Affichage des articles dont le libellé est moulin. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est moulin. Afficher tous les articles

dimanche 23 août 2015

Le moulin de Hermanmont (Vielsalm), détruit en 1916.

Le moulin de Hermanmont.

Le début de la construction est des environs de 1875. Le bâtiment devait d’abord servir à établir un système de pression d’eau destinée au parc du château de Hermanmont. Un moulin à farine l’a complété. Il était à deux tournants et la roue était au niveau du sol.

En août 1877, Henri-Joseph Minguet y est signalé comme meunier (+ 1899), puis ses neveux Edmond et Auguste Minguet, jusqu’en 1915, année de la destruction du bâtiment par les autorités allemandes pour la construction du pont du chemin de fer.

(d'après les notes de Gaston Remacle)

vendredi 30 mai 2014

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

L’Organe de Vielsalm du 4 juin 1911  nous apprend le décès le 14 avril dernier  à  Nouvel-Anvers d’Arthur Hoffmann parti pour le continent noir le 14 avril 1910, un an plus tôt jour pour jour ! C’est par deux lettres de compatriotes à leur famille que cette triste nouvelle a été connue.

Dans celui du 11 juin,  des accidents d’automobiles sont relatés.  A Salmchâteau, une automobile a renversé le jour de la Pentecôte une fille de 14 ans à la sortie de la messe. On constata d’abord qu’elle n’avait rien de grave. En fait elle décèdera une semaine plus tard.
A Salmchâteau toujours et toujours à la Pentecôte, un terrible accident a marqué  la première étape de la course cycliste  organisée pour la fête. L’auto du notaire Lambert conduite par son chauffeur Thomas Remy qui avait été mise à la disposition des organisateurs accrocha le gamin de sept ans et demi de chez Monfort-Huppertz de Provèdroux lors du passage sur le pont. L’enfant fut tué sur le coup. (Voir à ce sujet l’article illustré  Les débuts de l’ère automobile à Vielsalm dans le n°71 de la revue Glain et Salm, Haute Ardenne ).
 Concours de circonstances extraordinaire : les deux accidents ont été causés presque au même endroit, à un jour d’intervalle par la même automobile conduite par le même chauffeur !
Moins grave, à Vielsalm, l’automobile portant le N° 12077B a écrasé lundi à midi sur la place du marché le chien de Mme Vve Joiris et s’est empressée de filer à l’anglaise sans indemniser celle-ci.

Ah ces autos  qui roulent si vite ! L’avion c’est bien plus sûr :

Le 26 juin la première page de l’Organe rapporte en long et en large  le Circuit Européen d’Aviation. Nul ne croyait au passage à Vielsalm des hardis aviateurs du Circuit européen mais non seulement il en est passé mais nous avons eu la veine de voir des atterrissages et des envolées. Dimanche à Regné atterrissait le monoplan Deperdussin piloté par Prévost. Après avoir passé la nuit à l’Hôtel Albert et avoir été dépanné par l’aviateur Lauser qui suivait l’étape en auto, Prévost  est reparti à 6 heures du matin. Au même moment un biplan et un monoplan survolaient Vielsalm. Le clou de la journée fut sans conteste l’atterrissage sur le thier du Monty  du biplan Farman piloté par Wynmalen. Celui-ci fut reçu au château d’Hermanmont puis repartit le lendemain après  que des ouvriers eurent mis le terrain en état et que des voitures eurent amené de Liège des mécaniciens. D’autres aviateurs ont atterri à Malempré, Cherain, Stavelot, Chevron et Manhay.

Dans l’Organe du 9 juin   1912 : de violents orages se sont déchainés sur Grand-Halleux. Une vache a été tuée ; les ouvriers de la gare ont été renversés par la foudre mais sans mal ; le clocheton de l’école a été mis en pièce.
Dans celui du 23 juin : dans la nuit  de lundi à mardi un incendie s’est déclaré dans le moulin appartenant à Mesdemoiselles Andrianne : les dégâts se bornent à des pertes purement matérielles d’ailleurs couvertes par l’assurance. Ce vieux moulin datait de 1732, fut brulé et reconstruit en partie en 1803 et des réparations y furent faites en 1872.
Si non è vero…
                                                                                         Robert NIZET



lundi 24 mars 2014

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

L’Organe de Vielsalm du 30 mars 1913 rapporte qu’à  Lierneux, un incendie d’une extrême violence s’est déclaré dimanche soir dans l’habitation de M. André Monfort.  Grâce au prompt secours apporté par le pompier volontaire de la colonie avec son matériel moderne, le sinistre a pu être localisé. Sur plainte anonyme, le parquet de Verviers a ouvert une enquête et interrogé plusieurs pensionnaires.
Il est vrai que les Monfort connaissent des incendies à répétition !

Dans celui du  12 mars 1933 :  Un avis important : Eugène Grognard a l’honneur d’informer le public qu’il vient de louer le moulin et la scierie Kieffer et qu’il se recommande pour tout ce qui concerne des deux industries en garantissant un travail parfait et à un prix avantageux.

L’édition du  7 janvier 1934  signale des jeux dangereux. Des jeunes gens de la localité étaient occupés à glisser sur la Vieille tchavi. Un des toboggans sur lequel avaient pris  place J. Bande, J. Ravigna et A.Jeunejean n’a pu s’engager sur la route de Ville-du-Bois et alla buter contre un arbre. J. Bande eut une déchirure à la cuisse et J. Ravigna fut tout contusionné.

Rebelote le 11 février de la même année : glissant au même endroit, le petit Paul Fraiture  tomba si malencontreusement qu’il se fractura le bras.

