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vendredi 6 février 2015

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

L’Organe du 16 septembre 1906 : Au Congo, les essais de traction à l’aide d’éléphants ont donné les plus heureux résultats et le gouvernement poursuit avec une louable ténacité la domestication de ces pachydermes. C’est au commandant Laplume que cette tâche ingrate avait été confiée et, malgré les difficultés énormes auxquelles il a dû faire face, il s’en est tiré avec honneur.
La rubrique de l’état civil annonce la naissance de Willy, fils de PAQUAY Joseph et de TALBOT Marie-Thérèse.

L’Organe du 29 août 1909 : À Vielsalm, le camionneur de la boulangerie Demoulin en rentrant avec son attelage mercredi soir est tombé dans un des fossés ouverts pour la construction d’un aqueduc en face de la gendarmerie . Le malheureux a une jambe brisée.
À Salmchâteau un vol de chaussures dont a été victime M. Winand Gabriel a été commis par deux vagabonds faisant partie d’une troupe de nomades venue d’Allemagne. La gendarmerie recherche les filous.

Le 26 septembre 1909 : À Courtil, mardi à 6 heures du soir, le tocsin sonne : une épaisse fumée se répand au-dessus de la maison Schoune où habitent les familles Lefèvre-Schoune et Vve Schoune-Burnay. En moins d’une heure le feu a réduit cette habitation en un brasier ardent. C’est la seconde fois en à peu près un an que la Vve Schoune voit son habitation incendiée. Absente au moment des faits, elle rentre attristée et désespérée. On dit qu’une partie de ses écus est devenue la proie des flammes !
Le 3 octobre 1909 : À Beho, M. Bernard, médecin, un vénérable octogénaire doyen du corps médical luxembourgeois a été renversé par un cycliste maladroit. Il n’a pas tardé à succomber.
À Bihain, départ aujourd’hui à 11 heures de la course cycliste organisée par  le cercle de la Vieille Bizance. [ ???]

Le 7 juillet 1912 : À l’Université de Liège, M. P. Gomez a subi avec distinction l’épreuve du grade légal de candidat ingénieur.

Le 25 août 1912 : État civil, décès : BERNARD Léonie-Henriette, 72 ans, rentière veuve de JOTTRAND Gustave.

Le 31 aout 1913 : État civil, naissance : Albert-Joseph fils de KOPP Fr et de GRÉS Elise.

                                                                               Robert NIZET

dimanche 30 août 2009

Sur les ruines du château de Salm.

(inédit ?)

Ce qui subsiste actuellement du château de Salm est dénommé traditionnellement, par les habitants de Salmchâteau, « la vieille prison ». l’appellation est exacte.

Les deux tours d’entrée, dont il reste le bas, comportaient un sous-sol ; on peut encore voir l’escalier qui y conduisait.
Un passage souterrain reliait le sous-sol des deux tours, ainsi qu’il vient d’être dégagé récemment par M. De BREMAECKER.

Une grande salle s’étendait au-dessus de l’ogive d’entrée ; elle était probablement la salle de justice dont on parle dans certains documents.

Le corps de logis se situait à gauche de l’entrée. Il n’en subsiste rien de façon visible. En 1964, M. SIMONT, propriétaire à ce moment, m’a décrit l’emplacement de la grande cuisine, selon détails au parquet qu’il avait constatés en son jeune âge, et dont on pourrait trouver des vestiges en grattant le sol. Cette cuisine comportait un puits.

Devant la porte d’entrée et l’emplacement du pont-levis, se trouvait un fossé, aujourd’hui comblé. Il devait être assez profond, à en juger d’après le creux qui s’étend à droite.

En face de l’entrée, et l’autre côté du chemin, s’élevaient des écuries et remises.

Enfin, un souterrain au moins débouchait au flanc de la colline, au-dessus de l’emplacement du vieux moulin.

En septembre 1944, après la libération par les troupes américaines, celles-ci entreprirent de prélever des pierres aux ruines du château, en vue de les utiliser comme matériau de remblai en d’autres endroits. Le bourgmestre GOMEZ intervint rapidement pour arrêter ces déprédations.

Au cours de l’offensive des Ardennes, l’ogive d’entrée fut endommagée ; une restauration l’a remplacée par un plein cintre.
Quelques indications sur la succession des divers propriétaires des ruines du château.
Le 12 novembre 1807, Michel-Dieudonné SAUVEUR, de Liège, en avait fait l’achat, comme il a été rappelé ailleurs.

Le 19 août 1821, vente par SAUVEUR à Guillaume-Joseph THUNUS, de Salmchâteau.
(A.E.S.T.H. Notariat JACQUES, Vielsalm, 1821)

Le 12 juin 1857, vente par Marie-Catherine THUNUS, épouse TROUET, fille de Guillaume-Joseph THUNUS, à Duncan DAVIDSON of TULLOCK, écossais, pour 900 frs., le château seul. L’épouse TROUET en était propriétaire depuis le partage familial du 8 mai 1857.
(A.E.S.T.H. Notariat JACQUES, Vielsalm, 1857)

Le 7 février 1865, Joseph OFFERGELD, de Vielsalm, devient propriétaire des biens DAVIDSON, saisis, pour 10 500 frs.
(A.E.S.T.H. Notariat JACQUES, Vielsalm, 1865)

Le 1er mai 1865, OFFERGELD met ces biens en vente.
(Journal l’Annonce de Stavelot)
Mais c’est le 1er octobre 1865 que les achète Gustave JOTTRAND, de Bruxelles, puis qui construisit un chalet à proximité des ruines en 1874.

