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lundi 2 novembre 2009

Greffiers.

Les archives nous ont signalé les noms suivants :

Henry « Le Ruoy », originaire de Stavelot, cité en 1539.

Nicolas « de Lembourg », cité en 1553 à un record de justice.

Denys « de Rettigny », décédé un peu avant 1599, originaire de Rettigny, habita Vielsalm.

Evrard « de Bastogne », (originaire de Bastogne). Résidait à Vielsalm. Cité comme greffier en 1589 et 1591.

George WIROTTE. Petit-fils de Henri WIROTTE de Goronne. Epousa le 17 septembre 1600, Erinne BELLEVAUX de Vielsalm. Habitait une maison remplacée actuellement par la maison DE POTTER. Cité comme clerc juré en 1600 et jusqu'à son décès entre 1628 et 1630.

Jean RUTH, originaire des environs de Visé. Epoux de Anne EISDEN, fille du haut-officier Gérard EYSDEN) dont il a eu au moins 11 enfants baptisés à Salm. Est cité comme greffier en 1639 et encore en 1659. Il devint toutefois, vers 1650, baillif ou officier du comté de Manderscheid Kayll. (parrain de Erich-Adolphe FOCCART)

Gérard RUTH. Fils de Jean RUTH, qui précède. Né à Salm le 30 mars 1642. Epousa, le 27 juin 1676, Marie-Gertrude HALL (fille de Guillaume HALL, haut-officier du comté de Salm), dont il eut 15 enfants baptisés à Salm. Devint aussi échevin et greffier du comté de Manderscheid. Cité comme greffier de Salm en 1670 et 1696. Décédé le 8 avril 1712 à Vielsalm, son épouse le 20 juin 1697.

De 1659 à 1679, Jean REMACLE de Ville-du-Bois, échevin, remplit à peu près constamment les fonctions de vice-greffier ou « substitut greffier » du comté de Salm, vraisemblablement du fait que Jean et Gérard RUTH ne pouvaient exercer leurs fonctions à la fois à Salm et à Manderscheid.

Eric-Adolphe RUTH. Fils de Gérard RUTH précité. Cité comme greffier en 1718. Cité également dès 1726 et jusqu'à son décès le 2 mars 1762, comme haut-officier du comté. A exercé aussi, durant plusieurs années, les fonctions de prévôt et de receveur.

Jean LEONARDY. Cité comme greffier en 1715 et 1721. Est signalé à son décès, le 5 juillet 1721, comme « greffier et recepveur de ce comté ».

Gérard-Lambert HONVELEZ. Né le 25 septembre 1698 à Vielsalm. Beau-frère d'Eric-Adolphe RUTH précité, et demi-frère de Jean BERTHOLET, jésuite et historien du Luxembourg. Epousa Anne-Marie KESLER, de SaintVith, le 29 août 1729. Est décédé le 20 janvier 1747 à Vielsalm. Cité comme greffier en 1729 et 'jusqu'à vers 1737. Exerce les fonctions de notaire déjà en 1734.

Jean-Guillaume HENNUY. Cité comme greffier de 1737 à 1747. Né à Stoumont le 12 mai 1706. Est décédé à Bihain le 22 décembre 1759. Exerçait en même temps les fonctions de receveur du comté. Est signalé par après comme « seigneur de Bihain receveur et haut gruier des domaines au département de Bastogne, et ci-devant collecteur des sujets du comté de Salm ». Il avait épousé en premières noces, le 2 septembre 1737, Anne Thérèse OTTE († 4-1-1740, sœur de Jean-Bernard OTTE, mayeur du comté) ; en deuxième noces, le 9 janvier 1741, Jeanne-Elisabeth PIERREZ de Vielsalm (née le 28-3-1705), fille de Eric-François PIERREZ, seigneur de Bihain.

Jean-Pierre GENGER. Désigné le 1 octobre 1747. Le 20 septembre 1765, a été révoqué de ses fonctions de greffier et de contrôleur des eaux et forêts du comté de Salm, par le comte Sigismond. Est signalé comme étant originaire de « Konigswinter, païs de Cologne ». Avait épousé Françoise-Elisabeth SCHORN.

(CS 1762-1768/288-289)


Vers 1753, Henri-François MOYSE de Rencheux, échevin, a exercé durant quelque temps les fonctions de « greffier substitut ».

Jean-Louis RAPHAEL, de Vielsalm, notaire. Greffier de juillet 1781 à fin 1782.

Jean-Bernard OTTE, de Vielsalm. Mayeur et receveur du comté. A exercé les fonctions de greffier à partir de 1783.

