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lundi 2 juillet 2018

Glain et Salm Haute Ardenne n°69 (novembre 2012)

Sommaire

- C. LEESTMANS: Les Chalon d'Ardenne (1490-1853) Une ascension contrariée, pp. 6-113.

Glain et Salm Haute Ardenne n°68 (juin 2012)

Sommaire

- L. MARQUET, La Roche-en-Ardenne au XVIIe siècle au temps des guerres, pp. 5-23.

- J. BOSMANS, Aires de faulde et charbonniers en Ardenne: le dramatique incendie d'une hutte de charbonniers, la nuit du 10 au 11 août 1808 à Belheid (Samrée), pp. 25-29.

- M. PETERS, Autour d'une croix de 1877 et d'une chapelle à Beho, pp. 31-34.

- G. BENOIT, Course cycliste endeuillée à Salmchâteau en 1911, pp. 35-36.

- J. DE POTTER/G. ANTOINE/H. D'OTREPPE, Aux origines de la maison De Potter à Gouvy, pp. 37-38.

- J. DETAILLE/B. VAN EERDENBRUGH, Les vestiges d'orpaillage de l'âge du fer en amont de Bèche et dans la forêt domaniale du Grand Bois, pp. 39-47.

- R. NIZET, Les kiosques à musique de Vielsalm, pp. 49-54.

- C. DRAILY/O. VRIELYNCK, La nécropole celte de Courtil "Hastape" dans le groupe nord des tombelles ardennaises, pp. 55-62.

- HONORÉ, Mémoires de la guerre 1914-1918 à Vielsalm, pp. 63-76.

- G. BENOIT, Sur l'exploitation du plomb à Bihain, p. 77.

- GRUEN/BILFINGER, Reconstruction du tunnel de Trois-Ponts en 1940, pp. 79-83.

- V.d.G., Au fil des lectures: Salm à Bruxelles..., p. 85.

- J. THOMAS, De l'argile pour les fours à pains, p. 86.

- J. TOUBON, Quelques ajoutes à propos de Pierre Joseph MONFORT de Lierneux, pp. 88-89.

- V.d.G., Burtonville: la croix Bontemps, p. 90.

- C. LEGROS,A propos de myrtilles, pp. 91-93.

- G. BENOIT, Bovigny - Le docteur (Pierre-François) Lomry (1868-1941), pp. 96-97.

- H. D'OTREPPE, Hier et aujourd'hui: Grand-Menil, p. 98.

- G. BENOIT, La croix Jeanpierre, sous Priesmont, p.100.

lundi 24 mars 2014

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

L’Organe de Vielsalm du 30 mars 1913 rapporte qu’à  Lierneux, un incendie d’une extrême violence s’est déclaré dimanche soir dans l’habitation de M. André Monfort.  Grâce au prompt secours apporté par le pompier volontaire de la colonie avec son matériel moderne, le sinistre a pu être localisé. Sur plainte anonyme, le parquet de Verviers a ouvert une enquête et interrogé plusieurs pensionnaires.
Il est vrai que les Monfort connaissent des incendies à répétition !

Dans celui du  12 mars 1933 :  Un avis important : Eugène Grognard a l’honneur d’informer le public qu’il vient de louer le moulin et la scierie Kieffer et qu’il se recommande pour tout ce qui concerne des deux industries en garantissant un travail parfait et à un prix avantageux.

L’édition du  7 janvier 1934  signale des jeux dangereux. Des jeunes gens de la localité étaient occupés à glisser sur la Vieille tchavi. Un des toboggans sur lequel avaient pris  place J. Bande, J. Ravigna et A.Jeunejean n’a pu s’engager sur la route de Ville-du-Bois et alla buter contre un arbre. J. Bande eut une déchirure à la cuisse et J. Ravigna fut tout contusionné.

Rebelote le 11 février de la même année : glissant au même endroit, le petit Paul Fraiture  tomba si malencontreusement qu’il se fractura le bras.

Une collision d’autos à Vielsalm dans L’Organe du 21 janvier 1934 :
M. Toussaint, garagiste à Ville-du-Bois, pilotant la voiture de M. Demoulin, se dirigeait vers Vielsalm, lorsque arrivé au pont sur l’eau maréchal [sic. Serait-ce à l’entrée de la propriété de Rosée ? ] il entra violemment en collision avec l’auto Gillis-Dumont, boucher à Vielsalm et roulant en sens inverse. La dépanneuse du garage Biémont vint dépanner les voitures et la police enquête pour déterminer les responsabilités de cet accident qui n’a causé que des dégâts matériels.

Le 11 mars 1934 : A Ville-du-Bois,  l’instituteur Depierreux  donnait une leçon de gymnastique et employait un extenseur dont il tenait une extrémité tandis que les élèves tiraient à l’autre bout. Soudain, l’un d’eux lâcha la poignée qui fut lancée au visage de l’instituteur, lui brisant les lunettes dont un éclat pénétra profondément dans l’œil. Le médecin mandé d’urgence put extraire l’éclat de verre et malgré la vilaine entaille espère lui conserver l’œil.

Dans le même journal, de l’espionnage à Vielsalm ?
Le 1er mars une nouvelle servante vint s’engager chez M. M… à Ville -du-Bois. Mercredi, les ouvriers occupés aux fortins remarquèrent que cette demoiselle photographiait un de ces fortins sous  tous les angles. La gendarmerie vint lui confisquer toutes les plaques. Cette personne, une allemande dont les papiers ne sont pas en règle, vient d’être réexpédiée à la frontière comme indésirable en Belgique. La mise à l’ombre aurait été plus judicieuse.
Mais le 18 mars  une rectification est apportée : contrairement à ce qui était annoncé et de renseignements puisés à source certaine, il est absolument faux qu’il y ait eu une affaire d’espionnage à Ville-du-Bois.
Précipitation ou psychose ?

                                                                                         Robert NIZET

jeudi 27 juin 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

L’Organe de Vielsalm nous apprend :

Le 31 mai 1914 : Vincent  Cano, photographe à la gare, prévient que pour raisons familiales, il est forcé de quitter Vielsalm et qu’il ne pourra plus accepter de commandes après le lundi de la Pentecôte.

Le 24 mai 1908 :
 A Commanster, mardi vers 8h du matin, le feu s’est déclaré au domicile des demoiselles Tarchamps, débitantes, immeuble  appartenant aux époux Merget- Tibon. Il n’en reste que les murs.
 A Grand-Halleux, jeudi dernier vers 6h30 du soir, la nommée Josse Marianne, 57 ans, épouse Herman Hubert, cultivateur à Petit-Halleux, a été trouvée pendue dans une chambre à l’étage de son habitation. La malheureuse, malade depuis des années, a mis fin à ses jours à l’aide d’un tablier. L’attention des voisins  a été attirée par le bétail qui réclamait le repas du soir, le mari étant absent.

Le 23 mai 1909 : aujourd’hui à 3 heures, courses vélocypédiques au parc communal de Vielsalm. Les concurrents auront à effectuer le trajet Vielsalm-Grand-Halleux et retour et faire, pendant une heure, le circuit du vélodrome improvisé dans le parc.
Toujours pour les amateurs de cyclisme, on annonce le passage à Vielsalm  le 28 mai prochain du tour de Belgique. Départ à Namur et arrivée à Verviers.

Le 10 avril 1910 : La course inter-club organisée à Lierneux a vu 8 partants au départ, course très dure en raison du nombre de côtes. Oscar Massoz est arrivé premier avec 10 minutes d’avance sur le second Joseph Massoz. On le voit, le cyclisme était un sport fort pratiqué dans la région.

Notre police est sur les dents et s’efforce de mettre la main au collet du triste individu qui dimanche vers 8 h30 du soir s’était embusqué  à l’entrée de la propriété de Rosée et a agressé la femme Jeanpierre-Caillet de  Petit-Thier. La semaine suivante, malgré les infatigables recherches et l’audition d’une quarantaine de personnes, le mystère n’était pas éclairci.

Le 1er mai 1910 :
A Vielsalm, dimanche dernier, a eu lieu la manifestation d’adieu organisée à l’occasion du départ de M. Martilly, curé-doyen. [Tout le monde ne regrette pas celui-ci !]
-A Bovigny, on va réparer le pont mais, si la rumeur dit vrai, on veut lui conserver son grand défaut [non précisé].
- Un accident de chemin de fer : Jos. Brasseur de Vielsalm, le serre-frein du dépôt de Trois-Ponts se rendant au train pour y prendre son service a été atteint par un wagon vide lancé sur une voie de manœuvre. Transporté  à  l’hôpital de Stavelot il y est décédé le lendemain. Il y a trois mois à peine que la fille de la victime s’était noyée accidentellement dans la Salm.
- Le chien des époux Denis Colson, colporteurs à Vielsalm, a dû être abattu : il avait voulu mordre sa maîtresse et on suppose qu’il était atteint  de la rage.
Le 1er juin 1913 : jeudi dernier a eu lieu l’enterrement de Eugène Thonard. Une foule énorme le conduisait à sa dernière demeure. Il était le propriétaire de l’Hôtel Belle Vue, vice-président des Echos de la Salm et président de la société colombophile Le Ramier. Il n’avait que 31 ans et était l’époux de Léontine Jeunejean qui gérera seule leur réputé hôtel durant de longues années.
 Son frère Jean Thonard était décédé il y a peu de temps en pleine jeunesse également.

