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samedi 17 mars 2012

SALM ou GLAIN: UN DERANGEANT PHENOMENE DE TOPONYMIE

La Commission royale de toponymie et de dialectologie a depuis longtemps dénoncé les innombrables erreurs de noms de lieux, de routes, de cours d'eau, etc… qui figurent sur bon nombre de cartes, officielles ou non.
Ces erreurs remontent très souvent aux années 1840, époque où furent dressés les Atlas des chemins vicinaux par des enquêteurs généralement étrangers, ignorant les dialectes locaux et interrogeant des témoins qui parlaient souvent le wallon (ou le flamand) de leur région, connaissaient peu ou pas du tout le français et étaient souvent ignorants de l'orthographe, sinon illettrés. Un bon exemple local de ce genre d'erreur est le lieu-dit « Mont-le-Soye », en wallon « Amon l'sôye ». Quiconque connaît le wallon reconnaîtra sans peine que la préposition « amon » signifie « chez » et qu'une « sôye » est une scie. Ainsi, il traduira le lieu-dit par : à la scie, chez la scie ou chez le scieur. Jamais en tout cas il ne pensera à un « mont » – d'autant plus que le lieu-dit est situé au creux d'un petit vallon – ni à de la soie ! Mais un enquêteur ignorant le dialecte comprendra « mont le (ou la ) soie » et sa notation sera à l'origine d'un lieu-dit orthographié sur la plupart des cartes jusqu'aux années 1960-1970 de telle façon qu'un étranger pensera à un "mont" et à de la soie.

LA SALM AU LIEU DU GLAIN
Une de ces erreurs - ô combien dérangeante - a fait passer au siècle dernier le nom de Salm à la rivière Glain à l'approche de Salmchâteau. Dérangeante parce que :
- elle est entrée dans les moeurs d'une très grande partie de la population;
- la Salm, dépouillée de son nom, reçoit des noms variant avec le lieu et l'époque : ruisseau de Petit-Thier, ruisseau d'Hermanmont, eau du Baron, eau maréchale, … ce qui atteste un malaise certain;
- la Salm n'ayant plus de nom, un farfelu lui a inventé celui de « Vielle », ce qui aurait donné naissance au nom de Vielsalm en accolant deux noms de rivières ! C'est d'une bêtise à faire hurler.( Le suffixe Viel signifie vieux : les comtes de Salm, établis en face de l'actuelle église à un endroit appelé Salm tout court, ayant émigré au début du 14e siècle à 2 km au sud et créé Salmchâteau, l'endroit occupé précédemment est tout simplement devenu l'ancienne Salm, Vielsalm !)
Les étymologistes s'accordent pour faire remonter les noms de Salm et de Glain à la préhistoire et plus particulièrement à l'époque celtique. Le cours d'eau en question a donc été appelé « Glain » depuis plus de deux millénaires et c'est depuis un peu plus d'un siècle que son cours inférieur a changé de nom.

LES FAITS
En fait, que constate-t-on ?
1) L'existence dans le réseau hydrographique de la région de deux rivières Salm et Glain. La Salm prend sa source sur l'ancienne commune de Petit-Thier, longe la route de St-Vith entre le moulin Minguet et le zoning de Burtonville, traverse l'ancienne propriété de Rosée, longe le terrain de football, passe au Tienne-Messe où elle reçoit le Baraîchin, puis sous l'église et s'unit au Glain sous Rencheux. Les endroits appelés vif-Sâm, sur Sâm, Sâmfa jalonnent son cours.
Le Glain prend sa source près de Commanster et, par Beho et Bovigny, atteint (après avoir reçu la Ronce) Salmchâteau (où il reçoit le ruisseau de Bêche et le Golnay), forme le plan d'eau des Doyards, reçoit la Salm, poursuit par Grand-Halleux pour se jeter dans l'Amblève à Trois-Ponts.

La preuve des documents.
Ne prenons que les dernières mentions dans le temps :
- délibération du conseil communal de Vielsalm du 27 juillet 1840 : octroi de l'autorisation « d'établir une scierie de bois…au lieu-dit le Moulin de Vielsalm (à l'endroit de l'actuelle chute du plan d'eau) pour être mue par eau et alimentée par la rivière de Glain ».
- Dans Etudes historiques sur l'ancien pays de Stavelot-Malmedy de De Nève : « …l'Amblève passe à trois-Ponts où elle reçoit le Glain »;(1848)
- Dans Tandel, Communes luxembourgeoises, par Mr Lepage : « Salmchâteau est situé au confluent de trois ruisseaux : le principal, dont la source est à Commanster… s'appelle le Glain »(1877).

Les preuves toponymiques :
- le pont à proximité de l'entrée sud du tunnel ferroviaire de Trois-Ponts s'appelle toujours « Pont de Glain »;
- les lieux-dits è Glain (Grand-Halleux), fosse à Glain (Salmchâteau), Fa de Glain et fond de glainchamps (en amont de Bovigny).

2) Jusqu'à la moitié du 19e siècle, aucun problème.
3) A partir de 1840, passage progressif du terme Salm vers le Glain dans certains comptes rendus du conseil communal notamment. Il s'ensuit : une rivière qui n'a plus de nom et une autre qui, sans rime ni raison change de nom en s'emparant de celui d'un de ses affluents.

Ouvrons ici une parenthèse. Une des raisons de ce transfert pourrait à mon avis se trouver aussi dans le parler wallon de la localité de Vielsalm. La rivière venant de Salmchâteau est appelée l'êwe du Sâm facilement traduite à tort par La Salm. A tort, parce que en wallon Salmchâteau se dit simplement Sâm. C'est la même erreur qu'a commise tout récemment un employé du MET qui a fait apposer sur le pont de Salmchâteau une plaque « Pont de Salm » alors qu'il s'agit du Pont d'Sâm c'est à dire Pont de Salmchâteau( mais sur le Glain !)

4) Dans le même temps, aucun problème pour le cours supérieur du Glain jusqu'à l'approche de Salmchâteau. Les gens de Honvelez ou Bovigny ont toujours utilisé le terme correct de Glain.
5) Jusqu'au début des années 1970, « Glain » était devenu à Vielsalm un hydronyme en voie de disparition bien que, dès 1948, Gaston Remacle eût publié dans le bulletin trimestriel de l'Institut archéologique du Luxembourg, une démonstration de ce transfert de noms. La création en 1973 de l'A.S.B.L. Val du Glain, Terre de Salm remit déjà, du fait de cette dénomination, ce terme au-devant de la scène.

A la fin des années 1980 ou au début des années 1990, l'association ci-dessus et Comté de Salm, Patrimoine et Environnement avaient envoyé un courrier aux Pouvoirs publics de différents niveaux pour attirer l'attention sur ce fait et leur demander de débuter un rétablissement des noms corrects dans leurs actes, plans, etc… Le sujet ne les intéressant pas, il n'y eut aucune réaction favorable.
Il est exact que ce problème n'est pas vital et qu'un transfert de nom ne constitue pas une catastrophe. Mais lorsqu'on écorche votre nom, vous le faites remarquer. Si l'on vous donne le nom du voisin, vous rectifiez. Nos villages, lieux-dits ou rivières ne peuvent se rebiffer mais ont néanmoins droit au respect de leur nom.
Ce ne fut cependant pas un coup dans l'eau car, par exemple, le service de toponymie de l'Institut géographique national et les Sentiers de Grande Randonnée ont signalé qu'ils tiendraient compte à l'avenir de cette remarque.

Nous espérons que toutes les personnes de Salmchâteau, Vielsalm, Grand-Halleux et Trois-Ponts principalement qui nous liront appelleront dorénavant leurs rivières de leurs vrais noms : le Glain, c'est le Glain, la Salm, c'est la Salm mais le Glain n'est pas la Salm. Il coulera encore beaucoup d'eau sous les ponts du Glain et de la Salm avant que nos deux rivières retrouvent – peut-être - leurs noms authentiques : l'effort pour ce faire devra être long et soutenu. En attendant, coulez Gain, coulez Salm !

Robert NIZET

mardi 1 décembre 2009

Lierneux. Lieux dits.

(publié le 2 janvier 1955)

La question qui consiste à rechercher l’origine des noms des lieux est perplexe et, laborieuse. On reste confondu devant ce travail de bénédictin. Sur ce chapitre, il n’est pas difficile de s’égarer en vaines recherches. Tant de choses nous échappent. On ne peut tout savoir. Il convient de se méfier de la fantaisie, encore qu’il faille en l’occurrence tenir compte de la légende. Nous n’irons pas jusqu’à contredire les noms de lieux dits transmis par la tradition, l’interprétation peut être bonne à notre sens, étant populaire, elle est digne d’attention.

Certains lieux dits rappellent souvent des faits historiques sociaux, on les retrouve nombreux ayant cette origine, et il suffit de consulter la toponymie pour s’en rendre compte. Un grand nombre encore plongent leurs racines dans le vieux sol latin et celtique.

Pour l’histoire de Lierneux, il serait souhaitable que l’on mit en œuvre certains matériaux patiemment accumulés ainsi que quelque lumière fut jetée sur plus d’un point obscur des origines Lierneusiennes.

L’identification des noms de lieux de notre localité est difficile avons-nous dit. On ne peut réussir à les identifier exactement que si l’histoire, la tradition ou le relevé des lieux dits ne nous en révèlent le nom ou la situation. Certains ont perdu leur nom primitif en échangeant celui-ci contre un autre. Tantôt la dénomination fournie par les vieux documents a subi, au cours des âges, des transformations tellement notables qu’elle est devenue méconnaissable dans sa forme actuelle.