Une collision d’autos à Vielsalm dans L’Organe du 21 janvier 1934 :
M. Toussaint, garagiste à Ville-du-Bois, pilotant la voiture de M. Demoulin, se dirigeait vers Vielsalm, lorsque arrivé au pont sur l’eau maréchal [sic. Serait-ce à l’entrée de la propriété de Rosée ? ] il entra violemment en collision avec l’auto Gillis-Dumont, boucher à Vielsalm et roulant en sens inverse. La dépanneuse du garage Biémont vint dépanner les voitures et la police enquête pour déterminer les responsabilités de cet accident qui n’a causé que des dégâts matériels.

Le 11 mars 1934 : A Ville-du-Bois,  l’instituteur Depierreux  donnait une leçon de gymnastique et employait un extenseur dont il tenait une extrémité tandis que les élèves tiraient à l’autre bout. Soudain, l’un d’eux lâcha la poignée qui fut lancée au visage de l’instituteur, lui brisant les lunettes dont un éclat pénétra profondément dans l’œil. Le médecin mandé d’urgence put extraire l’éclat de verre et malgré la vilaine entaille espère lui conserver l’œil.

Dans le même journal, de l’espionnage à Vielsalm ?
Le 1er mars une nouvelle servante vint s’engager chez M. M… à Ville -du-Bois. Mercredi, les ouvriers occupés aux fortins remarquèrent que cette demoiselle photographiait un de ces fortins sous  tous les angles. La gendarmerie vint lui confisquer toutes les plaques. Cette personne, une allemande dont les papiers ne sont pas en règle, vient d’être réexpédiée à la frontière comme indésirable en Belgique. La mise à l’ombre aurait été plus judicieuse.
Mais le 18 mars  une rectification est apportée : contrairement à ce qui était annoncé et de renseignements puisés à source certaine, il est absolument faux qu’il y ait eu une affaire d’espionnage à Ville-du-Bois.
Précipitation ou psychose ?

                                                                                         Robert NIZET

jeudi 8 août 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

L’Organe de Vielsalm nous tient au courant de toutes  les petites nouvelles du coin :

Le 21 juillet 1912 : Notre sympathique G. Paquay vient de remporter une médaille d’or et un diplôme d’honneur à la course de régularité pour motocyclettes Paris-Liège.

Le 27 juillet 1913 : les coureurs indépendants du Circuit provincial organisé par le vélodrome de Jupille et le comité des fêtes d’Ayeneux traverseront notre localité lundi prochain vers 1h de l’après-midi.

Le 26 juillet 1914 : A Grand-Halleux, au Vélodrome de la Salm, des courses ont eu lieu le 19 écoulé sous les applaudissements frénétiques d’une foule passionnée et avec le concours de la société de fanfares. Classement de la première course : 1er : Lanuit, 2ème : Jeunejean, 3ème : Gilson, tous de Grand-Halleux, 4ème : Hoffmann de Rencheux, 5ème : Baccus de Grand-Halleux.

La nécrologie nous apprend que jeudi dernier ont été célébrées les funérailles de Constant Paquay. Une foule énorme y assistait, preuve certaine de l’estime acquit [sic] par le regretté défunt.

Le 9 juillet 1933 : Sur le circuit de Stavelot-Francorchamps se courra dimanche le Grand Prix de Belgique vitesse automobile. Le départ sera donné à 13h et les concurrents devront boucler 40 fois le circuit. Seront en présence la Maserati de Zehender, les 4 Bugatti de Varzi, Williams, Dreyfus et Lehoux, les 5 Alfa-Roméo de Nuvolari, Wimille, Markewich, Chiron et Moll.
Cette liste d’engagés ne correspond pas tout à fait à la grille de départ figurant dans les livres de références.

A Vielsalm, le vendredi 7 juillet vers 11h30 Alexandre Claude pêchait au ruisseau près de l’étang du Baron de Rosée au Tienne Messe. De loin, il lui sembla apercevoir un baigneur dans ledit étang mais en s’approchant il se rendit compte que c’était un noyé. Il s’agissait en fait d’une femme en laquelle on reconnut vite Léa Gothal, épouse de Constant Putz, camionneur à la boulangerie Demoulin. Le corps était vêtu d’un pantalon blanc et d’un cache corset, comme pour le bain. Les vêtements étaient déposés dans la cabine au bord de l’eau. Comme elle vomissait de la nourriture on suppose qu’elle a voulu aller se baigner après son déjeuner et qu’elle a été prise de congestion. Âgée de 23 ans, elle était mariée depuis 4 ans et n’avait pas d’enfant.

Le 1er juillet 1934 : le meunier François Heinskyll de Regné a été découvert mort, lundi, dans son moulin. Ce moulin est en construction et seule la roue motrice est montée. Le cadavre était au fond du trou de cette roue et portait plusieurs plaies béantes. On se perd en conjecture sur cette mort qui paraît étrange.

Le 8 juillet 1934 : vendredi après-midi un pénible accident est survenu sur le tronçon de la route en réfection devant la propriété  Misson. Un cycliste, M. Renard de Rencheux, s’était engagé dans le couloir déjà réfectionné lorsque la camionnette de M. Caëls de Rencheux survint par derrière et heurta le cycliste qui fut violemment projeté sur la chaussée. Il fut promptement dirigé vers la clinique de Trois-Ponts : on craint une fracture du crâne.

