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lundi 7 septembre 2009

Tombes.

(mise-à-jour, 22/09/09)

Plusieurs sépultures de cette période ont été retrouvées à différents endroits de la région :

- Au nord du village de Honvelez, feu le Dr. LOMRY en a découvert dont les fouilles lui ont fourni divers vases.

- Il en a également fouillé à Russêmont (entre Bovigny et Rogery) et découvert quelques autres à plusieurs endroits de la commune : Hastape, Fa de Glain, Maihîre, Hî djârdin.
( E. RAHIR, Vingt-cinq années de recherches, de restaurations et de reconstitutions, Bruxelles, 1928, p.204 ; P. LOMRY, Découverte de quelques tombes anciennes et interprétation concordante de quelques mots dans un coin des Hautes-Ardennes, dans A.I.A.LUX., 1911, p.382. ; Et témoignages divers)

- En 1950, en la commune de Bovigny encore, une tombe a été mise au jour au lieu-dit « devant le bois » et une autre « so l’hî djârdin », toutes deux contenant une urne cinéraire avec cendres ; à ce dernier endroit, Antoine PONCIN, de Courtil, dégagea aussi, en avril 1911, une autre tombe renfermant divers objets.
(Témoignages recueillis ; L’Organe de Vielsalm du 23 avril 1911 ; P. LOMRY, Découverte de quelques tombes anciennes et interprétation concordante de quelques mots dans un coin des Hautes-Ardennes, dans A.I.A.LUX., 1911, p.382)

- Entre Ville-du-Bois et Petit-Thier, en 1915, lors de la réfection d’un vieux chemin, les ouvriers mirent au jour une de ces tombes, avec poteries diverses ; en haut de la côte, à droite.
(Témoignage des ouvriers. Une de ces poteries existait encore en 1950)






(poterie découverte à Ville-du-Bois, en 1915, daté par S.N.F. des années 70/80)


- Une découverte du même genre a été faite sur le territoire de la commune de Grand-Halleux, à gauche du chemin montant vers Farnières, en novembre 1892, ainsi que derrière Goronne vers 1909.
(L’Organe de Vielsalm ; L’Annonce de Stavelot ; et témoignages oraux divers. Près de Farnières, au lieu-dit « sur les sarts », c’est 14 tombes que M. HEYDEN de Petit-Halleux aurait dégagées en labourant. Elles contenaient divers objets, poteries, monnaies, marteau, une perle, une bague avec inscriptions VIVAS MI…, des ossements.)

- Une autre encore, selon témoignages que Gaston REMACLE a recueillis, non loin de Sart-Lierneux, vers 1890, aux endroits dénommés « so les chèyîres » et « petit manhay ».

- Enfin en 1901, 1904 et 1911, un ensemble de trente loculi contenant des cendres et des poteries rouges a été fouillé entre Hébronval et Bihain, au lieu-dit Les minières.
( D. GUILLEAUME, L’archidiaconé d’Ardenne dans l’ancien diocèse de Liège, Liège, 1913, p.97 ; P.LOMRY, Découverte de quelques tombes anciennes et interprétation concordante de quelques mots dans un coin des Hautes-Ardennes, dans A.I.A.LUX., 1911, pp.383-384 ; E. RAHIR, Vingt-cinq années de recherches, de restaurations et de reconstitutions, Bruxelles, 1928, p.214)

- Et à Gwèrnal (Goronne). Une tombe romaine, près de Goronne, au lieu-dit « Gwèrnal » (témoignage de Gustave JACQUES, le 3 octobre 1965)

- Et au Persay ( ?), voir JOTTRAND La vallée de la Salm, 1869.

Ndlr :

1) P. LEJEUNE, dans Tombes (romaines ?) à Bihain, G.S.H.A. n°8 (1978), p.81, signale la découverte entre 1918 et 1940, d’un caveau constitué de dalles de schiste, dans un champ près du lieu-dit Mananhé, sur la rive gauche du ruisseau de Bihain. De même, un autre caveau fut fouillé, en 1938, par M. BRUNSON, dans le vieux chemin qui relie Bihain à Courtil, non loin du lieu-dit so l’combe, sur la rive gauche du ruisseau de Rolayî (Langlire).