                                                                               
                                                                                  Robert NIZET

mercredi 20 mars 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps


Dans l’Organe de Vielsalm du 26 février 1905 : par A.R. du 10 ct le Docteur Léon Deperon est révoqué de ses fonctions  de médecin-directeur de la Colonie d’Aliénés de Lierneux suite aux malversations signalées précédemment dans ce journal.

Monsieur Henri Delvaux avait l’an passé exhumé des cartons le vieux projet de chemin de fer Bruxelles- Mayence, ce qui a fait tressaillir les populations et tout le nord  du Luxembourg qui entrevoyait dans la construction d’une grande ligne internationale la transformation complète de son territoire et le bien-être pénétrant dans cette contrée défavorisée. Depuis lors, on n’en avait plus parlé mais voilà qu’un grand mouvement se prépare pour la prompte réalisation du projet. Les relations avec les pays voisins prennent une telle expansion qu’elles nécessitent  la création d’une voie de transport plus rapide. Or la ligne Bruxelles-Mayence par Marche et Vielsalm répondrait le mieux à ces désiderata.

Malgré cet engouement, on sait maintenant que cette idée resta à l’état de projet et qu’il fallut attendre la guerre de 14-18 pour que les Allemands s’attaquent vraiment à la modernisation du réseau ferroviaire local et à son développement par la création, notamment, des lignes Vielsalm-Born et Gouvy-Saint-Vith.


Le compte-rendu du Conseil communal du 18 février 1906 rapporté par l’Organe du 24 comporte une intéressante intervention en faveur de l’instruction obligatoire, objet d’une campagne nationale et cite les statistiques suivantes :
Sur 8423 flamands incorporés, 1100 miliciens ne savaient ni lire ni écrire et 564 savaient seulement lire. Pour les 5434 wallons, 520 ne savent ni lire ni écrire, 245 savent seulement lire, 1127 savent lire et écrire, 2632 savent lire et calculer.
Un conseiller remarque que les libéraux n’ont pas fait mieux que les catholiques, ils auraient pu décréter l’instruction obligatoire lorsqu’ils étaient au pouvoir !

Un incendie d’une rare violence à Salmchâteau est rapporté par l’Organe du 23 février 1908 : la maison d’habitation et les ateliers de Romain Nikelmann, constructeur de machines agricoles ont été complètement détruits. Il ne reste que les murs mais il y avait assurance.

Le 13 février 1910, l’Organe met en garde contre des escrocs : un couple dangereux pratique l’escroquerie à la souscription pour des prétendues œuvres bien pensantes. Le couple est domicilié à Bruxelles. Lui, Jean-Jacques Jardens, 39 ans, est de Bruxelles ; elle, Marie-Palmyre Arasse, 37 ans, est née à Vielsalm.

Comme on le voit, on ne s’embarrassait pas de précautions à propos de l’anonymat.

On  trouvait aussi dans cette édition l’avis suivant :  dimanche 20 février 1910 à une heure de relevée, le sieur Théophile Duvivier à Vielsalm, vendra publiquement sur la gare de Lierneux 1500 piquets de clôture. Au comptant.

L’Organe de Vielsalm du 22 février 1913 relate un drame conjugal à Grand-Halleux le jeudi précédent. Un appelé Syon, natif de Wibrin, de mœurs assez douteuses et vagabond de la pire espèce,  voulut s’introduire dans la demeure du dénommé Smolders à Spineux-Wanne. Celui-ci qui avait des doutes et le présumait l’amant de sa femme défendit l’entrée de sa maison. Syon ne se tint pas pour battu et commença à en faire le siège en lançant des projectiles de toute nature. Smolders prit alors son révolver, tira sur son agresseur et le tua net puis alla se constituer prisonnier. Smolders qui provient d’une très honorable famille est très abattu mais a agi en cas de légitime défense.

Il n’est fait aucune mention d’une éventuelle réaction de l’épouse convoitée par la victime ni même, mais ça va sans dire,  d’une raclée lui administrée par son mari !

Robert NIZET

mardi 5 mars 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps


Dans l’Organe du 12 février 1905 :
La série rouge continue à Lierneux : jeudi dernier le feu a détruit trois maisons appartenant à M. Guillaume. Cette catastrophe porte à 12 le nombre de maisons incendiées à Lierneux depuis un mois !

Jules Jeunejean, mécanicien et maréchal ferrant informe que ses ateliers seront transférés rue de la Station dans l’ancienne maison Arasse.
 Il s’agit de l’immeuble Cottin,  Simon jusque récemment (puisqu’il vient d’être vendu et va être rasé) et situé  sous le monument aux Coloniaux. Un certain Walrant (ou Wallerant ?) y a aussi (avant ou après ?) fabriqué des pierres à rasoir.

Enfin, l’éditeur incite ses lecteurs à demander les nouvelles cartes postales illustrées de la chasse à courre de Vielsalm. Sans doute Gillet se bornait-il à les imprimer, laissant à plusieurs commerçants de la localité le soin de les éditer ?

Dans l’Organe du 11 février 1906 un abonné signale l’état lamentable du matériel roulant sur la ligne Gouvy-Libramont : les trains y sont composés de voitures légères destinées à ne faire que du 45km/h mais roulent souvent à du 60 km/h pour récupérer le retard. Donc le matériel est détraqué, disloqué, les ressorts déformés et on subit des secousses. Pourtant il existe, remisées dans des dépôts, de nombreuses voitures construites pour le service des voyageurs durant l’exposition de Liège.

A Bovigny, une chasse avait été organisée à la Heid. Un sanglier avait été blessé et fut poursuivi par quelques chasseurs mais l’animal rendu furieux bourra sur eux à différentes reprises et cassa la jambe gauche à Jules Jacob de  Rogery. Soins donnés par le Dr Lomry qui participait à la chasse et la bête de 76 kg achevée.

Il est annoncé dans l’Organe du 27 janvier 1907 que les obsèques solennelles pour le repos de l’âme de Monsieur Lucien Remacle seront célébrées en l’église de Ville-du-Bois le mercredi 30 janvier courant à 10 heures du matin.
Lucien Remacle, agent du comité spécial du Katanga et décoré de l’étoile de service de l’Etat indépendant du Congo, était né à Ville-du-Bois le 4 juillet 1870 et est décédé au poste de Lubefu le 26 septembre 1906.

On suppose, vu le délai, que le corps avait été rapatrié.

L’Organe du 24 janvier 1909 relate l’accident mortel survenu à la halte de Rencheux : Gengoux Peters de Ville-du-Bois, garde barrière de nuit, a été tamponné par le train de marchandises de 21h45 et trouvé à l’état de cadavre vers 22 heures. On suppose qu’il n’aura pas entendu venir le train ou que, trompé par l’obscurité, il  se sera approché trop près de la voie.

L’Organe du 6 février 1910 donne le compte-rendu complet de la séance du 30 janvier du conseil communal. Il y est question d’une lettre de la Fabrique d’église tendant à obtenir l’autorisation de placer une nouvelle horloge à l’église. Celle qui existe est dans un tel état de délabrement qu’elle fait craindre des accidents et qu’elle indique l’heure d’une façon très irrégulière, étant en fonction depuis 203 ans. Le devis présenté par M. Lugeler de Strasbourg, ayant comme représentant à Vielsalm Joseph Starck,  s’élève à 1864 Fr et l’intervention de la commune serait de 932 Fr. Bien qu’il y aurait eu appel à deux fabricants mais qu’un seul devis soit présenté, la proposition de placement est admise à l’unanimité.

 L’Organe du 9 février 1913 est consacré, comme très souvent, principalement au compte rendu du conseil communal. Cette fois-ci, celui-ci commence par indiquer qu’une assistance nombreuse se trouvait dans la salle, attendant avec stoïcité l’ouverture des débats qui, malheureusement pour eux, se sont déroulés le plus courtoisement et sans altercation.

Ce n’était pas toujours le cas.

Ces séances du conseil semblaient être attendues et suivies comme une distraction fort prisée ! Remarquons cette fois, notamment,  une demande de subsides des Zélés Orphéonistes de Bêche (un Bêchlî sachant manier la plume ne pourrait-il nous instruire sur cette société ?) et une pétition des gens de Rencheux réclamant l’eau alimentaire !

A Lierneux, dimanche dernier vers midi, la maison de Mr J. Massoz a été tellement malmenée par le vent que le pignon a été enlevé. Une personne qui était alitée a été projetée de l’étage au rez–de- chaussée et y est arrivée indemne. Il n’y a pas d’accident à déplorer.

