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jeudi 4 septembre 2014

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

L’Organe du 11 septembre 1910 :
 Mercredi dernier, un jeune homme de Jevigné se rendait à vélo à son travail, porteur de ciseaux servant à élaguer les haies. Il fit une chute et se troua la tête d’outre en outre avec son outil. Il est mort sur place.
On ne dira plus que nos Ardennes reculent devant l’admission de tous les progrès modernes : les communes de Cherain,  Mont-le-Ban, Limerlé et Sommerain ont réussi à obtenir le téléphone  rattaché au réseau  de Liège. Sans doute les démarches incessantes de quelques particuliers de ces communes ont-elles hâté la réalisation de leur désir.

L’Organe du 3 septembre 1911 :
A Vielsalm, dans la nuit du 30 au 31 août, on a dérobé plusieurs chemises, draps de lits et mouchoirs de poche se trouvant dans du linge « mis au vert » en lieu dit Les Doyards.  La police a procédé à une enquête sérieuse et le coupable n’est pas loin d’être pincé.
(Sur la carte postale prise avant 1905 et envoyée en 1908 à Octavie Lange, tailleuse, Chalet du Parc [de Rosée] à Vielsalm, on voit le linge mis à blanchir le long du bief du moulin dans les Doyards)

Sâm po-tot : le titre de cette société de Salmchâteau se justifie par la présence dans ce groupe, outre les Sâmiots, d’éléments de diverses localités voisines. De l’esprit, du mouvement, de la gaieté, de l’épargne, telles sont les grandes qualités auxquelles il convient d’y ajouter le divertissement à bon marché, la bonne et franche camaraderie. A la répartition des sommes versées et des bénéfices réalisés pendant le cours d’une année, certains membres ont touché du 27 %.
L’Organe du 1er septembre 1935 : 
Grave accident de la route à Deyfeld.
MM. Joseph Holzheimer et Léopod Geubel, l’un et l’autre 33 ans, de Deyfeld, après une excursion, regagnaient la localité vers 21 heures. Le premier qui était en avance sur son compagnon dévalait la pente qui aboutit au hameau lorsqu’il entra en collision avec l’auto d’un habitant de Gouvy contre laquelle M. Geubel se jeta à son tour. M. Holzheimer, le crâne ouvert, décéda sur place ; M . Geubel eut l’épaule fracturée et des contusions.
L’Organe du 1er septembre 1912 donne un large compte-rendu des courses cyclistes organisées à Grand-Halleux. Celle pour non licenciés sur le trajet Trois-Ponts-Basse-Bodeux-Manhay-La Baraque de Fraiture-Vielsalm, soit 65 km a vu la victoire d’un Tromme en 5 heures 1 minute et 30 secondes. Celle des juniors sur 35 km a été gagnée par un Gilson en 5 heures 46 minutes et 30 secondes.
 Les moyennes n’étaient donc pas époustouflantes mais il faut tenir compte de l’état des routes et du matériel sans doute plutôt rustique.

L’Organe du 6 octobre 1912 : A Trois-Ponts, vendredi dernier, un incendie d’une rare violence s’est déclaré chez M.E. Lambert, marchand de pétrole. Malgré les efforts des sauveteurs, le feu s’est communiqué à une maison voisine.  Les deux habitations furent réduites en cendres.
A Stavelot, un orage d’une rare violence s’est abattu sur cette contrée lundi soir : quatre bêtes à cornes ont été foudroyées à Xierfomont,  appartenant au même propriétaire. Celui-ci finissait de traire une des vaches lorsqu’elle fut frappée par le fluide. La commotion le projeta violemment à terre.

                                                                                         Robert NIZET


samedi 11 janvier 2014

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

L’Organe de Vielsalm du 2 avril 1905 signale qu’un grand attrait à l’Exposition de Liège sera la présence les 12 et 13 mai de la célèbre meute de chasse à courre de Vielsalm que M. Saint Paul de Sinçay, maître d’équipage, a bien voulu promettre d’envoyer et qui fera accourir tous les amateurs de beaux chiens.

Il annonce aussi qu’une cabine téléphonique va être mise incessamment à la disposition des intéressés. Elle sera placée à la poste, dans la salle d’attente.

D’autre part, on demande des apprentis à l’Usine de pierres à aiguiser de M. Gustave jacques à Vielsalm. [ancienne maison Grognard au-dessus du magasin Hubo actuellement]

Le 30 mars 1913, l’Organe rapporte qu’un incendie d’une extrême violence s’est déclaré dimanche soir dans la maison de M. André Monfort à Lierneux. Grâce au prompt secours apporté par M Béchoux, pompier volontaire et au bon fonctionnement du matériel que M. le Directeur de l’asile avait bien voulu mettre à la disposition des sauveteurs, le sinistre a pu être localisé. De la maison incendiée, il ne reste que des ruines. Le parquet de Verviers a sur une plainte anonyme procédé à une enquête. Plusieurs pensionnaires ont été interrogés.

Il est vrai que les Monfort voient régulièrement leurs immeubles partir en fumée !

Le quadruple meurtre de Spa.

