dimanche 30 août 2009
samedi 22 août 2009
dimanche 9 août 2009
4. Les châteaux de Salm.
(J. VANNERUS, L'ancienneté relative des deux châteaux de Salm-en-Ardenne, dans B.I.A.LUX. 1933)
En conclusion de son étude, VANNÉRUS écrit : « Toutes les mentions de Salm-en-Ardenne antérieures au milieu du XIV° siècle peuvent être attribuées à Vielsalm et c'est le castellum (1153) construit ici qui a fourni leur nom, non seulement au comte Gislebert de 1034/1035 et à ses descendants ardennais, mais également au château bâti dans les Vosges vers l'an 1200 et à la dynastie qui y a poursuivi ses destinées.»
La conclusion de VANNÉRUS, rigoureusement établie, est indiscutable. Ajoutons qu'elle se confirme par un autre fait : la fixation, près du château de Vielsalm, de l'église paroissiale de Salm.
Ce château se dressait à l'emplacement de l'actuelle villa de Mme MOUTON, auparavant villa de MARNIX, en face de l'église de Vielsalm. Le 9 septembre 1560, ce qui en restait fut cédé héréditablement en fief à « Gilles le moulnier de la Vielle Saulme ». L'endroit a longtemps gardé la dénomination de « vieux château », et nous en avons recueilli une série de mentions allant de 1560 à 1835.
Lorsque, par un travail sincère de l'esprit, on arrive à restituer à ces lieux leur aspect d'autrefois, on doit reconnaître qu'ils furent une assise admirable pour une forteresse. Celle-ci dominait plusieurs vallées profondes et n'était guère accessible que par le haut. Elle faisait face aux abbayes proches et envahissantes de Stavelot et Malmedy. Les cours d'eau qui encerclaient sa base aux trois quarts pouvaient aisément être endigués et former étangs.
Au début du XIVe siècle, plus précisément entre 1307 et 1362, comme l'établit encore VANNÉRUS, les comtes décidèrent de changer de résidence, d'abandonner leur château de Vielsalm et d'en construire un nouveau à 3 km environ vers le sud.
La raison de ce changement ? Nous pensons qu'elle consiste surtout dans l'intention, des seigneurs de Salm, de prendre pied du côté de La Bedinne.
(G. REMACLE, Du premier au second château de Salm-en-Ardenne, dans B.I.A.LUX., Arlon, 1965)
La première mention de ce nouveau château nous est connue par un document de 1362 selon lequel Mahaut de THUIN, comtesse de Salm, veuve de Henri VI, et son fils le futur Henri VII, créent une franchise au bas château de Salm ; le privilège est accordé « à tous ceux qui sont, seront ou viendront residement demeurer et maisoner et edifier le temps présent ou à venir au bas chasteau de Salme ».
Les ruines de ce château sont toujours visibles près de Salmchâteau.
Selon FAHNE, un incendie détruisit une aile du château de Salm vers 1645, aile reconstruite par les sujets du comte. Un incendie du même genre se produisit au début du XVIIIe siècle ; le château fut de nouveau restauré vers 1740. C'est surtout au début du régime français, croyons-nous, que le château a subi les graves excès qui l'ont ruiné. Par arrêté du Régent en date du 5 décembre 1946, paru au Moniteur belge, du 23 janvier 1947, ces ruines et leurs abords ont été classés comme sites en raison de leur valeur archéologique et historique.
A notre connaissance, il existe trois dessins du château de Salm, réalisés avant sa ruine. L'un le représente après un incendie, et avant sa restauration vers 1740. Il est du dessinateur spadois Remacle LE LOUP (1711-1749). Un deuxième dessin de la même époque est d'un autre dessinateur spadois, Mathieu XHROUET (1672-1747) à la bibliothèque de l'Université de Liège. Il donne du château une vue sous un angle différent de celui qu'avait choisi LE LOUP. Du même XHROUET, un dessin de la localité de Vielsalm silhouette au loin et en grisaille le château, celui-ci avant l'incendie précité et avant 1715. Enfin, l'ouvrage de FAHNE donne aussi un dessin du château ; celui-ci paraît en bon état et du XVIIIe siècle, bien que d'aspect discutable.
samedi 1 août 2009
En regardant des Ruines.
Le 10 mars 1953, à 10,50 h., M. le Bourgmestre de Vielsalm donnait le premier coup de pioche officiel marquant le début des travaux de reconstruction de l’église de Vielsalm, blessée à mort le 10 mai 1940.
À l’heure qu’il est, les travaux vont bon train. L’emplacement et les abords du nouvel édifice en subiront une modification complète.
S’il est un endroit qui, pour la région de Vielsalm, est chargé d’histoire, le voilà bien ici. Plusieurs fois déjà, des travaux d’importance ont entamé son aspect primitif. Ceux d’aujourd’hui vont faire tomber plus inexorablement encore le voile de l’oubli sur ce vieux coin, tout imprégné du souvenir des hommes et des choses. Aussi, convient-il d’évoquer un peu, à son sujet, le passé régional auquel il est lié.