A Ville-du-Bois, vendredi dans l’après-midi, Melle Remacle  était allée traire dans les champs. Les vaches rendues furieuses par le chien qui l’accompagnait se lancèrent sur elle et s’acharnèrent. Aux cris poussés par la victime, des personnes travaillant aux environs accoururent et eurent toutes les peines à la délivrer. Le docteur Misson, mandé, a réservé son diagnostic.
                                                                                                                                                                                                     Robert NIZET


lundi 4 octobre 2010

Vielsalm. ― Vieux Moulins.



Vielsalm. ― Vieux Moulins.

― C’est l’ancien moulin banal où se prélevait le droit de mouture au nom des Comtes de Salm. Au début du XVIIIe siècle éclatèrent de graves dissentiments au sujet de l’obligation des sujets à contribuer à la réparation des moulins banaux et pour la fraction des taux de mouture. Les Comtes Franz Wilhem et Charles-Antoine de Salm engagèrent avec les habitants d’interminables procès sur ce point et quelques autres.

dimanche 2 mai 2010

Le moulin d’Ecdoval.

(publié dans Ourthe-Amblève, du 8 juin 1962)

« Moulins et meuniers de notre vieille Ardenne, sont choses de chez nous, imprégnées de mystérieux passé, symbole du rude travail, de vie simple. »


Les moulins de Lierneux ont-ils une histoire ? On ne sait. Mais aujourd’hui certains ont perdu leur silhouette traditionnelle, et beaucoup de par leur aménagement plus moderne rompent l’ordonnance des sites rustiques. Hélas ! pour vivre, il faut marcher avec les progrès de son temps.

Le moulin d’Ecdoval, à Lierneux, doit avoir son origine dans un temps dont on ne parle plus. Pendant des siècles, il a tourné inlassablement, moulant du grain, moulant du bruit, moulant du vent… moulant des … souvenirs. À l’emplacement du moulin actuel, il semble certain que l’abbaye de Stavelot en avait fait construire un. Il nous est difficile d’en préciser la date. Au dessus d’une petite porte de l’ancienne bâtisse, une inscription taillée dans la pierre indiquait : A.G.1167.

Au sujet des revenus du monastère de Stavelot, au ban de Lierneux, en 1365, il est cité « Kedovauz » ; s’agit-il du moulin ou de certaines dépendances voisines ?

Aussi loin que nous avons pu remonter, nous trouvons un acte daté du 14 février 1452, ainsi conçu :
« Les doyen et chapitre de Stavelot donnent en ascence pour 15 ans, les deux moulins qu’ils possèdent à Lierneux à Collar fils, Grivot Hernaes de Brinxhen, demeurant à Lierneux, moyennant une rente de 15 muids de regon par an. »

(Traduction : « Recueil des chartes » par HALKIN et ROLAND)

« Donneit l’an N.S.J.C. mil MC et L le jour de St-Valentin ».


(Pour le deuxième moulin, il s’agit du moulin de La Fosse, mieux connu sous le nom de « Paquay » qui semble avoir existé depuis longtemps.)



D’autres documents anciens sont relatifs à ces moulins, notamment un acte daté du 21 avril 1490.

« Les doyen et chapitre de Stavelot accensent à Johan, fils de Ponchieu de Roggerez, pour 3 ans, leurs deux moulins de Lierneux, moyennant une rente annuelle de onze muids et quatre coupes de bon regon. Anthon de Malmedie maïeur pour ce temps de Stavelot, et Adam Basnéa de Lierneux se portent caution pour Johan.»


En 1496, il n’est plus question que d’un seul moulin, vraisemblablement celui d’Ecdoval. Nous trouvons l’acte suivant :

« 6 février 1496, pour un terme de 6 ans, les doyen et chapitre de Stavelot, louent à Hubert de Vernullement leur moulin de Lierneux, moyennant une rente annuelle de 9 muids et quatre coupes de regon. »


Un autre document :

« Le 12 avril 1545, Guillaume de Manderscheid, abbé de Stavelot, accense à Jean Degné, ces deux moulins l’un dit moulin de la Fosse, l’autre moulin Esdouvaulx, pour neuf ans, moyennant une redevance annuelle de 21 muids de regon. »


Jacques Halconreux de Joubiéval était meunier à Ecdoval en 1616-1628-1629. Son fils Cornet le meunier de Lierneux est cité en avril 1560 et le 30 août. Il était mort en 1649 (Taille de 1679).
Dans une liste de confirmés (1680) il est cité : « Johannes Molitoris de Gudoval ».

En 1795, la révolution française par ses réquisitions ruineuses et son administration brutale s’empara du moulin d’Ecdoval en temps que propriété de l’abbaye de Stavelot. Le moulin est vendu aux enchères au profit de la République.

Par décret du Prince d’Orange des Pays-Bas, il a été acheté entre 1825 et 1830 par le sieur LEBRUN à Madame CALLEZ de Stavelot. On croit que la bâtisse qui existait avant 1940 datait de cette époque.

Dans un document du 18e siècle, on écrit : « Decdoval ».

En 1831, le moulin est en possession du sieur Philippe Joseph CALLEZ. Le 7 août 1832, ce dernier introduit une demande afin d’obtenir la concession d’un terrain communal contigu à ce moulin. La municipalité de Lierneux accordée, pour la somme de 43 florins 26 cents. Ce terrain étant destiné à y construire un bâtiment adossé au dit moulin (contenance du terrain évaluée par le sieur NISEN, arpenteur juré, 3 perches 86 aunes).