M. Léopold Michaux, ancien docteur à Vielsalm, qui était parti au Congo l’année dernière (1913) est décédé à Kambové le 28 janvier dernier à l’âge de 47
ans.

                                                                                     Robert NIZET

lundi 4 février 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps


L’Organe du dimanche 15 janvier 1905 donne comme d’habitude l’intégralité du compte-rendu sténographique du conseil communal du 11 ct. Il y est abondamment question du cimetière de Salmchâteau dont une bonne moitié ne sert pas et que l’on dénomme « le trou des chiens » !  Un conseiller demande que l’on ne fasse pas comme à Vielsalm où lorsqu’on doit entrer un monument au cimetière, on est obligé de démolir le mur.
Une mise au point concernant la séance précédente est demandée par un autre conseiller : l’école des filles avait été fermée dix jours sans autorisation préalable, l’institutrice souhaitant se rendre à un pèlerinage. Un conseiller reproche à un autre de réclamer contre cette futilité et lui dit qu’il est un sale calotin. Et l’autre de rétorquer que lui est un espèce de socialiste. En fait le rapporteur aurait ajouté le mot sale qui n’aurait pas été prononcé.

On le voit, à cette époque, les séances du conseil ne manquaient pas d’ambiance.

De nouveau un gros incendie à Lierneux où quatre habitations viennent encore d’être détruites. Le feu s’est déclaré dans la grange du fermier Monfort dans un tas de bruyères dessèchées. Activé par le vent qui soufflait en tempête le feu s’est communiqué aux habitations des fermiers Saigers, Parmentier et à celle occupée par le frère du premier sinistré. Six têtes de bétail ont péri ainsi qu’une douzaine de porcs. Les frères Monfort avaient déjà perdu une maison dans le précédent incendie signalé le 1er janvier dernier.

Toujours à Lierneux, une grave affaire de détournement dont il sera question très souvent à l’avenir dans les colonnes du journal, celui commis par le Directeur de la Colonie. Il aurait fait figurer dans les comptes des notes au nom de personnes décédées et enterrées depuis longtemps et aurait gonflé certaines dépenses.

L’Organe de Vielsalm du 21 janvier 1906  informe que les carrières d’ardoises de M.M. Jos. Gomez, Constant Siquet et autres, situées à Vielsalm, sont réunies en Société Anonyme sous la dénomination « Ardoisières du Gros Thier, Gomez et Cie ». On fait remarquer que les ardoises proviennent uniquement des anciennes couches du gros thier de Vielsalm, qu’elles sont reconnues par tous les architectes comme étant de toute première qualité, exemptes de pyrite de fer. Elles sont admises pour les constructions de l’Etat belge et préférées partout à l’étranger aux ardoises d’autres provenances.

Dans l’Organe du 11 janvier 1914 : A la suite de la fonte des neiges et d’une pluie torrentielle une énorme crue d’eau s’est produite. C’est ainsi que les prés Les Doyards  sont complètement submergés. Voyant la rapidité avec laquelle s’amenaient les eaux, on fit évacuer les chevaux de la brasserie Kieffer : à l’heure qu’il est l’eau a pénétré dans ce bâtiment et y a atteint 50cm de hauteur. A la gare, les usines Jacques sont également malmenées par les eaux : le concierge a dû transporter ses pénates à l’étage et ses meubles et son poêle ont disparu sous l’eau. Salmchâteau n’est pas non plus épargnée ; plusieurs habitants de la Basse-Ville ont dû déménager. Mais l’Organe du 18 janvier   indique que vendredi dernier vers 6 heures du soir, la digue des étangs alimentant l’usine centrale électrique de Cierreux s’est rompue par suite de la trop grande quantité d’eau. C’est principalement ce qui a provoqué les inondations relatées ci-dessus.

                                                                           Robert NIZET ( A suivre)

mercredi 23 janvier 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps


L’Organe du dimanche 1er janvier 1905
Dans un petit village des bords de l’Ourthe, on a aperçu tout récemment une limousine automobile arrêtée près d’un appareil photographique sur pied. L’auto était en fait un laboratoire complet de photographe avec vitres rouges, cuvettes, révélateur, fixateur pour développer un cliché. L’opérateur travaillait pour un éditeur de cartes postales illustrées de Paris et avait réalisé quatre cents clichés de « La Belgique en hiver » en dix jours de givre. Grâce aux plaques rapides et à une automobile tout aussi rapide, les clichés se faisaient à la douzaine. Où est le temps du collodion liquide où l’on faisait trois clichés par jour ?

Mais que sont devenus ces clichés ?

A Lierneux un incendie a détruit au centre du village quatre maisons occupées par MM. Monfort, Germain, Habotte, Constant Gaspard et Jean-Jos. Mathieu. On n’a pu préserver que les récoltes avoisinantes et sauver le bétail sauf une chèvre et un porc. Il ne reste que quelques murs.

Dans l’Organe du dimanche 8 janvier on apprend que les religieuses dominicaines établies à Provèdroux, n°18 sont à la disposition des malades pour aller les soigner à domicile.

Qui se souvient de ce service particulier ?

L’Organe du 7 janvier 1906  commence par un avis aux lecteurs : L’Organe créé en 1885 vient donc de doubler le cap de sa vingt-unième (sic) année. Le plus vif désir de l’éditeur a toujours été de rendre son journal le plus intéressant possible. Il organisera cette année dans chaque village de la contrée un service sérieux de reporters afin que les plus petits faits lui soient renseignés et que la moindre nouvelle n’échappe pas à la connaissance de ses lecteurs.

La dame de L’Annonce ne devrait-elle pas faire de même ?

Mr l’abbé Hautôt, vicaire d’Etalle, vient d’être promu curé à Commanster.

Si l’on dit que c’est une promotion…

Innovation dans l’Organe du 12 janvier 1913 : une chronique des livres que l’on va retrouver tout au long de l’année et même au-delà et qui est signée G. de Prouves.

Je me demande si c’est un ancêtre de Guy don de Bêche. Je me promets de poser la question  à celui-ci !

Dans la nuit de mercredi à jeudi dernier, les habitants furent réveillés par les cris de Au feu, Au feu puis le clairon et le tocsin lancèrent aussi le signal avertisseur d’un incendie.
Le feu qui s’était déclaré soudainement (route de Neuville c'est-à-dire actuelle rue du Général Jacques) dans l’atelier de M. Rommès, charron, ne tarda pas à s’étendre à deux autres maisons, l’une habitée par M. Jacoby et l’autre, le local du cercle catholique, occupée par le tenancier. Ces constructions vieilles de plus de cent ans ne tardèrent pas à être transformées en un immense brasier et furent bientôt réduites en  cendres. Les pompiers et les habitants accourus sur les lieux mirent tout en œuvre pour circonscrire les flammes mais il fallut se borner à préserver les maisons voisines. On ignore les causes qui ont provoqué l’incendie dont les dégâts sont évalués à plus de 25.0000Fr.

A Limerlé, un vol d’environ 80m de fil de cuivre a été commis au préjudice de l’Administration des téléphones et télégraphes. Ce fil  fut coupé sur la ligne qui reliait  Limerlé à Cherain.

Il n’y a vraiment rien de neuf sous le soleil.

Il n’y avait, en ce temps- là dans notre localité, aucune difficulté pour  faire soigner ses dents :
Maurice Sasserath  peut être consulté à l’Hôtel Molhan-Renard à Vielsalm-Gare le troisième mardi de chaque mois ou chez Joseph Denis entrepreneur aux Quatre-Coins ; Ad. Leloup dentiste à Malmedy peut être consulté tous les premiers mardis du mois au café de la Renaissance Emile Lekeu-Lambert ; Amédée Hesse de Verviers se signale aussi à l’attention des lecteurs et reçoit le premier lundi du mois chez Cahay, hôtelier à la Gare ;   le Dr Legros de Vielsalm s’est aussi spécialisé dans l’art dentaire.
                           
                                                                            Robert NIZET




vendredi 11 février 2011

Organe de Vielsalm

( dimanche 5 décembre 1886, Première année, n°4)


CORRESPONDANCE.


Monsieur l’éditeur de l’Organe de Vielsalm.

Je sais que les affaires communales vous intéressent tout particulièrement ; c’est pourquoi je me suis fait l’interprète de plusieurs de mes concitoyens en me permettant d’attirer votre attention sur une question très importante pour les habitants de la section de Rencheux.
Le soir, le chemin qui relie ce village à Vielsalm, est très fréquenté et la route, n’étant pas éclairée, présente de véritables dangers en plus d’un point.
Il serait facile et peu couteux de remédier à cet état de choses en plaçant quelques réverbères aux endroits les plus dangereux.
Nous osons espérer que l’on ne reculera pas devant la minime dépense qu’occasionnera notre demande.
Agréez, Monsieur l’éditeur, nos respectueuses salutations.

Un abonné de Rencheux.


Faits divers

Vol audacieux.

