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dimanche 30 août 2009

Les secrétaires communaux de Vielsalm.

(publié dans L’Annonce de Vielsalm le 4 juin 1976)

C’est en vertu des dispositions de la loi du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800) qu’a été créée la commune de Vielsalm.
Celle-ci a-t-elle disposé dès ce moment d’un fonctionnaire chargé spécialement des écritures et ce qui peut s’appeler un secrétaire ?
Le budget communal de 1809 et celui des années voisines prévoyait bien une dépense pour le traitement d’un secrétaire de mairie.

En 1809, 150F. ; 150 en 1813 ; 180 en 1814 ; 200 en 1815. En 1815 et 1816 notamment, le maire J.-Nicolas ORBAN signe un reçu à son nom, d’une somme reçue « pour le Secrétaire de la mairie et frais de bureau du maire »
(Fonds hollandais)


Mais aucun nom de fonctionnaire de ce genre ne nous est connu, et il semble bien d’ailleurs que le travail d’un secrétariat communal à ce moment devait être assez minime et, qu’en fait, pour la commune de Vielsalm, le maire ou son adjoint l’assurait du moins pour les choses courantes.

La première indication que nous avons pu recueillir au sujet de l’existence réelle d’un secrétaire communal est du 3 novembre 1823. À cette date, le Conseil communal jugeait que l’administration de la commune demandait beaucoup de travail et il proposait de porter au budget de 1824 une somme de 60 florins pour le traitement d’un secrétaire.

À partir de 1825, on peut établir la liste des personnes qui ont rempli les fonctions de secrétaire de la dite commune.

En 1825, François-Joseph HUBERTY est nommé secrétaire par arrêté royal du 12 août.

En 1827, Jean-Nicolas-Joseph ARCHAMBEAU, de Provedroux, est nommé par arrêté royal du 22 avril. Il prête serment devant le Conseil communal le 31 mai 1827.

En 1830, le 14 juillet, Jean-Nicolas ARCHAMBEAU donne sa démission. Pierre-Joseph JACQUES, notaire, est désigné pour continuer provisoirement les fonctions.

Le 11 décembre suivant, le Conseil charge le bourgmestre Christophe LAMBERTY de cumuler les deux fonctions.

En 1831, le 5 février, Jean-Henri ROUCHE, de Salmchâteau, est nommé. Il démissionne le 7 avril 1833. De 1836 à 1866, il sera bourgmestre de la commune, tenant à son domicile même, durant plusieurs années, les séances du Conseil communal et les cérémonies de mariage.

Le 1er juin 1833, nomination de Jean-Bernard LAMBERTY, de Vielsalm, au traitement de 100 florins par an. Il est en même temps instituteur communal.

En 1837, J.-B. LAMBERTY ayant quitté Vielsalm, Jean-Nicolas ORBAN, ancien bourgmestre, est installé comme secrétaire, le 15 février.

En 1849, le 12 septembre, ORBAN ayant démissionné, le Conseil nomme Jean-Guillaume LEBARON, de Vielsalm.

En 1858, LEBARON démissionne. Le 13 mai, il est remplacé par Jean-Bernard LAMBERTY, précité, qui est revenu à Vielsalm comme instituteur en 1838.

En 1872, LAMBERTY, âgé de 66 ans, a démissionné. Le 21 décembre, le Conseil nomme Armand GILLET, originaire de Seraing, auparavant clerc de notaire à Vielsalm. Il est au traitement annuel de 1 000 frs., porté à 1 400 en 1880.

En 1900, A. GILLET étant décédé le 2 février, le Conseil nomme, le 10 juin, Ernest-Joseph LEDUC, de Vielsalm. Il est admis à la retraite en 1939.

De 1939 à 1947, les fonctions sont exercées par plusieurs intérimaires ; MM. Adolphe DEMOULIN, de Vielsalm, puis Jean DOOME, de Saint-Vith, pendant plusieurs années, dont celles de guerre et à partir du 16 novembre 1940, et Georges HAGUINET, de Neuville.

En 1947, 25 mai, nomination de Albert JEUNEJEAN, de Ville-du-Bois, qui entre en fonctions le 1er août 1947. Il est admis à la retraite en 1972.

Le 9 octobre 1972, nomination de Mme Yvette PAQUAY-VERAGHEM, de Ville-du-Bois, actuellement en fonctions.

