Sommaire
- C. LEESTMANS: Les Chalon d'Ardenne (1490-1853) Une ascension contrariée, pp. 6-113.
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lundi 2 juillet 2018
Glain et Salm Haute Ardenne n°68 (juin 2012)
Sommaire
- L. MARQUET, La Roche-en-Ardenne au XVIIe siècle au temps des guerres, pp. 5-23.
- J. BOSMANS, Aires de faulde et charbonniers en Ardenne: le dramatique incendie d'une hutte de charbonniers, la nuit du 10 au 11 août 1808 à Belheid (Samrée), pp. 25-29.
- M. PETERS, Autour d'une croix de 1877 et d'une chapelle à Beho, pp. 31-34.
- G. BENOIT, Course cycliste endeuillée à Salmchâteau en 1911, pp. 35-36.
- J. DE POTTER/G. ANTOINE/H. D'OTREPPE, Aux origines de la maison De Potter à Gouvy, pp. 37-38.
- J. DETAILLE/B. VAN EERDENBRUGH, Les vestiges d'orpaillage de l'âge du fer en amont de Bèche et dans la forêt domaniale du Grand Bois, pp. 39-47.
- R. NIZET, Les kiosques à musique de Vielsalm, pp. 49-54.
- C. DRAILY/O. VRIELYNCK, La nécropole celte de Courtil "Hastape" dans le groupe nord des tombelles ardennaises, pp. 55-62.
- HONORÉ, Mémoires de la guerre 1914-1918 à Vielsalm, pp. 63-76.
- G. BENOIT, Sur l'exploitation du plomb à Bihain, p. 77.
- GRUEN/BILFINGER, Reconstruction du tunnel de Trois-Ponts en 1940, pp. 79-83.
- V.d.G., Au fil des lectures: Salm à Bruxelles..., p. 85.
- J. THOMAS, De l'argile pour les fours à pains, p. 86.
- J. TOUBON, Quelques ajoutes à propos de Pierre Joseph MONFORT de Lierneux, pp. 88-89.
- V.d.G., Burtonville: la croix Bontemps, p. 90.
- C. LEGROS,A propos de myrtilles, pp. 91-93.
- G. BENOIT, Bovigny - Le docteur (Pierre-François) Lomry (1868-1941), pp. 96-97.
- H. D'OTREPPE, Hier et aujourd'hui: Grand-Menil, p. 98.
- G. BENOIT, La croix Jeanpierre, sous Priesmont, p.100.
- L. MARQUET, La Roche-en-Ardenne au XVIIe siècle au temps des guerres, pp. 5-23.
- J. BOSMANS, Aires de faulde et charbonniers en Ardenne: le dramatique incendie d'une hutte de charbonniers, la nuit du 10 au 11 août 1808 à Belheid (Samrée), pp. 25-29.
- M. PETERS, Autour d'une croix de 1877 et d'une chapelle à Beho, pp. 31-34.
- G. BENOIT, Course cycliste endeuillée à Salmchâteau en 1911, pp. 35-36.
- J. DE POTTER/G. ANTOINE/H. D'OTREPPE, Aux origines de la maison De Potter à Gouvy, pp. 37-38.
- J. DETAILLE/B. VAN EERDENBRUGH, Les vestiges d'orpaillage de l'âge du fer en amont de Bèche et dans la forêt domaniale du Grand Bois, pp. 39-47.
- R. NIZET, Les kiosques à musique de Vielsalm, pp. 49-54.
- C. DRAILY/O. VRIELYNCK, La nécropole celte de Courtil "Hastape" dans le groupe nord des tombelles ardennaises, pp. 55-62.
- HONORÉ, Mémoires de la guerre 1914-1918 à Vielsalm, pp. 63-76.
- G. BENOIT, Sur l'exploitation du plomb à Bihain, p. 77.
- GRUEN/BILFINGER, Reconstruction du tunnel de Trois-Ponts en 1940, pp. 79-83.
- V.d.G., Au fil des lectures: Salm à Bruxelles..., p. 85.
- J. THOMAS, De l'argile pour les fours à pains, p. 86.
- J. TOUBON, Quelques ajoutes à propos de Pierre Joseph MONFORT de Lierneux, pp. 88-89.
- V.d.G., Burtonville: la croix Bontemps, p. 90.
- C. LEGROS,A propos de myrtilles, pp. 91-93.
- G. BENOIT, Bovigny - Le docteur (Pierre-François) Lomry (1868-1941), pp. 96-97.
- H. D'OTREPPE, Hier et aujourd'hui: Grand-Menil, p. 98.
- G. BENOIT, La croix Jeanpierre, sous Priesmont, p.100.
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Vielsalm
lundi 24 mars 2014
Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps
L’Organe
de Vielsalm du 30 mars 1913 rapporte qu’à Lierneux, un incendie d’une extrême violence
s’est déclaré dimanche soir dans l’habitation de M. André Monfort. Grâce au prompt secours apporté par le pompier
volontaire de la colonie avec son matériel moderne, le sinistre a pu être
localisé. Sur plainte anonyme, le parquet de Verviers a ouvert une enquête et
interrogé plusieurs pensionnaires.
Il est vrai que les Monfort connaissent
des incendies à répétition !
Dans celui du 12 mars 1933 : Un avis important : Eugène Grognard a
l’honneur d’informer le public qu’il vient de louer le moulin et la
scierie Kieffer et qu’il se recommande pour tout ce qui concerne des deux
industries en garantissant un travail parfait et à un prix avantageux.
L’édition du 7 janvier 1934 signale
des jeux dangereux. Des jeunes gens
de la localité étaient occupés à glisser sur la Vieille tchavi. Un des toboggans sur lequel avaient pris place J. Bande, J. Ravigna et A.Jeunejean n’a
pu s’engager sur la route de Ville-du-Bois et alla buter contre un arbre. J.
Bande eut une déchirure à la cuisse et J. Ravigna fut tout contusionné.
Rebelote le 11 février de la même année : glissant au même endroit, le
petit Paul Fraiture tomba si
malencontreusement qu’il se fractura le bras.
Une
collision d’autos à Vielsalm dans L’Organe
du 21 janvier 1934 :
M. Toussaint, garagiste à Ville-du-Bois,
pilotant la voiture de M. Demoulin, se dirigeait vers Vielsalm, lorsque arrivé
au pont sur l’eau maréchal [sic. Serait-ce à l’entrée de la propriété de
Rosée ? ]
il entra violemment en collision avec l’auto Gillis-Dumont, boucher à Vielsalm
et roulant en sens inverse. La dépanneuse du garage Biémont vint dépanner les
voitures et la police enquête pour déterminer les responsabilités de cet
accident qui n’a causé que des dégâts matériels.
Le
11 mars 1934 : A Ville-du-Bois, l’instituteur Depierreux donnait une leçon de gymnastique et employait
un extenseur dont il tenait une extrémité tandis que les élèves tiraient à
l’autre bout. Soudain, l’un d’eux lâcha la poignée qui fut lancée au visage de
l’instituteur, lui brisant les lunettes dont un éclat pénétra profondément dans
l’œil. Le médecin mandé d’urgence put extraire l’éclat de verre et malgré la
vilaine entaille espère lui conserver l’œil.
Dans le même journal, de l’espionnage à
Vielsalm ?
Le 1er mars une nouvelle
servante vint s’engager chez M. M… à Ville -du-Bois. Mercredi, les ouvriers
occupés aux fortins remarquèrent que cette demoiselle photographiait un de ces fortins
sous tous les angles. La gendarmerie
vint lui confisquer toutes les plaques. Cette personne, une allemande dont les
papiers ne sont pas en règle, vient d’être réexpédiée à la frontière comme
indésirable en Belgique. La mise à l’ombre aurait été plus judicieuse.
Mais le 18 mars une rectification
est apportée : contrairement à ce qui était annoncé et de renseignements
puisés à source certaine, il est absolument faux qu’il y ait eu une affaire
d’espionnage à Ville-du-Bois.
Précipitation ou psychose ?
mardi 2 juillet 2013
jeudi 27 juin 2013
Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps
L’Organe
de Vielsalm nous apprend :
Le
24 mai 1908 :
A
Commanster, mardi vers 8h du matin, le feu s’est déclaré au domicile des demoiselles
Tarchamps, débitantes, immeuble appartenant aux époux Merget- Tibon. Il n’en
reste que les murs.
A
Grand-Halleux, jeudi dernier vers 6h30 du soir, la nommée Josse Marianne, 57
ans, épouse Herman Hubert, cultivateur à Petit-Halleux, a été trouvée pendue
dans une chambre à l’étage de son habitation. La malheureuse, malade depuis des
années, a mis fin à ses jours à l’aide d’un tablier. L’attention des voisins a été attirée par le bétail qui réclamait le
repas du soir, le mari étant absent.
Le
23 mai 1909 : aujourd’hui à 3 heures,
courses vélocypédiques au parc communal de Vielsalm. Les concurrents auront à effectuer
le trajet Vielsalm-Grand-Halleux et retour et faire, pendant une heure, le
circuit du vélodrome improvisé dans le parc.
Toujours pour les amateurs de cyclisme,
on annonce le passage à Vielsalm le 28
mai prochain du tour de Belgique. Départ à Namur et arrivée à Verviers.
Le
10 avril 1910 : La course inter-club
organisée à Lierneux a vu 8 partants au départ, course très dure en raison du
nombre de côtes. Oscar Massoz est arrivé premier avec 10 minutes d’avance sur
le second Joseph Massoz. On le voit, le cyclisme était un sport fort pratiqué
dans la région.
Notre police est sur les dents et
s’efforce de mettre la main au collet du triste individu qui dimanche vers 8
h30 du soir s’était embusqué à l’entrée de la propriété de Rosée et a
agressé la femme Jeanpierre-Caillet de Petit-Thier.
La semaine suivante, malgré les infatigables recherches et l’audition d’une
quarantaine de personnes, le mystère n’était pas éclairci.
Le
1er mai 1910 :
A Vielsalm, dimanche dernier, a eu lieu
la manifestation d’adieu organisée à l’occasion du départ de M. Martilly, curé-doyen.
[Tout le monde ne regrette pas celui-ci !]
-A Bovigny, on va réparer le pont mais,
si la rumeur dit vrai, on veut lui conserver son grand défaut [non précisé].
- Un accident de chemin de fer :
Jos. Brasseur de Vielsalm, le serre-frein du dépôt de Trois-Ponts se rendant au
train pour y prendre son service a été atteint par un wagon vide lancé sur une
voie de manœuvre. Transporté à l’hôpital de Stavelot il y est décédé le
lendemain. Il y a trois mois à peine que la fille de la victime s’était noyée
accidentellement dans la Salm.
- Le chien des époux Denis Colson,
colporteurs à Vielsalm, a dû être abattu : il avait voulu mordre sa maîtresse
et on suppose qu’il était atteint de la
rage.
Le
1er juin 1913 : jeudi dernier a
eu lieu l’enterrement de Eugène Thonard. Une foule énorme
le conduisait à sa dernière demeure. Il était le propriétaire de l’Hôtel Belle
Vue, vice-président des Echos de la Salm et président de la société
colombophile Le Ramier. Il n’avait que 31 ans et était l’époux de Léontine Jeunejean
qui gérera seule leur réputé hôtel durant de longues années.
Son frère Jean Thonard était décédé il y a peu
de temps en pleine jeunesse également.
Robert
NIZET
mercredi 20 mars 2013
Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps
Dans
l’Organe de Vielsalm du 26 février
1905 : par A.R. du 10 ct le Docteur Léon Deperon est révoqué de ses
fonctions de médecin-directeur de la Colonie d’Aliénés de
Lierneux suite aux malversations signalées précédemment dans ce journal.
Monsieur
Henri Delvaux avait l’an passé exhumé des cartons le vieux projet de chemin de
fer Bruxelles- Mayence, ce qui a fait tressaillir les populations et tout le
nord du Luxembourg qui entrevoyait dans
la construction d’une grande ligne internationale la transformation complète de
son territoire et le bien-être pénétrant dans cette contrée défavorisée. Depuis
lors, on n’en avait plus parlé mais voilà qu’un grand mouvement se prépare pour
la prompte réalisation du projet. Les relations avec les pays voisins prennent
une telle expansion qu’elles nécessitent
la création d’une voie de transport plus rapide. Or la ligne Bruxelles-Mayence
par Marche et Vielsalm répondrait le mieux à ces désiderata.
Malgré
cet engouement, on sait maintenant que cette idée resta à l’état de projet et
qu’il fallut attendre la guerre de 14-18 pour que les Allemands s’attaquent
vraiment à la modernisation du réseau ferroviaire local et à son développement
par la création, notamment, des lignes Vielsalm-Born et Gouvy-Saint-Vith.
Le
compte-rendu du Conseil communal du 18 février 1906 rapporté par l’Organe du 24 comporte une
intéressante intervention en faveur de l’instruction obligatoire, objet d’une
campagne nationale et cite les statistiques suivantes :
Sur
8423 flamands incorporés, 1100 miliciens ne savaient ni lire ni écrire et 564
savaient seulement lire. Pour les 5434 wallons, 520 ne savent ni lire ni
écrire, 245 savent seulement lire, 1127 savent lire et écrire, 2632 savent lire
et calculer.
Un
conseiller remarque que les libéraux n’ont pas fait mieux que les catholiques,
ils auraient pu décréter l’instruction obligatoire lorsqu’ils étaient au
pouvoir !
Un
incendie d’une rare violence à Salmchâteau est rapporté par l’Organe du 23 février 1908 : la
maison d’habitation et les ateliers de Romain Nikelmann, constructeur de
machines agricoles ont été complètement détruits. Il ne reste que les murs mais
il y avait assurance.
Le 13 février 1910, l’Organe met en garde
contre des escrocs : un couple dangereux pratique l’escroquerie à la
souscription pour des prétendues œuvres bien pensantes. Le couple est domicilié
à Bruxelles. Lui, Jean-Jacques Jardens, 39 ans, est de Bruxelles ; elle,
Marie-Palmyre Arasse, 37 ans, est née à Vielsalm.
Comme
on le voit, on ne s’embarrassait pas de précautions à propos de l’anonymat.
On trouvait aussi dans cette édition l’avis
suivant : dimanche 20 février 1910
à une heure de relevée, le sieur Théophile Duvivier à Vielsalm, vendra
publiquement sur la gare de Lierneux 1500 piquets de clôture. Au comptant.
