement deux habitations logeant les familles Quoilin, Jacquet et Winant et jette 15 personnes dont 10 enfants sur le pavé à l’époque la plus dure de l’année.

A Bihain,  il est question d’instituer une école ménagère. Les futurs cordons bleus pourront apprendre à faire de bon café, à cuire les œufs et les pommes de terre et à détester l’eau de vie. Ces jeunes filles apprendront aussi que dans un jardin on peut cultiver autre chose que des choux et des poireaux.

Le 17 novembre 1907 :

Un accident de vélo à Bovigny : le dénommé R. de Halconreux a renversé près de Sterpigny un vieillard de 73 ans qui a eu le bras foulé et de nombreuses contusions à la figure. Il a reçu les soins du Docteurt Bozet de Limerlé.

A Hébronval,  un troupeau de 3 vaches, 3 génisses et 2 veaux a disparu pendant un moment d’absence du propriétaire. Celui-ci et la gendarmerie ont battu le pays toute la nuit sans succès dans un brouillard intense. Ce n’est que trois jours plus tard qu’on retrouva les bêtes sur le pic de Colanhan !

Le 15 septembre 1908 :

Création du Libre-Échange à Lierneux, revue destinée aux collectionneurs de cartes postales. La directrice qui habite Lierneux s’est donné pour mission de servir d’intermédiaire entre les amateurs des cinq parties du monde en publiant leurs adresses dans sa revue. Elle donne en outre d’utiles conseils dans ses causeries et chroniques « philocartistes ». [On dit maintenant « cartophiles »].
Les collectionneurs trouvent encore actuellement des cartes revêtues du cachet « Libre-Echange ».

On annonce que sur les pressantes sollicitations de ses amis et d’une bonne partie de la population de la région M. Robert Malherbe a décidé de  rentrer définitivement au pays natal et d’y exercer la profession de barbier-coiffeur-parfumeur. Il nous revient dans une maison appartenant à M. Théophile Duvivier.  L’ouverture de son salon moderne conforme à l’hygiène se fera le 19 courant, veille de la kermesse.

Le 27 septembre 1908

Visite princière à Vielsalm. La princesse Clémentine est venue dans le plus strict incognito et a été reçue à la villa « Chez nous », propriété de M. le Vicomte de Jonghe( voir carte postale). Après une visite des Equipages Rallye -Vielsalm,  la Princesse est repartie en auto pour Spa.

Aux Eaux et Forêts,  Alfred Denis, garde à Tinseubois,  vient d’être promu au grade de brigadier-forestier et est remplacé par Gustave Rondeux, fils du sympathique brigadier H.Rondeux qui part à la retraite.

Aux Tailles, vendredi dernier, deux chevaux appartenant à M.Nizet d’Ottré ont été enlisés en voulant  traverser les fanges. Grâce au dévouement de la gendarmerie [ Les gendarmes, à cette époque, étaient mis à toutes les sauces !] et de 15 hommes requis par celle-ci les malheureuses bêtes ont pu être retirées de leur fâcheuse  position.


                                                                  Robert NIZET

mercredi 4 septembre 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

La lecture de  L’Organe de Vielsalm nous apprend les petites nouvelles, les accidents et les drames suivants :

Le 12 août 1906 : lundi prochain sera donné le départ du 5ème Circuit des Ardennes qui sera couru sur le tracé de 1902 : Bastogne, Longlier, Offaing, Léglise, Anlier, Habay la Neuve, Corne du Bois des Pendus, Martelange, Bastogne, soit 85 ,714km à effectuer 7 fois.
L’Américain Arthur Duray remportera l’épreuve sur sa de Dietrich à la moyenne de 106,5km/h
Le départ des coureurs cyclistes inscrits dans le Tour de Belgique a eu lieu lundi dernier place de Brouckère à Bruxelles. Les courageux cyclistes venant de Dinant sont passés mardi vers 2h à Vielsalm se dirigeant vers Stavelot et Spa.
Jeudi dernier a eu lieu à Angleur le mariage de Melle Louise St-Paul de Sinçay avec M. le prince Albert de Ligne.
On annonce le décès au château de Vollezeele du baron de Steenhault de Warbeek, père de M de Steenhault-Nagelmackers, maître d’équipage de la chasse à courre de Vielsalm.

Le 4 août 1907 : à Beho, Monsieur l’Abbé Simon, curé, vient d’obtenir la décoration spéciale agricole. On ne dit pas pourquoi : peut-être avait-il un jardin de curé exceptionnel ?

Le 2 août 1908 : Hier à Bovigny, vers 11h, un chariot chargé de foin et appartenant au fermier J.J.S. flambait près de l’église à proximité du ruisseau longeant la route : l’eau abondante a permis à l’attelage de sortir indemne de l’aventure. Mais durant la nuit, le feu a vraiment réduit en cendre la maison des enfants Barbay située non loin du premier incendie. Tous étaient plongés dans le sommeil et s’en sont tirés in extremis. Beaucoup de Bovignois [sic] n’ont même rien entendu !

