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dimanche 20 avril 2014

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

L’Organe de Vielsalm du 21 mai 1905 rapporte un crime qui vient d’être commis à Recht. Dimanche dernier, le jeune Zangerlé, 19 ans, avait quitté la maison paternelle et comme il n’était pas rentré à 1 heure du matin, ses parents se mirent à sa recherche ; ils  le trouvèrent à une courte distance, baignant dans son sang. Il est mort le lendemain sans avoir repris connaissance après avoir  été frappé à trois reprises dans la nuque avec un instrument pointu. L’auteur de ce forfait est inconnu.

Le 11 juin suivant, le Premier procureur d’Aix la Chapelle offre 500 Marks de récompense à qui permettra de faire arrêter le meurtrier.

Le 8 avril 1904,  la Chambre des Représentants débat d’égouts et de voirie à Vielsalm.  Le pavage de la route de Salmchâteau est prévu depuis trois ans et on va tenter d’accélérer les travaux.  On y parle aussi de l’établissement d’une voie de chargement du vicinal qui ne doit pas être un frein aux travaux précédents.

Le 15 avril, une nouvelle pétition circulerait dans la section de Salmchâteau pour démembrer la commune et en créer une nouvelle avec Bèche et [La] Comté.

Le 22 avril 1906, il est question du Circuit du 3juin des automobiles dont le circuit a été modifié : toujours vallées de l’Amblève et de la Salm, Manhay, Werbomont puis Aywaille, Remouchamps, Theux soit 128km.

Le 3 juin, on annonce que les  concurrents passeront à Vielsalm à partir de 9 heures 45. Les habitants sont priés de veiller sur leurs enfants et autant que possible ne pas laisser circuler leurs bestiaux sur la route du circuit.
Malheureusement, aucun compte-rendu de cet événement pourtant exceptionnel pour l’époque ne se trouve dans les éditions suivantes,  et aucun résultat de l’épreuve non plus. Les ouvrages spécialisés indiquent que cette course avait réuni 40 concurrents et que les trois premiers furent Braconnier sur FIAT (vainqueur), Jacobs sur Ariès et Bourlard sur Germain.

Photo : Un des participants qui est donc passé à Vielsalm ce jour-là, à plein gaz sans doute : Kinet sur une Pipe, marque belge.

Dans l’Organe de Vielsalm du 14 avril 1907 on demande des fermières : la majorité des servantes viennent de la campagne. Des fermiers qui ont cinq ou six filles placent l’une d’entre elles bien qu’ils aient besoin de main-d’œuvre. D’autre part, des filles sont attirées par la ville. Cet exode féminin porte déjà ses fruits : des jeunes fermiers, même bien nantis, quittent leur ferme parce qu’ils ne trouvent pas de compagne désireuses de s’associer à leurs travaux. Avis donc aux jeunes citadines qui se sentiraient des goûts bucoliques et une grosse envie de grand air !

Le 21 avril, deux annonces retiennent l’attention.
Les personnes qui désirent installer chez eux l’éclairage électrique sur le réseau de la commune sont priées de s’adresser pour renseignements et devis à Jos. Mullenaerts, rue de Neuville qui se rend à domicile.
Mr Hanay de Bastogne sent, lui, semble mener un combat d’arrière- garde car il vend des lampes à pétrole « Washington » 500 bougies, consommation 1/3 litre par heure. Placement gratuit et fonctionnement garanti !

Le 26 mai, un vol est signalé à Vielsalm. Le boulanger Demoulin s’étant aperçu de nombreux vols commis chez lui a établi une surveillance et a pu prendre en flagrant délit François Dirix, hollandais employé comme ouvrier boulanger. Voici comment : le frère du boulanger, Nicolas, s’est caché dans une garde-robe en face de l’armoire contenant l’argent ; l’ouvrier se croyant seul a fouillé et a été pris sur le fait. On évalue à 900frs le total des détournements.

Le 2 juin, le Parquet de Marche a procédé à l’enquête concernant ce vol puis l’accusé encadré de trois pandores est reparti pour sa villégiature forcée à Marche par le train de 14h57.


                                                                     Robert NIZET

jeudi 8 août 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

L’Organe de Vielsalm nous tient au courant de toutes  les petites nouvelles du coin :

Le 21 juillet 1912 : Notre sympathique G. Paquay vient de remporter une médaille d’or et un diplôme d’honneur à la course de régularité pour motocyclettes Paris-Liège.

