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jeudi 3 octobre 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

On lit dans  L’Organe de Vielsalm :

Le 24 septembre 1909 :
Nouvelles de l’expédition Laplume au Congo : une colonne de cent  hommes  vient de quitter le district du Bangalla pour se rendre dans l’Ouellé où elle renforcera l’expédition Laplume qui opère contre le sultan Djabbir, sans grand succès jusqu’à présent,  avantages partiels et revers se succédant. Elle enregistre de nombreux cas de désertion : un grand nombre de soldats passe au camp de l’ennemi avec leurs armes perfectionnées.
L’état civil nous apprend la naissance de Marie  Kieffer que de nombreux lecteurs ont encore connue.
 Un personnage !

Dans la nuit du 24 au 25 septembre un malandrin a tenté de cambrioler le moulin Lebecque à Ville-du-Bois. Le meunier rentrant chez lui aperçut de la lumière dans le bâtiment. Sa femme retourna à Ville-du-Bois pour chercher du renfort. Le cambrioleur sauta par la fenêtre et se blessa,  parvint néanmoins à se sauver mais fut rattrapé. Après lui avoir administré une bonne raclée, on l’amena à la gendarmerie de Vielsalm où il avoua qu’il avait un complice. Sur place la gendarmerie constata diverses disparitions dont une machine à coudre. En fait, le duo, des polonais [déjà !] s’était rendu coupable d’autres faits du genre dans la région.

Le 7 octobre 1906 : un terrible accident à la gare du chemin de fer de Vielsalm.
François Pècheux, ouvrier préposé au service des manœuvres s’est fait écraser entre une locomotive et un wagon au quai de déchargement en amont de la gare. La victime eut le bassin complètement déplacé, un bras et une jambe cassés en plusieurs endroits et de nombreuses contusions. Le docteur Tilman fit transporter la victime chez elle où elle mourut quatre heures plus tard dans d’atroces douleurs.
Pècheux était marié et père de deux enfants et habitait depuis quelques temps au passage à niveau de Cierreux. Il était au service de l’État depuis 35 ans.

Le 29 septembre 1907 :
A Ottré, le cordonnier Briol, après avoir verni les fenêtres de son habitation employa du calygène pour nettoyer les taches sur les vitres. Sa petite fille s’empara du bol contenant le produit et en but une gorgée : l’effet fut terrible. Atrocement brûlée, tous les efforts du médecin furent inutiles et elle expira après 24 heures d’atroces souffrances.
A Bovigny, le ruisseau venant de Beho vers Bovigny [le Glain, donc ?] a été chaulé dans les premiers jours de la semaine. La police est sur les traces de ces écumeurs de rivières.

Le 6 octobre 1907.
On apprend d’Aix- la- Chapelle que l’automobile club impérial a entamé avec la ville des pourparlers pour l’établissement d’un autodrome et d’une piste d’essais dans l’Eifel. La province avancera le capital et la ville se chargera des intérêts. Le club automobile de Francfort s’est prononcé contre ce projet car en raison de la proximité de la frontière belge, c’est la Belgique qui profitera des avantages commerciaux que procureront ces réunions.
[S’agit-il du fameux Nürburgring près de Adenau, à proximité du château de Nürburg à une centaine de km de Vielsalm ? Si oui, on a mis le temps puisque la construction de cette piste date de 1925, son inauguration de 1927 !]
A partir de samedi prochain commencera le chauffage de nuit des trains de voyageurs partant entre 11h du soir et 4 h du matin. A partir du 3 novembre, tous les trains seront chauffés jour et nuit.


                                                                               Robert NIZET

mardi 7 mai 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps


L’Organe de Vielsalm du 9 avril 1905 donne les informations sur le prix d’entrée (1fr) et les abonnements à l’Exposition de Liège dont l’ouverture approche. Les abonnements acquis dès à présent permettent en outre la visite des travaux préparatoires. L’abonnement ordinaire coûtera 20 frs ; pour les actionnaires, 15 frs ; pour les militaires de tous grades en fonction ou à la retraite, leur femme et leurs enfants, 10frs. La demande doit être accompagnée d’une photo format carte de visite sur carton dur.

Retour du Congo : le commandant Alphonse Jacques de la mission d’étude du chemin de fer du Katanga se trouvait à bord de l’Anversville arrivé à Anvers le 3 avril dernier. Il était descendu à Southampton et est revenu par Ostende. Son boy Abdallah l’accompagne. [Précisons pour les tintinophiles que ce n’est pas le même Abdallah, fils de l’émir Mohammed Ben Kalisch Ezab et  cher au capitaine Haddock]. C’est déjà la septième fois que ce négro [sic] vient en Europe. M. Jacques nous est revenu bien portant.

Dans l’édition du 8 avril 1906 il est question de divers travaux auxquels le ministre promet son soutien : construction d’un égoût, pavage de la partie de la route Sedan-Malmedy entre Vielsalm et Salmchâteau et nouvelle voie de chargement du vicinal Lierneux-Vielsalm à la gare de Vielsalm




La pompe située au bas de la place du marché fait l’objet d’articles récurrents.