Le 9 août 1908 : Toujours à Bovigny, le parquet de Marche accompagné de médecins légistes a procédé  jeudi dernier à une descente de lieux pour indaguer au sujet de la mort d’un nommé Grandjean, piocheur au chemin de fer, survenue d’une façon tout à fait inconnue. On ignore les suites de l’enquête.
Encore et toujours des incendies ! Cette fois c’est à Mont qu’un incendie d’une extrême violence s’est déclaré : trois maisons complètement détruites.
Non loin de la fameuse cascade de Coo, un jeune pêcheur, M. Philippe fils, a capturé un brochet de 80cm de long pesant 3,700kg. Ce « requin  » de nos rivières a dû faire un beau festin de truites pour arriver à cette taille.
A Salmchâteau, des malandrins se sont amusés vendredi soir à changer les aiguilles de la ligne du vicinal Vielsalm-Lierneux. Grâce au sang -froid du mécanicien, une catastrophe a pu être évitée. L’incident se borne à des bris de rails.

Le 7 août 1910 : Noyade à Trois-Ponts : la petite Sch. âgée de 7 ans rinçait une pièce de linge à la rivière lorsqu’elle fit une chute dans l’eau et descendit le courant de celle-ci. On la repêcha 50 m plus loin. Il était midi et l’enfant venait de dîner : elle respirait encore lorsqu’on la retira de l’eau mais elle ne tarda pas à rendre le dernier soupir.
Et à La Roche : trois femmes de cultivateurs, les épouses Henry, Grandjean et Fulbert, se trouvaient occupées vers 5 h à rincer du linge dans la Chier à quelques distance de la commune de La Roche. Soudain, la planche sur laquelle elles se trouvaient agenouillées se brisa et les trois malheureuses cramponnées aux jupes l’une de l’autre tombèrent dans la rivière. Le fils Grandjean voulant leur venir en aide tomba également dans l’eau et fut entraîné par le courant. Des charretiers qui passaient par là entendirent leurs cris et parvinrent non sans peine à repêcher sains et saufs la femme et le fils Grandjean. Les deux autres par contre furent retirées de l’eau, inanimées, l’une blessée à la tête, l’autre respirant à peine, les deux dans un état désespéré.
Un phénomène ! Mardi dernier la truie de la ferme de Mme Vve Dubois à Fraiture mettait bas une nombreuse progéniture. Un des petits était singulièrement conformé : sa tête était très normale mais à partir de là bifurquaient deux corps de sexes différents avec huit pattes parfaitement constituées. Le spécimen a été remis à l’université de Liège pour examen.

                                                                  Robert NIZET


jeudi 13 juin 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

Dans l’Organe du 23 avril 1905 on annonce que l’ouverture officielle de l’Exposition de Liège aura lieu le 27 avril prochain au nom de sa majesté le Roi par le prince Albert et la princesse Elisabeth. Gros événement à proximité de chez nous et l’Organe y consacrera de nombreuses colonnes au fil des mois.

Au marché du 18 dernier étaient exposés 60 bœufs, 130 bouvillons, 170 vaches, 160 génisses, 95 cochons, 310 porcelets.  Ont été vendus : 35 bœufs,  85 bouvillons, 95 vaches, 80 cochons et 200 porcelets.
 Un millier de bêtes réparties sur la place du marché et dans la rue de la station [devenue de ce fait rue du Vieux Marché] : imaginez l’encombrement et l’animation que ça devait être !

Le ministre de l’intérieur et de l’instruction publique est d’avis que certaines communes abusent un peu des grandes vacances en fermant les écoles primaires pendant plus d’un mois et demi ! Si ces abus persistaient, ces communes pourraient être privées de subsides.

A Beho, à proximité du château des Concessions, un jeune homme était occupé à promener sur un champ nouvellement ensemencé un rouleau-plombeur tiré par deux chevaux qui se sont soudainement effrayés et emballés. Après une course de cent mètres, un cheval s’abattit, entraînant sur lui le lourd rouleau. Finalement, conducteur et bêtes s’en sont tirés indemnes mais l’instrument est démoli.

Le 22 avril 1906 :
Dimanche dernier, le feu a complètement dévasté le bois se trouvant le long du chemin de Vielsalm à Salmchâteau, en lieu- dit thier des carrières, sur une étendue de 200 mètres. On croit à une malveillance et la gendarmerie s’est rendue sur les lieux.

Le 25 avril 1909, à Grand-Halleux, le chef piocheur Noël de Trois-Ponts a trouvé le piocheur Servus à l’état de cadavre au pied du remblais de la ligne de chemin de fer. Il avait la jambe droite coupée au-dessus de la cheville et le bras droit affreusement broyé ; le pied était resté dans la voie. On suppose qu’il a été surpris par un des  trains descendant vers Trois-Ponts : le « marchandises » à 19h40 ou le « voyageurs » à 20h07.
Servus habitait Rochelinval(Wanne), était âgé de 37 ans, avait une femme et quatre enfants de 11, 9, 7 et 2 ans.


L’Organe du 23 avril 1911 signale un fait sortant de l’ordinaire. A Bovigny, la semaine dernière, Antoine Poncin, cultivateur, défrichait un terrain au lieu-dit «  o l’hy djardin » lorsqu’il a mis à nu une sépulture franque des plus anciennes. Il déterra ainsi une urne noire aux côtes saillantes, une soucoupe en terre et des cendres avec un morceau d’os calciné. Le tout a été remis au Dr Lomry, féru d’archéologie. Ce n’est pas la première fois qu’une telle découverte est faite dans les environs de ce village.