Sauf la tour reconstruite en 1870, l’église détruite en 1940 avait été édifiée entièrement en 1715. Un subside de 6 000 écus, donné par le comte de Salm, servit à couvrir une grande partie des dépenses.
Dans le style du XVIIIe siècle, elle avait grande allure. À tel point, que le comte de Salm reprocha, paraît-il, à son haut-officier RUTH, l’édification d’une « cathédrale » au lieu d’une église de village comme il l’avait autorisé.
L’église nouvelle se dressait sur l’emplacement même de plusieurs églises antérieures. Combien ? on ne sait. On dit que la précédente était de 1511. Mais la paroisse dont elle constituait le centre vital remontait vraisemblablement à la période carolingienne, au temps où le zèle des religieux, installés à Stavelot depuis la moitié du VIIe siècle, évangélisait la région. En 1131, l’ « Ecclesia de Salmes » figure encore dans le relevé des églises payant des redevances à Stavelot.
La paroisse de « Salm » ainsi dénommée en 1131 concernait, et ce, jusqu’à 1803, tout le territoire allant de Cierreux à Ennal, et de Commanster à Goronne. Des chapelles pour les diverses localités la composant ne viendront qu’assez tard : Grand-Halleux, vers 1425 ; Commanster, 1683 ; Goronne, 1691 ; Burtonville, 1703 ; Petit-Thier, 1704 ; Salmchâteau, 1723 ; Ville-du-Bois, 1766.
Quant au premier édifice religieux de cette grande paroisse, s’est-il élevé à l’endroit des travaux actuels de construction ? Ce n’est pas certain. Toutefois, après la naissance du comté de Salm, l’église modeste du moment apparaît comme liée à la présence du château de Salm.
Car il y eut, à l’endroit devenu Vielsalm, le premier château des comtes de Salm.
Il est bien établi aujourd’hui que sur le promontoire rocheux qui constitue l’emplacement de l’actuelle villa de Madame MOUTON, s’est dressée la demeure féodale primitive des « de Salm », du nom même du ruisseau heurtant le pied du rocher. La première mention qu’on en connaisse est de 1153 : « castellum meum Salmis » (mon château de Salm), dit le comte Henri Ier en le mettant avec tous ses biens à la disposition de l’abbé Wibald de Stavelot. Toutefois, l’installation dans la région de la famille seigneuriale doit être datée de vers l’an 1000 déjà.
La crête rocheuse servant d’assise au manoir, avec ses abords, présentait en ce temps-là un aspect bien différent de celui d’aujourd’hui ; face au pays de Stavelot, elle offrait une disposition du sol très favorable à servir de base à une forteresse médiévale. Le remblai de la voie du chemin de fer établie en 1915, le remblai aussi sur lequel reposent la grand-route actuelle et les ruines de l’hôtel de Belle Vue, les travaux en cours pour la construction de l’église, ont complètement déformé le site. Par un travail sincère de l’esprit, l’imagination le recrée toutefois assez aisément.
Au bord de l’arête rocheuse, accessible seulement par le sud-est, le castel s’éleva. En face, l’église régionale vint se poser. Le chemin dévalant vers le ruisseau les séparait.
Trois bons siècles passèrent. Dans la première moitié du XIVe, entre 1307 et 1362, la demeure seigneuriale fut abandonnée, au profit d’une nouvelle édifiée 3 km. Vers le sud ; les restes en sont toujours visibles près de Salmchâteau.
L’ancien château tomba peu à peu en ruines. Le 9 septembre 1560, « illustre et noble Dame Elisabeth natifve de Hennenberg, comtesse de Saulme » céda héréditablement en fief à « Gilles le moulnier de la Vielle Saulme […] la place appelée le vieu chasteau gisant au dit Vielle Salme avecque les appendices et circuits à la ditte place … ».
À Vielsalm, la dénomination de « place du vieux château » donnée à l’endroit subsista pendant plus de deux siècles encore. En voici, par exemple, une mention de 1740 : « Le Sieur Jean-Louis Coster cède au Sieur Jean Raphaël bourgeois marchand résident à la Vielle Salme une place de maison scituée au dit Vielle Salme au lieu nommé le vieux château ».
Revenons sur le chantier des travaux d’où nous sommes partis.
Endroit chargé d’histoire ! Car, sous les dalles des anciennes églises successives, et tout autour de l’édifice religieux, jusqu’à la fin du siècle dernier et donc pendant huit siècles au moins, il servit de cimetière. En nombre incalculable, des milliers de défunts ont été, là, déposés.
Un véritable ossuaire pour la région. Il appelle le respect.
Au moment où les exigences contemporaines imposent la transformation et le renouvellement de ce vieux coin de Vielsalm, peut être les travaux en cours apporteront-ils des découvertes et, par là, des lumières nouvelles sur le passé de la région.




