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dimanche 11 mai 2014

Choléra à Ville-du-Bois

Pour la plupart d’entre nous, le choléra évoque des images de camps de réfugiés en Afrique, de pays ravagés par la guerre ou par des catastrophes naturelles …
Pourtant au XIXème siècle, nos régions ont été traversées par plusieurs vagues d’épidémies de choléra ; c’est notamment le cas à Ville-du-Bois en 1849
A l’époque, un membre de la commission médicale provinciale se rendait sur place pour faire rapport au gouverneur de la province. Quant à elle, l’administration communale était tenue de rédiger régulièrement un bulletin de choléra.
L’épidémie débute le 28 septembre : la première victime est le garde champêtre Gengoux, âgé de 42 ans  « maladif depuis longtemps »
Le Docteur Henroz de Marche  qui rédige le rapport conclut que la cause est la malpropreté du village : « malpropreté qui ne doit être attribuée qu’à l’insouciance des habitants »
Cette remarque ne plait pas au bourgmestre de Vielsalm qui à son tour écrit au gouverneur : «  C’est à tort qu’on attribue l’origine de cette épidémie à l’excessive malpropreté des rues et des habitations comme on s’est plus à vous le dire avec exagération, attendu que les villages et communes voisines ne sont pas plus propres que Ville-du-bois et surtout que la classe en général des habitants de Ville-du-bois est une des plus aisée des environs. Je suis porté à croire que cette épidémie aurait été plutôt apportée par des voituriers et des marchands de Ville du bois qui se rendent régulièrement à Verviers et dans le pays de Liège ; le ménage de l’un deux a été atteint en premier » Le bourgmestre avait raison.
L’épidémie de choléra se termine le 20 octobre, elle aura touché 37 habitants (17 hommes et 20 femmes) on déplorera 4 décès.

Hugo PIERRARD

jeudi 8 août 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

L’Organe de Vielsalm nous tient au courant de toutes  les petites nouvelles du coin :

Le 21 juillet 1912 : Notre sympathique G. Paquay vient de remporter une médaille d’or et un diplôme d’honneur à la course de régularité pour motocyclettes Paris-Liège.

Le 27 juillet 1913 : les coureurs indépendants du Circuit provincial organisé par le vélodrome de Jupille et le comité des fêtes d’Ayeneux traverseront notre localité lundi prochain vers 1h de l’après-midi.

Le 26 juillet 1914 : A Grand-Halleux, au Vélodrome de la Salm, des courses ont eu lieu le 19 écoulé sous les applaudissements frénétiques d’une foule passionnée et avec le concours de la société de fanfares. Classement de la première course : 1er : Lanuit, 2ème : Jeunejean, 3ème : Gilson, tous de Grand-Halleux, 4ème : Hoffmann de Rencheux, 5ème : Baccus de Grand-Halleux.

La nécrologie nous apprend que jeudi dernier ont été célébrées les funérailles de Constant Paquay. Une foule énorme y assistait, preuve certaine de l’estime acquit [sic] par le regretté défunt.

Le 9 juillet 1933 : Sur le circuit de Stavelot-Francorchamps se courra dimanche le Grand Prix de Belgique vitesse automobile. Le départ sera donné à 13h et les concurrents devront boucler 40 fois le circuit. Seront en présence la Maserati de Zehender, les 4 Bugatti de Varzi, Williams, Dreyfus et Lehoux, les 5 Alfa-Roméo de Nuvolari, Wimille, Markewich, Chiron et Moll.
Cette liste d’engagés ne correspond pas tout à fait à la grille de départ figurant dans les livres de références.

A Vielsalm, le vendredi 7 juillet vers 11h30 Alexandre Claude pêchait au ruisseau près de l’étang du Baron de Rosée au Tienne Messe. De loin, il lui sembla apercevoir un baigneur dans ledit étang mais en s’approchant il se rendit compte que c’était un noyé. Il s’agissait en fait d’une femme en laquelle on reconnut vite Léa Gothal, épouse de Constant Putz, camionneur à la boulangerie Demoulin. Le corps était vêtu d’un pantalon blanc et d’un cache corset, comme pour le bain. Les vêtements étaient déposés dans la cabine au bord de l’eau. Comme elle vomissait de la nourriture on suppose qu’elle a voulu aller se baigner après son déjeuner et qu’elle a été prise de congestion. Âgée de 23 ans, elle était mariée depuis 4 ans et n’avait pas d’enfant.

Le 1er juillet 1934 : le meunier François Heinskyll de Regné a été découvert mort, lundi, dans son moulin. Ce moulin est en construction et seule la roue motrice est montée. Le cadavre était au fond du trou de cette roue et portait plusieurs plaies béantes. On se perd en conjecture sur cette mort qui paraît étrange.

Le 8 juillet 1934 : vendredi après-midi un pénible accident est survenu sur le tronçon de la route en réfection devant la propriété  Misson. Un cycliste, M. Renard de Rencheux, s’était engagé dans le couloir déjà réfectionné lorsque la camionnette de M. Caëls de Rencheux survint par derrière et heurta le cycliste qui fut violemment projeté sur la chaussée. Il fut promptement dirigé vers la clinique de Trois-Ponts : on craint une fracture du crâne.

A Ville-du-Bois, vendredi dans l’après-midi, Melle Remacle  était allée traire dans les champs. Les vaches rendues furieuses par le chien qui l’accompagnait se lancèrent sur elle et s’acharnèrent. Aux cris poussés par la victime, des personnes travaillant aux environs accoururent et eurent toutes les peines à la délivrer. Le docteur Misson, mandé, a réservé son diagnostic.
                                                                                                                                                                                                     Robert NIZET


mardi 5 mars 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps


Dans l’Organe du 12 février 1905 :
La série rouge continue à Lierneux : jeudi dernier le feu a détruit trois maisons appartenant à M. Guillaume. Cette catastrophe porte à 12 le nombre de maisons incendiées à Lierneux depuis un mois !

Jules Jeunejean, mécanicien et maréchal ferrant informe que ses ateliers seront transférés rue de la Station dans l’ancienne maison Arasse.
 Il s’agit de l’immeuble Cottin,  Simon jusque récemment (puisqu’il vient d’être vendu et va être rasé) et situé  sous le monument aux Coloniaux. Un certain Walrant (ou Wallerant ?) y a aussi (avant ou après ?) fabriqué des pierres à rasoir.

Enfin, l’éditeur incite ses lecteurs à demander les nouvelles cartes postales illustrées de la chasse à courre de Vielsalm. Sans doute Gillet se bornait-il à les imprimer, laissant à plusieurs commerçants de la localité le soin de les éditer ?

Dans l’Organe du 11 février 1906 un abonné signale l’état lamentable du matériel roulant sur la ligne Gouvy-Libramont : les trains y sont composés de voitures légères destinées à ne faire que du 45km/h mais roulent souvent à du 60 km/h pour récupérer le retard. Donc le matériel est détraqué, disloqué, les ressorts déformés et on subit des secousses. Pourtant il existe, remisées dans des dépôts, de nombreuses voitures construites pour le service des voyageurs durant l’exposition de Liège.

A Bovigny, une chasse avait été organisée à la Heid. Un sanglier avait été blessé et fut poursuivi par quelques chasseurs mais l’animal rendu furieux bourra sur eux à différentes reprises et cassa la jambe gauche à Jules Jacob de  Rogery. Soins donnés par le Dr Lomry qui participait à la chasse et la bête de 76 kg achevée.