                                                                               Robert NIZET

jeudi 6 juin 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps




L’Organe du 29 avril 1906 nous apprend que le hannetonnage a vécu. Les ministres de l’intérieur et de l’instruction publique viennent en effet de décider de ne plus allouer de prime aux écoliers ayant contribué à la destruction des hannetons. Cette pratique développerait l’esprit de cruauté et l’instinct de destruction des enfants et les pousserait en outre à la destruction des nids d’oiseaux et au maraudage !

Dans celui du 21 avril 1907 : les personnes qui désirent installer chez elles l’éclairage électrique sur le réseau de la commune sont priées de s’adresser pour renseignements et devis à Jos. Mullenaerts, 44, rue de Neuville qui se rend à domicile. Mais dans la même colonne, on vend des lampes à pétrole, placement gratuit et  fonctionnement garanti, chez Mr. Hanay à Bastogne. Combat d’arrière-garde ?

Le 13 mai 1906, les souscripteurs d’annonces au Guide-touriste Vielsalm et environs sont priés de faire parvenir sans retard le texte de la réclame qui doit figurer dans ce volume.

Le 17 mai 1908 aux Tailles un incendie a détruit la maison occupée par les époux Cherain-Renard située au hameau de Censes. Le toit de chaume fournissant à la flamme une proie facile, le corps d’habitation et l’étable ne formaient bientôt qu’un brasier. Les voisins courageux ont pu sauver le bétail et les meubles.

Un éboulement heureusement sans gravité est survenu aux travaux du nouveau pensionnat à Vielsalm. Le nommé Drouguet de Mont a eu un doigt de la main gauche brisé et quelques blessures au front. Aucune responsabilité pour l’entrepreneur d’après l’enquête faite par la gendarmerie.

Le 16 mai 1909, deux accidents de vélo.
 À Érezée, deux piétons ont trouvé, étendu sans connaissance et baignant dans son sang Mr Or…, propriétaire, d’Ottré et à quelques pas de là un vélo indemne. Transporté à la maison la plus proche, il reçut les premiers soins du Dr Leusch. On crut d’abord à un crime mais comme la victime était encore munie de sa montre et de son argent, cette idée fut écartée. Quelques heures plus tard elle donnait les explications nécessaires : l’unique frein que possédait la bicyclette n’a pas voulu fonctionner dans un virage dangereux au milieu d’une pente rapide et longue. Mr Or…a pu être reconduit chez lui mais dans un triste état et se plaignant de vives douleurs ressenties par tout le corps. Il est méconnaissable : la figure et la tête sont particulièrement mal arrangées. Aucune fracture toutefois.



Autre accident à Hébronval où un cycliste amateur a fait une chute dans des circonstances analogues sur la pente extrêmement rapide qui débouche à angle droit dans la route provinciale à l’arrêt du tram. Déficience des freins là aussi. M. l’a échappé belle : une demi-minute plus tard le tram arrivait. Fracture de la clavicule et vélo réduit à un tas de ferrailles.
À Bovigny un incendie forestier au lieu-dit Les Prâles. Plusieurs hectares appartenant à différents propriétaires de Vielsalm sont détruits.

À Vielsalm sur le kiosque de la place, après le concert de notre vieille [tout est relatif puisqu’en 2013 elle n’a que 150 ans !] fanfare Les Echos de la Salm nous y  entendrons pour la première fois La lyre ouvrière de la Salm.


                                                                                         Robert NIZET

dimanche 20 février 2011

Organe de Vielsalm

(Dimanche 9 janvier 1887. Deuxième année, Numéro 2.)

TIRAGE AU SORT

Le tirage au sort des miliciens de la levée de 1887, s’effectuera ) 10 heures du matin :
A [parmi d’autres localités] Houffalize, le samedi 5 février ; Vielsalm, le mercredi 9 février.

MILICE NATIONALE

Liste des personnes inscrites dans le canton de Vielsalm qui, à la date du 1er janvier 1887, sont appelées à concourir au tirage au sort pour la levée de la milice :

Commune d’Arbrefontaine.
1. Bonivers, Julien.
2. Cuvelliez, Jean-Maurice-Thomas.
3. Fraiture, Jean-Baptiste-Constant.
4. Fraiture, Jean-Pierre-Julien.
5. Jacques, Louis-Joseph.
6. Lemoine, Constant-Joseph.
7. Maréchal, Joseph-Bertrand.
8. Maréchal, Paul-Joseph.
9. Pirotte, Antoine-Joseph-Constant.
10. Servais, Jean-Pierre.
11. Sevrin, Alfred-Jean-Louis.

Commune de Beho.
1. Belhomme, Dominique.
2. Bernard, Oscar.
3. Bissen, Nicolas.
4. Closjans, Jean-Pierre.
5. Kalbusch, Charles.
6. Kreins, Leopol-Grégoire.
7. Kreins, Nicolas.
8. Kretels, Victor.
9. Lentz, lopold-Nicolas.
10. Meyers, Nicolas.
11. Pierret, Pierre-Antoine.
12. Portzenheim, Jean.
13. Reisch, Jean-Eust.-Eugène.
14. Rommes, Pierre.
15. Schmitz, Pierre-Louis.

Commune de Bovigny.
1. Alberty, Pierre-François.
2. Deris, Corneille-Jean-Nicolas.
3. Guillaume, Henri-Joseph.
4. Jacob, Hubert-Jean-Baptiste.
5. Jacquet, Henri-Joseph.
6. Pirard, Louis-Joseph.
7. Poncin, Jules-Michel.
8. Remy, Nicolas-Joseph.
9. Rical, Alphonse.
10. Rulmont, Const.-Joseph-Alph.
11. Sevrin, Alph.-Franç.-Joseph.