L’Organe de Vielsalm du 2 janvier 1910  relate cette horrible tragédie de Spa.
La maison du crime est adossée à la montagne boisée de la Sauvenière en contrebas des routes et comprend un corps de ferme, un corps de logis et un restaurant. Sur le côté, vers la route du Tonnelet, une porte donne sur la cour de la ferme ; devant, vers la route de Spa, l’entrée des granges et des écuries, la porte du restaurant. C’est en ce lieu qu’un horrible forfait a été commis.
Sous un amas de linge, Mme Evrard gisait, inanimée, morte, au milieu d’une mare de sang ; à la tête, d’épouvantables  blessures s’ouvraient, béantes. Le long du mur, le cadavre du petit Evrard, sanglant lui aussi, s’étalait, la tête fracassée. Sur le palier du premier étage, le corps, étendu sur le dos, de la troisième victime, M. Evrard. La chambre de la vieille mère fut ensuite ouverte : sur le lit un cadavre gisait, épouvantablement charcuté. Le chien de garde avait aussi été égorgé.
La police fait d’actives recherches qui, pour l’instant n’ont rien donné.

L’Organe du 3 avril de la même année reparle de l’affaire avec la découverte d’un couteau ensanglanté. Les parents des victimes ayant obtenu l’autorisation de mettre en vente tout ce qui se trouvait dans l’auberge et faisaient donc l’inventaire : ils soulevèrent un tiroir posé sur le comptoir auquel on n’avait jamais touché – négligence impardonnable de l’instruction – et découvrirent un couteau ensanglanté ! Cette découverte a une portée très grande : elle vient consolider les soupçons contre le garçon de  café Louis Julien détenu à la prison d’Amiens. Celui-ci arriva à Spa au moment de la quinzaine de l’aviation, prit pension chez un cafetier de la rue de la Sauvenière puis fut engagé comme garçon de café chez Evrard. Au cours d’une discussion qu’il eut avec un logeur, Julien sortit un jour un poignard de sa poche en disant qu’avec cela il pourrait faire une belle boutonnière. Le témoin a formellement reconnu le poignard en question. Cette découverte a provoqué une grande émotion à Spa où l’on apprécie très sévèrement la façon dont l’instruction a été menée.

Le 29 octobre, l’Organe signale qu’un sinistre quatuor composé de Julien, Jean, Garnier et Kerboriou, ( des déserteurs, interdits de séjour et dépourvus de tout sens moral) a été arrêté en France. La Cour d’Amiens vient de commencer les débats concernant cette affaire.

Le 19 novembre, on apprend que Julien, condamné à la peine capitale s’est pourvu en cassation et que les trois autres qui ont eu la chance d’y échapper vont être dirigés vers le bagne de Cayenne. Le 10 décembre, l’Organe précise que ce pourvoi est rejeté et le 31 décembre  que Julien a vu sa peine de mort commuée en travaux forcés à perpétuité : il sauve ainsi sa tête. Fin de l’affaire, donc, réglée en moins d’un an !


                                                                               Robert NIZET

vendredi 1 mars 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps


L’Organe du 5 février 1905
Joseph Hens (marchand-tailleur né à Vielsalm le 10 avril 1867, auteur, notamment, d’un Vocabulaire de l’Ardoisier ) vient de voir couronner sa poésie « Dans mon jardin »  au concours littéraire organisé par le Tout-Verviers :

Dans mon jardin plein d’œillets roses
 Les filles vinrent l’autre jour :
Elles étaient trois point moroses,
Vibrantes de vie et d’amour…

D’une main rude la première
Faucha la touffe de ma fleur…
Près d’elle une rose trémière
La regardait avec douleur…

L’autre cueillit, plus ménagère
De quoi fleurir son sein discret,
Mais insoucieuse ou légère,
Oublia sur terre un œillet !

L’œil attendri de la dernière
Alla du sol rosé à mon œil,
Je compris la douce prière
Un bon sourire y fit accueil.

De ses doigts que la grâce entraîne,
Joyeuse, elle fit un bouquet
Que le rêve-roi d’une reine
Peut seul enfanter si coquet !

Et les trois filles me quittèrent…
Aux fleurs, ELLE semblait causer
Puis ses deux lèvres leur jetèrent
A la dérobée un baiser.

Depuis lors je vois sans trêve
Le geste et les yeux inquiets…
Et je viens poursuivant mon rêve
Dans mon jardin rire aux œillets !

L’Organe du 2 février 1913 informe que Vielsalm possède pour le moment une attraction qui divertira certainement en ces temps d’hiver nos paisibles concitoyens. Le Cinéma Palace installé depuis dimanche dernier dans l’ancien café J.B. Louis se propose de donner une série de représentations de gala. Tous les dimanches matinée à 3 heures et soirée à 7 heures. Tableaux bien nets et d’actualité, représentation morale au possible, telle est la devise du Cinéma Palace.

L’organe du 1er février 1914 nous apprend que sur 5902 employés au service des télégraphes et téléphones on compte 825 femmes.

Il rapporte en outre que le mercredi  précédent, le train devant arriver à 8h40 du soir à Vielsalm a déraillé au lieu dit moulin de Rochelinval. Trois voitures et une machine ont fait près de 180 mètres sur la racaille à cause semble-t-il d’un écartement des rails .L’an dernier, pareille mésaventure était déjà arrivée à un train de marchandises. Or,  il y a quelques années on avait précisément demandé la création d’un arrêt à cet endroit, demande refusée car cette localité n’était pas assez importante.

Robert NIZET