2) L. RENARD, Cimetière belgo-romain à Bihain, dans B.I.A.L., XXXVI, 1906, p.277.

3) P. LEJEUNE, Une tombe romaine à Goronne, dans G.S.H.A. n°9 (1978) p.184.

4) P. LEJEUNE, La nécropole romaine du "Pêrzê" (Ste-Marie-Salmchâteau), dans G.S.H.A. n°12 (1980) pp.43-51.

5) P. LEJEUNE, Le ou les groupes de tombes d'époque romaine à Grand-Halleux ?, dans G.S.H.A. n°12 (1980), pp.88-89.

6) P. LEJEUNE, La nécropole d'époque romaine du "Pêrzê" (Salmchâteau). Confirmation, dans G.S.H.A. n°13 (1980) p.82.

7) H. REMY, Poteries provenant de la nécropole romaine du "Pêrzê" à Salmchâteau, (avec photographies), dans G.S.H.A. n°13 (1980), pp.82-83.

lundi 31 août 2009

Paroisse de Bovigny. Édifices religieux.

(publié dans le Bulletin paroissial, août 1910)

L’ancienne chapelle de Notre-Dame, érigée à Bovigny au 15e siècle devint officiellement le centre paroissial en 1717. Elle avait été reconstruite et agrandie en 1684 sous le pastorat de Sire Henri RUTH. Elle fut consacrée en 1714, sous le pastorat de Sire Nicolas MACHURAY, par Mgr. LIBOIS, évêque suffragant de Liège. La cloche actuelle date de 1723.
L’église actuelle a été réédifiée et agrandie en 1891, elle est dédiée à St. Martin.

Courtil possédait une chapelle, dédiée à St. Hubert, déjà citée en 1604. Elle a été démolie et remplacée par la belle chapelle actuelle en 1898. Courtil fut érigé officiellement en chapellenie l’an 1762.

Rogery fut doté d’une chapelle en 1714. Le patron était St. Eloi. L’érection en paroisse eut lieu en 1839.
La section paroissiale de Cierreux, sauf 3 maisons situées sur l’ancien chemin de Vielsalm (le moulin) avait une chapelle vicariale dépendant de Vielsalm et construite en 1704. Le village de Cierreux fait partie de la paroisse de Bovigny depuis 1802. Jusqu’en 1816, un vicaire y résidait. L’ancienne maison vicariale a été démolie il y a quelques années. Actuellement Cierreux n’est plus qu’une annexe reconnue vers l’an 1874 desservie par e vicaire de Courtil.

Halconreux possède une petite chapelle d’origine inconnue et dédiée à St. Donat. Souvent les habitants de Halconreux ont engagé un prêtre qui célébrait la messe le dimanche. Nous trouvons les noms de Sire PIROTTE, de 1759 à 1763, de Sire RENARD en 1763, de sire CRINE en 1762. C’est à Halconreux que M. WAGNER vicaire de Courtil se retira en 1861. Il y mourut en 1866.

dimanche 9 août 2009

5. Les limites du comté.

AU NORD

La frontière fixée ici en 670 par la commission délimitant le domaine de l'abbaye de Stavelot, n'a subi aucune modification depuis.

C'est une ligne allant vers l'ouest, à partir d'un point culminant (altitude 599 m) au nord-est de Mont-le-Soie ; elle rejoint le ruisseau d'Ennal un peu en aval de Mont-le-Soie, suit le ruisseau jusqu'au Glain, puis tourne vers le nord-ouest pour aboutir au voisinage de l'église actuelle de Saint-Jacques.