Après le décès, le 7 août 1912, à Salmchâteau, de Léonie-Henriette BERNARD, veuve de Gustave JOTTRAND, les biens immobiliers en question devinrent propriété des époux BERNARD-JOTTRAND (Eugène BERNARD et Julie JOTTRAND, décédés respectivement le 3 février 1915 et 7 avril 1922, Julie étant sœur de Gustave JOTTRAND précité).



carte envoyée par Madame BERNARD à Madame Henri SIMONT, oblitérée le 13-14 août 1905.

La succession BERNARD-JOTTRAND fut recueillie par leurs trois enfants, Georges (né en 1871), Cécile (décédée le 28 juin 1933) épouse BOENS, et Hélène (décédée le 23 mars 1952) épouse Henri SIMONT, dont cinq enfants parmi lesquels Henri-Georges SIMONT (né en 1898).





Cartes envoyées par Juliette SIMONT.

La succession de Cécile alla à son frère Georges (décédé après 1954) et sa sœur Hélène, veuve SIMONT, puis les cinq enfants devinrent seuls propriétaires.

En 1965, Henri-Georges SIMONT a vendu la propriété à Pierre De BREMAECKER, 24 Avenue DUPUICK, Uccle.

Gaston REMACLE, 1966


Ndlr. :

Merci à Raphaël MONTLAHUC pour ces cartes intéressantes !

dimanche 26 juillet 2009

Meules.

(mise à jour 10/09/09)

Vers 1890, Gustave JOTTRAND, lors de défrichements de bruyères près de Salmchâteau, au lieu-dit « persay », a découvert de nombreuses petites meules à broyer le grain, en arkose. Au voisinage, se trouvent des carrières, dont on voyait toujours les traces en 1968.







Meule du « persay », jadis en possession de Gaston REMACLE.


(G. JOTTRAND, L'industrie de la fabrication des meules en Belgique avant et après la conquête romaine, dans Bull. Soc. Anthrop., t.13, Bruxelles, 1894 -95. Cfr. Aussi, G. JOTTRAND, Communication sur les meules en arkose, au Congrès d’Archéologie d’Arlon de 1899, Arlon, 1900 ; et G. JOTTRAND, Notice sur Alt-Salm et anecdotes de l’époque, dans un Guide touriste à Vielsalm et les environs, Vielsalm, GILLET, sans date (vers 1907).)

Ces meules sont de type ovoïde, rappelant la forme d’une fève de café. Par un mouvement de va-et-vient effectué à la main, elles permettaient de broyer le grain sur un bloc de pierre.
Plusieurs exemplaires apportés par JOTTRAND près des ruines du château de Salm s’y rencontrent toujours. Gaston REMACLE en a trouvé d’autres.
Il s’agit là d’un type de meules bien antérieur à l’époque romaine ; celle-ci reprendra l’industrie de meules, mais en donnant aux pierres une autre forme et de plus grandes dimensions.
Le mode de mouture auquel les meules ovoïdes servaient s’est continué identique, à travers les âges, depuis les temps les plus reculés. Toutefois, il semble bien qu’au pays de Salm leur fabrication sur une grande échelle, ne puisse se situer avant la période celtique.
Gaston REMACLE estime qu’il faut attribuer à la même industrie et à la même époque les « fosses », comme les appelle le langage local, parsèment la crête du thier à partir de Quatre-Vents et dans la direction de l’est.
Elles sont au nombre d’une quarantaine, s’échelonnant sur une longueur de près d’un km. La plus importante compte une douzaine de mètres de profondeur, « la grande fosse ».
L’aspect des excavations, leur importance d’ensemble, leur genre uniforme d’exploitation portent à conclure qu’elles ne peuvent être dues qu’à une mise en valeur systématique du thier, et en vue d’une activité commerciale assez prononcée.
Broussailles, mousses, bruyères, humus, qui en recouvrent les pentes témoignent d’un long passé.
Aucune archive ne fait mention d’un travail à cet endroit. D’autre part, les besoins locaux de pierre pour la construction dans le passé trouvaient à se satisfaire sans recourir à la pierre de ce thier.
Les blocs extraits ne pouvaient être que d’un volume restreint, vu la nature de la pierre et le mode d’extraction, et ne permettaient la fabrication que de pièces assez modestes.

Ndlr:

1) Dans les notes de G.REMACLE, il est précisé qu'une longue suite d’excavations du même genre se retrouve également entre Sart et Provedroux, ainsi qu’à l’est de Mauvaises-pierres, ce dernier endroit est dit en 1738, « sur les fosses des vieux moulins dit in den Houcken » (acte not. HONVLEZ, 2-6-1738).

2) P. LEJEUNE, relate la découverte d'un broyeur néolithique à Neuville en 1975, dans G.S.H.A. n°3 (1975), pp.67-68.

3) F. CUMONT, Note concernant les meules en arkose et en téphrite de la région de Vielsalm, dans Annales de la Fédér. archéol. et histor. de Belgique, t.14, Arlon, 1900, pp.29-32.

4) P. LEJEUNE, relate la découverte de 2 autres broyeurs, l'un près de l'église de Neuville, l'autre le long du chemin forestier allant de "Qautre-Vents" au sommet du Gros-Thier, dans G.S.H.A. n°5 (1976), p.83.

5) P. LEJEUNE, relate la découverte d'un quatrième broyeur néolithique à Neuville, dans G.S.H.A. n°11 (1979), p.95.