  
Le 3 juin 1906 : Estudientina – La visite des Etudiants des Mines de L’Université a été, comme les années précédentes, marquée par la culbute de pompe se trouvant au bas de la place du marché.

Le 6 avril 1913 : le passage des étudiants en notre localité a encore été marqué par quelques exploits drolatiques. Ils s’en sont de nouveau pris à notre pauvre borne fontaine, l’ont arrachée, décapitée et sont partis en emportant la partie supérieure. Tout cela accompagné de cris, de chants et de discours. Il paraîtrait que le larcin se trouve à Stavelot à la disposition de notre administration communale.

Le 26 avril 1914 : dans la nuit de lundi à mardi les étudiants liégeois, suivant leur traditionnelle habitude sont venus faire visite aux habitants de Vielsalm et surtout à notre fameuse pompe de la place du marché. Pour la trente-unième [sic] fois cette dernière a été malmenée et en fin de compte portée sur le kiosque au milieu d’un charivari très animé. Selon leur coutume ils sont arrivés le lendemain matin pour lui rendre leurs derniers hommages, malheureusement leur espoir fut déçu, la pompe avait été soustraite à leur extravagance. Cette fumisterie durera-t-elle jusqu’à la consommation des siècles ou fera-t-on disparaître ou placer moins en vue cette pauvre persécutée ?

Chaque année à pareille époque, l’Organe rapporte des faits similaires.
 Lu sur une carte éditée par Ernotte-Colson avec la légende « Vielsalm-Grand’Place » et envoyée le 24 mai 1905 : Mon cher Marcel. Ci-dessus [avec une flèche] la pompe que nous avons fichue par terre dès notre arrivée à 5 heures à Vielsalm ; un superbe jet d’eau s’élève sur la place. Ebahissement général des naturels. Léon.
Les « naturels », c’est nos grands-parents !

Maintenant (en 2013)  que la place est de nouveau pourvue d’une fontaine, cette tradition pourrait, ne trouvez-vous pas, être remise à l’honneur ?  Je compte glisser l’idée à l’un ou l’autre président d’étudiants toujours à la recherche de tours à jouer !

Dans l’Organe du 3 avril 1910 : Nous  savons de la meilleure source que nous sommes sur le point d’obtenir un train venant de Gouvy vers 4h40, allant jusque Grand-Halleux sans arrêt, puis, retournant de là à 5h25 pour s’arrêter partout et donner la correspondance à Gouvy vers Libramont à 6h05. Nous savons aussi que M. le chef de station de Vielsalm a donné un avis défavorable. Allons, MM. les intéressés de Vielsalm, tâchez de faire changer d’avis notre brave chef de station. [qui, à l’époque, était J.C. Goffart]

                                                                                         Robert NIZET 

vendredi 1 mars 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps


L’Organe du 5 février 1905
Joseph Hens (marchand-tailleur né à Vielsalm le 10 avril 1867, auteur, notamment, d’un Vocabulaire de l’Ardoisier ) vient de voir couronner sa poésie « Dans mon jardin »  au concours littéraire organisé par le Tout-Verviers :

Dans mon jardin plein d’œillets roses
 Les filles vinrent l’autre jour :
Elles étaient trois point moroses,
Vibrantes de vie et d’amour…

D’une main rude la première
Faucha la touffe de ma fleur…
Près d’elle une rose trémière
La regardait avec douleur…

L’autre cueillit, plus ménagère
De quoi fleurir son sein discret,
Mais insoucieuse ou légère,
Oublia sur terre un œillet !

L’œil attendri de la dernière
Alla du sol rosé à mon œil,
Je compris la douce prière
Un bon sourire y fit accueil.

De ses doigts que la grâce entraîne,
Joyeuse, elle fit un bouquet
Que le rêve-roi d’une reine
Peut seul enfanter si coquet !

Et les trois filles me quittèrent…
Aux fleurs, ELLE semblait causer
Puis ses deux lèvres leur jetèrent
A la dérobée un baiser.

Depuis lors je vois sans trêve
Le geste et les yeux inquiets…
Et je viens poursuivant mon rêve
Dans mon jardin rire aux œillets !

L’Organe du 2 février 1913 informe que Vielsalm possède pour le moment une attraction qui divertira certainement en ces temps d’hiver nos paisibles concitoyens. Le Cinéma Palace installé depuis dimanche dernier dans l’ancien café J.B. Louis se propose de donner une série de représentations de gala. Tous les dimanches matinée à 3 heures et soirée à 7 heures. Tableaux bien nets et d’actualité, représentation morale au possible, telle est la devise du Cinéma Palace.

L’organe du 1er février 1914 nous apprend que sur 5902 employés au service des télégraphes et téléphones on compte 825 femmes.

Il rapporte en outre que le mercredi  précédent, le train devant arriver à 8h40 du soir à Vielsalm a déraillé au lieu dit moulin de Rochelinval. Trois voitures et une machine ont fait près de 180 mètres sur la racaille à cause semble-t-il d’un écartement des rails .L’an dernier, pareille mésaventure était déjà arrivée à un train de marchandises. Or,  il y a quelques années on avait précisément demandé la création d’un arrêt à cet endroit, demande refusée car cette localité n’était pas assez importante.

Robert NIZET