Pendant la nuit du 30 novembre au 1er décembre courant, des malfaiteurs ont perpétré un vol audacieux à Vielsalm. Après avoir enlevé à la forge de Léon Laloire les instruments qu’ils destinaient à l’accomplissement de leur œuvre scélérate, ils se sont introduits successivement ;
1° Chez M. Renoupré, où ils n’ont pu aller au delà de la cuisine, qui était fermée.
2° Chez M. Beaupain, notre honorable bourgmestre, où ils ont fait main basse sur l’argenterie et d’autres objets d’une valeur assez considérable.
3° Chez M. Cahay, à l’Hôtel du Midi, où ils se sont emparés d’une somme d’environ quarante francs déposée dans le comptoir.
Pour pénétrer dans ces habitations, les voleurs ont enduit de farine délayée un carreau de la fenêtre et après l’avoir coupé, ils l’ont brisé afin de pouvoir ouvrir la fenêtre en faisant jouer l’espagnolette.
La gendarmerie, prévenue dans la matinée, est sur pied et fait d’actives recherches.
Espérons que les malfaiteurs tomberont bientôt aux mains de la justice et recevront le juste châtiment de leur forfait.


Etat-Civil de Vielsalm

Du 26 novembre au 2 décembre 1886.

NAISSANCE : 1.
Théophile-Joseph, fils de Jacob, François-Joseph, et de Tigny, Marie-Anne-Joseph-Amélie de Bèche.

DECES : 2.
Winchen, Marie-Marguerite, âgée de 63 ans, veuve de Lebecque, Jean-Guillaume, de Salmchâteau.
Pecheux, Marie-Joseph, âgée de 29 ans, épouse de Jacob, Léonard-Joseph, de Ville du Bois.

MARIAGE : 0

Publication de mariage entre : Comté, Christophe-Alexis, 21 ans, ouvrier au chemin de fer, à Grand-Halleux, et Rondeux, Marie-Augustine, 21 ans, sans profession, à Rencheux.


Annonces :

JARDINAGE.

M. ADAM jardinier-fleuriste.
Se recommande pour tout ce qui concerne son état, tels que jardinage, taille d’arbres, tonte des haies, etc. Il est établi chez M. Paul COLSON, négociant à Vielsalm.
Travail soigné.
___

Avis aux jeunes gens amateurs de musique.
Un cours de musique s’ouvrira, à partir du 8 décembre courant, chez m. Hoffmann Emile, à Rencheux.
Ce cours comprendra :
1° Etude complète et détaillée du Solfège.
2° Etude de l’instrument en cuivre.
Les cours auront lieu, les lundi, mercredi et vendredi de chaque semaine, de 7 à 9 heures du soir.
Le prix est fixé à fr. 1,50 par mois.
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LES MACHINES A COUDRE SINGER
De tous systèmes et de toutes forces se trouvent chez M. STARCK, horloger à Vielsalm.
On y trouve également Montres, Pendules, Horloges, etc., de 1er choix.
Réparations soignées et garanties.


Commune de Lierneux

VENTE DEFINITIVE D’EXCEDANTS DE VOIRIE A LIERNEUX.
Le jeudi 16 décembre 1886, à 9 heures du matin, et jours suivants s’il y a lieu.
Le Collège des Bourgmestre et Echevins de la commune de Lierneux fera vendre publiquement, en la salle communale et par le ministère de Me Louis MATHEY, notaire à Lierneux, les EXCEDANTS DE VOIRIE non repris au chiffre de l’expertise aux ventes antérieures.
Pour tous renseignements, s’adresser au Secrétariat communal de Lierneux.

Par le Collège :
Le Secrétaire, HAKIN
Le Bourgmestre BECHOUX.

Horaire du train.

dimanche 2 mai 2010

Le moulin d’Ecdoval.

(publié dans Ourthe-Amblève, du 8 juin 1962)

« Moulins et meuniers de notre vieille Ardenne, sont choses de chez nous, imprégnées de mystérieux passé, symbole du rude travail, de vie simple. »


Les moulins de Lierneux ont-ils une histoire ? On ne sait. Mais aujourd’hui certains ont perdu leur silhouette traditionnelle, et beaucoup de par leur aménagement plus moderne rompent l’ordonnance des sites rustiques. Hélas ! pour vivre, il faut marcher avec les progrès de son temps.

Le moulin d’Ecdoval, à Lierneux, doit avoir son origine dans un temps dont on ne parle plus. Pendant des siècles, il a tourné inlassablement, moulant du grain, moulant du bruit, moulant du vent… moulant des … souvenirs. À l’emplacement du moulin actuel, il semble certain que l’abbaye de Stavelot en avait fait construire un. Il nous est difficile d’en préciser la date. Au dessus d’une petite porte de l’ancienne bâtisse, une inscription taillée dans la pierre indiquait : A.G.1167.

Au sujet des revenus du monastère de Stavelot, au ban de Lierneux, en 1365, il est cité « Kedovauz » ; s’agit-il du moulin ou de certaines dépendances voisines ?

Aussi loin que nous avons pu remonter, nous trouvons un acte daté du 14 février 1452, ainsi conçu :
« Les doyen et chapitre de Stavelot donnent en ascence pour 15 ans, les deux moulins qu’ils possèdent à Lierneux à Collar fils, Grivot Hernaes de Brinxhen, demeurant à Lierneux, moyennant une rente de 15 muids de regon par an. »

(Traduction : « Recueil des chartes » par HALKIN et ROLAND)

« Donneit l’an N.S.J.C. mil MC et L le jour de St-Valentin ».


(Pour le deuxième moulin, il s’agit du moulin de La Fosse, mieux connu sous le nom de « Paquay » qui semble avoir existé depuis longtemps.)



D’autres documents anciens sont relatifs à ces moulins, notamment un acte daté du 21 avril 1490.

« Les doyen et chapitre de Stavelot accensent à Johan, fils de Ponchieu de Roggerez, pour 3 ans, leurs deux moulins de Lierneux, moyennant une rente annuelle de onze muids et quatre coupes de bon regon. Anthon de Malmedie maïeur pour ce temps de Stavelot, et Adam Basnéa de Lierneux se portent caution pour Johan.»


En 1496, il n’est plus question que d’un seul moulin, vraisemblablement celui d’Ecdoval. Nous trouvons l’acte suivant :

« 6 février 1496, pour un terme de 6 ans, les doyen et chapitre de Stavelot, louent à Hubert de Vernullement leur moulin de Lierneux, moyennant une rente annuelle de 9 muids et quatre coupes de regon. »


Un autre document :

« Le 12 avril 1545, Guillaume de Manderscheid, abbé de Stavelot, accense à Jean Degné, ces deux moulins l’un dit moulin de la Fosse, l’autre moulin Esdouvaulx, pour neuf ans, moyennant une redevance annuelle de 21 muids de regon. »


Jacques Halconreux de Joubiéval était meunier à Ecdoval en 1616-1628-1629. Son fils Cornet le meunier de Lierneux est cité en avril 1560 et le 30 août. Il était mort en 1649 (Taille de 1679).
Dans une liste de confirmés (1680) il est cité : « Johannes Molitoris de Gudoval ».

En 1795, la révolution française par ses réquisitions ruineuses et son administration brutale s’empara du moulin d’Ecdoval en temps que propriété de l’abbaye de Stavelot. Le moulin est vendu aux enchères au profit de la République.

Par décret du Prince d’Orange des Pays-Bas, il a été acheté entre 1825 et 1830 par le sieur LEBRUN à Madame CALLEZ de Stavelot. On croit que la bâtisse qui existait avant 1940 datait de cette époque.

Dans un document du 18e siècle, on écrit : « Decdoval ».

En 1831, le moulin est en possession du sieur Philippe Joseph CALLEZ. Le 7 août 1832, ce dernier introduit une demande afin d’obtenir la concession d’un terrain communal contigu à ce moulin. La municipalité de Lierneux accordée, pour la somme de 43 florins 26 cents. Ce terrain étant destiné à y construire un bâtiment adossé au dit moulin (contenance du terrain évaluée par le sieur NISEN, arpenteur juré, 3 perches 86 aunes).

En 1855, une nouvelle demande de construction est faite, ce qui laisse supposer que l’immeuble était dans un mauvais état ou détruit dans des circonstances indéterminées. Cette demande (8 février) émanant de Guillaume-Joseph STRAPS occupant le moulin, qu’il avait acquis des enfants LÉONARD Jean-Joseph, joignant dit le document, le ruisseau dit « Eau de Ghée », quel moulin sera mu par deux roues hydrauliques alimentées par ce ruisseau.

L’autorisation fut accordée par le Conseil communal en sa séance du 23 mars 1855.

Au cours de la dernière guerre, principalement en janvier 1945, lors de la contre-offensive de VON RUNDSTEDT, le moulin d’Ecdoval, dit aussi Gilles, subit de bien graves dégâts. Le moulin proprement dit cependant, résista aux secousses des bombardements. Il n’en fut pas de même de la maison d’habitation contigüe qui a été ravagée par un incendie provoqué par les bombes. Heureusement on parvint à localiser le sinistre.