L’Organe de Vielsalm du 22 février 1913 relate un
drame conjugal à Grand-Halleux le jeudi précédent. Un appelé Syon, natif de
Wibrin, de mœurs assez douteuses et vagabond de la pire espèce, voulut s’introduire dans la demeure du
dénommé Smolders à Spineux-Wanne. Celui-ci qui avait des doutes et le présumait
l’amant de sa femme défendit l’entrée de sa maison. Syon ne se tint pas pour
battu et commença à en faire le siège en lançant des projectiles de toute
nature. Smolders prit alors son révolver, tira sur son agresseur et le tua net
puis alla se constituer prisonnier. Smolders qui provient d’une très honorable
famille est très abattu mais a agi en cas de légitime défense.
Il
n’est fait aucune mention d’une éventuelle réaction de l’épouse convoitée par
la victime ni même, mais ça va sans dire,
d’une raclée lui administrée par son mari !
Robert NIZET
mardi 5 mars 2013
Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps
Dans l’Organe du 12 février 1905 :
La
série rouge continue à Lierneux : jeudi dernier le feu a détruit trois
maisons appartenant à M. Guillaume. Cette catastrophe porte à 12 le nombre de
maisons incendiées à Lierneux depuis un mois !
Jules
Jeunejean, mécanicien et maréchal ferrant informe que ses ateliers seront
transférés rue de la Station
dans l’ancienne maison Arasse.
Il s’agit de l’immeuble Cottin, Simon jusque récemment (puisqu’il vient
d’être vendu et va être rasé) et situé sous le monument aux Coloniaux. Un
certain Walrant (ou Wallerant ?) y a aussi (avant ou après ?)
fabriqué des pierres à rasoir.
Enfin,
l’éditeur incite ses lecteurs à demander les nouvelles cartes postales
illustrées de la chasse à courre de Vielsalm. Sans doute Gillet se bornait-il à
les imprimer, laissant à plusieurs commerçants de la localité le soin de les
éditer ?
Dans l’Organe du 11 février 1906 un abonné
signale l’état lamentable du matériel roulant sur la ligne
Gouvy-Libramont : les trains y sont composés de voitures légères destinées
à ne faire que du 45km/h mais roulent souvent à du 60 km/h pour récupérer le
retard. Donc le matériel est détraqué, disloqué, les ressorts déformés et on
subit des secousses. Pourtant il existe, remisées dans des dépôts, de
nombreuses voitures construites pour le service des voyageurs durant
l’exposition de Liège.
A
Bovigny, une chasse avait été organisée à la
Heid. Un sanglier avait été blessé et fut
poursuivi par quelques chasseurs mais l’animal rendu furieux bourra sur eux à
différentes reprises et cassa la jambe gauche à Jules Jacob de Rogery. Soins donnés par le Dr Lomry qui participait
à la chasse et la bête de 76
kg achevée.
Lucien
Remacle, agent du comité spécial du Katanga et décoré de l’étoile de service de
l’Etat indépendant du Congo, était né à Ville-du-Bois le 4 juillet 1870 et est
décédé au poste de Lubefu le 26 septembre 1906.
On
suppose, vu le délai, que le corps avait été rapatrié.
L’Organe du 24 janvier 1909 relate l’accident mortel
survenu à la halte de Rencheux : Gengoux Peters de Ville-du-Bois, garde
barrière de nuit, a été tamponné par le train de marchandises de 21h45 et
trouvé à l’état de cadavre vers 22 heures. On suppose qu’il n’aura pas entendu
venir le train ou que, trompé par l’obscurité, il se sera approché trop près de la voie.
L’Organe du 6 février 1910 donne le compte-rendu complet
de la séance du 30 janvier du conseil communal. Il y est question d’une lettre
de la Fabrique
d’église tendant à obtenir l’autorisation de placer une nouvelle horloge à
l’église. Celle qui existe est dans un tel état de délabrement qu’elle fait
craindre des accidents et qu’elle indique l’heure d’une façon très irrégulière,
étant en fonction depuis 203 ans. Le devis présenté par M. Lugeler de
Strasbourg, ayant comme représentant à Vielsalm Joseph Starck, s’élève à 1864 Fr et l’intervention de la
commune serait de 932 Fr. Bien qu’il y aurait eu appel à deux fabricants mais
qu’un seul devis soit présenté, la proposition de placement est admise à
l’unanimité.
L’Organe du 9 février 1913 est consacré, comme très
souvent, principalement au compte rendu du conseil communal. Cette fois-ci,
celui-ci commence par indiquer qu’une assistance nombreuse se trouvait dans la
salle, attendant avec stoïcité l’ouverture des débats qui, malheureusement pour
eux, se sont déroulés le plus courtoisement et sans altercation.
Ce
n’était pas toujours le cas.
Ces
séances du conseil semblaient être attendues et suivies comme une distraction
fort prisée ! Remarquons cette fois, notamment, une demande de subsides des Zélés Orphéonistes de Bêche (un Bêchlî sachant manier la plume ne
pourrait-il nous instruire sur cette société ?) et une pétition des gens
de Rencheux réclamant l’eau alimentaire !
A
Lierneux, dimanche dernier vers midi, la maison de Mr J. Massoz a été tellement
malmenée par le vent que le pignon a été enlevé. Une personne qui était alitée
a été projetée de l’étage au rez–de- chaussée et y est arrivée indemne. Il n’y
a pas d’accident à déplorer.
M.
Léopold Michaux, ancien docteur à Vielsalm, qui était parti au Congo l’année
dernière (1913) est décédé à Kambové le 28 janvier dernier à l’âge de 47
ans.
Robert
NIZET
lundi 4 février 2013
Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps
L’Organe du dimanche 15
janvier 1905 donne
comme d’habitude l’intégralité du compte-rendu sténographique du conseil
communal du 11 ct. Il y est abondamment question du cimetière de Salmchâteau
dont une bonne moitié ne sert pas et que l’on dénomme « le trou des chiens » ! Un conseiller demande que l’on ne fasse pas
comme à Vielsalm où lorsqu’on doit entrer un monument au cimetière, on est
obligé de démolir le mur.
Une
mise au point concernant la séance précédente est demandée par un autre
conseiller : l’école des filles avait été fermée dix jours sans
autorisation préalable, l’institutrice souhaitant se rendre à un pèlerinage. Un
conseiller reproche à un autre de réclamer contre cette futilité et lui dit
qu’il est un sale calotin. Et l’autre
de rétorquer que lui est un espèce de
socialiste. En fait le rapporteur aurait ajouté le mot sale qui n’aurait pas été prononcé.
On le
voit, à cette époque, les séances du conseil ne manquaient pas d’ambiance.
De
nouveau un gros incendie à Lierneux où quatre habitations viennent encore
d’être détruites. Le feu s’est déclaré dans la grange du fermier Monfort dans
un tas de bruyères dessèchées. Activé par le vent qui soufflait en tempête le
feu s’est communiqué aux habitations des fermiers Saigers, Parmentier et à
celle occupée par le frère du premier sinistré. Six têtes de bétail ont péri
ainsi qu’une douzaine de porcs. Les frères Monfort avaient déjà perdu une maison
dans le précédent incendie signalé le 1er janvier dernier.
Toujours
à Lierneux, une grave affaire de détournement dont il sera question très
souvent à l’avenir dans les colonnes du journal, celui commis par le Directeur
de la Colonie. Il
aurait fait figurer dans les comptes des notes au nom de personnes décédées et
enterrées depuis longtemps et aurait gonflé certaines dépenses.
Dans l’Organe du 11 janvier 1914 : A la
suite de la fonte des neiges et d’une pluie torrentielle une énorme crue d’eau
s’est produite. C’est ainsi que les prés Les
Doyards sont complètement submergés.
Voyant la rapidité avec laquelle s’amenaient les eaux, on fit évacuer les
chevaux de la brasserie Kieffer : à l’heure qu’il est l’eau a pénétré dans
ce bâtiment et y a atteint 50cm de hauteur. A la gare, les usines Jacques sont
également malmenées par les eaux : le concierge a dû transporter ses
pénates à l’étage et ses meubles et son poêle ont disparu sous l’eau.
Salmchâteau n’est pas non plus épargnée ; plusieurs habitants de la Basse-Ville
ont dû déménager. Mais l’Organe du 18
janvier indique que vendredi dernier vers 6 heures
du soir, la digue des étangs alimentant l’usine centrale électrique de Cierreux
s’est rompue par suite de la trop grande quantité d’eau. C’est principalement
ce qui a provoqué les inondations relatées ci-dessus.
Robert NIZET ( A suivre)
mercredi 23 janvier 2013
Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps
L’Organe du dimanche 1er
janvier 1905
Dans
un petit village des bords de l’Ourthe, on a aperçu tout récemment une
limousine automobile arrêtée près d’un appareil photographique sur pied. L’auto
était en fait un laboratoire complet de photographe avec vitres rouges,
cuvettes, révélateur, fixateur pour développer un cliché. L’opérateur
travaillait pour un éditeur de cartes postales illustrées de Paris et avait
réalisé quatre cents clichés de « La Belgique en hiver » en dix jours de givre.
Grâce aux plaques rapides et à une automobile tout aussi rapide, les clichés se
faisaient à la douzaine. Où est le temps du collodion liquide où l’on faisait
trois clichés par jour ?
Mais
que sont devenus ces clichés ?
A
Lierneux un incendie a détruit au centre du village quatre maisons occupées par
MM. Monfort, Germain, Habotte, Constant Gaspard et Jean-Jos. Mathieu. On n’a pu
préserver que les récoltes avoisinantes et sauver le bétail sauf une chèvre et
un porc. Il ne reste que quelques murs.
Dans l’Organe du dimanche 8 janvier on
apprend que les religieuses dominicaines établies à Provèdroux, n°18 sont à la
disposition des malades pour aller les soigner à domicile.
Qui
se souvient de ce service particulier ?
L’Organe du 7 janvier 1906 commence par un avis aux lecteurs :
L’Organe créé en 1885 vient donc de doubler le cap de sa vingt-unième (sic)
année. Le plus vif désir de l’éditeur a toujours été de rendre son journal le
plus intéressant possible. Il organisera cette année dans chaque village de la
contrée un service sérieux de reporters afin que les plus petits faits lui
soient renseignés et que la moindre nouvelle n’échappe pas à la connaissance de
ses lecteurs.
La
dame de L’Annonce ne devrait-elle pas
faire de même ?
Mr
l’abbé Hautôt, vicaire d’Etalle, vient d’être promu curé à Commanster.
Si
l’on dit que c’est une promotion…
Innovation
dans l’Organe du 12 janvier 1913 :
une chronique des livres que l’on va retrouver tout au long de l’année et même
au-delà et qui est signée G. de Prouves.
Je me
demande si c’est un ancêtre de Guy don de Bêche. Je me promets de poser la
question à celui-ci !
Dans
la nuit de mercredi à jeudi dernier, les habitants furent réveillés par les
cris de Au feu, Au feu puis le
clairon et le tocsin lancèrent aussi le signal avertisseur d’un incendie.
Le
feu qui s’était déclaré soudainement (route de Neuville c'est-à-dire actuelle
rue du Général Jacques) dans l’atelier de M. Rommès, charron, ne tarda pas à
s’étendre à deux autres maisons, l’une habitée par M. Jacoby et l’autre, le
local du cercle catholique, occupée par le tenancier. Ces constructions
vieilles de plus de cent ans ne tardèrent pas à être transformées en un immense
brasier et furent bientôt réduites en
cendres. Les pompiers et les habitants accourus sur les lieux mirent
tout en œuvre pour circonscrire les flammes mais il fallut se borner à
préserver les maisons voisines. On ignore les causes qui ont provoqué
l’incendie dont les dégâts sont évalués à plus de 25.0000Fr.
A
Limerlé, un vol d’environ 80m de fil de cuivre a été commis au préjudice de
l’Administration des téléphones et télégraphes. Ce fil fut coupé sur la ligne qui reliait Limerlé à Cherain.
Il
n’y a vraiment rien de neuf sous le soleil.
Il
n’y avait, en ce temps- là dans notre localité, aucune difficulté pour faire soigner ses dents :
Maurice
Sasserath peut être consulté à l’Hôtel
Molhan-Renard à Vielsalm-Gare le troisième mardi de chaque mois ou chez Joseph
Denis entrepreneur aux Quatre-Coins ; Ad. Leloup dentiste à Malmedy peut
être consulté tous les premiers mardis du mois au café de la Renaissance Emile
Lekeu-Lambert ; Amédée Hesse de Verviers se signale aussi à l’attention
des lecteurs et reçoit le premier lundi du mois chez Cahay, hôtelier à la Gare ; le Dr Legros de Vielsalm s’est aussi
spécialisé dans l’art dentaire.
Robert
NIZET
vendredi 11 février 2011
Organe de Vielsalm
( dimanche 5 décembre 1886, Première année, n°4)
CORRESPONDANCE.
Monsieur l’éditeur de l’Organe de Vielsalm.
Je sais que les affaires communales vous intéressent tout particulièrement ; c’est pourquoi je me suis fait l’interprète de plusieurs de mes concitoyens en me permettant d’attirer votre attention sur une question très importante pour les habitants de la section de Rencheux.
Le soir, le chemin qui relie ce village à Vielsalm, est très fréquenté et la route, n’étant pas éclairée, présente de véritables dangers en plus d’un point.
Il serait facile et peu couteux de remédier à cet état de choses en plaçant quelques réverbères aux endroits les plus dangereux.
Nous osons espérer que l’on ne reculera pas devant la minime dépense qu’occasionnera notre demande.
Agréez, Monsieur l’éditeur, nos respectueuses salutations.
Un abonné de Rencheux.
Faits divers
Vol audacieux.
Pendant la nuit du 30 novembre au 1er décembre courant, des malfaiteurs ont perpétré un vol audacieux à Vielsalm. Après avoir enlevé à la forge de Léon Laloire les instruments qu’ils destinaient à l’accomplissement de leur œuvre scélérate, ils se sont introduits successivement ;
1° Chez M. Renoupré, où ils n’ont pu aller au delà de la cuisine, qui était fermée.
2° Chez M. Beaupain, notre honorable bourgmestre, où ils ont fait main basse sur l’argenterie et d’autres objets d’une valeur assez considérable.
3° Chez M. Cahay, à l’Hôtel du Midi, où ils se sont emparés d’une somme d’environ quarante francs déposée dans le comptoir.
