(publié le 21 décembre 1978)
Il y a bien des siècles déjà qu’un centre paroissial s’est créé à l’endroit devenu Vielsalm ; mais on ne sait quand. Il s’agissait alors d’une grande paroisse régionale.
Un document de 1131 mentionne l’existence de l’ « ecclesia de Salmes » ; c’est à propos de redevances dues par cette église à l’abbaye de Stavelot. Sans nul doute, cette église de Salm est l’ancienne paroisse de Salm qui a subsisté jusqu’en 1803.
Ainsi signalée en 1131, elle existait alors déjà depuis longtemps, certainement, et sa création ne peut être due qu’au travail apostolique des moines de Stavelot.
C’est vers 650 que l’abbé Remacle et ses compagnons s’installèrent à Stavelot et commencèrent sans tarder l’évangélisation de la région.
Cette paroisse de Salm était fort grande. Elle comprenait les territoires des actuelles communes de Grand-Halleux, Petit-Thier et Vielsalm, de même que les villages de Goronne, Cierreux et Commanster. Elle avait ainsi pris les limites de deux anciens domaines contigus. On ne sait quel a été son nom à son origine ; celui de « Salm » n’a pu lui être attribué qu’après la création du comté de même nom.
Pendant longtemps, cette ancienne paroisse ne comporta qu’un seul édifice du culte, chapelle ou église, que tous les paroissiens rejoignaient en temps opportun.
Dès le début, une église s’est-elle fixée à l’endroit devenu Vielsalm, désert à ce moment-là ? Ce n’est pas certain, et nous pensons que, édifiée non loin toutefois, elle n’y est venue qu’après quelque temps avec la naissance du comté de Salm vers l’an mille, et une nouvelle autorité civile dans la région.
Au cours des siècles, l’augmentation de la population notamment devait rendre l’église paroissiale trop petite, et d’accès trop éloigné pour bien des personnes. Aussi vit-on peu à peu des communautés villageoises en expansion s’efforcer d’avoir chez elles un édifice du culte également, avec un vicaire écolâtre, ce avec l’accord de l’autorité religieuse. Ainsi, Grand-Halleux eu sa chapelle déjà avant 1430, Goronne en 1691, Commanster en 1683, Salmchâteau en 1725, Burtonville en 1703, Petit-Thier en 1704, Cierreux en 1704, Ville-du-Bois en 1766.
La paroisse actuelle de Vielsalm est née en 1803, du démembrement de l’ancienne paroisse et à la suite du concordat napoléonien de 1801.
La nouvelle organisation des paroisses fit aussi de Vielsalm le centre d’un doyenné du même nom.
Cette nouvelle paroisse de Vielsalm ne comprit plus Cierreux, Goronne, Grand-Halleux, Petit-Thier, Salmchâteau. Plus tard, elle perdit encore Commanster en 1835, Ville-du-Bois en 1842, Neuville et Burtonville en 1913.
La paroisse de Vielsalm, ainsi que toutes celles du canton, sont passées le 15 janvier 1843 au diocèse de Namur, alors que précédemment, la région avait toujours fait partie du diocèse de Liège.
Gaston REMACLE
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dimanche 4 octobre 2009
vendredi 4 septembre 2009
Ville-du-Bois. Ses prêtres.
(publié dans l’Annonce de Vielsalm le 6 octobre 1946)
En ce mois d’octobre, il y a 26 ans qu’arrivait à Ville-du-Bois, pour y desservir la paroisse, M. le Curé LEFEBVRE.
Un quart de siècle, cela compte.
Les vingt six ans de pastorat de M. le Curé LEFEBVRE prennent une belle place dans la série de prêtres ayant exercé les fonctions sacerdotales dans la paroisse. C’est pourquoi nous croyons l’occasion bonne de donner le relevé des prêtres qui ont présidé spécialement à la vie religieuse de cette localité.
C’est seulement depuis 1842 que le village constitue une paroisse propre.
A cette date, Ville-du-Bois est distrait de la paroisse de Vielsalm dont il faisait partie depuis 1803, et son église était érigée en succursale.
Avant 1803 et pendant des siècles, Ville-du-Bois avait été une des localités de la paroisse de Salm. Celle-ci occupait tout le territoire allant de Cierreux à Poteau et de Commanster à Grand-Halleux ; l’église et le presbytère se trouvaient à Vielsalm.
La plus ancienne citation de la paroisse de Salm date de 1131. toutefois il y a lieu de penser qu’elle remonte à l’époque caloringienne. Son origine serait antérieure à celles du comté de Salm et de Vielsalm. Quoiqu’il en soit, pour l’instant il s’agit seulement de rappeler les prêtres connus qui ont particulièrement reçu en charge les intérêts spirituels des habitants de Ville-du-Bois.
Le premier était Sire Jean-Pierre DECROTIER, originaire de Mont-le-Ban et fixé à Ville-du-Bois dès 1767. Il y restera 34 ans.
Les circonstances de sa venue méritent d’être signalées. Vers le milieu du XVIIIe siècle, les habitants de Ville-du-Bois jugèrent que leur communauté « fort grande et peuplée » méritait bien une chapelle et un prêtre la desservant en permanence. Ils entreprirent à cet effet des démarches auprès de l’autorité civile et de l’autorité religieuse. Et sans même en attendre le résultat, on bâtit. La chapelle érigée, l’autorité dut bien reconnaître le fait. Il y a lieu de penser que le Curé de Salm, Sire Laurent MARTINY, n’était pas hostile à l’entreprise. Bref, l’Abbé DECROTIER, vicaire à Vielsalm, fut chargé des fonctions sacerdotales à Vile-du-Bois. Il tint également école pour les enfants de la localité.
La fin de sa carrière rencontra l’hostilité du Régime français. Les Sans-culottes s’étaient installés dans la région en 1795. dès 1796, surgirent des difficultés religieuses, notamment avec le Curé de Salm, l’Abbé BARTHELEMY, qui est obligé de s’enfuir. Pressé de prêter le fameux serment de haine à la Royauté et à l’anarchie, l’abbé DECROTIER refuse ; en conséquence, le presbytère doit être mis sous séquestre.
L’attitude du prêtre ne manqua pas d’influencer celle de ses ouailles. Ville-du-Bois ayant été érigée en commune, son agent et l’agent-adjoint démissionneront plutôt que de prêter aussi le serment. En guise de protestation, la localité diffère même de tenir les assemblées primaires et de faire le nécessaire en matière d’impôt. La résistance fut vive, comme en d’autres localités voisines d’ailleurs.
Elle cédera, mais devant la menace, celle d’envoyer des garinsaires dans les maisons du village.
Après le fameux coup d’Etat de Napoléon en 1799, le serment exigé fut remplacé par une simple promesse de fidélité à la constitution nouvelle. Le 20 janvier 1800, l’Abbé DECROTIER fit à Vielsalm la promesse demandée.
Il mourut le 13 octobre 1801 à Ville-du-Bois.
Lui succéda le R.P. THIMOTEE prémissaire et écolâtre.
Puis l’Abbé François REUCHENBERG, cité dès 1805. il était natif d’Aix-la-Chapelle. Il est mort à Ville-du-Bois, à 50 ans, le 5 septembre 1816. sa pierre funéraire se trouve encore actuellement au cimetière de Vielsalm.
Vient après lui l’Abbé GUILLAUME, de 1818 à 1823. c’est lui qui notait que parmi les devoirs du vicaire figure celui de « tenir les écoles en hiver ».
Puis l’Abbé Paul COLLIN, de 1824 à 1833. lui aussi s’occupe de l’instruction des enfants. En 1828, lorsque l’Asministration communale de Vielsalm établira une école primaire à Ville-du-Bois, c’est l’Abbé COLLIN qui est nommé instituteur.
En 1833, il est remplacé par l’Abbé KELLEN, précédemment à Burtonville. Celui-ci restera jusqu’en 1843.
En 1842, Ville-du-Bois étant érigé en paroisse, M. KELLEN est nommé premier administrateur.
Vient alors l’Abbé PONDANT, curé pendant 18 mois, de 1843 à 1845.
Ensuite l’Abbé GROGNA, 18 mois également, jusqu’en 1847.
M. l’Abbé WATHELET, originaire de Vielsalm, arrive le 19 octobre 1848. il restera 26 ans, jusqu’au 14 novembre 1874. transféré à Gesves, puis à Lomprez, il garda un souvenir tel de Ville-du-Bois qu’il voulut y être enterré en 1885.
Après lui, M. l’Abbé Félix GROFILS, de Wandre, de 1874 à Pâques 1897. transféré à Lesves, il fut élevé par après au canonicat. Lui aussi voulut être enterré à Ville-du-Bois en 1911. comme l’indique son épitaphe, il dirigea « la paroisse avec un zèle ardent et une exquise bonté ». aimant beaucoup sa paroisse, il se dépensa pour la doter d’une nouvelle église, une des plus belles de la région. Sans cesse préoccupé du bien de la localité, cultivé, il fut également le promoteur de plusieurs autres projets en faveur de ses ouailles.
M. l’Abbé HENNUY, originaire de Rettigny, le remplaça, de 1897 au 1 octobre 1920. la maladie lui imposa la retraite. Longtemps, il s’était dévoué au service des écoles locales de filles, et on lui doit aussi l’existence d’une laiterie prospère durant une dizaine d’années.
C’est M. le Curé LEFEBVRE qui lui a succédé.
De l’œuvre entreprise par ces prêtres, il y aurait beaucoup à dire. Bornons-nous à relever leur effort sans cesse poursuivi en faveur de l’instruction des enfants.
Quand les pouvoirs publics décidèrent d’établir une école primaire à Ville-du-Bois et que l’Abbé COLLIN fut nommé instituteur, il y avait soixante ans que l’Abbé DECROTIER avait commencé son œuvre d’instruction, continuée par ses successeurs, succédant elle même à celle que depuis longtemps les Curés de Salm avaient entreprise pour leurs paroissiens.