Commune de Grand-Halleux.
1. Bodson, Alphonse-Franç.-Joseph.
2. Bredo, Emile-Joseph.
3. Drion, Antoine-Lambert.
4. François, Hypolite-Joseph.
5. Frédrich, Lambert-Christophe.
6. Gaspard, Jules-Joseph.
7. Jacquemin, Alphonse-Jean-Jos.
8. Joris, Louis-Nicolas.
9. Lambert, Alphonse-Joseph.
10. Nicolaï, Jean-Henri.
11. Paul, Jean-Thomas.
12. Rouxhet, Léopold-Joseph.
13. Sevrin, Guillaume-Joseph.

Commune de Petit-Thier.
1. Bruyère, Jules-Joseph.
2. Cottin, François-Joseph.
3. Remacly, Constant-Joseph.
4. Thomas, françois-Joseph.

Commune de Vielsalm.
1. André, Auguste.
2. Andrianne, Alphonse-Joseph.
3. Andrianne, Constant-Joseph.
4. Archambeau, Léop.-Jean-Joseph.
5. Arnold, Clément-Joseph.
6. Benoît, François-Joseph.
7. Burnay, Jean-Joseph.
8. Cabeke, Charles-Louis.
9. Caëls, Joseph-Constant.
10. Chapelle, Gengoux.
11. Colson, Edouard-Emile.
12. Cottin, Jules-Joseph.
13. Coussreant, Pierre-Joseph.
14. Denis, Marie-Grég.-Edmond.
15. Diderrich, Norbert.
16. Evrard, Victor.
17. Goffinet, Augustin-Joseph.
18. Gomez, Alphonse-Joseph.
19. Hens, Constant-Joseph.
20. Jeanpierre, Victor-Joseph.
21. Klammers, Jean.
22. Lemaire, Victor-Joseph.
23. Lenfant, Joseph.
24. Louis, Pierre-Joseph.
25. Malherbe, Alphonse-Joseph.
26. Masson, Ernest-Franç.-Joseph.
27. Masson, Joseph-Aug.-Gérard.
29. Paquay, Joseph-Victor.
30. Pip, Jean-Hubert-François.
31. Putz, Jules-Joseph.
32. Putz, Victor-Joseph.
33. Ratz, Michel.
34. Rinck, Gengoux-Joseph.
35. Rolling, Jean-Joseph.
36. Santkin, Prospert-Joseph.
37. Thunus, Bertrand-Louis.
38. Winand, Nicolas-Joseph.

Récapitulation des inscriptions :

Arbrefontaine, 11
Beho, 15
Bovigny, 11
Grand-Halleux, 13
Petit-Thier, 4
Vielsalm, 38

Total, 92

Faits divers

On nous écrit de Wathermal :

« Dimanche dernier, cinq jeunes gens de Wathermal, accompagnés d’un jeune homme d’Ourthe, se rendaient au chef-lieu de la commune, à l’effet de s’y faire inscrire pour le tirage au sort.
À Beho, ils firent la rencontre de deux autres jeunes gens d’Ourthe qui s’y trouvaient pour la même cause. On but ensemble, on chanta et s’amusa fort bien, non pourtat sans se dire quelques paroles désobligeantes.
Vers 6 heures du soir, on se remit en route pour Ourthe, séparés en deux groupes comme on était venu. La première bande, assez nombreuse, s’en allait lentement, causant et riant, lorsqu’elle fut rencontrée par la seconde troupe à une distance d’environ vingt minutes de Beho. Après s’être échangé quelques mots, l’un des derniers arrivants portant à l’un des premiers deux coups de couteau, dont l’un au sein droit et l’autre sur la septième côte, du même côté. Un autre jeune homme du premier groupe arriva au secours du blessé et reçut un coup de couteau à la jambe droite.
Par un hasard providentiel (si l’on peut appeler cela un hasard), aucun des coups de couteau, qui nous auraient pu être mortels, n’est extrêmement dangereux. Dans l’un des coups portés au premier blessé, la lame a glissé entre les chairs et les côtes, faisant une large ouverture ; dans l’autre coup, elle s’est arrêtée net sur la côte. Le second blessé a été atteint près de l’artère fémorale et à un décimètre du bas-ventre. »

Foires de la semaine
(Provinces de Luxembourg, Liège, Namur et Grand-Duché) :
Lundi 10, Durbuy, Paliseul, Salmchâteau, Luxembourg.
Mercredi 12, St-Hubert, Echternach (Grand-Duché)
Vendredi 14, St-Madr, Filot, Fosse.
Samedi 15, Sugny.

Une aventure du roi Léopold.