Pour pénétrer dans ces habitations, les voleurs ont enduit de farine délayée un carreau de la fenêtre et après l’avoir coupé, ils l’ont brisé afin de pouvoir ouvrir la fenêtre en faisant jouer l’espagnolette.
La gendarmerie, prévenue dans la matinée, est sur pied et fait d’actives recherches.
Espérons que les malfaiteurs tomberont bientôt aux mains de la justice et recevront le juste châtiment de leur forfait.
Etat-Civil de Vielsalm
Du 26 novembre au 2 décembre 1886.
NAISSANCE : 1.
Théophile-Joseph, fils de Jacob, François-Joseph, et de Tigny, Marie-Anne-Joseph-Amélie de Bèche.
DECES : 2.
Winchen, Marie-Marguerite, âgée de 63 ans, veuve de Lebecque, Jean-Guillaume, de Salmchâteau.
Pecheux, Marie-Joseph, âgée de 29 ans, épouse de Jacob, Léonard-Joseph, de Ville du Bois.
MARIAGE : 0
Publication de mariage entre : Comté, Christophe-Alexis, 21 ans, ouvrier au chemin de fer, à Grand-Halleux, et Rondeux, Marie-Augustine, 21 ans, sans profession, à Rencheux.
Annonces :
JARDINAGE.
M. ADAM jardinier-fleuriste.
Se recommande pour tout ce qui concerne son état, tels que jardinage, taille d’arbres, tonte des haies, etc. Il est établi chez M. Paul COLSON, négociant à Vielsalm.
Travail soigné.
___
Avis aux jeunes gens amateurs de musique.
Un cours de musique s’ouvrira, à partir du 8 décembre courant, chez m. Hoffmann Emile, à Rencheux.
Ce cours comprendra :
1° Etude complète et détaillée du Solfège.
2° Etude de l’instrument en cuivre.
Les cours auront lieu, les lundi, mercredi et vendredi de chaque semaine, de 7 à 9 heures du soir.
Le prix est fixé à fr. 1,50 par mois.
___
LES MACHINES A COUDRE SINGER
De tous systèmes et de toutes forces se trouvent chez M. STARCK, horloger à Vielsalm.
On y trouve également Montres, Pendules, Horloges, etc., de 1er choix.
Réparations soignées et garanties.
Commune de Lierneux
VENTE DEFINITIVE D’EXCEDANTS DE VOIRIE A LIERNEUX.
Le jeudi 16 décembre 1886, à 9 heures du matin, et jours suivants s’il y a lieu.
Le Collège des Bourgmestre et Echevins de la commune de Lierneux fera vendre publiquement, en la salle communale et par le ministère de Me Louis MATHEY, notaire à Lierneux, les EXCEDANTS DE VOIRIE non repris au chiffre de l’expertise aux ventes antérieures.
Pour tous renseignements, s’adresser au Secrétariat communal de Lierneux.
Par le Collège :
Le Secrétaire, HAKIN
Le Bourgmestre BECHOUX.
Horaire du train.
CORRESPONDANCE.
Monsieur l’éditeur de l’Organe de Vielsalm.
Je sais que les affaires communales vous intéressent tout particulièrement ; c’est pourquoi je me suis fait l’interprète de plusieurs de mes concitoyens en me permettant d’attirer votre attention sur une question très importante pour les habitants de la section de Rencheux.
Le soir, le chemin qui relie ce village à Vielsalm, est très fréquenté et la route, n’étant pas éclairée, présente de véritables dangers en plus d’un point.
Il serait facile et peu couteux de remédier à cet état de choses en plaçant quelques réverbères aux endroits les plus dangereux.
Nous osons espérer que l’on ne reculera pas devant la minime dépense qu’occasionnera notre demande.
Agréez, Monsieur l’éditeur, nos respectueuses salutations.
Un abonné de Rencheux.
Faits divers
Vol audacieux.
Pendant la nuit du 30 novembre au 1er décembre courant, des malfaiteurs ont perpétré un vol audacieux à Vielsalm. Après avoir enlevé à la forge de Léon Laloire les instruments qu’ils destinaient à l’accomplissement de leur œuvre scélérate, ils se sont introduits successivement ;
1° Chez M. Renoupré, où ils n’ont pu aller au delà de la cuisine, qui était fermée.
2° Chez M. Beaupain, notre honorable bourgmestre, où ils ont fait main basse sur l’argenterie et d’autres objets d’une valeur assez considérable.
3° Chez M. Cahay, à l’Hôtel du Midi, où ils se sont emparés d’une somme d’environ quarante francs déposée dans le comptoir.
Pour pénétrer dans ces habitations, les voleurs ont enduit de farine délayée un carreau de la fenêtre et après l’avoir coupé, ils l’ont brisé afin de pouvoir ouvrir la fenêtre en faisant jouer l’espagnolette.
La gendarmerie, prévenue dans la matinée, est sur pied et fait d’actives recherches.
Espérons que les malfaiteurs tomberont bientôt aux mains de la justice et recevront le juste châtiment de leur forfait.
Etat-Civil de Vielsalm
Du 26 novembre au 2 décembre 1886.
NAISSANCE : 1.
Théophile-Joseph, fils de Jacob, François-Joseph, et de Tigny, Marie-Anne-Joseph-Amélie de Bèche.
DECES : 2.
Winchen, Marie-Marguerite, âgée de 63 ans, veuve de Lebecque, Jean-Guillaume, de Salmchâteau.
Pecheux, Marie-Joseph, âgée de 29 ans, épouse de Jacob, Léonard-Joseph, de Ville du Bois.
MARIAGE : 0
Publication de mariage entre : Comté, Christophe-Alexis, 21 ans, ouvrier au chemin de fer, à Grand-Halleux, et Rondeux, Marie-Augustine, 21 ans, sans profession, à Rencheux.
Annonces :
JARDINAGE.
M. ADAM jardinier-fleuriste.
Se recommande pour tout ce qui concerne son état, tels que jardinage, taille d’arbres, tonte des haies, etc. Il est établi chez M. Paul COLSON, négociant à Vielsalm.
Travail soigné.
___
Avis aux jeunes gens amateurs de musique.
Un cours de musique s’ouvrira, à partir du 8 décembre courant, chez m. Hoffmann Emile, à Rencheux.
Ce cours comprendra :
1° Etude complète et détaillée du Solfège.
2° Etude de l’instrument en cuivre.
Les cours auront lieu, les lundi, mercredi et vendredi de chaque semaine, de 7 à 9 heures du soir.
Le prix est fixé à fr. 1,50 par mois.
___
LES MACHINES A COUDRE SINGER
De tous systèmes et de toutes forces se trouvent chez M. STARCK, horloger à Vielsalm.
On y trouve également Montres, Pendules, Horloges, etc., de 1er choix.
Réparations soignées et garanties.
Commune de Lierneux
VENTE DEFINITIVE D’EXCEDANTS DE VOIRIE A LIERNEUX.
Le jeudi 16 décembre 1886, à 9 heures du matin, et jours suivants s’il y a lieu.
Le Collège des Bourgmestre et Echevins de la commune de Lierneux fera vendre publiquement, en la salle communale et par le ministère de Me Louis MATHEY, notaire à Lierneux, les EXCEDANTS DE VOIRIE non repris au chiffre de l’expertise aux ventes antérieures.
Pour tous renseignements, s’adresser au Secrétariat communal de Lierneux.
Par le Collège :
Le Secrétaire, HAKIN
Le Bourgmestre BECHOUX.
Horaire du train.
mercredi 17 novembre 2010
dimanche 2 mai 2010
Le moulin d’Ecdoval.
(publié dans Ourthe-Amblève, du 8 juin 1962)
Les moulins de Lierneux ont-ils une histoire ? On ne sait. Mais aujourd’hui certains ont perdu leur silhouette traditionnelle, et beaucoup de par leur aménagement plus moderne rompent l’ordonnance des sites rustiques. Hélas ! pour vivre, il faut marcher avec les progrès de son temps.
Le moulin d’Ecdoval, à Lierneux, doit avoir son origine dans un temps dont on ne parle plus. Pendant des siècles, il a tourné inlassablement, moulant du grain, moulant du bruit, moulant du vent… moulant des … souvenirs. À l’emplacement du moulin actuel, il semble certain que l’abbaye de Stavelot en avait fait construire un. Il nous est difficile d’en préciser la date. Au dessus d’une petite porte de l’ancienne bâtisse, une inscription taillée dans la pierre indiquait : A.G.1167.
Au sujet des revenus du monastère de Stavelot, au ban de Lierneux, en 1365, il est cité « Kedovauz » ; s’agit-il du moulin ou de certaines dépendances voisines ?
Aussi loin que nous avons pu remonter, nous trouvons un acte daté du 14 février 1452, ainsi conçu :
(Traduction : « Recueil des chartes » par HALKIN et ROLAND)
(Pour le deuxième moulin, il s’agit du moulin de La Fosse, mieux connu sous le nom de « Paquay » qui semble avoir existé depuis longtemps.)

D’autres documents anciens sont relatifs à ces moulins, notamment un acte daté du 21 avril 1490.
En 1496, il n’est plus question que d’un seul moulin, vraisemblablement celui d’Ecdoval. Nous trouvons l’acte suivant :
Un autre document :
Jacques Halconreux de Joubiéval était meunier à Ecdoval en 1616-1628-1629. Son fils Cornet le meunier de Lierneux est cité en avril 1560 et le 30 août. Il était mort en 1649 (Taille de 1679).
Dans une liste de confirmés (1680) il est cité : « Johannes Molitoris de Gudoval ».
En 1795, la révolution française par ses réquisitions ruineuses et son administration brutale s’empara du moulin d’Ecdoval en temps que propriété de l’abbaye de Stavelot. Le moulin est vendu aux enchères au profit de la République.
Par décret du Prince d’Orange des Pays-Bas, il a été acheté entre 1825 et 1830 par le sieur LEBRUN à Madame CALLEZ de Stavelot. On croit que la bâtisse qui existait avant 1940 datait de cette époque.
Dans un document du 18e siècle, on écrit : « Decdoval ».
En 1831, le moulin est en possession du sieur Philippe Joseph CALLEZ. Le 7 août 1832, ce dernier introduit une demande afin d’obtenir la concession d’un terrain communal contigu à ce moulin. La municipalité de Lierneux accordée, pour la somme de 43 florins 26 cents. Ce terrain étant destiné à y construire un bâtiment adossé au dit moulin (contenance du terrain évaluée par le sieur NISEN, arpenteur juré, 3 perches 86 aunes).
En 1855, une nouvelle demande de construction est faite, ce qui laisse supposer que l’immeuble était dans un mauvais état ou détruit dans des circonstances indéterminées. Cette demande (8 février) émanant de Guillaume-Joseph STRAPS occupant le moulin, qu’il avait acquis des enfants LÉONARD Jean-Joseph, joignant dit le document, le ruisseau dit « Eau de Ghée », quel moulin sera mu par deux roues hydrauliques alimentées par ce ruisseau.
L’autorisation fut accordée par le Conseil communal en sa séance du 23 mars 1855.
Au cours de la dernière guerre, principalement en janvier 1945, lors de la contre-offensive de VON RUNDSTEDT, le moulin d’Ecdoval, dit aussi Gilles, subit de bien graves dégâts. Le moulin proprement dit cependant, résista aux secousses des bombardements. Il n’en fut pas de même de la maison d’habitation contigüe qui a été ravagée par un incendie provoqué par les bombes. Heureusement on parvint à localiser le sinistre.
Des décombres on sauva une vieille taque de cheminée en fonte, portant le millésime 1607. Elle mesure 1m10 sur 1m10 et est divisée en trois parties. Le pourtour est décoré de dessin, de fleurs et d’ornements divers sans aucun art spécial. Au centre un relief : « Adam et Eve au paradis terrestre », et sur les côtés le « Sacrifice d’Isaac » ; cette taque, à notre point de vue, n’a aucune valeur historique, mais la date doit retenir l’attention.
Les immeubles et le moulin proprement dits qui tout d’abord passèrent à M. VECHOUX, ancien mayeur de Lierneux et ensuite à M. Léopold BECHOUX, appartiennent aujourd’hui à M. Jules BECHOUX, fils de ce dernier, qui en assure l’exploitation.
C’est un joli coin que le moulin d’Ecdoval et il fait rêver le poète. Au fond du vallon, il se niche, ombragé par les frondaisons. Un petit ruisseau marque ses jolis méandres, sépare les prairies. Sa voix en s’aventurant vers Lansival s’affirme plus grave et bondit entre les pierres. Jadis, il formait le réservoir pour alimenter la grande roue à aube qui battait le courant du ruisseau. C’était autant de motifs d’enchantement, de sujets de légendes et de contes peut-être, de chansons enfantines.
Aujourd’hui inerte, elle est sans force, vermoulue, fée électricité l’a supplantée.
C. PIERARD
« Moulins et meuniers de notre vieille Ardenne, sont choses de chez nous, imprégnées de mystérieux passé, symbole du rude travail, de vie simple. »
Les moulins de Lierneux ont-ils une histoire ? On ne sait. Mais aujourd’hui certains ont perdu leur silhouette traditionnelle, et beaucoup de par leur aménagement plus moderne rompent l’ordonnance des sites rustiques. Hélas ! pour vivre, il faut marcher avec les progrès de son temps.
Le moulin d’Ecdoval, à Lierneux, doit avoir son origine dans un temps dont on ne parle plus. Pendant des siècles, il a tourné inlassablement, moulant du grain, moulant du bruit, moulant du vent… moulant des … souvenirs. À l’emplacement du moulin actuel, il semble certain que l’abbaye de Stavelot en avait fait construire un. Il nous est difficile d’en préciser la date. Au dessus d’une petite porte de l’ancienne bâtisse, une inscription taillée dans la pierre indiquait : A.G.1167.
Au sujet des revenus du monastère de Stavelot, au ban de Lierneux, en 1365, il est cité « Kedovauz » ; s’agit-il du moulin ou de certaines dépendances voisines ?
Aussi loin que nous avons pu remonter, nous trouvons un acte daté du 14 février 1452, ainsi conçu :
« Les doyen et chapitre de Stavelot donnent en ascence pour 15 ans, les deux moulins qu’ils possèdent à Lierneux à Collar fils, Grivot Hernaes de Brinxhen, demeurant à Lierneux, moyennant une rente de 15 muids de regon par an. »
(Traduction : « Recueil des chartes » par HALKIN et ROLAND)
« Donneit l’an N.S.J.C. mil MC et L le jour de St-Valentin ».