Plus tard, dès le début du Xxe siècle et toujours dans le même esprit de développer la vie intellectuelle du village, le prêtre local suscita la création d’une école primaire de filles et d’une école gardienne qui ont duré quarante ans, et une école dominicale de jeunes filles qui exista vingt ans.
Bel effort qui, à lui seul, mérite bien à ses auteurs pour le moins un fervent souvenir.
Gaston REMACLE
En ce mois d’octobre, il y a 26 ans qu’arrivait à Ville-du-Bois, pour y desservir la paroisse, M. le Curé LEFEBVRE.
Un quart de siècle, cela compte.
Les vingt six ans de pastorat de M. le Curé LEFEBVRE prennent une belle place dans la série de prêtres ayant exercé les fonctions sacerdotales dans la paroisse. C’est pourquoi nous croyons l’occasion bonne de donner le relevé des prêtres qui ont présidé spécialement à la vie religieuse de cette localité.
C’est seulement depuis 1842 que le village constitue une paroisse propre.
A cette date, Ville-du-Bois est distrait de la paroisse de Vielsalm dont il faisait partie depuis 1803, et son église était érigée en succursale.
Avant 1803 et pendant des siècles, Ville-du-Bois avait été une des localités de la paroisse de Salm. Celle-ci occupait tout le territoire allant de Cierreux à Poteau et de Commanster à Grand-Halleux ; l’église et le presbytère se trouvaient à Vielsalm.
La plus ancienne citation de la paroisse de Salm date de 1131. toutefois il y a lieu de penser qu’elle remonte à l’époque caloringienne. Son origine serait antérieure à celles du comté de Salm et de Vielsalm. Quoiqu’il en soit, pour l’instant il s’agit seulement de rappeler les prêtres connus qui ont particulièrement reçu en charge les intérêts spirituels des habitants de Ville-du-Bois.
Le premier était Sire Jean-Pierre DECROTIER, originaire de Mont-le-Ban et fixé à Ville-du-Bois dès 1767. Il y restera 34 ans.
Les circonstances de sa venue méritent d’être signalées. Vers le milieu du XVIIIe siècle, les habitants de Ville-du-Bois jugèrent que leur communauté « fort grande et peuplée » méritait bien une chapelle et un prêtre la desservant en permanence. Ils entreprirent à cet effet des démarches auprès de l’autorité civile et de l’autorité religieuse. Et sans même en attendre le résultat, on bâtit. La chapelle érigée, l’autorité dut bien reconnaître le fait. Il y a lieu de penser que le Curé de Salm, Sire Laurent MARTINY, n’était pas hostile à l’entreprise. Bref, l’Abbé DECROTIER, vicaire à Vielsalm, fut chargé des fonctions sacerdotales à Vile-du-Bois. Il tint également école pour les enfants de la localité.
La fin de sa carrière rencontra l’hostilité du Régime français. Les Sans-culottes s’étaient installés dans la région en 1795. dès 1796, surgirent des difficultés religieuses, notamment avec le Curé de Salm, l’Abbé BARTHELEMY, qui est obligé de s’enfuir. Pressé de prêter le fameux serment de haine à la Royauté et à l’anarchie, l’abbé DECROTIER refuse ; en conséquence, le presbytère doit être mis sous séquestre.
L’attitude du prêtre ne manqua pas d’influencer celle de ses ouailles. Ville-du-Bois ayant été érigée en commune, son agent et l’agent-adjoint démissionneront plutôt que de prêter aussi le serment. En guise de protestation, la localité diffère même de tenir les assemblées primaires et de faire le nécessaire en matière d’impôt. La résistance fut vive, comme en d’autres localités voisines d’ailleurs.
Elle cédera, mais devant la menace, celle d’envoyer des garinsaires dans les maisons du village.
Après le fameux coup d’Etat de Napoléon en 1799, le serment exigé fut remplacé par une simple promesse de fidélité à la constitution nouvelle. Le 20 janvier 1800, l’Abbé DECROTIER fit à Vielsalm la promesse demandée.
Il mourut le 13 octobre 1801 à Ville-du-Bois.
Lui succéda le R.P. THIMOTEE prémissaire et écolâtre.
Puis l’Abbé François REUCHENBERG, cité dès 1805. il était natif d’Aix-la-Chapelle. Il est mort à Ville-du-Bois, à 50 ans, le 5 septembre 1816. sa pierre funéraire se trouve encore actuellement au cimetière de Vielsalm.
Vient après lui l’Abbé GUILLAUME, de 1818 à 1823. c’est lui qui notait que parmi les devoirs du vicaire figure celui de « tenir les écoles en hiver ».
Puis l’Abbé Paul COLLIN, de 1824 à 1833. lui aussi s’occupe de l’instruction des enfants. En 1828, lorsque l’Asministration communale de Vielsalm établira une école primaire à Ville-du-Bois, c’est l’Abbé COLLIN qui est nommé instituteur.
En 1833, il est remplacé par l’Abbé KELLEN, précédemment à Burtonville. Celui-ci restera jusqu’en 1843.
En 1842, Ville-du-Bois étant érigé en paroisse, M. KELLEN est nommé premier administrateur.
Vient alors l’Abbé PONDANT, curé pendant 18 mois, de 1843 à 1845.
Ensuite l’Abbé GROGNA, 18 mois également, jusqu’en 1847.
M. l’Abbé WATHELET, originaire de Vielsalm, arrive le 19 octobre 1848. il restera 26 ans, jusqu’au 14 novembre 1874. transféré à Gesves, puis à Lomprez, il garda un souvenir tel de Ville-du-Bois qu’il voulut y être enterré en 1885.
Après lui, M. l’Abbé Félix GROFILS, de Wandre, de 1874 à Pâques 1897. transféré à Lesves, il fut élevé par après au canonicat. Lui aussi voulut être enterré à Ville-du-Bois en 1911. comme l’indique son épitaphe, il dirigea « la paroisse avec un zèle ardent et une exquise bonté ». aimant beaucoup sa paroisse, il se dépensa pour la doter d’une nouvelle église, une des plus belles de la région. Sans cesse préoccupé du bien de la localité, cultivé, il fut également le promoteur de plusieurs autres projets en faveur de ses ouailles.
M. l’Abbé HENNUY, originaire de Rettigny, le remplaça, de 1897 au 1 octobre 1920. la maladie lui imposa la retraite. Longtemps, il s’était dévoué au service des écoles locales de filles, et on lui doit aussi l’existence d’une laiterie prospère durant une dizaine d’années.
C’est M. le Curé LEFEBVRE qui lui a succédé.
De l’œuvre entreprise par ces prêtres, il y aurait beaucoup à dire. Bornons-nous à relever leur effort sans cesse poursuivi en faveur de l’instruction des enfants.
Quand les pouvoirs publics décidèrent d’établir une école primaire à Ville-du-Bois et que l’Abbé COLLIN fut nommé instituteur, il y avait soixante ans que l’Abbé DECROTIER avait commencé son œuvre d’instruction, continuée par ses successeurs, succédant elle même à celle que depuis longtemps les Curés de Salm avaient entreprise pour leurs paroissiens.
Plus tard, dès le début du Xxe siècle et toujours dans le même esprit de développer la vie intellectuelle du village, le prêtre local suscita la création d’une école primaire de filles et d’une école gardienne qui ont duré quarante ans, et une école dominicale de jeunes filles qui exista vingt ans.
Bel effort qui, à lui seul, mérite bien à ses auteurs pour le moins un fervent souvenir.
Gaston REMACLE
mercredi 2 septembre 2009
L’église de Mont-Saint-Martin à Bovigny.
(publié dans Ardenne et Famenne, 1968-1969/1)
I.
Plusieurs documents nous font savoir qu’au haut Moyen Age existait, en Ardenne, une villa, un domaine du nom de Glain, mentionné sous la dénomination de Glaniau villa, Glaniaco, Glaniacho, Glengou.
Vers 720, 6 décembre, Charles Martel, maire du palais, vint y tenir un plaid (à Glaniau villa) et y rendit une sentence devant une cour nombreuse.
(J.HALKIN/ C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, t.I, Bruxelles, 1909, pp.39-40)
Un autre document, une charte privée du 14 avril 915 indique les limites de ce domaine : la terre de Saint-Remacle (Lierneux), la terre de Saint-Aubin (Gouvy), et les terres de deux particuliers Erlebold et Everhelm (ces deux dernières sont le domaine de Thommen et ce qui fut le comté de Salm primitif).
(J.HALKIN/ C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, t.I, Bruxelles, 1909, pp.126-129)
Ces limites sont celles de l’actuelle commune de Bovigny et de ce qui fut l’ancienne paroisse de Mont-Saint-Martin jusqu’à 1803, excepté toutefois Cierreux (au nord du ruisseau) qui, jusqu’à 1803, fit partie de la paroisse de Salm.
On estime raisonnablement que l’emplacement du chef-lieu du domaine de Glain se trouvait à l’endroit occupé actuellement par les bâtiments de la ferme dite « des Concessions ».
II.
Le 1 octobre 814, l’empereur Louis le Pieux confirma les monastères de Stavelot et de Malmedy dans la possession de plusieurs dîmes et chapelles situées en territoire royal, parmi lesquelles celle de glaniaco. Confirmation renouvelée le 1er février 950 par Otton Ier.
(J.HALKIN/ C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, t.I, Bruxelles, 1909, pp.66 et 163)
Ces droits, fait remarquer le diplôme impérial, avaient déjà été donnés aux monastères par les prédécesseurs de Louis (ab antecessoribus nostris).
De quels devanciers s’agit-il ? De deux ou trois ? En tout cas cela nous reporte pour le moins au VIIIe siècle.
En 814, la chapelle de Glaniaco existait donc déjà depuis longtemps.
III.
Vers 1130, au commencement de l’abbatiat de Wibald, un dénombrement des églises à la collation de l’abbé de Stavelot cite celle de « Monte Sancti Martini ».
