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samedi 11 octobre 2014

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

En 1905, l’Organe du 22 octobre signale que la démission du notaire Jacques est acceptée et que l’adjudication pour la construction  d’une route au lieu-dit des Chars-à-Bœufs, avec rectification de celle du cimetière à Cahay [ ?] sera ouverte.

Le 29 octobre de la même année : une noyade à Bovigny et un vol à Sart.
Depuis quinze jours on recherchait la nommée  Bovy M.H. veuve Lejeune. On savait qu’elle était allée du côté de la chapelle St-Martin malgré la tempête et la pluie. Ce matin, un ouvrier carrier se rendant à son ouvrage a découvert le cadavre de la disparue qui aura sans doute voulu traverser la rivière sur des pierres mais les eaux étant fortes, elle aura glissé et se sera noyée.
Des escarpes se sont introduits dans la maison Archambeau-Daco, cabaretier à Sart-Lierneux. Tout en pensant avoir fait une bonne rafle, les voleurs sont volés car croyant enlever beaucoup de viande ils sont partis avec un jeune veau trouvé dans les flancs d’une bête tuée la veille !

L’Organe du 13 octobre 1907 nous apprend que Mademoiselle Géradon fille de notre géomètre du cadastre a réussi avec grand fruit l’examen de sortie de l’école normale de Nancy.
A Bovigny, Mme Gester et sa fille étaient occupées à arracher du sable quand survint un éboulement les ensevelissant toutes les deux. Après de nombreux efforts, on parvint à retirer les malheureuses mais la jeune fille avait cessé de vivre. Madame Gester portait de nombreuses blessures et avait une jambe cassée. Son état est inquiétant.
Depuis le 10 octobre dernier, Vielsalm est éclairé « électriquement ». Ce nouveau  service marche admirablement et fait honneur aux ouvriers qui ont fait ce travail.

Dans l’Organe du 1er décembre 1907, on apprend que le chemin de fer Malmedy-Stavelot va entrer dans la voie de la réalisation. Ce projet est toujours néanmoins combattu par l’état-major de l’armée belge pour qui c’est une voie stratégique d’accès dans notre pays méditée par l’état-major allemand. Souci d’ailleurs partagé par la France. Par contre, les populations des deux villes sont dans la jubilation !

Le 25 octobre 1908 : A St-Vith, jeudi dernier, Mr Mathonet , marchand de grains, revenait de Gérolstein avec un ami mais une discussion a dû surgir car le lendemain des passants ont trouvé, baignant dans son sang et à l’état de cadavre le pauvre Mr Mathonet : une balle de révolver lui avait traversé le crâne. Les soupçons se portèrent évidemment sur le compagnon de la veille qui est déjà sous les verrous. Il s’agit, affirme-t-on, d’une simple jalousie.
Mais plus bas, extrait du journal L’Etoile,  on annonce que l’auteur du crime serait le coureur cycliste Otto Breuer bien connu sur les pistes belges et allemandes comme « stayer »  dont le train de vie très élevé est bien connu.

Toujours du côté de la frontière allemande : les automobiles qui, les années précédentes, faisaient fureur et semaient l’épouvante dans les villages frontières sont devenues des oiseaux rares. [Étonnant : en 1907 le parc automobile devait être encore assez restreint.] C’est que le gouvernement allemand a établi un droit d’entrée non exorbitant mais qui porte à réfléchir et tous les chauffeurs ne veulent donc  pas payer cette taxe, ce qui permet aux villageois de respirer. A quand les dirigeables, moins encombrants pour les piétons ?


A Vielsalm, un ouvrier travaillant à la construction du nouveau pensionnat a fait une chute de 8 m de haut. On espère sauver la victime qui porte de terribles blessures à la tête et aux bras.

                                                                     Robert Nizet

jeudi 1 août 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

On lit dans l’Organe de Vielsalm

du 25 juillet 1909 : la Cour d’assises de Trêves a condamné à mort Breuer qui, il y a quelques mois, avait lâchement assassiné Mr Mathonet de St-Vith.

du 3 juillet 1910 : le chien du cantonnier Dufourny a été écrasé vendredi par le vicinal en face de la maison Rausens [actuellement Mullen à côté de la Place de Salm, voir la photo d’époque] à Vielsalm.

du 10 juillet 1910 : un club cycliste est en voie de formation en notre ville. Nous engageons nos jeunes à s’inscrire et nous formons des vœux pour voir à Vielsalm une forte société de sport. Il va sans dire que toute question politique sera écartée et que le seul but des organisateurs est le sport et l’athlétisme.

Le sport colombophile est, quant à lui, entaché d’une fraude de plus. Le sieur X qui occupait une place en vue dans la société  Le Ramier vient de se faire prendre en flagrant délit au local même au moment où il enlevait les bagues à ses pigeons avant de les enloger. Il faut savoir que les pigeons sont bagués à la société avec une bague en caoutchouc numérotée que l’on constate à la rentrée du pigeon. C’est grâce à M. Jean Kaiser, un dévoué commissaire, que l’on doit la découverte de la fraude qui aurait pu durer encore longtemps. L’amateur indélicat a évidemment été exclu de la société sine die.

du 24 juillet 1910 : un aliéné de la colonie de Lierneux s’est échappé lundi en trompant la surveillance de son gardien et a gagné la voie ferrée qu’il a suivie de Rencheux à Trois-Ponts sans être inquiété par les ouvriers de la voie qui prirent le fou, bien habillé, pour un surveillant ! En gare de Trois-Ponts, il tenta de prendre un coupon pour Bruxelles en disant qu’il n’avait pas d’argent : il fut éconduit puis gagna Stavelot où il logea avant de pénétrer dans le train vers Trois-Ponts pour regagner la colonie ! Son gardien, prévenu, arriva pour l’accompagner mais le fugitif tenta alors de se jeter par une portière alors que le train roulait. Il en fut empêché par son gardien et des voyageurs et réintégra la colonie.
Quelle affaire !

A Burtonville, M. N. Grolinger, brigadier des douanes en congé de maladie pour cause de neurasthénie a disparu de son domicile depuis samedi dernier le  16 alors qu’il voulait se rendre à Rogery. Le soir du 19 il n’était pas encore rentré. Une battue organisée dans les bois n’a rien donné et les recherches faites par la police allemande avec des chiens sont aussi restées vaines. Voici le signalement du disparu : 1,62m, cheveux et moustaches grisonnants, figure ronde, yeux gris-bleues [sic], chapeau de paille grand format, gilet et veston gris clair, pantalon de coutil, col de caoutchouc droit, cravate noire, souliers ferrés. Le même fait s’est produit il y a une quarantaine d’années et la victime, un douanier également, n’a jamais été retrouvée. On a toujours supposé que le malheureux avait été  enlisé dans les fagnes de Bechfat [sic].

A Lierneux, deux vaches ont été foudroyées dimanche dernier dans une pâture pendant l’orage qui s’est déchaîné sur notre contrée.

du 23 juillet 1911 : le bruit circule que le Gouvernement serait intentionné de démolir une partie du presbytère, de la maison Sépult et du mur de clôture de l’église pour élargir la route à cet endroit. Sous toutes réserves !

                                                                               Robert NIZET