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samedi 8 novembre 2014

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

Dans l’Organe de Vielsalm du 22 décembre 1907 : le point d’arrêt de Cierreux a été cambriolé.  Les bandits ont brisé deux fenêtres pour s’emparer du montant de la recette du jour (40 frs), divers vêtements et menus objets. On ne possède aucun indice permettant de découvrir ces audacieux voleurs.
Le 30 décembre à midi à Neufchâteau il sera procédé à l’adjudication du service de malle-poste entre Hébronval-Regné (arrêt du vicinal de Lierneux) et Laroche par Samrée. [Il semble donc qu’une correspondance était assurée entre ces deux modes de transports ]

Dans l’Organe du 28 novembre  1909 : A Bihain la famille de notre honorable et sympathique bourgmestre M. H.J. Laurent comptant déjà six garçons vient d’être augmentée d’un septième qui selon la coutume sera le filleul du roi [Léopold II].
Mais  le 19 décembre suivant  le journal annonce la mort du Roi  survenue à Laeken à l’âge de 74 ans. Lorsque Léopold II monta sur le trône,  il dit dans son discours aux membres des deux Chambres : Je ne promets pas à la Belgique ni un grand règne ni un grand roi. Il n’a pas tenu cette promesse  car il a rempli son règne de 45 ans de choses qui ont fait la Belgique plus grande et plus estimée.
Toujours dans l’Organe du 19 décembre : A Commanster, un petit « Moresnet » disparaît. Entre autres particularités qui donnent à ce village frontière un cachet original, il possédait en fait une zone de 12 ha située entre les bornes 88 et 96 n’appartenant ni à la Belgique ni à l’Allemagne. Un paysan était venu y installer une petite exploitation agricole que le fisc n’atteignait pas. Mais une dénonciation aux agents des contributions révéla l’anomalie des deux cadastres s’arrêtant en-deçà de cette zone. Après de longues discussions, la cause est aujourd’hui entendue  et la frontière rétablie à celle fixée par le Traité d’Aix-la-Chapelle de 1816. La zone en question revient donc à la section de Beho tout en ayant les honneurs du cadastre prussien. Les habitants du cottage qu’on avait dénommé « Château des Alouettes »,  sont maintenant déchus de leur petite royauté !
Dimanche matin à Salmchâteau, dans le petit chemin qui conduit à La Comté, on a découvert le cadavre du sieur Constant  Delsemme, fabricant de pierres à rasoir,  dont la mort serait due à une congestion provoquée par le froid.
A Bèche, un accident s’est produit dans la carrière dénommée « Gros Thier » : un bloc de pierre s’est détaché et a atteint à la tête le maître ouvrier P. Fraikin. L’état de celui-ci constaté par les docteurs Tilman et Legros serait grave.

L’Organe de Vielsalm du  26 décembre 1909 informe que jeudi a eu lieu en l’église de Vielsalm une messe solennelle pour le repos de notre regretté Roi. Toutes les notabilités ainsi que nos fonctionnaires y étaient représentés et rapporte qu’un terrible accident s’est produit jeudi vers 3 heures ½ à Vielsalm-Gare.


 Mademoiselle Juliette Brasseur, 20 ans, était occupée pour le compte de l’hôtelier Poncin (voir la carte postale montrant son établissement ; peut-être Juliette se trouve-t-elle parmi les figurants ? A droite, l’arrière de la maison Payon devenue l’archéoscope.)  à rincer du linge au bord de la Salm [lisez du Glain]. Ne la voyant  pas revenir et ayant trouvé une manne au bord de l’eau et du linge que celle-ci avait emporté vers l’aval, l’alerte fut donnée et ce n’est que vers 7 heures que l’on aperçut le cadavre de la malheureuse au barrage du moulin Cottin. Les eaux étant très fortes, on ne put enlever le cadavre qui était pris entre les montants du barrage. On dut soulever les vannes mais la force de l’eau emporta la noyée jusqu’au-delà de Grand-Halleux où il ne put être repêché que le lendemain vendredi.
La victime aurait bien pu être retirée de l’eau en amont du moulin Cottin mais un vieux préjugé qui malheureusement existe encore à Vielsalm a arrêté les curieux qui attendaient la gendarmerie avant de procéder au sauvetage. Disons -le une fois pour toutes, dans un cas semblable il faut procéder immédiatement au sauvetage et laisser le cadavre sur les lieux ; en attendant l’arrivée du docteur et de la gendarmerie, on doit tenter le rappel à la vie  au moyen de la respiration artificielle.


                                                                               Robert Nizet

jeudi 19 juin 2014

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

L’Organe du 30 juin 1912 signale l’accident mortel survenu à l’ardoisière des Corbeaux à Cahay et qui a couté la vie à l’ouvier de fond Blanjean de Bèche et un autre accident à Lierneux. Le camionneur Lugens de la fabrique de sodas Motte de Lierneux a été grièvement blessé à la figure par une ruade du cheval qu’il conduisait.

L’Organe du 8 juin 1913 rapporte qu’aux Tailles dans la nuit du 4 au 5 trois individus paraissant être des nomades ont traversé le village ayant au préalable enlevé du linge appartenant à M. Dalcette. Celui-ci les a poursuivis un temps sans pouvoir les rattraper.