(J.HALKIN/ C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, t.I, Bruxelles, 1909, p.305)
À la même date, Mont-Saint-Martin est encore cité dans le relevé des églises et terres payant des redevances à l’église de Stavelot.
(J.HALKIN/ C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, t.I, Bruxelles, 1909, p.309)
Désormais, c’est sous ce nom de Saint-Martin, de Mont-Saint-Martin, que seront mentionnées, dans les documents, l’église et la paroisse en question. Que cette église, à partir de certain moment, ait été désigné par le nom de son titulaire, rien d’étonnant. De même, que le mont sur lequel s’élevait l’édifice.
IV.
Glain, chef-lieu de la villa royale, est à l’écart de Mont-Saint-Martin. Dès lors, le bâtiment capella de Glaniaco se trouvait-il au chef-lieu du domaine royal ? Ou faut-il le voir, déjà à son origine, sur le sommet du Mont ? Il y a là un problème.
Géographiquement, le Mont-Saint-Martin est bien mieux placé que Glain pour servir de centre paroissial ; il n’est pas tellement éloigné non plus du chef-lieu de l’ancien domaine, environ 1 km., et sur un terrain de même niveau.
D’autre part, en 814 et déjà depuis les devanciers de Louis le Pieux, la capella de Glaniaco était église non seulement du chef-lieu, mais église régionale ; car des dîmes, que l’on peut croire importantes à raison du fait qu’elles font l’objet d’un diplôme impérial, lui étaient attachées.
À notre avis, ce caractère régional permet de penser que, dès l’origine de la paroisse, aux premiers temps de l’évangélisation par les moines de Stavelot, l’église paroissiale s’est trouvée sur le thier devenu « Mont-Saint-Martin ».
La dénomination église de Glain peut très bien d’ailleurs avoir signifié église du domaine de Glain, quel qu’ait été l’emplacement de l’édifice du culte, cela quand la vie au chef-lieu était encore active. Cette vie venant à faiblir et disparaître peu à peu, entre 814 et 1130 (cela fait trois siècles), le nom du patron de l’église aura prévalu sur l’ancienne dénomination.
V.
Le 2 juin 1717, à la suite d’une demande des paroissiens adressée à l’évêque de Liège, le titre d’église paroissiale de Saint-Martin fut transféré à la « chapelle de Bovigny ».
C’était la régularisation d’une situation de fait.
(A.P. Bovigny. Cité par L.LOMRY/ P.-F. LOMRY, La toponymie de la commune de Bovigny, dans A.I.A.LUX., Arlon, 1947, p.135)
Depuis longtemps, une partie de la paroisse avait été ravagée. Bien des endroits, habités autrefois, étaient devenus déserts : Lamerlé, Outrimont, Pumont, Oburcy, Belvaux, Walo, et d’autres. La situation de l’église, sur le mont, était devenue réellement excentrique et le curé résidait à Bovigny, près de ce qui restait de ses paroissiens.
À quel moment la dévastation de la paroisse s’est-elle effectuée ? Le P. LEMAIRE la place « vers le milieu du XVIIe siècle ».
(H.LEMAIRE, Ancienne église de Saint-Martin en Ardenne, Luxembourg, 1879, pp.17-26. L’auteur pense qu’on inhumait déjà à Bovigny avant 1717, basant son opinion sur la présence à Bovigny d’une croix tombale datée de 1666 (p.21))
Toutefois, elle a eu lieu bien avant. Le dénombrement des chefs de ménage de 1472 ne cite aucune des localités notées ci-dessus.
(A.E.A.)
Non plus que les dénombrements ultérieurs.
(J.GROB/J. VANNERUS, Dénombrements des feux des duché de Luxembourg et comté de Chiny, t.I, Bruxelles, 1921. G.REMACLE, Chefs de ménage de Bovigny, dans B.I.A.LUX., 1965-2.
N.B. Sur l’ancienne paroisse de Saint-Martin, voir aussi D. GUILLEAUME, L’archidiaconé d’Ardenne dans l’ancien diocèse de Liège, Liège, 1913)
Sans entrer dans d’autres détails, remarquons seulement que les temps du XIVe siècle, au plus tard, ont amené bien des malheurs dans le pays, et nous situons, quant à nous, la dévastation du ban de Saint-Martin à cette époque.
Le maintien du droit de collation, et d’une part aux dîmes, dans le chef de l’abbaye de Stavelot, a gardé jusqu’en 1717, à l’église du Mont-Saint-Martin, son titre d’église paroissiale.
Gaston REMACLE, 24/10/1968
I.
Plusieurs documents nous font savoir qu’au haut Moyen Age existait, en Ardenne, une villa, un domaine du nom de Glain, mentionné sous la dénomination de Glaniau villa, Glaniaco, Glaniacho, Glengou.
Vers 720, 6 décembre, Charles Martel, maire du palais, vint y tenir un plaid (à Glaniau villa) et y rendit une sentence devant une cour nombreuse.
(J.HALKIN/ C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, t.I, Bruxelles, 1909, pp.39-40)
Un autre document, une charte privée du 14 avril 915 indique les limites de ce domaine : la terre de Saint-Remacle (Lierneux), la terre de Saint-Aubin (Gouvy), et les terres de deux particuliers Erlebold et Everhelm (ces deux dernières sont le domaine de Thommen et ce qui fut le comté de Salm primitif).
(J.HALKIN/ C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, t.I, Bruxelles, 1909, pp.126-129)
Ces limites sont celles de l’actuelle commune de Bovigny et de ce qui fut l’ancienne paroisse de Mont-Saint-Martin jusqu’à 1803, excepté toutefois Cierreux (au nord du ruisseau) qui, jusqu’à 1803, fit partie de la paroisse de Salm.
On estime raisonnablement que l’emplacement du chef-lieu du domaine de Glain se trouvait à l’endroit occupé actuellement par les bâtiments de la ferme dite « des Concessions ».
II.
Le 1 octobre 814, l’empereur Louis le Pieux confirma les monastères de Stavelot et de Malmedy dans la possession de plusieurs dîmes et chapelles situées en territoire royal, parmi lesquelles celle de glaniaco. Confirmation renouvelée le 1er février 950 par Otton Ier.
(J.HALKIN/ C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, t.I, Bruxelles, 1909, pp.66 et 163)
Ces droits, fait remarquer le diplôme impérial, avaient déjà été donnés aux monastères par les prédécesseurs de Louis (ab antecessoribus nostris).
De quels devanciers s’agit-il ? De deux ou trois ? En tout cas cela nous reporte pour le moins au VIIIe siècle.
En 814, la chapelle de Glaniaco existait donc déjà depuis longtemps.
III.
Vers 1130, au commencement de l’abbatiat de Wibald, un dénombrement des églises à la collation de l’abbé de Stavelot cite celle de « Monte Sancti Martini ».
(J.HALKIN/ C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, t.I, Bruxelles, 1909, p.305)
À la même date, Mont-Saint-Martin est encore cité dans le relevé des églises et terres payant des redevances à l’église de Stavelot.
(J.HALKIN/ C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, t.I, Bruxelles, 1909, p.309)
Désormais, c’est sous ce nom de Saint-Martin, de Mont-Saint-Martin, que seront mentionnées, dans les documents, l’église et la paroisse en question. Que cette église, à partir de certain moment, ait été désigné par le nom de son titulaire, rien d’étonnant. De même, que le mont sur lequel s’élevait l’édifice.
IV.
Glain, chef-lieu de la villa royale, est à l’écart de Mont-Saint-Martin. Dès lors, le bâtiment capella de Glaniaco se trouvait-il au chef-lieu du domaine royal ? Ou faut-il le voir, déjà à son origine, sur le sommet du Mont ? Il y a là un problème.
Géographiquement, le Mont-Saint-Martin est bien mieux placé que Glain pour servir de centre paroissial ; il n’est pas tellement éloigné non plus du chef-lieu de l’ancien domaine, environ 1 km., et sur un terrain de même niveau.
D’autre part, en 814 et déjà depuis les devanciers de Louis le Pieux, la capella de Glaniaco était église non seulement du chef-lieu, mais église régionale ; car des dîmes, que l’on peut croire importantes à raison du fait qu’elles font l’objet d’un diplôme impérial, lui étaient attachées.
À notre avis, ce caractère régional permet de penser que, dès l’origine de la paroisse, aux premiers temps de l’évangélisation par les moines de Stavelot, l’église paroissiale s’est trouvée sur le thier devenu « Mont-Saint-Martin ».
La dénomination église de Glain peut très bien d’ailleurs avoir signifié église du domaine de Glain, quel qu’ait été l’emplacement de l’édifice du culte, cela quand la vie au chef-lieu était encore active. Cette vie venant à faiblir et disparaître peu à peu, entre 814 et 1130 (cela fait trois siècles), le nom du patron de l’église aura prévalu sur l’ancienne dénomination.
V.
Le 2 juin 1717, à la suite d’une demande des paroissiens adressée à l’évêque de Liège, le titre d’église paroissiale de Saint-Martin fut transféré à la « chapelle de Bovigny ».
C’était la régularisation d’une situation de fait.
(A.P. Bovigny. Cité par L.LOMRY/ P.-F. LOMRY, La toponymie de la commune de Bovigny, dans A.I.A.LUX., Arlon, 1947, p.135)
Depuis longtemps, une partie de la paroisse avait été ravagée. Bien des endroits, habités autrefois, étaient devenus déserts : Lamerlé, Outrimont, Pumont, Oburcy, Belvaux, Walo, et d’autres. La situation de l’église, sur le mont, était devenue réellement excentrique et le curé résidait à Bovigny, près de ce qui restait de ses paroissiens.
À quel moment la dévastation de la paroisse s’est-elle effectuée ? Le P. LEMAIRE la place « vers le milieu du XVIIe siècle ».