(Pour le deuxième moulin, il s’agit du moulin de La Fosse, mieux connu sous le nom de « Paquay » qui semble avoir existé depuis longtemps.)

D’autres documents anciens sont relatifs à ces moulins, notamment un acte daté du 21 avril 1490.
« Les doyen et chapitre de Stavelot accensent à Johan, fils de Ponchieu de Roggerez, pour 3 ans, leurs deux moulins de Lierneux, moyennant une rente annuelle de onze muids et quatre coupes de bon regon. Anthon de Malmedie maïeur pour ce temps de Stavelot, et Adam Basnéa de Lierneux se portent caution pour Johan.»
En 1496, il n’est plus question que d’un seul moulin, vraisemblablement celui d’Ecdoval. Nous trouvons l’acte suivant :
« 6 février 1496, pour un terme de 6 ans, les doyen et chapitre de Stavelot, louent à Hubert de Vernullement leur moulin de Lierneux, moyennant une rente annuelle de 9 muids et quatre coupes de regon. »
Un autre document :
« Le 12 avril 1545, Guillaume de Manderscheid, abbé de Stavelot, accense à Jean Degné, ces deux moulins l’un dit moulin de la Fosse, l’autre moulin Esdouvaulx, pour neuf ans, moyennant une redevance annuelle de 21 muids de regon. »
Jacques Halconreux de Joubiéval était meunier à Ecdoval en 1616-1628-1629. Son fils Cornet le meunier de Lierneux est cité en avril 1560 et le 30 août. Il était mort en 1649 (Taille de 1679).
Dans une liste de confirmés (1680) il est cité : « Johannes Molitoris de Gudoval ».
En 1795, la révolution française par ses réquisitions ruineuses et son administration brutale s’empara du moulin d’Ecdoval en temps que propriété de l’abbaye de Stavelot. Le moulin est vendu aux enchères au profit de la République.
Par décret du Prince d’Orange des Pays-Bas, il a été acheté entre 1825 et 1830 par le sieur LEBRUN à Madame CALLEZ de Stavelot. On croit que la bâtisse qui existait avant 1940 datait de cette époque.
Dans un document du 18e siècle, on écrit : « Decdoval ».
En 1831, le moulin est en possession du sieur Philippe Joseph CALLEZ. Le 7 août 1832, ce dernier introduit une demande afin d’obtenir la concession d’un terrain communal contigu à ce moulin. La municipalité de Lierneux accordée, pour la somme de 43 florins 26 cents. Ce terrain étant destiné à y construire un bâtiment adossé au dit moulin (contenance du terrain évaluée par le sieur NISEN, arpenteur juré, 3 perches 86 aunes).
En 1855, une nouvelle demande de construction est faite, ce qui laisse supposer que l’immeuble était dans un mauvais état ou détruit dans des circonstances indéterminées. Cette demande (8 février) émanant de Guillaume-Joseph STRAPS occupant le moulin, qu’il avait acquis des enfants LÉONARD Jean-Joseph, joignant dit le document, le ruisseau dit « Eau de Ghée », quel moulin sera mu par deux roues hydrauliques alimentées par ce ruisseau.
L’autorisation fut accordée par le Conseil communal en sa séance du 23 mars 1855.
Au cours de la dernière guerre, principalement en janvier 1945, lors de la contre-offensive de VON RUNDSTEDT, le moulin d’Ecdoval, dit aussi Gilles, subit de bien graves dégâts. Le moulin proprement dit cependant, résista aux secousses des bombardements. Il n’en fut pas de même de la maison d’habitation contigüe qui a été ravagée par un incendie provoqué par les bombes. Heureusement on parvint à localiser le sinistre.
Des décombres on sauva une vieille taque de cheminée en fonte, portant le millésime 1607. Elle mesure 1m10 sur 1m10 et est divisée en trois parties. Le pourtour est décoré de dessin, de fleurs et d’ornements divers sans aucun art spécial. Au centre un relief : « Adam et Eve au paradis terrestre », et sur les côtés le « Sacrifice d’Isaac » ; cette taque, à notre point de vue, n’a aucune valeur historique, mais la date doit retenir l’attention.
Les immeubles et le moulin proprement dits qui tout d’abord passèrent à M. VECHOUX, ancien mayeur de Lierneux et ensuite à M. Léopold BECHOUX, appartiennent aujourd’hui à M. Jules BECHOUX, fils de ce dernier, qui en assure l’exploitation.
C’est un joli coin que le moulin d’Ecdoval et il fait rêver le poète. Au fond du vallon, il se niche, ombragé par les frondaisons. Un petit ruisseau marque ses jolis méandres, sépare les prairies. Sa voix en s’aventurant vers Lansival s’affirme plus grave et bondit entre les pierres. Jadis, il formait le réservoir pour alimenter la grande roue à aube qui battait le courant du ruisseau. C’était autant de motifs d’enchantement, de sujets de légendes et de contes peut-être, de chansons enfantines.
Aujourd’hui inerte, elle est sans force, vermoulue, fée électricité l’a supplantée.
Elle ne tourne plus, si ce n’est pour rien ! Sur son axe encloué, la roue est immobile, Son biez est à plein bord envasé tout du long. Et son étang jadis vrai miroir d’eau tranquille Le voici devenu marais nauséabond. Donc, ce qui ici créa le siècle qui succombe Lui-même le détruit. Mais des siècles lointains, Voyez, comme il respecte à l’égal d’une touche Les humbles souvenirs… (chante l’abbé FOURGON)
C. PIERARD
jeudi 11 mars 2010
Sire Dupont.
(publié dans « Pays de Salm » le 2 mars 1958)
Pierre François DUPONT est né le 27 mars 1726 au pays de Laroche, d’après certains. Ses parents, châtelains, possédaient armoiries et blason et seraient originaires d’une bourgade de Carinthie.
Mais si nous en croyons une biographie du R.P. LEMAIRE, Jésuite, cette assertion est totalement légendaire, car c’est bien à Bra-sur-Lienne qu’il vit le jour.
Son père Jean-Baptiste DUPONT (ou du PONT) avait épousé Françoise LEONARD, de Villettes.
Dieu bénit cette union car Pierre-François se fit prêtre, ce qui vint compléter le nombre de quinze prêtres, religieux et religieuses que cette famille donna à l’Eglise en moins d’un siècle.
Bachelier en théologie, Sire DUPONT est nommé bénéficiaire en l’église de La Roche en 1747. En 1749, il est nommé curé de Bra où il succède à Jean-Jacques de HARLINVAL.

L'église de Bra.
Il aurait voulu, écrit le R.P. LEMAIRE, achever l’œuvre de son prédécesseur et construire une nouvelle église conçue dans le style du nouveau chœur, mais sa bonne volonté vint échouer devant l’inertie de la plupart de ses paroissiens dont il ne sut peut-être pas conquérir l’affection, assez pour les rendre généreux au gré de ses désirs.
Cette œuvre capitale ne fut possible qu’après son départ de Bra et par son successeur immédiat.
Pendant les neuf années de son pastorat, il fut souvent en procès avec plusieurs de ses paroissiens qui, contre toute justice, se refusaient à payer les dimes auxquelles il avait droit et que sa conscience lui faisait un devoir de maintenir comme une obligation dont il aura à répondre à ses supérieurs et à son successeur. D’autres procès eurent lieu pour amender certains paroissiens à prendre leur part dans les frais qu’entrainait l’entretien du presbytère, de l’école, etc. …
Nommé curé à Lierneux, en 1758, il succéda au Révérend Messire Gilles-François GERKINET, protonotaire apostolique, ci-devant conseiller et secrétaire particulier du prince sérénissime de LOUVENTEIN, décédé le 24 octobre de la même année.

L'église de Lierneux.
Dans sa nouvelle paroisse, sire DUPONT ne trouva pas plus de tranquillité, car les paroissiens de Lierneux se montrèrent à son égard pour le moins aussi peu accommodants que ses impatients et derniers ouailles.
On avait cru que tous les hommes de bonne volonté se rangeraient à ses côtés. La charge était lourde, certes, et il méritait qu’elle soit allégée, et une fois de plus, il ne fut pas répondu à son attente.
Les archives paroissiales témoignent que c’était l’homme prêt à se sacrifier pour la cause de Dieu et du prochain.
Il soutenait l’affligé, encourageait l’abattu, calmait la souffrance du malade et jetait la semence de la vertu dans tous les cœurs.
Il avait pris possession de l’église de Lierneux, qui devint la sienne, et il y était entré avec confiance. L’union, hélas, ne fut pas parfaite entre le pasteur et les fidèles.
Le cœur qui n’avait battu que pour Dieu, l’Eglise et le bien de ses frères se paralysa. Les portes de l’Eternité s’étant ouvertes devant lui, son âme alerte remonta à sa source. Ce prêtre modeste et dévoué mourut saintement le 5 février 1788.
Honorons sa vénérable mémoire.
La pierre sépulcrale était jadis encastrée à droite de l’autel, côté de l’Evangile, en l’église de Lierneux. C’est là que fut placée la porte de la nouvelle sacristie lors de la construction et depuis, la pierre fut placée dans l’ancienne contre le mur et entre les deux fenêtres de l’abside. Des signes bizarres et des armoiries sont incrustés dans la pierre. Nous n’en avons pas découvert le sens.
Elle a été sauvée de la destruction et mise en lieu sûr.

Quand à l’inscription, elle est conçue comme suit :
Illic Jacet Rdus admodus Dnus P.F. Dupont Natus 20 martis 1726 S. Théollovanis Bacc. Etinec Lesia Rupensi benefidiatus 1747 Bus Byter et pastor in braa 1780 Requiescat in pace.
Traduction :
Ici repose
Le très révérend Monsieur P.F.
Dupont, né le 27 mars 1726
Bachelier en théologie
Bénéficiaire en l’église de La Roche
En 1747, prêtre et curé de Bra 1758
Est mort le 5 février 1788
Qu’il repose en paix.
C. PIERARD
Pierre François DUPONT est né le 27 mars 1726 au pays de Laroche, d’après certains. Ses parents, châtelains, possédaient armoiries et blason et seraient originaires d’une bourgade de Carinthie.
Mais si nous en croyons une biographie du R.P. LEMAIRE, Jésuite, cette assertion est totalement légendaire, car c’est bien à Bra-sur-Lienne qu’il vit le jour.
Son père Jean-Baptiste DUPONT (ou du PONT) avait épousé Françoise LEONARD, de Villettes.
Dieu bénit cette union car Pierre-François se fit prêtre, ce qui vint compléter le nombre de quinze prêtres, religieux et religieuses que cette famille donna à l’Eglise en moins d’un siècle.
Bachelier en théologie, Sire DUPONT est nommé bénéficiaire en l’église de La Roche en 1747. En 1749, il est nommé curé de Bra où il succède à Jean-Jacques de HARLINVAL.

L'église de Bra.
Il aurait voulu, écrit le R.P. LEMAIRE, achever l’œuvre de son prédécesseur et construire une nouvelle église conçue dans le style du nouveau chœur, mais sa bonne volonté vint échouer devant l’inertie de la plupart de ses paroissiens dont il ne sut peut-être pas conquérir l’affection, assez pour les rendre généreux au gré de ses désirs.
Cette œuvre capitale ne fut possible qu’après son départ de Bra et par son successeur immédiat.
Pendant les neuf années de son pastorat, il fut souvent en procès avec plusieurs de ses paroissiens qui, contre toute justice, se refusaient à payer les dimes auxquelles il avait droit et que sa conscience lui faisait un devoir de maintenir comme une obligation dont il aura à répondre à ses supérieurs et à son successeur. D’autres procès eurent lieu pour amender certains paroissiens à prendre leur part dans les frais qu’entrainait l’entretien du presbytère, de l’école, etc. …
Nommé curé à Lierneux, en 1758, il succéda au Révérend Messire Gilles-François GERKINET, protonotaire apostolique, ci-devant conseiller et secrétaire particulier du prince sérénissime de LOUVENTEIN, décédé le 24 octobre de la même année.

L'église de Lierneux.
Dans sa nouvelle paroisse, sire DUPONT ne trouva pas plus de tranquillité, car les paroissiens de Lierneux se montrèrent à son égard pour le moins aussi peu accommodants que ses impatients et derniers ouailles.
On avait cru que tous les hommes de bonne volonté se rangeraient à ses côtés. La charge était lourde, certes, et il méritait qu’elle soit allégée, et une fois de plus, il ne fut pas répondu à son attente.
Les archives paroissiales témoignent que c’était l’homme prêt à se sacrifier pour la cause de Dieu et du prochain.
Il soutenait l’affligé, encourageait l’abattu, calmait la souffrance du malade et jetait la semence de la vertu dans tous les cœurs.
Il avait pris possession de l’église de Lierneux, qui devint la sienne, et il y était entré avec confiance. L’union, hélas, ne fut pas parfaite entre le pasteur et les fidèles.
Le cœur qui n’avait battu que pour Dieu, l’Eglise et le bien de ses frères se paralysa. Les portes de l’Eternité s’étant ouvertes devant lui, son âme alerte remonta à sa source. Ce prêtre modeste et dévoué mourut saintement le 5 février 1788.
Honorons sa vénérable mémoire.
La pierre sépulcrale était jadis encastrée à droite de l’autel, côté de l’Evangile, en l’église de Lierneux. C’est là que fut placée la porte de la nouvelle sacristie lors de la construction et depuis, la pierre fut placée dans l’ancienne contre le mur et entre les deux fenêtres de l’abside. Des signes bizarres et des armoiries sont incrustés dans la pierre. Nous n’en avons pas découvert le sens.
Elle a été sauvée de la destruction et mise en lieu sûr.

Quand à l’inscription, elle est conçue comme suit :
Illic Jacet Rdus admodus Dnus P.F. Dupont Natus 20 martis 1726 S. Théollovanis Bacc. Etinec Lesia Rupensi benefidiatus 1747 Bus Byter et pastor in braa 1780 Requiescat in pace.
Traduction :
Ici repose
Le très révérend Monsieur P.F.
Dupont, né le 27 mars 1726
Bachelier en théologie
Bénéficiaire en l’église de La Roche
En 1747, prêtre et curé de Bra 1758
Est mort le 5 février 1788
Qu’il repose en paix.
C. PIERARD
mercredi 9 décembre 2009
Usages d’antan. Lierneux. Barrière et Péage.