Du confluent du ruisseau d'Ennal avec le Glain, la ligne n'a pu s'infléchir vers Arbrefontaine comme on l'a dit parfois, puisque la délimitation de 670 devait réduire le domaine de Stavelot notamment du côté de Lierneux. Mais la direction prise vers Dairomont pour rejoindre l'Amblève, est la seule normale. Quant à Alba Fontana cité en 670, il s'agit d'une fontaine éloignée d'Arbrefontaine et indépendante de cette localité.



A L'OUEST

Du voisinage de l'église actuelle de Saint-Jacques, une ligne à peu près droite, vers le Crin-do-Sart, tient la hauteur par Pelhémont et sépare deux bassins : celui du Glain, à gauche, celui de l'Amblève à droite. Cette ligne limitait, du côté de l'est, ce qui a constitué le comté primitif de Salm et la paroisse de Salm ; à l'ouest, à droite, les domaines très anciens de Bodeux et de Lierneux, antérieurs à l'époque franque. Très vieille limite donc que celle-ci.

Une modification s'est produite néanmoins à une date antérieure au XVe siècle, probablement vers le XIIIe: Arbrefontaine, avec Menil et Gernechamps, qui appartenaient à Lierneux, ont passé au comté de Salm, on ne sait à la suite de quels événements.


G. REMACLE suppose que c'est à ce moment qu'Arbrefontaine, endroit de passage fréquenté à la fin du Moyen Age comme l'attestent de vieux chemins, sera né et aura grandi, devenant ainsi objet de convoitise pour le comte de Salm établi très près à Goronne.


Du Crin-do-Sart jusqu'au moulin KOOS, de Sart-Sainte-Walburge, un chemin allant vers Langlire et toujours visible actuellement est cité en 896 comme limite d'un domaine s'étendant du Thier-del-preux jusqu'au-delà de Bihain.


« ex una parte Mons Preuz surgit, ex alia vero via ad campum eorum Anglariam ducens, et ex tertia Fundisneias vocatas défluit... »
(J. HALKIN et C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, T.I, Bruxelles, 1909, p. 116).


A gauche, ce qui est devenu Salm, au XIVe siècle.


C'est l'étendue entre le Golnay et le Thier-du-Mont.
(G. REMACLE, Du premier au second château de Salm-en-Ardenne, dans B.I.A.LUX., Arlon, 1965)
Toutefois, avec le temps, cette limite a fléchi quelque peu vers l'est, pour coïncider avec des abornements de terrains.


AU SUD-OUEST

Ici, deux tronçons formant angle droit sont nettement marqués par des cours d'eau. L'un de ceux-ci est le Golnay, depuis le moulin KOOS, jusqu'au confluent à Salmchâteau avec le Glain.
L'autre est le Glain, depuis le Golnay à Salmchâteau, jusqu'au confluent du Glain avec le ruisseau de Cierreux.

A L'EST

Notre frontière du côté de l'est ayant son point de départ à l'altitude 599 m au-dessus de Mont-le-Soie, elle se dirigeait vers le sud.
Elle longe le vieux chemin de Stavelot à Luxembourg, le chemin restant à Salm, jusqu'à Poteau. Elle suit toute la crête de partage des eaux, sauf une avancée du territoire de Thommen à l'endroit dénommé « Streitwald », jusqu'au ruisseau de Vîfsâm.
C'est une frontière linguistique également, depuis la période franque, faisant de Commanster une localité d'expression wallonne.

AU SUD

G. REMACLE estime que le domaine de Glain n'a pas fait partie du comté de Salm primitif.

Il base cette opinion sur les faits suivants, à peu près contemporains de l'origine du comté de Salm :

