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dimanche 30 janvier 2011

Organe de Vielsalm

(dimanche 14 novembre 1886 Première année, n° 1)


Compte rendu de la séance du Conseil communal de Vielsalm en date du 4 novembre 1886.

Étaient présents : MM. Beaupain, bourgmestre ; Paquay, Bruyère, Masson-Gillis ; Goffinet, conseillers, et Gillet, secrétaire.
La séance fut ouverte à 2 heures 45 minutes de relevée.
Le Conseil communal entend la lecture et approuve le procès-verbal de la séance précédente du 15 octobre 1886.
Il s’occupe ensuite des objets portés à l’ordre du jour :

1. Reçoit communication d’une lettre de M. le commissaire d’arrondissement de Bastogne du 21 octobre 1886, faisant observer au Conseil qu’il est de règle de ne fixer les subsides pour travaux que lorsqu’un projet, dûment instruit, est soumis à l’approbation de l’autorité compétente.

2. D’une dépêche de M. le gouverneur de la province du 20 octobre écoulé, informant le Conseil qu’il n’y a pas lieu, de la part de l’autorité supérieure, en présence du résultat de l’enquête à laquelle il a été procédé par l’inspection scolaire, de donner d’autre suite à la plainte formée contre la maîtresse de couture de Neuville et est invité à statuer sur le maintien de la maîtresse dont il s’agit, en conformité des articles 84 et 85 de la loi communale.
Le Conseil décide qu’il y a lieu de procéder à une nouvelle enquête, celle qui a été prétendument tenue étant insuffisante ; demande à ce que les parents, les enfants et les administrateurs communaux y soient entendus.

3. D’une dépêche de M. le gouverneur de la province en date du 27 octobre 1886, invitant le Conseil communal à prendre des mesures en vue de réaliser les sommes prévues en recettes aux art. 7 et 43 du budget de la commune pour 1886 et qui sont nécessaires pour équilibrer les recettes et les dépenses communales.
Les ressources à réaliser se répartissent entre les sections de la manière suivante :
Section de Bèche fr. 5,014 93
Section de Burtonville fr. 3,418 83
Section de Neuville fr. 1,190 57
Section de Salmchâteau fr. 2,383 29
Section de Ville-du-Bois fr. 729 17
Soit fr. 12,736 79

Le conseil ajourne sa décision à la prochaine séance.

4. De l’approbation par la députation permanente du Conseil provincial des actes de concessions de terrains au cimetière de Vielsalm au profit des familles Mention et Lerusse, dudit lieu.

5. D’une lettre de la Dame Jacmin, née Duhem, institutrice en disponibilité pour cause de maladie, informant le Conseil qu’elle désire reprendre ses fonctions à partir du 1er décembre prochain.

6. D’une dépêche de M. le ministre de l’intérieur et de l’instruction publique du 19 octobre dernier, faisant connaître au Conseil communal qu’il n’est pas possible d’accueillir favorablement son recours au Roi contre le refus d’autorisation d’ester en justice pour s’opposer au paiement des honoraires réclamés par M. Cupper, architecte provincial à Bastogne, du chef de la rédaction d’un projet de construction d’école.

7. Le Conseil arrête les budgets scolaires en recettes et en dépenses, savoir
Écoles primaires fr. 13,603 00
École gardienne fr 1,887 65
Écoles d’adultes fr 810 00
Soit fr 16,300 65

8. Le Conseil approuve le procès verbal d’adjudication des travaux et fournitures d’entretien à exécuter en 1887 à la voirie vicinale au profit de MM. Gabriel, Hubert, de Goronne, et Lejeune, Guillaume, de Salmchâteau, pour une somme totale de 2,117 francs.

9. Émet un avis défavorable sur les réclamations des instituteur et sous-institutrice gardienne, démissionnaires à la date du 1er septembre et tendant à avoir paiement des émoluments attachés aux susdites fonctions pour le mois des vacances.

10. Charge le Collège échevinal de consulter Me Léon Alexandre, avocat à Marche, sur la valeur des actes de cession à la commune de la fontaine dite Gaussoin, et si la dame Bruyère, née Clémentine Damberty, a droit à l’exemption de la taxe imposée par le règlement sur les distributions d’eau à domicile.
L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 4 heures de relevée.



Faits divers


C’est aujourd’hui que MM. Les membres effectifs de la Société de secours mutuels La Fraternité de Vielsalm se réunissent pour verser leurs cotisations mensuelles.
Il paraîtrait que la Commission est décidée à ne plus admettre de nouveaux membres effectifs aussitôt le chiffre cent atteint, résultat qui est à la veille d’être obtenu.
Avis aux retardataires soucieux de l’avenir, cette Société étant appelée à rendre les plus grands services à l’ouvrier ne jouissant pas d’un revenu suffisant pour parer aux misères de la vie.

La Saint-Clément.
Personne ici ne l’ignore, Saint-Clément est le patron de tous nos ardoisiers, maçons et ouvriers en …pierre de taille, à rasoir, etc.
Cet anniversaire est toujours joyeusement fêté dans notre canton. Le joli village de Salmchâteau est en pleine animation ce grand jour ; tous ses habitants endimanchés se livrent à maintes réjouissances.
Bien des bouteilles sortent pleines de vie de la cave et y retournent à l’état de cadavre.
Nous donnerons dimanche prochain un compte-rendu de cette fête.