Des décombres on sauva une vieille taque de cheminée en fonte, portant le millésime 1607. Elle mesure 1m10 sur 1m10 et est divisée en trois parties. Le pourtour est décoré de dessin, de fleurs et d’ornements divers sans aucun art spécial. Au centre un relief : « Adam et Eve au paradis terrestre », et sur les côtés le « Sacrifice d’Isaac » ; cette taque, à notre point de vue, n’a aucune valeur historique, mais la date doit retenir l’attention.

Les immeubles et le moulin proprement dits qui tout d’abord passèrent à M. VECHOUX, ancien mayeur de Lierneux et ensuite à M. Léopold BECHOUX, appartiennent aujourd’hui à M. Jules BECHOUX, fils de ce dernier, qui en assure l’exploitation.

C’est un joli coin que le moulin d’Ecdoval et il fait rêver le poète. Au fond du vallon, il se niche, ombragé par les frondaisons. Un petit ruisseau marque ses jolis méandres, sépare les prairies. Sa voix en s’aventurant vers Lansival s’affirme plus grave et bondit entre les pierres. Jadis, il formait le réservoir pour alimenter la grande roue à aube qui battait le courant du ruisseau. C’était autant de motifs d’enchantement, de sujets de légendes et de contes peut-être, de chansons enfantines.
Aujourd’hui inerte, elle est sans force, vermoulue, fée électricité l’a supplantée.

Elle ne tourne plus, si ce n’est pour rien ! Sur son axe encloué, la roue est immobile, Son biez est à plein bord envasé tout du long. Et son étang jadis vrai miroir d’eau tranquille Le voici devenu marais nauséabond. Donc, ce qui ici créa le siècle qui succombe Lui-même le détruit. Mais des siècles lointains, Voyez, comme il respecte à l’égal d’une touche Les humbles souvenirs… (chante l’abbé FOURGON)


C. PIERARD

jeudi 11 mars 2010

Sire Dupont.

(publié dans « Pays de Salm » le 2 mars 1958)

Pierre François DUPONT est né le 27 mars 1726 au pays de Laroche, d’après certains. Ses parents, châtelains, possédaient armoiries et blason et seraient originaires d’une bourgade de Carinthie.
Mais si nous en croyons une biographie du R.P. LEMAIRE, Jésuite, cette assertion est totalement légendaire, car c’est bien à Bra-sur-Lienne qu’il vit le jour.
Son père Jean-Baptiste DUPONT (ou du PONT) avait épousé Françoise LEONARD, de Villettes.
Dieu bénit cette union car Pierre-François se fit prêtre, ce qui vint compléter le nombre de quinze prêtres, religieux et religieuses que cette famille donna à l’Eglise en moins d’un siècle.
Bachelier en théologie, Sire DUPONT est nommé bénéficiaire en l’église de La Roche en 1747. En 1749, il est nommé curé de Bra où il succède à Jean-Jacques de HARLINVAL.




L'église de Bra.


Il aurait voulu, écrit le R.P. LEMAIRE, achever l’œuvre de son prédécesseur et construire une nouvelle église conçue dans le style du nouveau chœur, mais sa bonne volonté vint échouer devant l’inertie de la plupart de ses paroissiens dont il ne sut peut-être pas conquérir l’affection, assez pour les rendre généreux au gré de ses désirs.
Cette œuvre capitale ne fut possible qu’après son départ de Bra et par son successeur immédiat.
Pendant les neuf années de son pastorat, il fut souvent en procès avec plusieurs de ses paroissiens qui, contre toute justice, se refusaient à payer les dimes auxquelles il avait droit et que sa conscience lui faisait un devoir de maintenir comme une obligation dont il aura à répondre à ses supérieurs et à son successeur. D’autres procès eurent lieu pour amender certains paroissiens à prendre leur part dans les frais qu’entrainait l’entretien du presbytère, de l’école, etc. …
Nommé curé à Lierneux, en 1758, il succéda au Révérend Messire Gilles-François GERKINET, protonotaire apostolique, ci-devant conseiller et secrétaire particulier du prince sérénissime de LOUVENTEIN, décédé le 24 octobre de la même année.




L'église de Lierneux.

Dans sa nouvelle paroisse, sire DUPONT ne trouva pas plus de tranquillité, car les paroissiens de Lierneux se montrèrent à son égard pour le moins aussi peu accommodants que ses impatients et derniers ouailles.
On avait cru que tous les hommes de bonne volonté se rangeraient à ses côtés. La charge était lourde, certes, et il méritait qu’elle soit allégée, et une fois de plus, il ne fut pas répondu à son attente.
Les archives paroissiales témoignent que c’était l’homme prêt à se sacrifier pour la cause de Dieu et du prochain.
Il soutenait l’affligé, encourageait l’abattu, calmait la souffrance du malade et jetait la semence de la vertu dans tous les cœurs.
Il avait pris possession de l’église de Lierneux, qui devint la sienne, et il y était entré avec confiance. L’union, hélas, ne fut pas parfaite entre le pasteur et les fidèles.
Le cœur qui n’avait battu que pour Dieu, l’Eglise et le bien de ses frères se paralysa. Les portes de l’Eternité s’étant ouvertes devant lui, son âme alerte remonta à sa source. Ce prêtre modeste et dévoué mourut saintement le 5 février 1788.
Honorons sa vénérable mémoire.
La pierre sépulcrale était jadis encastrée à droite de l’autel, côté de l’Evangile, en l’église de Lierneux. C’est là que fut placée la porte de la nouvelle sacristie lors de la construction et depuis, la pierre fut placée dans l’ancienne contre le mur et entre les deux fenêtres de l’abside. Des signes bizarres et des armoiries sont incrustés dans la pierre. Nous n’en avons pas découvert le sens.
Elle a été sauvée de la destruction et mise en lieu sûr.




Quand à l’inscription, elle est conçue comme suit :
Illic Jacet Rdus admodus Dnus P.F. Dupont Natus 20 martis 1726 S. Théollovanis Bacc. Etinec Lesia Rupensi benefidiatus 1747 Bus Byter et pastor in braa 1780 Requiescat in pace.

Traduction :
Ici repose
Le très révérend Monsieur P.F.
Dupont, né le 27 mars 1726
Bachelier en théologie
Bénéficiaire en l’église de La Roche
En 1747, prêtre et curé de Bra 1758
Est mort le 5 février 1788
Qu’il repose en paix.

C. PIERARD

mercredi 9 décembre 2009

Usages d’antan. Lierneux. Barrière et Péage.

(publié en trois parties le 28 novembre 1954, le 5 décembre 1954 et le 12 décembre 1954, dans Pays de Salm ( ?))

Jadis, les villes comme les villages, étaient autorisés à établir des droits de péage, grevant soit le passage d’un pont, soit l’entrée et la sortie à chaque carrefour du village.
Le produit de ce péage était déposé chaque semaine dans une caisse particulière pour servir aux besoins urgents du village. Les commis et les contrôleurs à employer à la collecte susdite étaient désignés par la commune et choisis parmi ceux qui étaient en fonctions dans d’autres services, en prenant égard à leurs capacités et leur probité.

Pour Lierneux, nous sommes portés à croire que le droit de barrière existait encore vers 1885, taxe qui était très impopulaire et qui amenait bien souvent des conflits.

Nous possédions ce que l’on désignait : le bureau A de Basse-Bodeux ; le bureau B d’Odrimont ; le bureau C de Lierneux le tout intéressant le chemin de Regné à Basse-Bodeux.

La perception du droit de péage était mise en adjudication publique. Celle-ci était annoncée par voie d’affiches et les journaux. Les amateurs prenaient communication à la Maison communale de Lierneux, des clauses et des conditions auxquelles la perception était soumise.
L’adjudication avait lieu pour un terme de trois ans. Cependant la commune se préservait le droit de pouvoir résilier le bail à la fin de chaque année, mais cette résiliation devait être notifiée à l’intéressé au moins deux mois avant l’expiration de l’année. En ce qui concerne la perception du droit, on se conformait aux lois du 18 mars 1833.

Les procès-verbaux constatant les contraventions étaient soumis au juge de paix. Quant aux frais d’adjudication, ils étaient comme les droits d’enregistrement, à charge des adjudicataires.

Un procès-verbal d’adjudication publique du péage autorisé parut l’an 1869, le 22 décembre, et accepté par la commission spéciale nommée pour l’entretien de chemins, en présence du commissaire voyer du canton. La réunion eut lieu à la Maison communale de Lierneux, lieu indiqué par les affiches et les annonces. Les amateurs avaient reçu communication des clauses et conditions auxquelles la perception était soumise.

Les poteaux des barrières étaient placés dans la limite déterminée par l’arrêté royal du 9 octobre 1864 et les conditions du cahier des charges général, inséré au N° 1284 du mémorial administratif de la province.