En 1855, une nouvelle demande de construction est faite, ce qui laisse supposer que l’immeuble était dans un mauvais état ou détruit dans des circonstances indéterminées. Cette demande (8 février) émanant de Guillaume-Joseph STRAPS occupant le moulin, qu’il avait acquis des enfants LÉONARD Jean-Joseph, joignant dit le document, le ruisseau dit « Eau de Ghée », quel moulin sera mu par deux roues hydrauliques alimentées par ce ruisseau.

L’autorisation fut accordée par le Conseil communal en sa séance du 23 mars 1855.

Au cours de la dernière guerre, principalement en janvier 1945, lors de la contre-offensive de VON RUNDSTEDT, le moulin d’Ecdoval, dit aussi Gilles, subit de bien graves dégâts. Le moulin proprement dit cependant, résista aux secousses des bombardements. Il n’en fut pas de même de la maison d’habitation contigüe qui a été ravagée par un incendie provoqué par les bombes. Heureusement on parvint à localiser le sinistre.

Des décombres on sauva une vieille taque de cheminée en fonte, portant le millésime 1607. Elle mesure 1m10 sur 1m10 et est divisée en trois parties. Le pourtour est décoré de dessin, de fleurs et d’ornements divers sans aucun art spécial. Au centre un relief : « Adam et Eve au paradis terrestre », et sur les côtés le « Sacrifice d’Isaac » ; cette taque, à notre point de vue, n’a aucune valeur historique, mais la date doit retenir l’attention.

Les immeubles et le moulin proprement dits qui tout d’abord passèrent à M. VECHOUX, ancien mayeur de Lierneux et ensuite à M. Léopold BECHOUX, appartiennent aujourd’hui à M. Jules BECHOUX, fils de ce dernier, qui en assure l’exploitation.

C’est un joli coin que le moulin d’Ecdoval et il fait rêver le poète. Au fond du vallon, il se niche, ombragé par les frondaisons. Un petit ruisseau marque ses jolis méandres, sépare les prairies. Sa voix en s’aventurant vers Lansival s’affirme plus grave et bondit entre les pierres. Jadis, il formait le réservoir pour alimenter la grande roue à aube qui battait le courant du ruisseau. C’était autant de motifs d’enchantement, de sujets de légendes et de contes peut-être, de chansons enfantines.
Aujourd’hui inerte, elle est sans force, vermoulue, fée électricité l’a supplantée.

Elle ne tourne plus, si ce n’est pour rien ! Sur son axe encloué, la roue est immobile, Son biez est à plein bord envasé tout du long. Et son étang jadis vrai miroir d’eau tranquille Le voici devenu marais nauséabond. Donc, ce qui ici créa le siècle qui succombe Lui-même le détruit. Mais des siècles lointains, Voyez, comme il respecte à l’égal d’une touche Les humbles souvenirs… (chante l’abbé FOURGON)


C. PIERARD

dimanche 18 avril 2010

Le moulin de Lansival.

(publié le 8 novembre 1959)

Le hameau de Lansival est bien du type des bourgades ardennaises.
De vieilles bâtisses étagées le plus capricieusement du monde, aux flancs et dans le fond d’une dépression du sol, se terminent dans la vallée. Ces vieilles bâtisses dont les murs sont faits de pierres de ce sol âpre et rude, tentèrent plus d’une fois, par leur rusticité, la palette de l’artiste.
Un poète flânant par là, y découvrit un antique moulin chantant au fil de l’eau.
« Une masure vénérable, écrit-il, qui bavarde toujours, en discussion avec le ruisseau qui tantôt boude lui refusant ses services, tantôt lui en apportant plus que n’en voulait sa roue ».
Un vieux moulin dont l’origine remonte au XVe siècle, plus loin peut-être. Le hameau lui-même est cité dans un document de 1365 sous le nom de « Langierva ».



Un document relatif au moulin date de 1461 ; nous le transcrivons dans son original. Il s’agit d’une demande de prise d’eau : « … accordant à Johan le Clercque de Florez l’autorisation de prendre l’eau pour le fonctionnement de son moulin à Lansival ».
Il est certain que depuis lors et jusqu’à notre époque, un moulin a toujours existé en ce lieu. Naturellement, il est difficile pour nous de suivre son histoire au jour le jour et de conter toutes les péripéties qu’il connut.
A-t-il appartenu à l’abbaye de Stavelot, ainsi que ceux d’Ecdoval (BECHOUX) et de la Fosse (PAQUAY) ? Nous n’avons jusqu’à présent trouvé aucune preuve de la chose.



En 1880, le moulin de Lansival était exploité depuis quelques années déjà, par Mathieu KOOS, grand-père du meunier actuel de Sart Ste-Walburge. Il y eut successivement un WILHEM, un GUEIBEN Jules, de Sart, un NOUPRÉ-DENNE ; Jos. LEJEUNE de La Vaux a été propriétaire sans toutefois l’exploiter.
Par deux actes consécutifs, l’un daté du 10 juin, l’autre du 11 juillet 1910, M. LEJEUNE le vendit au profit de Félicien BOCK DENIS de Salmchâteau.
« Moulin à farine, mû par l’eau, cadastré section F n°306, de 90 centiares. Le bief du dit moulin et canal d’amenée, cadastré section F n°308, de 3 ares 40 ».
Par acte du 27 juillet 1920, M. BOCK qui va reprendre un autre moulin à Houffalize, revend celui de Lansival à M. A. DELVAUX NEUVILLE de Xhout-si-Plout (Malempré).
« Un moulin — spécifie l’acte — avec deux paires de meules et le matériel ». MM. DELVAUX et fils, continuèrent la meunerie traditionnelle jusqu’en 1928, époque où le moulin passa à M. Julien DERENNE LÉONARD. C’est le propriétaire actuel. Dès ce moment, toute activité cessa. « Le moulin est bel et bien tombé à l’eau ». ainsi s’exprima, avec un fin sourire, M. DELVAUX, à qui nous demandions quelques renseignements. Il est donc désaffecté et tout vestige de la prospérité d’antan a disparu. Les meules et les accessoires furent cédés aux d’Ecdoval et de Regné.
« C’est dommage, nous dit M. DERENNE, entre deux prises de tabac, c’est dommage ce fut un excellent moulin, et quel courant d’eau ! »
Tout un temps, il procura en outre l’énergie électrique pour desservir les hameaux de Jevigné et de Lansival.
Abordant un jour, au cours de nos investigations, M. Antoine BISSOT, un nonagénaire toujours lucide, bon œil et bon pied, friand des choses du « vieux temps », ah ! nous dit-il, le moulin de Lansival possédait les meilleures meules du pays.
Aujourd’hui, ces lieux sont calmes dans leur abandon.
Depuis longtemps, l’antique moulin de Lansival a chanté son dernier refrain.