Après quelques années, des difficultés ont sans doute surgi au sujet de ces fonctions, car le 22 novembre 1788 J.B. OTTE produisit la déclaration suivante, enregistrée par la Cour le 24 novembre :

« Je sousigné déclare de ne consentir en manière quelconcque a renoncer a
l'office de clerc du comté de salm. Je proteste au contraire bien formellement
contre la destitution de cet emploi, me réservant bien expressément, pour
plusieurs bonnes raisons de faire valoir a cet égard mes droits en tems et lieu,
la, et ainsi qu'il apartiendra, demandant que la présente soit insérée au
registre servant aux oeuvres et transports de la haute justice du dit comté, et
acte attestatoire de l'enregistrement de ma présente protestation, au moien de
laquelle, je déclare de ne diminuer aucunement aux droits dont il s'agit, quand
même par condescendance je laisserois faire les devoirs par un autre, sans
m'être préalablement pourvu, en Justice. Fait Vielsalm le 22 9bre. Est signé
J.E. Otte.
»


(CS 1788/227-228)

Charles-Denis-Chrétien BAUJOZ, haut-officier et receveur du comté. Est cité également comme greffier déjà en 1788 et encore en 1790.

(AEA, Pièces consignées, inventaire BOURGUIGNON)

Ndlr :

Avec les ajouts et corrections de G. REMACLE.

samedi 1 août 2009

Anciennes maisons de Vielsalm. (2)

(publié dans Pays de Salm, le 27 février 1966)

parlons aujourd’hui d’une autre maison, toute remplie de bien des souvenirs de Vielsalm si elle pouvait nous les exprimer.
Certes, son aspect n’est plus celui de sa jeunesse ; elle a été amplement complétée, aménagée aussi pour des fins nouvelles, et même sa façade a changé d’allure. Toutefois, il lui demeure certaines portions chargées d’ans.
Il s’agit de l’école St-Joseph.

En 1637 ou un peu avant, s’installe à Vielsalm Jean RUTH. Encore un étranger au pays. Il devient greffier du comté, et le premier acte rédigé de son écriture – mais quelle écriture, indéchiffrable à première vue ! – est du 30 novembre 1637.
Un document dira de lui, un peu plus tard : « estranger ny at grands moyens, vive honnestement de sa charge ».
Où s’est-il installé car, depuis 1636 la moitié de la localité est en ruines à la suite d’un vaste incendie allumé par des troupes hollandaises.
Bientôt, il effectue plusieurs achats, en 1643, 1651, de parts de maisons, à Jean MIDO, à Jean le CHARLIER, à Balthasar ROBERT… ; toutes se situent à l’endroit de l’actuelle école St-Joseph.
Jean fait alors, sans doute, table rase de ces constructions et, en 1656 déjà, il a « une maison bastie par le même greffier située sur le marché à la Vielsalm ».
Peu auparavant, il a épousé Anne, fille de Gérard d’EYSDEN, haut-officier du comté de Salm, dont il aura 11 enfants, à partir de 1641.il devient aussi, après quelque temps, officier du comté de Manderscheid Kayl.

Il vivait encore le 31 janvier 1661, date de son second mariage à Salm.

Gérard, son premier fils, né en 1642, lui succéda dans les fonctions de greffier de Salm, déjà en 1670.
Lui aussi, comme son père, rechercha une alliance qui pouvait le pousser loin. Il fixa son choix sur une fille du haut-officier de Salm à ce moment, c’est-à-dire Marie Gertrude fille de Guillaume HALL.
15 enfants naquirent de ce mariage, tous baptisés à Vielsalm. Ainsi habitée, la maison RUTH devait certes bourdonner comme une ruche et avoir déjà une certaine ampleur.
Génération suivante. Les enfants de Gérard RUTH se sont peu à peu dispersés. La maison de Vielsalm devient, en indivision, propriété de trois d’entre eux : Eric Adolphe, Jeanne Elisabeth, célibataire et Isabelle décédée vers 1750.
Depuis longtemps déjà, la propriété joignant la maison est constituée.
Elle s’étend depuis le « marché jusqu’au sentier qui va derrier la maison de Belveaux » (la dite maison BELVEAUX est à l’origine des bâtiments groupant les demeures actuelles de MM. LEROT et GODFRAIND).
Il faut s’arrêter un peu ici à Eric Adolphe, personnage dont l’activité a marqué fortement la vie du comté de Salm durant une partie du 18e siècle.