Enfin, nous pouvons nous trouver en présence de formes dénaturées soit par la distraction ou l’ignorance du scribe s’il s’agit d’un document original, soit par une erreur de déchiffrement de la part des transcripteurs s’il s’agit d’une copie. Ce n’est qu’à l’aide du contexte, des données historiques que l’on peut réellement parvenir à la restitution de la forme régulière ou à l’identification de la forme altérée.

Pour faire œuvre utile, il ne faut pas imposer des à peu près. Cependant il reste beaucoup à faire. Nous ne manquerons pas de signaler toutes les versions, ne fut-ce qu’à titre documentaire.

« Les noms de lieux et les coins de terre qu’ils évoquent, écrivait quelqu’un, réveillent en nous les ombres du passé. Ils contiennent plus de magie que les livres de nos historiens et plus de rêve que les vitrines d’un musée poudreux ».

Le nom de Lierneux notamment, a subi des changements importants au cours des siècles (voir à ce sujet la brochure « Lierneux, vieux village Ardennais », page 9 ; et « Le visage de Lierneux » - édition « J’Ose » à Spa).

Lierneux, écrit FELLER, a été adopté par une langue nouvelle qui a suivi, à partir de ce moment, les évolutions phonétiques de cette langue.
Essayons donc de dévoiler le mystère qui entoure les vieux noms de chez nous et dont tant nous familiers.

(publié le 9 janvier 1955)

Colenham.

Orthographié « Collamham » dans un document paroissial de Lierneux en 1722. le mot « ham » ou « han », qui entre dans beaucoup de noms de villages, est un mot allemand, qui, suivant les uns, signifie « trou – gouffre ». Suivant d’autres, il aurait la même signification que : « ham, hom, hem, heim, en », racines saxonnes qui veulent dire : demeure, station, lieu de sûreté. Une troisième version de « ham » donne le sens de « coude de rivière » puis aussi, « prairie dans un coude ».
Difficile à préciser, au reste le « m » qui peut très facilement se changer en « n ». On sait combien dans le langage populaire cette substitution modifie le sens du mot. Un aimable correspondant qui a bien voulu m’aider un peu, spécifié que l’an de « han » est indicatif de l’habitation primitive du Gallo-Celte et vient de « Anu » signifiant couper en hébreu. (caverne – an-) « H » n’est pas une consonne celtique. M. Em. VARENBERGH, dans un récit de voyage (1861), écrit « Colan-Han », point le plus élevé de cette partie des Ardennes, qu’on aperçoit de plusieurs lieues à la ronde. Cette montagne se distingue des autres par sa forme conique, son isolement, sa position et son élévation. Vue des hauteurs environnantes elle produit l’effet d’un volcan éteint. « Colenham » ne signifiait-il pas « montagne au-dessus d’un gouffre ? Qui connaît l’endroit comprendra qu’il y a quelque rapport.

Sentier des Roeteux.

Situé en « Groumont », non loin de la roche où l’on découvre le « Trou des massotais ». La légende dit que ceux-ci étaient des nains actifs et intelligents, mais vindicatifs quand on les molestait Petits êtres mystérieux vivant dans les cavernes et à qui on attribuait toutes espèces de pouvoir et d’influence, croyance populaire aussi pleine de superstitions et d’invraisemblances les unes que les autres. Les nuits, les « nutons » ou « sotais », empruntaient le « sentier des Roteux » afin de s’approvisionner et de remplir leurs missions.

Romoud.

Romoud est situé entre Florêt (Bra) et Jevigné. C’est une montagne boisée. Le nom est exactement celui de l’un des trois fiefs légués au monastère de Stavelot par Berthe de BULLIN, en 1107. Autre lieudit à Lierneux, « Boursy devant Romont ».

(publié le 22 janvier 1956)

Heid.

Terme rencontré fréquemment et retrouvé en maints endroits chez nous, sur le territoire de la commune de Lierneux.

Et ailleurs, « Heid-le-Moine », près de Fraipont. « Sur la heid », hameau sur le plateau traversé par le chemin de fer de Forêt à Prayon. « Sur Heid », sur une hauteur vis-à-vis des forges de Dieupart. « Sur les Heids », à mi-côté sur la rive droite de la Vesdre. « Sur les Heids », maisons isolées en plaine élevée avec pente vers le ruisseau d’Evegnée. « Heyd », village près de Bomal, etc.
Heid, avec une orthographe variée, donne « Heyd, Hez, Haie », signifierait « coteau boisé ». Un auteur dont le nom m’échappe donne ce sens : « Hé » (wallon), côte escarpée ; « Heud » désigne cependant bien un endroit cultivé, un pareil endroit est d’ailleurs élevé en général. Un exemple : Chabreheid (Les Tailles).

A citer à Lierneux, « Ol Hé, les heids », de Provedroux, de la Venne, de Jean-Hinri (Hierlot), des Teyen (Reharmont) sur Groumont.

« Heid de la Forge », qui doit rappeler la présence ou le voisinage d’une forge disparue. On a peu de preuve de l’industrie du fer à Lierneux. Cependant il existe certains indices, notamment des dépôts de scories que l’on peut rencontrer du côté de Groumont, et du moulin de Regné, ce qui fait que la toponymie a désigné le lieu dit précité. La réduction du minerais se faisait à l’aide du charbon de bois et on n’éprouvait aucune difficulté pour se le procurer, les bois voisins constituaient une ressource considérable.

Autres lieux dits à Lierneux : La Haie, Romond Heid, Soheid (Jevigné), Champ eshaie (archives paroissiales 1719), fond de la Heid, Bouhaye, Haie des Tiges, Hez Jean Duvède.

Un examen de la carte montre que les lieux ainsi désignés existent nombreux aux environs de La Roche ; Haies de Campagne, Le Hez, Haie des cens, sur les Haies, Haie du pont.

Le mot heid, haie, hez ou hay, apparenté au « heide » (flamand), est contenu dans « manhay » et signifie terre non cultivée ou bryère. A La Gleize, nous avons « Hézal » ; à Francorchamps : « sur la Heid ». et il y a Ernonheid, près de Werbomont. Bref, les lieux dits portant ce nom ne sont pas rares en Ardenne.

(publié le 3 avril 1955)

Saceux.

Lieu dit sur la route de Lierneux à Regné ; on affirme qu’il existait en cet endroit, à l’époque des premiers missionnaires, une petite chapelle.
« Saceux », du latin « Sacellum » signifie lieu consacré, petit temple fermé.

Doyard.

La première église de Lierneux a été bâtie par Saint Babolin, prince abbé de Stavelot et consacrée par Saint Lambert évêque de Liège. Or, à cette époque, tout fondateur d’église devait pourvoir aux besoins de celle-ci ; c’est pourquoi on procura à la notre, des ressources, une dot si vous voulez, un « douaire » constitué par des terres et situées en un lieu que l’on connaît bien.
Le « Doyard » était appelé jadis aussi, le « douaire du curé » ou revenu.

Dans les archives paroissiales (1828), on parle d’une prairie dite « le petit Doyard », laquelle joint du couchant à Jean-Henri DENIS et au septentrion à Jos. SAUVAGE et au chemin communal.
Une terre porte le nom de « sur le Doyard » (doc. 1850).
Il existe la rue Doyard à Herstal. Doyardard est un hameau en plaine avec pente légère vers le Nord, partagé entre Bolland et Trembleur.

Mont.

Nom ancien que l’on peut dater des premiers temps de l’installation des Francs ; Mont signifie hauteur, sommet.

Quand on se trouve en présence de noms tels que Odrimont, Verlumont, ou « Mont », signifie sans contestation possible montagne ; on peut être assuré que ces mots sont des traductions faites au moyen-âge non pas sur les termes primitifs mais sur leur transcription. Ces mots, écrit Louis SCHOENMAKERS, sont cependant moins nombreux qu’on ne le croit généralement. Dans la plupart des mots, le suffixe n’a rien de commun avec le latin « mons » (montagne) mais signifie « mausio » (maison).

La très curieuse étude de M. N. LEQARRE sur le suffixe « mont » (Bulletin de la Société de Littérature Wallonne – t.XLIII 1903, p.175) a établi que le terme dans le sens de montagne est essentiellement français et ne semble avoir jamais existé en wallon. Le wallon, lisons-nous, n’employait et n’emploie encore que le mot thier qui correspond au français tertre.

Haut-Mont, Bas-Mont (quartiers de Lierneux : l’mont, Thier du mont, derrière le mont), préposition et nom commun, simples épithètes de désignation ou de précision.
A citer encore : sur le montis, Groumont, Dessous Groumont, Mon esra (S.B. cadastre), Mont ès vâ (Verleumont), Mont de Haye, Chevroumont (Mont des Chèvres), nom d’un ancien hameau de Lierneux situé entre Brux, La Falize et Verleumont, disparu vers le 18me siècle.
Au 17me siècle, on comptait 50 habitants en ce lieu. Il y existait un moulin alimenté par le petit ruisseau qui vient se jeter dans la Lienne à La Falize.

Amcomont, Reharmont, hameaux de la commune. Lieux dits : Monhautchamps à Lansival. A Joubiéval « au monty ».

(publié le 4 septembre 1955)

Thier.

Thier, thiers ou tier, (monticule, hauteur) et qui se prend souvent pour montagne. En wallon, veut dire terrain en pente, colline, comme le signifie aussi « Thy » ou « thienne ». Croupet ou croupette ou butte, est aussi employé et fournit quelques exemplaires à Lierneux.