C. PIERARD

dimanche 20 septembre 2009

Les moulins.

Les archives des XVIIe et XVIIIe siècles signalent que le comté de Salm comptait, avant 1780, 5 moulins banaux. Il s’agit de ceux de Grand-Halleux, Vielsalm (démoli en 1915), Salmchâteau, Cierreux et Arbrefontaine, pour lesquels des copies de baux figurent aux actes de la Cour de Salm. Ces moulins existaient déjà avant 1600, et très probablement bien avant, ce qui serait très normal étant donné leur situation et leur distribution dans l’étendue du comté.

Aux registres de la cour de Salm, nous avons trouvé des documents des environs de 1600, concernant les moulins de Cierreux, Salmchâteau, Vielsalm. Le 9 septembre 1560, est cité « Gilles le meulnier de la vieille Saulme ». Le moulin de Cierreux comporte une pierre datée de 1489.

D’autres moulins ont existé au comté bien antérieurement encore. Celui de Juvigny (Djivni), situé entre Rogery , Bovigny, Courtil, et actionné par l’eau de Glain, a tourné jusqu’à la fin du XVIe siècle. Il ne peut être que le moulin ayant servi à ce qui correspondait à l’ancien domaine de Glain.

Un document du 28 septembre 1600 (CS 1597-1622/40-41), parle de « réédification du moulin de Giveignys ». nous ne pensons pas, toutefois, que cette restauration ait eu lieu, l’activité du moulin en question n’apparaissant plus après 1600, à la connaissance de G. REMACLE. Ce moulin était vraisemblablement le moulin rattaché à l’ancienne villa de Glain citée en 720, et dont le centre vital se trouvait non loin de Juvigny. Il a été « bruslé et ruiné par les gens de guerre ».
(Compte de 1670)

Un moulin s’est élevé également près de Goronne, dont le souvenir subsiste toujours aux archives du XVIIe siècle. Son existence, fort ancienne, est normale, relativement à l’ancienneté de Goronne et le fait que ce village n’a pu disposer, pendant longtemps, d’un autre moulin plus rapproché. Celui d’Arbrefontaine, auquel Goronne sera rattaché un jour, ne viendra que bien après la naissance du comté.







Voici le texte s’y rapportant, de 1627 : « Jean Simon de Gronne a quicté et guerpy à une faigne gisante es vieulx moulins, tenant pardessus au dit Jean Potestat (de Goronne), pardessouz au bief coulant sur la maladrerie » .
(CS 1625-1627/80vo)

Enfin à Ville-du-Bois, sur le ruisseau de Salm, un moulin disparu depuis longtemps a tourné fort anciennement. Il devait encore exister vers les XIIe et XIIIe siècles.

Aucune archive n’en fait mention. Aucun vestige non plus n’en reste sur le terrain. L’opinion de G. REMACLE est toutefois que ce moulin à existé. Il est possible, même probable, que ce soient les vestiges de ce bâtiment qui aient fait naître la légende « Le moulin des Cawettes » ou Clawettes, rapportée par PIMPURNIAUX, I, pp.135-137 ; et L.BANNEUX, Les fées du Hultai, pp.91-100.
Sur l’emplacement de ce moulin, Englebert LEBECQUE, de Ville-du-Bois, édifia, en 1820, un nouveau moulin, qui a duré jusqu’en 1946.





Le moulin de Salmchâteau.

Vers 1750, un sixième moulin apparaît dans le comté de Salm, à Halconreux ; il était sans banalité et seulement pour l’utilité du village de Halconreux.

On sait qu’en vertu de la banalité, les usagers d’un moulin devaient non seulement payer une redevance, mais utiliser le moulin qui leur était désigné. Celui-ci était, d’ailleurs, en général, le plus rapproché de leur village.

Ainsi, le moulin d’Arbrefontaine avait comme usagers les habitants d’Arbrefontaine, Menil, Gernechamps, Goronne. Celui de Grand-Halleux, les localités de l’actuelle commune de Grand-Halleux. Celui de Vielsalm, les localités de Rencheux, Vielsalm, Priesmont, Ville-du-Bois, Petit-Thier, Burtonville et Neuville. Celui de Salmchâteau, Bèche, La Comté, Salmchâteau et Commanster. Celui de Cierreux, Cierreux, Rogery, Honvelez, Bovigny, Longchamps, Courtil et Halconreux (cette dernière localité jusqu’à l’édification du moulin du village).
Le droit de mouture se percevait par les meuniers « au trente deuxième », taux rappelé par la transaction du 20 août 1752.