Le procès-verbal du 22 décembre 1869 cité plus haut en ce qui concerne la perception des différents bureaux, nous renseigne que :

Pour le Bureau A, une mise à prix de 120 francs est offerte par le sieur Gilles SONNET, cultivateur à Basse-Bodeux. Aucune nouvelle enchère n’ayant été présentée pendant la durée des deux feux, le susdit SONNET a été déclaré adjudicataire de la perception du bureau A, dit de Basse-Bodeux, au prix de 120 francs. Il présente le sieur Jean Gaspard LEJEUNE, cultivateur à Basse-Bodeux, lequel est accepté.

Le Bureau B d’Odrimont est ensuite exposé sur la mise à prix de 70 francs par an, offerte par le sieur Jean-François LANSIVAL, maréchal-ferrant au dit Odrimont, dont l’offre est acceptée. Il a présenté comme adjudicataire le sieur Thomas François ALBERT, négociant à Odrimont. Celui-ci accepte.

Le Bureau C, dit de Lierneux, est exposé pour le prix de 60 francs, offert par le sieur Pierre-Joseph LAURENT, négociant à Lierneux. Différentes enchères sont offertes. L’une du sieur Jean Pierre MONFORT-MOTHET est déclaré adjudicataire de la perception du droit au bureau susdit. Il présente le sieur Jean Mathieu PAQUAY pour co-adjudicataire, lequel a accepté.

Généralement, les poteaux des barrières étaient généralement placés aux abords de l’habitation du percepteur, un cabaret le plus souvent, où les voituriers, car c’est d’eux qu’il s’agit, s’arrêtaient pour payer leur droit et occasionnellement prendre quelques petits verres, autre profit pour le percepteur. On ne payait pas le « passage », paraît-il, pour la chaux destinée à l’agriculture. Nous ignorons quel était exactement le montant perçu qui variait suivant que le véhicule comportait deux, trois ou quatre roues.

« La Meuse » du 26 mars 1904 écrit au propos du péage exigé sur le passage du pont de la Boverie à Liège, qu’en 1837, il était perçu trois centimes pour une personne ; un cheval ou un mulet, dix centimes ; un bœuf, une vache ou un âne, 5 centimes. À titre documentaire évidemment, cela n’ayant aucun rapport avec la perception de Lierneux dont il est question.

Il y eut adjudication en 1853 (18 avril) ; en 1854 (1er avril) ; en 1855 (9 février) ; en 1858 (15 avril) ; En cette dernière année, l’adjudication rapporta 135 francs à la commune.

En 1860, l’adjudication des barrières ne trouve pas preneur. Le principal motif qui empêchait la réadjudication est que les bureaux de perception étaient mal placés. En effet, en ce moment, on ne payait pas seulement pour la distance à parcourir, mais encore pour la distance parcourue. C’est ainsi qu’un voiturier partant de Lierneux pour Bodeux devait payer trois barrières pour deux lieues de chemin parcouru. À partir d’Odrimont pour Bodeux, on payait deux barrières pour une lieue de chemin et il en était de même pour le voiturier venant de Bra qui partait pour Bodeux et vice versa. Tandis qu’un voiturier qui partait de la partie supérieure du village de Lierneux pouvait aller à Regné et revenir sans devoir rien débourser.

Ce vice d’organisation, qui n’avait en somme été établie par la commune que pour susciter plus de concurrence entre les bailleurs, donnait lieu à des discussions, des embarras, des procès, même entre les voituriers et les collecteurs ce qui dérangeait considérablement ceux-ci. La commune voulut combler cette lacune en ne faisant plus percevoir à Bodeux que lorsqu’on entrait sur la route, soit pour se diriger vers Lierneux ou Bra. Décision fut prise de placer une barrière à Regné à laquelle on ne percevait que du côté de Lierneux. Cette mesure ramena le calme.

En 1862, le 15 novembre, l’adjudication eut lieu en faveur de Jean Pierre MONFORT-MOTTET, barrière de Lierneux, pour 80 francs annuellement ; celle d’Odrimont à Jean François JEHENSON, au prix de 45 francs.

En 1866 (26 mars), adjudication de la barrière de Bodeux, 120 francs.
En 1867 (31 janvier), une circulaire du commissaire d’arrondissement est envoyée aux communes, ayant pour objet la suppression des barrières établies sur les routes provinciales et sur les chemins vicinaux de grandes communications. Des compensations financières ayant été proposées, la commune de Lierneux décida d’adhérer complètement aux propositions dont il s’agit dans la dite circulaire et de se conformer aux décisions qui en adviendra.

En 1870 (13 janvier), approbation des barrières. Basse-Bodeux, 120 fr., Odrimont, 70 francs, Lierneux, 75 fr. Mais peu après, le droit de péage est supprimé.

En 1875, le conseil communal demanda en haut lieu le rétablissement de ce droit. Celui-ci est accordé. En 1885, il existait encore, mais pour disparaître bientôt à tout jamais.

Nous osons affirmer que la dernière barrière de Lierneux était établie au café Mathieu FAIRON (actuellement boucherie GEUZAINE). Nous n’avons pas voulu laisser se dissiper sans en conserver des bribes, cette coutume d’antan.

Charles PIERRARD

mardi 1 décembre 2009

Lierneux. Lieux dits.

(publié le 2 janvier 1955)

La question qui consiste à rechercher l’origine des noms des lieux est perplexe et, laborieuse. On reste confondu devant ce travail de bénédictin. Sur ce chapitre, il n’est pas difficile de s’égarer en vaines recherches. Tant de choses nous échappent. On ne peut tout savoir. Il convient de se méfier de la fantaisie, encore qu’il faille en l’occurrence tenir compte de la légende. Nous n’irons pas jusqu’à contredire les noms de lieux dits transmis par la tradition, l’interprétation peut être bonne à notre sens, étant populaire, elle est digne d’attention.

Certains lieux dits rappellent souvent des faits historiques sociaux, on les retrouve nombreux ayant cette origine, et il suffit de consulter la toponymie pour s’en rendre compte. Un grand nombre encore plongent leurs racines dans le vieux sol latin et celtique.

Pour l’histoire de Lierneux, il serait souhaitable que l’on mit en œuvre certains matériaux patiemment accumulés ainsi que quelque lumière fut jetée sur plus d’un point obscur des origines Lierneusiennes.

L’identification des noms de lieux de notre localité est difficile avons-nous dit. On ne peut réussir à les identifier exactement que si l’histoire, la tradition ou le relevé des lieux dits ne nous en révèlent le nom ou la situation. Certains ont perdu leur nom primitif en échangeant celui-ci contre un autre. Tantôt la dénomination fournie par les vieux documents a subi, au cours des âges, des transformations tellement notables qu’elle est devenue méconnaissable dans sa forme actuelle.

Enfin, nous pouvons nous trouver en présence de formes dénaturées soit par la distraction ou l’ignorance du scribe s’il s’agit d’un document original, soit par une erreur de déchiffrement de la part des transcripteurs s’il s’agit d’une copie. Ce n’est qu’à l’aide du contexte, des données historiques que l’on peut réellement parvenir à la restitution de la forme régulière ou à l’identification de la forme altérée.

Pour faire œuvre utile, il ne faut pas imposer des à peu près. Cependant il reste beaucoup à faire. Nous ne manquerons pas de signaler toutes les versions, ne fut-ce qu’à titre documentaire.

« Les noms de lieux et les coins de terre qu’ils évoquent, écrivait quelqu’un, réveillent en nous les ombres du passé. Ils contiennent plus de magie que les livres de nos historiens et plus de rêve que les vitrines d’un musée poudreux ».

Le nom de Lierneux notamment, a subi des changements importants au cours des siècles (voir à ce sujet la brochure « Lierneux, vieux village Ardennais », page 9 ; et « Le visage de Lierneux » - édition « J’Ose » à Spa).

Lierneux, écrit FELLER, a été adopté par une langue nouvelle qui a suivi, à partir de ce moment, les évolutions phonétiques de cette langue.
Essayons donc de dévoiler le mystère qui entoure les vieux noms de chez nous et dont tant nous familiers.

(publié le 9 janvier 1955)

Colenham.

Orthographié « Collamham » dans un document paroissial de Lierneux en 1722. le mot « ham » ou « han », qui entre dans beaucoup de noms de villages, est un mot allemand, qui, suivant les uns, signifie « trou – gouffre ». Suivant d’autres, il aurait la même signification que : « ham, hom, hem, heim, en », racines saxonnes qui veulent dire : demeure, station, lieu de sûreté. Une troisième version de « ham » donne le sens de « coude de rivière » puis aussi, « prairie dans un coude ».
Difficile à préciser, au reste le « m » qui peut très facilement se changer en « n ». On sait combien dans le langage populaire cette substitution modifie le sens du mot. Un aimable correspondant qui a bien voulu m’aider un peu, spécifié que l’an de « han » est indicatif de l’habitation primitive du Gallo-Celte et vient de « Anu » signifiant couper en hébreu. (caverne – an-) « H » n’est pas une consonne celtique. M. Em. VARENBERGH, dans un récit de voyage (1861), écrit « Colan-Han », point le plus élevé de cette partie des Ardennes, qu’on aperçoit de plusieurs lieues à la ronde. Cette montagne se distingue des autres par sa forme conique, son isolement, sa position et son élévation. Vue des hauteurs environnantes elle produit l’effet d’un volcan éteint. « Colenham » ne signifiait-il pas « montagne au-dessus d’un gouffre ? Qui connaît l’endroit comprendra qu’il y a quelque rapport.