- En 1004, un certain Gérard et sa femme Frigdevide donnent au monastère de Stavelot ce qu'ils possèdent à Glain sous forme d'alleu. L'acte de donation (J. HALKIN et C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, T.I, Bruxelles, 1909, pp. 201-202) constate la présence, comme témoins, de Gislebert, qui ne peut être que le comte Gislebert de Salm cité en 1034-1035, de son père Frédéric, de son oncle ou frère Henri. Si, à ce moment, notre comte avait possédé également Glain, comment n'aurait-il pas cherché à être lui-même bénéficiaire de cette donation ? Et comment Glain n'aurait-il pas été désigné comme étant dans la dépendance de notre comté ?
- Entre 980 et 1007, sous l'abbatiat de Ravenger, à l'occasion d'un miracle opéré au tombeau de saint Remacle en faveur d'une femme de Glain, ce domaine est déclaré propriété de l'abbaye : « in vicina nobis fisco Glengou... » (Miracula Santi Remacli, chap. XVII, livre II, cité par C. GUILLAUME dans ses notes).
Cfr. aussi D. GUILLEAUME, L'archidiaconé d’Ardenne dans l’ancien diocèse de Liège, dans Bull. de la soc. d’art et d’hist. du dioc. de Liège, tome XX, Liège, 1913, p. 231, note 1.
- En 1135, Glain n’est plus cité dans la liste des biens de l’abbaye de Stavelot-Malmedy
(J. HALKIN et C.G. ROLAND, Recueil des chartes de l’abbaye de Stavelot-Malmedy, T.I, Bruxelles, 1909, p.323)
et faisait probablement déjà partie du comté de Salm (Archidiaconé)
- En 1310 : « paroisse de St. Martin, terre de Salm » (op.cit., p.231)


La limite première de Salm au sud-est donc celle qui démarquait vers l'an mille les terres de Salm et celles de Glain.
Elle prend son point de départ au confluent du ruisseau de Cierreux avec le Glain. Elle remonte alors le ruisseau, de telle façon que le village de Cierreux appartenait à Salm, comté et paroisse, tandis que Rogery était à Glain. La coïncidence avec le ruisseau allait jusqu'à un point situé entre Sâm-li-vivî et Louxibou, là où le ruisseau est franchi par un vieux chemin en ligne droite venant d'Audrange par le moulin de Beho et gagnant la région de Salm.

Au gué précité, la délimitation abandonne sa coïncidence avec le ruisseau, tourne à droite, et suit le chemin jusqu'au moulin de Beho où finit le domaine de Glain. Au-delà, elle continue vers l'est où elle rencontre le chemin déjà mentionné et venant de Poteau.

Après l'intégration du domaine de Glain au comté de Salm — on ne sait ni quand ni comment ( En tout cas, avant 1310 (E. TANDEL, Les communes luxembourgeoises, t. IV, p. 288)) —, la frontière du comté de Salm s'est reportée vers le sud. Un vieux chemin venant d'Audrange et courant sur la crête entre Courtil et Gouvy en paraît le tracé tout naturel. Toutefois, Beho est laissé en dehors de Salm, sauf deux maisons. D'autre part, la Ronce sépara désormais la terre de Salm de celle de Lierneux.
Vers l'ouest pourtant, une nouvelle poussée de la terre de Salm a dû s'opérer à une date indéterminée, pour prendre pied sur le versant vers l'Ourthe, avec Halconreux et jusqu'au milieu du village de Gouvy.


Le 3 août 1626, le comte de Salm devint seigneur par engagère de l'autre partie de Gouvy, pour 4 800 livres (A.E. Tch. N°21). Au-delà de Gouvy, le comté de Salm comprit aussi une petite partie de Rettigny ; il s'agit, semble-t-il bien, d'une enclave dans la terre de Cherain. Nous n'avons pas à faire ici l'histoire de toutes les possessions de Salm qui comprenaient également une maison à Sommerain, une à Audrange, trois à Huldange et une enclave sans habitation près de Recht, cette dernière délimitée en 1778.


jeudi 30 juillet 2009

Vieux chemins au pays de Salm.