Léopold se promenait un jour, à pied, en habit civil et complètement seul, dans les rues de bruxelles.
C’était vers quatre heures de l’après-midi ; la nuit tombait, on était à la fin d’octobre.
Il s’arrête devant la maison du général X. à la vue du soldat de faction, lequel marquait indolemment le pas le long du trottoir, le fusil au bras et tenant de la main droite une énorme tarte qu’il dévorait à pleine bouche.
Ce naïf conscrit était de B…, près de Vielsalm ; sa mère était venue le voir par le premier train du matin ; mais par malheur, il était de garde, et le mauvais vouloir de ceux à qui elle avait demandé de pouvoir parlé à son fils à la caserne, lui allait faire perdre toute la matinée ; elle ne l’avait retrouvé que dans l’après-midi, avait causé avec lui quelques moments à peine et avait même dû se hâter pour reprendre le convoi de Vielsalm, après avoir laissé à son fils la tarte qu’elle avait fait elle-même à son intention et que celui-ci mangeait si avidement.
Léopold s’arrête donc et l’accoste, voulant connaître la pensée de ce jeune paysan sur la vie militaire.
— D’où êtes-vous, mon ami ? lui demanda-t-il.
— Vos estoz bein curieux, monsieus, répondit le pioupiou ; mais tot l’même dji vos l’dirais : dji sos d’on viège di tot près del Visâme ; divinez à c’t’heure, si vos ploz.
— De Rencheux ? dit le roi.
— Vos n’y estoz nein.
— De Grand-Halleux ?
— Vos n’y estoz nein.

Et notre gaillard, joyeux de l’embarras de son interlocuteur, tout en mordant à belles dents entre chaque phrase, fredonnait sournoisement une chanson où il était question de balouches.
— De Bovigny, alors ?
— Vos y estoz, dji sos di Bovigny…

(après un instant de silence). Mais vos, monsieu, qui est-ce qui vos estoz ?
— Devinez, répondit à son tour Léopold.
— Dji voès bein à vosst’ air qui vos estoz on’ancien sodart, quoèqui vos n’ave nein l’habit militaire.
— Oui, mais de quel grade ?
— Lieutenant ?
— Vous n’y êtes pas.
— Cap’taine ?
— Vous n’y êtes pas.
— Gros major ?
— Vous n’y êtes pas.
— Général ?
— Vous n’y êtes pas.
— Co pu haut ?
— Oui.
— Serive li roè, par hasard ?
— Vous y êtes.
— Ah ! c’ co là, tinoo m’tortai, qui d’jive préseinte les armes !

Et le naïf factionnaire met sa tarte dans les mains du roi qui, par un mouvement irréfléchi, la prend et reste ébahi vis-à-vis du soldat qui tient flegmatiquement son fusil à deux mains et à bras tendus pour lui porter les armes.

Etat-Civil de Vielsalm

Du 30 décembre 1886 au 5 janvier 1887.

NAISSANCE : 1.
Oscar-Edmond, fils de Flix-Alphonse Jacoby, bourrelier, et de Marie-Elisabeth Lerho, de Vielsalm.

AVIS AU PUBLIC.


L’officier de l’état-civil de Vielsalm informe le public que les personnes se rendant au bureau de l’administration pour faire dresser des actes de l’état-civil doivent se faire accompagner de témoins connus, jouissant de leurs droits civils et âgés d’au moins 21 ans, savoir :
Pour les actes de décès, le déclarant et un témoin ;
Pour les actes de naissances, le déclarant et deux témoins ;
Pour les actes de mariages, les parties, parents et quatre témoins.

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Bernard WILMÈS
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CONTRE L’INCENDIE
L’UNION BELGE
Fondée en 1824
Dont le siège est établi place de l’Industrie, 29, à Bruxelles.
Agent principal à Vielsalm : A.GILLET, secrétaire communal.

lundi 24 mai 2010

Parmi les noms de lieux de la région.

(publié dans « Excelsior », 1er trimestre 1954-1955)

Les noms de lieux sont devenus aujourd’hui l’objet d’une vraie science qu’on appelle la toponymie. L’honneur d’avoir créé ce nom (dérivé de « topos » = lieu, et « nomos » = science) revient à l’historien belge G. KURTH, qui est originaire de notre Luxembourg. Cette science est trop nouvelle pour pouvoir tout expliquer ; le mystère entoure encore une foule de noms qui nous sont familiers, mais que nous ne comprenons plus. Au cours d’une promenade autour de la Salm, nous préciserons la signification et l’origine de quelques termes locaux.

Honneur d’abord à VIELSALM ! Ce nom résulte évidemment d’une déformation de Vieille-Salm. La voix populaire a longtemps cherché une étymologie facile, en rattachant ce nom à salmo, le saumon, qui aurait jadis abondé en nos rivières. Les armoiries de la commune présentent encore deux saumons opposés dos à dos. Pourtant, l’élément « Salm » est tout autre chose ; il s’agit d’une racine très ancienne, répandue dès les temps préhistoriques dans toute l’Europe et même en Asie Mineure. Il désigne des mers, des caps, des fontaines, des rivières ; il se rattache donc à l’idée générale d’eau en mouvement. Aussi n’est-il pas surprenant qu’il ait désigné une rivière : la Salm, dans notre région.

Lorsque la terre se morcela en fiefs, au moyen âge, le nom fut appliqué au « comte de Salm », le seigneur du pays. (La première mention historique date de 1035). Le château-fort bâti par les comtes vers l’an 1000, à l’emplacement de la propriété MOUTON, attira sous sa protection un village qui prit naturellement le nom de maître du lieu.

Mais, vers 1350, les comtes abandonnèrent cette résidence pour construire un nouveau château en amont, à l’emplacement stratégique qui commande l’entrée de la Fosse Roulette. Au pied de ses murs, s’aggloméra un nouveau village, Salm-la-Franchise, qui prit plus tard le nom de SALMCHATEAU.

Dès ce moment, on comprend que les textes anciens aient opposé : la Vieille-Salm, ou Salm-la-Vieille, à Salm-la-Franchise, ou Salm-la-Neuve. Peu à peu, la Vieille-Salm s’est altérée en Vielsalm, comme on l’appelle aujourd’hui.

