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jeudi 11 juillet 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

Dans L’Organe de Vielsalm :

Le 16 juin 1907 :
Mercredi est décédée à la Villa le Rencheux  Mademoiselle Louise-Wilhelmine-Marie-Gobertine Baronne van der Straeten-Waillet née à Bruxelles le 12 juillet 1879. Un service solennel sera célébré en l’église paroissiale de Vielsalm lundi à 11 heures.

De très nombreuses ventes publiques de foin ont lieu dans tout le canton.

Le 23 juin 1907 :
Des bicyclettes seront distribuées aux gendarmes dans un délai rapproché et un nouveau  mode d’allocation des fourrages [pour les chevaux, sans doute ?] sera instauré.
On sait comment une partie du Luxembourg fut enlevée en 1839 à la Belgique. Ce que l’on sait moins c’est qu’à deux reprises, en 1851 et en 1867, celle-ci entrevit la possibilité de reprendre ce territoire. En 1851, la Hollande paraissait disposée à nous rendre le Luxembourg moyennant honnête indemnité mais ceci eut fait rentrer cette province redevenue belge dans la confédération germanique et la France parut peu favorable. La Belgique s’abstint donc. En 1867, les Luxembourgeois paraissaient favorables à l’idée mais c’est la froideur du gouvernement belge qui fit échouer le mouvement.
Ceci aurait changé bien des choses !

Le 7 juin 1908 :
La première page est consacrée à l’annonce de la parution du Guide touriste Vielsalm et les Environs édité, comme L’Organe, par Gillet. Il est vendu 0,75fr à divers endroits de la localité.
Ce guide est toujours bien connu actuellement des collectionneurs.
Du Congo on apprend le décès de Henry Pauly de Rogery, embarqué le 2 janvier 1907, employé- éleveur à l’île de Matéba (Bas-Congo) et le retour au pays de Joseph Putz de Salmchâteau qui compte actuellement 10 années de service dans notre colonie.

Le 19 juin 1910 : lundi dernier, Vielsalm était envahi [sic] par une petite troupe venant faire plusieurs reconnaissances dans nos environs. 35 officiers supérieurs et autant de soldats-ordonnances sont restés dans nos murs jusque samedi matin. C’est toujours avec un nouveau plaisir que notre population si bonne et si accueillante voit arriver l’école de guerre et ce n’est pas sans un sentiment de regret que celle-ci quitte notre hospitalière cité.

Le 25 juin 1911 : Nul ne croyait à Vielsalm au passage des hardis aviateurs du Circuit européen d’Aviation. Non seulement il en est passé mais nous avons eu la veine de voir des atterrissages et des envolées. À Regné, atterrissait vers 3h le monoplan n°16 Deperdussin piloté par Prévost. Après avoir passé la nuit à l’hôtel Albert à Lierneux et avoir été ravitaillé par Lanser, un autre aviateur, il est reparti à 6h du matin et arrivé à Ans à 6h35. Lundi entre 4 et 6 h du matin un biplan et un monoplan ont également plané au-dessus de Vielsalm. Le plus grand régal fut sans contredit l’atterrissage  à 6h30 du biplan Farman piloté par Wynmalen (n°22) après avoir tourné 1h30 pour trouver un terrain propice. Après un magnifique vol plané au-dessus du Rond-chêne, il atterrit sans avarie sur le thier du Monty dans un pelé appartenant au baron de Rosée chez qui il fut reçu.
Son envolée fut fixée au 22 juin à 3h du matin, ce qui fit courir de nombreux curieux.  Des voitures de secours venues de Liège amenaient outre les mécaniciens, MM. de Lamine, de Dion [S’agit-il du marquis Albert de Dion constructeur des voitures portant son nom ?] ainsi que le frère du pilote. D’autres aviateurs ont atterri à Malempré,  Cherain,  Stavelot,  Chevron et Manhay. Des renseignements auraient été demandés à propos du terrain où le biplan se trouvait dans l’intention de proposer à l’aéro-club liégeois d’y établir un champ d’atterrissage.
Vraiment dommage qu’aucune photo n’ait été prise de cet événement !