(inédit ?, 1959)

L’étude de la voirie de la région nous amène à conclure que le moyen âge, particulièrement après les XIe et XIIIe siècles, a vu s’établir un réseau de chemins nouveaux. Il témoigne de relations humaines différentes de celles des temps antérieurs, et il révèle d’autres préoccupations.
C’est un fait général qu’avec la fin des grandes invasions, plus de sécurité renaît. La population s’accroît. De nouveaux groupes d’habitations se créent, tandis que les anciens, qui ont survécu, prennent de l’ampleur. Des centres de la vie chrétienne naissent, rayonnent, et appellent la population, tels, ici, ceux de Stavelot et de Malmedy, et des paroisses s’organisent.
Le commerce aussi, peu à peu, prend de l’essor, provoque déplacements de personnes et charrois.
Inévitablement, les voies de circulation vont s’en ressentir. Elles n’auront plus des ambitions de longues distances et de sécurité qui exigeaient la ligne droite et le maintien sur les hauteurs. Mais, reprenant parfois des tronçons d’anciens chemins, sans doute, ailleurs elles s’en écartent selon les besoins plus immédiats, et elles iront d’une localité à l’autre, et, plus que leurs devancières, éviteront les fortes pentes.

Nous croyons avoir relevé quelques-uns de ces chemins ainsi créés à cette époque, et qui se sont maintenus jusqu’à la naissance de la voirie moderne plus parfaite et répondant à d’autres nécessités.

Leurs traces en sont, en général, toujours visibles ; au temps de notre jeunesse encore, des pas familiers leur restaient fidèles.

De Rogery, que l’on rejoignait facilement en venant d’Ourthe, de Beho et d’Audrange, un chemin prenait la direction de Stavelot. S’y raccordaient les charrois et les pas de la région de Bovigny, Cierreux, Bèche, Neuville.

Presque en ligne droite, il passe d’abord à gué le ruisseau de Cierreux, gagne l’extrémité est de Burtonville sous le nom de voye de Rogery, descend vers Sart-Hennard, passe la Salm, devient la grande vôye en abordant Petit-Thier, traverse Petit-Thier monte vers Les Plins passe au pas d’âne et se dirige alors vers Malmedy. Avant qu’il n’aborde Les Plins, une bifuraction s’en détache, descend à gauche vers Mon-le-Soie où vient le rejoindre un autre venant de Vielsalm par le gué de Tienne-Messe, la halinne vôye aujourd’hui désaffectée entre Priesmont et Ville-du-Bois, Rond-Chêne, Mon-le-Soie ; le chemin commun s’engage alors vers le haut de Logbiermé et vers Stavelot.

Un texte de 1753, qui le mentionne clairement : « un champ gisant à Mont le Soie desous le grand chemin de Salm à Stavelot » (CS 1753-1757/29) ; à l’Atlas des communications vicinales de Vielsalm, le tronçon qui précède Rond-Chêne est cité comme « chemin du village de Ville-du-Bois à Stavelot ».

A Mon-le-Soie a croisé ces derniers chemins un troisième qui conduit à Recht par Mon l’gros où il retrouve le chemin beaucoup plus ancien de Lierneux à Recht. Il constitue toujours, actuellement, la voie assurant les relations Grand-Halleux et Mon-le-Soie. A l’est de Mon-le-Soie, il est repris par les pâtures et les bois.
Une mention de ce chemin, du 16 août 1684 : « une demy iournée à la croix Jean Giet desseur le hour ioindant des deux costés aux hres Matthy Georis du hour et d’un autre au chemin allant vers le Soye » (CS 1683-1718/43).

Par rapport à Grand-Halleux, il présente un tracé plus court et une pente moins raide que la voie plus ancienne qu’il rejoignait donc vers Mon l’gros.

Du fait du passage de ces chemins, il n’est pas étonnant que des habitations se soient érigées pour constituer le hameau de Mon-le-Soie. L’endroit était déjà habité à la fin du XVIe siècle. Etre autres, ces mentions d’archives :

  • 1607. « Gillet des Soyes [émancipe] Jean son filz aagé d’environ quinze à seize ans » (CS 1602-1609/224vo).
  • 1621. « Jean des Soyes l’aisné… tourne en habot… le pré gisant aux Soyes, gisant pardessouz la maison du dit Jean tenant du costé inférieur au ruisseau et d’un autre endroit à Gillet » (CS 1617-1622/47)

Les dénombrements de 1561 et 1575 font état de « Jean de Soye » parmi les chefs de ménage d’Ennal dont Mon-le-Soie peut-être considéré comme une extension. Actuellement, Mon-le-Soie ne comprend plus qu’une maison et un ménage.
A notre avis, selon les mentions d’archives, l’endroit s’est d’abord dénommé Soye ( = petite scierie). Mon-le-Soie serait, selon le langage de la région, « chez le Soye », ou « chez la Soye ».