(H.LEMAIRE, Ancienne église de Saint-Martin en Ardenne, Luxembourg, 1879, pp.17-26. L’auteur pense qu’on inhumait déjà à Bovigny avant 1717, basant son opinion sur la présence à Bovigny d’une croix tombale datée de 1666 (p.21))
Toutefois, elle a eu lieu bien avant. Le dénombrement des chefs de ménage de 1472 ne cite aucune des localités notées ci-dessus.
(A.E.A.)
Non plus que les dénombrements ultérieurs.
(J.GROB/J. VANNERUS, Dénombrements des feux des duché de Luxembourg et comté de Chiny, t.I, Bruxelles, 1921. G.REMACLE, Chefs de ménage de Bovigny, dans B.I.A.LUX., 1965-2.
N.B. Sur l’ancienne paroisse de Saint-Martin, voir aussi D. GUILLEAUME, L’archidiaconé d’Ardenne dans l’ancien diocèse de Liège, Liège, 1913)
Sans entrer dans d’autres détails, remarquons seulement que les temps du XIVe siècle, au plus tard, ont amené bien des malheurs dans le pays, et nous situons, quant à nous, la dévastation du ban de Saint-Martin à cette époque.
Le maintien du droit de collation, et d’une part aux dîmes, dans le chef de l’abbaye de Stavelot, a gardé jusqu’en 1717, à l’église du Mont-Saint-Martin, son titre d’église paroissiale.
Gaston REMACLE, 24/10/1968
lundi 31 août 2009
jeudi 27 août 2009
Bovigny contre ceulx d’aval et d’amont.
(publié dans L’Avenir du Luxembourg, le 14 janvier 1932)
Ceci se passait non pas hier mais exactement en 1750 pour certains faits, immédiatement avant pour certains autres. Sir Gengoux ENGLEBERT de Rencheux (Vielsalm) était alors curé de Bovigny. Il exerçait en même temps les fonctions de Doyen du Concile de Stavelot, se disait parfois archidiacre des Quartes chapelles. À peine installé dans sa cure, il posa en réformateur des abus régnant dans le Comté de Salm et même hors du Comté, pour autant que ces abus pouvaient être préjudiciables à sa paroisse et à ses paroissiens. Ses mémoires se trouvent au dépôt des archives paroissiales de Bovigny. Nous en extrayons les lignes suivantes, prenant soin de n’en altérer ni le style, ni l’orthographe. Les incidents auxquels il fait allusion sont caractéristiques de l’époque et caractéristiques aussi de la personnalité de Sir ENGLEBERT, un homme à poigne.
Pours les ceulx de la Vieille-Salm.
Le curé de Bovigny consent par dévotion, non par obligation, de se rendre ou d’envoyer soit un prêtre, soit un diacre, processionnellement avec le confanon, le jour du Saint-Sacrement, à la Vieille-Salm, pour seconder la piété de ses paroissiens, et estant arrivé avec son monde à la croix dite vulgairement « Pitite crû », à l’entrée de la Vieille-Salm que dessus, le curé de cette dernière paroisse doit venir ou envoyer un prêtre à sa rencontre, avec le confanon, jusqu’à cet endroit, et s’il manque à cette coutume, la procession de Bovigny après avoir vainement attendu là qu’on vient l’y chercher pourra s’en retourner sans aller plus avant. Après la procession, ou avant, le curé de la Vieille-Salm doit inviter celui de Bovigny ou son envoyé à prendre la soupe et il est tenu de lui donner à dîner. S’il manque à ce point de bienséance, on peut aussi manquer à la coutume d’aller à la Vieille-Salm pour seconder la dévotion des paroissiens. De mon temps, j’ai toujours été fort exact à faire respecter nos droits, ainsi d’ailleurs que ceulx de la Vieille-Salm font observer les leurs à notre égard, qui sont de primer en l’occurrence sur nous. J’ai encore appris des vieilles gens que du passé le curé de Vieille-Salm était aussi tenu de donner le dîné au mambour de Bovigny, à pareil jour ; mais n’ayant pu obtenir rien de bien certain à ce sujet, et n’ayant vu pratiquer rien de semblable, mieux vaut ne pas en parler. Après la soupe ou dîné, les ceulx de Bovigny peuvent retourner sans être obligés d’assister aux vêpres, sinon à leur bon plaisir ; et quand je suis resté à cet office, je n’ai jamais pris place au chœur pendant qu’il se chantait, crainte de poser un antécédent.
Pour les ceulx d’Arbrefontaine.
Le curé de Bovigny ou l’envoyé de sa part, sert à la Grand’messe à la Vieille-Salm et prend part à la procession, le jour du Saint-Sacrement, mais son rôle est de remplir les fonctions de diacre, et celui d’Arbrefontaine qui s’y trouve aussi, celui de sous-diacre, lequel droit de faire le ministère de diacre, j’ai toujours, comme mes prédécesseurs observé et fait observer des prêtres qui m’ont remplacé, quant même le curé d’Arbrefontaine aurait été là en personne ; et cela pour conserver notre privilège de primauté. En conséquence aussi notre confanon doit avoir la droite, et celuy d’Arbrefontaine la gauche. Du temps de mon prédécesseur, j’ai vu, estant pour lors chapelain à la Vieille-Salm, que le confanon d’Arbrefontaine, après une longue altercation avec celuy de Bovigny, a emporté la droite par la force sur le nôtre, ce qui a fait que celuy-ci s’est arrêté, et tous les paroissiens de Bovigny et le clergé ont quitté les rangs et sont retournés à la Vieille-Salm, ce qui a provoqué un gros scandale. Je me suis proposé au cas que le confanon d’Arbrefontaine voudrait emporter la droite sur la nôtre, d’y faire mettre ordre sur le pied, par le curé de la Vieille-Salm ou le Procureur d’office, en présence de 2 témoins, et d’en demander satisfaction, et si rien ne s’effectue, je ferai le tour de la procession, après laquelle je rentrerai à Bovigny sans dîner, et dorénavant ce sera « nicht » pour la Vieille-Salm, et cela aussi longtemps qu’on ne nous aura pas fait donner satisfaction de la part de ceulx d’Arbrefontaine, car si nous allons ainsi que dit à la Vieille-Salm, ceulx de la Vieille-Salm doivent nous maintenir dans notre droit de primauté, et sont à ce obligés.
Pour ceulx de Bovigny.
Ce jourd’huy, 24 mars 1750, sont comparus en parties, des paroissiens de Bovigny d’un costé, les curé et mambour d’autre costé, lesquels pour bonne fin et éviter les différends qui surviennet souvent au sujet de la boisson que l’église a payée de tout temps et continue à payer au jour du Saint-Sacrement à la Vieille-Salm, aux paroissiens de Bovigny, ce qui figure dans les comptes de fabrique pour tantôt plus, tantôt moins, se sont arrangés et ont fait les conventions suivantes, scavoir : les dits paroissiens s’obligent à porter le confanon à la procession comme il se porte, et les mambours avec le curé se tiennent forts pour l’église de leur payer annuellement à cette occasion, dix escalins et demi, argent courant à condition que le mambour, lorsqu’il se trouve du cortège, aura son dîné franc, et que celui qui voudra se rafraîchir avant la grand messe et mise en marche, sera tenu de payer de son argent ce qu’il boira, et que tous mes paroissiens, de n’importe quel village qu’ils puissent être, auront droit et privilège de bénéficier de cet escot, pourvu qu’ils soient avec le groupe des participants, et non isolés, laquelle convention peut-être tenue pour non valable, et alors on en revient aux coutumes comme d’avant.
Pour les ceulx d’aval et d’amont.
Le jour du Saint-Sacrement, il y a à la Vieille-Salm, une si grande affluence de prêtres qu’une bonne partie d’entre eux reste oisive dans l’église ou à la sacristie sans rien faire pendant les offices. Les paroissiens de Bovigny qui assistent à la procession sont tout au plus, année commune, à 3 ou 4 jeunes gens, quelque fois 10 ou 12 tout au plus, et encore bien souvent par une espèce de rendez-vous, et manifestent une mauvaise intention. La dévotion, en partant, consiste en quelques hymnes que le prêtre chante au sortir du village, et le reste du chemin se passe à rire, à causer, à badiner. Étant arrivés à Salm, ils vont de suite dans les cabarets, en attendant la messe. Après la messe et la procession qui se fait à Vieille-Salm, ils rentrent de nouveau dans quelque cabaret, se font traiter, font venir des violons, dansent, crient, hurlent, et boivent plusieurs jusqu’à s’ennivrer, à tel point que presque tous les ans, il y en a qui restent en arrière et ne retournent que de la nuit, pendant que leurs père et mère soupirent, se chagrinnent et murmurent contre eux à la maison. Quand le soir approche, après que le prêtre les a fait rappeler plusieurs fois avant que de parvenir à les ravoir chez luy, il se trouve obligé de partir presque seul, ou du moins avec la moindre partie, les uns restant dans les cabarets jusque bien tard, les aultres ne retournant que pendant la nuit, d’aultres encore le lendemain, sans parler des folies qu’ils commettent par ivrognerie dans leur retour. Le curé de Bovigny s’offre à faire voir qu’il s’est commis, il n’y a pas bien longtemps, un scandale général et très gros dans la procession solennelle même qui se faisait à ce jour à la Vieille-Salm, quel scandale n’aurait pas arrivé si la prétendue procession de Bovigny ne s’y était pas trouvée. Donc vouloir obligé un curé de Bovigny à mener une semblable procession à la Vieille-Salm, ou le faire mener par son chapelain, c’est vouloir l’obliger à conduire ou faire conduire ses ouailles à la boucherie et parmy les loups, puisqu’elles y vont voir après les offices, toutes sortes de mauvais exemples, par les tumultes scandaleux, les disputes, les querelles, les jurements, les ivrogneries, les familiarités scandaleuses, les bals, et les danses, chaque cabaret ayant ses joueurs de violons pour amuser son monde.