Il est annoncé dans l’Organe du 27 janvier 1907 que les obsèques solennelles pour le repos de l’âme de Monsieur Lucien Remacle seront célébrées en l’église de Ville-du-Bois le mercredi 30 janvier courant à 10 heures du matin.
Lucien Remacle, agent du comité spécial du Katanga et décoré de l’étoile de service de l’Etat indépendant du Congo, était né à Ville-du-Bois le 4 juillet 1870 et est décédé au poste de Lubefu le 26 septembre 1906.

On suppose, vu le délai, que le corps avait été rapatrié.

L’Organe du 24 janvier 1909 relate l’accident mortel survenu à la halte de Rencheux : Gengoux Peters de Ville-du-Bois, garde barrière de nuit, a été tamponné par le train de marchandises de 21h45 et trouvé à l’état de cadavre vers 22 heures. On suppose qu’il n’aura pas entendu venir le train ou que, trompé par l’obscurité, il  se sera approché trop près de la voie.

L’Organe du 6 février 1910 donne le compte-rendu complet de la séance du 30 janvier du conseil communal. Il y est question d’une lettre de la Fabrique d’église tendant à obtenir l’autorisation de placer une nouvelle horloge à l’église. Celle qui existe est dans un tel état de délabrement qu’elle fait craindre des accidents et qu’elle indique l’heure d’une façon très irrégulière, étant en fonction depuis 203 ans. Le devis présenté par M. Lugeler de Strasbourg, ayant comme représentant à Vielsalm Joseph Starck,  s’élève à 1864 Fr et l’intervention de la commune serait de 932 Fr. Bien qu’il y aurait eu appel à deux fabricants mais qu’un seul devis soit présenté, la proposition de placement est admise à l’unanimité.

 L’Organe du 9 février 1913 est consacré, comme très souvent, principalement au compte rendu du conseil communal. Cette fois-ci, celui-ci commence par indiquer qu’une assistance nombreuse se trouvait dans la salle, attendant avec stoïcité l’ouverture des débats qui, malheureusement pour eux, se sont déroulés le plus courtoisement et sans altercation.

Ce n’était pas toujours le cas.

Ces séances du conseil semblaient être attendues et suivies comme une distraction fort prisée ! Remarquons cette fois, notamment,  une demande de subsides des Zélés Orphéonistes de Bêche (un Bêchlî sachant manier la plume ne pourrait-il nous instruire sur cette société ?) et une pétition des gens de Rencheux réclamant l’eau alimentaire !

A Lierneux, dimanche dernier vers midi, la maison de Mr J. Massoz a été tellement malmenée par le vent que le pignon a été enlevé. Une personne qui était alitée a été projetée de l’étage au rez–de- chaussée et y est arrivée indemne. Il n’y a pas d’accident à déplorer.

M. Léopold Michaux, ancien docteur à Vielsalm, qui était parti au Congo l’année dernière (1913) est décédé à Kambové le 28 janvier dernier à l’âge de 47
ans.

                                                                                     Robert NIZET

mercredi 16 février 2011

Organe de Vielsalm

( dimanche 2 janvier 1887, deuxième année, n°1)

Conseil communal de Vielsalm.

Compte-rendu de la séance du 27 décembre 1886.

Étaient présents : MM. Laplume, Sepult, Guillaume, Paquay, Masson-Gilis, Masson-Jeunejean, conseillers, et Gillet, secrétaire.
La séance est ouverte à 9 h.45m. du matin.
Le secrétaire donne lecture du procès-verbal de la séance du 21 décembre dernier, dont la rédaction est approuvée.
Il donne ensuite lecture de la correspondance et des documents approuvés :

1° Du compte communal de 1885, approuvé par la Députation permanente du Conseil provincial le 9 décembre 1886.
En recettes à fr. 60,009 07
En dépenses à fr. 53,399 46
Soit un excédent de recettes de fr. 6,609 61

2° D’une dépêche de M. le ministre de l’intérieur et de l’instruction publique, adressée à M. le gouverneur de la province de Luxembourg le 11 décembre courant, faisant connaître qu’il résulte de l’examen des documents produits à l’appui de la réclamation de l’instituteur M. Jacqmin, qui sollicite paiement du traitement du mois de septembre dernier, qu’il ne peut opposer qu’une fin de non recevoir, le susdit instituteur s’étant vu forcé de donner la démission de ses fonctions, pour des raisons très graves, le 2 août, et que, à la suite d’un commun accord avec l’administration locale, il est resté à son poste jusqu’au 1er septembre, etc.

3° D’une autre dépêche de M. le ministre, en date du 17 décembre courant, prenant la même décision et pour les mêmes motifs, en ce qui concerne la demoiselle Raquet, institutrice gardienne.

4° D’une lettre de M. Hardy, médecin vétérinaire à Houffalize, informant le Conseil qu’il ne veut plus assister aux foires qui se tiennent dans la commune, l’indemnité de 12 francs étant insuffisante ; cependant, qu’au tarif officiel, il consent à y assister.
M. Guillaume fait remarquer que l’indemnité de 12 fr. a été fixée par M. Hardy, alors que le Conseil communal ne voulait lui allouer que 8 fr. pour chaque jour de présence et que ce n’est que sur des instances de l’autorité que le chiffre de 12 fr. lui a été voté.
Le Conseil passe à la continuation des objets à l’ordre du jour.

5° Le Conseil étant appelé à voter un crédit spécial pour paiement d’honoraires à M. Cupper, architecte provincial à Bastogne, et des frais résultés par le jugement du tribunal de Marche en date du 4 décembre courant, qui condamne la commune, M. Sépult demande la parole pour donner lecture du projet de délibération dont la teneur suit :

« En ce qui concerne la section de Vielsalm, « Le Conseil communal, après avoir revu ses délibérations des 2 juillet 1885, 24 juillet 1886 et 6 septembre 1886, déclare que la commune ne paiera que contrainte et forcée la somme de fr. 1,385-50, réclamée par M. Cupper, architecte, pour confection de prétendus plans, devis, cahier des charges, etc., etc., d’un bâtiment à usage d’écoles communales à Vielsalm ;
» Qu’il se réserve d’exercer en temps opportun, contre qui de droit, une action en répétition, conformément à l’article 1235 du Code civil ;
» Qu’il est regrettable que la Députation permanente n’ait pas autorisé le Conseil communal à ester en justice pour faire trancher par le tribunal la question de droit, qui restera toujours pendante aussi longtemps qu’elle n’aura pas été soumise à l’appréciation des tribunaux ;
» Qu’il n’est pas vrai que le Conseil communal ait autorisé le Conseil des bourgmestre et échevins à faire confectionner les prétendus plans, devis, cahier des charges, etc., etc., prémentionnés :
» Qu’il n’existe pas au livre des délibérations du Conseil des bourgmestre et échevins, ni au livre de correspondances de la commune, aucune trace de commande ;
» Que le Conseil des bourgmestre et échevins, en vertu de prétendue autorisation du Conseil communal, aurait fait la commande à M. Cupper de prétendus plans, devis, cahier des charges, etc., etc., dont il s’agit ;
» Qu’il avait toujours été entendu au Conseil communal que l’on ne construirait pas un nouveau bâtiment d’écoles communales à Vielsalm aussi longtemps que la commune ne serait pas largement subsidiée par le gouvernement ;
» Qu’il n’appartenait donc pas à M. Beaupain, bourgmestre, de faire faire les plans, devis, cahier des charges, etc., etc., en question, portant la date toute récente du 30 juillet 1885 ;
» Que, d’un autre côté, M. Cupper n’avait pas le droit de surprendre un jugement condamnant un paiement de la somme de fr. 1,385-80, contre la commune qui n’était pas pourvue d’une autorisation d’ester en justice et qui, dans ce cas, se trouvait placée dans la position d’un mineur, lequel ne peut poser aucun acte valable sans l’intervention des tuteurs et du conseil de famille ;
» Que ce jugement est donc radicalement nul ;
» Que le Conseil proteste, au nom de la commune, contre ces procédés arbitraires et frustratoires, et qu’il fait toutes ses réserves pour relever en temps et lieu, comme il le mérite, ces procédés à la Turque ;
» Et en ce qui concerne la section de Ville-du-Bois,
» Le Conseil communal déclare pour la troisième fois que la commune ne s’est jamais refusé de payer à M. Cupper, architecte, la somme de fr. 282-48 pour confection de plans et devis pour la construction d’un logement pour l’instituteur communal à Ville-du-Bois ;
» Qu’il était donc inutile d’actionner en justice la commune pour obtenir le paiement de cette somme ;
» Que le jugement surpris contre elle pour la section de Ville-du-Bois est aussi nul à son égard ;
» Que le Conseil communal pour la section de Ville-du-Bois proteste également contre ces procédés vexatoires ;
» Le tout sans préjudices à tous autres droits, dus et action de la commune et ici formellement réservés. »
Cette délibération, mise aux voix, est votée par tous les membres présents.