Nous apprenons que, grâce aux démarches de M. Van Hoorde, représentant de notre arrondissement, M. le ministre des chemins de fer a décidé qu’à partir du 1er décembre prochain le train partant de Bastogne le matin vers 4 heures continuera jusqu’à Vielsalm, où il arrivera à 5 heures 15 minutes, pour en repartir à 5h.21 et arriver à Bastogne à 6h.30


État Civil de Vielsalm
Du 4 au 11 novembre 1886
NAISSANCE : 0

DÉCÈS : 1
Enfant présenté sans vie du sexe masculin, de Starck Joseph, horloger, et de Choffray Marie-Françoise-Angélique, son épouse, à Vielsalm.

MARIAGE : 1
Jeunejean Jean-François, cultivateur, âgé de 36 ans, et Dantine Marie-Lucie-Victorine, sans profession, âgée de 24 ans, domiciliés à Ville-du-Bois.

PUBLICATION DE MARIAGE.
Arasse Guillaume-Joseph, âgé de 30 ans, sans profession, domicilié à Grand-Halleux, et Barbette Anne-Thérèse, âgée de 29 ans, sans profession, domiciliée à Salmchâteau.

lundi 10 août 2009

Au centre du Pays de Salm, Vielsalm.

(publié dans le Bulletin du Syndicat d’initiative de Vielsalm, 1951, n°1)

L’intérêt est toujours grand de remonter à l’origine des choses, de la découvrir, la comprendre. Elle éclaire, elle enseigne.
Ainsi en va-t-il particulièrement s’il s’agit de groupements humains ; car on y retrouve l’homme avec ses soucis, ses ambitions, sa vie. Ceux qui, les premiers, ont, là, bâti leur demeure, pourquoi s’y sont-ils fixés ? Par quoi y ont-ils été retenus ? Quel mobile les a guidés ?
La question peut se poser pour chacune de nos localités. Au cœur du pays de Salm, elle va nous retenir pour Vielsalm même.

Si à propos du passé de Vielsalm, on interroge les personnes d’âge, si l’on examine avec attention l’aspect des lieux, si l’on consulte certain plan centenaire ou quelques archives, la conclusion s’impose vite que, il y a un siècle, l’endroit présentait un groupement de maisons bien différent de celui d’aujourd’hui.
Le vieux Vielsalm d’il y a cent ans et plus se tenait tout entier, pour ainsi dire, autour de l’église et de la place voisine.
D’une centaine d’habitations en ce temps-là, une quarantaine il y a trois cents ans, il se groupait aisément aux abords de cet endroit.
Le « pont des perches », à ce moment, se distinguait de Vielsalm tout autant que Priesmont, Cahay ou Rencheux. Et quand, rejointe aujourd’hui par les maisons qui ont couru vers elle, la gare du chemin de fer fut édifiée, la population de Vielsalm jugeait bon de protester du fait que cette gare le laissait « tout à fait à l’écart ».
Pour entrevoir l’origine de Vielsalm, il faut donc se tourner vers la crête rocheuse du Tienne-Messe, et lui demander son secret.
Quelle attirance a bien pu décider ceux-là qui, les premiers, y ont édifié un logis ?
Présence d’eau potable ? Ou disposition favorable du sol à la naissance d’un centre rural, comme la plupart des autres localités aux temps reculés ? Certes, non. Car les lieux qui ont servi d’assise au Vielsalm primitif ne constituaient rien de moins qu’un crête rocheuse se terminant presque en ravin.
Jusqu’à l’établissement d’une conduite d’eau communale, le problème de l’eau restera d’ailleurs épineux pour Vielsalm ; en 1854 encore, la raison majeure invoquée et pour laquelle « la construction d’une fontaine sur la place publique de la localité » se montrait « d’une nécessité absolue », était, dit un procès-verbal du moment, « que les habitants doivent se rendre à la rivière de la Salm très distante de la localité et dont les abords sont très difficiles, pour procurer l »eau nécessaire à la population et au bétail ».
Si, par un travail sincère de l’esprit, considérant la colline du Tienne-Messe jusqu’à son extrémité ouest, on fait abstraction du remblai de la voie ferrée Vielsalm-St-Vith, datant de 1915, du remblai aussi sur lequel gisent les ruines de l’hôtel de Belle-Vue et descend la grand’route actuelle, on aperçoit alors un paysage bien différent de celui d’aujourd’hui ; tout le contraire du fonds indispensable à un établissement rural.
Mais on voit une disposition du sol très favorable à servir de base à une forteresse médiévale. La hauteur est escarpée, en effet. Elle domine plusieurs vallées profondes vers Grand-Halleux, vers l’est et l’Eiffel aussi, vers le sud encore avec une vue au delà de Provedroux. Un circuit de hauteurs encadre, au loin. Et, de cet observatoire, regardant vers le nord, l’imagination entrevoit le riche Stavelot du moyen âge.
C’est bien une forteresse, qui, un jour, est venue s’ériger à cet endroit.