La hauteur est désignée en outre par « hourlè » ou « hourlay ». Nous connaissons comme lieux dits chez nous : Derrière les gros Thiers. Devant les gros Thiers. So les gros Thiers. Laid Thier. Thier dul Preux. de Mirenne. de Wé. des Fagnettes. de Monti. de Dormeux. des Faits à Odrimont. Les thiers de Mont, de St-Antoine, Derrière le Thier du Mont, Bois Thier fou Touvire, Derrière la croupette (Verleumont), Derrière le thier de Colanhan, devant le thier de Colanhan, Creppe Bayard. En bâti des Croupets (section G. à Jevigné), Haut Jean Hinri (Lansival), Devant la croupette (Verleumont No 810), Haut de Hazé (Verleumont), Thier des faits (pâture). Sous les thiers (Verleumont Nn 1099).

On recontre des « Thiers » dans les villages suivants : Tigne, Prayon, Ferrières, Beaufays, Spa, Bra, Vivegnis, Ochain, Hodimont, Fosse, Aubel, Soiron, Ayeneux, Aywaille, Stavelot, Polleur, Heusy, etc.

Le thier du gibet, au 12me siècle, la justice, dans la principauté de Stavelot était loin d’être complaisant. Les criminels étaient condamnés à la pendaison. Le lieu dit « Thier du gibet » au sud-ouest d’Odrimont, rappelle cette justice des temps passés.

Un point assez élevé du bois de Goronne, direction de Farnières, porte encore le nom de « Li Thiers del Justice ». Là où l’on exécutait également les sentences de la justice. Mais à quelles époque ?

Point du Jour.

« Le point du jour » lieu dit à Lierneux, tire peut-être son nom des vents. Il désignait à l’origine une maison isolée, une ferme à l’est du village. Cette désignation est commune en France par exemple.
Le nom de ce lieu semble se justifier à Lierneux.

Au Rameux.

Nos anciens Lierneusiens pratiquaient beaucoup, surtout pendant les longues soirées d’hiver, le tressage des mannes et des paniers. Ils fabriquaient aussi des balais avec des ramilles des bouleaux qu’ils allaient couper au lieu dit « Rameux ».

A la Falhotte.

La « Falhotte » ; ce lieu dit est-il entouré de légendes ? Pour notre part, nous n’en connaissons aucune.
Que signifient ces blocs énormes écrasés dans un champ et aux abords d’un chemin de campagne ? Ce monument serait-il dédié à la déesse « Faule » (sœur de Thor, dieu de la foudre), comme celui de Fraiture d’où son nom de « Falhotte » ou « Falhousse ». Nous n’en savons rien. Impossible d’être évlairé sur ce curieux phénomène géologique.
Il existe aussi la « Roche de Falhoule » sur le territoire de Lierneux, à 470 mètres de la fontaine de Roséfat, en plein bois, à 60 mètres au bord du chemin venant de la route de Liège et de la Baraque de Fraiture, de « Laid Bois » et Fraiture et allant à Xhout-Xiplout.
Une terre porte le nom de « Falhotte ».

(publié le 11 septembre 1955)

Baneux.

Vient de ban, mot dérivé du germanique « bamjan » qui veut dire proclamer. Ce vieux mot français trouve sa signification dans l’expression : « bans de mariage ».
On appelait aussi ban, les territoires sur lesquels pourrait être étendu la proclamation du ban. Comme à Baneux au ban de Lierneux.

C’est de là que vient le mot « banlieue ». D’adjectif banal d’abord « appartenant au Seigneur » a pris ensuite l’acceptation de « commun aux habitants du village ».
Ce mot eut aussi un sens militaire.
La lecture du ban était autrefois précédée de roulements de tambours.
A citer à Lierneux les lieux dits : bois banal, banal bois, sous le ban.

Han.

Quel est le sens du mot « Han » ou « ham » que l’on rencontre dans maints noms de localités ou de lieux dits ?

C’est un mot allemand qui, suivant les uns signifie « trou », « gouffre ». Le mot « han », selon certains étymologistes distingués, se rapproche du mot germanique « heim », qui veut dire habitation, hameau. D’autres auteurs estiment que le sens du radical primitif gothique « ham » était un méandre ou une prairie entourée d’un méandre de rivière, coude de rivière. Cela se retrouve en pays wallon et en France. Cela a donné quelques noms de localités comme Han-sur-Lesse, Han-sur-Heure, notamment. Ainsi nommées, elles sont en effet situées sur des rivières très sinueuses.

Cependant, l’explication de « han » ne se justifie pas en temps que lieux dits en plusieurs régions de nos Ardennes.
Nous trouvons chez un auteur : « Han » indicative de l’habitation primitive de Gallo-Celtes, vient du latin « ann » signifiant camper en hébreux (caverne an). « H » n’est pas une consonne celtique.

Le mot « han » aurait la même signification que ham, hom, hem, heim, en racines saxonnes qui veulent dire : demeure, station, lieu de sécurité. Le mot « ham » ou « han » pourrait avoir un sens différent.

Le changement de « m » en « n » serait à préciser. On sait combien aisément dans le langage vulgaire, une lettre substituée à l’autre change le sens du mot, ainsi que dit plus haut.

On pourrait là-dessus faire une dissertation fort savante, nous avouons que pour notre part, nous risquerons d’errer ingénument.

« La vérité, écrit Edouard NED, (8 août 1931), est qu’il y a deux « han ». Le premier vient bien du radical gothique et signifie une prairie enméandrée. Le second vient du latin « campus » qui nous a donné champ ou camp. D’où il apparaît que le « hama » c’est le camp romain ou la cense romaine qui domine sa prairie enméandrée. C’est du moins ce qui m’est apparu à l’évidence à travers les raisons et ratiocination que mon maître empruntait à l’histoire, aux traditions locales, à la morphologie, à la sémantique, toutes sciences fort séduisantes qu’il est délicat de parcourir sans un bon guide ».

« Colanhan »à Lierneux (Colanhan en 1722), ne signifierait-il pas « montagne au-dessus d’un gouffre ». Pour qui connaît l’endroit comprendra qu’il y a quelque rapport.
Parmi les lieux dits à Lierneux, citons : « Hanfat » (Odrimont section A n°1321) ; « Han des voies » (Odrimont section A n°840) ; « Han des vais », (pré Odrimont N°832).

(publié le 25 septembre 1955)

- Chevroumont.

Emplacement d’un ancien hameau disparu vers le 18e siècle. Au 17e siècle, on comptait en ce lieu, 50 habitants. Lors de la construction de la route de la Lienne, on découvrit des murs provenant d’une habitation. Il existait un moulin alimenté par le petit ruisseau qui vient se perdre dans la Lienne à La Falize.

- Thier du Gibet.

Au 12e siècle, la justice dans la principauté de Stavelot était loin d’être complaisante. Les criminels étaient condamnés à la pendaison. Le lieu dit « Thier du Gibet », au sud-ouest d’Odrimont, rappelle cette justice des temps passés.

- La Falize.

Ce hameau fait partie de la commune de Lierneux. On écrit La Falize ou simplement Falize. Cette section doit son nom à la grande falaise verticale qui surplombe la route de Basse-Bodeux à son entrée. Le germanique « falisa » a donné le français « falaise ».
La « Roche Jehenson », autre appellation en ce lieu, est un accident géographique naturel assez curieux. Les parois envahies par les pluies excavent son sein et la mousse qui l’enrobe, rend cette falaise sauvage et magnifique. A-t-elle comme ses consœurs ses idylles et ses drames ? Nous n’en savons rien.

Le hameau de La Falize n’est pas très ancien. A l’époque franque, en plein domaine royal, cet endroit était inhabité, des marécages inaccessibles abondaient dans la vallée. Quant au moulin de la Fosse (PAQUAY), à proximité, il existait déjà au XIXe siècle.

Les sites rocheux, dans le genre de ceux que nous venons de citer, se retrouvent du reste ailleurs qu’à Lierneux, tant dans les noms de lieux ou de hameaux qui s’orthographient différemment. A Rochefort, notamment.

Il y a Falize, hameau dans le vallon et sur la rive gauche de la Warche ; sur le territoire de Malmedy s’élève également le massif rocheux de ce nom, en un vieux site romantique très impressionnant. Il possède, écrit un auteur, des charmes nombreux et variés, on y trouve à contempler du pittoresque authentique, on y respire des arômes sylvestres…

L’expression « Falaie » signifie également rocher ; voyez Houffalize, Noirfalise, Corfalise, Goffalize.

Comme lieux dits à Lierneux, signalons encore : Nabonfalize (à Odrimont), sapinière section A ; Au-dessous de la Falize, Devant la Falize, section A N°130.

(publié le 23 octobre 1955)

WEZ.

Wez ou Wé viendrait du celtique et signifierait gué, passage d’eau, terme très ancien. Du reste tous les lieux dits où figure ce nom, se trouvent dans le voisinage d’un ruisseau ou d’un étang. Se répète à Lierneux dans Gérard Wez, Wez de France, les champs au Wez, Wez Jean Damide, on rencontre encore « laid vévi, Beauwez ».

FAGNES.

Chez nous ce mot désigne u endroit marécageux. Du germain « Weeven », qui signifie terrain boueux. St Bernard, mort en 115 a employé en français l’expression « faignaz » comme synonyme de bourbier.Lieux dits : dans la fange (Odrimont section A no 1009), Fagnoule ou Fagnoul, Bout des Fanges, à la fange Sevrin Antoine (à Joubiéval), Fange de Mirène ou Miraine (à Provedroux), Fange de Joubiéval, Fagne Caton (à Lansival), sur la petite fagne Noël (à Verleumont), Es Féchis pré, Fanges (pâture Section A, No 495 f.). Dans un document paroissial de Lierneux, nous lisons : Fange Cathon (1769).En 1805, le 17 octobre a été trouvé à la « fange Hoursenfat », morte personne JAMOTTE Dieudonnée veuce de Nicolas MARTIN, cultivatrice âgée de 66 ans, a été trouvée par Jean Joseph LEONARD de Bru et Louis le BOUVY de Lierneux. La défunte a été inhumée dans l’ancien cimetière de Lierneux.Autres lieux fits, fange à Bayard, pèches aux fanges (terre).