Conclusion : Le curé de Bovigny manquerait donc grièvement à ses obligations s’il ne retranchait à présent cette prétendue procession. J’ai fait consulter cela par un habile avocat à Luxembourg, comme on pourra voir par les papiers volants, et il résoudra [sic] qu’on serait fondé de ne plus y prendre part ; outre tout cela encore il y a une défense de l’Evêque placetée du Conseil de Luxembourg, qui défend de plus faire des processions hors de sa paroisse ».
Signé : ENGLEBERT 1752.
Pour copie conforme :
C. NEX
(abbé Célestin GUILLAUME)
Ndlr :
Dans les notes de G. REMACLE, on trouve :
1) L’abbé Gengoux ENGLEBERT est né à Petit-Thier le 22 juin 1702, fils de Mathieu ENGLEBERT et d’Elisabeth Mathieu COLLAS.
2) voir LOMRY, Toponymie de Bovigny, A.I.A.LUX. 1947, p.136.
Ceci se passait non pas hier mais exactement en 1750 pour certains faits, immédiatement avant pour certains autres. Sir Gengoux ENGLEBERT de Rencheux (Vielsalm) était alors curé de Bovigny. Il exerçait en même temps les fonctions de Doyen du Concile de Stavelot, se disait parfois archidiacre des Quartes chapelles. À peine installé dans sa cure, il posa en réformateur des abus régnant dans le Comté de Salm et même hors du Comté, pour autant que ces abus pouvaient être préjudiciables à sa paroisse et à ses paroissiens. Ses mémoires se trouvent au dépôt des archives paroissiales de Bovigny. Nous en extrayons les lignes suivantes, prenant soin de n’en altérer ni le style, ni l’orthographe. Les incidents auxquels il fait allusion sont caractéristiques de l’époque et caractéristiques aussi de la personnalité de Sir ENGLEBERT, un homme à poigne.
Pours les ceulx de la Vieille-Salm.
Le curé de Bovigny consent par dévotion, non par obligation, de se rendre ou d’envoyer soit un prêtre, soit un diacre, processionnellement avec le confanon, le jour du Saint-Sacrement, à la Vieille-Salm, pour seconder la piété de ses paroissiens, et estant arrivé avec son monde à la croix dite vulgairement « Pitite crû », à l’entrée de la Vieille-Salm que dessus, le curé de cette dernière paroisse doit venir ou envoyer un prêtre à sa rencontre, avec le confanon, jusqu’à cet endroit, et s’il manque à cette coutume, la procession de Bovigny après avoir vainement attendu là qu’on vient l’y chercher pourra s’en retourner sans aller plus avant. Après la procession, ou avant, le curé de la Vieille-Salm doit inviter celui de Bovigny ou son envoyé à prendre la soupe et il est tenu de lui donner à dîner. S’il manque à ce point de bienséance, on peut aussi manquer à la coutume d’aller à la Vieille-Salm pour seconder la dévotion des paroissiens. De mon temps, j’ai toujours été fort exact à faire respecter nos droits, ainsi d’ailleurs que ceulx de la Vieille-Salm font observer les leurs à notre égard, qui sont de primer en l’occurrence sur nous. J’ai encore appris des vieilles gens que du passé le curé de Vieille-Salm était aussi tenu de donner le dîné au mambour de Bovigny, à pareil jour ; mais n’ayant pu obtenir rien de bien certain à ce sujet, et n’ayant vu pratiquer rien de semblable, mieux vaut ne pas en parler. Après la soupe ou dîné, les ceulx de Bovigny peuvent retourner sans être obligés d’assister aux vêpres, sinon à leur bon plaisir ; et quand je suis resté à cet office, je n’ai jamais pris place au chœur pendant qu’il se chantait, crainte de poser un antécédent.
Pour les ceulx d’Arbrefontaine.
Le curé de Bovigny ou l’envoyé de sa part, sert à la Grand’messe à la Vieille-Salm et prend part à la procession, le jour du Saint-Sacrement, mais son rôle est de remplir les fonctions de diacre, et celui d’Arbrefontaine qui s’y trouve aussi, celui de sous-diacre, lequel droit de faire le ministère de diacre, j’ai toujours, comme mes prédécesseurs observé et fait observer des prêtres qui m’ont remplacé, quant même le curé d’Arbrefontaine aurait été là en personne ; et cela pour conserver notre privilège de primauté. En conséquence aussi notre confanon doit avoir la droite, et celuy d’Arbrefontaine la gauche. Du temps de mon prédécesseur, j’ai vu, estant pour lors chapelain à la Vieille-Salm, que le confanon d’Arbrefontaine, après une longue altercation avec celuy de Bovigny, a emporté la droite par la force sur le nôtre, ce qui a fait que celuy-ci s’est arrêté, et tous les paroissiens de Bovigny et le clergé ont quitté les rangs et sont retournés à la Vieille-Salm, ce qui a provoqué un gros scandale. Je me suis proposé au cas que le confanon d’Arbrefontaine voudrait emporter la droite sur la nôtre, d’y faire mettre ordre sur le pied, par le curé de la Vieille-Salm ou le Procureur d’office, en présence de 2 témoins, et d’en demander satisfaction, et si rien ne s’effectue, je ferai le tour de la procession, après laquelle je rentrerai à Bovigny sans dîner, et dorénavant ce sera « nicht » pour la Vieille-Salm, et cela aussi longtemps qu’on ne nous aura pas fait donner satisfaction de la part de ceulx d’Arbrefontaine, car si nous allons ainsi que dit à la Vieille-Salm, ceulx de la Vieille-Salm doivent nous maintenir dans notre droit de primauté, et sont à ce obligés.
Pour ceulx de Bovigny.
Ce jourd’huy, 24 mars 1750, sont comparus en parties, des paroissiens de Bovigny d’un costé, les curé et mambour d’autre costé, lesquels pour bonne fin et éviter les différends qui surviennet souvent au sujet de la boisson que l’église a payée de tout temps et continue à payer au jour du Saint-Sacrement à la Vieille-Salm, aux paroissiens de Bovigny, ce qui figure dans les comptes de fabrique pour tantôt plus, tantôt moins, se sont arrangés et ont fait les conventions suivantes, scavoir : les dits paroissiens s’obligent à porter le confanon à la procession comme il se porte, et les mambours avec le curé se tiennent forts pour l’église de leur payer annuellement à cette occasion, dix escalins et demi, argent courant à condition que le mambour, lorsqu’il se trouve du cortège, aura son dîné franc, et que celui qui voudra se rafraîchir avant la grand messe et mise en marche, sera tenu de payer de son argent ce qu’il boira, et que tous mes paroissiens, de n’importe quel village qu’ils puissent être, auront droit et privilège de bénéficier de cet escot, pourvu qu’ils soient avec le groupe des participants, et non isolés, laquelle convention peut-être tenue pour non valable, et alors on en revient aux coutumes comme d’avant.
Pour les ceulx d’aval et d’amont.
Le jour du Saint-Sacrement, il y a à la Vieille-Salm, une si grande affluence de prêtres qu’une bonne partie d’entre eux reste oisive dans l’église ou à la sacristie sans rien faire pendant les offices. Les paroissiens de Bovigny qui assistent à la procession sont tout au plus, année commune, à 3 ou 4 jeunes gens, quelque fois 10 ou 12 tout au plus, et encore bien souvent par une espèce de rendez-vous, et manifestent une mauvaise intention. La dévotion, en partant, consiste en quelques hymnes que le prêtre chante au sortir du village, et le reste du chemin se passe à rire, à causer, à badiner. Étant arrivés à Salm, ils vont de suite dans les cabarets, en attendant la messe. Après la messe et la procession qui se fait à Vieille-Salm, ils rentrent de nouveau dans quelque cabaret, se font traiter, font venir des violons, dansent, crient, hurlent, et boivent plusieurs jusqu’à s’ennivrer, à tel point que presque tous les ans, il y en a qui restent en arrière et ne retournent que de la nuit, pendant que leurs père et mère soupirent, se chagrinnent et murmurent contre eux à la maison. Quand le soir approche, après que le prêtre les a fait rappeler plusieurs fois avant que de parvenir à les ravoir chez luy, il se trouve obligé de partir presque seul, ou du moins avec la moindre partie, les uns restant dans les cabarets jusque bien tard, les aultres ne retournant que pendant la nuit, d’aultres encore le lendemain, sans parler des folies qu’ils commettent par ivrognerie dans leur retour. Le curé de Bovigny s’offre à faire voir qu’il s’est commis, il n’y a pas bien longtemps, un scandale général et très gros dans la procession solennelle même qui se faisait à ce jour à la Vieille-Salm, quel scandale n’aurait pas arrivé si la prétendue procession de Bovigny ne s’y était pas trouvée. Donc vouloir obligé un curé de Bovigny à mener une semblable procession à la Vieille-Salm, ou le faire mener par son chapelain, c’est vouloir l’obliger à conduire ou faire conduire ses ouailles à la boucherie et parmy les loups, puisqu’elles y vont voir après les offices, toutes sortes de mauvais exemples, par les tumultes scandaleux, les disputes, les querelles, les jurements, les ivrogneries, les familiarités scandaleuses, les bals, et les danses, chaque cabaret ayant ses joueurs de violons pour amuser son monde.
Conclusion : Le curé de Bovigny manquerait donc grièvement à ses obligations s’il ne retranchait à présent cette prétendue procession. J’ai fait consulter cela par un habile avocat à Luxembourg, comme on pourra voir par les papiers volants, et il résoudra [sic] qu’on serait fondé de ne plus y prendre part ; outre tout cela encore il y a une défense de l’Evêque placetée du Conseil de Luxembourg, qui défend de plus faire des processions hors de sa paroisse ».
Signé : ENGLEBERT 1752.
Pour copie conforme :
C. NEX
(abbé Célestin GUILLAUME)
Ndlr :
Dans les notes de G. REMACLE, on trouve :
1) L’abbé Gengoux ENGLEBERT est né à Petit-Thier le 22 juin 1702, fils de Mathieu ENGLEBERT et d’Elisabeth Mathieu COLLAS.