(publié en trois parties le 28 novembre 1954, le 5 décembre 1954 et le 12 décembre 1954, dans Pays de Salm ( ?))
Jadis, les villes comme les villages, étaient autorisés à établir des droits de péage, grevant soit le passage d’un pont, soit l’entrée et la sortie à chaque carrefour du village.
Le produit de ce péage était déposé chaque semaine dans une caisse particulière pour servir aux besoins urgents du village. Les commis et les contrôleurs à employer à la collecte susdite étaient désignés par la commune et choisis parmi ceux qui étaient en fonctions dans d’autres services, en prenant égard à leurs capacités et leur probité.
Pour Lierneux, nous sommes portés à croire que le droit de barrière existait encore vers 1885, taxe qui était très impopulaire et qui amenait bien souvent des conflits.
Nous possédions ce que l’on désignait : le bureau A de Basse-Bodeux ; le bureau B d’Odrimont ; le bureau C de Lierneux le tout intéressant le chemin de Regné à Basse-Bodeux.
La perception du droit de péage était mise en adjudication publique. Celle-ci était annoncée par voie d’affiches et les journaux. Les amateurs prenaient communication à la Maison communale de Lierneux, des clauses et des conditions auxquelles la perception était soumise.
L’adjudication avait lieu pour un terme de trois ans. Cependant la commune se préservait le droit de pouvoir résilier le bail à la fin de chaque année, mais cette résiliation devait être notifiée à l’intéressé au moins deux mois avant l’expiration de l’année. En ce qui concerne la perception du droit, on se conformait aux lois du 18 mars 1833.
Les procès-verbaux constatant les contraventions étaient soumis au juge de paix. Quant aux frais d’adjudication, ils étaient comme les droits d’enregistrement, à charge des adjudicataires.
Un procès-verbal d’adjudication publique du péage autorisé parut l’an 1869, le 22 décembre, et accepté par la commission spéciale nommée pour l’entretien de chemins, en présence du commissaire voyer du canton. La réunion eut lieu à la Maison communale de Lierneux, lieu indiqué par les affiches et les annonces. Les amateurs avaient reçu communication des clauses et conditions auxquelles la perception était soumise.
Les poteaux des barrières étaient placés dans la limite déterminée par l’arrêté royal du 9 octobre 1864 et les conditions du cahier des charges général, inséré au N° 1284 du mémorial administratif de la province.
Le procès-verbal du 22 décembre 1869 cité plus haut en ce qui concerne la perception des différents bureaux, nous renseigne que :
Pour le Bureau A, une mise à prix de 120 francs est offerte par le sieur Gilles SONNET, cultivateur à Basse-Bodeux. Aucune nouvelle enchère n’ayant été présentée pendant la durée des deux feux, le susdit SONNET a été déclaré adjudicataire de la perception du bureau A, dit de Basse-Bodeux, au prix de 120 francs. Il présente le sieur Jean Gaspard LEJEUNE, cultivateur à Basse-Bodeux, lequel est accepté.
Le Bureau B d’Odrimont est ensuite exposé sur la mise à prix de 70 francs par an, offerte par le sieur Jean-François LANSIVAL, maréchal-ferrant au dit Odrimont, dont l’offre est acceptée. Il a présenté comme adjudicataire le sieur Thomas François ALBERT, négociant à Odrimont. Celui-ci accepte.
Le Bureau C, dit de Lierneux, est exposé pour le prix de 60 francs, offert par le sieur Pierre-Joseph LAURENT, négociant à Lierneux. Différentes enchères sont offertes. L’une du sieur Jean Pierre MONFORT-MOTHET est déclaré adjudicataire de la perception du droit au bureau susdit. Il présente le sieur Jean Mathieu PAQUAY pour co-adjudicataire, lequel a accepté.
Généralement, les poteaux des barrières étaient généralement placés aux abords de l’habitation du percepteur, un cabaret le plus souvent, où les voituriers, car c’est d’eux qu’il s’agit, s’arrêtaient pour payer leur droit et occasionnellement prendre quelques petits verres, autre profit pour le percepteur. On ne payait pas le « passage », paraît-il, pour la chaux destinée à l’agriculture. Nous ignorons quel était exactement le montant perçu qui variait suivant que le véhicule comportait deux, trois ou quatre roues.
« La Meuse » du 26 mars 1904 écrit au propos du péage exigé sur le passage du pont de la Boverie à Liège, qu’en 1837, il était perçu trois centimes pour une personne ; un cheval ou un mulet, dix centimes ; un bœuf, une vache ou un âne, 5 centimes. À titre documentaire évidemment, cela n’ayant aucun rapport avec la perception de Lierneux dont il est question.
Il y eut adjudication en 1853 (18 avril) ; en 1854 (1er avril) ; en 1855 (9 février) ; en 1858 (15 avril) ; En cette dernière année, l’adjudication rapporta 135 francs à la commune.
En 1860, l’adjudication des barrières ne trouve pas preneur. Le principal motif qui empêchait la réadjudication est que les bureaux de perception étaient mal placés. En effet, en ce moment, on ne payait pas seulement pour la distance à parcourir, mais encore pour la distance parcourue. C’est ainsi qu’un voiturier partant de Lierneux pour Bodeux devait payer trois barrières pour deux lieues de chemin parcouru. À partir d’Odrimont pour Bodeux, on payait deux barrières pour une lieue de chemin et il en était de même pour le voiturier venant de Bra qui partait pour Bodeux et vice versa. Tandis qu’un voiturier qui partait de la partie supérieure du village de Lierneux pouvait aller à Regné et revenir sans devoir rien débourser.
Ce vice d’organisation, qui n’avait en somme été établie par la commune que pour susciter plus de concurrence entre les bailleurs, donnait lieu à des discussions, des embarras, des procès, même entre les voituriers et les collecteurs ce qui dérangeait considérablement ceux-ci. La commune voulut combler cette lacune en ne faisant plus percevoir à Bodeux que lorsqu’on entrait sur la route, soit pour se diriger vers Lierneux ou Bra. Décision fut prise de placer une barrière à Regné à laquelle on ne percevait que du côté de Lierneux. Cette mesure ramena le calme.
En 1862, le 15 novembre, l’adjudication eut lieu en faveur de Jean Pierre MONFORT-MOTTET, barrière de Lierneux, pour 80 francs annuellement ; celle d’Odrimont à Jean François JEHENSON, au prix de 45 francs.
En 1866 (26 mars), adjudication de la barrière de Bodeux, 120 francs.
En 1867 (31 janvier), une circulaire du commissaire d’arrondissement est envoyée aux communes, ayant pour objet la suppression des barrières établies sur les routes provinciales et sur les chemins vicinaux de grandes communications. Des compensations financières ayant été proposées, la commune de Lierneux décida d’adhérer complètement aux propositions dont il s’agit dans la dite circulaire et de se conformer aux décisions qui en adviendra.
En 1870 (13 janvier), approbation des barrières. Basse-Bodeux, 120 fr., Odrimont, 70 francs, Lierneux, 75 fr. Mais peu après, le droit de péage est supprimé.
En 1875, le conseil communal demanda en haut lieu le rétablissement de ce droit. Celui-ci est accordé. En 1885, il existait encore, mais pour disparaître bientôt à tout jamais.
Nous osons affirmer que la dernière barrière de Lierneux était établie au café Mathieu FAIRON (actuellement boucherie GEUZAINE). Nous n’avons pas voulu laisser se dissiper sans en conserver des bribes, cette coutume d’antan.
Charles PIERRARD
Jadis, les villes comme les villages, étaient autorisés à établir des droits de péage, grevant soit le passage d’un pont, soit l’entrée et la sortie à chaque carrefour du village.
Le produit de ce péage était déposé chaque semaine dans une caisse particulière pour servir aux besoins urgents du village. Les commis et les contrôleurs à employer à la collecte susdite étaient désignés par la commune et choisis parmi ceux qui étaient en fonctions dans d’autres services, en prenant égard à leurs capacités et leur probité.
Pour Lierneux, nous sommes portés à croire que le droit de barrière existait encore vers 1885, taxe qui était très impopulaire et qui amenait bien souvent des conflits.
Nous possédions ce que l’on désignait : le bureau A de Basse-Bodeux ; le bureau B d’Odrimont ; le bureau C de Lierneux le tout intéressant le chemin de Regné à Basse-Bodeux.
La perception du droit de péage était mise en adjudication publique. Celle-ci était annoncée par voie d’affiches et les journaux. Les amateurs prenaient communication à la Maison communale de Lierneux, des clauses et des conditions auxquelles la perception était soumise.
L’adjudication avait lieu pour un terme de trois ans. Cependant la commune se préservait le droit de pouvoir résilier le bail à la fin de chaque année, mais cette résiliation devait être notifiée à l’intéressé au moins deux mois avant l’expiration de l’année. En ce qui concerne la perception du droit, on se conformait aux lois du 18 mars 1833.
Les procès-verbaux constatant les contraventions étaient soumis au juge de paix. Quant aux frais d’adjudication, ils étaient comme les droits d’enregistrement, à charge des adjudicataires.
Un procès-verbal d’adjudication publique du péage autorisé parut l’an 1869, le 22 décembre, et accepté par la commission spéciale nommée pour l’entretien de chemins, en présence du commissaire voyer du canton. La réunion eut lieu à la Maison communale de Lierneux, lieu indiqué par les affiches et les annonces. Les amateurs avaient reçu communication des clauses et conditions auxquelles la perception était soumise.
Les poteaux des barrières étaient placés dans la limite déterminée par l’arrêté royal du 9 octobre 1864 et les conditions du cahier des charges général, inséré au N° 1284 du mémorial administratif de la province.
Le procès-verbal du 22 décembre 1869 cité plus haut en ce qui concerne la perception des différents bureaux, nous renseigne que :
Pour le Bureau A, une mise à prix de 120 francs est offerte par le sieur Gilles SONNET, cultivateur à Basse-Bodeux. Aucune nouvelle enchère n’ayant été présentée pendant la durée des deux feux, le susdit SONNET a été déclaré adjudicataire de la perception du bureau A, dit de Basse-Bodeux, au prix de 120 francs. Il présente le sieur Jean Gaspard LEJEUNE, cultivateur à Basse-Bodeux, lequel est accepté.
Le Bureau B d’Odrimont est ensuite exposé sur la mise à prix de 70 francs par an, offerte par le sieur Jean-François LANSIVAL, maréchal-ferrant au dit Odrimont, dont l’offre est acceptée. Il a présenté comme adjudicataire le sieur Thomas François ALBERT, négociant à Odrimont. Celui-ci accepte.
Le Bureau C, dit de Lierneux, est exposé pour le prix de 60 francs, offert par le sieur Pierre-Joseph LAURENT, négociant à Lierneux. Différentes enchères sont offertes. L’une du sieur Jean Pierre MONFORT-MOTHET est déclaré adjudicataire de la perception du droit au bureau susdit. Il présente le sieur Jean Mathieu PAQUAY pour co-adjudicataire, lequel a accepté.
Généralement, les poteaux des barrières étaient généralement placés aux abords de l’habitation du percepteur, un cabaret le plus souvent, où les voituriers, car c’est d’eux qu’il s’agit, s’arrêtaient pour payer leur droit et occasionnellement prendre quelques petits verres, autre profit pour le percepteur. On ne payait pas le « passage », paraît-il, pour la chaux destinée à l’agriculture. Nous ignorons quel était exactement le montant perçu qui variait suivant que le véhicule comportait deux, trois ou quatre roues.
« La Meuse » du 26 mars 1904 écrit au propos du péage exigé sur le passage du pont de la Boverie à Liège, qu’en 1837, il était perçu trois centimes pour une personne ; un cheval ou un mulet, dix centimes ; un bœuf, une vache ou un âne, 5 centimes. À titre documentaire évidemment, cela n’ayant aucun rapport avec la perception de Lierneux dont il est question.
Il y eut adjudication en 1853 (18 avril) ; en 1854 (1er avril) ; en 1855 (9 février) ; en 1858 (15 avril) ; En cette dernière année, l’adjudication rapporta 135 francs à la commune.
En 1860, l’adjudication des barrières ne trouve pas preneur. Le principal motif qui empêchait la réadjudication est que les bureaux de perception étaient mal placés. En effet, en ce moment, on ne payait pas seulement pour la distance à parcourir, mais encore pour la distance parcourue. C’est ainsi qu’un voiturier partant de Lierneux pour Bodeux devait payer trois barrières pour deux lieues de chemin parcouru. À partir d’Odrimont pour Bodeux, on payait deux barrières pour une lieue de chemin et il en était de même pour le voiturier venant de Bra qui partait pour Bodeux et vice versa. Tandis qu’un voiturier qui partait de la partie supérieure du village de Lierneux pouvait aller à Regné et revenir sans devoir rien débourser.
Ce vice d’organisation, qui n’avait en somme été établie par la commune que pour susciter plus de concurrence entre les bailleurs, donnait lieu à des discussions, des embarras, des procès, même entre les voituriers et les collecteurs ce qui dérangeait considérablement ceux-ci. La commune voulut combler cette lacune en ne faisant plus percevoir à Bodeux que lorsqu’on entrait sur la route, soit pour se diriger vers Lierneux ou Bra. Décision fut prise de placer une barrière à Regné à laquelle on ne percevait que du côté de Lierneux. Cette mesure ramena le calme.
En 1862, le 15 novembre, l’adjudication eut lieu en faveur de Jean Pierre MONFORT-MOTTET, barrière de Lierneux, pour 80 francs annuellement ; celle d’Odrimont à Jean François JEHENSON, au prix de 45 francs.
En 1866 (26 mars), adjudication de la barrière de Bodeux, 120 francs.
En 1867 (31 janvier), une circulaire du commissaire d’arrondissement est envoyée aux communes, ayant pour objet la suppression des barrières établies sur les routes provinciales et sur les chemins vicinaux de grandes communications. Des compensations financières ayant été proposées, la commune de Lierneux décida d’adhérer complètement aux propositions dont il s’agit dans la dite circulaire et de se conformer aux décisions qui en adviendra.
En 1870 (13 janvier), approbation des barrières. Basse-Bodeux, 120 fr., Odrimont, 70 francs, Lierneux, 75 fr. Mais peu après, le droit de péage est supprimé.
En 1875, le conseil communal demanda en haut lieu le rétablissement de ce droit. Celui-ci est accordé. En 1885, il existait encore, mais pour disparaître bientôt à tout jamais.