6° Le Conseil ajourne sa décision à une autre séance pour le paiement des frais d’entretien de l’indigent Larondelle.

7° Même décision pour la demande en concession d’un excédant de la voirie par la famille Henrard.

8° Idem pour les impositions communales ou emprunts.

9° Décide qu’il y a lieu de porter au budget de 1887 les sommes nécessaires à rembourser à des particuliers pour frais de distributions d’eau à domicile.

10° Par trois abstentions et trois voix contre l’approbation, rejette le compte de l’église de Ville-du-Bois pour 1885.
MM. Laplume, Masson-Gilis, Masson-Jeunejean s’abstiennent.
MM. Sépult, Guillaume et Paquay votent contre l’approbation du dit compte.

11° Approuve le dossier et l’état des frais de M. le commissaire-voyer, concernant l’établissement d’une seconde distribution d’eau à Neuville.
Le Conseil se constitue à huis-clos.

12° Ajourne sa décision à prendre concernant l’enquête faite à charge de la maîtresse de couture de Neuville et décide que celle-ci devra se présenter à la prochaine séance pour donner des explications.

13° Nomme membre du Bureau de bienfaisance M. Jean-Joseph Bruyère, conseiller communal, en remplacement de M. le curé Grosfils.

14° Réintègre dans ses fonctions d’institutrice la dame Jacqmin, née Duhem.
L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 10 ½ heures du matin.


NÉCROLOGIE.

Une des plus honorables familles de Sterpigny vient de nouveau d’être frappée dans ses plus chères affections. Il y a trois mois à peine, elle répandait ses larmes sur le plus jeune de ses membres qui, après avoir brillamment terminé ses humanités au petit Séminaire de Bastogne, à la veille d’entrer en philosophie, est entré dans le Ciel. Quinze jours plus tard, une nièce, perle de vertu, mourait victime de son dévouement.
Aujourd’hui, la famille verse ses pleurs sur la tombe de son chef, d’un époux bien-aimé, du père le plus tendre et le plus dévoué, de M. Jean-Joseph Dantine, bourgmestre de la commune de Cherain, pieusement décédé à Sterpigny, à l’âge de 63 ans, le 25 décembre dernier, à minuit, juste à l’heure où les chrétiens célèbrent la naissance de l’Enfant Jésus.
Epoux et père chrétien, il n’a vécu que pour les siens, non-seulement en leur prodiguant tout ce qui est nécessaire, utile, agréable dans l’ordre temporel, mais surtout en prenant un soin spécial, scrupuleux de leurs intérêts spirituels.
Son amour pour ses propres enfants, à un moment donné, en 1879, s’est étendu sur tous les enfants de Sterpigny, et immédiatement il a créé une école pour les petits-frères de Jésus.
A la tête de cette école s’est trouvé son fils aîné, dont le mérite ne peut être contesté par personne. M. François Dantine devient instituteur volontaire et non salarié ; en 1882, sa tâche est terminée et son père s’impose de nouveaux sacrifices pour que de l’école il passe à l’autel.
Ces quelques mots suffisent pour juger M. Dantine comme chef de famille et comme chrétien.
Successivement conseiller communal, échevin et bourgmestre de la commune de Cherain, M. Dantine a toujours rempli consciencieusement les différents mandats que lui ont confiés ses honorables concitoyens de Cherain, Rettigny, Sterpigny, Vaux et Brizy.
Le service solennel pour le repos de l’âme du défunt sera célébré en l’église paroissiale de Sterpigny le lundi 17 janvier courant, à 10 heures du matin.


Etat-Civil de Vielsalm

Du 22 au 29 décembre.

NAISSANCE : 0.

DECES : 1.

Augustine-Victoria Wampach, âgée de 41 jours, fille de Jean-Servais Wampach et de Marie-Louise Moreau, de Vielsalm.

MARIAGE ET PUBLICATION : 0.


Annonces :

PREMIERE COMPAGNIE NEERLANDAISE D’ASSURANCE SUR LA VIE contre l’Invalidité et les Accidents.

Capital social : 1,200,000 fr.

Assurances vie entière, mixtes et dotales, Rentes viagères, Pensions, Assurance individuelle contre les accidents de toute nature.
Polices du Voyage à 5 francs par an, « 40 p.c. du bénéfice attribués aux assurés ».
Pour tous renseignements, s’adresser, à M. Lemaire-Elisé. de Vielsalm, agent principal pour le canton de Vielsalm et les environs.

dimanche 20 septembre 2009

Les moulins.

Les archives des XVIIe et XVIIIe siècles signalent que le comté de Salm comptait, avant 1780, 5 moulins banaux. Il s’agit de ceux de Grand-Halleux, Vielsalm (démoli en 1915), Salmchâteau, Cierreux et Arbrefontaine, pour lesquels des copies de baux figurent aux actes de la Cour de Salm. Ces moulins existaient déjà avant 1600, et très probablement bien avant, ce qui serait très normal étant donné leur situation et leur distribution dans l’étendue du comté.

Aux registres de la cour de Salm, nous avons trouvé des documents des environs de 1600, concernant les moulins de Cierreux, Salmchâteau, Vielsalm. Le 9 septembre 1560, est cité « Gilles le meulnier de la vieille Saulme ». Le moulin de Cierreux comporte une pierre datée de 1489.

D’autres moulins ont existé au comté bien antérieurement encore. Celui de Juvigny (Djivni), situé entre Rogery , Bovigny, Courtil, et actionné par l’eau de Glain, a tourné jusqu’à la fin du XVIe siècle. Il ne peut être que le moulin ayant servi à ce qui correspondait à l’ancien domaine de Glain.

