Affichage des articles dont le libellé est Burtonville. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Burtonville. Afficher tous les articles

lundi 2 juillet 2018

Glain et Salm Haute Ardenne n°68 (juin 2012)

Sommaire

- L. MARQUET, La Roche-en-Ardenne au XVIIe siècle au temps des guerres, pp. 5-23.

- J. BOSMANS, Aires de faulde et charbonniers en Ardenne: le dramatique incendie d'une hutte de charbonniers, la nuit du 10 au 11 août 1808 à Belheid (Samrée), pp. 25-29.

- M. PETERS, Autour d'une croix de 1877 et d'une chapelle à Beho, pp. 31-34.

- G. BENOIT, Course cycliste endeuillée à Salmchâteau en 1911, pp. 35-36.

- J. DE POTTER/G. ANTOINE/H. D'OTREPPE, Aux origines de la maison De Potter à Gouvy, pp. 37-38.

- J. DETAILLE/B. VAN EERDENBRUGH, Les vestiges d'orpaillage de l'âge du fer en amont de Bèche et dans la forêt domaniale du Grand Bois, pp. 39-47.

- R. NIZET, Les kiosques à musique de Vielsalm, pp. 49-54.

- C. DRAILY/O. VRIELYNCK, La nécropole celte de Courtil "Hastape" dans le groupe nord des tombelles ardennaises, pp. 55-62.

- HONORÉ, Mémoires de la guerre 1914-1918 à Vielsalm, pp. 63-76.

- G. BENOIT, Sur l'exploitation du plomb à Bihain, p. 77.

- GRUEN/BILFINGER, Reconstruction du tunnel de Trois-Ponts en 1940, pp. 79-83.

- V.d.G., Au fil des lectures: Salm à Bruxelles..., p. 85.

- J. THOMAS, De l'argile pour les fours à pains, p. 86.

- J. TOUBON, Quelques ajoutes à propos de Pierre Joseph MONFORT de Lierneux, pp. 88-89.

- V.d.G., Burtonville: la croix Bontemps, p. 90.

- C. LEGROS,A propos de myrtilles, pp. 91-93.

- G. BENOIT, Bovigny - Le docteur (Pierre-François) Lomry (1868-1941), pp. 96-97.

- H. D'OTREPPE, Hier et aujourd'hui: Grand-Menil, p. 98.

- G. BENOIT, La croix Jeanpierre, sous Priesmont, p.100.

dimanche 2 mars 2014

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

L’Organe de Vielsalm du 14 janvier 1912 annonce la démission  de M. Henry Delvaux de Fenffe, gouverneur de la province de Liège dont les nombreuses interventions lorsqu’il était membre de la Chambre des représentants étaient à chaque fois rapportées par ce journal.
A Trois-Ponts, à cause du déraillement d’un train de marchandises au tunnel, tous les trains ont subi du retard. Il a fallu un jour pour déblayer la voie.
A Burtonville, une association libérale est en voie de formation. La première réunion se tiendra au local de l’Aurore le 21 janvier prochain.

Dans l’Organe du 28 janvier 1912 on apprend que la population de Grand-Halleux  a fait une belle réception à M. Léon Houssa qui rentrait du Congo où il occupait les fonctions de commis des impôts.
Le 12 février on adjugera à Neufchâteau le service de malle-poste entre Amberloup et Bertogne et entre Houffalize et Bertogne.
Dans les carrières de Bihain les ouvriers s’éclairent avec du carbure. Hier soir Pierre Bidonnet s’approcha d’un tonneau avec une lampe allumée et provoqua une violente explosion. L’ouvrier eut la face entièrement brûlée et les yeux sont dangereusement atteints: on craint qu’il ne perde la vue.

L’Organe du 17 mars 1912 
Les ardoisières sont à l’ordre du jour depuis le désastre de Warmifontaine où des affaisements de galeries ont provoqué des écroulements de maisons.


(Carte postale de Warmifontaine : affaissement du sol le 11 mars 1912) .

A ce sujet il circule dans nos parages le bruit de rachat d'exploitations salmiennes par la Société de Warnifontaine. Si cela est vrai, cette nouvelle sera bien accueillie par nos ouvriers. [?]
A Goronne, deux ménagères avaient laissé leur lessive au pré la nuit : le matin il avait disparu. Une jeune fille de Rencheux aux allures étranges ayant été vue la veille dans les parages, la gendarmerie se rendit chez elle et tout fut retrouvé mais déjà transformé. La personne portait même sur elle certains vêtements volés. C’est, bien sûr, un moyen de se préparer à entrer en ménage à peu de frais.   
Dans le même village la maison de M. Delhalle –Kleid a reçu une visite nocturne : le matin toutes les portes étaient ouvertes. On a retrouvé  à quelques mètres un biberon ayant contenu de la crème  et la canne du propriétaire. Un pain, quelques pièces de lard et un essuie-main ont aussi disparu. Les gendarmeries  de Vielsalm et Lierneux  s’étant mises en campagne, on découvrit le voleur à Lierneux, portant encore le pain enveloppé dans l’essuie-main. Honneur à nos pandores !!
A Bovigny, pendant que deux enfants prenaient leurs ébats dans la cuisine, une ménagère déposa une marmite d’eau bouillante sur le parquet : un bambin tomba dedans et fut affreusement brûlé. M. le Curé  appelé en toute hâte donna au petit des soins empressés qui calmèrent immédiatement ses souffrances.  [ Un curé rebouteux ? Il n’y a pas incompatibilité !]
La nécrologie mentionne le décès à Vielsalm le 15 mars  de Madame Julie Cahay  [première] épouse de M. Victor Jeunejean [mon grand-père maternel] .

                                                                                         Robert NIZET


mardi 17 avril 2012

La croix de Burtonville




La croix de Burtonville.

La photo fut prise le 23 septembre 2000. La croix avait été dérobée en 2004.
Et la voici, et tant mieux, qui réapparaît assez mystérieusement d'ailleurs......

dimanche 27 février 2011

Organe de Vielsalm

(Dimanche 23 janvier 1887. Deuxième année, Numéro 4.)

CONSEIL COMMUNAL DE VIELSALM


Compte-rendu de la séance du 13 janvier.

Sont présents : MM. Grégoire, échevin ; Laplume, Sépult, Paquay, Masson, Bruyère, conseillers, et Gillet secrétaire.
La séance est ouverte à 3 heures de relevée.
Le secrétaire donne lecture du procès-verbal de la séance du 27 décembre dernier. Ce document est approuvé avec les trois renvois faits en marge du troisième objet.
Ont voté l’approbation : MM. Laplume, Sépult, Paquay, Bruyère et Masson-Jeunejean.
A voté contre : M. Grégoire, échevin.

Le Conseil reçoit en outre communication de la correspondance :
1° De la lettre de M. le gouverneur de la province, communiquée en copie par M. le commissaire d’arrondissement de Bastogne, le 23 décembre 1886, l’informant que le fonds commun n’interviendra plus dans les frais d’entretien de l’aliéné Duchesne.
2° Le Conseil entend la lecture de la lettre de M. le commissaire d’arrondissement du 7 janvier 1887, transmettant en communication l’arrêté de m. le gouverneur de la province de Luxembourg, en date du 4 janvier 1887, maintenu par arrêté de la Députation permanente le 6 dito qui suspend l’exécution de la délibération du Conseil communal du 27 décembre 1886, portant nomination du sieur Jean-Joseph Bruyère aux fonctions de membre du Bureau de bienfaisance de cette commune, en remplacement de M. Félix Grosfils, membre sortant, lequel ne figurait pas sur les listes de candidats présentés, l’une par le Bureau de bienfaisance et l’autre par le Collège échevinal.
M. Sépult dit que M. Andrianne, membre du Bureau de bienfaisance, n’a pas été convoqué à l’assemblée du Bureau, et demande, au nom du Conseil, communication des livre et pièces relatifs à cette affaire.
3° Le procès-verbal de vérification de la caisse communale, 4e trimestre 1886, présentant un encaisse de fr. 648-43, est communiqué au Conseil.
4° Le Conseil décide qu’il y a lieu de liquider à Mme veuve Scheuren une somme de 63 fr. 70c. pour entretien de l’indigent Larondelle.
4° Charge le Collège des bourgmestre et échevins de procéder aux formalités préliminaires pour parvenir à vendre un excédant de voirie à la famille Henrard, qui en a fait la demande, et nomme MM. Paquay, conseiller communal, et Jules Andrianne, membre du Bureau de bienfaisance, experts chargé d’évaluer le dit excédant.
5° Ajourne sa décision à prendre et relative à l’imposition communale ou emprunts pour couvrir une somme de fr. 12,736-79, formant le montant total des déficits au budget de 1886.
6° Ajourne également la formation du budget communal de 1887.
7° Le Conseil, réuni en comité secret, entend les explications de Mlle Bombert, maitresse de couture à Neuville, et ajourne sa décision.
L’ordre du jour étant épuisé, la séance est levée à 4 ½ heures.

CORRESPONDANCE.