2) voir LOMRY, Toponymie de Bovigny, A.I.A.LUX. 1947, p.136.
lundi 3 août 2009
À Commanster, parmi les pierres tombales.
(publié dans le Bulletin du Syndicat d’initiative de Vielsalm, 1951, n°3)
Avant 1819, les paroissiens de Commanster étaient inhumés à Vielsalm. Par les chemins fangeux, à travers bois et broussailles, les convois funèbres avançaient péniblement, infligeant aux vivants, rendant aux morts les derniers devoirs, un long et douloureux déplacement.
Depuis plus de cent trente ans, les morts restent au village. Le paysan aime de reposer dans sa terre, dans le cadre familier de ses arbres, de son clocher et de ses fermes. Non loin de l’église, les croix de pierre bleue émergent d’un mur de clôture en arkose : c’est le cimetière.
L’étrange guérisseur.
Cimetière de chrétiens, où seul, dans un coin, du côté Ecole communale, et en terre non bénite, un mécréant est enterré. Il s’appelait MERGER. Étrange guérisseur venu des collines de l’Eifel, poursuivi dans son pays pour exercice illégal de la médecine, il avait passé la frontière, s’était établi à Commanster, et, sans diplôme, mais non sans capacités, il y exerça ouvertement l’art d’Esculape, à la satisfaction générale. Anciens clients d’au-delà et nouveaux d’en-deçà assiégeaient sa maison, sûrs d’être guéris par le savant allemand.
Les médecins de la région de Salm ne portèrent jamais plainte contre lui. Bien mieux, un docteur de Grand-Halleux, condamné par la Faculté, recourut à ses services et sortit de sa consultation, éclairé sur les causes et les remèdes de son mal.
Hélas ! MERGER ne se consola jamais de son exil ; il noyait son chagrin dans le vin et dans le péquet. Depuis son échec à l’Université de Bonn, il avait abandonné la foi et se disait libre-penseur : « Ni Dieu, ni maître » était sa devise. Un jour, sur le chemin qui longe la frontière, près de la ferme RICHTER, il fut frappé de congestion. Dans un dernier effort, il tenta de se saigner lui-même, n’y réussit pas, et, quand on découvrit son cadavre, il tenait en main son couteau de poche grand ouvert.
BAPTISTE et SCHEURETTE.
Dans la maçonnerie qui supporte la croix principale du cimetière est encastré un fragment de la pierre tombale de Henri François BAPTISTE, ancien maieur de Gouvy, échevin de la Haute Justice du Comté de Salm, décédé à Commanster vers 1720. Sa Dame, Anne Pétronille, née SCHEURETTE, mourut le 24 mars 1778. Sa pierre tombale, restée intacte, est adossée, au fond de la cour du presbytère, contre le mur de la sacristie. Les sculptures en sont d’une réelle valeur artistique : au sommet, déployant ses ailes, un ange chevalerie. En dessous, le heaume et la cuirasse surplombant les armoiries accouplées des BAPTISTE et des SCHEURETTE. Pour la famille BAPTISTE, en haut, trois étoiles disposées en triangle ; en bas, une roue, la roue de Haute Justice du Comté de Salm. Pour la famille SCHEURETTE : au centre un écusson au chevreuil bondissant ; sur le même plan, au-dessus de l’écusson quatre rustres, fers de lance en forme de losange ; de chaque côté de l’écusson, un rustre semblable aux quatre d’en haut ; en-dessous, deux rosaces et une étoile disposée en triangle.
Sous les armoiries, entre deux colonnes de style corinthien, surmontées chacune d’une urne aux faisceaux de flammes, dans un encadrement de feuillage stylisé, l’épitaphe suivante :
Enfin, tout en dessous, une croix sur un crâne et des ossements.
Au printemps 1951, en déblayant les remises du presbytère de Commanster des maçons découvrirent sous les dalles des fragments de la pierre tombale de l’époux de Dame SCHEURETTE, H. F. BAPTISTE.
Le coq devenu muet.
Ces illustres personnages habitèrent l’antique manoir de Commanster, encore appelé aujourd’hui « le vieux château », propriété de M. le député Jean MERGET. Parmi les légendes qui hantent cette demeure, il en est une qui n’a pas cessé d’intriguer les visiteurs. Sous le vieux château s’ouvraient des souterrains. Sous la rampe de l’escalier qui y donnait accès, un coq était perché. Quelqu’un descendait-il ou gravissait-il les profondes marches de pierre, aussitôt des cocoricos sonores alertaient toute la maison.
Le coq est toujours perché sur la rampe de fer. Mais oncques plus ne chante, pas même au passage d’un député.
Le zouave pontifical.
Curieuse parmi les tombes des paysans cette Concession à perpétuité de la famille ROLAND-VAST. Là fut inhumé en 1910 le corps de Paul ROLAND, ancien sous-officier aux Zouaves Pontificaux, honoré de la Croix Pro Ecclesia et Pontifice, de la Croix de Montana, de la médaille militaire Bene Merenti, de la Médaille Civique de 1re classe, de la Médaille Commémorative du règne de S.M. Léopold II et Chevalier de Pie IX.
Paul était né à Montmartre, Paris, le 3 juillet 1847. À la fin de ses études à l’Institut JAMAR, à Anderlecht-lez-Bruxelles, il s’enrôla sous la bannière pontificale en 1867 et y servit jusqu’à la dissolution des régiments pontificaux en 1870.
Rentré en Belgique, d’abord commis au Ministère de la Justice, puis au Gouvernement provincial de Liège, il fut un fonctionnaire d’élite, un ardent catholique et un modèle de père et d’époux : « … S’il plaît à Dieu, avait-il écrit, c’est auprès de ma chère mère et de mon cher père que je désire dormir mon dernier sommeil, sur cette bonne terre de Commanster qui abrita mes premières années. Deo gratias. »
En 1850 en effet, appelés au service des douanes à Commanster, les ROLAND-VAST avaient aimé ce village et l’avaient choisi comme terre de repos.
Ceux-là aussi ont leur pierre.
… ceux qui tombèrent percés de balles, fusillés à la Citadelle de Liège, prisonniers militaires et politiques, reliques légères ramenées d’exil pour reposer dans la terre natale. Village frontière, Commanster a toujours rejeté la tyrannie, d’où qu’elle vienne.
Les hauts faits de KRÉTELS, commandant les Salmiens en 1798, dans la guerre des paysans ne sont pas oubliés. De 1940 à 1945, les REISCHLING et autres passeurs d’hommes ou résistants ont payé de leur vie la défense de la liberté, des droits de leu Dieu et de leur Patrie.
À la sortie du cimetière, non loin de l’église, à l’entrée de la ferme de M. Joseph SCHMITZ, aux branches dépouillées d’un arbre, se balancent deux bouts de corde : c’est là qu’en janvier 1945, dans un décor de neige et d’armée en déroute, les S.S. de Von RUNDSTED pendirent deux paisibles paysans de Commanster, les deux frères URBANY.
Eux aussi reposent dans l’enclos paisible auprès de leurs ancêtres, les bergers, les laboureurs, les bûcherons, les soldats, tous ceux-là qui habitèrent, travaillèrent et prièrent, connurent les joies et les larmes sur ce sommet du Val de Salm, Commanster, si bien nommé, le val des aulnes.
P.S. :
L’Auteur de cet article serait reconnaissant aux personnes qui possèdent des documents sur la famille ROLAND de les lui communiquer. Un ROLAND, qui repose au cimetière de Commanster, a été Directeur du théâtre impérial à Saint-Pétersbourg sous le règne d’Alexandre III. Il lançait la mode à Paris, Londres, Vienne et Rome. L’un de ses descendants, habitant Bruxelles, écrivait dernièrement : « C’était un grand artiste belge, et il serait à souhaiter que la cmmune où il est né, à Beho, ou bien celle où il est mort à Arbrefontaine, conserve le souvenir de celui qui a porté au loin le renom de la petite Belgique ».
T. CATTEAU
Avant 1819, les paroissiens de Commanster étaient inhumés à Vielsalm. Par les chemins fangeux, à travers bois et broussailles, les convois funèbres avançaient péniblement, infligeant aux vivants, rendant aux morts les derniers devoirs, un long et douloureux déplacement.
Depuis plus de cent trente ans, les morts restent au village. Le paysan aime de reposer dans sa terre, dans le cadre familier de ses arbres, de son clocher et de ses fermes. Non loin de l’église, les croix de pierre bleue émergent d’un mur de clôture en arkose : c’est le cimetière.
L’étrange guérisseur.
Cimetière de chrétiens, où seul, dans un coin, du côté Ecole communale, et en terre non bénite, un mécréant est enterré. Il s’appelait MERGER. Étrange guérisseur venu des collines de l’Eifel, poursuivi dans son pays pour exercice illégal de la médecine, il avait passé la frontière, s’était établi à Commanster, et, sans diplôme, mais non sans capacités, il y exerça ouvertement l’art d’Esculape, à la satisfaction générale. Anciens clients d’au-delà et nouveaux d’en-deçà assiégeaient sa maison, sûrs d’être guéris par le savant allemand.
Les médecins de la région de Salm ne portèrent jamais plainte contre lui. Bien mieux, un docteur de Grand-Halleux, condamné par la Faculté, recourut à ses services et sortit de sa consultation, éclairé sur les causes et les remèdes de son mal.
Hélas ! MERGER ne se consola jamais de son exil ; il noyait son chagrin dans le vin et dans le péquet. Depuis son échec à l’Université de Bonn, il avait abandonné la foi et se disait libre-penseur : « Ni Dieu, ni maître » était sa devise. Un jour, sur le chemin qui longe la frontière, près de la ferme RICHTER, il fut frappé de congestion. Dans un dernier effort, il tenta de se saigner lui-même, n’y réussit pas, et, quand on découvrit son cadavre, il tenait en main son couteau de poche grand ouvert.
BAPTISTE et SCHEURETTE.