Il est possible qu’à l’origine ce droit de mouture ait été versé intégralement au seigneur par l’intermédiaire du meunier. Toutefois, le système qui a fini par s’imposer comportait l’exploitation du moulin selon bail locatif passé devant la Haute Justice ou même à la fois devant la Haute Justice et la Cour féodale. Le bail fixait les devoirs du meunier et notamment la redevance ou rendage qu’il devait payer pour l’exploitation et qu’il s’assurait au moyen de la redevance payée par les usagers. À la fin du XVIIIe siècle, ce rendage était évalué en argent et non plus en nature.

Le rendement en nature s’établissait en seigle, farine d’avoine, plus 1 ou 2 porcs, et quelques chapons. La viande de ces porcs était salée au château et servait à la cuisine comtale, ou même était envoyée à Bedbur quand y résidait le comte. Le moulin de Vielsalm devait en outre 1 muid de farine de froment.

Voici, par exemple, l’un de ces baux :

« Cejourd’hui vingt-sixième décembre mille sept cent soixante-neuf pardevant les maieur et échevins de la haute justice du comté de Salm, sousignés comparu personnellement Gengulphe Freçon, meunier moderne de Vielsalm ; lequel pour être continué et prorogé l’année 1769 in 70 dans le Bail du dit moulin qui est expiré cejourd’hui et important un rendage de cinquante sept muids de seigle, bien conditionné, dont l’année commence ce jourd’hui et finira à pareil jour de l’année prochaine, déclare d’obliger ses biens meubles et immeubles sous le cautionnement de François Gengoux, de Ville-du-Bois, ici présent qui affecte de même ses biens meubles et immeubles à cet effet se soumettant l’un et l’autre à prompte et parate exécution à décretter sur requête à présenter à cette cour par le Sr receveur de ce comté en cas de défaut s’obligeant au surplus le dit meunier, à remplir les devoirs d’un vrai meunier et de s’acquitter de tous les devoirs en résultans en foi de quoi et après lecture faite, ils ont signés à Vielsalm ut supra sont signés Jeangou Fresons, Françoi Gengoux, J.B. Otte, N. Dairomont avec pphe, F. Moïse, J. Herman, F.Beaujoz avec pphe ».

(CS 1768-1772/200)




Par exemple, il s’élevait en 1670, pour le moulin d’Arbrefontaine à 7 muids de seigle ; celui de Cierreux, 8 muids ; celui des Halleux, 10 muids ; Salmchâteau, 10 muids ; Vielsalm, 22 muids.
En 1776, pour le moulin d’Arbrefontaine à 17 muids de seigle ; celui de Cierreux, 16 muids ; celui des Halleux, 28 muids ; Salmchâteau, 23 muids ; Vielsalm, 58 muids.
En 1786 : Arbrefontaine, 109 écus ; Cierreux, 71 écus ; Halleux, 164 écus 2 escalins ; Salmchâteau, 55 écus et demi ; Vielsalm, 300 écus.
En 1785, pour Halconreux, 20 écus.

La transaction du 20 août 1752 rappelle aussi que « les Banaux respectifs desdits moulins demureront sujets aux réparations et entretient les quatre murails ou parois, de même qu’aux toitures desdits moulins à leurs frais et dépens, parmi que son Excellence fasse assigner hors de ses bois ceux nécessaires à cet effet ».

C’est ainsi, par exemple, que le 14 juin 1768, « les communs habitants d’Arbrefontaine, de Goronne, Menil et Gernechamps, moulans Bannaux du moulin d’Arbrefontaine » furent condamnés à « pourvoir aux réparations de quatre murailles, parois et toitures du moulin banal d’Arbrefontaine, relativement à la transaction passée le 20 août 1752… et ce endéans la quinzaine de l’insinuation, à peine que ce terme écoulé, il y sera pourvu d’office à leurs frais ».

(CS 1760-1768/127)

Sous le régime français, les moulins banaux de Salm furent séquestrés comme biens domaniaux, puis vendus à des particuliers. Celui de Vielsalm, à J.F.J. OTTE, de Vielsalm, pour 9 025 F. ; celui de Salmchâteau au même, pour 6 300 F. ; celui de Cierreux, à Mathieu BEAUPAIN, pour 3 625 F. ; celui de Grand-Halleux, à Henri-Joseph HONVLEZ, d’Ennal, pour 4 575 F.

(A.E.L., F.F. registre 2058)







Ancien moulin de Vielsalm, vers 1900, vu du côté de Rencheux. Était antérieur au XVIe siècle. Achat par Jules ANDRIANNE, à l’épouse BERTAUX-LEBARON, le 30-10-1874, pour 20 000 frs. (Not. JACQUES). Démoli en 1915. Incendié partiellement à plusieurs reprises, notamment en 1803, le 27 août 1907 et le 16 juin 1912.
Dernier meunier : désiré BENOIT, de Priesmont, pour la famille ANDRIANNE.
Moulin à trois tournants. Mû par courant d’eau et non par chute.

Ndlr:

Publié avec les modifications de G. REMACLE

jeudi 6 août 2009

Description de la commune de Vielsalm, en 1838.

( publié dans P. VANDERMAELEN/ F.-J. MEISSER, Dictionnaire géographique : Province du Luxembourg, Bruxelles, 1838)



VIELSALM, commune et chef-lieu du canton de son nom ; de l’arrondissemnt et à 10 lieues ½ N.N.E. de Neufchâteau ; à 12 lieues N. d’Arlon, et à 13 lieues N. de Luxembourg.
Ses dépendances sont : Bèche, Bartonville, Comté, Garonne, Neuville, Petit-Han, Reucheux, Salmchâteau et Ville du Bois.