Monsieur le Bourgmestre de Vielsalm nous prie d’insérer ce qui suit, ce que nous faisons avec plaisir puisqu’il s’agit de faire connaître la vérité et les manœuvres du Conseil communal :

Monsieur l’éditeur de l’Organe de Vielsalm,

Dans son n° du 2 courant, l’Echo de la Salm a reproduit le compte-rendu d’une séance du Conseil communal en date du 27 décembre dernier.
Comme cet article me visait personnellement, j’ai relevé les inexactitudes nombreuses et mal intentionnées qui s’y rencontraient.
Dans son n° d’hier, le rédacteur de l’Echo se borne à publier le paragraphe final de ma réponse, prétextant ne pouvoir l’insérer en entier à cause du cadre restreint de son journal.
Je ne pense pas, M. l’Editeur, que ce soit là la véritable raison ; mais passons. Je n’insisterai pas auprès de lui. Je viens vous prier de vouloir reproduire in extenso dans vos colonnes la réponse que j’adressai à votre confrère et dont la teneur suit :
Vielsalm, le 12 janvier 1887
Monsieur l’éditeur du journal l’Echo de la Salm à Vielsalm.
Dans votre n° du 2 janvier courant, vous publiez le compte-rendu d’une séance tenue par le Conseil communal de Vielsalm le 27 décembre dernier, séance à laquelle je n’ai pas assisté.
Je lis dans ce compte-rendu ce qui suit :
« Qu’il n’est pas vrai que le Conseil communal ait autorisé le Collège des bourgmestre et échevins de faire confectionner les prétendus plans, devis et cahier des charges prémentionnés. »
Je tiens à faire connaître à vos lecteurs que cette déclaration du Conseil communal, par l’organe de M. Sépult, conseiller, est absolument contraire à la vérité.
Il me suffira pour le démontrer de reproduire ici les termes mêmes de la délibération du 29 mars 1884, qui porte :
Le Conseil décide :
« Qu’il y a lieu de profiter de la construction des écoles de Vielsalm pour comprendre au centre de l’immeuble dont il s’agit ; charge le Collège des bourgmestre et échevins de faire dresser plans et devis de l’ensemble par M. Kupper, architecte provincial à Bastogne ».
C’est en vertu de cette décision votée par cinq membres contre un et deux abstentions, que le gouvernement provincial a chargé M. Cupper d’exécuter les dits plans et devis.
Je lis ensuite dans votre compte-rendu :
« Qu’il n’appartenait donc pas à M. Beaupain, bourgmestre, de faire faire les prétendus plans, devis et cahier des charges en question, portant la date toute récente du 30 juillet 1885. »
Par délibération du 7 janvier et du 11 février 1885, le Conseil chargeait M. Loneux d’exécuter les dits plans et devis ; ces délibérations ont été improuvées par la Députation permanente dont la décision a été maintenue sur appel par arrêté du ministre de l’intérieur en date du 7 septembre 1885.
Dans ces deux délibérations, . Sépult adoptait en principe la confection des plans et devis. Je n’avais pas besoin de faire confectionner les plans et devis en question, dont l’architecte provincial avait été chargé par la Députation permanente, et ce travail n’est pas d’une date aussi récente que veut bien le dire M. Sépult, puisque l’arrêté ministériel qui en charge définitivement l’architecte provincial est encore d’un mois postérieur à cette date.
Votre compte-rendu dit encore :
« Qu’il est regrettable que la Députation n’ait pas autorisé la commune à ester en justice contre la réclamation trop bien fondée de M. l’architecte Cupper. »
Je crois utile de faire connaître à vos lecteurs que le Conseil s’est pourvu en appel de cette décision de la Députation, laquelle a été maintenue par le ministre de l’intérieur le 19 octobre 1886.
Il résulte de tout ce qui précède que le Conseil communal, au lieu d’adopter un système de défense absolument dépourvu de sens commun, s’était tout simplement soumis aux décisions prises par les autorités supérieures compétentes ; il aurait économisé à la caisse communale des frais considérables auxquels va donner lieu le procès Cupper, et ainsi diminué un peu les impôts extraordinaires dont, d’après vous, Monsieur l’éditeur, on se disposerait de frapper les habitants de Rencheux et de Vielsalm.
Vos lecteurs sont trop clairvoyants pour ne pas voir dans votre compte-rendu et dans les réflexions désobligeantes qui l’accompagnent une petite manœuvre électorale.
Je tenais donc de rétablir les faits dans leur réalité, afin que chacun puisse en retirer la part de responsabilité qui lui incombe.
Je terminerai en ajoutant, pour l’édification des contribuables, que les chemins de Bêche et de Burtonville, visés par votre article, n’ont coûté à la commune qu’un tiers des frais de construction et que ces chemins avaient été votés sur la demande des sections intéressées à la majorité du Conseil.
Je compte Monsieur l’Editeur que vous voudrez bien insérer la présente dans votre plus prochain numéro et vous prie d’agréer l’expression de mes sentiments distingués.

Le Bourgmestre, BEAUPAIN.


En ce qui concerne l’observation peu bienveillante de l’Echo au sujet des chemins de Bèche et de Burtonville, je me bornerai à lui faire observer que les personnes chez lesquelles il se renseigne l’induisent en erreur et savent parfaitement que le service de la voirie était assuré, l’autorité supérieure n’autorisant du reste jamais aucune dépense sans indiquer les moyens de la couvrir.
Il n’est donc nullement besoin de créer des ressources pour les travaux de voirie puisqu’il existe au règlement du compte de voirie, 1re page du budget de 1887, un boni de 6 950fr. 28 cent., pour couvrir toutes les dépenses faites jusqu’au 31 décembre 1886, ce qui rend donc complètement superflu la création d’impôts pour boucher le prétendu trou fait dans la caisse communale, dont parle si complaisamment l’Echo, trou qui n’existe que dans son imagination.
Agréez, etc. Le Bourgmestre, BEAUPAIN.

Faits divers

Vols. — On nous écrit de Gouvy : Pendant la nuit du 11 au 12 courant, des voleurs se sont introduits chez M. Effling, cordonnier, et Antoine Maréchal, boucher et négociant, tous deux demeurant à Gouvy.
Chez le premier, ils ont enlevé des souliers et une paire de bottes, le tout évalué à 80 francs ; chez le second, ils se sont emparés d’un quartier de viande de bœuf qu’ils ont pris la peine de découper convenablement et de bien envelopper ensuite.
On avait remarquer pendant la soirée deux individus circulant dans la localité sans but bien déterminé ; mais comme les crésus sont rares ici, personne ne craignant la perte d’un trésor, ces étrangers avaient pu sans encombre prendre leurs mesures.
Mais à Gouvy, lorsque tout le monde dort, la douane veille. Aussi, vers 2 heures du matin, nos deux individus se voient énergiquement poursuivis, forcés d’abandonner le quartier de viande. Ils ne durent leur salut qu’à un plantis de sapins qui leur offrit asile.
Que notre brave douane trouve ici l’expression de notre gratitude vive et sincère. À une prochaine rencontre, elle s’emparera du vol et des voleurs.

Nous apprenons de Tavigny, jeudi 13 courant, que deux individus habitant depuis peu cette localité y ont été arrêtés et conduits sous bonne escorte à la prison de Marche.
Voici les motifs de cette arrestation et les circonstances qui l’ont accompagnées : Un vol avait été commis à Troine (Grand-Duché de Luxembourg) ; d’un autre côté, un rasoir dit de rencontre avait été vendu à un habitant de Tavigny. M. le juge de paix de Houffalize, habitant aussi cet endroit, ayant appris l’un et l’autre faits, pria son domestique d’aller lui chercher le rasoir en question et, muni de cet objet, il se rendit à Troine, où il acquit la certitude que ceux qui avaient vendu le rasoir n’étaient autres que de vilains filous dont il fallait se débarrasser au plus tôt. Aussi la gendarmerie arriva-t-elle incontinent à Tavigny.
Elle se présenta ainsi, sans coup férir, accompagné de M. le juge, au domicile des deux inculpés.
Mais leur arrestation dut difficile à exécuter : ces individus ne se laissèrent garrotter qu’après avoir administré à leurs visiteurs force coups de pied et coups de poing.
La besogne fut rude, mais, grâce au courage des gendarmes et au dévouement de leurs compagnons, force resta à la loi.

Foires de la semaine. — Provinces de Luxembourg, Liège, Namur et Grand-Duché de Luxembourg. — Lundi 24, Durbuy : mardi 25, Wiltz, Dinant, Orchimont : mercredi 26, Laroche : vendredi 28, Salmchâteau : lundi 31.

ETAT-CIVIL DE VIELSALM
Du 12 au 19 janvier.

NAISSANCES: 2 : savoir:
Noémie-Marie-Sidonie, fille de Henri-Joseph Cahay, cultivateur, et de Marie-Anne Paquay, ménagère à Burtonville.
Grégoire-Joseph, fils Jean-Henri-Eugène Derochette, ouvrier ardoisier, et de Marie Grégoire, ménagère à Bèche.

DECES, 2, savoir :
Marie-Catherine Collette, âgée de 75 ans, ménagère, veuve de Jean-Joseph Piette, de Cahay.
Joseph Evrard, âgé de 32 ans, cordonnier à Vielsalm.

vendredi 6 novembre 2009

Burtonville.

SOMMAIRE :


1. Origine de la localité.
2. La population.
3. Les chefs de ménage.
4. Personnages divers.
5. La chapelle. Les desservants.
6. Le presbytère.
7. Deux anciennes fermes importantes.
8. Petites industries.
9. L’enseignement.
10. Faits divers.
11. Les noms de lieux.


1. Origine de la localité

Burtonville n'est pas cité aux dénombrements de 1472, 1495, 1501, 1525, 1561.
Il est mentionné à celui de 1575, et avec cette remarque : « Burtonville qui sont maisons nouvellement érigées ».
Ces faits portent à admettre que la localité est née dans la deuxième moitié du XVIe siècle.
Le village est né au passage de deux voies fort fréquentées jusqu'à la moitié du siècle dernier. L'une descend vers Sart Hennard et Petit-Thier ; elle conduisait à Stavelot et Malmedy, presque en ligne droite, les habitants de Rogery, Ourthe, Bèche, Cierreux, Bovigny.

L'autre chemin, venant de Vielsalm et Salmchâteau, court vers la direction de Saint-Vith, et le langage local l'appelle toujour « vôye deu saint Vé ».
Une eau de bonne qualité abonde à ce croisement : une fontaine près de la maison Octave, et un ruisselet issu de Laguespré (aujourd'hui capté pour alimenter une grande partie de la commune de Vielsalm).
Rien d'étonnant donc que des habitations se soient établies à cet endroit de passage.
A l'autre extrémité du village, du côté de l'Ouest, de vieux bâtiments pourraient être du XVIIe siècle. Toutefois, l'approvisionnement de ce lieu en eau n'a pu se faire que par un bief artificiel, toujours visible, d'environ 500 m., amenant une partie de l'eau de Laguespré.
Le nom de la localité signifie, semble-t-il bien ; village de Burton. Ce dernier terme sera repris, à la fin du XVIe siècle, comme surnom de « Jehan marteau dicte Burthon », habitant et originaire de l'endroit. Nous pensons que ce terme « burton » est un nom de métier, celui de creuseur de « beur » (terme wallon local signifiant : galerie, fosse, excavation), ou y travailler, activité en rapport avec les fosses et galeries des environs créées pour l'extraction du schiste ardoisier notamment.

(Aux actes de la Cour de Salm (AESTH), on note: « Jehan dict Burthon leur frère » (des enfants Marteau), le 14.3.1579 ; et « Jehan marteau dict le burthon » (AESTH, Cour de Salm, 1614, 22.2., et 1579, 14.5., registres 4.117 V° et 16/53))

2. La population.

Divers dénombrements et recensements donnent 1e nombre de feux ou d'habitants de Burtonville, à diverses dates:

En 1575 : 7 ménages « qui sont maisons nouvellement érigées ».
En 1589 : 6 ménages.
En 1604 : 9 ménages.
En 1611 : 11 ménages.
En 1656 : 12 ménages.
En 1766 : 19 ménages et 97 habitants.
En 1846 : 43 ménages et 210 personnes.
En 1896 : 213 habitants.
En 1900 : 233 personnes.
En 1910 : 208 personnes.
En 1922 : 145 ; la frontière du pays, à l’Est, ayant été déplacée, les douaniers résidant à Burtonville ont quitté la localité avec leur famille.
En 1947 : 104 personnes.
En 1964 : 102 personnes.