La direction de Recht a provoqué aussi une modification à un chemin plus ancien, celui qui, venant de l’ouest par Petit-Thier, vôye wiême et vers Recht.

A partir de bètch do thier, et via la croix du français, un autre tracé s’est établi. Il reste à mi-hauteur de la colline et permet d’éviter une pente assez prononcée.

Toutefois, la partie basse de Petit-Thier, et Blanchefontaine empruntaient, vers Recht, un autre chemin, parallèle au précédent et un peu plus bas.

Deux mentions :

  • 1598. « une pièce de terre derière les champs que tient présentement Jean Jeannette du petithierme tenant … pardesseur et pardessouz aux deux chemins de Reth » (CS 1587-1622/7).

1717. « certain champ … gisant au lieu vulg. Appellé le gotay Noel, joindant d’embas au chemin conduisant à Reth » (CS 1702-1725/171vo)

il avait, jusqu’à Poteau, le tracé actuel de la grand-route de l’Etat. Puis, par Moldenberg, il rejoignait le chemin venant de la Croix du Français.

Avant de quitter cette ectrémité du pays de Salm, signalons encore, entre Poteau et Recht, deux chemins coupant la grand-route de l’Etat, et se rejoignant au nord-ouest avant d’arriver à Ochsenbaracken, pour se diriger vers Malmedy.

L’un vient de la région de Crombach et Thommen, et s’approche assez près de Recht qu’il laisse à droite.

L’autre, à la borne 95/, de l’ancienne frontière, se détache du vieux chemin Stavelot-Luxembourg, et s’en écarte et vers l’est. Normalement, devaient le suivre les charrois venant de la région de Commanster et Beho. Avant d’arriver à la maison de M. Pierre DEJOSÉ qu’il laisse à droite, il a suivi un instant le tracé même de la grand-route actuelle Poteau-Recht. L’endroit où il l’abandonne, et ses environs, porte le nom, au cadastre et dans le langage local, de Salmwege.

L’essor de la ville de Liège et du nord du pays a influencé également la voirie de la région de Salm, y provoquant la naissance de chemins.

De Beho et environs, on peut marquer le début de l’un d’eux. Longeant la rive droite du Glain, il le franchit au pont de Saint-Martin, gagne Longchamps (Bovigny), tend vers Honvelez qu’il laisse à droite, descend vers la Ronce en obliquant légèrement, remonte en laissant Provedroux à droite, se dirige vers le moulin KOOS de Sart, puis le Crin-do-Sart, Arbrefontaine, et prend la direction du nord-ouest.

C’est sans doute ce chemin des environs de Erria-Bra signalé par ce texte de 1533 : « une certaine pièce d’héritage … qu’on diest minafays … ioindant d’un costet au chemin tendant de Salme à Liège doultre parte à la Cour de Hierloz et d’autre parte au prés et héritages du dit Enriaulx » .

(H.LEMAIRE, Notice sur la paroisse et l’ancienne vicomté de Bra, Liège, Donnay, 1882, p.24vo.)

Il a déjà porté le nom de « pasay de Lîdje » ou « vôye di Lîdje » en amont du gué (aujourd’hui pont) de Djivni (à l’ancien chemin d’Ourthe à Rogery).

  • 1569. « un champ sartable un peu plus haut, par de là le wy de Gevingny, joindant du costé du midy au Pasay de Lîdje, et de l’orient à la voye d’Ourte ».

(L’abbé C. GUILLAUME († 1944, curé émérite de Burtonville) qui cite ce texte dans ses notes manuscrites, ajoutait : « Nous en avons de plus récents, avec les mentions de « voie de Lîdje », et qui ont trait au même chemin ».)