Dans l ’Organe du 22 juin 1913, des catastrophes naturelles.
À Lierneux, un violent orage a causé des dégâts formidables aux récoltes, principalement de pommes de terre, mais aussi des victimes. Après avoir renversé trois personnes se trouvant au café Ernest Massaux, le fluide électrique est allé déchiqueter un poteau téléphonique se trouvant à une dizaine de mètres de la maison. Sur le haut du village, une cheminée a été renversée et une chèvre littéralement électrocutée et divers arbres ont été atteints.
À Lavaux, la fermière du point du jour après de longs efforts a pu sauver ses porcelets qui avaient été entraînés par le torrent dans le sous-sol de la maison.
A Sart-Hennard, les récoltes ont été ravagées par la grêle.

On apprend dans l’Organe du 29 juin 1913 que le major Alphonse Jacques est promu au grade de lieutenant-colonel au 13ème de Ligne en garnison à Liège.
[ Il est toujours à ce poste lors de la déclaration de guerre  le 4 août suivant.]
La rubrique Etat civil  nous apprend la naissance de Suzanne-Hortense-Marie-Thérèse fille de Leduc E. et de Mersch Marie. [Elle deviendra la femme d’Adolphe Demoulin]

L’Organe du 7 juin 1914  reprend du Journal de liège  le magnifique résultat obtenu par notre concitoyen Georges Paquay à la course de motocyclettes de 665 km qu’il organisait les 31 mai et  1er juin. Le dimanche et le lundi,  il remporte le 3ème prix et termine second au classement général.  Au contrôle de Vielsalm tenu par M. Jeunejean il était passé premier et fut ovationné par une foule importante.

Dans L’Organe du 21 juin 1914 :
A Deiffelt, jeudi dernier, les habitants ont été témoins  du départ d’un aéroplane vers Arlon où un groupe d’aviateurs belges procèdent actuellement à des reconnaissances, tout comme à Bastogne d’ailleurs.
À Commanster, un violent orage s’est abattu dimanche. Madame Dujardin qui venait de soigner son bétail sortait de l’étable lorsque la foudre y tomba et foudroya trois bêtes. Madame Dujardin a été légèrement commotionnée.
À Brux-Lierneux, un gamin qui se rendait à l’école  a introduit sa langue dans sa gourde et ne put l’en faire sortir ! Un passant tenta de l’aider, en vain, et le conduisit chez le Dr Leusch qui dut scier le goulot de la gourde pour libérer la langue de cet imprudent.


                                                                               Robert NIZET

samedi 9 novembre 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

 Le 17 octobre 1909 :
Les courses vélocipédiques organisées dans la région recueillent un succès appréciable. Pour la course Vielsalm-Trois-Ponts-Basse-Bodeux-Lierneux-Joubiéval-Vielsalm à parcourir deux fois, 10 coureurs se sont rangés en face du café Wampach et furent photographiés par M. Baccus. Le départ fut donné à 1h25 au son de la Brabançonne. Les contrôles volants étaient assurés par M.de Montpellier en auto et par Georges Paquay en moto. Le contrôle fixe est tenu place du Marché par M.Masson-Passelecq et un prix spécial est offert par Robert Malherbe à mi-parcours. Le vainqueur est Célestin Paquay en 4heures et 22minutes ; il remporte la somme de 60 francs. Le sixième et dernier classé est à un quart d’heure. La course pour débutants allait jusqu’à Poteau et retour et fut remportée par Walrant en 2 heures et 35 minutes.
Les vélos n’étaient  évidemment pas ceux que l’on connaît aujourd’hui !

La photo-carte  expédiée le 25 octobre 1909 montre un groupe de coureurs cyclistes qui sont peut-être bien ceux dont il est question ci-dessus. Remarquons le vêtement (ne parlons pas de tee-shirt !) du deuxième à partir de la gauche portant une publicité pour les cycles Damoiseau, garage qui se trouvait à l’emplacement actuel du café  Le Bowling.

A Salmchâteau, de mauvais drôles s’amusent depuis quelques temps à déposer de grosses pierres sur la voie du tram. Mardi dernier, le mécanicien [François Wansart] a dû stopper le tram de 4h30 en amont du pont métallique : deux grosses pierres barraient la voie. La vigilance habituelle  du mécanicien a évité un drame.

A Vielsalm plusieurs tenderies aux grives ont été dévalisées et en partie détruites. La police enquête.

A Commanster, la semaine passée, trois individus échappés de quelques roulottes et flanqués d’une « Vénus » en lambeaux se répandaient à la nuit tombante et réclamaient des vivres ou de l’argent. Ils reçurent généralement un bon accueil mais en passant à proximité du local de la laiterie ils enlevèrent une cruche de lait qu’une brave Perette avait momentanément délaissée. On n’a aucune nouvelle du bidon en balade. Ces gens avaient déjà marqué leur passage à la petite ferme des Fagnes en dévalisant le verger et en pillant la basse-cour. Et ils avaient menacé de mort la fermière si elle disait mot !

Le 23 octobre 1910 : Un jeune homme de notre localité, M.Aug. Gabriel, s’était rendu à un enterrement à Sommerain et depuis lors on est sans nouvelle. On se perd en conjecture sur son sort et le désespoir des parents est grand. La solution du mystère nous est donné la semaine suivante :

Le 30 octobre 1910 :
Mercredi ont eu lieu les obsèques de M. Aug. Gabriel qui, en revenant de l’enterrement de son cousin à Steinbach s’était égaré dans le bois et surpris par l’obscurité s’était noyé dans l’étang de Belin.
 [ la géographie régionale ne semblait pas être le fort du chroniqueur de l’Organe].