Dans la maçonnerie qui supporte la croix principale du cimetière est encastré un fragment de la pierre tombale de Henri François BAPTISTE, ancien maieur de Gouvy, échevin de la Haute Justice du Comté de Salm, décédé à Commanster vers 1720. Sa Dame, Anne Pétronille, née SCHEURETTE, mourut le 24 mars 1778. Sa pierre tombale, restée intacte, est adossée, au fond de la cour du presbytère, contre le mur de la sacristie. Les sculptures en sont d’une réelle valeur artistique : au sommet, déployant ses ailes, un ange chevalerie. En dessous, le heaume et la cuirasse surplombant les armoiries accouplées des BAPTISTE et des SCHEURETTE. Pour la famille BAPTISTE, en haut, trois étoiles disposées en triangle ; en bas, une roue, la roue de Haute Justice du Comté de Salm. Pour la famille SCHEURETTE : au centre un écusson au chevreuil bondissant ; sur le même plan, au-dessus de l’écusson quatre rustres, fers de lance en forme de losange ; de chaque côté de l’écusson, un rustre semblable aux quatre d’en haut ; en-dessous, deux rosaces et une étoile disposée en triangle.
Sous les armoiries, entre deux colonnes de style corinthien, surmontées chacune d’une urne aux faisceaux de flammes, dans un encadrement de feuillage stylisé, l’épitaphe suivante :
Ici repose la dame
Anne Pétronille
Baptiste née Scheure
Tte épouse à feu
Monsieur H.F. Baptist
Maïeur de Gouvy
Echevin du Comté de
Salm et principale
Bienfaitrice de cette
Chapelle agée de
75 ans décédée
Le 24 mars 1778
R.I.P.
Enfin, tout en dessous, une croix sur un crâne et des ossements.
Au printemps 1951, en déblayant les remises du presbytère de Commanster des maçons découvrirent sous les dalles des fragments de la pierre tombale de l’époux de Dame SCHEURETTE, H. F. BAPTISTE.
Le coq devenu muet.
Ces illustres personnages habitèrent l’antique manoir de Commanster, encore appelé aujourd’hui « le vieux château », propriété de M. le député Jean MERGET. Parmi les légendes qui hantent cette demeure, il en est une qui n’a pas cessé d’intriguer les visiteurs. Sous le vieux château s’ouvraient des souterrains. Sous la rampe de l’escalier qui y donnait accès, un coq était perché. Quelqu’un descendait-il ou gravissait-il les profondes marches de pierre, aussitôt des cocoricos sonores alertaient toute la maison.
Le coq est toujours perché sur la rampe de fer. Mais oncques plus ne chante, pas même au passage d’un député.
Le zouave pontifical.
Curieuse parmi les tombes des paysans cette Concession à perpétuité de la famille ROLAND-VAST. Là fut inhumé en 1910 le corps de Paul ROLAND, ancien sous-officier aux Zouaves Pontificaux, honoré de la Croix Pro Ecclesia et Pontifice, de la Croix de Montana, de la médaille militaire Bene Merenti, de la Médaille Civique de 1re classe, de la Médaille Commémorative du règne de S.M. Léopold II et Chevalier de Pie IX.
Paul était né à Montmartre, Paris, le 3 juillet 1847. À la fin de ses études à l’Institut JAMAR, à Anderlecht-lez-Bruxelles, il s’enrôla sous la bannière pontificale en 1867 et y servit jusqu’à la dissolution des régiments pontificaux en 1870.
Rentré en Belgique, d’abord commis au Ministère de la Justice, puis au Gouvernement provincial de Liège, il fut un fonctionnaire d’élite, un ardent catholique et un modèle de père et d’époux : « … S’il plaît à Dieu, avait-il écrit, c’est auprès de ma chère mère et de mon cher père que je désire dormir mon dernier sommeil, sur cette bonne terre de Commanster qui abrita mes premières années. Deo gratias. »
En 1850 en effet, appelés au service des douanes à Commanster, les ROLAND-VAST avaient aimé ce village et l’avaient choisi comme terre de repos.
Ceux-là aussi ont leur pierre.
… ceux qui tombèrent percés de balles, fusillés à la Citadelle de Liège, prisonniers militaires et politiques, reliques légères ramenées d’exil pour reposer dans la terre natale. Village frontière, Commanster a toujours rejeté la tyrannie, d’où qu’elle vienne.
Les hauts faits de KRÉTELS, commandant les Salmiens en 1798, dans la guerre des paysans ne sont pas oubliés. De 1940 à 1945, les REISCHLING et autres passeurs d’hommes ou résistants ont payé de leur vie la défense de la liberté, des droits de leu Dieu et de leur Patrie.
À la sortie du cimetière, non loin de l’église, à l’entrée de la ferme de M. Joseph SCHMITZ, aux branches dépouillées d’un arbre, se balancent deux bouts de corde : c’est là qu’en janvier 1945, dans un décor de neige et d’armée en déroute, les S.S. de Von RUNDSTED pendirent deux paisibles paysans de Commanster, les deux frères URBANY.
Eux aussi reposent dans l’enclos paisible auprès de leurs ancêtres, les bergers, les laboureurs, les bûcherons, les soldats, tous ceux-là qui habitèrent, travaillèrent et prièrent, connurent les joies et les larmes sur ce sommet du Val de Salm, Commanster, si bien nommé, le val des aulnes.
P.S. :
L’Auteur de cet article serait reconnaissant aux personnes qui possèdent des documents sur la famille ROLAND de les lui communiquer. Un ROLAND, qui repose au cimetière de Commanster, a été Directeur du théâtre impérial à Saint-Pétersbourg sous le règne d’Alexandre III. Il lançait la mode à Paris, Londres, Vienne et Rome. L’un de ses descendants, habitant Bruxelles, écrivait dernièrement : « C’était un grand artiste belge, et il serait à souhaiter que la cmmune où il est né, à Beho, ou bien celle où il est mort à Arbrefontaine, conserve le souvenir de celui qui a porté au loin le renom de la petite Belgique ».
T. CATTEAU
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lundi 27 juillet 2009
Connaissons notre région. (XIV)
(série d’articles publiés dans « Les Annonces de l ‘Ourthe » ( ?) en 1972-1974)
Sur Saint Gengoux.
Saint Gengoux est le patron primaire de la paroisse de Vielsalm comme saint Laurent celui de Grand-Halleux, et saint Maurice celui d’Arbrefontaine.
Gengoux, ou Gangulphe (on trouve 24 manières différentes d’écrire ou prononcer son nom) naquit en 703 au château de Varennes sur Amance, près de Langres (France). Il épousa une femme du nom de Ganéa et combattit au service de son suzerain Pépin le Bref. Il mourut le 11 mai 763, assassiné par le complice de sa femme, qui était très volage.
La vie de Gengoux avait été sainte. Les prodiges miraculeux qui suivirent sa mort firent sensation ; le culte du saint se répandit de façon immédiate et extraordinaire.
Actuellement le diocèse de Namur compte quatre églises qui lui sont dédiées : Chéoux-Rendeux, Florennes, Vielsalm et Villers-devant-Orval.
Gaston REMACLE
Sur Saint Gengoux.
Saint Gengoux est le patron primaire de la paroisse de Vielsalm comme saint Laurent celui de Grand-Halleux, et saint Maurice celui d’Arbrefontaine.
Gengoux, ou Gangulphe (on trouve 24 manières différentes d’écrire ou prononcer son nom) naquit en 703 au château de Varennes sur Amance, près de Langres (France). Il épousa une femme du nom de Ganéa et combattit au service de son suzerain Pépin le Bref. Il mourut le 11 mai 763, assassiné par le complice de sa femme, qui était très volage.
La vie de Gengoux avait été sainte. Les prodiges miraculeux qui suivirent sa mort firent sensation ; le culte du saint se répandit de façon immédiate et extraordinaire.
Actuellement le diocèse de Namur compte quatre églises qui lui sont dédiées : Chéoux-Rendeux, Florennes, Vielsalm et Villers-devant-Orval.
Gaston REMACLE
Connaissons notre région. (XII)
(série d’articles publiés dans « Les Annonces de l ‘Ourthe » ( ?) en 1972-1974)
L’abbé DUMONT, premier curé-doyen de Vielsalm.
C’est à partir de 1803 qu’a existé le doyenné de Vielsalm. Le premier curé-doyen, à partir d’octobre 1803, fut l’abbé Jean-Nicolas DUMONT. Né à Vielsalm le 17 septembre 1757, fils de Gérard-François et Marie-Elisabeth FRAIKIN. Décédé le 27 juillet 1827. Fut d’abord vicaire à Ligneuville, puis curé à Butgenbach. Sous le régime républicain français, il eut des difficultés avec l’autorité du moment. Arrêté par la gendarmerie de Malmedy, il fut condamné à la déportation au-delà du Rhin. Il put revenir au cours de 1802, et fut désigné pour Vielsalm.
Voici son portrait : « Taille de 1 m.732, cheveux et sourcils gris, yeux bleus, menton rond, nez pointu, visage allongé marqué de petite vérole ». Par testament, il légua tous ses biens (sauf une petite partie à sa sœur habitant Vienne), « aux pauvres de la paroisse de Vielsalm y compris Petit-Thier » : l’actif de cette donation s’élevait à 36 036,90 F.
Gaston REMACLE
L’abbé DUMONT, premier curé-doyen de Vielsalm.
C’est à partir de 1803 qu’a existé le doyenné de Vielsalm. Le premier curé-doyen, à partir d’octobre 1803, fut l’abbé Jean-Nicolas DUMONT. Né à Vielsalm le 17 septembre 1757, fils de Gérard-François et Marie-Elisabeth FRAIKIN. Décédé le 27 juillet 1827. Fut d’abord vicaire à Ligneuville, puis curé à Butgenbach. Sous le régime républicain français, il eut des difficultés avec l’autorité du moment. Arrêté par la gendarmerie de Malmedy, il fut condamné à la déportation au-delà du Rhin. Il put revenir au cours de 1802, et fut désigné pour Vielsalm.