BRU.

Petit hameau de la commune de Lierneux. Bru est un terme germanique repris en Wallonie et prenant le sens de « boue », et il a signifié jadis « marais ».Dans un ancien document, nous avons rencontré, « En Bruy », « Brux », et l’orthographe « Au Bru », (1835).Trouvé dans un vieil almanach de l’année 1832, « Brut ».Bru, siège d’une « baillerie » dépendant de l’abbaye de Stavelot.

Charles PIERRARD

vendredi 6 novembre 2009

Burtonville.

SOMMAIRE :


1. Origine de la localité.
2. La population.
3. Les chefs de ménage.
4. Personnages divers.
5. La chapelle. Les desservants.
6. Le presbytère.
7. Deux anciennes fermes importantes.
8. Petites industries.
9. L’enseignement.
10. Faits divers.
11. Les noms de lieux.


1. Origine de la localité

Burtonville n'est pas cité aux dénombrements de 1472, 1495, 1501, 1525, 1561.
Il est mentionné à celui de 1575, et avec cette remarque : « Burtonville qui sont maisons nouvellement érigées ».
Ces faits portent à admettre que la localité est née dans la deuxième moitié du XVIe siècle.
Le village est né au passage de deux voies fort fréquentées jusqu'à la moitié du siècle dernier. L'une descend vers Sart Hennard et Petit-Thier ; elle conduisait à Stavelot et Malmedy, presque en ligne droite, les habitants de Rogery, Ourthe, Bèche, Cierreux, Bovigny.

L'autre chemin, venant de Vielsalm et Salmchâteau, court vers la direction de Saint-Vith, et le langage local l'appelle toujour « vôye deu saint Vé ».
Une eau de bonne qualité abonde à ce croisement : une fontaine près de la maison Octave, et un ruisselet issu de Laguespré (aujourd'hui capté pour alimenter une grande partie de la commune de Vielsalm).
Rien d'étonnant donc que des habitations se soient établies à cet endroit de passage.
A l'autre extrémité du village, du côté de l'Ouest, de vieux bâtiments pourraient être du XVIIe siècle. Toutefois, l'approvisionnement de ce lieu en eau n'a pu se faire que par un bief artificiel, toujours visible, d'environ 500 m., amenant une partie de l'eau de Laguespré.
Le nom de la localité signifie, semble-t-il bien ; village de Burton. Ce dernier terme sera repris, à la fin du XVIe siècle, comme surnom de « Jehan marteau dicte Burthon », habitant et originaire de l'endroit. Nous pensons que ce terme « burton » est un nom de métier, celui de creuseur de « beur » (terme wallon local signifiant : galerie, fosse, excavation), ou y travailler, activité en rapport avec les fosses et galeries des environs créées pour l'extraction du schiste ardoisier notamment.

(Aux actes de la Cour de Salm (AESTH), on note: « Jehan dict Burthon leur frère » (des enfants Marteau), le 14.3.1579 ; et « Jehan marteau dict le burthon » (AESTH, Cour de Salm, 1614, 22.2., et 1579, 14.5., registres 4.117 V° et 16/53))

2. La population.

Divers dénombrements et recensements donnent 1e nombre de feux ou d'habitants de Burtonville, à diverses dates:

En 1575 : 7 ménages « qui sont maisons nouvellement érigées ».
En 1589 : 6 ménages.
En 1604 : 9 ménages.
En 1611 : 11 ménages.
En 1656 : 12 ménages.
En 1766 : 19 ménages et 97 habitants.
En 1846 : 43 ménages et 210 personnes.
En 1896 : 213 habitants.
En 1900 : 233 personnes.
En 1910 : 208 personnes.
En 1922 : 145 ; la frontière du pays, à l’Est, ayant été déplacée, les douaniers résidant à Burtonville ont quitté la localité avec leur famille.
En 1947 : 104 personnes.
En 1964 : 102 personnes.

(AELUX, Dénombrements de 1589, 1604, 1611, 1656 ; AGR, Dénombrements de 1575 et 1766 ; AC Vielsalm)



3. Les chefs de ménage.

En 1575 :

ISRAËL - Léonard QUELIN - Henry BLAISE - Léonard COLETTE - La vefve Léonard gros HENRY -Georges MARTEAU - Jean le BURTON - Total : 7 ménages.

(AGR, Chambre des comptes, 718)

En 1604 :

Jean LEONARD - Henry BLAISE - Jean FRANÇOISE - ISRAËL - Jean le Buisson - Henry le ROCQ - Jean LEONARD - Colla MIGEAU - Vefve Georges MARTEAU.

(AELUX, Archives du Gouvernement)



En 1611 :

Jean MARTEAU - Guilleaume Henri GERARD - Jean FRANÇOISE - La vefve Matthieu GERARD - ISRAËL - Léonard COLLETTE - La vefve Colla MIGAU - Jean LEONARD - Henry Jean BLAISE - Henry BLAISE.

(AELUX, Archives du Gouvernement)

En 1656 :

Henry Jean LEONARD - Jean CHRISTOPHE - Jean RENA - Jennon vefve du HOURY - Catherine vefve BLAES - Magdalaine vefve ISRAËL - Servais COUVELIER - Closs WILLEM - Henry le CUVELIER - Henry HOURY.

(AELUX, Archives du Gouvernement)

En 1766 :

COMTE Gérard, époux de ENGLEBERT Catherine. 9 personnes.
CUVELIER Servais, époux de LEJEUNE Marguerite. 7 pers.
GAYE Hubert. 9 personnes.
RENARD Elisabeth, veuve de BODEUX Jean-Henri, 3 pers.
ISRAEL Jean-Joseph, époux de SCHEUREN Anne-Gertrude. 5 pers.
CAHAY Jean-Joseph, époux de Burton Marie-Jeanne. 7 pers.
HOURY Noël, époux de COMTE Anne-Catherine. 6 pers.
RENARD Jean. 4 pers. veuf.
BLAISE Nicolas, époux de PITER Catherine. 4 pers.
CUVELIER Jeanne-Elisabeth, veuve de DEROCHETTE Jean-Henri. 4 p.
CLOSSE Jacques, époux de GERARD Marguerite. 2 pers.
LEBECQUE Henri, époux de Catherine. 6 pers.
JEUNEJEAN Jean, époux de COMTE Marie-Catherine. 10 pers.
WOZ Barthé1emey, époux de HOFFAY Marie-Elisabeth. 4 pers.
BURTON Guillaume. 4 pers.
SCHMITZ Jean, époux de WOZ Marie-Joseph. 5 pers.
NELIS Henri~Joseph, époux de RENARD Marie-Agnès. 4 pers.
RENARD Catherine. 2 pers.
COMTÉ Servais; vicaire. 2 pers.

(AGR, Comité pour le dénombrement du Luxembourg ; RP Salm, baptêmes et mariages).

En 1846 :

COLLIN Marie-Thérèse, 45 ans, veuve Henri-Joseph PAHAUT. 4 pers.
GOFFINET Henri-Joseph, vicaire, 26 ans. 4 personnes.
BURTON Jean, 42 ans, époux de Marie-Catherine ANDRIANNE, 43 ans. 5 personnes.
ERNOTTE Guillaume, 67 ans, époux de Marie-Catherine BRIANT, 53 ans. 5 pers.
FREDRICH Jean-Hubert, 46 ans, époux de JEUNEJEAN Marie-Catherine, 40 ans. 10 personnes.
SCHAUS Pierre, 49 ans, époux de THOMAS Marie-Jeanne, 46 ans. 5 personnes.
SCHMLTZ François-Joseph, cordonnier, 20 ans, époux de SCHAUS Marie-Catherine. 6 pers.
GABRIEL Jean-Pierre, 48 ans, veuf de BONTEMS Marie-Elisabeth. 4 personnes.
BONTEMS Guillaume-Joseph, 48 ans, époux de KLEIN Jeanne. 6 pers.
COUNSON François-Joseph, 37 ans.
GOFFINET Jean-Henri, 44 ans, époux de JEUNEJEAN Marie-Pétronille, 36 ans. 6 pers.
ZINNEN Nicolas, 70 ans, époux de SCHMITZ Marie-Catherine, 62 ans. 4 pers.
LABERGER Pascal, 69 ans, époux de HOURY Marie-Catherine, 66 ans. 4 pers.
COMTE Jean-Laurent, 52 ans, époux de LABERGER Marie-Anne, 37 ans. 6 pers.
COMTE Jean- Mathieu, 48 ans, époux de CUVEILLER Agnès, 38 ans. 5 personnes.
HOURY Jean-Henri, 40 ans, époux de SIMETTE Marie-Catherine, 35 ans. 6 personnes.
THOMAS Jean-Mathieu, 41 ans, époux de GREGOIRE Marie-Anne, 26 ans. 4 personnes.
HOURY Thérèse, 53 ans, veuve de Clément-Joseph CUVELLIEZ. 3 pers. DEROCHETTE Guillaume, veuf de BEAUPAIN Marguerite, 89 ans. 5 pers. BONTEMPS Pierre-Joseph, 53 ans, époux de BARTHELEMY Anne-Catherine. 8 pers.
BONTEMPS Antoine-Joseph, 38 ans, époux de BONTEMPS Marie-Thérèse. 7 pers.
BONTEMPS Anne-:Marie, 63 ans, veuve de LESAINT Jean-Antoine. 3 pers.
HOURY Jean-Henri, 64 ans, époux de DEPRELLE Marie-Catherine. 3 pers.
HOUPERTZ Nicolas, 42 ans, époux de HANTZEN Marie-Marguerite. 5 pers.
HOURY Michel, 2 ans, époux de COTTIN Catherine-Thérèse. 3 pers.
PAQUAY François, 49 ans, époux de LIGNOUL Marie-Joseph. 5 pers.
CAHAY Jean-Joseph, 25 ans, époux de RENARD Marie-Catherine, 4 pers.
TOUSSAINT Clément, 64 ans, veuf. 2 personnes.
CAHAY Jean-Henri, 44 ans, époux de JEUNEJEAN Madeleine. 5 pers.
RAULET Jean-Baptiste, brigadier-douanier, 35 ans, époux de GUYOT Jeanne-Marie. 5 pers.
DESOIS Théophile, sous-brigadier douanier, 27 ans, époux de GERIN Félicie. 4 pers.
DUBUISSON Henri-Joseph, douanier, 45 ans; époux de JADOT Marie-Thérèse. 6 pers.
LABERGER Nicolas, 44 ans, époux de ISRAEL Marie-Elisabeth. 4 pers.
GABRIEL Jean-Joseph, veuf. 5 pers.
SCHMITZ Jean-Joseph, 53 ans, veuf de CAHAY Marie-Elisabeth. 6 pers.
CAHAY Nicolas, 49 ans, époux de LEMAIRE Catherine. 3 pers.
ADAM Marie-Jeanne, 45 ans, veuve de JACQUEMIN Laurent. 3 pers.
HERMAN Henri-Joseph, 27 ans, époux de PIRARD Marie-Catherine. 5 pers
SCHMITZ Barthélemi, 37 ans, époux de GENGOLFS Catherine. 4 pers.
ANDRIANNE Clément-Joseph, 45 ans, époux de THEIS Catherine. 3 pers.
SCHAUS Thérèse, 65 ans, veuve de COMTE Joseph. 2 pers.
COMTE Louis, 56 ans, époux de RENTMEISTER Marie-Barbe. 5 pers.
LAMBERT Pierre-Joseph, 37 ans, célibataire. 5 pers.
GUILLAUME François-Alexandre, douanier, 32 ans; époux de KEMP Marie-Jeanne, 36 ans, 5 personnes.
COMTE Jean, 64 ans, époux de ISRAEL Anne-Marie, 59 ans. 4 pers.