Il est né en 1693. il épousa, le 29 septembre 1738, sa voisine Marguerite HONVELEZ dont il eut un fils et une fille.
Fils et petit-fils de greffiers de Salm, petit-fils et arrière-petit-fils de haut-officier de Salm, filleul aussi d’un autre haut-officier, Eric Adolphe FOCCART (le prénom Eric Adolphe imitait celui du comte de Salm Eric Adolphe, décédé en 1673), le jeune RUTH se trouvait ainsi placé à l’entrée de la vie sur une voie que l’on devine. Rien d’étonnant donc de le voir devenir échevin de Salm, greffier, puis haut-officier même après son parrain, de 1726 à son décès en 1762. on lui reconnaissait un beau talent de parole et d’écriture, qu’appréciait son seigneur.
De sa maison, au haut du « marché » à Vielsalm, Eric-Adolphe orientait et commandait les destinées du comté de Salm. Ce ne fut pas sans heurts et sans diversité. C’est l’époque des grands procès des sujets de Salm contre leur seigneur, et le passage aussi de troupes étrangères à plusieurs reprises. RUTH joua ici un rôle un peu particulier dont nous avons conté ailleurs (voir l’ouvrage « Vielsalm et ses environs ») quelques péripéties, et vous y renvoyons.
Aucun des enfants d’Eric Adolphe ne reprit la maison paternelle, d’ailleurs en indivision. Le fils, Gérard Joseph, quitta Vielsalm pour passer à Luxembourg et, homme de loi, y devint secrétaire du Conseil provincial de justice.
Signalons en passant ce détail, en digression. A Luxembourg, le petit-fils de Gérard Joseph, c’est-à-dire Antoine RUTH (né en 1802), docteur en droit, fut condamné à mort, par contumace, par la Cour d’Assises du Grand-Duché le 6 février 1833, parce qu’il s’était rallié au Gouvernement de Bruxelles de 1830. il fut cependant amnistié peu après, devint procureur du Roi à Neufchâteau, puis de 1844 à 1849, professeur de droit civil à l’Université de Liège. Il mourut du choléra en 1849.

A Vielsalm, le 3 avril 1767, l’un des indivisaires, Jeanne Elisabeth, sœur d’Eric Adolphe, fit donation de sa part à sa nièce Marie Jeanne HARTER, veuve LAMBERTY (dont la mère était Marie Gertrude RUTH, sœur de Jeanne Elisabeth. Devenue veuve, M.J. HARTER, dont le mari était officier de Cronenbourg, était revenue à Vielsalm avec ses quatre enfants.
Possédant désormais le tiers de la maison qui nous intéresse ici, sa famille finit par en avoir la totale propriété. Et le fils Jean Christophe LAMBERTY est bien « possesseur de la maison de feu Monsieur l’officier RUTH », dit un document de 1789. toutefois, une pierre toujours visible au mur de façade (au-dessus du calvaire) porte l’inscription « C.L. 1777 »).

Jean Chrisptophe, lui aussi, n’est pas le premier venu. Né en 1743, décédé en 1809. juriste. Prévôt du comté de Salm de 1780 jusqu’à la fin du comté. Mayeur de Gouvy nommé par le comte Sigismond le 20 octobre 1779. premier maire de la commune de Vielsalm ( sa pierre tombale est encastrée dans le mur d’enceinte de l’église de Vielsalm).

Il mourut après une maladie de six jours. Il avait épousé, le 4 août 1772, Catherine Thérèse OTTE, fille de Jean Bernard OTTE, mayeur de Salm. Neuf enfants.

Après 1809, Jean François Noël, fils de Jean Christophe, continua d’habiter au même endroit, finalement avec sa fille Philippine jusqu’en 1853.
A partir de ce moment, la famille abandonne sa résidence et la maison va bientôt prendre une autre destination.



En 1854, c’est le moment de la création de la chasse à courre à Vielsalm. Le comte de CORNELISSEM, venant de Spa, hébergeant sa petite meute et ses chevaux depuis quelques mois dans la maison « Sépult », les transféra à l’ancienne maison RUTH. CORNELISSEM, lui, n’y résidera qu’en pied-à-terre, mais non certains membres de son personnel.





Cela dura jusqu’en 1860, quand une demoiselle LAMBERTY, restée propriétaire de l’immeuble, le légua aux religieuses de la Providence qui y installèrent une école pour filles en 1862.








Désormais, la vieille maison, qui peu à peu subira une toilette nouvelle et des agrandissements, servira à des fins scolaires.
En 1909, les religieuses bâtirent le « Pensionnat du Sacré-Cœur » que l’on connaît. Les bâtiments « sur le marché » furent cédés à des religieux allemands qui y établirent un pensionnat. (L’école libre des filles continua de trouver place dans le bâtiment, sauf une petite interruption en 1909 et 1910)
La fin de la guerre de 1914-1918 amena le départ des religieux allemands et le bâtiment fut repris par les œuvres scolaires paroissiales de Vielsalm. C’est donc l’actuelle école St-Joseph, où l’école libre des garçons a rejoint celle des filles en septembre 1919.
Encore un détail.
La propriété créée il y a trois siècles par Jean RUTH est restée, à vrai dire, intacte. Elle s’étend toujours depuis la place du « marché jusqu’à la ruelle derrière la maison Bellevaux ».

Gaston REMACLE