(AELUX, Dénombrements de 1589, 1604, 1611, 1656 ; AGR, Dénombrements de 1575 et 1766 ; AC Vielsalm)



3. Les chefs de ménage.

En 1575 :

ISRAËL - Léonard QUELIN - Henry BLAISE - Léonard COLETTE - La vefve Léonard gros HENRY -Georges MARTEAU - Jean le BURTON - Total : 7 ménages.

(AGR, Chambre des comptes, 718)

En 1604 :

Jean LEONARD - Henry BLAISE - Jean FRANÇOISE - ISRAËL - Jean le Buisson - Henry le ROCQ - Jean LEONARD - Colla MIGEAU - Vefve Georges MARTEAU.

(AELUX, Archives du Gouvernement)



En 1611 :

Jean MARTEAU - Guilleaume Henri GERARD - Jean FRANÇOISE - La vefve Matthieu GERARD - ISRAËL - Léonard COLLETTE - La vefve Colla MIGAU - Jean LEONARD - Henry Jean BLAISE - Henry BLAISE.

(AELUX, Archives du Gouvernement)

En 1656 :

Henry Jean LEONARD - Jean CHRISTOPHE - Jean RENA - Jennon vefve du HOURY - Catherine vefve BLAES - Magdalaine vefve ISRAËL - Servais COUVELIER - Closs WILLEM - Henry le CUVELIER - Henry HOURY.

(AELUX, Archives du Gouvernement)

En 1766 :

COMTE Gérard, époux de ENGLEBERT Catherine. 9 personnes.
CUVELIER Servais, époux de LEJEUNE Marguerite. 7 pers.
GAYE Hubert. 9 personnes.
RENARD Elisabeth, veuve de BODEUX Jean-Henri, 3 pers.
ISRAEL Jean-Joseph, époux de SCHEUREN Anne-Gertrude. 5 pers.
CAHAY Jean-Joseph, époux de Burton Marie-Jeanne. 7 pers.
HOURY Noël, époux de COMTE Anne-Catherine. 6 pers.
RENARD Jean. 4 pers. veuf.
BLAISE Nicolas, époux de PITER Catherine. 4 pers.
CUVELIER Jeanne-Elisabeth, veuve de DEROCHETTE Jean-Henri. 4 p.
CLOSSE Jacques, époux de GERARD Marguerite. 2 pers.
LEBECQUE Henri, époux de Catherine. 6 pers.
JEUNEJEAN Jean, époux de COMTE Marie-Catherine. 10 pers.
WOZ Barthé1emey, époux de HOFFAY Marie-Elisabeth. 4 pers.
BURTON Guillaume. 4 pers.
SCHMITZ Jean, époux de WOZ Marie-Joseph. 5 pers.
NELIS Henri~Joseph, époux de RENARD Marie-Agnès. 4 pers.
RENARD Catherine. 2 pers.
COMTÉ Servais; vicaire. 2 pers.

(AGR, Comité pour le dénombrement du Luxembourg ; RP Salm, baptêmes et mariages).

En 1846 :

COLLIN Marie-Thérèse, 45 ans, veuve Henri-Joseph PAHAUT. 4 pers.
GOFFINET Henri-Joseph, vicaire, 26 ans. 4 personnes.
BURTON Jean, 42 ans, époux de Marie-Catherine ANDRIANNE, 43 ans. 5 personnes.
ERNOTTE Guillaume, 67 ans, époux de Marie-Catherine BRIANT, 53 ans. 5 pers.
FREDRICH Jean-Hubert, 46 ans, époux de JEUNEJEAN Marie-Catherine, 40 ans. 10 personnes.
SCHAUS Pierre, 49 ans, époux de THOMAS Marie-Jeanne, 46 ans. 5 personnes.
SCHMLTZ François-Joseph, cordonnier, 20 ans, époux de SCHAUS Marie-Catherine. 6 pers.
GABRIEL Jean-Pierre, 48 ans, veuf de BONTEMS Marie-Elisabeth. 4 personnes.
BONTEMS Guillaume-Joseph, 48 ans, époux de KLEIN Jeanne. 6 pers.
COUNSON François-Joseph, 37 ans.
GOFFINET Jean-Henri, 44 ans, époux de JEUNEJEAN Marie-Pétronille, 36 ans. 6 pers.
ZINNEN Nicolas, 70 ans, époux de SCHMITZ Marie-Catherine, 62 ans. 4 pers.
LABERGER Pascal, 69 ans, époux de HOURY Marie-Catherine, 66 ans. 4 pers.
COMTE Jean-Laurent, 52 ans, époux de LABERGER Marie-Anne, 37 ans. 6 pers.
COMTE Jean- Mathieu, 48 ans, époux de CUVEILLER Agnès, 38 ans. 5 personnes.
HOURY Jean-Henri, 40 ans, époux de SIMETTE Marie-Catherine, 35 ans. 6 personnes.
THOMAS Jean-Mathieu, 41 ans, époux de GREGOIRE Marie-Anne, 26 ans. 4 personnes.
HOURY Thérèse, 53 ans, veuve de Clément-Joseph CUVELLIEZ. 3 pers. DEROCHETTE Guillaume, veuf de BEAUPAIN Marguerite, 89 ans. 5 pers. BONTEMPS Pierre-Joseph, 53 ans, époux de BARTHELEMY Anne-Catherine. 8 pers.
BONTEMPS Antoine-Joseph, 38 ans, époux de BONTEMPS Marie-Thérèse. 7 pers.
BONTEMPS Anne-:Marie, 63 ans, veuve de LESAINT Jean-Antoine. 3 pers.
HOURY Jean-Henri, 64 ans, époux de DEPRELLE Marie-Catherine. 3 pers.
HOUPERTZ Nicolas, 42 ans, époux de HANTZEN Marie-Marguerite. 5 pers.
HOURY Michel, 2 ans, époux de COTTIN Catherine-Thérèse. 3 pers.
PAQUAY François, 49 ans, époux de LIGNOUL Marie-Joseph. 5 pers.
CAHAY Jean-Joseph, 25 ans, époux de RENARD Marie-Catherine, 4 pers.
TOUSSAINT Clément, 64 ans, veuf. 2 personnes.
CAHAY Jean-Henri, 44 ans, époux de JEUNEJEAN Madeleine. 5 pers.
RAULET Jean-Baptiste, brigadier-douanier, 35 ans, époux de GUYOT Jeanne-Marie. 5 pers.
DESOIS Théophile, sous-brigadier douanier, 27 ans, époux de GERIN Félicie. 4 pers.
DUBUISSON Henri-Joseph, douanier, 45 ans; époux de JADOT Marie-Thérèse. 6 pers.
LABERGER Nicolas, 44 ans, époux de ISRAEL Marie-Elisabeth. 4 pers.
GABRIEL Jean-Joseph, veuf. 5 pers.
SCHMITZ Jean-Joseph, 53 ans, veuf de CAHAY Marie-Elisabeth. 6 pers.
CAHAY Nicolas, 49 ans, époux de LEMAIRE Catherine. 3 pers.
ADAM Marie-Jeanne, 45 ans, veuve de JACQUEMIN Laurent. 3 pers.
HERMAN Henri-Joseph, 27 ans, époux de PIRARD Marie-Catherine. 5 pers
SCHMITZ Barthélemi, 37 ans, époux de GENGOLFS Catherine. 4 pers.
ANDRIANNE Clément-Joseph, 45 ans, époux de THEIS Catherine. 3 pers.
SCHAUS Thérèse, 65 ans, veuve de COMTE Joseph. 2 pers.
COMTE Louis, 56 ans, époux de RENTMEISTER Marie-Barbe. 5 pers.
LAMBERT Pierre-Joseph, 37 ans, célibataire. 5 pers.
GUILLAUME François-Alexandre, douanier, 32 ans; époux de KEMP Marie-Jeanne, 36 ans, 5 personnes.
COMTE Jean, 64 ans, époux de ISRAEL Anne-Marie, 59 ans. 4 pers.

(AC Vielsalm, Registre de population)

4. Personnages divers.

1655. Hommes capables de porter les armes.

Sevais COUVELIER, 45 ans
Henry COUVELIER , 42
Geore CHRISTOPHE, 19
Jean BLAESE, 25
Henry HOURY, 40
Englebert HOURY, 28

1805. Propriétaires fonciers.

Paul JEANPIERRE, 15,41
Jean HANSEN, 9,35
Nicilas COLLIN, 5,72
Barthélemy BONTEMS, 5,32
Guillaume DEROCHETTE, 25,20
Jean Henry HOURY, 6,23
Héritiers Jean SCHMITZ, 13,35
Henri François MELCHIOR, 6,5
Veuve Nicolas SCHMITZ, 12,95
Aubin SERVAIS, 2,19
Gengoux BONTEMS, 9,94
Jean JEUNEJEAN, 75,3
Nicolas BURTON, 5,37
Paul CAHAY, 8
Nicolas CORNESSE, 100,73
Veuve Jean COMTE, 30,25
Clément ANDRIANNE, 26,69
Jean LESAINT, 12,59
Guillaume ISRAEL, 7,8
Michel SCHMITZ, 1,61
Eustache BODEUX, 5,11
Mathieu BEAUPAIN, 30,10
Henri-Joseph RENARD, 11,92
Noël HOURY, 11,52
Gérard COMTE, 6,93
A. FAVRAY, 0,36
Burtonville, pour ses bois, 26,57

(AEL, Fonds français, 1816. Document du 7 floréal 13, extrait du rôIe foncier de la commune de Vielsalm. Les nombres sont en francs et centimes; ils sont ceux du montant de contribution foncière)



1809, 4 septembre.