(AC Vielsalm, Registre de population)

4. Personnages divers.

1655. Hommes capables de porter les armes.

Sevais COUVELIER, 45 ans
Henry COUVELIER , 42
Geore CHRISTOPHE, 19
Jean BLAESE, 25
Henry HOURY, 40
Englebert HOURY, 28

1805. Propriétaires fonciers.

Paul JEANPIERRE, 15,41
Jean HANSEN, 9,35
Nicilas COLLIN, 5,72
Barthélemy BONTEMS, 5,32
Guillaume DEROCHETTE, 25,20
Jean Henry HOURY, 6,23
Héritiers Jean SCHMITZ, 13,35
Henri François MELCHIOR, 6,5
Veuve Nicolas SCHMITZ, 12,95
Aubin SERVAIS, 2,19
Gengoux BONTEMS, 9,94
Jean JEUNEJEAN, 75,3
Nicolas BURTON, 5,37
Paul CAHAY, 8
Nicolas CORNESSE, 100,73
Veuve Jean COMTE, 30,25
Clément ANDRIANNE, 26,69
Jean LESAINT, 12,59
Guillaume ISRAEL, 7,8
Michel SCHMITZ, 1,61
Eustache BODEUX, 5,11
Mathieu BEAUPAIN, 30,10
Henri-Joseph RENARD, 11,92
Noël HOURY, 11,52
Gérard COMTE, 6,93
A. FAVRAY, 0,36
Burtonville, pour ses bois, 26,57

(AEL, Fonds français, 1816. Document du 7 floréal 13, extrait du rôIe foncier de la commune de Vielsalm. Les nombres sont en francs et centimes; ils sont ceux du montant de contribution foncière)



1809, 4 septembre.

HANZEN Jean, 54 ans
COLLIN Nicolas, 51
BONTEMS Jean Barthélemi, 22
DEROCHETTE Guillaume, 49
HOURY Jean-Henri, 29
COMTE Gérard, 54
BERGER Pascal, 34
SERVAIS Aubin, 59
SCHMITZ Michel, 46
BONTEMPS Gengoux, 48
JEUNEJEAN Nicolas, 46
THOMAS Mathieu, 39
CAhay Paul, 59 ans
GABRIEL Godfroid
GABRIEL Joseph
COMTE Joseph, 32
COMTE Jean-françois, 36
COMTE Jean, 26
SCHMITZ Jean, 34
LESAINT Jean-Joseph, 22
ISRAEL Guillaume , 52
BODEUX Eustache, 45
GENGOUX Jean-Joseph, 35
RENARD Henri-Joseph, 46

(AEL, Fonds français, 426)

Conseillers communaux :

Ont été conseillers de la commune de Vielsalm :
FREDRICH Jean-Hubert. De 1840 à son décès, le 27 septembre 1871, à 71 ans.
CLOTUCHE Louis. Né le 22 février 1843. Conseiller en 1876, puis réélu jusqu'à son décès le 16 octobre 1898. Echevin nommé par arrêté royal du 28 juin 1881.
DEROCHETTE Jean-Servais. Né le 24 novembre 1868. Succéda à CLOTUCHE, puis réélu en 1903.
RINCK Camille. Né le 12 juillet 1860. Elu le 15 octobre 1911.
COMTE Théophile. Né en 1879.

5. La chapelle.

Une première chapelle a été construite vers 1703.

(D. GUILLAUME, L'archidiaconé d'Ardenne, 1913. - Et notes de l'abbé Cél. GUILLAUME)

Son emplacement, le même que celui de l'édifice actuel, était contigu à la propriété de l"ancienne famille CUELIER, celle-ci fort aisée, et le premier desservant de la chapelle fut le fils Pierre CUVELIER. On peut dès lors, raisonnablement penser, de ces faits, que c'est la famille Cuvelier qui a cédé cet emplacement pour la construction de l'édifice religieux, à quelques pas de sa demeure.

(AC Vielsalm, Plans cadastraux)

Monseigneur LIBOY, évêque de Liège, vint la consacrer en 1714.

(D. GUILLAUME, L'archidiaconé d'Ardenne, 1913)

Elle a été démolie en 1878, pour permettre l'édification d'une nouvelle chapelle; la première avait donc vécu 175 ans. Moins grande en longueur, mais aussi large et haute à l'intérieur que la chapelle actuelle, elle avait un porche extérieur qui en garantissait l'entrée contre pluie et vent.
En 1878, devenue défectueuse, sans doute, elle fit place à une nouvelle construction. Pendant les travaux s'y rapportant, les offices eurent lieu dans la grange du presbytère, les hommes étant perchés sur le fenil, les femmes occupant l'aire. On y avait transporté l'autel d'aujourd'hui, mais sans son couronnement, de même que les bancs, des statues, et le banc de communion, qui servait de balustrade au fenil pour empêcher de tomber. L·unique cloche de la chapelle avait été suspendue à une branche de cerisier où on la mettait en branle pour lui permettre de remplir son office

(Souvenirs recueillis auprès de personnes âgées, et notes de Cél. GUILLAUME)

La nouvelle chapelle, l'actuelle, ne manque pas de beauté, étant bien proportionnée, de style dans toutes ses parties. Les murs sont en pierre d'arkose, extraite des environs , au lieu-dit « Les fosses » ; les encadrements des fenêtres et des portes sont en pierre blanche de France. Malheureusement, on ignore le nom de l'architecte : créateur des plans de l'édifice.
Le meuble le plus intéressant de la chapelle en est le magnifique autel. C'est l'autel de la première chapelle. Il est du maître-menuisier Thomas SCOLLE, de Saint-Vith.

(AELUX, requêtes au Conseil provincial, liasse 215. SHOLL effectua ces ouvrages à la demande de Jean CUVELIER, de Burtonville (requête du 4 mai 1720)).


Un tableau de bonne facture, représentant la résurrection du Christ, figure entre les colonnes à chapiteaux corinthiens surmontant la table d'autel.
Dans l'entablement de l’autel, une statue en bois, de saint Fiacre, patron de la chapelle. De chaque côté de l'autel, surmontant les portes de la sacristie, une statue de saint François d'Assise, du côté de l'Epître, et une statue de saint Ignace du côté de l'Evangile ; ces deux saints étant les patrons secondaires de la chapelle.
Autres statue s: dans le chœur, de Notre-Dame de Lourdes, et du Sacré-Cœur ; puis, à d'autres endroits, de saint Joseph, sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, saint Monon, et saint Donat.
L'Agneau symbolique de l'Apocalypse en cuivre doré, qui se trouve sur le devant de l'autel, y a été placé par l'abbé FRAITURE.
Le chemin de croix a été donné par la famille DHAENENS, de Saint-Nicolas-Waes, laquelle a des propriétés dans le voisinage.
Il a été bénit le 19 novembre 1911 par l'abbé HALLET, curé-doyen de Vielsalm.
Les cloches. une vient de la première chapelle. La seconde, « Marie », qui donne le mi-bémol, en haut, est une ancienne cloche de Ville-du-Bois et a été rachetée en 1884 quand on renouvela le clocher de Ville-du-Bois.

En 1930, l'autel de la chapelle et même la chapelle faillirent être la proie des flammes, par suite d'une imprudence des enfants de chœur. La partie endommagée de l'autel fut restaurée dans d'excellentes conditions par les frères Alfred et Louis OCTAVE, de Burtonville.