Un document du 28 septembre 1600 (CS 1597-1622/40-41), parle de « réédification du moulin de Giveignys ». nous ne pensons pas, toutefois, que cette restauration ait eu lieu, l’activité du moulin en question n’apparaissant plus après 1600, à la connaissance de G. REMACLE. Ce moulin était vraisemblablement le moulin rattaché à l’ancienne villa de Glain citée en 720, et dont le centre vital se trouvait non loin de Juvigny. Il a été « bruslé et ruiné par les gens de guerre ».
(Compte de 1670)

Un moulin s’est élevé également près de Goronne, dont le souvenir subsiste toujours aux archives du XVIIe siècle. Son existence, fort ancienne, est normale, relativement à l’ancienneté de Goronne et le fait que ce village n’a pu disposer, pendant longtemps, d’un autre moulin plus rapproché. Celui d’Arbrefontaine, auquel Goronne sera rattaché un jour, ne viendra que bien après la naissance du comté.







Voici le texte s’y rapportant, de 1627 : « Jean Simon de Gronne a quicté et guerpy à une faigne gisante es vieulx moulins, tenant pardessus au dit Jean Potestat (de Goronne), pardessouz au bief coulant sur la maladrerie » .
(CS 1625-1627/80vo)

Enfin à Ville-du-Bois, sur le ruisseau de Salm, un moulin disparu depuis longtemps a tourné fort anciennement. Il devait encore exister vers les XIIe et XIIIe siècles.

Aucune archive n’en fait mention. Aucun vestige non plus n’en reste sur le terrain. L’opinion de G. REMACLE est toutefois que ce moulin à existé. Il est possible, même probable, que ce soient les vestiges de ce bâtiment qui aient fait naître la légende « Le moulin des Cawettes » ou Clawettes, rapportée par PIMPURNIAUX, I, pp.135-137 ; et L.BANNEUX, Les fées du Hultai, pp.91-100.
Sur l’emplacement de ce moulin, Englebert LEBECQUE, de Ville-du-Bois, édifia, en 1820, un nouveau moulin, qui a duré jusqu’en 1946.





Le moulin de Salmchâteau.

Vers 1750, un sixième moulin apparaît dans le comté de Salm, à Halconreux ; il était sans banalité et seulement pour l’utilité du village de Halconreux.

On sait qu’en vertu de la banalité, les usagers d’un moulin devaient non seulement payer une redevance, mais utiliser le moulin qui leur était désigné. Celui-ci était, d’ailleurs, en général, le plus rapproché de leur village.

Ainsi, le moulin d’Arbrefontaine avait comme usagers les habitants d’Arbrefontaine, Menil, Gernechamps, Goronne. Celui de Grand-Halleux, les localités de l’actuelle commune de Grand-Halleux. Celui de Vielsalm, les localités de Rencheux, Vielsalm, Priesmont, Ville-du-Bois, Petit-Thier, Burtonville et Neuville. Celui de Salmchâteau, Bèche, La Comté, Salmchâteau et Commanster. Celui de Cierreux, Cierreux, Rogery, Honvelez, Bovigny, Longchamps, Courtil et Halconreux (cette dernière localité jusqu’à l’édification du moulin du village).
Le droit de mouture se percevait par les meuniers « au trente deuxième », taux rappelé par la transaction du 20 août 1752.

Il est possible qu’à l’origine ce droit de mouture ait été versé intégralement au seigneur par l’intermédiaire du meunier. Toutefois, le système qui a fini par s’imposer comportait l’exploitation du moulin selon bail locatif passé devant la Haute Justice ou même à la fois devant la Haute Justice et la Cour féodale. Le bail fixait les devoirs du meunier et notamment la redevance ou rendage qu’il devait payer pour l’exploitation et qu’il s’assurait au moyen de la redevance payée par les usagers. À la fin du XVIIIe siècle, ce rendage était évalué en argent et non plus en nature.

Le rendement en nature s’établissait en seigle, farine d’avoine, plus 1 ou 2 porcs, et quelques chapons. La viande de ces porcs était salée au château et servait à la cuisine comtale, ou même était envoyée à Bedbur quand y résidait le comte. Le moulin de Vielsalm devait en outre 1 muid de farine de froment.

Voici, par exemple, l’un de ces baux :

« Cejourd’hui vingt-sixième décembre mille sept cent soixante-neuf pardevant les maieur et échevins de la haute justice du comté de Salm, sousignés comparu personnellement Gengulphe Freçon, meunier moderne de Vielsalm ; lequel pour être continué et prorogé l’année 1769 in 70 dans le Bail du dit moulin qui est expiré cejourd’hui et important un rendage de cinquante sept muids de seigle, bien conditionné, dont l’année commence ce jourd’hui et finira à pareil jour de l’année prochaine, déclare d’obliger ses biens meubles et immeubles sous le cautionnement de François Gengoux, de Ville-du-Bois, ici présent qui affecte de même ses biens meubles et immeubles à cet effet se soumettant l’un et l’autre à prompte et parate exécution à décretter sur requête à présenter à cette cour par le Sr receveur de ce comté en cas de défaut s’obligeant au surplus le dit meunier, à remplir les devoirs d’un vrai meunier et de s’acquitter de tous les devoirs en résultans en foi de quoi et après lecture faite, ils ont signés à Vielsalm ut supra sont signés Jeangou Fresons, Françoi Gengoux, J.B. Otte, N. Dairomont avec pphe, F. Moïse, J. Herman, F.Beaujoz avec pphe ».

(CS 1768-1772/200)




Par exemple, il s’élevait en 1670, pour le moulin d’Arbrefontaine à 7 muids de seigle ; celui de Cierreux, 8 muids ; celui des Halleux, 10 muids ; Salmchâteau, 10 muids ; Vielsalm, 22 muids.
En 1776, pour le moulin d’Arbrefontaine à 17 muids de seigle ; celui de Cierreux, 16 muids ; celui des Halleux, 28 muids ; Salmchâteau, 23 muids ; Vielsalm, 58 muids.
En 1786 : Arbrefontaine, 109 écus ; Cierreux, 71 écus ; Halleux, 164 écus 2 escalins ; Salmchâteau, 55 écus et demi ; Vielsalm, 300 écus.
En 1785, pour Halconreux, 20 écus.

La transaction du 20 août 1752 rappelle aussi que « les Banaux respectifs desdits moulins demureront sujets aux réparations et entretient les quatre murails ou parois, de même qu’aux toitures desdits moulins à leurs frais et dépens, parmi que son Excellence fasse assigner hors de ses bois ceux nécessaires à cet effet ».

C’est ainsi, par exemple, que le 14 juin 1768, « les communs habitants d’Arbrefontaine, de Goronne, Menil et Gernechamps, moulans Bannaux du moulin d’Arbrefontaine » furent condamnés à « pourvoir aux réparations de quatre murailles, parois et toitures du moulin banal d’Arbrefontaine, relativement à la transaction passée le 20 août 1752… et ce endéans la quinzaine de l’insinuation, à peine que ce terme écoulé, il y sera pourvu d’office à leurs frais ».

(CS 1760-1768/127)

Sous le régime français, les moulins banaux de Salm furent séquestrés comme biens domaniaux, puis vendus à des particuliers. Celui de Vielsalm, à J.F.J. OTTE, de Vielsalm, pour 9 025 F. ; celui de Salmchâteau au même, pour 6 300 F. ; celui de Cierreux, à Mathieu BEAUPAIN, pour 3 625 F. ; celui de Grand-Halleux, à Henri-Joseph HONVLEZ, d’Ennal, pour 4 575 F.