                                                                               Robert NIZET

jeudi 20 juin 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps




Dans l’Organe du 15 mai 1910 : la fête du bienheureux patron de la localité, saint Gengoux, est de retour : la fête profane ne cesse de gagner en réjouissances et en attractions mais le culte  se perd de plus en plus. Ses plus fervents adeptes d’autrefois, les tiges qui nous venaient d’outre-Poteau, le délaissent. Ceci n’est pas de nature à faire revenir saint Gengoux de la lamentable opinion qu’il s’était faite des hommes et surtout des femmes de la localité. Il est donc heureux que la voix de la conscience des uns et des autres soit étouffée par les orchestrions des forains installés dans nos rues.

La même édition annonce pour la prochaine fête à Salmchâteau l’ouverture du Grand Cinéma de la Salm, direction A.Arnold.

Quatre ans plus tard,  dans l’édition du 17 mai 1914 la teneur de l’article sur saint Gengoux de 1910 est reprise intégralement mais avec d’autres mots : la rengaine reste exactement la même.

L’Organe du 29 mai 1910 rapporte un terrible accident à Cierreux : un éboulement qui aura causé la mort de deux braves ouvriers s’est produit à la villa de M.Henry Delvaux, gouverneur de la province de Liège. Des travaux de modernisation avaient été confiés à l’architecte Hansenne de Spa mais l’eau manquant, une tranchée de deux cents mètres et profonde de six à sept mètres ainsi qu’un puits furent creusés. Un éboulement se produisit malheureusement au moment où deux ouvriers effectuaient une soudure au syphon. Tous les gros et longs efforts furent vains : ce sont deux cadavres que l’on parvint à extraire après des heures de travail.

Le même journal signale aussi qu’ un très gros orage s’est abattu sur la région et que la course cycliste « Circuit des Ardennes » organisée par le Vélo et MM. Crahay frères passera ce jour à Vielsalm. Une cinquantaine de coureurs sont inscrits.

Dans L’Organe du 14 mai 1911, on se demande où commence l’Ardenne [au singulier comme il se doit]. L’étranger qui chercherait à trouver l’Ardenne en Belgique en questionnant les habitants risquerait beaucoup d’être convaincu que l’Ardenne est une invention de géographe. En effet, une singulière pudeur fait nier à tout ardennais son origine. « C’est ici l’Ardenne ? ». « Non.na, c’est co one heûre pus long ! ». La vérité, c’est qu’on a fait aux ardennais une réputation injustifiée de balourdise et leur lenteur du langage provient tout simplement qu’ils considèrent la parole comme une chose très  grave et que l’on ne doit pas dépenser à l’aveuglette. Les ardennais qui craignent l’esprit  caustique des citadins et savent la réputation faite aux « âgneux » préfèrent renier tout simplement leur origine.

Les choses ont, heureusement, bien changé ! Ardennais et fiers de l’être !

Le 28 mai L’Organe annonce que le Tour de Belgique cycliste passera à Vielsalm le 1er juin et que le contrôle sera établi chez F. Evrard. Les coureurs devraient traverser la localité vers 12h20. ( En fait, dans l’édition suivante on apprend que ceux-ci avaient une demi-heure d’avance et que le vainqueur à Liège fut Vandenberg).
Par A.R. du 15 mai 1911, le Dr Lomry de Bovigny est nommé inspecteur d’hygiène pour la province du Luxembourg. Sa résidence est fixée à Libramont pour la question du tarif des déplacements mais le Dr Lomry est autorisé à demeurer à Bovigny où il pourra encore pratiquer la médecine.

Le 26 mai 1912, nouveau passage d’une course cycliste, la plus grande organisée à ce jour en Belgique : 450 km en une étape. Départ de Bruxelles à 11h du soir, Charleroi, Dinant, Bouillon, Laroche, Baraque de Fraiture, Vielsalm (ravitaillement chez F. Evrard), arrivée à Spa.
 A Salmchâteau, la gendarmerie a failli attraper deux braconniers mais l’un s’est enfui immédiatement, l’autre, appréhendé, s’est rebellé, a blessé un des gendarmes et a abandonné sa pipe, un fusil démontable et des cartouches et s’est enfui aussi. Le lendemain, après une visite domiciliaire et un alibi révélé faux, procès verbal pour braconnage, coups et blessures fut dressé à charge de cet homme. La police est sur bonne piste, femme aidant, pour connaître l’autre. L’état du gendarme est satisfaisant et malgré le formidable coup de crosse reçu il vaque, comme si de rien n’était, à ses occupations.

Quel courage et quelle conscience professionnelle !