Le nom de Salmchâteau fait allusion à cette nouvelle résidence que les comtes de Salm ont bâtie, il y a six siècles, sur les hauteurs dominant la rivière.
Lorsqu’il construisirent la forteresse, les comtes accordèrent une franchise à l’endroit ; on entend par là une exemption de certaines taxes que le prince octroyait pour attirer les manants sur ses terres. Ainsi le nouveau village prit le nom de Salm-la-Franchise ; on le baptisa aussi Bas-Château et même Basse-Ville. Le nom de Salmchâteau se généralisa quand disparut le privilège comtal.

RENCHEUX, l’autre « banlieue » de Vielsalm, dissimule mieux ses origines. Il y a quelques siècles, tout contribuait à séparer Rencheux de notre localité : les rochers abrupts qui cernaient le château, la Salm qui inondait les Doyards, le caractère rocailleux du ravin. Il faut, semble-t-il, rattacher Rencheux à un mot wallon : rin, qui désigne les branches du noisetier, qu’on emploie comme tuteurs pour soutenir les tiges de pois. L’appellation ancienne du lieu est Rincheu que l’on prononce aussi Rinchê en patois.

Le suffixe n’est pas inconnu dans la région. On peut relever des noms parallèles : un triheux est un terrain en friches ; un ronhieu ou ronchieux désigne une terre couverte de ronces ; un pircheux est un terrain pierreux.

Il semble donc qu’on ait dénommé Rincheu, ce versant de la Salm couvert d’arbustes, particulièrement de noisetiers. Aujourd’hui encore, de part et d’autre de la « Tchavée », qui gravit la côte, les pentes rocailleuses sont couvertes de futaies qui devaient tout envahir, avant que la main de l’homme élimine ces broussailles.

Quittons notre « capitale », pour survoler au gré de l’alphabet, le vaste pays de Salm, parsemé de petits bourgs aux noms sonores et parfois évocateurs.

ARBREFONTAINE est généralement assimilé à l’endroit dénommé Alba fontana (signifiant blanche fontaine), qui est cité dans des textes très anciens (déjà en 670). Cette étymologie, bien que séduisante, est très discutable, comme le montre un examen attentif du nom.

Les sources aménagées et munies d’un petit réservoir sont souvent désignées, dans nos régions, du nom de « fontaine ». on y joint ordinairement un adjectif ; citons Bellefontaine, Blanchefontaine, Menufontaine, Noirefontaine, Troisfontaine, dans notre province seulement. Il est naturel d’associer ainsi un adjectif à un nom. En revanche, Arbrefontaine résulte de la juxtaposition de deux noms : cette formation est moins normale, car on n’unit pas directement un nom à un autre nom, désignant des objets, sinon avec l’aide d’une préposition ou d’un article. Nous songeons à des localités comme Bois-de-Breux, Queue-du-Bois, Neuville-le-Chaudron.

Il est donc difficile d’identifier Albafontana avec Arbrefontaine. En outre, le groupe de consonnes lb n’aurait pu devenir rb en vertu des lois de la phonétique. Ajoutons que la position géographique de l’actuelle Arbrefontaine semble ne pas coïncider avec la situation de Alba fontana qui se trouvait plus au nord.

Il faut chercher la solution ailleurs. Si nous interrogeons le peuple, nous l’entendons prononcer aujourd’hui encore : Nâfontinne ou Afontinne. Des documents datant de 1501 et de 1525 montrent qu’à l’époque, la localité s’appelait déjà Alfontayne (1). Il arrive en effet qu’on ajoute une préposition à un nom de lieu afin de le préciser. Il semble bien que ce soit ici le cas et que le nom populaire signifie simplement « à la fontaine ».

L’appellation « Arbrefontaine » doit être une interprétation récente du terme wallon ; elle serait due à des scribes qui ont inconsciemment francisé le nom et qui l’ont déformé sous l’aspect que nous connaissons.

Concluons : il semble qu’il n’y a aucun rapport entre l’antique Alba Fontana et Arbrefontaine d’aujourd’hui. La tradition populaire explique aisément l’origine du nom : à la fontaine. Arbrefontaine est une forme moderne et artificielle.

BEHO est un nom d’origine germanique : Bockholz (la forêt de bouleaux) qui dérive d’un terme celtique plus ancien encore. Le mot s’est allégé des lettres qui paraissaient trop lourdes à des populations d’expression wallonne et il est devenu l’actuel Beho. L’aspiration germanique s’est pourtant maintenue dans la deuxième syllabe.

En wallon, le peuple dit parfois « Abhô » ; ce terme, mérite une explication. Jadis, on ajoutait une préposition devant la première syllabe de beaucoup de noms de lieu ; elle servait souvent à préciser l’endroit : à, en, de sur… (cf. Afontinne). Il est arrivé plus d’une fois, que la préposition s’agglomère au nom de manière plus ou moins définitive ; ainsi « à Beho » est devenu « Abhô ». cette forme du mot apparaît, dans des documents, il y a trois siècles.

BOVIGNY doit être rattaché à un nom de personne. Bovo est un nom d’origine franque qui fut latinisé sous la forme Bovinius. Il faut se rappeler que les Gaulois ont constitué dans nos régions de vastes domaines qu’ils désignaient du nom du propriétaire auquel on adjoignait le suffixe acus.

