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lundi 27 juillet 2009

Connaissons notre région. (VIII)

(série d’articles publiés dans « Les Annonces de l ‘Ourthe » ( ?) en 1972-1974)

Au temps de la préhistoire (suite).

Le long de plusieurs de nos ruisseaux, particulièrement celui de Louxibou descendant vers Cierreux, celui de Bèchefa descendant vers Bèche, ainsi qu’aux sources du Salm, on constate la présence d’une quantité de tertres irréguliers et d’origine artificielle, des « tambales » dit le langage du pays. Ils appartiennent à une bande qui va du plateau des Tailles jusqu’à la haute Amblève. Les archéologues sont d’accord pour reconnaître qu’il s’agit là de résidus de délavages aurifères et ils situent leur origine à l’âge du fer. Il y a là une activité considérable. On sait que la Gaule a été jadis un des pays grands producteurs d’or. César en a tiré des sommes considérables ; elles lui ont permis de conquérir Rome où l’abondance d’or, après la guerre des Gaules, fit tomber le rapport de valeur de l’or à l’argent de 1/11,91 en 150 à 1/8,39 en 50 avant J.-C.
D’autres vestiges plus anciens encore ont été trouvés non loin de notre région.

Gaston REMACLE

dimanche 26 juillet 2009

Mines d’or.

(mise-à-jour le 22/09/09)

Le long de plusieurs ruisseaux, particulièrement celui de Louxibou, celui de Bèchefa, ainsi qu’à la source de Vîfsâm, on constate la présence de quantité de tertres irréguliers. Ils appartiennent à une bande qui s’étend du plateau des Tailles jusqu’à la haute Amblève.
Ces monticules recouverts de végétation, sont de toutes formes et de toutes dimensions. Ils apparaissent nettement comme étant d’origine artificielle.
Les archéologues reconnaissent ces amoncellements comme des résidus de délavage aurifère. Ils situent leur origine à l’âge du fer.
La quantité de tertres provenant ainsi de ces travaux d’orpailleurs n’a pu se réaliser que moyennant la manipulation d’un volume considérable de terre et de gravier. Elle suppose la présence d’une population déjà importante et fort active.

(Cfr. C. DUBOIS, Antiques mines d’or en Ardenne, dans B.I.A.L. 1952, pp.65 et sq. ; et J. BASTIN, Anciennes mines d’or dans l’Ardenne septentrionale, Spa, 1942.)



Ndlr :

1) Dans L'Avenir de Stavelot du 29 décembre 1895, on lit que "depuis qu'on a trouvé de l'or à Poteau, des recherches ont été faites à Salmchâteau. Messieurs NICKELMAN en ont trouvé également en assez grande quantité dans un de leurs terrains. Plusieurs Allemands ont fait la demande, à plusieurs de nos propriétaires, de concessions de terres".
(P. LEJEUNE, De l'or à Grand-Halleux et Salmchâteau, dans G.S.H.A. n°7 (1977) pp.71-72)


2) O. GRAULICH, Salm en Ardenne, 1994, p.40, cite encore le ruisseau de Rolayi, près du village de Petites Tailles, le Glain en aval de Grand-Halleux.
Il s’interroge néanmoins sur l’attribution de certains des monticules artificiels à l’activité d’orpaillage, par rapport à l’absence d’or dans les sépultures celtes environnantes, ce qui est pertinent.

3) A. CAHEN-DELHAYE écrit que la nécropole de Mormont (Wibrin) livra, fait rarissime, une paire de petites boucles d'oreille en or.
(Quatre tombelles de La Tène à Wibrin, dans Archaeologia belgica, n°196, 1977)

4) P. LEJEUNE donne un autre lieu de découverte d'or, aux abords du gué du ruisseau de Cièrfa et de la vôye di Rodjri, à 1 km. au nord-est de la ferme du Vivî. Il livre aussi un article de 1895, où l'on parle de la découverte d'or près de Petit-Thier.
(P. LEJEUNE, De l"or au "Vivî", à Petit-Thier et ailleurs, dans G.S.H.A. n°8 (1978) pp.82-83)

5) J.-M. DUMONT, Orpaillage celtique à l'époque de La Tène au plateau des Tailles, dans G.S.H.A. n°13 (1980) pp.42-45.