Nous osons affirmer que la dernière barrière de Lierneux était établie au café Mathieu FAIRON (actuellement boucherie GEUZAINE). Nous n’avons pas voulu laisser se dissiper sans en conserver des bribes, cette coutume d’antan.
Charles PIERRARD
mardi 1 décembre 2009
Lierneux. Lieux dits.
(publié le 2 janvier 1955)
La question qui consiste à rechercher l’origine des noms des lieux est perplexe et, laborieuse. On reste confondu devant ce travail de bénédictin. Sur ce chapitre, il n’est pas difficile de s’égarer en vaines recherches. Tant de choses nous échappent. On ne peut tout savoir. Il convient de se méfier de la fantaisie, encore qu’il faille en l’occurrence tenir compte de la légende. Nous n’irons pas jusqu’à contredire les noms de lieux dits transmis par la tradition, l’interprétation peut être bonne à notre sens, étant populaire, elle est digne d’attention.
Certains lieux dits rappellent souvent des faits historiques sociaux, on les retrouve nombreux ayant cette origine, et il suffit de consulter la toponymie pour s’en rendre compte. Un grand nombre encore plongent leurs racines dans le vieux sol latin et celtique.
Pour l’histoire de Lierneux, il serait souhaitable que l’on mit en œuvre certains matériaux patiemment accumulés ainsi que quelque lumière fut jetée sur plus d’un point obscur des origines Lierneusiennes.
L’identification des noms de lieux de notre localité est difficile avons-nous dit. On ne peut réussir à les identifier exactement que si l’histoire, la tradition ou le relevé des lieux dits ne nous en révèlent le nom ou la situation. Certains ont perdu leur nom primitif en échangeant celui-ci contre un autre. Tantôt la dénomination fournie par les vieux documents a subi, au cours des âges, des transformations tellement notables qu’elle est devenue méconnaissable dans sa forme actuelle.
Enfin, nous pouvons nous trouver en présence de formes dénaturées soit par la distraction ou l’ignorance du scribe s’il s’agit d’un document original, soit par une erreur de déchiffrement de la part des transcripteurs s’il s’agit d’une copie. Ce n’est qu’à l’aide du contexte, des données historiques que l’on peut réellement parvenir à la restitution de la forme régulière ou à l’identification de la forme altérée.
Pour faire œuvre utile, il ne faut pas imposer des à peu près. Cependant il reste beaucoup à faire. Nous ne manquerons pas de signaler toutes les versions, ne fut-ce qu’à titre documentaire.
« Les noms de lieux et les coins de terre qu’ils évoquent, écrivait quelqu’un, réveillent en nous les ombres du passé. Ils contiennent plus de magie que les livres de nos historiens et plus de rêve que les vitrines d’un musée poudreux ».
Le nom de Lierneux notamment, a subi des changements importants au cours des siècles (voir à ce sujet la brochure « Lierneux, vieux village Ardennais », page 9 ; et « Le visage de Lierneux » - édition « J’Ose » à Spa).
Lierneux, écrit FELLER, a été adopté par une langue nouvelle qui a suivi, à partir de ce moment, les évolutions phonétiques de cette langue.
Essayons donc de dévoiler le mystère qui entoure les vieux noms de chez nous et dont tant nous familiers.
(publié le 9 janvier 1955)
Colenham.
Orthographié « Collamham » dans un document paroissial de Lierneux en 1722. le mot « ham » ou « han », qui entre dans beaucoup de noms de villages, est un mot allemand, qui, suivant les uns, signifie « trou – gouffre ». Suivant d’autres, il aurait la même signification que : « ham, hom, hem, heim, en », racines saxonnes qui veulent dire : demeure, station, lieu de sûreté. Une troisième version de « ham » donne le sens de « coude de rivière » puis aussi, « prairie dans un coude ».
Difficile à préciser, au reste le « m » qui peut très facilement se changer en « n ». On sait combien dans le langage populaire cette substitution modifie le sens du mot. Un aimable correspondant qui a bien voulu m’aider un peu, spécifié que l’an de « han » est indicatif de l’habitation primitive du Gallo-Celte et vient de « Anu » signifiant couper en hébreu. (caverne – an-) « H » n’est pas une consonne celtique. M. Em. VARENBERGH, dans un récit de voyage (1861), écrit « Colan-Han », point le plus élevé de cette partie des Ardennes, qu’on aperçoit de plusieurs lieues à la ronde. Cette montagne se distingue des autres par sa forme conique, son isolement, sa position et son élévation. Vue des hauteurs environnantes elle produit l’effet d’un volcan éteint. « Colenham » ne signifiait-il pas « montagne au-dessus d’un gouffre ? Qui connaît l’endroit comprendra qu’il y a quelque rapport.
Sentier des Roeteux.
Situé en « Groumont », non loin de la roche où l’on découvre le « Trou des massotais ». La légende dit que ceux-ci étaient des nains actifs et intelligents, mais vindicatifs quand on les molestait Petits êtres mystérieux vivant dans les cavernes et à qui on attribuait toutes espèces de pouvoir et d’influence, croyance populaire aussi pleine de superstitions et d’invraisemblances les unes que les autres. Les nuits, les « nutons » ou « sotais », empruntaient le « sentier des Roteux » afin de s’approvisionner et de remplir leurs missions.
Romoud.
Romoud est situé entre Florêt (Bra) et Jevigné. C’est une montagne boisée. Le nom est exactement celui de l’un des trois fiefs légués au monastère de Stavelot par Berthe de BULLIN, en 1107. Autre lieudit à Lierneux, « Boursy devant Romont ».
(publié le 22 janvier 1956)
Heid.
Terme rencontré fréquemment et retrouvé en maints endroits chez nous, sur le territoire de la commune de Lierneux.
Et ailleurs, « Heid-le-Moine », près de Fraipont. « Sur la heid », hameau sur le plateau traversé par le chemin de fer de Forêt à Prayon. « Sur Heid », sur une hauteur vis-à-vis des forges de Dieupart. « Sur les Heids », à mi-côté sur la rive droite de la Vesdre. « Sur les Heids », maisons isolées en plaine élevée avec pente vers le ruisseau d’Evegnée. « Heyd », village près de Bomal, etc.
Heid, avec une orthographe variée, donne « Heyd, Hez, Haie », signifierait « coteau boisé ». Un auteur dont le nom m’échappe donne ce sens : « Hé » (wallon), côte escarpée ; « Heud » désigne cependant bien un endroit cultivé, un pareil endroit est d’ailleurs élevé en général. Un exemple : Chabreheid (Les Tailles).
A citer à Lierneux, « Ol Hé, les heids », de Provedroux, de la Venne, de Jean-Hinri (Hierlot), des Teyen (Reharmont) sur Groumont.
« Heid de la Forge », qui doit rappeler la présence ou le voisinage d’une forge disparue. On a peu de preuve de l’industrie du fer à Lierneux. Cependant il existe certains indices, notamment des dépôts de scories que l’on peut rencontrer du côté de Groumont, et du moulin de Regné, ce qui fait que la toponymie a désigné le lieu dit précité. La réduction du minerais se faisait à l’aide du charbon de bois et on n’éprouvait aucune difficulté pour se le procurer, les bois voisins constituaient une ressource considérable.
Autres lieux dits à Lierneux : La Haie, Romond Heid, Soheid (Jevigné), Champ eshaie (archives paroissiales 1719), fond de la Heid, Bouhaye, Haie des Tiges, Hez Jean Duvède.
Un examen de la carte montre que les lieux ainsi désignés existent nombreux aux environs de La Roche ; Haies de Campagne, Le Hez, Haie des cens, sur les Haies, Haie du pont.
Le mot heid, haie, hez ou hay, apparenté au « heide » (flamand), est contenu dans « manhay » et signifie terre non cultivée ou bryère. A La Gleize, nous avons « Hézal » ; à Francorchamps : « sur la Heid ». et il y a Ernonheid, près de Werbomont. Bref, les lieux dits portant ce nom ne sont pas rares en Ardenne.
(publié le 3 avril 1955)
Saceux.
Lieu dit sur la route de Lierneux à Regné ; on affirme qu’il existait en cet endroit, à l’époque des premiers missionnaires, une petite chapelle.
« Saceux », du latin « Sacellum » signifie lieu consacré, petit temple fermé.
Doyard.
La première église de Lierneux a été bâtie par Saint Babolin, prince abbé de Stavelot et consacrée par Saint Lambert évêque de Liège. Or, à cette époque, tout fondateur d’église devait pourvoir aux besoins de celle-ci ; c’est pourquoi on procura à la notre, des ressources, une dot si vous voulez, un « douaire » constitué par des terres et situées en un lieu que l’on connaît bien.
Le « Doyard » était appelé jadis aussi, le « douaire du curé » ou revenu.
Dans les archives paroissiales (1828), on parle d’une prairie dite « le petit Doyard », laquelle joint du couchant à Jean-Henri DENIS et au septentrion à Jos. SAUVAGE et au chemin communal.
Une terre porte le nom de « sur le Doyard » (doc. 1850).
Il existe la rue Doyard à Herstal. Doyardard est un hameau en plaine avec pente légère vers le Nord, partagé entre Bolland et Trembleur.
Mont.
Nom ancien que l’on peut dater des premiers temps de l’installation des Francs ; Mont signifie hauteur, sommet.
Quand on se trouve en présence de noms tels que Odrimont, Verlumont, ou « Mont », signifie sans contestation possible montagne ; on peut être assuré que ces mots sont des traductions faites au moyen-âge non pas sur les termes primitifs mais sur leur transcription. Ces mots, écrit Louis SCHOENMAKERS, sont cependant moins nombreux qu’on ne le croit généralement. Dans la plupart des mots, le suffixe n’a rien de commun avec le latin « mons » (montagne) mais signifie « mausio » (maison).
La très curieuse étude de M. N. LEQARRE sur le suffixe « mont » (Bulletin de la Société de Littérature Wallonne – t.XLIII 1903, p.175) a établi que le terme dans le sens de montagne est essentiellement français et ne semble avoir jamais existé en wallon. Le wallon, lisons-nous, n’employait et n’emploie encore que le mot thier qui correspond au français tertre.
Haut-Mont, Bas-Mont (quartiers de Lierneux : l’mont, Thier du mont, derrière le mont), préposition et nom commun, simples épithètes de désignation ou de précision.
A citer encore : sur le montis, Groumont, Dessous Groumont, Mon esra (S.B. cadastre), Mont ès vâ (Verleumont), Mont de Haye, Chevroumont (Mont des Chèvres), nom d’un ancien hameau de Lierneux situé entre Brux, La Falize et Verleumont, disparu vers le 18me siècle.
Au 17me siècle, on comptait 50 habitants en ce lieu. Il y existait un moulin alimenté par le petit ruisseau qui vient se jeter dans la Lienne à La Falize.
Amcomont, Reharmont, hameaux de la commune. Lieux dits : Monhautchamps à Lansival. A Joubiéval « au monty ».
(publié le 4 septembre 1955)
Thier.
Thier, thiers ou tier, (monticule, hauteur) et qui se prend souvent pour montagne. En wallon, veut dire terrain en pente, colline, comme le signifie aussi « Thy » ou « thienne ». Croupet ou croupette ou butte, est aussi employé et fournit quelques exemplaires à Lierneux.
La hauteur est désignée en outre par « hourlè » ou « hourlay ». Nous connaissons comme lieux dits chez nous : Derrière les gros Thiers. Devant les gros Thiers. So les gros Thiers. Laid Thier. Thier dul Preux. de Mirenne. de Wé. des Fagnettes. de Monti. de Dormeux. des Faits à Odrimont. Les thiers de Mont, de St-Antoine, Derrière le Thier du Mont, Bois Thier fou Touvire, Derrière la croupette (Verleumont), Derrière le thier de Colanhan, devant le thier de Colanhan, Creppe Bayard. En bâti des Croupets (section G. à Jevigné), Haut Jean Hinri (Lansival), Devant la croupette (Verleumont No 810), Haut de Hazé (Verleumont), Thier des faits (pâture). Sous les thiers (Verleumont Nn 1099).
On recontre des « Thiers » dans les villages suivants : Tigne, Prayon, Ferrières, Beaufays, Spa, Bra, Vivegnis, Ochain, Hodimont, Fosse, Aubel, Soiron, Ayeneux, Aywaille, Stavelot, Polleur, Heusy, etc.
Le thier du gibet, au 12me siècle, la justice, dans la principauté de Stavelot était loin d’être complaisant. Les criminels étaient condamnés à la pendaison. Le lieu dit « Thier du gibet » au sud-ouest d’Odrimont, rappelle cette justice des temps passés.
Un point assez élevé du bois de Goronne, direction de Farnières, porte encore le nom de « Li Thiers del Justice ». Là où l’on exécutait également les sentences de la justice. Mais à quelles époque ?
Point du Jour.
« Le point du jour » lieu dit à Lierneux, tire peut-être son nom des vents. Il désignait à l’origine une maison isolée, une ferme à l’est du village. Cette désignation est commune en France par exemple.
Le nom de ce lieu semble se justifier à Lierneux.
Au Rameux.
Nos anciens Lierneusiens pratiquaient beaucoup, surtout pendant les longues soirées d’hiver, le tressage des mannes et des paniers. Ils fabriquaient aussi des balais avec des ramilles des bouleaux qu’ils allaient couper au lieu dit « Rameux ».
A la Falhotte.
La « Falhotte » ; ce lieu dit est-il entouré de légendes ? Pour notre part, nous n’en connaissons aucune.
Que signifient ces blocs énormes écrasés dans un champ et aux abords d’un chemin de campagne ? Ce monument serait-il dédié à la déesse « Faule » (sœur de Thor, dieu de la foudre), comme celui de Fraiture d’où son nom de « Falhotte » ou « Falhousse ». Nous n’en savons rien. Impossible d’être évlairé sur ce curieux phénomène géologique.
Il existe aussi la « Roche de Falhoule » sur le territoire de Lierneux, à 470 mètres de la fontaine de Roséfat, en plein bois, à 60 mètres au bord du chemin venant de la route de Liège et de la Baraque de Fraiture, de « Laid Bois » et Fraiture et allant à Xhout-Xiplout.
Une terre porte le nom de « Falhotte ».
(publié le 11 septembre 1955)
Baneux.
Vient de ban, mot dérivé du germanique « bamjan » qui veut dire proclamer. Ce vieux mot français trouve sa signification dans l’expression : « bans de mariage ».