Ainsi Boviniacus représentait, il y a un millénaire, le domaine de Bovo. La finale du mot s’est usée un cours des âges, tandis que se maintenaient les syllabes les plus sonores. La graphie y est une fantaisie de scribe datant du moyen âge.

CIERREUX est également un village très ancien. Ce nom paraît formé de deux éléments : Cheron, un nom gaulois répandu dans le peuple, et un second terme : reux qui désigne un défrichement. Il s’agirait d’un domaine rural ayant appartenu à un certain Cheron. En wallon, on prononce encore le nom : Cherreux. Signalons qu’on doit attribuer la même origine au nom de Halconreux.

COMMANSTER a un passé plus mystérieux. Ce petit village porte, outre son nom wallon, une appellation germanique : Gommelshusen. Le suffixe ster est très répandu en Wallonie (Ster, Jehanster, Colonster…) ; néanmoins le sens du mot reste discuté. Il doit désigner un défrichement ou simplement une terre, un lieu-dit. En outre, la première partie de Commanster est d’origine obscure.

COO n’est autre chose qu’une sympathique forme wallonne : « cô », traduisant simplement le français cou. Ce mot imagé a désigné l’étroite bande de terre qui séparait deux boucles de l’Amblève. Une tranchée fut jadis creusée à travers ce « cou » par les moines de Stavelot ; depuis lors, l’eau s’y précipite en une cascade bouillonnante.

COURTIL est un nom de lieu très répandu depuis les débuts du moyen âge. Dans le latin populaire, « curtis » désignait une cour de ferme ou une exploitation rurale. On citerait beaucoup de composés wallons comme Walcour, Rocour, Amercoeur. Le domaine agricole de Courtil est connu par de nombreux documents historiques ; il était construit le long d’un chemin très ancien qui menait à Vielsalm.

FARNIERES doit probablement être rattaché à un nom d’arbre : le frêne. Farnières est une altération de Fresnières, c’est-à-dire « le lieu où poussent des frênes ». Le suffixe ières apparaît dans de nombreux noms de lieux : Rosières, Bossières, Tillières, pour désigner des plantations de roses, de bois, de tilleuls. Dans la langue populaire, Farnières est devenu Farnières, par métathèse, quand on perdit de vue le sens originel du nom.

FRAITURE dérive d’un vieux mot français : fraitis = friche, lieu désert. On désignait ainsi les terrains gagnés sur la fagne inculte. Deux lieux-dits ont porté ce nom dans notre région : l’un se trouve près de Nadrin ; l’autre village de Fraiture est voisin de Bihain sur la Lienne ; ses habitants, terrorisés par une épidémie de peste, l’abandonnèrent, paraît-il, au 16e siècle.

GOUVY est une localité à dénomination bilingue : au wallon Gouvy correspond l’allemand Gailig. Il semble que Gouvy doive être rattaché à Gaudiacus qui désigne le domaine d’un certain Gaudius. On peut aussi rapprocher ce nom de Gouy-lez-Piéton.

Des doublets dans le genre de Gailig — Gouvy ne sont pas rares ; la proximité de la zone de langue allemande crée des phénomènes analogues le long de toute la frontière linguistique. La déformation d’un nom de lieu est très naturelle lorsqu’il est prononcé par des populations qui ignorent la langue d’où le nom provient.

A GRAND-HALLEUX, les habitants se donnent aujourd’hui encore le nom de « Halonî » ou de « Haloneux ». En vieux français, un « hallot » désigne une branche ou un buisson ; ce terme est d’origine germanique. Ainsi, on appliquait jadis le nom de « Halleux » à des endroits brouissailleux. Ajoutons une constatation surprenante : Petit-Halleux a, de tout temps, été plus important que son voisin Grand-Halleux.

Cette localité a porté au 16e siècle un nom aujourd’hui disparu : Moustre, qui est une variante de Moustier. Cette appellation dérivait de monasterium ; elle évoquait l’existence du presbytère qui fut bâti lorsque Halleux fut érigé en paroisse

Il n’est pas rare, dans notre pays, qu’un détail religieux fixe le nom d’un lieu ; ainsi, La Gleize (= l’église) ; La Moinerie, Saint-Hubert, Purgatoire, se rattachent à des souvenirs historiques de ce genre.

A. LEKEU

(1)M. G. REMACLE a relevé ce nom dans un dénombrement d’anciens feux de la région.

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Ndlr : Cet article doit être lu avec beaucoup de réserves, il apparaît clairement que l’auteur n’a pas eu accès aux archives du comté de Salm !

dimanche 13 septembre 2009

À Saint-Martin (Bovigny).

(publié le 7 décembre 1978)

Entre Rogery et Bovigny, sur un plateau dans la forêt, se dresse isolée une chapelle. L’endroit est connu sous le nom de « Saint-Martin ».

C’est le centre antique d’une paroisse régionale, devenue maintenant « de Bovigny ».

Elle portait à l’origine le nom de paroisse « Glain », du nom d’un ancien domaine auquel elle appartenait. Elle est signalée déjà dans un document de 814, mais il n’est pas douteux qu’à ce moment elle existait déjà depuis pas mal de temps.
Elle comprenait le territoire de la commune de Bovigny, sauf Cierreux qui dépendait de Salm. En des textes latins, elle est dénommée « de Glaniaco » en 814 et 950. Plus tard, au XIIe siècle, on la désigne sous le nom de « Saint-Martin », du nom du patron.