Le 22 octobre 1911 :
 Tous les soirs, soit à l’entrée ou à la sortie du Salut une masse  [ !] de garnements s’amuse(nt) à lancer des glands contre les passants et fillettes [Quel scandale !] Il nous semble que notre service policier pourrait y mettre fin.


                                                                               Robert NIZET

jeudi 27 juin 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

L’Organe de Vielsalm nous apprend :

Le 31 mai 1914 : Vincent  Cano, photographe à la gare, prévient que pour raisons familiales, il est forcé de quitter Vielsalm et qu’il ne pourra plus accepter de commandes après le lundi de la Pentecôte.

Le 24 mai 1908 :
 A Commanster, mardi vers 8h du matin, le feu s’est déclaré au domicile des demoiselles Tarchamps, débitantes, immeuble  appartenant aux époux Merget- Tibon. Il n’en reste que les murs.
 A Grand-Halleux, jeudi dernier vers 6h30 du soir, la nommée Josse Marianne, 57 ans, épouse Herman Hubert, cultivateur à Petit-Halleux, a été trouvée pendue dans une chambre à l’étage de son habitation. La malheureuse, malade depuis des années, a mis fin à ses jours à l’aide d’un tablier. L’attention des voisins  a été attirée par le bétail qui réclamait le repas du soir, le mari étant absent.

Le 23 mai 1909 : aujourd’hui à 3 heures, courses vélocypédiques au parc communal de Vielsalm. Les concurrents auront à effectuer le trajet Vielsalm-Grand-Halleux et retour et faire, pendant une heure, le circuit du vélodrome improvisé dans le parc.
Toujours pour les amateurs de cyclisme, on annonce le passage à Vielsalm  le 28 mai prochain du tour de Belgique. Départ à Namur et arrivée à Verviers.

Le 10 avril 1910 : La course inter-club organisée à Lierneux a vu 8 partants au départ, course très dure en raison du nombre de côtes. Oscar Massoz est arrivé premier avec 10 minutes d’avance sur le second Joseph Massoz. On le voit, le cyclisme était un sport fort pratiqué dans la région.

Notre police est sur les dents et s’efforce de mettre la main au collet du triste individu qui dimanche vers 8 h30 du soir s’était embusqué  à l’entrée de la propriété de Rosée et a agressé la femme Jeanpierre-Caillet de  Petit-Thier. La semaine suivante, malgré les infatigables recherches et l’audition d’une quarantaine de personnes, le mystère n’était pas éclairci.

Le 1er mai 1910 :
A Vielsalm, dimanche dernier, a eu lieu la manifestation d’adieu organisée à l’occasion du départ de M. Martilly, curé-doyen. [Tout le monde ne regrette pas celui-ci !]
-A Bovigny, on va réparer le pont mais, si la rumeur dit vrai, on veut lui conserver son grand défaut [non précisé].
- Un accident de chemin de fer : Jos. Brasseur de Vielsalm, le serre-frein du dépôt de Trois-Ponts se rendant au train pour y prendre son service a été atteint par un wagon vide lancé sur une voie de manœuvre. Transporté  à  l’hôpital de Stavelot il y est décédé le lendemain. Il y a trois mois à peine que la fille de la victime s’était noyée accidentellement dans la Salm.
- Le chien des époux Denis Colson, colporteurs à Vielsalm, a dû être abattu : il avait voulu mordre sa maîtresse et on suppose qu’il était atteint  de la rage.
Le 1er juin 1913 : jeudi dernier a eu lieu l’enterrement de Eugène Thonard. Une foule énorme le conduisait à sa dernière demeure. Il était le propriétaire de l’Hôtel Belle Vue, vice-président des Echos de la Salm et président de la société colombophile Le Ramier. Il n’avait que 31 ans et était l’époux de Léontine Jeunejean qui gérera seule leur réputé hôtel durant de longues années.
 Son frère Jean Thonard était décédé il y a peu de temps en pleine jeunesse également.

                                                                               
                                                                                  Robert NIZET

mercredi 23 janvier 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps


L’Organe du dimanche 1er janvier 1905
Dans un petit village des bords de l’Ourthe, on a aperçu tout récemment une limousine automobile arrêtée près d’un appareil photographique sur pied. L’auto était en fait un laboratoire complet de photographe avec vitres rouges, cuvettes, révélateur, fixateur pour développer un cliché. L’opérateur travaillait pour un éditeur de cartes postales illustrées de Paris et avait réalisé quatre cents clichés de « La Belgique en hiver » en dix jours de givre. Grâce aux plaques rapides et à une automobile tout aussi rapide, les clichés se faisaient à la douzaine. Où est le temps du collodion liquide où l’on faisait trois clichés par jour ?

Mais que sont devenus ces clichés ?

A Lierneux un incendie a détruit au centre du village quatre maisons occupées par MM. Monfort, Germain, Habotte, Constant Gaspard et Jean-Jos. Mathieu. On n’a pu préserver que les récoltes avoisinantes et sauver le bétail sauf une chèvre et un porc. Il ne reste que quelques murs.

Dans l’Organe du dimanche 8 janvier on apprend que les religieuses dominicaines établies à Provèdroux, n°18 sont à la disposition des malades pour aller les soigner à domicile.

Qui se souvient de ce service particulier ?

L’Organe du 7 janvier 1906  commence par un avis aux lecteurs : L’Organe créé en 1885 vient donc de doubler le cap de sa vingt-unième (sic) année. Le plus vif désir de l’éditeur a toujours été de rendre son journal le plus intéressant possible. Il organisera cette année dans chaque village de la contrée un service sérieux de reporters afin que les plus petits faits lui soient renseignés et que la moindre nouvelle n’échappe pas à la connaissance de ses lecteurs.