La dénomination de vô de Lîdje lui est toujours attribuée près de Honvelez, et elle se rencontre également à Arbrefontaine.

Deux mentions à ce propos :

  • Du 28 septembre 1901 : « Pierre Kaifve et Jean Hubert Malsoult ambedeux d’Arbrefontaine [font un échange de terrains dont] un champ gisant à la voye de Liège » (CS 1587-1622/122).
  • Du 15 mai 1730 : « François Mottet d’Arbrefontaine … a mis en gage une demy journée de champ lieu dit à la voye de Liège finage du dit lieu » (CS 1730-1734/5).

A remarquer qu’après le pont de Saint-Martin, ainsi que sur la comune de Lierneux, il s’est confondu avec des tronçons de plus anciens chemins.

Celui qui passe au moulin KOOS de Sart et jusqu’au Crin-do-Sart est signalé en 896 : « via ad campum eorum Anglariam ducens ».

(HALKIN/ROLAND, Les chartes de Stavelot-Malmedy, T.1, p.116)

les localités de Cierreux et Rogery se raccordaient à ce chemin au-dessus de Honvelez. Gouvy le rekoignait à Bovigny par la vieille vôye de Sâm. Bihain, Goronne, Rencheux et Vielsalm le retrouvaient à Arbrefontaine. Tandis qu’un autre courant s’y rattachait au-delà d’Arbrefontaine, passant par Mont-Petit-Halleux, et amenait les voyageurs du ban des Halleux, de Ville-du-Bois, Petit-Thier et plus loin. Petit-Thier atteignait Mont par le bois Cheneux, Rond-Chêne (le chemin passe à une centaine de mètres au sud de Rond-Chêne), Hourt et le gué du Glain.

On peut dater de la première moitié du quatorzième siècle la construction du château de Salm, près de Salmchâteau. Elle a été le point de départ de la naissance de la localité voisine.

Mais une série de chemins apparaissent ainsi comme rayonnant de l’endroit ; ils ne s’expliquent que par la vitalité du manoir féodal qui a provoqué et appelé des relations humaines.

L’un tend vers Lierneux par La Comté, Crin-do-Sart, Menil où il retrouve une plus ancienne voie. La Comté est né sur son passage.

A La Comté, le croisait un chemin venant de Vielsalm, et Rencheux pour gagner Ottré et la région de Bihain.

Un autre, par Haironde, permet de se rendre à Cierreux, Rogery, et Bovigny.

Un troisième, passe le Glain avec le précédent, prend la direction de Taillis né à son passage, puis Commanster, où il se raccorde à d’autres voies vers l’est et le sud.

Enfin, signalons le raccord Salmchâteau-Vielsalm, par Basse-Ville – où il semble bien qu’il faut voir la naissance de Salmchâteau – et Pont-des-Perches, où l’on franchit le Glain, autrefois par un gué. Après Pont-des-Perches, se détachait la route dite des Chars-à-Bœufs à Vielsalm, qui à Neuville se prolongeait par la « vô d’Saint Vé », donc vers Saint-Vith (via Burtonville et la borne 95 de l’ancienne frontière Belgo-prussienne).

Dans cette région du pays de Salm, les routes modernes ont créé un nouveau courant de circulation. Il faut citer ici la route de Trois-Ponts à la Baraque-de-Fraiture par Vielsalm, Salmchâteau, Hébronval, créée en 1846 ; celle, de 1849, qui s’en détache à Salmchâteau et qui court vers le Grand-Duché de Luxembourg ; enfin une troisième, de Vielsalm à Poteau et plus loin, en 1856.

Le perfectionnement de plus en plus poussé des moyens de locomotion, exigeant des routes sans ornières et bien entretenues, a fait le reste. Les vieux chemins tombent en désuétude. Bientôt, repris par les pâtures et les bois, on n’en retrouvera plus qu’à grand-peine de vagues traces.

Gaston REMACLE