SOURCES D’INFORMATIONS :
A.C. Vielsalm : Procès-verbaux du Conseil municipal et du Conseil communal de Vielsalm.
A.E.L. : F.F., liasse 1547 ; F. hollandais, liasse 1967.
A.P. Vielsalm.

vendredi 31 juillet 2009

Anciennes maisons de Vielsalm.

(publié dans Pays de Salm, le 20 février 1966)

La démolition récente du bâtiment dit « maison Sépult » a encore ravi à Vielsalm un des rares vestiges de son passé. Il reste maintenant à la localité fort peu de chose pour rappeler le visage de Vielsalm d’autrefois.
Profitons de l’occasion pour attirer l’attention sur deux immeubles où l’histoire locale trouve quelques attaches.

Le premier se dresse dans la rue dite des Savoyards, cette rue si typique mais à l’aspect modifié depuis peu.

Tel qu’il est actuellement, le bâtiment envisagé ici paraît bien esseulé. Ses voisins, autrefois, le serraient de près ; ils l’ont peu à peu abandonné et l’on peut se demander si, bientôt, lui aussi ne subira pas une condamnation.
Il s’agit de la maison, vide en ce moment, et qu’occupa en dernier lieu la famille MULLER.

Modestement, elle a son histoire, et en voici quelques traits.

Au temps de sa jeunesse et pour son époque, c’était une demeure qui ne manquait pas de distinction. Elle a d’ailleurs abrité des occupants non dénués de relief.

Il y a plus de deux cents ans y habitait un notaire, Clément WARLET, déjà en fonctions vers 1730. il avait épousé, le 14 février 1729, Marie Emérentianne ARCHAMBEAU, née à Vielsalm en 1705.
Il est décédé le 10 mars 1763.
On connaît ses voisins. Du côté de la place du marché, il y avait Maurice SCHYLLE et sa famille. De l’autre côté, vers Priesmont, c’était la maison de Jean-Bernard OTTE, maieur de Salm durant de nombreuses années, maison qui, plus tard au siècle suivant sera dénommée « vieille caserne ».

Clément WARLET étant défunt en 1763, sa veuve éprouva sans doute des revers de fortune. A 64 ans, en 1769, elle était d’ailleurs devenue incapable de gagner sa vie et « ne subsistait que par les bons soins de son fils prêtre », Joseph Clément.
La maison exigeait à ce moment des frais d’entretien. Un premier emprunt de 160 écus, au sieur PAUL de Provedroux, ne suffirait pas pour les payer.
Ainsi, Marie Emerentianne se résigna à la vente de sa demeure. Le 24 octobre 1769, Jean Guillaume ORBAN, de Vielsalm, en fit l’acquisition pour 300 écus et 4 écus de « couvre-chef » (supplément)

Avec des activités agricoles, comme d’ailleurs presque toutes les familles de Vielsalm en ce temps-là, Jean-Guillaume ORBAN pratiquait déjà un petit commerce.
Mais c’est le fils, surtout, Jean Nicolas, qui retient l’attention.
Il est boutiquier. Né en 1776, il arrive à la majorité et à la période révolutionnaire et de régime nouveau.
Ses idées étaient sans doute assez avancées ; à 24 ans, on le voit adjoint au maire de la commune. En 1810, et jusqu’au 26 septembre 1823, il devient le premier magistrat de la commune, avec les fonctions de maire, succédant à son presque voisin Jean Christophe LAMBERTY.
Plus tard, Jean Nicolas revint aux affaires communales, toutefois avec d’autres fonctions.
Le 15 février 1837, à 61 ans, il est installé comme secrétaire communal jusqu’à sa démission en février 1849. dans l’histoire des communes de la région, il est le seul croyons-nous et à un âge aussi avancé qui ait servi sa commune de cette façon.

Après son décès en 1854, sa fille Catherine Jeanne continua d’habiter la demeure paternelle avec son mari, Michel DENIS, originaire de Neuville et horloger.
Plus tard, d’autres familles ont occupé la maison jusqu’en 1964.

Quel peut être l’âge de cette dernière ? Son emplacement, au cœur de ce que fut le Vielsalm primitif, permet de lui donner bien des années.

Le notaire WARLET, qui l’habita, aurait aujourd’hui plus de 250 ans, et l’on ne sait rien de ses prédécesseurs. Sans exagérer, on peut voir en elle, croyons-nous, environ trois siècles.
Si un jour, la pioche du démolisseur l’atteint, il faudra bien la traiter avec un peu de respect.

Gaston REMACLE