On appelait aussi ban, les territoires sur lesquels pourrait être étendu la proclamation du ban. Comme à Baneux au ban de Lierneux.
C’est de là que vient le mot « banlieue ». D’adjectif banal d’abord « appartenant au Seigneur » a pris ensuite l’acceptation de « commun aux habitants du village ».
Ce mot eut aussi un sens militaire.
La lecture du ban était autrefois précédée de roulements de tambours.
A citer à Lierneux les lieux dits : bois banal, banal bois, sous le ban.
Han.
Quel est le sens du mot « Han » ou « ham » que l’on rencontre dans maints noms de localités ou de lieux dits ?
C’est un mot allemand qui, suivant les uns signifie « trou », « gouffre ». Le mot « han », selon certains étymologistes distingués, se rapproche du mot germanique « heim », qui veut dire habitation, hameau. D’autres auteurs estiment que le sens du radical primitif gothique « ham » était un méandre ou une prairie entourée d’un méandre de rivière, coude de rivière. Cela se retrouve en pays wallon et en France. Cela a donné quelques noms de localités comme Han-sur-Lesse, Han-sur-Heure, notamment. Ainsi nommées, elles sont en effet situées sur des rivières très sinueuses.
Cependant, l’explication de « han » ne se justifie pas en temps que lieux dits en plusieurs régions de nos Ardennes.
Nous trouvons chez un auteur : « Han » indicative de l’habitation primitive de Gallo-Celtes, vient du latin « ann » signifiant camper en hébreux (caverne an). « H » n’est pas une consonne celtique.
Le mot « han » aurait la même signification que ham, hom, hem, heim, en racines saxonnes qui veulent dire : demeure, station, lieu de sécurité. Le mot « ham » ou « han » pourrait avoir un sens différent.
Le changement de « m » en « n » serait à préciser. On sait combien aisément dans le langage vulgaire, une lettre substituée à l’autre change le sens du mot, ainsi que dit plus haut.
On pourrait là-dessus faire une dissertation fort savante, nous avouons que pour notre part, nous risquerons d’errer ingénument.
« La vérité, écrit Edouard NED, (8 août 1931), est qu’il y a deux « han ». Le premier vient bien du radical gothique et signifie une prairie enméandrée. Le second vient du latin « campus » qui nous a donné champ ou camp. D’où il apparaît que le « hama » c’est le camp romain ou la cense romaine qui domine sa prairie enméandrée. C’est du moins ce qui m’est apparu à l’évidence à travers les raisons et ratiocination que mon maître empruntait à l’histoire, aux traditions locales, à la morphologie, à la sémantique, toutes sciences fort séduisantes qu’il est délicat de parcourir sans un bon guide ».
« Colanhan »à Lierneux (Colanhan en 1722), ne signifierait-il pas « montagne au-dessus d’un gouffre ». Pour qui connaît l’endroit comprendra qu’il y a quelque rapport.
Parmi les lieux dits à Lierneux, citons : « Hanfat » (Odrimont section A n°1321) ; « Han des voies » (Odrimont section A n°840) ; « Han des vais », (pré Odrimont N°832).
(publié le 25 septembre 1955)
- Chevroumont.
Emplacement d’un ancien hameau disparu vers le 18e siècle. Au 17e siècle, on comptait en ce lieu, 50 habitants. Lors de la construction de la route de la Lienne, on découvrit des murs provenant d’une habitation. Il existait un moulin alimenté par le petit ruisseau qui vient se perdre dans la Lienne à La Falize.
- Thier du Gibet.
Au 12e siècle, la justice dans la principauté de Stavelot était loin d’être complaisante. Les criminels étaient condamnés à la pendaison. Le lieu dit « Thier du Gibet », au sud-ouest d’Odrimont, rappelle cette justice des temps passés.
- La Falize.
Ce hameau fait partie de la commune de Lierneux. On écrit La Falize ou simplement Falize. Cette section doit son nom à la grande falaise verticale qui surplombe la route de Basse-Bodeux à son entrée. Le germanique « falisa » a donné le français « falaise ».
La « Roche Jehenson », autre appellation en ce lieu, est un accident géographique naturel assez curieux. Les parois envahies par les pluies excavent son sein et la mousse qui l’enrobe, rend cette falaise sauvage et magnifique. A-t-elle comme ses consœurs ses idylles et ses drames ? Nous n’en savons rien.
Le hameau de La Falize n’est pas très ancien. A l’époque franque, en plein domaine royal, cet endroit était inhabité, des marécages inaccessibles abondaient dans la vallée. Quant au moulin de la Fosse (PAQUAY), à proximité, il existait déjà au XIXe siècle.
Les sites rocheux, dans le genre de ceux que nous venons de citer, se retrouvent du reste ailleurs qu’à Lierneux, tant dans les noms de lieux ou de hameaux qui s’orthographient différemment. A Rochefort, notamment.
Il y a Falize, hameau dans le vallon et sur la rive gauche de la Warche ; sur le territoire de Malmedy s’élève également le massif rocheux de ce nom, en un vieux site romantique très impressionnant. Il possède, écrit un auteur, des charmes nombreux et variés, on y trouve à contempler du pittoresque authentique, on y respire des arômes sylvestres…
L’expression « Falaie » signifie également rocher ; voyez Houffalize, Noirfalise, Corfalise, Goffalize.
Comme lieux dits à Lierneux, signalons encore : Nabonfalize (à Odrimont), sapinière section A ; Au-dessous de la Falize, Devant la Falize, section A N°130.
(publié le 23 octobre 1955)
WEZ.
Wez ou Wé viendrait du celtique et signifierait gué, passage d’eau, terme très ancien. Du reste tous les lieux dits où figure ce nom, se trouvent dans le voisinage d’un ruisseau ou d’un étang. Se répète à Lierneux dans Gérard Wez, Wez de France, les champs au Wez, Wez Jean Damide, on rencontre encore « laid vévi, Beauwez ».
FAGNES.
Chez nous ce mot désigne u endroit marécageux. Du germain « Weeven », qui signifie terrain boueux. St Bernard, mort en 115 a employé en français l’expression « faignaz » comme synonyme de bourbier.Lieux dits : dans la fange (Odrimont section A no 1009), Fagnoule ou Fagnoul, Bout des Fanges, à la fange Sevrin Antoine (à Joubiéval), Fange de Mirène ou Miraine (à Provedroux), Fange de Joubiéval, Fagne Caton (à Lansival), sur la petite fagne Noël (à Verleumont), Es Féchis pré, Fanges (pâture Section A, No 495 f.). Dans un document paroissial de Lierneux, nous lisons : Fange Cathon (1769).En 1805, le 17 octobre a été trouvé à la « fange Hoursenfat », morte personne JAMOTTE Dieudonnée veuce de Nicolas MARTIN, cultivatrice âgée de 66 ans, a été trouvée par Jean Joseph LEONARD de Bru et Louis le BOUVY de Lierneux. La défunte a été inhumée dans l’ancien cimetière de Lierneux.Autres lieux fits, fange à Bayard, pèches aux fanges (terre).
BRU.
Petit hameau de la commune de Lierneux. Bru est un terme germanique repris en Wallonie et prenant le sens de « boue », et il a signifié jadis « marais ».Dans un ancien document, nous avons rencontré, « En Bruy », « Brux », et l’orthographe « Au Bru », (1835).Trouvé dans un vieil almanach de l’année 1832, « Brut ».Bru, siège d’une « baillerie » dépendant de l’abbaye de Stavelot.
Charles PIERRARD
La question qui consiste à rechercher l’origine des noms des lieux est perplexe et, laborieuse. On reste confondu devant ce travail de bénédictin. Sur ce chapitre, il n’est pas difficile de s’égarer en vaines recherches. Tant de choses nous échappent. On ne peut tout savoir. Il convient de se méfier de la fantaisie, encore qu’il faille en l’occurrence tenir compte de la légende. Nous n’irons pas jusqu’à contredire les noms de lieux dits transmis par la tradition, l’interprétation peut être bonne à notre sens, étant populaire, elle est digne d’attention.
Certains lieux dits rappellent souvent des faits historiques sociaux, on les retrouve nombreux ayant cette origine, et il suffit de consulter la toponymie pour s’en rendre compte. Un grand nombre encore plongent leurs racines dans le vieux sol latin et celtique.
Pour l’histoire de Lierneux, il serait souhaitable que l’on mit en œuvre certains matériaux patiemment accumulés ainsi que quelque lumière fut jetée sur plus d’un point obscur des origines Lierneusiennes.
L’identification des noms de lieux de notre localité est difficile avons-nous dit. On ne peut réussir à les identifier exactement que si l’histoire, la tradition ou le relevé des lieux dits ne nous en révèlent le nom ou la situation. Certains ont perdu leur nom primitif en échangeant celui-ci contre un autre. Tantôt la dénomination fournie par les vieux documents a subi, au cours des âges, des transformations tellement notables qu’elle est devenue méconnaissable dans sa forme actuelle.
Enfin, nous pouvons nous trouver en présence de formes dénaturées soit par la distraction ou l’ignorance du scribe s’il s’agit d’un document original, soit par une erreur de déchiffrement de la part des transcripteurs s’il s’agit d’une copie. Ce n’est qu’à l’aide du contexte, des données historiques que l’on peut réellement parvenir à la restitution de la forme régulière ou à l’identification de la forme altérée.
Pour faire œuvre utile, il ne faut pas imposer des à peu près. Cependant il reste beaucoup à faire. Nous ne manquerons pas de signaler toutes les versions, ne fut-ce qu’à titre documentaire.
« Les noms de lieux et les coins de terre qu’ils évoquent, écrivait quelqu’un, réveillent en nous les ombres du passé. Ils contiennent plus de magie que les livres de nos historiens et plus de rêve que les vitrines d’un musée poudreux ».
Le nom de Lierneux notamment, a subi des changements importants au cours des siècles (voir à ce sujet la brochure « Lierneux, vieux village Ardennais », page 9 ; et « Le visage de Lierneux » - édition « J’Ose » à Spa).
Lierneux, écrit FELLER, a été adopté par une langue nouvelle qui a suivi, à partir de ce moment, les évolutions phonétiques de cette langue.
Essayons donc de dévoiler le mystère qui entoure les vieux noms de chez nous et dont tant nous familiers.
(publié le 9 janvier 1955)
Colenham.
Orthographié « Collamham » dans un document paroissial de Lierneux en 1722. le mot « ham » ou « han », qui entre dans beaucoup de noms de villages, est un mot allemand, qui, suivant les uns, signifie « trou – gouffre ». Suivant d’autres, il aurait la même signification que : « ham, hom, hem, heim, en », racines saxonnes qui veulent dire : demeure, station, lieu de sûreté. Une troisième version de « ham » donne le sens de « coude de rivière » puis aussi, « prairie dans un coude ».
Difficile à préciser, au reste le « m » qui peut très facilement se changer en « n ». On sait combien dans le langage populaire cette substitution modifie le sens du mot. Un aimable correspondant qui a bien voulu m’aider un peu, spécifié que l’an de « han » est indicatif de l’habitation primitive du Gallo-Celte et vient de « Anu » signifiant couper en hébreu. (caverne – an-) « H » n’est pas une consonne celtique. M. Em. VARENBERGH, dans un récit de voyage (1861), écrit « Colan-Han », point le plus élevé de cette partie des Ardennes, qu’on aperçoit de plusieurs lieues à la ronde. Cette montagne se distingue des autres par sa forme conique, son isolement, sa position et son élévation. Vue des hauteurs environnantes elle produit l’effet d’un volcan éteint. « Colenham » ne signifiait-il pas « montagne au-dessus d’un gouffre ? Qui connaît l’endroit comprendra qu’il y a quelque rapport.
Sentier des Roeteux.
Situé en « Groumont », non loin de la roche où l’on découvre le « Trou des massotais ». La légende dit que ceux-ci étaient des nains actifs et intelligents, mais vindicatifs quand on les molestait Petits êtres mystérieux vivant dans les cavernes et à qui on attribuait toutes espèces de pouvoir et d’influence, croyance populaire aussi pleine de superstitions et d’invraisemblances les unes que les autres. Les nuits, les « nutons » ou « sotais », empruntaient le « sentier des Roteux » afin de s’approvisionner et de remplir leurs missions.
Romoud.
Romoud est situé entre Florêt (Bra) et Jevigné. C’est une montagne boisée. Le nom est exactement celui de l’un des trois fiefs légués au monastère de Stavelot par Berthe de BULLIN, en 1107. Autre lieudit à Lierneux, « Boursy devant Romont ».
(publié le 22 janvier 1956)
Heid.
Terme rencontré fréquemment et retrouvé en maints endroits chez nous, sur le territoire de la commune de Lierneux.
Et ailleurs, « Heid-le-Moine », près de Fraipont. « Sur la heid », hameau sur le plateau traversé par le chemin de fer de Forêt à Prayon. « Sur Heid », sur une hauteur vis-à-vis des forges de Dieupart. « Sur les Heids », à mi-côté sur la rive droite de la Vesdre. « Sur les Heids », maisons isolées en plaine élevée avec pente vers le ruisseau d’Evegnée. « Heyd », village près de Bomal, etc.
Heid, avec une orthographe variée, donne « Heyd, Hez, Haie », signifierait « coteau boisé ». Un auteur dont le nom m’échappe donne ce sens : « Hé » (wallon), côte escarpée ; « Heud » désigne cependant bien un endroit cultivé, un pareil endroit est d’ailleurs élevé en général. Un exemple : Chabreheid (Les Tailles).
A citer à Lierneux, « Ol Hé, les heids », de Provedroux, de la Venne, de Jean-Hinri (Hierlot), des Teyen (Reharmont) sur Groumont.
« Heid de la Forge », qui doit rappeler la présence ou le voisinage d’une forge disparue. On a peu de preuve de l’industrie du fer à Lierneux. Cependant il existe certains indices, notamment des dépôts de scories que l’on peut rencontrer du côté de Groumont, et du moulin de Regné, ce qui fait que la toponymie a désigné le lieu dit précité. La réduction du minerais se faisait à l’aide du charbon de bois et on n’éprouvait aucune difficulté pour se le procurer, les bois voisins constituaient une ressource considérable.
Autres lieux dits à Lierneux : La Haie, Romond Heid, Soheid (Jevigné), Champ eshaie (archives paroissiales 1719), fond de la Heid, Bouhaye, Haie des Tiges, Hez Jean Duvède.