HANZEN Jean, 54 ans
COLLIN Nicolas, 51
BONTEMS Jean Barthélemi, 22
DEROCHETTE Guillaume, 49
HOURY Jean-Henri, 29
COMTE Gérard, 54
BERGER Pascal, 34
SERVAIS Aubin, 59
SCHMITZ Michel, 46
BONTEMPS Gengoux, 48
JEUNEJEAN Nicolas, 46
THOMAS Mathieu, 39
CAhay Paul, 59 ans
GABRIEL Godfroid
GABRIEL Joseph
COMTE Joseph, 32
COMTE Jean-françois, 36
COMTE Jean, 26
SCHMITZ Jean, 34
LESAINT Jean-Joseph, 22
ISRAEL Guillaume , 52
BODEUX Eustache, 45
GENGOUX Jean-Joseph, 35
RENARD Henri-Joseph, 46

(AEL, Fonds français, 426)

Conseillers communaux :

Ont été conseillers de la commune de Vielsalm :
FREDRICH Jean-Hubert. De 1840 à son décès, le 27 septembre 1871, à 71 ans.
CLOTUCHE Louis. Né le 22 février 1843. Conseiller en 1876, puis réélu jusqu'à son décès le 16 octobre 1898. Echevin nommé par arrêté royal du 28 juin 1881.
DEROCHETTE Jean-Servais. Né le 24 novembre 1868. Succéda à CLOTUCHE, puis réélu en 1903.
RINCK Camille. Né le 12 juillet 1860. Elu le 15 octobre 1911.
COMTE Théophile. Né en 1879.

5. La chapelle.

Une première chapelle a été construite vers 1703.

(D. GUILLAUME, L'archidiaconé d'Ardenne, 1913. - Et notes de l'abbé Cél. GUILLAUME)

Son emplacement, le même que celui de l'édifice actuel, était contigu à la propriété de l"ancienne famille CUELIER, celle-ci fort aisée, et le premier desservant de la chapelle fut le fils Pierre CUVELIER. On peut dès lors, raisonnablement penser, de ces faits, que c'est la famille Cuvelier qui a cédé cet emplacement pour la construction de l'édifice religieux, à quelques pas de sa demeure.

(AC Vielsalm, Plans cadastraux)

Monseigneur LIBOY, évêque de Liège, vint la consacrer en 1714.

(D. GUILLAUME, L'archidiaconé d'Ardenne, 1913)

Elle a été démolie en 1878, pour permettre l'édification d'une nouvelle chapelle; la première avait donc vécu 175 ans. Moins grande en longueur, mais aussi large et haute à l'intérieur que la chapelle actuelle, elle avait un porche extérieur qui en garantissait l'entrée contre pluie et vent.
En 1878, devenue défectueuse, sans doute, elle fit place à une nouvelle construction. Pendant les travaux s'y rapportant, les offices eurent lieu dans la grange du presbytère, les hommes étant perchés sur le fenil, les femmes occupant l'aire. On y avait transporté l'autel d'aujourd'hui, mais sans son couronnement, de même que les bancs, des statues, et le banc de communion, qui servait de balustrade au fenil pour empêcher de tomber. L·unique cloche de la chapelle avait été suspendue à une branche de cerisier où on la mettait en branle pour lui permettre de remplir son office

(Souvenirs recueillis auprès de personnes âgées, et notes de Cél. GUILLAUME)

La nouvelle chapelle, l'actuelle, ne manque pas de beauté, étant bien proportionnée, de style dans toutes ses parties. Les murs sont en pierre d'arkose, extraite des environs , au lieu-dit « Les fosses » ; les encadrements des fenêtres et des portes sont en pierre blanche de France. Malheureusement, on ignore le nom de l'architecte : créateur des plans de l'édifice.
Le meuble le plus intéressant de la chapelle en est le magnifique autel. C'est l'autel de la première chapelle. Il est du maître-menuisier Thomas SCOLLE, de Saint-Vith.

(AELUX, requêtes au Conseil provincial, liasse 215. SHOLL effectua ces ouvrages à la demande de Jean CUVELIER, de Burtonville (requête du 4 mai 1720)).


Un tableau de bonne facture, représentant la résurrection du Christ, figure entre les colonnes à chapiteaux corinthiens surmontant la table d'autel.
Dans l'entablement de l’autel, une statue en bois, de saint Fiacre, patron de la chapelle. De chaque côté de l'autel, surmontant les portes de la sacristie, une statue de saint François d'Assise, du côté de l'Epître, et une statue de saint Ignace du côté de l'Evangile ; ces deux saints étant les patrons secondaires de la chapelle.
Autres statue s: dans le chœur, de Notre-Dame de Lourdes, et du Sacré-Cœur ; puis, à d'autres endroits, de saint Joseph, sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, saint Monon, et saint Donat.
L'Agneau symbolique de l'Apocalypse en cuivre doré, qui se trouve sur le devant de l'autel, y a été placé par l'abbé FRAITURE.
Le chemin de croix a été donné par la famille DHAENENS, de Saint-Nicolas-Waes, laquelle a des propriétés dans le voisinage.
Il a été bénit le 19 novembre 1911 par l'abbé HALLET, curé-doyen de Vielsalm.
Les cloches. une vient de la première chapelle. La seconde, « Marie », qui donne le mi-bémol, en haut, est une ancienne cloche de Ville-du-Bois et a été rachetée en 1884 quand on renouvela le clocher de Ville-du-Bois.

En 1930, l'autel de la chapelle et même la chapelle faillirent être la proie des flammes, par suite d'une imprudence des enfants de chœur. La partie endommagée de l'autel fut restaurée dans d'excellentes conditions par les frères Alfred et Louis OCTAVE, de Burtonville.


Les desservants de la chapelle.

Voici quels ont été les prêtres vicaires de résidence à Burtonville, et connus :

- CUVELIER Pierre, né en 1650 à Burtonville, fils de Henri et Catherine. Vicaire jusqu’à son décès le 7 octobre 1722.
- GERARDY Georges, cité en 1724.
- LATOUR Jean-François. 1735-1738.
- BILLIARD Nicolas. Cité en 1754. le 11 novembre 1754, signe le testament de Guillaume BAPTISTE de Neuville. (CS 1749-1763/316)
- COMTE Servais, cité au dénombrement de population de 1766. Né le 25 avril 1719, fils de Henri et de Catherine. Décédé le 26 juillet 1782 à Vielsalm.
- ISRAEL Jean-Henri, de Burtonville. Né le 7 janvier 1726, fils de Guillaume et d’Anne-Marie ENGLEBERT. Décédé le 5 août 1793.
- RAPHAEL Jean-Baptiste, de Vielsalm. Né le 1er septembre 1731, fils de Jean et de Barbe-Catherine. Décédé le 23 décembre 1802.
- BREYRE. Cité en 1804.
- MICHEL Bertrand-Joseph, de Neuville. Baptisé le 28 janvier 1755. Fils de Bertrand, et Jeanne-Thérèse DAIROMONT. Cité en 1804 et 1807. Décédé le 22 octobre 1807.
- GOFFINET Henri-Joseph, de Dochamps. Né en 1820. A Burtonville à partir de 1845.

La présence d’un vicaire à Burtonville a été interrompue à plus d’une reprise, notamment de 1880 à 1910.

- RASKIN. Jusqu’en 1880. Retraité à Soy-Fisenne.
- BAUREK Jean-Marie. Du 4 novembre 1910 à 1912. Né à Les Bulles. Parti à Gomery.
- AUBRY Alphonse. Né à Moircy le 28 octobre 1886. Décédé à Resteigne le 11 janvier 1973. A Burtonville de 1912 à fin 1918, puis curé à Neuville.
- SELECK Nicolas. Né à Odeigne. A Burtonville en 1924, parti à Chêne-al-Pierre.
- VERDAY Hubert. Né à Harre le 28 janvier 1893. Ordonné le 26 mars 1921. A Burtonville en 1924, puis à Courtil-Bovigny en 1925. Décédé à Moscou (URSS) le 3 septembre 1977.
- FRAITURE Servais. De Goronne. Parti à Rogery.
- GUILLAUME Célestin. Né à Courtil-Bovigny le 15 janvier 1868. A Burtonville de 1931 à son décès le 28 décembre 1944, à 9 h. du matin. Enterré à Courtil, mais d’abord en son potager, au cours de l’offensive des Ardennes.


6. Le presbytère.

La première chapelle, de 1703, occupait l’emplacement de la chapelle actuelle, et orientée comme elle.
(Notes de l’abbé Célestin GUILLAUME)

A côté, vers le Sud, était une maison vicariale ; vrasemblablement pour le moins aussi âgée que la chapelle, elle fut démolie en même temps que celle-ci, en vue de la construction d’une nouvelle chapelle en 1878.

(Plans cadastraux de la commune de Vielsalm)

toutefois, peu auparavant, le desservant local avait pu disposer d’une autre maison vicariale, nouvellement construite, et certainement plus confortable.

Celle-ci était le résultat d’une donation à la Fabrique d’église, par Henri-Joseph BONTEMPS, originaire de Burtonville, curé de Xhoris, et selon son testament du 2 octobre 1871.

(Acte notaire LEURQUIN, de Liège. Donation approuvée par arrêté royal du 20 avril 1873, et comportant d’autres biens immobliliers que la maison vicariale, et à charge de célébration de messes (RP Vielsalm). Henri-Joseph BONTEMPS était né à Burtonville le 28 février 1796. Etait fils de Barthélemy BONTEMPS et Marie-Catherine HOURY.)

Avant la destruction du premier presbytère et lors de la construction de la chapelle actuelle, on célébra les offices durant quelque temps, dans la grange, les hommes perchés sur le fenil, les femmes occupant l’aire.

Comme on peut le constater actuellement encore, le presbytère actuel, tout en restant proche de la chapelle, s’en écarte toutefois un peu ; il n’a donc pas été construit sur l’emplacement de l’ancien.

Après le décès de l’abbé Célestin GUILLAUME, dernier desservant, le 28 décembre 1944, le bâtiment est resté longtemps inoccupé, ayant d’ailleurs été endommagé lors de l’Offensive des Ardennes, puis, finalement, il a été vendu publiquement avec le terrain d’aisance, le 10 novembre 1972, pour 365 000 frs., à Mr. CHOQUE.

7. Deux anciennes fermes importantes.

Deux groupes de bâtiments importants d’exploitation agricole sont à remarquer à Burtonville : celui qu’occupe la famille BAILLY, et celui de la ferme ANTOINE.

Le premier montre, sur le mur longeant le chemin, une pierre portant la date de 1765.