HYDROGRAPHIE : elle est traversée par la Salm.

SOL : Cette commune offre une surface montagneuse ; terrain argileux et schisteux ; on y exploite des carrières d’ardoises et de pierres à repasser.

AGRICULTURE : Les récoltes s’élèvent annuellement à environ 2 000 rasières de seigle, 3 300 d’avoine et 12 000 de pommes de terre.
Animaux domestiques : 60 chevaux, 4 poulains, 1 041 bêtes à cornes, 304 veaux et 200 porcs. On y élève des abeilles.

POPULATION : 2 958 habitants.

HABITATIONS : Cette commune se compose de 580 maisons. Il y a une église, 6 chapelles et une prison.

COMMERCE ET INDUSTRIE : Il y a 2 tanneries, un moulin à tan, 4 moulins à farine, 13 carrières d’ardoises et 15 carrières de pierres à repasser en exploitation.

ROUTES ET CHEMINS : Il ne s’y trouve aucune grande route.

HISTOIRE :
L’auteur de la grande histoire de Luxembourg en 8 vol. in 4°, Jean Bertholet, est né à Salm et mort à Liège en 1775.

SALM, rivière qui prend sa source à l’E. du grand bois situé au couchant d’Amonster, sous le nom d’eau de Glain, qu’elle conserve jusqu’à Saint-Martin, quitte la province de Luxembourg un peu au N. du Petit Halleux et va se jeter dans la rivière de l’Emblève qui est elle-même un affluent de l’Ourthe.

SALM CHÂTEAU, dépendance de la commune de Vielsalm.
Le nom de Salm est celui d’un comté, fief de Luxembourg et d’une maison divisée vers 1200 en deux branches principales, Salm en Ardenne et Salm en Lorraine, et subdivisée par la suite.
Hermann Ier, fils de Gilbert et frère de Conrad, comtes de Luxembourg, est le fondateur de la maison de Salm, dont le siège primitif est en Ardenne ; c’est ce Hermann qui a été nommé empereur l’an 1081 par les adversaires de Henri IV.
Henri I, † 1165, fils de Hermann II, petit-fils de Hermann I, laissa deux fils ; l’un Henri II, † 1224 est le chef de la branche de Salm en Lorraine ; l’autre, Conrad continue la maison de Salm en Ardenne.
Le quatorzième comte de Salm en Ardenne, Henri VI, survécut à son fils unique Henri, tué en 1408, à la bataille d’Othée, et en 1416, institua héritier Jean VII, seigneur de Reifernheid, chef de la maison dite Bas-Salm, subdivisée aujourd’hui en plusieurs branches.
Vers 1560, Simon, comte de Salm en Lorraine, mourut laissant une fille unique, Jeanne qui épousa Jean, Wild et Rhingraf ; celui-ci est le chef de la maison princière de Haut-Salm, également subdivisée en plusieurs branches (voyez l’Eiflia illustrata de SCHANNAT, publiée par BAERSCH, tome I, tab.XXXI).

lundi 27 juillet 2009

Connaissons notre région. (XXV)

(série d’articles publiés dans « Les Annonces de l ‘Ourthe » ( ?) le 14 juin 1974)

Le vieux moulin.

La « rue du moulin » à Vielsalm rappelle l’existence d’un moulin à farine. Il était situé sous la villa Mouton. Il a été démoli en 1915 pour faciliter le passage de la voie de chemin de fer Vielsalm – Saint-Vith créée à ce moment. Il en subsiste encore des vestiges. C’était un moulin « à trois tournants », donc à trois paires de meules. Il était alimenté en force motrice par un bief de dérivation de l’eau de Glain, bief qui se voit encore maintenant. Entre le bief et le Glain se trouve le pré dit « entre deux eaux ». ce moulin était très ancien et avait été restauré après plusieurs incendies. Son plus ancien meunier connu s’appelait Gilles, décédé vers 1570.

Gaston REMACLE

dimanche 26 juillet 2009

Le vieux moulin de Salmchâteau est démoli.

(publié dans …, le 26 août 1962)

Situé à la Basse-Ville, le vieux moulin vient de disparaître, ayant cédé ses pierres vénérables pour la construction d’un nouvel édifice.

L’offensive des Ardennes l’avait fort malmené ; dépourvu de toit, il n’en restait guère que des murs branlants.
C’était autrefois, jusqu’en 1795, l’un des moulins banaux du comté de Salm, à l’usage exclusif des habitants de Salmchâteau, Bèche et Comté. On peut faire remonter son origine au quatorzième siècle ; il aurait donc l’âge respectable d’environ six cents ans.
Sous le régime de la banalité, il était exploité en fermage. La valeur de celui-ci était fixée en grain. Par exemple, vers 1770, le meunier prenait le moulin à bail pour 23 muids de seigle par an – le muid valait 250 litres environ –.
Un peu plus tard, le fermage fut réduit en valeur d’argent, soit 55 écus.
À la Révolution française, le moulin fut séquestré ainsi que les autres moulins du comté de Salm (d’Arbrefontaine, de Cierreux, de Grand-Halleux, de Halconreux, de Vielsalm). Il devenait ainsi propriété de l’Etat.
Nous étions alors, jusqu’en 1815, sous la domination française.
Vers 1810, l’Etat français procéda à la vente de nombreux biens provenant des séquestres ; parmi eux le vieux moulin de Salmchâteau. Il fut acheté par Jean-François OTTE, de Vielsalm, en 1809, pour la somme de 6 300 fr. J.-F. OTTE avait acheté également d’autres biens séquestrés, parmi lesquels le domaine de Hermanmont pour 11 000 fr. et le moulin de Vielsalm pour 9 025 fr.