Les desservants de la chapelle.

Voici quels ont été les prêtres vicaires de résidence à Burtonville, et connus :

- CUVELIER Pierre, né en 1650 à Burtonville, fils de Henri et Catherine. Vicaire jusqu’à son décès le 7 octobre 1722.
- GERARDY Georges, cité en 1724.
- LATOUR Jean-François. 1735-1738.
- BILLIARD Nicolas. Cité en 1754. le 11 novembre 1754, signe le testament de Guillaume BAPTISTE de Neuville. (CS 1749-1763/316)
- COMTE Servais, cité au dénombrement de population de 1766. Né le 25 avril 1719, fils de Henri et de Catherine. Décédé le 26 juillet 1782 à Vielsalm.
- ISRAEL Jean-Henri, de Burtonville. Né le 7 janvier 1726, fils de Guillaume et d’Anne-Marie ENGLEBERT. Décédé le 5 août 1793.
- RAPHAEL Jean-Baptiste, de Vielsalm. Né le 1er septembre 1731, fils de Jean et de Barbe-Catherine. Décédé le 23 décembre 1802.
- BREYRE. Cité en 1804.
- MICHEL Bertrand-Joseph, de Neuville. Baptisé le 28 janvier 1755. Fils de Bertrand, et Jeanne-Thérèse DAIROMONT. Cité en 1804 et 1807. Décédé le 22 octobre 1807.
- GOFFINET Henri-Joseph, de Dochamps. Né en 1820. A Burtonville à partir de 1845.

La présence d’un vicaire à Burtonville a été interrompue à plus d’une reprise, notamment de 1880 à 1910.

- RASKIN. Jusqu’en 1880. Retraité à Soy-Fisenne.
- BAUREK Jean-Marie. Du 4 novembre 1910 à 1912. Né à Les Bulles. Parti à Gomery.
- AUBRY Alphonse. Né à Moircy le 28 octobre 1886. Décédé à Resteigne le 11 janvier 1973. A Burtonville de 1912 à fin 1918, puis curé à Neuville.
- SELECK Nicolas. Né à Odeigne. A Burtonville en 1924, parti à Chêne-al-Pierre.
- VERDAY Hubert. Né à Harre le 28 janvier 1893. Ordonné le 26 mars 1921. A Burtonville en 1924, puis à Courtil-Bovigny en 1925. Décédé à Moscou (URSS) le 3 septembre 1977.
- FRAITURE Servais. De Goronne. Parti à Rogery.
- GUILLAUME Célestin. Né à Courtil-Bovigny le 15 janvier 1868. A Burtonville de 1931 à son décès le 28 décembre 1944, à 9 h. du matin. Enterré à Courtil, mais d’abord en son potager, au cours de l’offensive des Ardennes.


6. Le presbytère.

La première chapelle, de 1703, occupait l’emplacement de la chapelle actuelle, et orientée comme elle.
(Notes de l’abbé Célestin GUILLAUME)

A côté, vers le Sud, était une maison vicariale ; vrasemblablement pour le moins aussi âgée que la chapelle, elle fut démolie en même temps que celle-ci, en vue de la construction d’une nouvelle chapelle en 1878.

(Plans cadastraux de la commune de Vielsalm)

toutefois, peu auparavant, le desservant local avait pu disposer d’une autre maison vicariale, nouvellement construite, et certainement plus confortable.

Celle-ci était le résultat d’une donation à la Fabrique d’église, par Henri-Joseph BONTEMPS, originaire de Burtonville, curé de Xhoris, et selon son testament du 2 octobre 1871.

(Acte notaire LEURQUIN, de Liège. Donation approuvée par arrêté royal du 20 avril 1873, et comportant d’autres biens immobliliers que la maison vicariale, et à charge de célébration de messes (RP Vielsalm). Henri-Joseph BONTEMPS était né à Burtonville le 28 février 1796. Etait fils de Barthélemy BONTEMPS et Marie-Catherine HOURY.)

Avant la destruction du premier presbytère et lors de la construction de la chapelle actuelle, on célébra les offices durant quelque temps, dans la grange, les hommes perchés sur le fenil, les femmes occupant l’aire.

Comme on peut le constater actuellement encore, le presbytère actuel, tout en restant proche de la chapelle, s’en écarte toutefois un peu ; il n’a donc pas été construit sur l’emplacement de l’ancien.

Après le décès de l’abbé Célestin GUILLAUME, dernier desservant, le 28 décembre 1944, le bâtiment est resté longtemps inoccupé, ayant d’ailleurs été endommagé lors de l’Offensive des Ardennes, puis, finalement, il a été vendu publiquement avec le terrain d’aisance, le 10 novembre 1972, pour 365 000 frs., à Mr. CHOQUE.

7. Deux anciennes fermes importantes.

Deux groupes de bâtiments importants d’exploitation agricole sont à remarquer à Burtonville : celui qu’occupe la famille BAILLY, et celui de la ferme ANTOINE.

Le premier montre, sur le mur longeant le chemin, une pierre portant la date de 1765.

En 1766, y habite « Jean Jeune Jean senior, marchand ». Il est, à ce moment, propriétaire d’un bien important. Originaire de Ville-du-Bois, né le 18 mars 1709 (fils de Paul et Anne REMACLE), il a épousé, le 3 août 1738, Marie-Catherine COMTE, de Burtonville, originaire d’une autre maison de Burtonville (née le 21.2.1712, fille de Jean, et Catherine CUVELIER). D’autre part, la date de 1765 figure en évidence sur une pierre du bâtiment. Ces faits permettent d’en déduire, sans doute, que JEUNEJEAN aura été le constructeur du bâtiment et peut-être sur un bien de la famille COMTE.

(AEA, Cadastre de Marie-Thérèse, tabelle 11 de Burtonville)

Après lui (décédé le 5 mars 1777), selon des souvenirs de famille et des sources documentaires, le bien est resté longtemps dans sa descendance. D’abord lui a succédé son fils prénommé Jean également (1739 – 1819), marié le 21.11.1764 à Marie-Catherine MIGEAL, puis le fils de ceux-ci, Jean-Nicolas (1765 – 1830), époux de Elisabeth SCHNEIDERS ; puis les deux filles de ces derniers, qui se partagèrent l’immeuble pour en faire deux demeures : Anne-Catherine (épouse de François-Joseph DANTINE), et Marie-Catherine (épouse de Jean-Hubert FREDRICH).

La part d’Anne-Catherine a été vendue par les enfants de la propriétaire, le 28 janvier 1845, ce à Jean-Aubin MICHEL, de Stavelot, pour 4 660 frs, puis est passée plus tard en d’autres mains.

(Acte du notaire DENIS, Vielsalm)

la part de Marie-Catherine, la principale, est restée dans sa descendance jusqu’aux environs de 1950, et a été achetée par l’occupant actuel, BAILLY Jacques-Joseph, auparavant à Christine PONCELET.

L’autre bâtiment important de Burtonville est celui qu’occupe actuellement le fermier ANTOINE, locataire.

Au début du XVIIe siècle, s’établirent, à Burtonville, les frères Servais et Henri CUVELIER, originaires de Ville-du-Bois, nés respectivement en 1610 et 1613. (Ils ont respectivement 45 et 42 ans en 1655 (AEA, Hommes capables de porter les armes).
Défricheurs et travailleurs, sans doute, ils arrivèrent à constituer un bien immobilier d’importance, effectuant même la fabrication et le transport de « potasse ».

(AEA, Dénombrement de 1656)

Petits-enfants de Servais, et enfants de Jean et Catherine, Jean (1668 – 1742), Catherine (1666 – 1749) et Eve ( 1679 – 1743) se partagèrent la succession de leurs parents en 1713.

(AELUX, Cons. prov. Requête du 4.2.1719, liasse 211)

Catherine, épouse CORNESSE, de Stavelot, eut la moitié des biens, et le reste finit par aller à Eve, puis de celle-ci, célibataire, à son filleul Nicolas-Jacques CORNESSE (né en 1706) de Stavelot, puis à un fils de ce dernier, c’est-à-dire Nicolas-Denis CORNESSE.

En 1766, la propriété CORNESSE à Burtonville comprenait notamment environ 15 hectares de terres labourables et 12 de prairies. Elle était louée à un censier pour 130 écus annuels.

(AEA, Cadastre de Marie-Thérèse, tabelle 15 de Burtonville)

Le 10 avril 1810, Nicolas CORNESSE était encore propriétaire à Burtonville, puisque à cette date il est repris comme tel à une liste de contribuables de Burtonville, et avec sa cote d’imposition qui était la plus forte de celles qui frappaient les habitants de Burtonville.

(AEL, Fonds français, liasse 1191)

Vers 1820, acheta le bien Jean-Baptiste BURNAY, de Courtil-Bovigny, mais établi à Lisbonne (Portugal). Son beau-père, Mathieu BEAUPAIN, de Cierreux, assurait la gérance du bien., le louant, le 2 novembre 1823, à Godefrin MARQUET, de Rogery, pour 219,24 florins annuels. Bail renouvelé le 16 janvier 1833, moyennant 464 frs. Par an.

(Acte notaire Pierre-Joseph JACQUES, Vielsalm)

En 1835, apparaît Charles NIELLON, général français retraité à Bruxelles. Il loue la ferme pour trois ans, à raison de 600 frs. Par an. Le 24 décembre 1836, il achète le bien pour 21 164 frs. Fin 1840 déjà, la propriété de NIELLON était à vendre, par expropriation forcée.

(Journal L’écho du Luxembourg, du 2 décembre 1840, qui donne le détail des immeubles à vendre)

Acheteur : Toussaint-Joseph LAMBERT, de Hourt-Grand-Halleux, ingénieur à Gand.