Voici son portrait : « Taille de 1 m.732, cheveux et sourcils gris, yeux bleus, menton rond, nez pointu, visage allongé marqué de petite vérole ». Par testament, il légua tous ses biens (sauf une petite partie à sa sœur habitant Vienne), « aux pauvres de la paroisse de Vielsalm y compris Petit-Thier » : l’actif de cette donation s’élevait à 36 036,90 F.
Gaston REMACLE
Connaissons notre région. (V)
(série d’articles publiés dans « Les Annonces de l ‘Ourthe » ( ?) en 1972-1974)
Une ancienne paroisse voisine.
L’ancienne paroisse de Salm avait comme voisine les paroisses au moins aussi anciennes qu’elle, de Lierneux, Wanne, Thommen et Glain (Saint-Martin), toutes fondées par les moines de Stavelot.
Celle de Glain a changé de nom. Elle comprenait le territoire de l’actuelle commune de Bovigny, sauf Cierreux qui dépendait de Salm. En des textes latins, elle est dénommée « de Glaniaco » en 814 et 950. Plus tard, au XIIme siècle, on la désigne sous le nom de « Saint-Martin », du nom du patron. À la suite d’évènements malheureux de toutes sortes, guerres, ravages, épidémies, aux XIVme et XVme siècles, le curé de la paroisse finit par devoir abandonner son presbytère non loin de l’église et son séjour à Bovigny, de provisoire d’abord, devint peu à peu définitif. Le 2 juin 1717, la chose fut régularisée et le titre d’église paroissiale de Saint-Martin fut transféré à la « chapelle » de Bovigny. Les abords de l’ancienne église de Saint-Martin ont fait l’objet de fouilles scientifiques en 1970 ; on y a découvert les restes d’un fort important cimetière.
Gaston REMACLE
Une ancienne paroisse voisine.
L’ancienne paroisse de Salm avait comme voisine les paroisses au moins aussi anciennes qu’elle, de Lierneux, Wanne, Thommen et Glain (Saint-Martin), toutes fondées par les moines de Stavelot.
Celle de Glain a changé de nom. Elle comprenait le territoire de l’actuelle commune de Bovigny, sauf Cierreux qui dépendait de Salm. En des textes latins, elle est dénommée « de Glaniaco » en 814 et 950. Plus tard, au XIIme siècle, on la désigne sous le nom de « Saint-Martin », du nom du patron. À la suite d’évènements malheureux de toutes sortes, guerres, ravages, épidémies, aux XIVme et XVme siècles, le curé de la paroisse finit par devoir abandonner son presbytère non loin de l’église et son séjour à Bovigny, de provisoire d’abord, devint peu à peu définitif. Le 2 juin 1717, la chose fut régularisée et le titre d’église paroissiale de Saint-Martin fut transféré à la « chapelle » de Bovigny. Les abords de l’ancienne église de Saint-Martin ont fait l’objet de fouilles scientifiques en 1970 ; on y a découvert les restes d’un fort important cimetière.
Gaston REMACLE
Connaissons notre région. (IV)
(série d’articles publiés dans « Les Annonces de l ‘Ourthe » ( ?) en 1972-1974)
À son origine et pendant longtemps, l’ancienne paroisse de Salm ne comporta qu’un seul édifice du culte, chapelle ou église, que tous les paroissiens rejoignaient en temps opportun.
Dès le début, cette église s’est-elle fixée à l’endroit devenu Vielsalm, désert à ce moment-là ? ce n’est pas certain et nous pensons que, édifiée non loin toutefois, elle n’y est venue qu’après quelque temps avec la naissance du comté de Salm et une nouvelle autorité dans la région. Au cours des siècles, l’augmentation de la population notamment devait faire de l’église paroissiale un édifice trop petit et d’accès trop éloigné pour bien des personnes. Aussi vit-on peu à peu des communautés villageoises en expansion s’efforcer d’avoir chez elles un édifice du culte également, avec un vicaire écolâtre, ce avec l’accord de l’autorité religieuse et dans le cadre de la paroisse. Ainsi, Grand-Halleux eu sa chapelle déjà avant 1450, Goronne en 1691, Commanster en 1683, Salmchâteau en 1725, Burtonville en 1703, Petit-Thier en 1704, Cierreux en 1704, Ville-du-Bois en 1766.
Gaston REMACLE
À son origine et pendant longtemps, l’ancienne paroisse de Salm ne comporta qu’un seul édifice du culte, chapelle ou église, que tous les paroissiens rejoignaient en temps opportun.
Dès le début, cette église s’est-elle fixée à l’endroit devenu Vielsalm, désert à ce moment-là ? ce n’est pas certain et nous pensons que, édifiée non loin toutefois, elle n’y est venue qu’après quelque temps avec la naissance du comté de Salm et une nouvelle autorité dans la région. Au cours des siècles, l’augmentation de la population notamment devait faire de l’église paroissiale un édifice trop petit et d’accès trop éloigné pour bien des personnes. Aussi vit-on peu à peu des communautés villageoises en expansion s’efforcer d’avoir chez elles un édifice du culte également, avec un vicaire écolâtre, ce avec l’accord de l’autorité religieuse et dans le cadre de la paroisse. Ainsi, Grand-Halleux eu sa chapelle déjà avant 1450, Goronne en 1691, Commanster en 1683, Salmchâteau en 1725, Burtonville en 1703, Petit-Thier en 1704, Cierreux en 1704, Ville-du-Bois en 1766.
Gaston REMACLE
Connaissons notre région. (III)
(série d’articles publiés dans « Les Annonces de l ‘Ourthe » ( ?), le 10 novembre 1972)
L’ancienne paroisse de Salm.
Un document de 1131 mentionne l’existence de l’ « ecclesia de Salmes » ; c’est à propos de redevances dues par cette église à l’abbaye de Stavelot. Sans nul doute, cette église de Salm est l’ancienne paroisse de Salm qui a subsisté jusqu’en 1803. Ainsi signalée en 1131, elle existait alors déjà depuis longtemps, certainement, et sa création nepeut être due qu’au travail apostolique des moines de Stavelot. C’est vers 650 que l’abbé Remacle et ses compagnons s’installèrent à Stavelot et commencèrent sans tarder l’évangélisation de la région..
Cette paroisse de Salm était fort grande. Elle comprenait les territoires des actuelles communes de Grand-Halleux, Petit-Thier et Vielsalm, de même que les villages de Goronne, Cierreux et Commanster. Elle avait ainsi pris les limites de deux anciens domaines contigus. On ne sait quel a été son nom à son origine ; Quant à celui de « Salm », nous dirons prochainement d’où il vient.
Gaston REMACLE
L’ancienne paroisse de Salm.
Un document de 1131 mentionne l’existence de l’ « ecclesia de Salmes » ; c’est à propos de redevances dues par cette église à l’abbaye de Stavelot. Sans nul doute, cette église de Salm est l’ancienne paroisse de Salm qui a subsisté jusqu’en 1803. Ainsi signalée en 1131, elle existait alors déjà depuis longtemps, certainement, et sa création nepeut être due qu’au travail apostolique des moines de Stavelot. C’est vers 650 que l’abbé Remacle et ses compagnons s’installèrent à Stavelot et commencèrent sans tarder l’évangélisation de la région..
Cette paroisse de Salm était fort grande. Elle comprenait les territoires des actuelles communes de Grand-Halleux, Petit-Thier et Vielsalm, de même que les villages de Goronne, Cierreux et Commanster. Elle avait ainsi pris les limites de deux anciens domaines contigus. On ne sait quel a été son nom à son origine ; Quant à celui de « Salm », nous dirons prochainement d’où il vient.
Gaston REMACLE
Connaissons notre région. (I)
(série d’articles publiés dans « Les Annonces de l ‘Ourthe » ( ?) le 3 novembre 1972)
Au départ de cette série de notes sur la passé de la région, il convient sans doute de parler de la paroisse de Vielsalm.
Il y a bien des siècles déjà qu’un centre paroissial s’est créé à l’endroit devenu Vielsalm ; on ne sait quand. Il s’agissait alors d’une grande paroisse régionale dont nous reparlerons.
Avec le même centre, la paroisse actuelle de Vielsalm est née en 1803, du démembrement de l’ancienne paroisse et à la suite du concordat napoléonien de 1801. La nouvelle organisation des paroisses fit aussi de Vielsalm le centre d’un doyenné de même nom. Cette nouvelle paroisse de Vielsalm ne comprit plus Cierreux, Goronne, Grand-Halleux, Petit-Thier, Salmchâteau.
Plus tard, elle perdit encore Commanster en 1835, Ville-du-Bois en 1842, Neuville et Burtonville en 1913. La paroisse de Vielsalm ainsi que toutes celles du canton, sont passées le 15 janvier 1843 au diocèse de Namur, alors que précédemment la région avait toujours fait partie du diocèse de Liège.
Gaston REMACLE
Au départ de cette série de notes sur la passé de la région, il convient sans doute de parler de la paroisse de Vielsalm.
Il y a bien des siècles déjà qu’un centre paroissial s’est créé à l’endroit devenu Vielsalm ; on ne sait quand. Il s’agissait alors d’une grande paroisse régionale dont nous reparlerons.
Avec le même centre, la paroisse actuelle de Vielsalm est née en 1803, du démembrement de l’ancienne paroisse et à la suite du concordat napoléonien de 1801. La nouvelle organisation des paroisses fit aussi de Vielsalm le centre d’un doyenné de même nom. Cette nouvelle paroisse de Vielsalm ne comprit plus Cierreux, Goronne, Grand-Halleux, Petit-Thier, Salmchâteau.
Plus tard, elle perdit encore Commanster en 1835, Ville-du-Bois en 1842, Neuville et Burtonville en 1913. La paroisse de Vielsalm ainsi que toutes celles du canton, sont passées le 15 janvier 1843 au diocèse de Namur, alors que précédemment la région avait toujours fait partie du diocèse de Liège.
Gaston REMACLE
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