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samedi 19 septembre 2009

Notes historiques. Fraiture (5).

(publié dans Pays de Salm, le 25 juillet 1954)

Travailleur infatigable, il prit une grande part à l’élaboration de la plupart des lois qui, à cette époque, apportèrent de si profondes modifications à notre régime des finances. Et c’est avec justice que le « Moniteur Belge » du 23 juin 1872, page 1799, dans la notice biographique qu’il lui consacra, put dire :

« … Dans cette longue carrière et surtout dans le poste élevé qu’il a occupé en dernier lieu, Monsieur QUOILIN s’est toujours distingué par sa rare intelligence, par sa grande fermeté ; son zèle et son dévouement ne se sont jamais démentis. Il aimait le travail, il s’y livrait avec ardeur et possédait un rare talent d’analyse. Il portait la lumière dans les questions les plus obscures et les plus compliquées, et il exprimait ses pensées toujours justes, dans un style clair, simple et concis ».


En dehors de sa notice sur les « Finances de l’Etat » insérées dans « L’Exposé de la situation du royaume, période décennale de 1851-1860 », et de quelques articles dans la « Revue Belge ». QUOILIN ne publia rien, sa vaste et importante collaboration à la confection de nos lois d’impôts et de réformes financières est restée forcément anonyme.

Lorsque, le 5 août 1869, malgré les vives instances du ministre, qui désirait le conserver encore à l’activité, il fut admis à la pension de retraite.

Il était commandeur de l’Ordre de Léopold, grand officier des Ordres des S.S. Maurice et Lazarre, grand officier de l’Ordre de la Couronne de Chêne, officier de la Légion d’Honneur, chevalier de 3me classe de l’Ordre de l’Aigle Rouge, décoré de l’Ordre de Medjidié de seconde classe.

À partir de ce jour, il vécut à Ixelles dans un éloignement du monde presque absolu. Dans ces derniers temps, il avait été douloureusement éprouvé ; après une longue et heureuse union, la mort lui avait enlevé la compagne qui faisait le bonheur et le charme de sa vie ; puis un neveu sur lequel il avait concentré la grande affection qu’il portait à tous les membres de sa famille ; enfin, en 1871 un de ses meilleurs amis, Luxembourgeois comme lui, M. PAQUET, président à la Cour de Cassation de Belgique, le confident de toutes ses pensées. Ces deuils répétés, il les supporta pourtant avec une mâle résignation et son énergie ne l’abandonna pas un instant quand il vit s’approcher la fin d’une vie de travail et de devoir ; sa conscience était en repos à tous les points de vue, et, le 21 juin 1872, il s’éteignit à Bruxelles, manifestant le désir de se voir enterrer sans cérémonies autres que celles du culte, sans honneurs militaires, sans discours.

Son portrait a été placé au Musée Archéologique de la province à Arlon.

Fin.

HISTORIENS

Notes historiques. Fraiture (4).

(publié dans Pays de Salm, le 18 juillet 1954)

Fraiture est le village natal de Jean Hilaire QUOILIN, fonctionnaire et publiciste. Il est né en effet en ce lieu le 13 janvier 1795. Il est décédé à Bruxelles le 21 juin 1872. Issus d’une famille de bons cultivateurs ardennais, il fut reçu, le 11 mars 1814, bachelier es lettres par l’académie impériale de Metz. Peu de temps après, il se décida à embrasser la carrière administrative et, le 1er juillet 1819, on le trouve troisième commis de direction à l’administration des contributions, douanes et accises ; le 1er avril 1827, il est chef de division au gouvernement provincial à Luxembourg ; on sait qu’à cette époque, l’administration des contributions, douanes et accises, était dirigée en province par les gouverneurs. Après la révolution de 1830, QUOILIN, se démit de ses fonctions et, sur les instances de M. THORN, gouverneur du Luxembourg belge, il vint en Belgique et prit une large part à la réorganisation de la province.

En consultant « Biographie nationale », des archives gouvernementales et Em. TANDEL, auteur d’ouvrages sur notre Luxembourg, nous trouvons en outre les renseignements que voici :

Pendant son séjour à Arlon, Jean Hilaire QUOILIN avait été appelé à présider le bureau de bienfaisance de cette ville. Dans les provinces de Luxembourg et de Limbourg, rapidement, il parcourt les grades de la hiérarchie administrative ; partout, son intelligence, son zèle perspicace et inlassable attirent sur lui l’attention et, directeur en avril 1847, il est, le 9 mars 1849, appelé au poste de secrétaire général du ministère des finances.

Ce département était alors dirigé par FRÈRE ORBAN qui écrivait à QUOILIN :

« Les travaux de l’administration étant en ce moment très importants et très multiples, mon intention est de vous appeler près de moi pour y prendre part pendant quelque temps. Ce sera pour vous un dérangement, mais vous m’avez habitué à compter sur votre zèle et votre dévouement autant que sur vos lumières et votre expérience des affaires ».


Appréciation flatteuse sans doute.

Déjà dans une autre circonstance où il avait obtenu des résultats hautement appréciés par M. NEYDT, alors ministre des finances.

Pendant de longues années, QUOILIN occupa le poste élevé de secrétaire général et, plus d’une fois, l’offre du portefeuille des finances lui fut faite dans des moments de crise ministérielle. Mais, malgré les vives instances dont il était l’objet, il ne consentit pas à se charger d’un aussi redoutable fardeau, alléguant qu’il ne se croyait pas doué des qualités nécessaires pour affronter une pareille responsabilité.
À suivre.

HISTORIENS