La dame de L’Annonce ne devrait-elle pas faire de même ?

Mr l’abbé Hautôt, vicaire d’Etalle, vient d’être promu curé à Commanster.

Si l’on dit que c’est une promotion…

Innovation dans l’Organe du 12 janvier 1913 : une chronique des livres que l’on va retrouver tout au long de l’année et même au-delà et qui est signée G. de Prouves.

Je me demande si c’est un ancêtre de Guy don de Bêche. Je me promets de poser la question  à celui-ci !

Dans la nuit de mercredi à jeudi dernier, les habitants furent réveillés par les cris de Au feu, Au feu puis le clairon et le tocsin lancèrent aussi le signal avertisseur d’un incendie.
Le feu qui s’était déclaré soudainement (route de Neuville c'est-à-dire actuelle rue du Général Jacques) dans l’atelier de M. Rommès, charron, ne tarda pas à s’étendre à deux autres maisons, l’une habitée par M. Jacoby et l’autre, le local du cercle catholique, occupée par le tenancier. Ces constructions vieilles de plus de cent ans ne tardèrent pas à être transformées en un immense brasier et furent bientôt réduites en  cendres. Les pompiers et les habitants accourus sur les lieux mirent tout en œuvre pour circonscrire les flammes mais il fallut se borner à préserver les maisons voisines. On ignore les causes qui ont provoqué l’incendie dont les dégâts sont évalués à plus de 25.0000Fr.

A Limerlé, un vol d’environ 80m de fil de cuivre a été commis au préjudice de l’Administration des téléphones et télégraphes. Ce fil  fut coupé sur la ligne qui reliait  Limerlé à Cherain.

Il n’y a vraiment rien de neuf sous le soleil.

Il n’y avait, en ce temps- là dans notre localité, aucune difficulté pour  faire soigner ses dents :
Maurice Sasserath  peut être consulté à l’Hôtel Molhan-Renard à Vielsalm-Gare le troisième mardi de chaque mois ou chez Joseph Denis entrepreneur aux Quatre-Coins ; Ad. Leloup dentiste à Malmedy peut être consulté tous les premiers mardis du mois au café de la Renaissance Emile Lekeu-Lambert ; Amédée Hesse de Verviers se signale aussi à l’attention des lecteurs et reçoit le premier lundi du mois chez Cahay, hôtelier à la Gare ;   le Dr Legros de Vielsalm s’est aussi spécialisé dans l’art dentaire.
                           
                                                                            Robert NIZET




mardi 24 juillet 2012

Les ceux de chez nous

LE PERSONNAGE MYSTERIEUX

Il n’a pas accepté de figurer nommément dans cette galerie des « personnages » locaux malgré mon insistance répétée. Après tout, il y a bien un soldat inconnu, parfois un invité mystère, un agent secret, pourquoi cette série n’aurait-elle pas son héros anonyme ? Il ne le restera pas pour quelques personnes qui vont le reconnaître aisément mais la plupart des lecteurs se demandera qui il peut bien être.

Sa profession est une des plus exigeantes qui soient mais aussi une qui s’exerce en pleine communion avec la nature. Il est en effet bûcheron, et même bûcheron chevronné : il accepte tous les travaux même les plus difficiles comme les coupes à blanc à effectuer dans nos escarpés croupets ardennais, là où même le cheval débarde péniblement puisqu’il utilise souvent treuil et câble pour amener les troncs où ils pourront être chargés sur camion. Il peut travailler seul, des heures durant, ne voyant pas le temps passer si ce n’est par la tombée de la nuit, mettant au sol des dizaines et des dizaines de gros arbres sur sa journée. Après les grosses tempêtes de 1999 en France, il fut sollicité comme quelques autres pour aller dégager les chablis du côté de St-Dié dans les Vosges. Durant plus d’un an et demi, il abattit un boulot énorme, logeant et mangeant dans sa voiture stationnée dans la coupe pour ne pas perdre de temps !

Rien que pour ceci il mérite les « honneurs » de cette rubrique mais ce qui m’a fait insister auprès de lui pour l’y faire figurer, c’est surtout son habileté à se faufiler dans les endroits les plus incroyables. Qu’on en juge par ces quelques exemples.

Lors du Tour de France 1993, à l’arrivée de l’étape à Serre-Chevalier, il apparut en direct à la TV sur le podium en compagnie de Gérard Holtz qui ne savait comment s’en débarrasser. Il fut évidemment reconnu immédiatement par des Salmiens qui n’en croyaient pas leurs yeux.
Lors d’un Grand prix de Formule1 à Francorchamps, il se glissa parmi la garde d’accompagnement de Bernie Ecclestone et entra ainsi – gratuitement – dans le saint des saints. De la resquille trois étoiles !
Une autre année, dans le paddock du même grand prix où il n’avait évidemment rien à faire, il se trouva en contournant un motor-home face à face avec le grand Ayrton Senna. Les deux hommes se serrèrent la main. Moment fugace. Moment intense. Souvenir inoubliable et émouvant.
A Roland-Garros, alors qu’il essayait d’apercevoir une partie de tennis par les interstices de la palissade, il fut surpris par un gardien. Au lieu de l’expulser, celui-ci le fit au contraire entrer et le plaça à 3 mètres de sa Justine préférée !
Qui dit mieux ?
Par contre, parti un peu tard pour assister au Prix d’Amérique à Vincennes ( remarquons au passage l’éclectisme de ses centres d’intérêt !) il arriva trop juste et suivit la course à la radio dans sa voiture sur le parking de l’hippodrome.