(A.E.L., F.F. registre 2058)







Ancien moulin de Vielsalm, vers 1900, vu du côté de Rencheux. Était antérieur au XVIe siècle. Achat par Jules ANDRIANNE, à l’épouse BERTAUX-LEBARON, le 30-10-1874, pour 20 000 frs. (Not. JACQUES). Démoli en 1915. Incendié partiellement à plusieurs reprises, notamment en 1803, le 27 août 1907 et le 16 juin 1912.
Dernier meunier : désiré BENOIT, de Priesmont, pour la famille ANDRIANNE.
Moulin à trois tournants. Mû par courant d’eau et non par chute.

Ndlr:

Publié avec les modifications de G. REMACLE

Son Excellence Mgr Charue à Vielsalm.

(publié dans L’Avenir du Luxembourg, le 3 avril 1952)

Mardi matin, à 7 h.15, Monseigneur l’Evêque de Namur célébrait la messe dans le baraquement de Vielsalm. De nombreuses personnes, averties de son arrivée dans la paroisse, y assistaient.

Après la messe, Son Excellence assista au catéchisme préparatoire à la communion solennelle et se plut à interroger les enfants sur la leçon du jour. Malgré leur émotion, gamins et gamines répondirent de leur mieux, certains même très bien.

Vers 9 h.30, Monseigneur se rendait à Ville-du-Bois dans la chambre funéraire de M. l’abbé François CLAISE, curé de Bihain. Il pria quelques instants devant le corps de celui qui était l’un des plus anciens prêtres du diocèse et il s’entretint ensuite avec les deux demoiselles PAQUAY, parentes du défunt.

Dans la matinée, Son Excellence visita le baraquement de Petit-Thier ; elle monta enfin jusqu’aux casernes de Rencheux, où plusieurs soldats reçurent le sacrement de Confirmation de sa main.

Les funérailles de M. le curé de Bihain.

(publié dans L’Avenir du Luxembourg, le 4 avril 1952)

Mercredi matin, à Ville-du-Bois, dans la chambre funéraire, dans le cortège, à l’offrande pendant la messe, près de huit cents personnes sont venues témoigner à M. le Curé de Bihain leur reconnaissance. N’avait-il pas été le prêtre aimé de tous ? Et c’est son caractère sacerdotal et uniquement celui-là qu’il avait demandé qu’on rappelle à ses funérailles.

Sur son cercueil et au pied du catafalque, on ne voyait pas les innombrables décorations dont il avait été gratifié à juste titre pendant les hostilités de 1914-1918 et 1940-1945. Son patriotisme avait toujours été marqué de cette grandeur qui exclut la haine mais se dévoue jusqu’au risque de la vie pour la sauvegarde des libertés traditionnelles. On ne voyait pas non plus les centaines de lettres de gratitude qu’au cours de sa longue carrière il avait reçues de ceux qui lui devaient la santé du corps, un secours d’argent ou l’octroi d’une situation.
Seuls, la chasuble, l’étole, le calice, le bréviaire et la barrette rappelaient ce qu’il avait été avant tout : un prêtre, et un saint prêtre, qui, dès 1901, apportait dans ses contacts avec les hommes un sens social, plutôt rare à cette époque et qui pouvait paraître audacieux.

Dans le chœur de l’église, avait pris place Mgr Van ZUYLEN, évêque coadjuteur de Liège, un grand ami du défunt, qui avait passé les années de sa jeunesse et ses vacances d’étudiant à la cure de Bihain.

Mgr l’Evêque de Namur était venu la veille à Ville-du-Bois prier près du corps de l’abbé François CLAISE, l’un des plus anciens curés du diocèse.
Derrière Mgr Van ZUYLEN, plus de soixante prêtres se pressaient : parmi les principaux : MM. les Supérieurs du Petit Séminaire de Bastogne et de l’Institut Saint-Remacle de Stavelot, MM. les Doyens d’Houffalize, de Vielsalm, de Barvaux, d’Erezée et de Stavelot. M. l’abbé LEGROS, inspecteur de l’enseignement diocésain.
Parmi les personnalités civiles : M. J. MERGET, député ; le comte Ch. de LIMBURG STIRUM, ancien sénateur et propriétaire de Bois Saint-Jean ; M. le baron Van ZUYLEN d’Argenteau ; des députés provinciaux, de nombreux bourgmestres, échevins et conseillers de la région.

Avant la messe, des degrés de l’autel, pour répondre à la volonté du défunt et au désir exprimé par la famille, M. le Doyen d’Houffalize remercia publiquement M. le curé de Regné qui avait assuré le service de la paroisse de Bihain pendant la maladie de l’abbé CLAISE, et M. le curé de Ville-du-Bois qui s’était dépensé jour et nuit au chevet de son nouveau paroissien mourant.
Il dit en quelques mots la sainteté du prêtre qui nous quitte, prêtre fidèle à sa foi, fidèle à son sacerdoce, fidèle à sa paroisse.
Fidèle à sa paroisse, l’abbé CLAISE a voulu l’être dans la mort. Né à Rogery en 1871, ayant aujourd’hui encore de nombreux parents dans sa paroisse natale et à Vielsalm, Ville-du-Bois, Commanster, Bovigny et Beho, il a choisi pour son dernier repos de cimetière de Bihain ; c’est là qu’il veut rester, parmi ceux qu’il a aidés à bien mourir pendant les cinquante et une années de son pastorat.
Après la messe, célébrée par M. le Curé de Ville-du-Bois, assisté des curés de Fraiture et d’Ottré, et un frugal repas terminé, le cortège funéraire prit la route de Bihain.
À l’église, M. le Doyen d’Houffalize chanta une dernière absoute.

Au cimetière, avant que le cercueil ne descende dans la tombe, trois discours furent prononcés. M. DACO, au nom du Conseil de Fabrique, rappela avec émotion comment l’abbé François CLAISE avait apporté pendant plus de cinquante ans, dans la solitude des Fagnes, la présence du Christ : il en avait refait les gestes, redit les paroles et, comme Lui, dévoré du zèle de la Maison de Dieu, avait construit, puis restauré après la tourmente de l’offensive, une belle église.

M. le Bourgmestre, au nom de la commune, exprima les regrets unanimes de la population de n’avoir pu célébrer, l’an dernier, le jubilé des cinquante ans de pastorat de l’abbé CLAISE. Et pourtant, quelle reconnaissance ses administrés ne lui devaient-ils pas ! Le curé de Bihain s’était fait tout à tous. Tous ses paroissiens étaient ses enfants. Tous l’entouraient de respect et d’affection. Son presbytère leur était ouvert. Les conseils éclairés sortis de la bouche de cet homme de Dieu ne seront jamais oubliés.
Un enfant de l’école et du catéchisme, au nom de ses petits compagnons, dit merci à celui qui, comme le Divin Maître, avait été l’ami des enfants.



La figure douce, souriante et cependant volontaire du curé de Bihain se détachant sur un fond de nuages bas et tourmentés, telle qu’on la voit sur la photographie parue mardi dernier dans « L’Avenir du Luxembourg » n’est pas prête de disparaître de la mémoire des gens de la vallée de la Salm et des hauteurs des Fagnes de Bihain. Ses parents savent que l’héritage de ce prêtre n’est pas fait de pièces que ronge la rouille et que mordent les vers. Sur le souvenir de ses 56 ans de sacerdoce et de son jubilé de 50 ans de pastorat à Bihain, il n’avait pas énuméré tous ses travaux ; une prière livrait tout son secret, l’amour de toute sa vie. […]

A.E.D.

lundi 7 septembre 2009

Il y a 2 siècles. Quand Ville-du-Bois voulait une chapelle (2).