La famille OTTE et sa descendance a gardé le moulin de Salmchâteau jusqu’à vers 1920 ; puis elle l’a revendu à ce moment à M. OFFERGELD, de Vielsalm.
Jusqu’à cette dernière vente, il a servi de moulin à farine. M. OFFERGELD l’a utilisé pour son industrie de pierres à rasoir.

Après l’offensive des Ardennes, il a cessé son activité.









L'ancien moulin de Salmchâteau.

Voici maintenant le nom de quelques meuniers.
En 1561, Pierre.
En 1575, Henri.
En 1589, Pierre.
En 1617, Thomas.
En 1656, Toussaint.
En 1665, Bertrand, décédé en 1670.
Après 1720 et pendant de nombreuses années, Henri LEMAIRE, originaire de Ligneuville (dont descend M. Henri LEMAIRE de Bèche), puis son fils, Jean-Henri.
Vers 1770 et après, Jean-François FRÉÇON.
En 1796, Henri NOEL.
En 1846, et après Arnold WERGIFOSSE, originaire de Grivegnée.
La famille PAQUAY-CUVEILLEZ de Vielsalm a été la dernière à exploiter le moulin à farine.

Le 15 décembre 1861, à 8 heures du matin, un accident mortel se produisit au moulin. Jean-Arnold, âgé de 14 ans, fils du meunier WERGIFOSSE gardait le moulin en l’absence de son père. À quoi s’occupait-il ? Il se fit prendre par un engrenage, eut un bras arraché, la tête fendue, et fut tué sur le coup.

Gaston REMACLE

Ndlr :
D’après des notes de G. REMACLE, le nouvel édifice construit avec les pierres du moulin est la chapelle de Bèche. Il ajoute un meunier entre NOEL et WERGIFOSSE : Vers 1835 et après : Henri-Joseph LAPLUME, de Salmchâteau. Il ajoute, d’après les papiers PAQUAY, qu’en 1890-1895, Constant PAQUAY-CUVELLIEZ louait le moulin à M. OLIVIER, de Recogne, pour 650 frs. par an.

jeudi 23 juillet 2009

Le moulin Lebecque.

(publié dans L’Avenir du Luxembourg, le 4 avril 1946)

C’est avec regret que les amis des choses du passé auront vu disparaître, ces derniers jours, une construction bien familière.

Il s’agit du « moulin LEBECQUE », à Ville-du-Bois, appelé aussi « moulin du Bârfa » par les gens de l’endroit, « Bârfa » étant le nom du creux où se blottissait le vieux bâtiment en pierres d’arkose si abondantes aux environs.

Depuis vingt ans que son tic-tac sympathique ne résonnait plus, le moulin avait pâti de bien des vandalismes.

La guerre qui vient de finir l’avait aussi rudoyé. Son sort vient d’être définitivement réglé. C’est une équipe de prisonniers allemands casernés à Rencheux qui a procédé à la démolition de la bâtisse.

Il n’est peut-être pas sans intérêt d’en dire quelques mots.

La construction du moulin remonte à 1820. Elle fut entreprise par Jean-Maurice LEBECQUE de Ville-du-Bois (1778 – 1850), laboureur, commerçant, messager, gros propriétaire. Le nom du constructeur est resté, jusqu’à nos jours, attaché au bâtiment. Par voie d’héritage, le moulin passa dans la famille JEUNEJEAN de Ville-du-Bois, qui l’a conservé jusqu’à ces dernières années.



(personnage: François JEUNEJEAN, propriétaire du moulin, photo prise avant 1915)



Tapi au fond du val, entre deux raidillons prononcés, écarté du village, le moulin paraît avoir eu aux yeux de la génération actuelle, une situation un peu étrange et difficilement compréhensible. Elle s’explique toutefois aisément et semble très normale pour le début du siècle dernier. Car le moulin se plaçait au passage d’une voie séculaire alors encore très fréquentée. Mais combien le savent seulement. Elle n’est plus aujourd’hui qu’un modeste chemin champêtre ; depuis un siècle la grand’route Vielsalm-Poteau surtout a draîné la circulation dans un autre sens et contribué à jeter l’oubli sur tout un passé.

Jusqu’à la fin de la guerre 1914-1918, le moulin servit. Il se montra même, en ces quatre années, plus indispensable que jamais. Avec le meunier d’alors M. SEPULT, que de bons tours joués aux Allemands contrôleurs, tout à l’avantage des familles où l’on pouvait ainsi manger un peu à sa faim.

C’est également durant cette guerre que le moulin fut pourvu d’un dispositif pour assurer l’éclairage – Oh ! rudimentaire, mais utile – de Ville-du-Bois.

C’est encore lui qui, alors, fut souvent complice de secours en vivres et vêtements offert aux prisonniers russes dont le camp se trouvait quelques centaines de mètres plus loin. Gamin, l’auteur de ces lignes y fut même un jour de la sorte pris en flagrant délit, et emmené par un sévère landsturm.

Le moulin LEBECQUE a vécu. Parce qu’il évoque tout un passé, sa disparition jettera dans les cœurs de ceux qui l’ont connu, une note de mélancolie.

Gaston REMACLE



Ndlr:

Note de G. REMACLE :

meuniers:
- Victor TALBOT.
- Conrard REMY, de 1901 à 1907 ( + 1970), marié en 1905 à Eugénie FELTEN (+ 1970).
- Fernand REMACLE.