S’il excelle pour se mettre dans des positions invraisemblables, il se sort tout aussi bien de situations particulièrement scabreuses par son sens extraordinaire de la débrouillardise.
Ainsi, tombé en panne de boîte de vitesse à Stavelot, il rejoignit son domicile à Commanster, plus de 26 km, en marche arrière.
En revenant du CHU où il avait conduit sa grosse voisine voir son mari, la suspension de la voiture de celle-ci cassa. N’hésitant pas, il prit sa cognée, grimpa sur le talus où il abattit un bouleau qu’il débita pour obtenir un morceau qu’il intercala entre la roue et le châssis et parvint encore ainsi à rejoindre son village.
A un autre moment, l’alimentation en essence de sa voiture étant défectueuse, il se balada quelques jours avec une nourrice d’essence suspendue à l’extérieur de la portière arrière et alimentant directement le carburateur.
En revenant de Zolder, le câble d’accélérateur de sa Simca 1000 casse. Jamais à court d’idée, il avise un jardin où se trouvait un sèche-linge : il y prélève un morceau de fil et actionne ainsi l’accélérateur par la vitre ouverte de sa portière. Il faut dire que cette Simca en avait déjà vu d’autres puisque notre homme a fait du moto-cross de 1967à 1985, dans la province du Luxembourg d’abord puis à la F.M.B. Débarrassée de tous les sièges sauf celui du conducteur, cette voiture accueillait la moto de cross, tous les outils et souvent un ami mécano pour se rendre sur les différents circuits.

Le florilège de ses exploits ne s’arrête pas là mais il faut bien limiter leur énumération. Ajoutons qu’à ses capacités à abattre un énorme boulot, vous pouvez lui demander un service : il n’hésite jamais à vous le rendre.
Seul point noir de sa personnalité : il est un fan inconditionnel d’un vieux paletot qui a repris du service en formule 1, d’où de nombreuses passes d’armes entre nous deux !
Qui peut le plus peut le moins.

Robert NIZET

lundi 24 mai 2010

Parmi les noms de lieux de la région.

(publié dans « Excelsior », 1er trimestre 1954-1955)

Les noms de lieux sont devenus aujourd’hui l’objet d’une vraie science qu’on appelle la toponymie. L’honneur d’avoir créé ce nom (dérivé de « topos » = lieu, et « nomos » = science) revient à l’historien belge G. KURTH, qui est originaire de notre Luxembourg. Cette science est trop nouvelle pour pouvoir tout expliquer ; le mystère entoure encore une foule de noms qui nous sont familiers, mais que nous ne comprenons plus. Au cours d’une promenade autour de la Salm, nous préciserons la signification et l’origine de quelques termes locaux.

Honneur d’abord à VIELSALM ! Ce nom résulte évidemment d’une déformation de Vieille-Salm. La voix populaire a longtemps cherché une étymologie facile, en rattachant ce nom à salmo, le saumon, qui aurait jadis abondé en nos rivières. Les armoiries de la commune présentent encore deux saumons opposés dos à dos. Pourtant, l’élément « Salm » est tout autre chose ; il s’agit d’une racine très ancienne, répandue dès les temps préhistoriques dans toute l’Europe et même en Asie Mineure. Il désigne des mers, des caps, des fontaines, des rivières ; il se rattache donc à l’idée générale d’eau en mouvement. Aussi n’est-il pas surprenant qu’il ait désigné une rivière : la Salm, dans notre région.

Lorsque la terre se morcela en fiefs, au moyen âge, le nom fut appliqué au « comte de Salm », le seigneur du pays. (La première mention historique date de 1035). Le château-fort bâti par les comtes vers l’an 1000, à l’emplacement de la propriété MOUTON, attira sous sa protection un village qui prit naturellement le nom de maître du lieu.

Mais, vers 1350, les comtes abandonnèrent cette résidence pour construire un nouveau château en amont, à l’emplacement stratégique qui commande l’entrée de la Fosse Roulette. Au pied de ses murs, s’aggloméra un nouveau village, Salm-la-Franchise, qui prit plus tard le nom de SALMCHATEAU.

Dès ce moment, on comprend que les textes anciens aient opposé : la Vieille-Salm, ou Salm-la-Vieille, à Salm-la-Franchise, ou Salm-la-Neuve. Peu à peu, la Vieille-Salm s’est altérée en Vielsalm, comme on l’appelle aujourd’hui.

Le nom de Salmchâteau fait allusion à cette nouvelle résidence que les comtes de Salm ont bâtie, il y a six siècles, sur les hauteurs dominant la rivière.
Lorsqu’il construisirent la forteresse, les comtes accordèrent une franchise à l’endroit ; on entend par là une exemption de certaines taxes que le prince octroyait pour attirer les manants sur ses terres. Ainsi le nouveau village prit le nom de Salm-la-Franchise ; on le baptisa aussi Bas-Château et même Basse-Ville. Le nom de Salmchâteau se généralisa quand disparut le privilège comtal.