En 1766, y habite « Jean Jeune Jean senior, marchand ». Il est, à ce moment, propriétaire d’un bien important. Originaire de Ville-du-Bois, né le 18 mars 1709 (fils de Paul et Anne REMACLE), il a épousé, le 3 août 1738, Marie-Catherine COMTE, de Burtonville, originaire d’une autre maison de Burtonville (née le 21.2.1712, fille de Jean, et Catherine CUVELIER). D’autre part, la date de 1765 figure en évidence sur une pierre du bâtiment. Ces faits permettent d’en déduire, sans doute, que JEUNEJEAN aura été le constructeur du bâtiment et peut-être sur un bien de la famille COMTE.

(AEA, Cadastre de Marie-Thérèse, tabelle 11 de Burtonville)

Après lui (décédé le 5 mars 1777), selon des souvenirs de famille et des sources documentaires, le bien est resté longtemps dans sa descendance. D’abord lui a succédé son fils prénommé Jean également (1739 – 1819), marié le 21.11.1764 à Marie-Catherine MIGEAL, puis le fils de ceux-ci, Jean-Nicolas (1765 – 1830), époux de Elisabeth SCHNEIDERS ; puis les deux filles de ces derniers, qui se partagèrent l’immeuble pour en faire deux demeures : Anne-Catherine (épouse de François-Joseph DANTINE), et Marie-Catherine (épouse de Jean-Hubert FREDRICH).

La part d’Anne-Catherine a été vendue par les enfants de la propriétaire, le 28 janvier 1845, ce à Jean-Aubin MICHEL, de Stavelot, pour 4 660 frs, puis est passée plus tard en d’autres mains.

(Acte du notaire DENIS, Vielsalm)

la part de Marie-Catherine, la principale, est restée dans sa descendance jusqu’aux environs de 1950, et a été achetée par l’occupant actuel, BAILLY Jacques-Joseph, auparavant à Christine PONCELET.

L’autre bâtiment important de Burtonville est celui qu’occupe actuellement le fermier ANTOINE, locataire.

Au début du XVIIe siècle, s’établirent, à Burtonville, les frères Servais et Henri CUVELIER, originaires de Ville-du-Bois, nés respectivement en 1610 et 1613. (Ils ont respectivement 45 et 42 ans en 1655 (AEA, Hommes capables de porter les armes).
Défricheurs et travailleurs, sans doute, ils arrivèrent à constituer un bien immobilier d’importance, effectuant même la fabrication et le transport de « potasse ».

(AEA, Dénombrement de 1656)

Petits-enfants de Servais, et enfants de Jean et Catherine, Jean (1668 – 1742), Catherine (1666 – 1749) et Eve ( 1679 – 1743) se partagèrent la succession de leurs parents en 1713.

(AELUX, Cons. prov. Requête du 4.2.1719, liasse 211)

Catherine, épouse CORNESSE, de Stavelot, eut la moitié des biens, et le reste finit par aller à Eve, puis de celle-ci, célibataire, à son filleul Nicolas-Jacques CORNESSE (né en 1706) de Stavelot, puis à un fils de ce dernier, c’est-à-dire Nicolas-Denis CORNESSE.

En 1766, la propriété CORNESSE à Burtonville comprenait notamment environ 15 hectares de terres labourables et 12 de prairies. Elle était louée à un censier pour 130 écus annuels.

(AEA, Cadastre de Marie-Thérèse, tabelle 15 de Burtonville)

Le 10 avril 1810, Nicolas CORNESSE était encore propriétaire à Burtonville, puisque à cette date il est repris comme tel à une liste de contribuables de Burtonville, et avec sa cote d’imposition qui était la plus forte de celles qui frappaient les habitants de Burtonville.

(AEL, Fonds français, liasse 1191)

Vers 1820, acheta le bien Jean-Baptiste BURNAY, de Courtil-Bovigny, mais établi à Lisbonne (Portugal). Son beau-père, Mathieu BEAUPAIN, de Cierreux, assurait la gérance du bien., le louant, le 2 novembre 1823, à Godefrin MARQUET, de Rogery, pour 219,24 florins annuels. Bail renouvelé le 16 janvier 1833, moyennant 464 frs. Par an.

(Acte notaire Pierre-Joseph JACQUES, Vielsalm)

En 1835, apparaît Charles NIELLON, général français retraité à Bruxelles. Il loue la ferme pour trois ans, à raison de 600 frs. Par an. Le 24 décembre 1836, il achète le bien pour 21 164 frs. Fin 1840 déjà, la propriété de NIELLON était à vendre, par expropriation forcée.

(Journal L’écho du Luxembourg, du 2 décembre 1840, qui donne le détail des immeubles à vendre)

Acheteur : Toussaint-Joseph LAMBERT, de Hourt-Grand-Halleux, ingénieur à Gand.

(On le retrouve comme propriétaire à L’Atlas des chemins vicinaux, de Vielsalm, de 1844 (au secr. Comm. de Vielsalm))

Nouvelle vente en 1862, ce à Théodore PETY de THOSEE, président de la Cour d’appel de Liège ; il dirigeait alors lui-même, durant quelque temps, l’exploitation de la ferme.

(Archives du cadastre, Vielsalm)

En 1871, devient propriétaire, Adèle, fille de Th. PETY de THOSEE, épouse Adolphe MAILLET, d’Avenailles, et décédée en 1879. Montant de la vente : 55 000 frs.

A. MAILLET-PETY étant décédé en 1879, la propriété passe à sa fille Catherine-Julia, chanoinesse au monastère de Berlaymont. Le 25 mars 1889, cette dernière vend le bien, pour 55 000 frs. A Marie-Catherine ARRASSE (1838 – 1897), épouse TOUBON Jean-François, de Menil-Arbrefontaine.

(Archives de l’Enregistrement, Vielsalm)

La descendance de M.C. ARRASSE est toujours, actuellement, propriétaire du bien, en la personne de Mme DUSSART-GEORIS, de Vielsalm.

N.B. Sur cet immeuble, voir aussi G. REMACLE, Les destinées d’une vieille ferme, à Burtonville, dans Ardenne et Famenne, 1966, n°4.

8. Petites industries.

Le recensement des manufactures en Luxembourg, de 1766, note la présence à Burtonville d’une fabrique de potasschen (à l’aide de cendres de bois), depuis 1756.

Une seule personne, mais dont on ignore le nom, s’en occupait.

La production en était de 25 000 livres, annuellement, évaluée à 420 florins ; elle s’écoulait en Brabant, en Flandre, par transporteurs et attelages.

(AGR, Conseil des Finances, n°6439)


Brasserie. Les souvenirs ont rappelé la présence, près de la ferme ANTOINE actuelle, d’un petit bâtiment pourvu d’un ancien matériel de brasserie.
De fait, Jean CUVELIER, qui habitait l’endroit à ce moment, à fourni, en février 1687, « une tonne de bière » au curé de Salm, pour paiement à l’occasion d’un décès, de « Henri le Houri » de Burtonville.

(RP Salm, décès)

Tannerie. Le recensement des manufactures, de 1766, signale l’existence à Burtonville, depuis 1753, d’une petite tannerie, dépendant du propriétaire à ce moment – c’est-à-dire Nicolas CORNESSE, de Stavelot – de la ferme ANTOINE actuelle.

(AGR, Conseil des Finances, n°6439)

En fait, selon des documents de l’époque et certains souvenirs, le travail des cuirs, qui avait besoin d’eau, se faisait à Beaufays en des bâtiments aujourd’hui démolis et que nous avons encore vus, près de la maison TALBOT.

En 1766, la tannerie occupait 16 cuves, et tannait annuellement 6 000 livres de cuir à semelles, évaluées à 3 000 florins. Les cuirs finis étaient entreposés à Burtonville même, dans un bâtiment qui subsiste encore, en face de la ferme ANTOINE ; et, dit le document de 1766, le débit s’en faisait « partie à Francfort et partie en France » ; le transport vers ces endroits devait se faire nécessairement par attelage de chevaux.

Un moulin à tan, à moudre les écorces de chênes, se trouvait en amont de la tannerie, et depuis 1753 également. Il payait annuellement 2 florins 2 sols au comte de Salm pour le coup d’eau .
(D’après notamment document AGR, Conseil des Finances, n°6.139)

A la fin du siècle suivant, le petit bâtiment de ce moulin a été agrandi et transformé en maison d’habitation. La mouture des écorces s’est alors effectuée près de la tannerie, l’établissement d’un moulin à tan y ayant été autorisée par le Conseil communal le 22 avril 1889.

Vers 1815, la famille CORNESSE vendit ses biens de Burtonville et environs à Jean-Baptiste BURNAY, de Bovigny, gendre de Mathieu BEAUPAIN qui, de Burtonville, venait de s’établir à Cierreux. Pau après, l’existence d’une tannerie, sous le nom « d’usine » est bien signalée à Beaufays en 1839 déjà, et appartenant à la famille BEAUPAIN ; celle-ci l’exploitait encore en 1917, mais elle cessera son activité peu après.

(Des fournitures d’écorces de chêne pour fabrication de tan ont encore été effectuées en 1917 par des personnes de Ville-du-Bois et que nous avons vues travailler à l’écorçage des chênes. La tannerie payait les écorces à 11 frs les 100 kgs, à ce moment-là. Le dernier ouvrier tanneur à Beaufays a été Henri-Joseph REMACLE (né en 1859) de Ville-du-Bois.)

Les environs de Burtonville, à l’Est et au Sud, et jusque dans la partie boisée vers Beaufays, sont parsemés d’une quantité de blocs d’arkose.

Parmi eux, nous avons découvert un grand nombre, plus de septante, de meules de moulin circulaires, en arkose, à différents degrés d’achèvement, ainsi que bien des déchets du travail de taille de pierres qui ont été probablement enlevées après achèvement. Vu leur type et leurs dimensions, ces pierres ne peuvent que se rapporter à une industrie des premiers siècles de notre ère.

Dans la même région, nous avons trouvé également, gisant sur le sol, quelques petites meules ovoïdes, de même nature, et de type préhistorique.

(Cfr. G. REMACLE, Les meules en arkose de la région de Salm, dans Ardenne et Famenne, 1960)

Les hommes qui ont taillé ces pierres, en quantité, devaient certainement avoir leur habitation non loin de leur travail. Etait-ce, du moins partiellement, au site devenu Burtonville ? On l’ignore.

La fabrication de « potasse » (potaschen) a aussi occupé autrefois quelques personnes de Burtonville.

Il s’agit d’un produit provenant de cendres de bois, dont le lessivage donne ces carbonates impurs, utilisés en savonnerie, chamoisage des peaux, blanchiment, etc.

Le dénombrement de 1656 note que « Servais Couvelier » de Burtonville est « faiseur de potasse ».