Sentier des Roeteux.

Situé en « Groumont », non loin de la roche où l’on découvre le « Trou des massotais ». La légende dit que ceux-ci étaient des nains actifs et intelligents, mais vindicatifs quand on les molestait Petits êtres mystérieux vivant dans les cavernes et à qui on attribuait toutes espèces de pouvoir et d’influence, croyance populaire aussi pleine de superstitions et d’invraisemblances les unes que les autres. Les nuits, les « nutons » ou « sotais », empruntaient le « sentier des Roteux » afin de s’approvisionner et de remplir leurs missions.

Romoud.

Romoud est situé entre Florêt (Bra) et Jevigné. C’est une montagne boisée. Le nom est exactement celui de l’un des trois fiefs légués au monastère de Stavelot par Berthe de BULLIN, en 1107. Autre lieudit à Lierneux, « Boursy devant Romont ».

(publié le 22 janvier 1956)

Heid.

Terme rencontré fréquemment et retrouvé en maints endroits chez nous, sur le territoire de la commune de Lierneux.

Et ailleurs, « Heid-le-Moine », près de Fraipont. « Sur la heid », hameau sur le plateau traversé par le chemin de fer de Forêt à Prayon. « Sur Heid », sur une hauteur vis-à-vis des forges de Dieupart. « Sur les Heids », à mi-côté sur la rive droite de la Vesdre. « Sur les Heids », maisons isolées en plaine élevée avec pente vers le ruisseau d’Evegnée. « Heyd », village près de Bomal, etc.
Heid, avec une orthographe variée, donne « Heyd, Hez, Haie », signifierait « coteau boisé ». Un auteur dont le nom m’échappe donne ce sens : « Hé » (wallon), côte escarpée ; « Heud » désigne cependant bien un endroit cultivé, un pareil endroit est d’ailleurs élevé en général. Un exemple : Chabreheid (Les Tailles).

A citer à Lierneux, « Ol Hé, les heids », de Provedroux, de la Venne, de Jean-Hinri (Hierlot), des Teyen (Reharmont) sur Groumont.

« Heid de la Forge », qui doit rappeler la présence ou le voisinage d’une forge disparue. On a peu de preuve de l’industrie du fer à Lierneux. Cependant il existe certains indices, notamment des dépôts de scories que l’on peut rencontrer du côté de Groumont, et du moulin de Regné, ce qui fait que la toponymie a désigné le lieu dit précité. La réduction du minerais se faisait à l’aide du charbon de bois et on n’éprouvait aucune difficulté pour se le procurer, les bois voisins constituaient une ressource considérable.

Autres lieux dits à Lierneux : La Haie, Romond Heid, Soheid (Jevigné), Champ eshaie (archives paroissiales 1719), fond de la Heid, Bouhaye, Haie des Tiges, Hez Jean Duvède.

Un examen de la carte montre que les lieux ainsi désignés existent nombreux aux environs de La Roche ; Haies de Campagne, Le Hez, Haie des cens, sur les Haies, Haie du pont.

Le mot heid, haie, hez ou hay, apparenté au « heide » (flamand), est contenu dans « manhay » et signifie terre non cultivée ou bryère. A La Gleize, nous avons « Hézal » ; à Francorchamps : « sur la Heid ». et il y a Ernonheid, près de Werbomont. Bref, les lieux dits portant ce nom ne sont pas rares en Ardenne.

(publié le 3 avril 1955)

Saceux.

Lieu dit sur la route de Lierneux à Regné ; on affirme qu’il existait en cet endroit, à l’époque des premiers missionnaires, une petite chapelle.
« Saceux », du latin « Sacellum » signifie lieu consacré, petit temple fermé.

Doyard.

La première église de Lierneux a été bâtie par Saint Babolin, prince abbé de Stavelot et consacrée par Saint Lambert évêque de Liège. Or, à cette époque, tout fondateur d’église devait pourvoir aux besoins de celle-ci ; c’est pourquoi on procura à la notre, des ressources, une dot si vous voulez, un « douaire » constitué par des terres et situées en un lieu que l’on connaît bien.
Le « Doyard » était appelé jadis aussi, le « douaire du curé » ou revenu.

Dans les archives paroissiales (1828), on parle d’une prairie dite « le petit Doyard », laquelle joint du couchant à Jean-Henri DENIS et au septentrion à Jos. SAUVAGE et au chemin communal.
Une terre porte le nom de « sur le Doyard » (doc. 1850).
Il existe la rue Doyard à Herstal. Doyardard est un hameau en plaine avec pente légère vers le Nord, partagé entre Bolland et Trembleur.

Mont.

Nom ancien que l’on peut dater des premiers temps de l’installation des Francs ; Mont signifie hauteur, sommet.

Quand on se trouve en présence de noms tels que Odrimont, Verlumont, ou « Mont », signifie sans contestation possible montagne ; on peut être assuré que ces mots sont des traductions faites au moyen-âge non pas sur les termes primitifs mais sur leur transcription. Ces mots, écrit Louis SCHOENMAKERS, sont cependant moins nombreux qu’on ne le croit généralement. Dans la plupart des mots, le suffixe n’a rien de commun avec le latin « mons » (montagne) mais signifie « mausio » (maison).

La très curieuse étude de M. N. LEQARRE sur le suffixe « mont » (Bulletin de la Société de Littérature Wallonne – t.XLIII 1903, p.175) a établi que le terme dans le sens de montagne est essentiellement français et ne semble avoir jamais existé en wallon. Le wallon, lisons-nous, n’employait et n’emploie encore que le mot thier qui correspond au français tertre.

Haut-Mont, Bas-Mont (quartiers de Lierneux : l’mont, Thier du mont, derrière le mont), préposition et nom commun, simples épithètes de désignation ou de précision.
A citer encore : sur le montis, Groumont, Dessous Groumont, Mon esra (S.B. cadastre), Mont ès vâ (Verleumont), Mont de Haye, Chevroumont (Mont des Chèvres), nom d’un ancien hameau de Lierneux situé entre Brux, La Falize et Verleumont, disparu vers le 18me siècle.
Au 17me siècle, on comptait 50 habitants en ce lieu. Il y existait un moulin alimenté par le petit ruisseau qui vient se jeter dans la Lienne à La Falize.

Amcomont, Reharmont, hameaux de la commune. Lieux dits : Monhautchamps à Lansival. A Joubiéval « au monty ».

(publié le 4 septembre 1955)

Thier.

Thier, thiers ou tier, (monticule, hauteur) et qui se prend souvent pour montagne. En wallon, veut dire terrain en pente, colline, comme le signifie aussi « Thy » ou « thienne ». Croupet ou croupette ou butte, est aussi employé et fournit quelques exemplaires à Lierneux.

La hauteur est désignée en outre par « hourlè » ou « hourlay ». Nous connaissons comme lieux dits chez nous : Derrière les gros Thiers. Devant les gros Thiers. So les gros Thiers. Laid Thier. Thier dul Preux. de Mirenne. de Wé. des Fagnettes. de Monti. de Dormeux. des Faits à Odrimont. Les thiers de Mont, de St-Antoine, Derrière le Thier du Mont, Bois Thier fou Touvire, Derrière la croupette (Verleumont), Derrière le thier de Colanhan, devant le thier de Colanhan, Creppe Bayard. En bâti des Croupets (section G. à Jevigné), Haut Jean Hinri (Lansival), Devant la croupette (Verleumont No 810), Haut de Hazé (Verleumont), Thier des faits (pâture). Sous les thiers (Verleumont Nn 1099).

On recontre des « Thiers » dans les villages suivants : Tigne, Prayon, Ferrières, Beaufays, Spa, Bra, Vivegnis, Ochain, Hodimont, Fosse, Aubel, Soiron, Ayeneux, Aywaille, Stavelot, Polleur, Heusy, etc.

Le thier du gibet, au 12me siècle, la justice, dans la principauté de Stavelot était loin d’être complaisant. Les criminels étaient condamnés à la pendaison. Le lieu dit « Thier du gibet » au sud-ouest d’Odrimont, rappelle cette justice des temps passés.

Un point assez élevé du bois de Goronne, direction de Farnières, porte encore le nom de « Li Thiers del Justice ». Là où l’on exécutait également les sentences de la justice. Mais à quelles époque ?

Point du Jour.

« Le point du jour » lieu dit à Lierneux, tire peut-être son nom des vents. Il désignait à l’origine une maison isolée, une ferme à l’est du village. Cette désignation est commune en France par exemple.
Le nom de ce lieu semble se justifier à Lierneux.