Un examen de la carte montre que les lieux ainsi désignés existent nombreux aux environs de La Roche ; Haies de Campagne, Le Hez, Haie des cens, sur les Haies, Haie du pont.
Le mot heid, haie, hez ou hay, apparenté au « heide » (flamand), est contenu dans « manhay » et signifie terre non cultivée ou bryère. A La Gleize, nous avons « Hézal » ; à Francorchamps : « sur la Heid ». et il y a Ernonheid, près de Werbomont. Bref, les lieux dits portant ce nom ne sont pas rares en Ardenne.
(publié le 3 avril 1955)
Saceux.
Lieu dit sur la route de Lierneux à Regné ; on affirme qu’il existait en cet endroit, à l’époque des premiers missionnaires, une petite chapelle.
« Saceux », du latin « Sacellum » signifie lieu consacré, petit temple fermé.
Doyard.
La première église de Lierneux a été bâtie par Saint Babolin, prince abbé de Stavelot et consacrée par Saint Lambert évêque de Liège. Or, à cette époque, tout fondateur d’église devait pourvoir aux besoins de celle-ci ; c’est pourquoi on procura à la notre, des ressources, une dot si vous voulez, un « douaire » constitué par des terres et situées en un lieu que l’on connaît bien.
Le « Doyard » était appelé jadis aussi, le « douaire du curé » ou revenu.
Dans les archives paroissiales (1828), on parle d’une prairie dite « le petit Doyard », laquelle joint du couchant à Jean-Henri DENIS et au septentrion à Jos. SAUVAGE et au chemin communal.
Une terre porte le nom de « sur le Doyard » (doc. 1850).
Il existe la rue Doyard à Herstal. Doyardard est un hameau en plaine avec pente légère vers le Nord, partagé entre Bolland et Trembleur.
Mont.
Nom ancien que l’on peut dater des premiers temps de l’installation des Francs ; Mont signifie hauteur, sommet.
Quand on se trouve en présence de noms tels que Odrimont, Verlumont, ou « Mont », signifie sans contestation possible montagne ; on peut être assuré que ces mots sont des traductions faites au moyen-âge non pas sur les termes primitifs mais sur leur transcription. Ces mots, écrit Louis SCHOENMAKERS, sont cependant moins nombreux qu’on ne le croit généralement. Dans la plupart des mots, le suffixe n’a rien de commun avec le latin « mons » (montagne) mais signifie « mausio » (maison).
La très curieuse étude de M. N. LEQARRE sur le suffixe « mont » (Bulletin de la Société de Littérature Wallonne – t.XLIII 1903, p.175) a établi que le terme dans le sens de montagne est essentiellement français et ne semble avoir jamais existé en wallon. Le wallon, lisons-nous, n’employait et n’emploie encore que le mot thier qui correspond au français tertre.
Haut-Mont, Bas-Mont (quartiers de Lierneux : l’mont, Thier du mont, derrière le mont), préposition et nom commun, simples épithètes de désignation ou de précision.
A citer encore : sur le montis, Groumont, Dessous Groumont, Mon esra (S.B. cadastre), Mont ès vâ (Verleumont), Mont de Haye, Chevroumont (Mont des Chèvres), nom d’un ancien hameau de Lierneux situé entre Brux, La Falize et Verleumont, disparu vers le 18me siècle.
Au 17me siècle, on comptait 50 habitants en ce lieu. Il y existait un moulin alimenté par le petit ruisseau qui vient se jeter dans la Lienne à La Falize.
Amcomont, Reharmont, hameaux de la commune. Lieux dits : Monhautchamps à Lansival. A Joubiéval « au monty ».
(publié le 4 septembre 1955)
Thier.
Thier, thiers ou tier, (monticule, hauteur) et qui se prend souvent pour montagne. En wallon, veut dire terrain en pente, colline, comme le signifie aussi « Thy » ou « thienne ». Croupet ou croupette ou butte, est aussi employé et fournit quelques exemplaires à Lierneux.
La hauteur est désignée en outre par « hourlè » ou « hourlay ». Nous connaissons comme lieux dits chez nous : Derrière les gros Thiers. Devant les gros Thiers. So les gros Thiers. Laid Thier. Thier dul Preux. de Mirenne. de Wé. des Fagnettes. de Monti. de Dormeux. des Faits à Odrimont. Les thiers de Mont, de St-Antoine, Derrière le Thier du Mont, Bois Thier fou Touvire, Derrière la croupette (Verleumont), Derrière le thier de Colanhan, devant le thier de Colanhan, Creppe Bayard. En bâti des Croupets (section G. à Jevigné), Haut Jean Hinri (Lansival), Devant la croupette (Verleumont No 810), Haut de Hazé (Verleumont), Thier des faits (pâture). Sous les thiers (Verleumont Nn 1099).
On recontre des « Thiers » dans les villages suivants : Tigne, Prayon, Ferrières, Beaufays, Spa, Bra, Vivegnis, Ochain, Hodimont, Fosse, Aubel, Soiron, Ayeneux, Aywaille, Stavelot, Polleur, Heusy, etc.
Le thier du gibet, au 12me siècle, la justice, dans la principauté de Stavelot était loin d’être complaisant. Les criminels étaient condamnés à la pendaison. Le lieu dit « Thier du gibet » au sud-ouest d’Odrimont, rappelle cette justice des temps passés.
Un point assez élevé du bois de Goronne, direction de Farnières, porte encore le nom de « Li Thiers del Justice ». Là où l’on exécutait également les sentences de la justice. Mais à quelles époque ?
Point du Jour.
« Le point du jour » lieu dit à Lierneux, tire peut-être son nom des vents. Il désignait à l’origine une maison isolée, une ferme à l’est du village. Cette désignation est commune en France par exemple.
Le nom de ce lieu semble se justifier à Lierneux.
Au Rameux.
Nos anciens Lierneusiens pratiquaient beaucoup, surtout pendant les longues soirées d’hiver, le tressage des mannes et des paniers. Ils fabriquaient aussi des balais avec des ramilles des bouleaux qu’ils allaient couper au lieu dit « Rameux ».
A la Falhotte.
La « Falhotte » ; ce lieu dit est-il entouré de légendes ? Pour notre part, nous n’en connaissons aucune.
Que signifient ces blocs énormes écrasés dans un champ et aux abords d’un chemin de campagne ? Ce monument serait-il dédié à la déesse « Faule » (sœur de Thor, dieu de la foudre), comme celui de Fraiture d’où son nom de « Falhotte » ou « Falhousse ». Nous n’en savons rien. Impossible d’être évlairé sur ce curieux phénomène géologique.
Il existe aussi la « Roche de Falhoule » sur le territoire de Lierneux, à 470 mètres de la fontaine de Roséfat, en plein bois, à 60 mètres au bord du chemin venant de la route de Liège et de la Baraque de Fraiture, de « Laid Bois » et Fraiture et allant à Xhout-Xiplout.
Une terre porte le nom de « Falhotte ».
(publié le 11 septembre 1955)
Baneux.
Vient de ban, mot dérivé du germanique « bamjan » qui veut dire proclamer. Ce vieux mot français trouve sa signification dans l’expression : « bans de mariage ».
On appelait aussi ban, les territoires sur lesquels pourrait être étendu la proclamation du ban. Comme à Baneux au ban de Lierneux.
C’est de là que vient le mot « banlieue ». D’adjectif banal d’abord « appartenant au Seigneur » a pris ensuite l’acceptation de « commun aux habitants du village ».
Ce mot eut aussi un sens militaire.
La lecture du ban était autrefois précédée de roulements de tambours.
A citer à Lierneux les lieux dits : bois banal, banal bois, sous le ban.
Han.
Quel est le sens du mot « Han » ou « ham » que l’on rencontre dans maints noms de localités ou de lieux dits ?
C’est un mot allemand qui, suivant les uns signifie « trou », « gouffre ». Le mot « han », selon certains étymologistes distingués, se rapproche du mot germanique « heim », qui veut dire habitation, hameau. D’autres auteurs estiment que le sens du radical primitif gothique « ham » était un méandre ou une prairie entourée d’un méandre de rivière, coude de rivière. Cela se retrouve en pays wallon et en France. Cela a donné quelques noms de localités comme Han-sur-Lesse, Han-sur-Heure, notamment. Ainsi nommées, elles sont en effet situées sur des rivières très sinueuses.
Cependant, l’explication de « han » ne se justifie pas en temps que lieux dits en plusieurs régions de nos Ardennes.
Nous trouvons chez un auteur : « Han » indicative de l’habitation primitive de Gallo-Celtes, vient du latin « ann » signifiant camper en hébreux (caverne an). « H » n’est pas une consonne celtique.
Le mot « han » aurait la même signification que ham, hom, hem, heim, en racines saxonnes qui veulent dire : demeure, station, lieu de sécurité. Le mot « ham » ou « han » pourrait avoir un sens différent.
Le changement de « m » en « n » serait à préciser. On sait combien aisément dans le langage vulgaire, une lettre substituée à l’autre change le sens du mot, ainsi que dit plus haut.
On pourrait là-dessus faire une dissertation fort savante, nous avouons que pour notre part, nous risquerons d’errer ingénument.
« La vérité, écrit Edouard NED, (8 août 1931), est qu’il y a deux « han ». Le premier vient bien du radical gothique et signifie une prairie enméandrée. Le second vient du latin « campus » qui nous a donné champ ou camp. D’où il apparaît que le « hama » c’est le camp romain ou la cense romaine qui domine sa prairie enméandrée. C’est du moins ce qui m’est apparu à l’évidence à travers les raisons et ratiocination que mon maître empruntait à l’histoire, aux traditions locales, à la morphologie, à la sémantique, toutes sciences fort séduisantes qu’il est délicat de parcourir sans un bon guide ».
« Colanhan »à Lierneux (Colanhan en 1722), ne signifierait-il pas « montagne au-dessus d’un gouffre ». Pour qui connaît l’endroit comprendra qu’il y a quelque rapport.
Parmi les lieux dits à Lierneux, citons : « Hanfat » (Odrimont section A n°1321) ; « Han des voies » (Odrimont section A n°840) ; « Han des vais », (pré Odrimont N°832).
(publié le 25 septembre 1955)
- Chevroumont.
Emplacement d’un ancien hameau disparu vers le 18e siècle. Au 17e siècle, on comptait en ce lieu, 50 habitants. Lors de la construction de la route de la Lienne, on découvrit des murs provenant d’une habitation. Il existait un moulin alimenté par le petit ruisseau qui vient se perdre dans la Lienne à La Falize.
- Thier du Gibet.
Au 12e siècle, la justice dans la principauté de Stavelot était loin d’être complaisante. Les criminels étaient condamnés à la pendaison. Le lieu dit « Thier du Gibet », au sud-ouest d’Odrimont, rappelle cette justice des temps passés.
- La Falize.
Ce hameau fait partie de la commune de Lierneux. On écrit La Falize ou simplement Falize. Cette section doit son nom à la grande falaise verticale qui surplombe la route de Basse-Bodeux à son entrée. Le germanique « falisa » a donné le français « falaise ».
La « Roche Jehenson », autre appellation en ce lieu, est un accident géographique naturel assez curieux. Les parois envahies par les pluies excavent son sein et la mousse qui l’enrobe, rend cette falaise sauvage et magnifique. A-t-elle comme ses consœurs ses idylles et ses drames ? Nous n’en savons rien.
Le hameau de La Falize n’est pas très ancien. A l’époque franque, en plein domaine royal, cet endroit était inhabité, des marécages inaccessibles abondaient dans la vallée. Quant au moulin de la Fosse (PAQUAY), à proximité, il existait déjà au XIXe siècle.
Les sites rocheux, dans le genre de ceux que nous venons de citer, se retrouvent du reste ailleurs qu’à Lierneux, tant dans les noms de lieux ou de hameaux qui s’orthographient différemment. A Rochefort, notamment.
Il y a Falize, hameau dans le vallon et sur la rive gauche de la Warche ; sur le territoire de Malmedy s’élève également le massif rocheux de ce nom, en un vieux site romantique très impressionnant. Il possède, écrit un auteur, des charmes nombreux et variés, on y trouve à contempler du pittoresque authentique, on y respire des arômes sylvestres…
L’expression « Falaie » signifie également rocher ; voyez Houffalize, Noirfalise, Corfalise, Goffalize.
Comme lieux dits à Lierneux, signalons encore : Nabonfalize (à Odrimont), sapinière section A ; Au-dessous de la Falize, Devant la Falize, section A N°130.
(publié le 23 octobre 1955)
WEZ.
Wez ou Wé viendrait du celtique et signifierait gué, passage d’eau, terme très ancien. Du reste tous les lieux dits où figure ce nom, se trouvent dans le voisinage d’un ruisseau ou d’un étang. Se répète à Lierneux dans Gérard Wez, Wez de France, les champs au Wez, Wez Jean Damide, on rencontre encore « laid vévi, Beauwez ».
FAGNES.
Chez nous ce mot désigne u endroit marécageux. Du germain « Weeven », qui signifie terrain boueux. St Bernard, mort en 115 a employé en français l’expression « faignaz » comme synonyme de bourbier.Lieux dits : dans la fange (Odrimont section A no 1009), Fagnoule ou Fagnoul, Bout des Fanges, à la fange Sevrin Antoine (à Joubiéval), Fange de Mirène ou Miraine (à Provedroux), Fange de Joubiéval, Fagne Caton (à Lansival), sur la petite fagne Noël (à Verleumont), Es Féchis pré, Fanges (pâture Section A, No 495 f.). Dans un document paroissial de Lierneux, nous lisons : Fange Cathon (1769).En 1805, le 17 octobre a été trouvé à la « fange Hoursenfat », morte personne JAMOTTE Dieudonnée veuce de Nicolas MARTIN, cultivatrice âgée de 66 ans, a été trouvée par Jean Joseph LEONARD de Bru et Louis le BOUVY de Lierneux. La défunte a été inhumée dans l’ancien cimetière de Lierneux.Autres lieux fits, fange à Bayard, pèches aux fanges (terre).
BRU.
Petit hameau de la commune de Lierneux. Bru est un terme germanique repris en Wallonie et prenant le sens de « boue », et il a signifié jadis « marais ».Dans un ancien document, nous avons rencontré, « En Bruy », « Brux », et l’orthographe « Au Bru », (1835).Trouvé dans un vieil almanach de l’année 1832, « Brut ».Bru, siège d’une « baillerie » dépendant de l’abbaye de Stavelot.
Charles PIERRARD
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