(publié dans Pays de Salm, le 28 mars 1954)

(suite)
La chapelle bâtie en 1765, et les autorisations nécessaires accordées en 1766 et 1767, restait à assurer la subsistance du prêtre attaché à demeure à la localité.

En ce temps-là, les curés et les vicaires ne recevaient aucune allocation des pouvoirs publics. Leurs ressources venaient en général de leurs biens personnels, du casuel, de certaines redevances et offrandes. Certains prêtres même, étaient exploitants agricoles, les mœurs d’alors différant de celles d’aujourd’hui.

Le 26 décembre 1766, les chefs de ménage de Ville-du-Bois assemblés vinagèrement par devant le notaire RAPHAEL, de Vielsalm, avec comme témoins « sire Laurent Martiny official du consistoire de Stavelot et curé de Salm et Halleux » et « Jean Etienne George de Rencheux » s’engagèrent, par n acte revêtu de leurs signatures, « volontairement et solidairement l’un pour l’autre et tant pour eux que pour leurs descendants et successeurs » à pourvoir à la subsistance et entretien d’un prêtre, et ce, de la façon suivante :

- payer au prêtre « pour rétribution annuelle chaque ménage un demi stier de seigle ou deux escalins et un stier d’avoine ou deux escalins à la nouvelle année, avec un pain ou une plaquette ; et au mois de mai une livre de boeur et un demi quartron d’œufs ou au lieu de ce cinq sols et demis ce qui importera annuellement au moins quarante-huit écus et treize sols de cette province, attendu qu’ils sont au nombre de septante-trois ménages actuellement ».

- lui fournir « une demeure honête et décente ». un bâtiment fut mis à la disposition du vicaire et dans lequel, dès 1767 déjà, le prêtre tint école. C’est le presbytère actuel. A ce bâtiment fut joint un potager d’environ sept ares, donné à la maison vicariale par des habitants du village.

- fournir « le pain et le vin nécessaire pour la célébration des messes ».

- en outre, pour la tenue de l’école, le « prêtre percevra une plaquette de chaque enfant non escrivant, et un escalin de ceux qui apprendront à écrire, et fourniront au surplus le chauffage nécessaire » (l’escalin valait deux plaquettes ou francs 0,58 environ).

De son côté, le prêtre devait :

- tenir l’école « assiduement » ; de fait, une école sera mentionnée déjà en 1767.

- et célébrer « les messes des dimanches et lundis et des fêtes de la vierge qui se faiteroient à l’intention des habitants ».

et ainsi, dès 1767, un prêtre fut attaché à demeure comme vicaire à Ville-du-Bois : l’abbé Jean-Pierre DECROTIER, auparavant vicaire à Goronne, et originaire de Mont-le-Ban.

Il y resta jusqu’à sa mort, à Ville-du-Bois, le 13 octobre 1801, soit donc trente-cinq ans.

Nous donnons maintenant la fin du document du 26 décembre 1766, constituant l’engagement de la communauté de Ville-du-Bois concernant le prêtre de la localité :

« … en foi de quoi lecture distinctement faite les dits habitans ont signé
et respectivement marqué ne sachant écrire en présence de sire Laurent Martiny
official du consistoire de Stavelot et curé de Salm et Halleux et de Jean
Etienne George de Rencheux témoins requis et appellés qui ont aussi signé et moi
susdit notaire sousigné au dit Ville du Bois ut supra sont à la minute
originelle signés et respectivement marqués Jean Cottin ; Pierre Cuvelier,
marque de Barbe X veuve Pierre Gengoux ; signé Gilles Bertrand pour sa mère ;
marque d’Anne X veuve Bastin Christophe ; signé Léonard Deprelle ; marque de
Pierre Jean X Pierre ; signé Pierre Englebert ; marque de X Mathieu Melchior ;
signé Joseph Dantinne ; Bartholomé Jeunejean ; Jean Henri Piron ; Bartholomé
Henri Bontems ; marque X de Jean Piron Tichon ; marque X de Mathieu Counet ;
marque X de Maurice Lebecque ; signé Jean-Henri Laurent ; marque X de Henri
Bontems ; marque X de Gérard Jeunejean ; marque X de Jean Gérard Remacle ;
marque X de George Fourgon ; signé Jean Joseph Talbot ; marque X de Henri
Alexandre pour la veuve Alexandre sa mère ; signé Joseph Lebecque, Noel Jean
George ; marque de X Hubert Bontems, signé Hubert Cuvelier ; Gengoux Roualle ;
marque de X Joseph Englebert ; signé François Deprelle le jeune ; marque de
Servais X Cahay ; marque X de Henri Dantine ; signé Pierre Warny ; marque X de
Marie Catherine veuve Bartholomé Bontems ; marque X de Marie Elisabeth Georis
pour sa mère veuve ; marque de X Mathieu Pierre Noel ; plusieurs étant absens
les suivans commis de la communauté se font forts et pleigent caution pour eux
sont signé François Deprelle ; François Gengoux ; Mathieu Remacle ; marque X
d’Englebert Henri Jean Henri ; signé Henri Jeunejean ; Gengoux Dantine ; Jean
Benoit Cuvelier ; Jean Servais Gengoux ; puis L. Martiny curé de Salm témoin ;
Jean Etienne George témoin ; et soussigné in fidem J.F. Raphaël notaire ».

Gaston REMACLE

samedi 5 septembre 2009

Il y a 2 siècles. Quand Ville-du-Bois voulait une chapelle.

(publié dans Pays de Salm, le 21 mars 1954)

Faisant partie de la paroisse de Salm, pendant longtemps Ville-du-Bois n’a possédé aucune chapelle ou église.

Vers la moitié du XVIIIe siècle, les habitants du village jugeant « leur communauté fort grande et peuplée » soit 73 ménages, décidèrent de « faire ériger une chapelle et « d’y faire célébrer la sainte messe, moyennant la permission des supérieurs, par un prêtre duement à ce salarié ».

Si l’on se représente l’état des chemins en ce temps-là, ainsi que l’ittinéraire à parcourir, on comprend que pour une population de plus de 300 personnes, l’érection d’une chapelle se justifiât.

Il y a lieu de remarquer qu’en effet à ce moment, et pendant un siècle encore, le chemin reliant Ville-du-Bois à Vielsalm différait totalement de celui d’aujourd’hui. De Ville-du-Bois à Hermanmont il s’en écartait vers le sud, tandis qu’à partir de Hermanmont il descendait au gué du Tienne-messe et, de là, se dirigeait vers l’endroit appelé actuellement Sous-bois. Et quel chemin !

Aussi, combien ne pouvaient que difficilement se rendre à Vielsalm pour la messe dominicale. Et que de difficultés aussi pour la fréquentation de l’école paroissiale, l’instruction religieuse, les baptêmes, etc. Situation pénible à laquelle une solution s’imposait.

On imagine qu’intervenait bien un peu également une raison d’amour-propre. Depuis longtemps Ville-du-Bois était la plus populeuse des localités de la paroisse de Salm, dépassant même Vielsalm, comme il le dépasera pendant près d’un siècle encore. Or, Salmchâteau, Goronne, Burtonville, Petit-Thier, Cierreux, Commanster, localités de population moindre, avaient leur chapelle depuis quelque temps déjà.