Le 27 juillet 1913 : les coureurs indépendants du Circuit provincial organisé par le vélodrome de Jupille et le comité des fêtes d’Ayeneux traverseront notre localité lundi prochain vers 1h de l’après-midi.

Le 26 juillet 1914 : A Grand-Halleux, au Vélodrome de la Salm, des courses ont eu lieu le 19 écoulé sous les applaudissements frénétiques d’une foule passionnée et avec le concours de la société de fanfares. Classement de la première course : 1er : Lanuit, 2ème : Jeunejean, 3ème : Gilson, tous de Grand-Halleux, 4ème : Hoffmann de Rencheux, 5ème : Baccus de Grand-Halleux.

La nécrologie nous apprend que jeudi dernier ont été célébrées les funérailles de Constant Paquay. Une foule énorme y assistait, preuve certaine de l’estime acquit [sic] par le regretté défunt.

Le 9 juillet 1933 : Sur le circuit de Stavelot-Francorchamps se courra dimanche le Grand Prix de Belgique vitesse automobile. Le départ sera donné à 13h et les concurrents devront boucler 40 fois le circuit. Seront en présence la Maserati de Zehender, les 4 Bugatti de Varzi, Williams, Dreyfus et Lehoux, les 5 Alfa-Roméo de Nuvolari, Wimille, Markewich, Chiron et Moll.
Cette liste d’engagés ne correspond pas tout à fait à la grille de départ figurant dans les livres de références.

A Vielsalm, le vendredi 7 juillet vers 11h30 Alexandre Claude pêchait au ruisseau près de l’étang du Baron de Rosée au Tienne Messe. De loin, il lui sembla apercevoir un baigneur dans ledit étang mais en s’approchant il se rendit compte que c’était un noyé. Il s’agissait en fait d’une femme en laquelle on reconnut vite Léa Gothal, épouse de Constant Putz, camionneur à la boulangerie Demoulin. Le corps était vêtu d’un pantalon blanc et d’un cache corset, comme pour le bain. Les vêtements étaient déposés dans la cabine au bord de l’eau. Comme elle vomissait de la nourriture on suppose qu’elle a voulu aller se baigner après son déjeuner et qu’elle a été prise de congestion. Âgée de 23 ans, elle était mariée depuis 4 ans et n’avait pas d’enfant.

Le 1er juillet 1934 : le meunier François Heinskyll de Regné a été découvert mort, lundi, dans son moulin. Ce moulin est en construction et seule la roue motrice est montée. Le cadavre était au fond du trou de cette roue et portait plusieurs plaies béantes. On se perd en conjecture sur cette mort qui paraît étrange.

Le 8 juillet 1934 : vendredi après-midi un pénible accident est survenu sur le tronçon de la route en réfection devant la propriété  Misson. Un cycliste, M. Renard de Rencheux, s’était engagé dans le couloir déjà réfectionné lorsque la camionnette de M. Caëls de Rencheux survint par derrière et heurta le cycliste qui fut violemment projeté sur la chaussée. Il fut promptement dirigé vers la clinique de Trois-Ponts : on craint une fracture du crâne.

A Ville-du-Bois, vendredi dans l’après-midi, Melle Remacle  était allée traire dans les champs. Les vaches rendues furieuses par le chien qui l’accompagnait se lancèrent sur elle et s’acharnèrent. Aux cris poussés par la victime, des personnes travaillant aux environs accoururent et eurent toutes les peines à la délivrer. Le docteur Misson, mandé, a réservé son diagnostic.
                                                                                                                                                                                                     Robert NIZET


samedi 16 mars 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps



  
Dans l’Organe du 18 février 1906 on annonce la mort de monsieur Auguste Cahay, 76 ans, hôtelier à Vielsalm, veuf en 1ères  noces de Deroitte Marie-Elisabeth et en 2èmes noces de Moreau Lambertine. Dans celui du 8 avril suivant, les études de Mes Gomez et Caprasse annoncent pour cause de décès l’adjudication provisoire d’immeubles à Vielsalm : l’Hôtel de la Station mieux connu sous le nom d’Hôtel Cahay avec annexes, écuries, remises et pré y attenant, joignant la gare de Vielsalm et la rivière La Salm.