                                                                                         Robert Nizet


dimanche 31 mars 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps


Dans l’Organe de Vielsalm du 15 janvier 1907, il est question de loups. Alors qu’ils n’avaient plus été aperçus chez nous depuis plus de trente ans, l’un d’eux vient d’être abattu par le directeur de la Source de Chevron. D’autre part, une bande de 9 spécimens fut aperçue par Hubert L. de Malmedy sur sa chasse de l’Hertogenwald : il en abattu trois de 52, 44 et 32 kg. De plus on affirme avoir relevé des traces de loups près de Manhay. Le fait n’est pas commun : ces fauves n’étaient plus apparus dans la Fagne depuis un demi-siècle.

Le 24 février suivant il est signalé que les loups causent en ce moment les plus grands dommages au grand gibier. Des bandes entières de loups quittent les forets d’Ardenne et se rendent en territoire allemand. Tiraillés par la fin il en est qui se risquent jusque dans les villages. A Nidrum, un grand chien qui était attaché a été complètement dévoré. Ailleurs, un garde forestier en a tué un qui voulait entrer dans une maison.
Il n’est pas sans agrément, pour tuer le temps et par d’affreuses tempêtes, de remuer un peu l’effroi des bonnes gens !

Le 27 février 1908, on lit dans l’Organe que Vielsalm pourrait bien être doté d’ici 2 ou 3 ans d’une sous lieutenance de gendarmerie. Le Ministère de la Guerre est en pourparlers pour l’achat du pensionnat des Sœurs de la Providence qui servirait de caserne aux braves pandores : ceux-ci feraient partie de la gendarmerie à cheval. Sous toutes réserves.

Il s’agit du bâtiment au-dessus de la place du marché que les Sœurs vont quitter pour leur nouvel immeuble des Chars-à-Bœufs dont la construction a commencé.

Dans l’Organe du 21 février 1909 : à Courtil, des voleurs se sont introduits par la fenêtre et nuitamment dans l’Hôtel de la Station et ont emporté le contenu du comptoir, des pipes, des porte-monnaie, une paire de souliers d’un voyageur, etc…
Les malandrins  ont abandonné les boîtes vides dans un hangar voisin et l’un deux a oublié son capuchon de couleur brune sur lequel quelqu’un qui voit clair a découvert des taches de résine et des poils de cheval blancs. Espérons que ces indices seront suffisants pour mettre la police sur une piste.

Dans les petits nouvelles communiquées par L’Organe du 28 février 1909 :  depuis quelques temps, un bureau  de télégraphe est installé à Salmchâteau, il reçoit les télégrammes et exprès postaux au départ et à l’arrivée ;  le carnaval sera fêté dignement cette année à Vielsalm, la jeunesse se prépare et d’après des indiscrétions, on devrait voir des merveilles ; on vend un bon chien de charrette avec harnais et une bonne charrette à chien chez Malherbe-Ledent, machines à lessiver à Vielsalm-Station ; une école professionnelle de coupe dirigée par Madame Motin s’installe au même endroit ; on propose de louer un bel atelier de forgeron au point d’arrêt du vicinal à Salmchâteau.

L’Organe du 27 février 1910 : De retour du Congo, M. Dumont de Bêche est rentré au pays dimanche dernier.  Notre aimable concitoyen est en très bonne santé et se propose de repartir bientôt pour le pays noir.

Celui du 6 mars 1910 nous apprend que Arbrefontaine va être doté d’une salle de fêtes. Ainsi en a décidé à l’unanimité la jeunesse du village. L’emplacement du nouveau local est acquis : il est situé à l’entrée du village et heureusement choisi. Désormais les habitants du village  trouveront chez eux les distractions qu’ils ont dû aller chercher  dans les localités voisines jusqu’à ce jour.

Et au rayon « nécrologie » : mercredi dernier succombait à Rencheux à l’âge de 70 ans, Monsieur Henri Rondeux, brigadier-forestier. Cette mort a causé en notre ville une vive émotion, le regretté défunt étant très connu et très estimé. Il comptait à Vielsalm de bonnes et solides amitiés.  D’un abord jovial, M. Rondeux était un homme plein d’affabilité et de délicatesse ; ce cœur d’or remplissait sans bruit, comme sans ostentation, les différents services que sa charge de brigadier-forestier lui imposait. On compterait difficilement les personnes qu’il a aidées de ses conseils et de son appui. Les obsèques ont eu lieu au milieu d’une grande affluence.

Robert NIZET