(AELUX)

En 1766, le rencensement des manufactures au comté de Salm note aussi, pour Burtonville, la fabrication de potaschen, depuis 1756, pour une quantité de 2 500 livres évaluées à 420 florins, et que le débit de ce produit s’en faisait en Brabant et en Flandre.

(AGR, Conseil des Finances, n°6.139)

Nous avons vu, venus de familles de Burtonville, plusieurs blocs de pierre dite « de Prüm », de nature sableuse, creusés en forme de réservoirs et qui, de tradition, servaient de dépôt pour la potaschen ; le plus grand portait la date de 1763.

9. L’enseignement.

C’est à partir de l’application de la loi scolaire du 23 septembre 1842 que Burtonville comporta une école primaire publique ; l’administration communale de Vielsalm la créa à ce moment, ainsi qu’en d’autres sections de la commune. Auparavant, l’école la plus proche de Burtonville était à Neuville, créée par l’Administration communale de Vielsalm pour Neuville et Burtonville, à partir du 1 décembre 1828.

Instituteur désigné : MICHEL Henri-Joseph, de Neuville (né le 4 octobre 1799), au traitement mensuel de 92 florins (environ 190 francs) dont il fallait déduire 10,97 florins pour bois de chauffage de l’école.

L’école devait se tenir à partir du 1er décembre (plus tard, à partir du 15 novembre) et jusqu’au 30 juin de l’année suivante. En été, les enfants qui le désiraient, pouvaient alors fréquenter l’école de Vielsalm qui, elle, était permanente sauf en septembre.

L’application de la loi organique de l’enseignement primaire, du 23 septembre 1842, modifia sans doute quelque peu la tenue de l’école. Comme dans les autres sections de la commune, il y eut désormais à Burtonville une école primaire permanente, et communale. Elle était mixte, et tenue par un instituteur.

Voici le nom des membres du personnel enseignant de Burtonville :

- COUTURIER Antoine, de Tavigny. Epousa, en 1846, 13 juillet, Marie-Thérèse SCHMITZ, de Burtonville, et devait donc, à ce moment, résider à Burtonville depuis quelque temps déjà. Démissionna en 1848, à l’âge de 24 ans.
- COLLIN Jean-Félix, de Tavigny. Né le 20 décembre 1824. Nommé le 28 février 1848. En fonctions jusqu’à septembre 1882. Avant sa nomination, il exerçait déjà depuis trois mois, ses fonctions, provisoirement. Epousa Catherine-Joseph GABRIEL, de Burtonville, le 10 octobre 1849.
- SERVAIS Jean-François-Adolphe, de Rettigny. Nomé le 15 septembre 1882. En fonctions jusqu’à fin 1903. Décédé à Petit-Thier.
- SERVAIS Gustave. Fils du précédent. Nommé le 18 février 1906. En fonctions à Burtonville jusqu’à 1920. En fonctions temporaire au début de 1905. Parti pour Géromont-Malmedy.
- SANTKIN Léopold, de Bèche. Nommé le 27 mars 1920. Démissionna en 1923, et nommé à Bèche le 1 juin 1923.
- GERARD Gabrielle, de Wanne. Intérimaire désignée le 7 juillet 1923.
- MALCHAIRE Firmin, de Neuville. Nommé le 20 octobre 1923. Transféré à Ville-du-Bois en 1937, l’école de Burtonvile étant supprimée.

La maison d’école a été bâtie vers 1850. Auparavant, et durant quelque temps, l’ancienne maison vicariale a servi d’école, ont rapporté des souvenirs de personnes âgées.

Le 18 janvier 1848, les habitants de Burtonville désirant faire construire une salle d’école et à leurs frais, demandèrent à l’administration communale de Vielsalm de pouvoir exploiter, au profit de la dite salle d’école, la coupe ordinaire de bruyères de 1847 se trouvant dans le Grand-Bois, sur la parcelle de la section, cette coupe n’ayant pas été exploitée.

(Les notes qui précèdent sont basées notamment sur des donées des archives communales de Vielsalm, et sur des informations recueillies par nous auprès de personnes âgées de Burtonville à l’époque, dont notamment l’abbé Cél. GUILLAUME, vicaire de l’endroit.)

10. Faits divers.

En 1766, le bétail agricole de Burtonville comportait, pour les 19 ménages de la localité : 20 chevaux, 124 bêtes à cornes, 240 moutons, 18 porcs.

(AGR. Comité pour le dénombrement du Luxembourg, n°86)

Après la construction de la voie du chemin de fer Saint-Vith-Vielsalm, en service actif de 1917 à 1940, une gare exista entre Burtonville et Beaufays, et dénommée de « Burtonville ».

Après la suppression du trafic ferroviaire, à partir du 10 mai 1940, des ponts sur la voie ayant été détruits ce jour, peu à peu les déprédations au bâtiment de la gare ont fini pa la démolir.

En février 1906, des voleurs s’étant introduits en la chapelle de Burtonville, ils y enlevèrent le contenu des troncs, comme ils le firent également à Neuville.

(Journal « L’Organe de Vielsalm », 11 février 1906)

Au cours de difficultés religieuses de la fin du XVIIIe siècle, sous le régime français, un prêtre, parent de la famille se cacha en la maison de Jean-Nicolas JEUNEJEAN, actuellement maison BAILLY. Il y occupait une pièce, fermée, dont l’accès était interdit aux serviteurs de la maison.
Mais une servante, curieuse, regarda par le trou de la serrure et vit, étonnée, le « priesse » lisant son bréviaire. Elle ne résista pas à l’envie de divulguer la chose ; le prêtre dut alors chercher une autre résidence.

Il s’agit vraisemblablement de l’abbé Jonas SCHNEIDERS, ou Jean-Jacques GRITTEN, respectivement cousin et oncle d’Elisabeth SCHNEIDERS, épouse de Jean-Nicolas JEUNEJEAN.

(Souvenirs de famille)

Des traces d’une maison subsistent au Sud de Burtonville, dans le bois des « Bouchons ». Aucun recensement n’en fait mention.

On peut penser qu’il s’agit de la demeure des « Jean des Buissons » et « Léonard des Buissons » son père, signalée plusieurs fois au début du XVIe siècle aux registres de la Cour de Salm.

(AESTH, Cour de Salm)

Le 19 février 1844, Jean-Hubert FREDRICH, de Burtonville, acheta, à Nicolas ENGLEBERT, cet endroit, « place d’un vieux bâtiment avec les décombres, ainsi que les terrains y annexés d’une contenance d’environ onze ares, pour le prix de vingt francs ».

(Acte notaire DENIS, Vielsalm)

Au début de 1905, une société d’agrément se constitua à Burtonville, sous le nom de « L’aurore ».
(Organe de Vielsalm, 15 janvier 1905)

Elle a fêté joyeusement son cinquantième anniversaire en juin 1956.
(Pays de Salm, 3 juin 1956)

Le canton de Saint-Vith, auparavant était du duché de Luxembourg, ayant été annexé à l’Allemagne après 1815, un service de douanes fut établi à la nouvelle frontière.

C’est ainsi que, plus tard, un poste de douaniers exista à Burtonville. Voici quelques noms d’agents de ce poste :

En 1846 :

LEPORCQ Isidore-Joseph, 36 ans, né à Pesches le 13.6.1816.
COUNSON François-Joseph, 37 ans. Entré en 1845. Né à Vaux de Bodeux en 1809.
RAULET Jean-Baptiste, 35 ans. De 1844 à 1848. Né à Saite-Cécile en 1809.
DESOIS Théophile, 36 ans. De 1836 à 1867. Né à Sart-la-Buissière le 22.9.1819.
DUBUISSON Henri-Joseph, 45 ans. De 1843 à 1848. Né à Bonsin.
GUILLAUME François-Alexandre, 32 ans. En 1842. Né à Chantemelle en 1810.

(Registre de population de Vielsalm)

Plus tard, on relève d’autres noms :

BIOT Hubert. Etait à Burtonville en 1893.
FOGUENNE Emile, en 1900.
MACHUROT Léopold, 1901.
PETIFRERE Gustave, 1903.
CHWINNEN Jean-Pierre, 1905.
LAMBERT Jules, 1908.
ROBERT Nicolas-Joseph. 1908.
SEVRIN Alphonse, 1911.
LACHENAL François, 1911.
NEYENS Joseph, 1914.
WINKIN Camille, 1915.
DERNIVOY Aimé, 1917.
KOOP Henri-Joseph, 1920.
HUBERT Alphonse, 1923.

Après la guerre de 1914-1918 et le déplacement de la frontière à l’Est, le poste de douaniers de Burtonville a été supprimé.

(Registre de fréquentation scolaire de Burtonville, qui donne le nom des parents dont les enfants fréquentaient l’école du lieu)

11. Les noms de lieux.

Beurtonvèye
O mayârt sârt
O grand prî
Drî lès rowales
O pachis
O l’acin
O l’raspaye
O l’bayâde
Divant l’bwès
Drî mon blâse
Tchan mitchî
Vôye dès grands prîs
Prî Dumont
Ozès longs sârts
Dizo l’fayi
O l’fagne
A bwès Vincent
Tère do sègneûr
Noû tchan
Dizo lès hèsses
Prî r’bâ
A mon Yanne
Ozès èreus
Prî Bosquèye
Vôye di Saint-Vé
Vôye di C’mansteur
Vôye di Rodj’rî
A laguès’prï
Drî lès rowales
O pachis
A mo Mitchî
Tchan grand Henri
Tchan dès cènes
A l crû tchan Pîre
Tchan Maintelette
A sainfoin
Prî do maire
Azès trôs d’sâvion

(D’après le langage local)


Gaston REMACLE

dimanche 1 novembre 2009

Au pays de Salm. Les destinées d’une vieille ferme, à Burtonville.

(publié dans Ardenne et Famenne, 1966, n°4, pp.195-201)





Cette maison bâtie, à la fin du XVIIe siècle, sur une partie de la propriété CUVELIER en face du bâtiment principal de la ferme CUVELIER, à Burtonville. Elle a été occupée et possédée pendant plusieurs générations par la famille COMTÉ. Le nom de Comté s’établit à Burtonville avec Jean Comté, de Vielsalm, qui épousa, vers 1710, Jeanne CUBELIER de Burtonville (née en 1691), fille de Servais (né en 1660, à Burtonville). Pour l’époque de sa construction, c’était un bâtiment fort ample, comme on peut encore s’en rendre compte aujourd’hui. On remarque, au centre, le chartil, pour l’entrée de l’étable et de la grange ; puis, à droite, la bergerie (dont la porte en plein cintre a été obturée). Cette façade est orientée vers l’est ; le pignon, à gauche de la photographie vers le sud (n°5 sur le plan).