Les terrains situés à cet endroit étaient propriété depuis l’origine du cadastre et jusqu’en 1889 de Charles-Joseph Otte, cultivateur, puis après son décès, de sa veuve Joséphine Olivier, rentière.
 En 1890, cette propriété passe à Auguste Cahay, négociant en bois puis hôtelier. C’est donc lui qui entre 1890 et 1893 construisit là une maison à usage d’hôtel qu’il agrandira au moins une fois.
(Cahay fut élu aux élections du 15 octobre 1899 comme conseiller de la commune de Vielsalm, élection invalidée par la Députation Permanente du fait que le domicile dudit Cahay entre la gare et la rivière est situé sur le territoire de Rencheux !)
Le tout mis à prix à 22.300 Fr a été adjugé après différentes enchères pour 22.600 Fr à la fille du défunt, Julie, épouse assistée de Monsieur Victor Jeunejean, marchand de bestiaux.
Le couple Jeunejean-Cahay n’exploite cet hôtel (ayant porté plusieurs dénominations) que moins de trois ans car dès 1909, il appartient à Joseph Molhan-Renard, transporteur en malles-poste et hôtelier établi en face.

Deux avis dans l’Organe attirent inévitablement l’attention  quand on compare leur contenu à ce que nous connaissons actuellement.
Le 22 février 1914 le journal nous apprend en effet que le bureau des postes de Vielsalm sera ouvert les dimanches et jours fériés de 9 à 10 heures !
Le 5 avril de la même année, la Chambre de commerce nous informe que, comme suite à ses démarches, le bureau de la poste qui fermait à 6 heures du soir restera dorénavant ouvert jusque 7 heures !

 Quand on sait qu’à la même époque et encore bien plus tard, un envoi posté à Vielsalm dans la matinée était distribué à Bruxelles ou à Liège vers 16 ou 17 heures le même jour, que deux tournées par jour avaient lieu et une encore le dimanche, on peut se poser des questions sur l’efficacité actuelle de ce qui est malgré tout toujours considéré comme un service public.
                                               ***


Les premières courses automobiles organisées dès 1884 se déroulèrent de ville à ville mais les accidents causés par le passage de ces épreuves dans les localités populeuses, l’augmentation des vitesses atteintes et la recherche du nouveau firent naître l’idée de courir en circuit fermé. Elle prit forme, pour la première fois, en Belgique, avec le Circuit des Ardennes tracé autour de Bastogne. Il eut lieu de 1902 à 1907 et était l’équivalent de nos courses actuelles de Formule 1.
Peu d’entre vous le savent, sans doute. Il s’agissait donc d’un évènement mondial déplaçant les foules ( voir, pour les plus curieux, notamment, le n°16 de Glain et Salm, Haute Ardenne)  qui, on va le voir, engendrait donc de la jalousie chez certains.

L’Organe de Vielsalm  du 2 février 1908 reprenait l’information suivante du journal L’Auto : Je puis vous annoncer de façon formelle que le Circuit des Ardennes changera cette année d’itinéraire. Nous avons été trop longtemps accoutumés à la façon par trop commerciale des Ardennais et particulièrement des gens de Bastogne. En plus la ville de Spa paraît devenir le vrai centre sportif de la Belgique et (…) peut-être pourrait-on  aménager dans ses environs un circuit idéal.

L’Organe du 23 février  dévoile ce nouveau circuit : Trois-Ponts- Basse-Bodeux-Chevron- Werbomont- Baraque de Fraiture- Salmchâteau-Vielsalm-Trois-Ponts, soit 64 km à travers les Ardennes dans ce qu’elles ont de plus charmant et de plus pittoresque. L’article insiste sur la qualité des routes, le peu d’agglomérations traversées, l’absence de passage à niveau. Les autorités locales seraient très favorables à la course.

Mais tous ces espoirs seront déçus.
Tout d’abord le Circuit des Ardennes 1908 n’aura pas lieu : trop peu de concurrents s’étaient inscrits.
Ensuite, le projet de nouveau circuit fera long feu : il faudra attendre en 1920 la découverte du site de l’Eau rouge et la possibilité qu’il offre de constituer ce qui deviendra le Circuit national de Francorchamps. A ce moment, le Circuit des Ardennes de Bastogne n’est plus que souvenirs et regrets.


                                                                                     Robert NIZET