Au Rameux.

Nos anciens Lierneusiens pratiquaient beaucoup, surtout pendant les longues soirées d’hiver, le tressage des mannes et des paniers. Ils fabriquaient aussi des balais avec des ramilles des bouleaux qu’ils allaient couper au lieu dit « Rameux ».

A la Falhotte.

La « Falhotte » ; ce lieu dit est-il entouré de légendes ? Pour notre part, nous n’en connaissons aucune.
Que signifient ces blocs énormes écrasés dans un champ et aux abords d’un chemin de campagne ? Ce monument serait-il dédié à la déesse « Faule » (sœur de Thor, dieu de la foudre), comme celui de Fraiture d’où son nom de « Falhotte » ou « Falhousse ». Nous n’en savons rien. Impossible d’être évlairé sur ce curieux phénomène géologique.
Il existe aussi la « Roche de Falhoule » sur le territoire de Lierneux, à 470 mètres de la fontaine de Roséfat, en plein bois, à 60 mètres au bord du chemin venant de la route de Liège et de la Baraque de Fraiture, de « Laid Bois » et Fraiture et allant à Xhout-Xiplout.
Une terre porte le nom de « Falhotte ».

(publié le 11 septembre 1955)

Baneux.

Vient de ban, mot dérivé du germanique « bamjan » qui veut dire proclamer. Ce vieux mot français trouve sa signification dans l’expression : « bans de mariage ».
On appelait aussi ban, les territoires sur lesquels pourrait être étendu la proclamation du ban. Comme à Baneux au ban de Lierneux.

C’est de là que vient le mot « banlieue ». D’adjectif banal d’abord « appartenant au Seigneur » a pris ensuite l’acceptation de « commun aux habitants du village ».
Ce mot eut aussi un sens militaire.
La lecture du ban était autrefois précédée de roulements de tambours.
A citer à Lierneux les lieux dits : bois banal, banal bois, sous le ban.

Han.

Quel est le sens du mot « Han » ou « ham » que l’on rencontre dans maints noms de localités ou de lieux dits ?

C’est un mot allemand qui, suivant les uns signifie « trou », « gouffre ». Le mot « han », selon certains étymologistes distingués, se rapproche du mot germanique « heim », qui veut dire habitation, hameau. D’autres auteurs estiment que le sens du radical primitif gothique « ham » était un méandre ou une prairie entourée d’un méandre de rivière, coude de rivière. Cela se retrouve en pays wallon et en France. Cela a donné quelques noms de localités comme Han-sur-Lesse, Han-sur-Heure, notamment. Ainsi nommées, elles sont en effet situées sur des rivières très sinueuses.

Cependant, l’explication de « han » ne se justifie pas en temps que lieux dits en plusieurs régions de nos Ardennes.
Nous trouvons chez un auteur : « Han » indicative de l’habitation primitive de Gallo-Celtes, vient du latin « ann » signifiant camper en hébreux (caverne an). « H » n’est pas une consonne celtique.

Le mot « han » aurait la même signification que ham, hom, hem, heim, en racines saxonnes qui veulent dire : demeure, station, lieu de sécurité. Le mot « ham » ou « han » pourrait avoir un sens différent.

Le changement de « m » en « n » serait à préciser. On sait combien aisément dans le langage vulgaire, une lettre substituée à l’autre change le sens du mot, ainsi que dit plus haut.

On pourrait là-dessus faire une dissertation fort savante, nous avouons que pour notre part, nous risquerons d’errer ingénument.

« La vérité, écrit Edouard NED, (8 août 1931), est qu’il y a deux « han ». Le premier vient bien du radical gothique et signifie une prairie enméandrée. Le second vient du latin « campus » qui nous a donné champ ou camp. D’où il apparaît que le « hama » c’est le camp romain ou la cense romaine qui domine sa prairie enméandrée. C’est du moins ce qui m’est apparu à l’évidence à travers les raisons et ratiocination que mon maître empruntait à l’histoire, aux traditions locales, à la morphologie, à la sémantique, toutes sciences fort séduisantes qu’il est délicat de parcourir sans un bon guide ».

« Colanhan »à Lierneux (Colanhan en 1722), ne signifierait-il pas « montagne au-dessus d’un gouffre ». Pour qui connaît l’endroit comprendra qu’il y a quelque rapport.
Parmi les lieux dits à Lierneux, citons : « Hanfat » (Odrimont section A n°1321) ; « Han des voies » (Odrimont section A n°840) ; « Han des vais », (pré Odrimont N°832).

(publié le 25 septembre 1955)

- Chevroumont.

Emplacement d’un ancien hameau disparu vers le 18e siècle. Au 17e siècle, on comptait en ce lieu, 50 habitants. Lors de la construction de la route de la Lienne, on découvrit des murs provenant d’une habitation. Il existait un moulin alimenté par le petit ruisseau qui vient se perdre dans la Lienne à La Falize.

- Thier du Gibet.

Au 12e siècle, la justice dans la principauté de Stavelot était loin d’être complaisante. Les criminels étaient condamnés à la pendaison. Le lieu dit « Thier du Gibet », au sud-ouest d’Odrimont, rappelle cette justice des temps passés.

- La Falize.

Ce hameau fait partie de la commune de Lierneux. On écrit La Falize ou simplement Falize. Cette section doit son nom à la grande falaise verticale qui surplombe la route de Basse-Bodeux à son entrée. Le germanique « falisa » a donné le français « falaise ».
La « Roche Jehenson », autre appellation en ce lieu, est un accident géographique naturel assez curieux. Les parois envahies par les pluies excavent son sein et la mousse qui l’enrobe, rend cette falaise sauvage et magnifique. A-t-elle comme ses consœurs ses idylles et ses drames ? Nous n’en savons rien.

Le hameau de La Falize n’est pas très ancien. A l’époque franque, en plein domaine royal, cet endroit était inhabité, des marécages inaccessibles abondaient dans la vallée. Quant au moulin de la Fosse (PAQUAY), à proximité, il existait déjà au XIXe siècle.

Les sites rocheux, dans le genre de ceux que nous venons de citer, se retrouvent du reste ailleurs qu’à Lierneux, tant dans les noms de lieux ou de hameaux qui s’orthographient différemment. A Rochefort, notamment.

Il y a Falize, hameau dans le vallon et sur la rive gauche de la Warche ; sur le territoire de Malmedy s’élève également le massif rocheux de ce nom, en un vieux site romantique très impressionnant. Il possède, écrit un auteur, des charmes nombreux et variés, on y trouve à contempler du pittoresque authentique, on y respire des arômes sylvestres…

L’expression « Falaie » signifie également rocher ; voyez Houffalize, Noirfalise, Corfalise, Goffalize.

Comme lieux dits à Lierneux, signalons encore : Nabonfalize (à Odrimont), sapinière section A ; Au-dessous de la Falize, Devant la Falize, section A N°130.

(publié le 23 octobre 1955)

WEZ.

Wez ou Wé viendrait du celtique et signifierait gué, passage d’eau, terme très ancien. Du reste tous les lieux dits où figure ce nom, se trouvent dans le voisinage d’un ruisseau ou d’un étang. Se répète à Lierneux dans Gérard Wez, Wez de France, les champs au Wez, Wez Jean Damide, on rencontre encore « laid vévi, Beauwez ».

FAGNES.

Chez nous ce mot désigne u endroit marécageux. Du germain « Weeven », qui signifie terrain boueux. St Bernard, mort en 115 a employé en français l’expression « faignaz » comme synonyme de bourbier.Lieux dits : dans la fange (Odrimont section A no 1009), Fagnoule ou Fagnoul, Bout des Fanges, à la fange Sevrin Antoine (à Joubiéval), Fange de Mirène ou Miraine (à Provedroux), Fange de Joubiéval, Fagne Caton (à Lansival), sur la petite fagne Noël (à Verleumont), Es Féchis pré, Fanges (pâture Section A, No 495 f.). Dans un document paroissial de Lierneux, nous lisons : Fange Cathon (1769).En 1805, le 17 octobre a été trouvé à la « fange Hoursenfat », morte personne JAMOTTE Dieudonnée veuce de Nicolas MARTIN, cultivatrice âgée de 66 ans, a été trouvée par Jean Joseph LEONARD de Bru et Louis le BOUVY de Lierneux. La défunte a été inhumée dans l’ancien cimetière de Lierneux.Autres lieux fits, fange à Bayard, pèches aux fanges (terre).

BRU.

Petit hameau de la commune de Lierneux. Bru est un terme germanique repris en Wallonie et prenant le sens de « boue », et il a signifié jadis « marais ».Dans un ancien document, nous avons rencontré, « En Bruy », « Brux », et l’orthographe « Au Bru », (1835).Trouvé dans un vieil almanach de l’année 1832, « Brut ».Bru, siège d’une « baillerie » dépendant de l’abbaye de Stavelot.

Charles PIERRARD