À la suite d’événements malheureux de toutes sortes, guerres, ravages, épidémies, aux XIVe et XVe siècles, le curé de la paroisse finit par devoir abandonner son presbytère non loin de l’église, et son séjour à Bovigny, de provisoire d’abord, devint peu à peu définitif. Le 2 juin 1717, la chose fut régularisée et le titre d’église paroissiale de Saint-Martin fut transféré à la « chapelle » de Bovigny. Le bâtiment, qui vraisemblablement était alors fort défectueux, finit par tomber en ruines. Toutefois, en 1850, l’abbé DEBRA, curé de Bovigny, fit construire la chapelle actuelle, sur l’emplacement de l’ancien édifice ; elle est connue sous le nom de « chapelle N.D. des Malades ».





Il n’y a jamais eu d’habitation à côté de la chapelle, qui est toujours restée isolée. Le presbytère se trouvait au bas de la côte conduisant à la chapelle, près de la rivière.

Gaston REMACLE

jeudi 3 septembre 2009

En 1797, un curé de Salm installait un curé de Bovigny.

(publié dans Pays de Salm le 24 décembre 1961)

Dans nos régions, le changement de pasteur dans une paroisse a toujours été l’occasion de quelque cérémonie.
L’installation, le dimanche 10 décembre, de Monsieur le Doyen PECHON,nous a fait fouiller nos notes et y retrouver la copie d’un document de 1797.
Il s’agit du procès-verbal de l’installation d’un curé, à Bovigny, l’abbé Jean Servais LEMOINE.
Nous le reproduisons ci-après.
On en goûtera le rituel qui est d’ailleurs conservé en partie.
La copie a été prise directement sur l’original.

Soit connu à tous et un chacun, que cejourd’hui deuxième jour complémentaire de l’an cinq de la république française, dix huitième septembre 1797, v.st.
Je soussigné curé de Salm présent sire Lambert Joseph BLAISE vicaire de Courtil et Nicolas JACOB de Bovigny mambour actuel de l’église paroissiale témoins à ce spécialement appellés et également sousignés en suite des investitures pour la cure de Bovigny dépéchées le cinq septembre mil sept cent quatre vingt dix sept à sire Jean Servais LEMOINE aussi sousigné par ordre et au nom et sous le scel de Monseigneur Adrien Jean Baptiste Théodore d’OULTREMONT de Wegimont en sa qualité d’archidiacre d’Ardenne, j’ai mis le sus dit sire Jean Servais LEMOINE en possession d’icelle cure de Bovigny avec les formalités suivantes :
1° Je lui ai mis les clefs de l’église paroissiale en main qu’il a ouverte.
2° Je l’ai conduit au cloché où il a mis la main aux cloches.
3° à la chaire des prédications où il est monté.
4° aux confessionnaux où il s’est placé.
5° aux fonds baptismaux qu’il a ouverts et touchés.
6° à la sacristie où il a visité les saintes huiles.
7° à l’autel qu’il a touché de même que le calice et miselle, à ouvert le tabernacle, le saint ciboire où se trouvent les hosties consacrées et ensuite a donné la bénédiction.
De l’église, je l’ai reconduit vers la maison pastorale fermée qu’il a ouverte avec la clef que je lui ai mis en main, entré dans la maison il a allumé un feu nouveau de tout quoi j’en ai averti les présens et toutes ces formalités se sont faites d’une manière pacifique et tranquille sans opposition ni réclamation de qui que ce soit.
En foi de quoi, nous avons tous signé le présent acte que nous avons remis de suite au susdit sire Jean Servais LEMOINE curé de Bovigny pour s’en servir et faire valoir en cas de besoin.
Fait à Bovigny les jours, mois et an que dessus.
L.J. BLAISE qui supra testis ; N.JACOB mambour témoins ; J.S. LEMOINE, curé de Bovigny ;
In fidem P. BARTHELEMY curé de Salm.

Ce document nous fait remarquer certains faits assez curieux.
C’est le curé de Salm, l’abbé Pierre BARTHÉLEMY, qui met Sire LEMOINE en possession de sa nouvelle cure. Le curé de Salm n’avait pourtant aucun droit de primauté par rapport à la cure de Bovigny. Il faut croire que pour procéder à cette installation l’abbé BARTHÉLEMY avait reçu une délégation spéciale.
D’autre part, il faut observer qu’à ce moment l’abbé BARTHÉLEMY se cachait depuis un an déjà. Il s’efforçait d’échapper aux autorités françaises qui le recherchaient du fait qu’il avait refusé de prêter le serment de fidélité prescrit par les républicains français.
Pendant six années, il disparut ainsi de la vie publique, la paroisse de Salm étant administrée par un vicaire. En cachette toutefois, il continuait d’accomplir certains actes de son ministère, tels des baptêmes, mariages.
C’est ainsi, sans doute, qu’il aura procédé à l’installation du nouveau curé de Bovigny.
Ajoutons que Jean Servais LEMOINE état originaire de Rencheux, né le 9 février 1739, fils de Servais LEMOINE et de Jeanne ISRAEL.
Il succédait, à la cure de Bovigny, à son cousin Jean Léonard LEMOINE, également originaire de Rencheux, ce dernier succédant lui aussi à un parent, son oncle, Sire Gengoux ENGLEBERT, originaire de Petit-Thier.

Gaston REMACLE