RENCHEUX, l’autre « banlieue » de Vielsalm, dissimule mieux ses origines. Il y a quelques siècles, tout contribuait à séparer Rencheux de notre localité : les rochers abrupts qui cernaient le château, la Salm qui inondait les Doyards, le caractère rocailleux du ravin. Il faut, semble-t-il, rattacher Rencheux à un mot wallon : rin, qui désigne les branches du noisetier, qu’on emploie comme tuteurs pour soutenir les tiges de pois. L’appellation ancienne du lieu est Rincheu que l’on prononce aussi Rinchê en patois.

Le suffixe n’est pas inconnu dans la région. On peut relever des noms parallèles : un triheux est un terrain en friches ; un ronhieu ou ronchieux désigne une terre couverte de ronces ; un pircheux est un terrain pierreux.

Il semble donc qu’on ait dénommé Rincheu, ce versant de la Salm couvert d’arbustes, particulièrement de noisetiers. Aujourd’hui encore, de part et d’autre de la « Tchavée », qui gravit la côte, les pentes rocailleuses sont couvertes de futaies qui devaient tout envahir, avant que la main de l’homme élimine ces broussailles.

Quittons notre « capitale », pour survoler au gré de l’alphabet, le vaste pays de Salm, parsemé de petits bourgs aux noms sonores et parfois évocateurs.

ARBREFONTAINE est généralement assimilé à l’endroit dénommé Alba fontana (signifiant blanche fontaine), qui est cité dans des textes très anciens (déjà en 670). Cette étymologie, bien que séduisante, est très discutable, comme le montre un examen attentif du nom.

Les sources aménagées et munies d’un petit réservoir sont souvent désignées, dans nos régions, du nom de « fontaine ». on y joint ordinairement un adjectif ; citons Bellefontaine, Blanchefontaine, Menufontaine, Noirefontaine, Troisfontaine, dans notre province seulement. Il est naturel d’associer ainsi un adjectif à un nom. En revanche, Arbrefontaine résulte de la juxtaposition de deux noms : cette formation est moins normale, car on n’unit pas directement un nom à un autre nom, désignant des objets, sinon avec l’aide d’une préposition ou d’un article. Nous songeons à des localités comme Bois-de-Breux, Queue-du-Bois, Neuville-le-Chaudron.

Il est donc difficile d’identifier Albafontana avec Arbrefontaine. En outre, le groupe de consonnes lb n’aurait pu devenir rb en vertu des lois de la phonétique. Ajoutons que la position géographique de l’actuelle Arbrefontaine semble ne pas coïncider avec la situation de Alba fontana qui se trouvait plus au nord.

Il faut chercher la solution ailleurs. Si nous interrogeons le peuple, nous l’entendons prononcer aujourd’hui encore : Nâfontinne ou Afontinne. Des documents datant de 1501 et de 1525 montrent qu’à l’époque, la localité s’appelait déjà Alfontayne (1). Il arrive en effet qu’on ajoute une préposition à un nom de lieu afin de le préciser. Il semble bien que ce soit ici le cas et que le nom populaire signifie simplement « à la fontaine ».

L’appellation « Arbrefontaine » doit être une interprétation récente du terme wallon ; elle serait due à des scribes qui ont inconsciemment francisé le nom et qui l’ont déformé sous l’aspect que nous connaissons.

Concluons : il semble qu’il n’y a aucun rapport entre l’antique Alba Fontana et Arbrefontaine d’aujourd’hui. La tradition populaire explique aisément l’origine du nom : à la fontaine. Arbrefontaine est une forme moderne et artificielle.

BEHO est un nom d’origine germanique : Bockholz (la forêt de bouleaux) qui dérive d’un terme celtique plus ancien encore. Le mot s’est allégé des lettres qui paraissaient trop lourdes à des populations d’expression wallonne et il est devenu l’actuel Beho. L’aspiration germanique s’est pourtant maintenue dans la deuxième syllabe.

En wallon, le peuple dit parfois « Abhô » ; ce terme, mérite une explication. Jadis, on ajoutait une préposition devant la première syllabe de beaucoup de noms de lieu ; elle servait souvent à préciser l’endroit : à, en, de sur… (cf. Afontinne). Il est arrivé plus d’une fois, que la préposition s’agglomère au nom de manière plus ou moins définitive ; ainsi « à Beho » est devenu « Abhô ». cette forme du mot apparaît, dans des documents, il y a trois siècles.

BOVIGNY doit être rattaché à un nom de personne. Bovo est un nom d’origine franque qui fut latinisé sous la forme Bovinius. Il faut se rappeler que les Gaulois ont constitué dans nos régions de vastes domaines qu’ils désignaient du nom du propriétaire auquel on adjoignait le suffixe acus.

Ainsi Boviniacus représentait, il y a un millénaire, le domaine de Bovo. La finale du mot s’est usée un cours des âges, tandis que se maintenaient les syllabes les plus sonores. La graphie y est une fantaisie de scribe datant du moyen âge.

CIERREUX est également un village très ancien. Ce nom paraît formé de deux éléments : Cheron, un nom gaulois répandu dans le peuple, et un second terme : reux qui désigne un défrichement. Il s’agirait d’un domaine rural ayant appartenu à un certain Cheron. En wallon, on prononce encore le nom : Cherreux. Signalons qu’on doit attribuer la même origine au nom de Halconreux.

COMMANSTER a un passé plus mystérieux. Ce petit village porte, outre son nom wallon, une appellation germanique : Gommelshusen. Le suffixe ster est très répandu en Wallonie (Ster, Jehanster, Colonster…) ; néanmoins le sens du mot reste discuté. Il doit désigner un défrichement ou simplement une terre, un lieu-dit. En outre, la première partie de Commanster est d’origine obscure.