C’était vers l’an 1000.
Un document dont la date est à fixer entre fin 1034 et début 1035 cite, pour la première fois, le nom de Salm : « comes Gisilbertus de Salmo ». d’autres données autorisent à admettre que l’installation chez nous des seigneurs qui prirent le nom de « SALM » remonterait même un peu plus haut, dans la seconde moitié du Xe siècle, avec Sigefroi dont l’insistance, en 959, à vouloir s’établir à Bodeux donnait grande inquiétude à l’abbé Werinfrid de Stavelot.
Disons donc, en bref, vers l’an 1000. Après 1035, les mentions de Salm comme nom du comté, des comtes, ou de leurs châteaux, vont se multiplier.
Sur le promontoire de Vielsalm, les seigneurs dressèrent leur demeure. Château et forteresse, avec une chapelle castrale vraisemblablement, dès le début du comté ; le tout entouré d’une enceinte et d’un fossé dont, paraît-il, on retrouvait encore des traces au siècle dernier.
Le castel s’élevait tout au bord de l’arête, en face des ruines actuelles de l’hôtel de Belle-vue. La première mention qu’on en connaisse est de 1153 : « mon château de Salm », dit le comte Henri Ier, en le mettant, avec tous ses biens, à la disposition de l’abbé Wibald de Stavelot.
Autour de ce château primitif, peu à peu surgirent des demeures. Résultat d’une double tendance bien humaine : celle, chez les faibles, de trouver protection auprès de la force ; celle, chez le puissant, de s’attirer des sujets. La présence, en 1501, de six ménages francs sur les huit de l’agglomération n’interdit pas de penser qu’à l’origine, le château abrita une franchise murée. Mais que de temps a-t-il fallu, au bourg naissant pour prendre vigueur ?
Et il arriva, certain jour le fier château fut abandonné. Nécessité d’une autre époque, sans doute. Un nouvel édifice seigneurial vint à s’élever 3 km. Vers le sud.
L’ancien castel, peu à peu, subit la décrépitude. Le 9 septembre 1560, fut par « noble Dame Elisabeth natifve de Hennenberg, Comtesse de Saulme », cédée « héréditablement en fief à Gilles le moulnier de la vieille Saulme », « la place appellée le vieux chasteau gisant au dit vieille-Salme avecque les appendices et circuits à la ditte place ».
Privée de son centre vital, la localité n’allait-elle pas, désormais, sur une base aussi ingrate, s’anémier ?
Il en est des groupements humains comme des hommes ; certains ont plus de chances que d’autres.
La fortune a souri à Vielsalm. À côté du château, était venu se constituer un centre paroissial. D’une grande paroisse, allant de Commanster aux Halleux et de Cierreux à Petit-Thier. Le château désaffecté, le centre paroissial fixé resta. Pour voir, chaque dimanche au moins, une grande affluence de monde. Aucune autre, du comté de Salm, ne l’égalait. De fait, la position géographique de l’endroit au sein du comté, n’était-ce pas assez pour attirer là des affaires et des influences ?
Ainsi, au XVIIIe siècle, le notaire y réside. Il y a aussi quelques « marchands » en ce siècle qui apporte bien des choses nouvelles. Et des « taverniers ». jusqu’à son décès en 1793, Sire Laurent MARTINY, curé de Salm, sera doyen du Concile de Stavelot. Et, depuis les environs de 1600, le mayeur du comté en fait, est de Vielsalm.
Voilà une situation qui pouvait, un jour, favoriser l’essor de l’endroit.
C’est ce qui advint à la fin du XVIIIe siècle, avec le régime français. Une fois encore, la fortine souriait à Vielsalm.
Par l’arrêté du 14 fructidor an III (31 août 1795), il devenait chef-lieu du septième canton du département de l’Ourthe. Et ce choix allait lui valoir peu à peu des faveurs nouvelles, avec la fixation du centre décanal en 1803, avec l’installation progressive de services administratifs, avec l’établissement, en 1867, d’une gare qui devait susciter la naissance rapide de nombreuses habitations nouvelles et stimuler l’activité commerciale.
La population était restée longtemps sans supériorité sur celle des villages voisins, une bonne centaine de familles seulement il y a un siècle. Depuis, elle a pris de l’ampleur.
Rural autrefois, commerçant aujourd’hui, Vielsalm est devenu bourgade, au visage tout rénové après la tourmente d’hier. Une petite capitale.
En face des anciennes communautés du pays de Salm, ses égales autrefois, ses aînées même pour plusieurs, c’est un privilège. Le service le justifie. Celui de rayonner, celui d’épanouir la région voisine, de respecter son caractère propre en lui communiquant le vrai progrès.
Cela, au sein d’un paysage que peut, certes, consacrer le grand tourisme.
Demain, tout peut être tellement plus beau qu’autrefois.

Gaston REMACLE


Ndlr:

Cet article a été republié dans l'Annonce de Vielsalm du 11 mars 1951.