Il y a trois siècles, la vie agricole de la région de Salm ne comportait pas, à vrai dire, d’exploitation en fermage complet. Chaque famille s’efforçait d’avoir son petit bien, auquel elle ajoutait parfois, en location, l’une ou l’autre parcelle reprise d’un autre terrien plus fortuné ; mais une exploitation complètement affermée ne se rencontrait pas à cette époque.

Il faut arriver au dix-huitième siècle pour voir se constituer quelque rare exploitation complètement en faire-valoir indirect. Marque et conséquence de l’évolution de la vie économique.

De ces exploitations d’un genre nouveau, j’en vois cinq : à Hermanmont, l’ancienne ferme seigneuriale (affermée à partir du 3 avril 1724 à Gérard CUVELIER de Ville-du-Bois, pour 70 écus annuels) ; à Priesmont (après le décès de Michel JACOB, mayeur de Salm, en 1747, et de son épouse. Locataire : Henri BONTEMPS, puis ses enfants) ; à Commanster (après le décès de Henri-François BAPTISTE, en 1762, et de son épouse Pétronille SCHEURETTE, en 1778) ; à Cierreux (vers 1765. Il y a un « censier », Henri DESSY, en 1766, d’origine étrangère à la région) ; et à Burtonville.
C’est de cette dernière que nous allons parler. Elle est précisément la plus ancienne que nous connaissions de la région.



BURTONVILLE: Dessin des bâtiments, d'après un plan cadastral de 1844. État à peu près semblable à celui d'aujourd'hui.

  1. Bâtiment principal, désigné en 1766 comme étant une maison «servante de quartier de maître».
  2. «Quartier séparé pour le censier» en 1766, avec ses remises annexes.
  3. Écuries et granges.
  4. Bâtiments ayant servi de tannerie.
  5. Maison bâtie sur la propriété CUVELIER au XVIIe siècle.

Il s’agit de la ferme occupée actuellement par M. François ANTOINE. Son caractère exceptionnel dans le passé vient encore du fait qu’elle disposait, il y a deux cents ans déjà, d’une superficie fort supérieure aux autres exploitations agricoles de Burtonville et des villages voisins ; depuis plus de deux siècles, elle a été presque constamment exploitée en location.

Le cadastre de Marie-Thérèse, de 1766, nous apprend qu’à ce moment le bien immobilier le plus important de Burtonville était possédé par « Nicolas Jacques Cornesse demeurant à Stavelot, et Nicolas Cornesse son fils Conseiller [du Prince-Abbé] au dit Stavelot tant pour lui que ses sœurs héritiers d’Eve Cuvelier ».

À s’en tenir à ce texte de 1766, le bien en question est donc venu aux CORNESSE, de Stavelot, par héritage des CUVELIER.

Effectivement, comme nous l’apprennent d’autres documents. Nicolas-Jacques CORNESSE (né à Stavelot le 20 avril 1706) était fils de Catherine CUVELIER originaire de Burtonville, celle-ci ayant une sœur, Eve, restée célibataire, marraine du dit Nicolas-Jacques, et décédée à Stavelot, le 20 juin 1743. Catherine et Eve CUVELIER sont nées à Burtonville, filles de Jean CUVELIER et Catherine, respectivement les 14 février 1666 et 5 décembre 1679.

Quelle est cette famille CUVELIER ? Elle s’est installée à Burtonville au début du XVIIe siècle, vers 1615, avec les deux frères Servais et Henri CUVELIER, originaires de Ville-du-Bois, où la famille CUVELIER existait déjà en 1561 avec « Servais le Cuvelier ».

Défricheurs et travailleurs, sans doute, les deux frères arrivèrent vite à une certaine aisance, c’est-à-dire, pour l’époque, à la possession d’un bien immobilier d’importance. Ils s’adonnaient même à un certain commerce puisque Servais était reconnu, il y a trois cents ans, comme « faiseur de potasse », produit très recherché à ce moment et dont la fabrication supposait également du transport par attelage, parfois à longue distance. On fabriqua même, dans la famille, de la bière en quantité relativement importante.

Aussi n’est-on pas étonné de voir, aux deux générations suivantes, un Jean CUVELIER de Burtonville (1668 – 1742), « eschevin des Cour et Justice de Salm, et controlleur de Son Excellence notre seigneur le Comte ». Il est mentionné comme « sieur », ou « honoré », tandis que sa sœur Eve est « demoiselle », que la famille CORNESSE de Stavelot vient chez CUVELIER choisir une épouse, et qu’un fils, Pierre, devient prêtre. La famille a donc acquis du relief et bonne considération.
C’est alors que la famille CUVELIER commence à prendre fermier pour travailler son bien.

C’est en 1713 qu’eut lieu le partage de la succession des feux parents de Jean, Catherine et Eve CUVELIER ; Selon les accords contenus audit partage présenté en justice de Salm, Nicolas CORNESSE héritait de la moitié des biens, l’autre moitié allant à son beau-frère Jean CUVELIER.
Fin mai 1718, un censier fut établi conjointement par ces deux propriétaires sur les biens en question, chacun pour moitié.

(AELUX, Cons. prov. requêtes, liasse 211. Requête de Jean CUVELIER au sujet de la taille de la communauté de Burtonville)

Plus tard, Nicolas-Jacques, fils de Nicolas CORNESSE et neveu de Jean CUVELIER resté célibataire, hérita encore d’une autre partie des anciens biens CUVELIER.
En 1766, il louait le tout à un censier pour 130 écus annuels.
En 1766, la propriété CORNESSE à Burtonville comprenait : en terres labourables, 65 journaux, 40 (le journal = 21 a., 795), en terres sartables, 15 j. 22 ; jardins et vergers, 3 j. 10 ; 11 prairies de 40 j. 04 ; un enclos de 16 j. 90 ; 2 étangs de 12 verges ; une fange à tourbe de 9 j. ; une ùaison « servante de quartier de maître, un quartier séparé pour le censier avec granges, écuries, bergeries, boulangerie et dépendances ; un moulin à briser les écorces, une usinne à l’huille dans le même moulin ; une tannerie avec un petit bâtiment servant à appretter les cuirs, la dite tannerie contenante une détremperie et vingt cuves ».

Il est très probable que l’installation de la tannerie est due aux CORNESSE qui, étant mêlés, à Stavelot, à l’industrie du cuir qui y était florissante, auront tenté d’en appliquer les procédés sur leur bien de Burtonville.
Nicolas CORNESSE intervint dans diverses affaires concernant des communautés du pays de Salm. Les habitants e Burtonville lui empruntèrent 964 écus, 2 escalins, au moment des procès que soutenaient les manants de Salm contre leur seigneur. Il aida la communauté de Ville-du-Bois à acquérir un presbytère pour le vicariat nouvellement constitué en cette localité en 1767. Une messe fondée est toujours célébrée actuellement chaque année à Ville-du-Bois pour ledit Nicolas CORNESSE et son épouse Catherine GILSON.


En 1806, la famille CORNESSE possédait toujours ses propriétés à Burtonville, avec Nicolas-Denis CORNESSE (fils de Nicolas-Jacques). Ce bien foncier avait gardé son importance relative, à en juger par le montant de l’impôt foncier dont il était chargé, c’est-à-dire 100,73 F., et qui était de loin le plus élevé de ceux qui grevaient les propriétaires de Burtonville.
Les autres propriétaires les plus frappés par l’impôt foncier étaient ensuite : Jean JEUNEJEAN (frs 75,3), veuve COMTÉ (30,25), Mathieu BEAUPAIN (30,10), etc.

Nicolas CORNESSE était encore propriétaire à Burtonville le 10 avril 1810, puisque à cette époque il est repris comme tel à une liste de contribuables, et avec sa cote d’imposition qui est la plus considérable de celles qui frappaient les habitants de Burtonville.
C’est avant 1821 que tout son bien passa à Jean-Baptiste BURNAY, originaire de Courtil-Bovigny.
Un requête du 13 juillet 1821 de Mathieu BEAUPAIN, beau-père de BURNAY, ainsi que d’autres documents du même moment, concernant un élément des biens CORNESSE c’est-à-dire le moulin à tan de Beaufays, et comme ayant appartenu à Jean-Baptiste BURNAY.
Ce moulin à tan, « qui a cessé de tourner » à cette date, est sans nul doute le « moulin à brisser les écorces, une uisinne à l’huille dans le même moulin » signalé en 1766, comme appartenant aux CORNESSE de Burtonville. Quant à « l’uisinne à l’huille » en question, ce ne peut être, vu son emplacement, que l’ancien pressoir d’huile cédé le 20 avril 1748 par la communauté de Ville-du-Bois, au sieur Eric-Adolphe RUTH de Vielsalm. CORNESSE aura donc acheté à RUTH, ce pressoir entre 1748 et 1766, puis annexé à ce petit bâtiment un moulin à tan destiné à alimenter sa petite tannerie de Burtonville.

( Ces documents concernent le projet, par Mathieu BEAUPAIN, de transformer le moulin à tan en moulin à farine ; au lieu d’un moulin à farine, c’est une tannerie qu’on trouve à cet endroit peu après, et jusqu’en 1912, exploitée par la famille BEAUPAIN. (AEA, Usines et ateliers, Vielsalm))

Devenu propriétaire à Burtonville, Jean-Baptiste BURNAY, en son absence du pays, laissait gérer ce bien par un membre de la famille BEAUPAIN, comme, après lui, bien des membres de sa famille.

BURNAY avait épousé à Bovigny, en 1809, Marie-Anne BEAUPAIN, fille de Mathieu BEAUPAIN qui avait quitté Burtonville quelques années auparavant pour s’établir à Cierreux-Bovigny. BEAUPAIN s’occupait d’activités commerciales. Notons particulièrement qu’au début du siècle il avait effectué divers achats d’immeubles provenant des biens séquestrés du comté de Salm, dont le moulin de Cierreux en 1808 et des étendues boisées.
Le gendre BURNAY avait les mêmes préoccupations ; elles le conduisirent, assez vite après son mariage, à s’établir à Lisbonne (Portugal).
Le 2 novembre 1823, Mathieu BEAUPAIN louait, pour compte de son gendre, le bien venu des CORNESSE, en fermage. Preneur, Godefrin MARQUET et son épouse Marie-Catherine COUNET, de Rogery, pour 3, 6, 9 ans, à raison de 219 florins 24 cents annuels. Bail renouvelé au même reneur le 16 janvier 1833, moyennant 464 frs. par an.