(On le retrouve comme propriétaire à L’Atlas des chemins vicinaux, de Vielsalm, de 1844 (au secr. Comm. de Vielsalm))

Nouvelle vente en 1862, ce à Théodore PETY de THOSEE, président de la Cour d’appel de Liège ; il dirigeait alors lui-même, durant quelque temps, l’exploitation de la ferme.

(Archives du cadastre, Vielsalm)

En 1871, devient propriétaire, Adèle, fille de Th. PETY de THOSEE, épouse Adolphe MAILLET, d’Avenailles, et décédée en 1879. Montant de la vente : 55 000 frs.

A. MAILLET-PETY étant décédé en 1879, la propriété passe à sa fille Catherine-Julia, chanoinesse au monastère de Berlaymont. Le 25 mars 1889, cette dernière vend le bien, pour 55 000 frs. A Marie-Catherine ARRASSE (1838 – 1897), épouse TOUBON Jean-François, de Menil-Arbrefontaine.

(Archives de l’Enregistrement, Vielsalm)

La descendance de M.C. ARRASSE est toujours, actuellement, propriétaire du bien, en la personne de Mme DUSSART-GEORIS, de Vielsalm.

N.B. Sur cet immeuble, voir aussi G. REMACLE, Les destinées d’une vieille ferme, à Burtonville, dans Ardenne et Famenne, 1966, n°4.

8. Petites industries.

Le recensement des manufactures en Luxembourg, de 1766, note la présence à Burtonville d’une fabrique de potasschen (à l’aide de cendres de bois), depuis 1756.

Une seule personne, mais dont on ignore le nom, s’en occupait.

La production en était de 25 000 livres, annuellement, évaluée à 420 florins ; elle s’écoulait en Brabant, en Flandre, par transporteurs et attelages.

(AGR, Conseil des Finances, n°6439)


Brasserie. Les souvenirs ont rappelé la présence, près de la ferme ANTOINE actuelle, d’un petit bâtiment pourvu d’un ancien matériel de brasserie.
De fait, Jean CUVELIER, qui habitait l’endroit à ce moment, à fourni, en février 1687, « une tonne de bière » au curé de Salm, pour paiement à l’occasion d’un décès, de « Henri le Houri » de Burtonville.

(RP Salm, décès)

Tannerie. Le recensement des manufactures, de 1766, signale l’existence à Burtonville, depuis 1753, d’une petite tannerie, dépendant du propriétaire à ce moment – c’est-à-dire Nicolas CORNESSE, de Stavelot – de la ferme ANTOINE actuelle.

(AGR, Conseil des Finances, n°6439)

En fait, selon des documents de l’époque et certains souvenirs, le travail des cuirs, qui avait besoin d’eau, se faisait à Beaufays en des bâtiments aujourd’hui démolis et que nous avons encore vus, près de la maison TALBOT.

En 1766, la tannerie occupait 16 cuves, et tannait annuellement 6 000 livres de cuir à semelles, évaluées à 3 000 florins. Les cuirs finis étaient entreposés à Burtonville même, dans un bâtiment qui subsiste encore, en face de la ferme ANTOINE ; et, dit le document de 1766, le débit s’en faisait « partie à Francfort et partie en France » ; le transport vers ces endroits devait se faire nécessairement par attelage de chevaux.

Un moulin à tan, à moudre les écorces de chênes, se trouvait en amont de la tannerie, et depuis 1753 également. Il payait annuellement 2 florins 2 sols au comte de Salm pour le coup d’eau .
(D’après notamment document AGR, Conseil des Finances, n°6.139)

A la fin du siècle suivant, le petit bâtiment de ce moulin a été agrandi et transformé en maison d’habitation. La mouture des écorces s’est alors effectuée près de la tannerie, l’établissement d’un moulin à tan y ayant été autorisée par le Conseil communal le 22 avril 1889.

Vers 1815, la famille CORNESSE vendit ses biens de Burtonville et environs à Jean-Baptiste BURNAY, de Bovigny, gendre de Mathieu BEAUPAIN qui, de Burtonville, venait de s’établir à Cierreux. Pau après, l’existence d’une tannerie, sous le nom « d’usine » est bien signalée à Beaufays en 1839 déjà, et appartenant à la famille BEAUPAIN ; celle-ci l’exploitait encore en 1917, mais elle cessera son activité peu après.

(Des fournitures d’écorces de chêne pour fabrication de tan ont encore été effectuées en 1917 par des personnes de Ville-du-Bois et que nous avons vues travailler à l’écorçage des chênes. La tannerie payait les écorces à 11 frs les 100 kgs, à ce moment-là. Le dernier ouvrier tanneur à Beaufays a été Henri-Joseph REMACLE (né en 1859) de Ville-du-Bois.)

Les environs de Burtonville, à l’Est et au Sud, et jusque dans la partie boisée vers Beaufays, sont parsemés d’une quantité de blocs d’arkose.

Parmi eux, nous avons découvert un grand nombre, plus de septante, de meules de moulin circulaires, en arkose, à différents degrés d’achèvement, ainsi que bien des déchets du travail de taille de pierres qui ont été probablement enlevées après achèvement. Vu leur type et leurs dimensions, ces pierres ne peuvent que se rapporter à une industrie des premiers siècles de notre ère.

Dans la même région, nous avons trouvé également, gisant sur le sol, quelques petites meules ovoïdes, de même nature, et de type préhistorique.

(Cfr. G. REMACLE, Les meules en arkose de la région de Salm, dans Ardenne et Famenne, 1960)

Les hommes qui ont taillé ces pierres, en quantité, devaient certainement avoir leur habitation non loin de leur travail. Etait-ce, du moins partiellement, au site devenu Burtonville ? On l’ignore.

La fabrication de « potasse » (potaschen) a aussi occupé autrefois quelques personnes de Burtonville.

Il s’agit d’un produit provenant de cendres de bois, dont le lessivage donne ces carbonates impurs, utilisés en savonnerie, chamoisage des peaux, blanchiment, etc.

Le dénombrement de 1656 note que « Servais Couvelier » de Burtonville est « faiseur de potasse ».

(AELUX)

En 1766, le rencensement des manufactures au comté de Salm note aussi, pour Burtonville, la fabrication de potaschen, depuis 1756, pour une quantité de 2 500 livres évaluées à 420 florins, et que le débit de ce produit s’en faisait en Brabant et en Flandre.

(AGR, Conseil des Finances, n°6.139)

Nous avons vu, venus de familles de Burtonville, plusieurs blocs de pierre dite « de Prüm », de nature sableuse, creusés en forme de réservoirs et qui, de tradition, servaient de dépôt pour la potaschen ; le plus grand portait la date de 1763.

9. L’enseignement.

C’est à partir de l’application de la loi scolaire du 23 septembre 1842 que Burtonville comporta une école primaire publique ; l’administration communale de Vielsalm la créa à ce moment, ainsi qu’en d’autres sections de la commune. Auparavant, l’école la plus proche de Burtonville était à Neuville, créée par l’Administration communale de Vielsalm pour Neuville et Burtonville, à partir du 1 décembre 1828.

Instituteur désigné : MICHEL Henri-Joseph, de Neuville (né le 4 octobre 1799), au traitement mensuel de 92 florins (environ 190 francs) dont il fallait déduire 10,97 florins pour bois de chauffage de l’école.

L’école devait se tenir à partir du 1er décembre (plus tard, à partir du 15 novembre) et jusqu’au 30 juin de l’année suivante. En été, les enfants qui le désiraient, pouvaient alors fréquenter l’école de Vielsalm qui, elle, était permanente sauf en septembre.

L’application de la loi organique de l’enseignement primaire, du 23 septembre 1842, modifia sans doute quelque peu la tenue de l’école. Comme dans les autres sections de la commune, il y eut désormais à Burtonville une école primaire permanente, et communale. Elle était mixte, et tenue par un instituteur.

Voici le nom des membres du personnel enseignant de Burtonville :

- COUTURIER Antoine, de Tavigny. Epousa, en 1846, 13 juillet, Marie-Thérèse SCHMITZ, de Burtonville, et devait donc, à ce moment, résider à Burtonville depuis quelque temps déjà. Démissionna en 1848, à l’âge de 24 ans.
- COLLIN Jean-Félix, de Tavigny. Né le 20 décembre 1824. Nommé le 28 février 1848. En fonctions jusqu’à septembre 1882. Avant sa nomination, il exerçait déjà depuis trois mois, ses fonctions, provisoirement. Epousa Catherine-Joseph GABRIEL, de Burtonville, le 10 octobre 1849.
- SERVAIS Jean-François-Adolphe, de Rettigny. Nomé le 15 septembre 1882. En fonctions jusqu’à fin 1903. Décédé à Petit-Thier.
- SERVAIS Gustave. Fils du précédent. Nommé le 18 février 1906. En fonctions à Burtonville jusqu’à 1920. En fonctions temporaire au début de 1905. Parti pour Géromont-Malmedy.
- SANTKIN Léopold, de Bèche. Nommé le 27 mars 1920. Démissionna en 1923, et nommé à Bèche le 1 juin 1923.
- GERARD Gabrielle, de Wanne. Intérimaire désignée le 7 juillet 1923.
- MALCHAIRE Firmin, de Neuville. Nommé le 20 octobre 1923. Transféré à Ville-du-Bois en 1937, l’école de Burtonvile étant supprimée.

La maison d’école a été bâtie vers 1850. Auparavant, et durant quelque temps, l’ancienne maison vicariale a servi d’école, ont rapporté des souvenirs de personnes âgées.