C’est ainsi qu’au cours de 1766, une requête fut introduite auprès de l’Evêque de Liège, dont notre région relevait alors au point de vue religieux, et ce jusqu’en 1842.
Intempéries, rigueurs de l’hiver, distance à franchir, relief accidenté du sol, rivière à traverser, eaux stagnantes sur le parcours, constituent un ensemble de raisons mises en relief.

La réponse fut favorable. Fin 1766, Monseigneur l’Evêque de Liège reconnaissait le bien fondé de la requête, et l’autorisation est accordée.

Mais il y avait l’autorité civile. Une requête lui fut également présentée. Elle rencontra un refus, le 27 avril 1766.

Il faut se rappeler ici qu’au comté de Salm, à ce moment, se multipliaient les débats entre le seigneur et les sujets. D’autre part, la reconstruction de l’église de Vielsalm, un peu auparavant, avait entraîné des dépenses considérables que le comte avaient blâmées. Qui sait si la crainte de nouvelles dépenses n’a pas eu son influence dans le rejet de la requête.

Et pourtant, les habitants de Ville-du-Bois voulaient leur chapelle. Ils n’avaient pas attendu la réponse à leurs requêtes pour se mettre à la besogne. Au cours de l’été 1765 déjà, un édifice avait été érigé, entièrement à leurs frais.

Le 29 mars 1765, Jean Gérard DELVEAUX et Quirin LAMBORELLE, tous deux de Houffalize, firent accord avec les commis de la communauté de Ville-du-Bois pour exécuter la construction d’une chapelle. Le premier, de faire, pour septembre, toute la charpente nécessaire, pour une somme équivalent à 71 écus (environs 330 frs.). le second, de faire les murailles crépies, de 3 pieds moins un quart d’épaisseur et 18 de hauteur, pour un bâtiment mesurant à l’intérieur 53 pieds de long et 25 de large, avec, de chaque côté, trois fenêtres larges de 3 pieds et hautes de 6, et cela pour le prix de 56 écus (environ 260 frs.) ; le travail de maçonnerie devant commencer en mai. L’édifice comporterait un clocher comme celui de l’église de Salmchâteau à ce moment-là.

Les commis de Ville-du-Bois signant cet accord étaient François-Pierre GENGOUX, François-Gérard ANDRIANNE, Jean-Benoît CUVELIER, Mathieu REMACLE, Jean LEONARD, Jean GEORGE, Gengoux DANTINNE, Henri JEUNEJEAN.

C’est avec les « commis de la communauté » que l’accord était conclu, bien qu’en présence de deux habitants de Vielsalm figurant au nom de la paroisse de Salm, preuve de l’accord au moins tacite de l’autorité religieuse locale.

Dès lors, le rejet de la requête à l’autorité civile, comme nous l’avons dit ci-dessus, arrivait trop tard. Cette dernière se trouvait devant le fait accompli.

La chapelle bâtie, il restait à pouvoir y bénéficier de la célébration du culte et de la présence à demeure d’un prêtre.

Le 26 décembre 1766, les autorisations manquant toujours, les habitants expriment la volonté de pourvoir à « l’honête entretien » de leur chapelle « en subvenant promptement à sa décoration et à tous les ornements nécessaires ». et, ajoutent-ils en gens décidés, de pourvoir également à la subsistance et l’entretien d’un prêtre. A cette date déjà même des fondations de messes sont faites à la dite chapelle.

Le 31 décembre enfin, Monseigneur l’Evêque accorde la demande de bénir l’édifice et fait savoir, qu’à la première occasion opportune, celui-ci sera consacré.
Six semaines plus tard, le 12 février 1767, le Conseil provincial de l’Impératrice permet également au curé MARTINY de Vielsalm de bénir la chapelle.

Dès lors, on peut considérer l’édifice comme ouvert au culte et devenu centre de vie religieuse pour la localité.

L’emplacement de la chapelle était le même que celui de l’église actuelle. Mais le bâtiment s’orientait de l’est à l’ouest, avec entrée du côté de l’ouest.

Restait à assurer la subsistance du prêtre attaché à demeure au village.

(La fin au prochain numéro)

Gaston REMACLE

vendredi 4 septembre 2009

Ville-du-Bois. Ses prêtres.

(publié dans l’Annonce de Vielsalm le 6 octobre 1946)

En ce mois d’octobre, il y a 26 ans qu’arrivait à Ville-du-Bois, pour y desservir la paroisse, M. le Curé LEFEBVRE.
Un quart de siècle, cela compte.
Les vingt six ans de pastorat de M. le Curé LEFEBVRE prennent une belle place dans la série de prêtres ayant exercé les fonctions sacerdotales dans la paroisse. C’est pourquoi nous croyons l’occasion bonne de donner le relevé des prêtres qui ont présidé spécialement à la vie religieuse de cette localité.

C’est seulement depuis 1842 que le village constitue une paroisse propre.
A cette date, Ville-du-Bois est distrait de la paroisse de Vielsalm dont il faisait partie depuis 1803, et son église était érigée en succursale.

Avant 1803 et pendant des siècles, Ville-du-Bois avait été une des localités de la paroisse de Salm. Celle-ci occupait tout le territoire allant de Cierreux à Poteau et de Commanster à Grand-Halleux ; l’église et le presbytère se trouvaient à Vielsalm.
La plus ancienne citation de la paroisse de Salm date de 1131. toutefois il y a lieu de penser qu’elle remonte à l’époque caloringienne. Son origine serait antérieure à celles du comté de Salm et de Vielsalm. Quoiqu’il en soit, pour l’instant il s’agit seulement de rappeler les prêtres connus qui ont particulièrement reçu en charge les intérêts spirituels des habitants de Ville-du-Bois.

Le premier était Sire Jean-Pierre DECROTIER, originaire de Mont-le-Ban et fixé à Ville-du-Bois dès 1767. Il y restera 34 ans.

Les circonstances de sa venue méritent d’être signalées. Vers le milieu du XVIIIe siècle, les habitants de Ville-du-Bois jugèrent que leur communauté « fort grande et peuplée » méritait bien une chapelle et un prêtre la desservant en permanence. Ils entreprirent à cet effet des démarches auprès de l’autorité civile et de l’autorité religieuse. Et sans même en attendre le résultat, on bâtit. La chapelle érigée, l’autorité dut bien reconnaître le fait. Il y a lieu de penser que le Curé de Salm, Sire Laurent MARTINY, n’était pas hostile à l’entreprise. Bref, l’Abbé DECROTIER, vicaire à Vielsalm, fut chargé des fonctions sacerdotales à Vile-du-Bois. Il tint également école pour les enfants de la localité.

La fin de sa carrière rencontra l’hostilité du Régime français. Les Sans-culottes s’étaient installés dans la région en 1795. dès 1796, surgirent des difficultés religieuses, notamment avec le Curé de Salm, l’Abbé BARTHELEMY, qui est obligé de s’enfuir. Pressé de prêter le fameux serment de haine à la Royauté et à l’anarchie, l’abbé DECROTIER refuse ; en conséquence, le presbytère doit être mis sous séquestre.