COO n’est autre chose qu’une sympathique forme wallonne : « », traduisant simplement le français cou. Ce mot imagé a désigné l’étroite bande de terre qui séparait deux boucles de l’Amblève. Une tranchée fut jadis creusée à travers ce « cou » par les moines de Stavelot ; depuis lors, l’eau s’y précipite en une cascade bouillonnante.

COURTIL est un nom de lieu très répandu depuis les débuts du moyen âge. Dans le latin populaire, « curtis » désignait une cour de ferme ou une exploitation rurale. On citerait beaucoup de composés wallons comme Walcour, Rocour, Amercoeur. Le domaine agricole de Courtil est connu par de nombreux documents historiques ; il était construit le long d’un chemin très ancien qui menait à Vielsalm.

FARNIERES doit probablement être rattaché à un nom d’arbre : le frêne. Farnières est une altération de Fresnières, c’est-à-dire « le lieu où poussent des frênes ». Le suffixe ières apparaît dans de nombreux noms de lieux : Rosières, Bossières, Tillières, pour désigner des plantations de roses, de bois, de tilleuls. Dans la langue populaire, Farnières est devenu Farnières, par métathèse, quand on perdit de vue le sens originel du nom.

FRAITURE dérive d’un vieux mot français : fraitis = friche, lieu désert. On désignait ainsi les terrains gagnés sur la fagne inculte. Deux lieux-dits ont porté ce nom dans notre région : l’un se trouve près de Nadrin ; l’autre village de Fraiture est voisin de Bihain sur la Lienne ; ses habitants, terrorisés par une épidémie de peste, l’abandonnèrent, paraît-il, au 16e siècle.

GOUVY est une localité à dénomination bilingue : au wallon Gouvy correspond l’allemand Gailig. Il semble que Gouvy doive être rattaché à Gaudiacus qui désigne le domaine d’un certain Gaudius. On peut aussi rapprocher ce nom de Gouy-lez-Piéton.

Des doublets dans le genre de Gailig — Gouvy ne sont pas rares ; la proximité de la zone de langue allemande crée des phénomènes analogues le long de toute la frontière linguistique. La déformation d’un nom de lieu est très naturelle lorsqu’il est prononcé par des populations qui ignorent la langue d’où le nom provient.

A GRAND-HALLEUX, les habitants se donnent aujourd’hui encore le nom de « Halonî » ou de « Haloneux ». En vieux français, un « hallot » désigne une branche ou un buisson ; ce terme est d’origine germanique. Ainsi, on appliquait jadis le nom de « Halleux » à des endroits brouissailleux. Ajoutons une constatation surprenante : Petit-Halleux a, de tout temps, été plus important que son voisin Grand-Halleux.

Cette localité a porté au 16e siècle un nom aujourd’hui disparu : Moustre, qui est une variante de Moustier. Cette appellation dérivait de monasterium ; elle évoquait l’existence du presbytère qui fut bâti lorsque Halleux fut érigé en paroisse

Il n’est pas rare, dans notre pays, qu’un détail religieux fixe le nom d’un lieu ; ainsi, La Gleize (= l’église) ; La Moinerie, Saint-Hubert, Purgatoire, se rattachent à des souvenirs historiques de ce genre.

A. LEKEU

(1)M. G. REMACLE a relevé ce nom dans un dénombrement d’anciens feux de la région.

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Ndlr : Cet article doit être lu avec beaucoup de réserves, il apparaît clairement que l’auteur n’a pas eu accès aux archives du comté de Salm !

dimanche 13 septembre 2009

Histoire vraie d’autrefois. Le mort qu’on avait perdu.

(publié le 23 décembre 1962)

C’était au temps où les défunts de Commanster étaient enterrés à Vielsalm, amenés ici, cahin-caha, suivant les ornières antiques à travers le Grand-Bois.
Certain hiver, une abondante couche de neige couvrait le sol. Bien peu de chose laissait deviner le tracé des vieux chemins.
Aussi, comment suivre vraiment sans erreur les voies habituelles même ? Et sans cahots !

Toujours est-il qu’un convoi funèbre, parti de Commanster, fut fort étonné, à son arrivée à Vielsalm.
Deux parents du défunt avaient précédé le véhicule, pour le guider, s’efforçant de discerner au sol la présence de la route. Le cercueil, bien affermi sur la charrette dès le départ, ne risquait pas de glisser ! Le mort pouvait reposer tranquille.
Du moins, on le pensait !
Or donc, que de soubresauts pourtant il avait dû subir, au cahot des roues sur les souches et les cailloux en dehors des ornières. De quoi faire tressaillir, certes.
Tant et si bien qu’à Vielsalm, plus de cercueil. Oh ! consternation !
La corde dénouée laissait deviner le drame. Sous le lien relâché, le « quatre planches », bien secoué avait glissé, glissé… dans la neige. Sans bruit. Mais à quel endroit ?

Il fallut revenir en arrière, et chercher, chercher…
Sans doute retrouva-t-on la boîte funèbre. Mais, en attendant de dormir à sa dernière demeure, le mort devait être bien refroidi.

Gaston REMACLE

mercredi 9 septembre 2009

Après le Rallye Touristique des Hautes Ardennes.

( publié le 24 mai 1964)

Les questions posées aux participants du Rallye du 10 mai ont provoqué bien des recherches et des échanges de vues. Elles nous invitent à faire part de quelques notes.

Catherine la muette.