Le 18 janvier 1848, les habitants de Burtonville désirant faire construire une salle d’école et à leurs frais, demandèrent à l’administration communale de Vielsalm de pouvoir exploiter, au profit de la dite salle d’école, la coupe ordinaire de bruyères de 1847 se trouvant dans le Grand-Bois, sur la parcelle de la section, cette coupe n’ayant pas été exploitée.

(Les notes qui précèdent sont basées notamment sur des donées des archives communales de Vielsalm, et sur des informations recueillies par nous auprès de personnes âgées de Burtonville à l’époque, dont notamment l’abbé Cél. GUILLAUME, vicaire de l’endroit.)

10. Faits divers.

En 1766, le bétail agricole de Burtonville comportait, pour les 19 ménages de la localité : 20 chevaux, 124 bêtes à cornes, 240 moutons, 18 porcs.

(AGR. Comité pour le dénombrement du Luxembourg, n°86)

Après la construction de la voie du chemin de fer Saint-Vith-Vielsalm, en service actif de 1917 à 1940, une gare exista entre Burtonville et Beaufays, et dénommée de « Burtonville ».

Après la suppression du trafic ferroviaire, à partir du 10 mai 1940, des ponts sur la voie ayant été détruits ce jour, peu à peu les déprédations au bâtiment de la gare ont fini pa la démolir.

En février 1906, des voleurs s’étant introduits en la chapelle de Burtonville, ils y enlevèrent le contenu des troncs, comme ils le firent également à Neuville.

(Journal « L’Organe de Vielsalm », 11 février 1906)

Au cours de difficultés religieuses de la fin du XVIIIe siècle, sous le régime français, un prêtre, parent de la famille se cacha en la maison de Jean-Nicolas JEUNEJEAN, actuellement maison BAILLY. Il y occupait une pièce, fermée, dont l’accès était interdit aux serviteurs de la maison.
Mais une servante, curieuse, regarda par le trou de la serrure et vit, étonnée, le « priesse » lisant son bréviaire. Elle ne résista pas à l’envie de divulguer la chose ; le prêtre dut alors chercher une autre résidence.

Il s’agit vraisemblablement de l’abbé Jonas SCHNEIDERS, ou Jean-Jacques GRITTEN, respectivement cousin et oncle d’Elisabeth SCHNEIDERS, épouse de Jean-Nicolas JEUNEJEAN.

(Souvenirs de famille)

Des traces d’une maison subsistent au Sud de Burtonville, dans le bois des « Bouchons ». Aucun recensement n’en fait mention.

On peut penser qu’il s’agit de la demeure des « Jean des Buissons » et « Léonard des Buissons » son père, signalée plusieurs fois au début du XVIe siècle aux registres de la Cour de Salm.

(AESTH, Cour de Salm)

Le 19 février 1844, Jean-Hubert FREDRICH, de Burtonville, acheta, à Nicolas ENGLEBERT, cet endroit, « place d’un vieux bâtiment avec les décombres, ainsi que les terrains y annexés d’une contenance d’environ onze ares, pour le prix de vingt francs ».

(Acte notaire DENIS, Vielsalm)

Au début de 1905, une société d’agrément se constitua à Burtonville, sous le nom de « L’aurore ».
(Organe de Vielsalm, 15 janvier 1905)

Elle a fêté joyeusement son cinquantième anniversaire en juin 1956.
(Pays de Salm, 3 juin 1956)

Le canton de Saint-Vith, auparavant était du duché de Luxembourg, ayant été annexé à l’Allemagne après 1815, un service de douanes fut établi à la nouvelle frontière.

C’est ainsi que, plus tard, un poste de douaniers exista à Burtonville. Voici quelques noms d’agents de ce poste :

En 1846 :

LEPORCQ Isidore-Joseph, 36 ans, né à Pesches le 13.6.1816.
COUNSON François-Joseph, 37 ans. Entré en 1845. Né à Vaux de Bodeux en 1809.
RAULET Jean-Baptiste, 35 ans. De 1844 à 1848. Né à Saite-Cécile en 1809.
DESOIS Théophile, 36 ans. De 1836 à 1867. Né à Sart-la-Buissière le 22.9.1819.
DUBUISSON Henri-Joseph, 45 ans. De 1843 à 1848. Né à Bonsin.
GUILLAUME François-Alexandre, 32 ans. En 1842. Né à Chantemelle en 1810.

(Registre de population de Vielsalm)

Plus tard, on relève d’autres noms :

BIOT Hubert. Etait à Burtonville en 1893.
FOGUENNE Emile, en 1900.
MACHUROT Léopold, 1901.
PETIFRERE Gustave, 1903.
CHWINNEN Jean-Pierre, 1905.
LAMBERT Jules, 1908.
ROBERT Nicolas-Joseph. 1908.
SEVRIN Alphonse, 1911.
LACHENAL François, 1911.
NEYENS Joseph, 1914.
WINKIN Camille, 1915.
DERNIVOY Aimé, 1917.
KOOP Henri-Joseph, 1920.
HUBERT Alphonse, 1923.

Après la guerre de 1914-1918 et le déplacement de la frontière à l’Est, le poste de douaniers de Burtonville a été supprimé.

(Registre de fréquentation scolaire de Burtonville, qui donne le nom des parents dont les enfants fréquentaient l’école du lieu)

11. Les noms de lieux.

Beurtonvèye
O mayârt sârt
O grand prî
Drî lès rowales
O pachis
O l’acin
O l’raspaye
O l’bayâde
Divant l’bwès
Drî mon blâse
Tchan mitchî
Vôye dès grands prîs
Prî Dumont
Ozès longs sârts
Dizo l’fayi
O l’fagne
A bwès Vincent
Tère do sègneûr
Noû tchan
Dizo lès hèsses
Prî r’bâ
A mon Yanne
Ozès èreus
Prî Bosquèye
Vôye di Saint-Vé
Vôye di C’mansteur
Vôye di Rodj’rî
A laguès’prï
Drî lès rowales
O pachis
A mo Mitchî
Tchan grand Henri
Tchan dès cènes
A l crû tchan Pîre
Tchan Maintelette
A sainfoin
Prî do maire
Azès trôs d’sâvion

(D’après le langage local)


Gaston REMACLE

vendredi 18 septembre 2009

Notes historiques. Fraiture (1).

(publié dans Pays de Salm, le 27 juin 1954)

Un village paisible de notre Luxembourg qui dépend de la commune de Bihain, assis sur un coteau sur un beau paysage boisé. On y poursuit la vie campagnarde dans le grand calme et le travail traditionnel des générations. Les maisons sont bien groupées autour de la petite église dont la mince flèche domine à peine le faîte des toits voisins. Petit hameau dont on parle peu.
Dans le pays, on dit que le nom de Fraiture vient du mot patois « Freudure » (froidure) et il eut été bien difficile de lui donner un nom qui caractérisait le mieux le climat de cette contrée.

Fraiture est écrit « Fracture » en 966. Il ne serait pas surprenant que ce mot correspondit au « Scheid » allemand, indiquant séparation, partage de terres, d’héritage, da canton, de pays. « Fractus » de « frango » peut désigner un terrain brisé, une fosse, une carrière.

Fraiture viendrait-il de « Faya », déesse du nord ?

À l’endroit où était situé autrefois le village, il existe un étang alimenté par une fontaine qui ne tarit jamais et qui a pour nom : Fontaine de St-Hilaire.

Cette fontaine paraît sortir d’un amas de décombres, dans une vallée bien abritée par les éminences environnantes. On y a retrouvé jadis une cave et les assises d’une habitation, voire même des sommes d’argent assez importantes enfoncées dans le sol.

Cet étang qui fut le rendez-vous des pêcheurs de truites, est aujourd’hui envahi par une végétation luxuriante dans une épaisse.

L’un des points les plus élevés qui environnent ce vallon s’appelle « Thier de la forge », et, à une faible distance, on voit un amas considérable de résidus de fer et de verre, ce qui porterait à croire qu’autrefois l’industrie y était florissante et qu’il y avait là, une fonderie de fer et une fabrique de verre. Ce n’est nullement surprenant car ces industries sont très anciennes sur le sol luxembourgeois.
L’industrie de la forge du fer trouvait sur place et en grande abondance le minerais, le combustible et l’eau, c’est-à-dire la force motrice. Des exploitations sidérurgiques existaient à Bihain.
Le « Mont des Forges » au hameau de Regné, rappelle les usines de jadis au pied de la colline. À Mont-le-Ban, le « pré aux Fosses », et ainsi nommé parce que l’on y voyait de grandes fosses à demi remplies de scories et de morceaux de fonte, ainsi que les restes d’un fourneau.

On pourrait citer maints exemples, prouvant, qu’au moyen-âge le Luxembourg s’adonnait largement à la métallurgie du fer.



Fraiture fut affranchi en 1808 par Ferdinand II, empereur d’Allemagne, moyennant le payement de trois mille livres.
La seigneurie de Fraiture appartenait vers 1740, à la famille COUDENKOVE.

Il existe non loin, la « Baraque de Fraire », dans la grande fagne qui s’étend exactement à 450 mètres à l’ouest de Bihain, certaines « mardelles » fort intéressantes. Elles ont une forme parfaitement circulaire et sont très bien groupées.
L’une d’elle mesure trente-cinq mètres de diamètre. Il ne peut y avoir de doute quant à l’origine des mardelles qui, toutes, ont été creusées de main d’homme, ainsi qu’en témoignent les terres jetées sur les bords et formant bourrelet ; mais leur destination et leur âge restent à déterminer. Ces mardelles furent étudiées en 1907 par les services des fouilles des musées royaux d’art et d’histoire de Bruxelles.
À suivre.

HISTORIENS

Ndlr:
Ferdinand II, fut empereur d’Allemagne en 1619. Il y a là une faute de frappe lors de la publication de l'article !