En 1835, apparaît Charles NIELLON, général retraité, domicilié à Bruxelles. Le 28 octobre, il loue le corps de ferme, pour trois années, à raison de 600 frs. par an… et la promesse d’acheter la propriété au prix de 21 164 frs. La vente est finalement réalisée à ce prix, par acte du 24 décembre 1836. À ce moment, NIELLON est bien établi à Burtonville, et Jean-Baptiste BURNAY est toujours à Lisbonne.

À relever que le même 24 décembre Charles NIELLON faisait son testament, ainsi que son épouse, TORRIS Louise-Amélie-Marie-Charlotte-Christine.

Quelques mots au sujet de ce personnage.

NIELLON est né à Strasbourg en 1795. Il fit les campagnes napoléoniennes sous divers grades. Après 1815, il se retira en Belgique. En 1830, il intervint dans les événements militaires de la révolution belge, et il finit par mériter le grade de général de brigade. Il se retira à Burtonville d’abord, puis à Laeken où il est décédé le 26 février 1871. Lors de son séjour à Burtonville, il avait accepté la grande naturalisation à lui conférée par sanction royale du 16 mars 1837.
Un fils lui est né à Burtonville, Alexandre, le 22 avril 1837, dont la mère était Louise-Christine-Amélie-Marie-Charlotte FORRIS.
D’après le journal L’Echo du Luxembourg du 2 décembre 1840, toute la propriété de NIELLON était à vendre, ce par expropriation forcée, à la requête de M. Edouard DEVYLDER, rue de l’Ecuyer Bruxelles, et à l’audience publique des criées du tribunal de Marche. Le journal donne le détail des immeubles à vendre.

Vendu en 1840, l’ancien bien des CUVELIER est alors possédé par Toussaint-Joseph LAMBERT, ingénieur à Gand. Celui-ci n’est pas un inconnu dans le pays, étant né à Hourt (Grand-Halleux) d’une ancienne famille locale. Il était frères de Guillaume LAMBERT qui fut professeur renommé à l’Université de Louvain.

Ce fut un autre frère de Toussaint, c’est-à-dire Pierre-Joseph, qui jusqu’en 1847, s’occupa de la ferme, puis le fermage passa en d’autres mains.
Pierre-Joseph LAMBERT alla s’installer dans un bâtiment agricole venant d’être érigé (dit actuellement « Ferme du Bois Lemaire ») au bord de la nouvelle route de l’État construite en 1846 entre Vielsalm et Grand-Halleux.

En 1862, Toussaint LAMBERT vendit sa propriété de Burtonville ) Théodore PETY de THOSÉE, président de la Cour d’appel de Liège. Celui-ci y dirigea lui-même, durant quelque temps, l’exploitation de la ferme, après le départ du fermier Hubert PIERRE dont le cheptel comprenait notamment, à son départ, 120 moutons gras, 60 brebis ; 30 agneaux, et 20 agneaux-moutons.

Le 25 mars 1889, Catherine-Julia MAILLET, petite-fille de Th. PETY, chanoinesse au monastère de Berlaymont, revendit le bien à Marie-Joséphine ARRASSE, veuve TOUBON, de Menil-Arbrefontaine, pour 55 000 F. (Not. DOUNY).
Marie-Joséphine ARRASSE est née le 17 septembre 1838 à Farnières (Grand-Halleux). Elle était le onzième et dernier enfant de Pierre-Joseph ARRASSE, époux en premières noces (le 16.9.1804), de Marie-Elisabeth PIERRE d’Ennal, et en deuxième noces, le 19 janvier 1820, de Marie-Joseph LANDURCY de Farnières.
Son frères Guillaume-Joseph, né le 4 octobre 1808, fit des études universitaires sous l’influence de je ne sais quel personnage, et il devint ingénieur civil. Il est décédé en octobre 1884 à Bruxelles.

Voici ce qu’en écrivait le journal « L’Annonce de Stavelot » du 28 février 1886 :

« M. ARRASSE, né à Grand-Halleux, était ingénieur en chef de la Compagnie du Grand Luxembourg lorsque survint la déconfiture de l’entrepreneur des plus importantes sections de la ligne. La Compagnie remit le marché à M. ARRASSE, qui fut remplacé comme ingénieur par M. WILLIEN, aujourd’hui directeur gérant du chemin de fer ¨rince Henri à Luxembourg. M. ARRASSE acheva la construction de la ligne de Namur à Luxembourg et de la ligne Arlon à Longwy ; puis il entreprit la construction de la ligne de l’Ourthe de Marloye à Liège. Ses entreprises réussirent et sa fortune se trouva fort agrandie par les placements qu’il fit à l’époque de la guerre de 1870. Peu après, il se retira des affaires et acheta la maison de la place de l’Industrie où il vécut avec trois de ses nièces ; l’une qui a épousé un chef de station de l’État, M. COLLIGNON ; l’autre, M. DELCOMMUNE ; la troisième est célibataire et a hérité de la maison susdite. La fortune de M. ARRASSE a été répartie en dix parts inégales entre ses frères, neveux et nièces ».


Lors du règlement de la succession de Guillaume ARRASSE, un procès eut lieu au sujet de détournements qui auraient été commis au préjudice de certains héritiers. Le journal « L’Echo du Luxembourg » du premier semestre 1886 en donne la relation.
C’est avec sa part d’héritage que Marie-Joséphine ARRASSE effectua divers achats de biens immobiliers, dont l’ancienne exploitation CUVELIER-CORNESSE à Burtonville ; également, le 11 juin 1889, l’exploitation voisine dite actuellement « ferme Herman » et possédée à l’époque par Marie MAILLET, petite-fille de TH. PETY de THOSÉE. Marie-Joséphine fit également construire la belle maison de Menil-Arbrefontaine, occupée actuellement encore par son petit-fils Emile TOUBON.

Cette famille en est toujours propriétaire actuellement.

Peu après l’achat effectué par Théodore PETY, un incendie s’était déclaré dans le bâtiment le25 mai 1862. Les écuries avaient été brûlées ainsi qu’une partie de leur contenu ; la perte avait été évaluée à ce moment de 18 à 20 000 francs.

Depuis longtemps donc, la propriété est exploitée en fermage.
On relève, en 1680 déjà, du temps de la famille CUVELIER, comme fermiers, les époux Mathieu et Elisabeth. Puis, vers 1720, Jean THOMAS, de Géromont, époux de Catherine ; en 1766, Hubert LEGAYE et sa famille (il quitta peu après pour s’installer à Taillis-Bèche, où il avait acheté un petit bien en 1768) ; plus tard, Jean BODEUX, époux d’Anne-Catherine BURTON.

On a vu ci-dessus que le cadastre de 1766 signale « un quartier séparé pour le censier ». cette présence de deux corps de logis s’est maintenue jusqu’en janvier 1945.
La ferme est actuellement exploitée par M. Fr. ANTOINE, y succédant à son beau-père Alphonse LAMBERT, ce dernier succédant lui-même à son beau-père Henri LONGFAYE ; le bail de H. LONGFAYE avait commencé en 1917.

Au cours des derniers combats de l’offensive des Ardennes et du retour de l’armée américaine, fin janvier 1945, les bâtiments de la ferme ont été la proie d’un gigantesque incendie. Septante personnes, qui y avaient trouvé refuge, durent fuir pendant que crépitaient les flammes et la fusillade. Aucune ne fut blessée mortellement, cependant tout le bétail périt.

La restauration, entreprise assez rapidement, est complète.



La ferme exploitée par M. Fr. ANTOINE, complètement reconstruite, après sa destruction lors de l’Offensive des Ardennes en janvier 1945, à peu près comme elle était avant le sinistre (n°1 sur le plan). À l’intérieur di bâtiment, tout le long du mur de façade (qui figure sur la photo), court un grand corridor dans lequel s’ouvrent les pièces d’habitation, celles-ci ayant leurs fenêtres au sud, de l’autre côté du bâtiment. C’est ce bâtiment qui, au cadastre de 1766, est désigné comme « servante de quartier de maître ». pendant longtemps au siècle dernier, et jusqu’en 1919, des douaniers y ont habité en locataires, Burtonville ayant alors un poste de douanes (jusqu’au déplacement de la frontière belgo-allemande).

À remarquer qu’avant le raccordement de l’endroit à la conduite d’eau communale, il n’y a pas dix ans, l’eau du lieu-dit Laguespré et celle d’une autre source était amenée abondamment à la ferme par un bief artificiel, toujours visible, d’environ 500 mètres. Ce bief pouvait fournir un courant d’eau suffisant pour tous les besoins de la ferme, même pour alimenter et actionner la petite tannerie des CORNESSE. Celle-ci se trouvait dans les très vieux bâtiments, toujours visibles, situés en face de la ferme.



Bâtiment fort ancien, en face et en dessous du bâtiment principal de la ferme. C’est là notamment qu’ont été effectuées des opérations de tannerie. Il fait toujours partie de l’ensemble des biens occupés par le fermier, M. François ANTOINE, sauf l’extrémité de droite qui a été aménagée en corps de logis (n°4 sur le plan).


Les bâtiments, remis à neuf il y a peu, ont maintenant pris figure nouvelle. Et sous l’impulsion du fermier actuel, progressiste, la vieille ferme des CUVELIER et des CORNESSE constitue encore, pour longtemps, au pays de Salm, une des belles « figures » de son activité.

SOURCES :
AEA et AESTH : Actes de la Cour de Salm ; Tabelles cadastrales de 1766.
AEL : Fonds français (dont liasse 1191).
AELUX : Dénombrements des feux, 1656 et autres.
AGR : Dénombrements de 1766 et autres.
Anciens registres paroissiaux de Salm et de Stavelot.
Actes du notaire JACQUES à Vielsalm.
AC Vielsalm : état-civil ; registres de population ; atlas des communications vicinales ; délibérations du Conseil communal.
Journal L’Annonce de Stavelot.
G. REMACLE, Vielsalm et ses environs, Vielsalm, 1957.
Sur Ch. NIELLON, divers ouvrages et notes. Citons seulement : H. DESPETER, 1830, Grandes figures, Bruxelles, VANDERLINDEN, sans date.
Sur la descendance de Jean-Baptiste BURNAY, voir Le parchemin, 7e série, mars 1960, n°58, pp.46-47. Son petit-fils, Henri, fut créé comte de BURNAY en 1888 par le roi Louis Ier de Portugal.


Gaston REMACLE

_____________________________

Ndlr:

Avec les ajouts et corrections de G.REMACLE.