Plusieurs participants au rallye n’ont pu parvenir à découvrir le petit monument élevé en souvenir de ladite Catherine, en 1760.

Il s’agit d’une croix en mauvais schiste, se dressant dans la forêt, au bord de l’ancien chemin de Petit-Thier à Commanster. Son emplacement, sur la commune de Beho, est à une quinzaine de mètres de la limite séparant les communes de Beho et de Petit-Thier.
La croix porte cette inscription :

« Ici git tombé morte Catherine Freson de Comaster le 4 juin 1760 ».

L’acte de décès de Catherine note bien qu’il s’agit d’une mort subite. Catherine est ici nommée FRESON, mais c’est là le nom de son mari.
En réalité, elle s’appelait Catherine WOMMES, originaire de Heinischeid. Elle avait épousé, le 4 novembre 1728, Léonard FRESON, de Commanster.



(photographie de Gaston REMACLE)

Le général NIELLON.

La question relative à ce personnage a intrigué plus d’un chercheur.
NIELLON est signalé dans plusieurs documents comme résidant à Burtonville, il y a environ 130 ans.
Un fils est né de lui à Burtonville le 22 avril 1837, prénommé Alexandre ; ses parents sont désignés, à l’acte de sa naissance, comme étant NIELLON Charles, général de brigade, 43 ans, et FORRIS Louise, Christine, Amélie, Marie, Charlotte.

Le général se trouvait encore à Burtonville en 1848 et 1851. Il n’était pas d’origine belge puisque, le 16 mars 1837, la grande naturalisation lui était accordée par sanction royale.

Toutefois, il avait commandé des troupes belges aux premiers temps du royaume de Belgique ; il participa, en 1830, aux combats du pont de Waelhem, Lierre, Berchem, Borgerhout puis, en 1831, à la campagne des dix jours.

Qu’il ait dirigé des troupes belges sans avoir leur nationalité n’a rien d’étonnant, l’armée belge ayant à l’époque, compté plusieurs officiers étrangers.
Mais comment était-il arrivé à Burtonville ? Nous ne savons.

La foire de Saint-Jacques.

L’époque retenue, par les organisateurs du rallye, pour l’origine de cette foire a été le quinzième siècle. C’est possible. Seul un document peut servir de base à une telle affirmation, mais on aimerait de savoir lequel.
Toujours est-il que la foire en question est signalée en 1561. Voici en quels termes :

« Item, salvons et wardons que d’an à an et chascun an la nuit del Sainct-Jacque à Fosse, maire et justice, se doyent transporter à moustier à Fosse, à l’heure de vespre, pour addresser un chascun qui viendrat illecq avecq densrée vénalle, ou aultrement faire assistence ou la loy du pays pour tous ceulx qui en seront requérant, parmy leurs drois paiant.
… Item, salvons et wardons que la ditte feste delle Sainct-Jacque à Fosse doit estre franche … »


Existant en 1561, et certainement depuis quelque temps déjà puisqu’elle est ainsi mentionnée dans un « record de coutumes », elle pourrait en effet avoir son origine au quinzième siècle. Mais, encore une fois, il serait intéressant de connaître le document qui la mentionne à cette époque.
Quant au onzième siècle, qui a été avancé, on ne voit pas bien comment la vie économique rudimentaire de la région et la vie politique à ce moment, auraient favorisé et même permis une telle foire.

Gaston REMACLE.

dimanche 6 septembre 2009

Dénombrement au comté de Salm en janvier 1659.

G. REMACLE, dans G.S.H.A. n°9 (1978) pp.109-145.

Géographie littéraire de la Wallonie. La Vallée du Glain.

J. DELMELLE, dans G.S.H.A. n°9 (1978) pp.9-22.

Le mort qu'on avait perdu.

G.REMACLE, dans G.S.H.A. n°8(1978) p.90.

Ndlr :

Cet article est la reproduction de celui de 1962.

Nos communes.

(publié le 1er février 1979)

La récente fusion des communes a fait disparaître plusieurs d’entre elles, dans notre région.
C’est en vertu des dispositions de la loi du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800) qu’avaient été créées les communes de Grand-Halleux, Arbrefontaine, Vielsalm, comme les communes voisines de Beho, Bovigny, Lierneux.
Depuis lors, et jusqu’au 31 décembre 1977, les limites de la commune de Grand-Halleux n’avaient pas changé, et cette commune comptait 2 484 hectares, 32 ares, 88 centiares.
La commune d’Arbrefontaine, elle, s’était agrandie de la section de Goronne détachée de Vielsalm le 1 janvier 1853, selon une loi votée le 11 novembre 1852 à la Chambre des Représentants et le 3 décembre suivant au Sénat ; ainsi, Arbrefontaine mesurait 2 051 ha., 24 a.,65 ca.
Depuis le 31 décembre 1977, Goronne a été rattaché à la nouvelle commune de Vielsalm.
Vielsalm perdit encore, à partir du 1 janvier 1848, ce qui devint la commune de Petit-Thier, soit 1 907 ha.,19a., 35 ca., selon une loi du 10 mars 1847.
Ainsi, la commune de Vielsalm était ramenée à 5 468 ha., à l’origine, à 2 848 ha., 57 a., 57 ca.
Actuellement, après sa fusion récente avec les anciennes communes de Bihain, Grand-Halleux, Petit-Thier, une partie de la commune de Lierneux, et les localités de Commanster et Goronne, elle mesure 11 885 hectares, avec 6 700 habitants.

Gaston REMACLE