L’attitude du prêtre ne manqua pas d’influencer celle de ses ouailles. Ville-du-Bois ayant été érigée en commune, son agent et l’agent-adjoint démissionneront plutôt que de prêter aussi le serment. En guise de protestation, la localité diffère même de tenir les assemblées primaires et de faire le nécessaire en matière d’impôt. La résistance fut vive, comme en d’autres localités voisines d’ailleurs.
Elle cédera, mais devant la menace, celle d’envoyer des garinsaires dans les maisons du village.

Après le fameux coup d’Etat de Napoléon en 1799, le serment exigé fut remplacé par une simple promesse de fidélité à la constitution nouvelle. Le 20 janvier 1800, l’Abbé DECROTIER fit à Vielsalm la promesse demandée.
Il mourut le 13 octobre 1801 à Ville-du-Bois.

Lui succéda le R.P. THIMOTEE prémissaire et écolâtre.

Puis l’Abbé François REUCHENBERG, cité dès 1805. il était natif d’Aix-la-Chapelle. Il est mort à Ville-du-Bois, à 50 ans, le 5 septembre 1816. sa pierre funéraire se trouve encore actuellement au cimetière de Vielsalm.

Vient après lui l’Abbé GUILLAUME, de 1818 à 1823. c’est lui qui notait que parmi les devoirs du vicaire figure celui de « tenir les écoles en hiver ».

Puis l’Abbé Paul COLLIN, de 1824 à 1833. lui aussi s’occupe de l’instruction des enfants. En 1828, lorsque l’Asministration communale de Vielsalm établira une école primaire à Ville-du-Bois, c’est l’Abbé COLLIN qui est nommé instituteur.

En 1833, il est remplacé par l’Abbé KELLEN, précédemment à Burtonville. Celui-ci restera jusqu’en 1843.
En 1842, Ville-du-Bois étant érigé en paroisse, M. KELLEN est nommé premier administrateur.

Vient alors l’Abbé PONDANT, curé pendant 18 mois, de 1843 à 1845.

Ensuite l’Abbé GROGNA, 18 mois également, jusqu’en 1847.

M. l’Abbé WATHELET, originaire de Vielsalm, arrive le 19 octobre 1848. il restera 26 ans, jusqu’au 14 novembre 1874. transféré à Gesves, puis à Lomprez, il garda un souvenir tel de Ville-du-Bois qu’il voulut y être enterré en 1885.

Après lui, M. l’Abbé Félix GROFILS, de Wandre, de 1874 à Pâques 1897. transféré à Lesves, il fut élevé par après au canonicat. Lui aussi voulut être enterré à Ville-du-Bois en 1911. comme l’indique son épitaphe, il dirigea « la paroisse avec un zèle ardent et une exquise bonté ». aimant beaucoup sa paroisse, il se dépensa pour la doter d’une nouvelle église, une des plus belles de la région. Sans cesse préoccupé du bien de la localité, cultivé, il fut également le promoteur de plusieurs autres projets en faveur de ses ouailles.

M. l’Abbé HENNUY, originaire de Rettigny, le remplaça, de 1897 au 1 octobre 1920. la maladie lui imposa la retraite. Longtemps, il s’était dévoué au service des écoles locales de filles, et on lui doit aussi l’existence d’une laiterie prospère durant une dizaine d’années.
C’est M. le Curé LEFEBVRE qui lui a succédé.

De l’œuvre entreprise par ces prêtres, il y aurait beaucoup à dire. Bornons-nous à relever leur effort sans cesse poursuivi en faveur de l’instruction des enfants.

Quand les pouvoirs publics décidèrent d’établir une école primaire à Ville-du-Bois et que l’Abbé COLLIN fut nommé instituteur, il y avait soixante ans que l’Abbé DECROTIER avait commencé son œuvre d’instruction, continuée par ses successeurs, succédant elle même à celle que depuis longtemps les Curés de Salm avaient entreprise pour leurs paroissiens.
Plus tard, dès le début du Xxe siècle et toujours dans le même esprit de développer la vie intellectuelle du village, le prêtre local suscita la création d’une école primaire de filles et d’une école gardienne qui ont duré quarante ans, et une école dominicale de jeunes filles qui exista vingt ans.

Bel effort qui, à lui seul, mérite bien à ses auteurs pour le moins un fervent souvenir.

Gaston REMACLE

jeudi 23 juillet 2009

Le moulin Lebecque.

(publié dans L’Avenir du Luxembourg, le 4 avril 1946)

C’est avec regret que les amis des choses du passé auront vu disparaître, ces derniers jours, une construction bien familière.

Il s’agit du « moulin LEBECQUE », à Ville-du-Bois, appelé aussi « moulin du Bârfa » par les gens de l’endroit, « Bârfa » étant le nom du creux où se blottissait le vieux bâtiment en pierres d’arkose si abondantes aux environs.

Depuis vingt ans que son tic-tac sympathique ne résonnait plus, le moulin avait pâti de bien des vandalismes.

La guerre qui vient de finir l’avait aussi rudoyé. Son sort vient d’être définitivement réglé. C’est une équipe de prisonniers allemands casernés à Rencheux qui a procédé à la démolition de la bâtisse.

Il n’est peut-être pas sans intérêt d’en dire quelques mots.

La construction du moulin remonte à 1820. Elle fut entreprise par Jean-Maurice LEBECQUE de Ville-du-Bois (1778 – 1850), laboureur, commerçant, messager, gros propriétaire. Le nom du constructeur est resté, jusqu’à nos jours, attaché au bâtiment. Par voie d’héritage, le moulin passa dans la famille JEUNEJEAN de Ville-du-Bois, qui l’a conservé jusqu’à ces dernières années.



(personnage: François JEUNEJEAN, propriétaire du moulin, photo prise avant 1915)



Tapi au fond du val, entre deux raidillons prononcés, écarté du village, le moulin paraît avoir eu aux yeux de la génération actuelle, une situation un peu étrange et difficilement compréhensible. Elle s’explique toutefois aisément et semble très normale pour le début du siècle dernier. Car le moulin se plaçait au passage d’une voie séculaire alors encore très fréquentée. Mais combien le savent seulement. Elle n’est plus aujourd’hui qu’un modeste chemin champêtre ; depuis un siècle la grand’route Vielsalm-Poteau surtout a draîné la circulation dans un autre sens et contribué à jeter l’oubli sur tout un passé.

Jusqu’à la fin de la guerre 1914-1918, le moulin servit. Il se montra même, en ces quatre années, plus indispensable que jamais. Avec le meunier d’alors M. SEPULT, que de bons tours joués aux Allemands contrôleurs, tout à l’avantage des familles où l’on pouvait ainsi manger un peu à sa faim.

C’est également durant cette guerre que le moulin fut pourvu d’un dispositif pour assurer l’éclairage – Oh ! rudimentaire, mais utile – de Ville-du-Bois.

C’est encore lui qui, alors, fut souvent complice de secours en vivres et vêtements offert aux prisonniers russes dont le camp se trouvait quelques centaines de mètres plus loin. Gamin, l’auteur de ces lignes y fut même un jour de la sorte pris en flagrant délit, et emmené par un sévère landsturm.

Le moulin LEBECQUE a vécu. Parce qu’il évoque tout un passé, sa disparition jettera dans les cœurs de ceux qui l’ont connu, une note de mélancolie.

Gaston REMACLE



Ndlr:

Note de G. REMACLE :

meuniers:
- Victor TALBOT.
- Conrard REMY, de 1901 à 1907 ( + 1970), marié en 1905 à Eugénie FELTEN (+ 1970).
- Fernand REMACLE.