Gaston REMACLE
Ndlr:
publié également dans Excelsior, en mai 1953.
jeudi 30 juillet 2009
« Vieu Chasteau » et « Vieille Saulme ».
Nous avons relu avec beaucoup d’intérêt l’étude de M. VANNÉRUS qu’a publiée ce journal dans ses deux derniers numéros, étude relative aux deux gâteaux de Salm-en-Ardenne.
Elle a retenu l’attention de bien des lecteurs.
Aussi, sans autre souci que celui de l’information, voudrions-nous verser au dossier de cette affaire des éléments complémentaires. Ils sont tirés d’une grande quantité d’archives des 16e et 17e siècles, que nous avons pu consulter, et dont ne fait pas état M. VANNÉRUS. Le lecteur pourra ensuite facilement tirer lui-même la conclusion.
Le « vieu chasteau ».
Qu’il y ait eu, à l’époque féodale, une forteresse à l’endroit devenu Vielsalm il n’y a pas à en douter.
On l’a dit déjà : la place de ce château nous est signalée par un record de justice du 18 novembre 1561 selon lequel « Gilles le Moulnier de la Vieille Saulme » a reçu héréditairement en fief le 9 septembre 1560, de la comtesse de Salm Elisabeth de HENNENBERG « la place appelée le Vieu chasteau gisant au dit Vielle Salm ».
Après 1560, cette dénomination de « vieux chasteau » s’est maintenue trois siècles encore à Vielsalm, et effectivement pour désigner l’endroit occupé actuellement par la villa de Madame MOUTON.
À ce sujet, nous avons recueilli dans les archives une série de mentions, parmi lesquelles les suivantes.
- 1634. – « La succession féodalle » de « Maron vefve de feu Pier Gillet en son vivant mayeur consistant premièrement en la maison et chastesse situé à la Vielle Salm dit le vieu chasteau … ».
Pierre GILLET signalé dans ce texte est le fils de Gilles le meunier de Vielsalm, mentionné ci-dessus. Depuis 1560, une maison a donc été construite sur la place du vieux château, par Gilles ou son fils Pierre.
- 1637. – « Gillet de Hottechamps assisté de Henry de Bodeux son beau fils […] vend et transporte à Collet Rosseau de la Vielle Salm […] sa parte et action des estableries, graingne, jardins aux arbres, et courtys derrier la dite graingne, de la maison et chaisteresse de ses beau père et mère situé au vieux chasteau, à la vielle Salm, derrier l’église … ».
- 1664. – « Le 18 janvier 1664, par devant Prévost et hommes féodaulx du Comte de Salm comparant en personne le Sr Jean Salentin Pierrez mayeur de cestuy comté lequel at déclaré avoir vendu dez le 2 du mois 8bre de l’an 1662, à son beau frère Lambert Raymundy ce acceptant pour ses enfans procréez avecq sa femme, soeure au dit vendeur […] sa maison, appendice, et appartenances, cortys potagiers, jardins aux arbres extant aux granges, Estableries, et générallement toutte action qu’il peult avoir dans les Bastiments du vieux chetteau tant de son chef que frères et soeures, oncles, et cousins … sans rien exclure, ny horsmettre dans le circuit du dit vieux Chetteau, … ».
Jean Salentin PIERREZ qui vient d’être cité est l’arrière-petit-fils en ligne directe de Pierre GILLET. Lambert RAYMUNDY, liégeois d’origine, habitant Vielsalm, a épousé Anne sœur de Jean Salentin.
Après cette date, la place en question est l’objet de plusieurs successions et ventes. Une nouvelle maison y est bâtie vers 1665. Citons quelques textes :
- 1674, 30 janvier. – « Anne vefve de feu Lambert Raymundy » achète aux orphelins Léonard BELHOMME de Rogery « la sixiesme parte du grand estable appartenant aux dits orphelins gisant sur le vieux chasteau […] Item la sixiesme parte de la gagière de la neuf maison et de son aisance gisante au même lieu dit vieux chasteau […] Item la sixiesme de la grange et estable des vaches au même lieu. Item la sixiesme parte de l’estable de moutons ioindant à la chavé et d’un costé à l’acquérante ».
- 1696, 19 décembre. – « Le Sr Erich Adolphe Foccart prévost de la terre et comté de Salm pays de Luxembourg […] et dame Elenne Raymundy son espouse » (Hélène RAYMUNDY est la fille de Lambert RAYMUNDY, déjà cité), et le « Sr Jean Querin Doeumer et Elisabeth sa soeure » effectuent un partage selon lequel « la maison du vieux chasteau où ils résident la gagère de la neuve maison et générallement touts batimens scituez au dit vieux château avec les potggers et à herbe contenus dans son circuit sans aucune réserve ny exception seront et demeureront uniquement à sa dite soeure Jeniton … ».
Bientôt de nouvelles familles vont intervenir dans la propriété de l’endroit.
- 1740, 28 juin. – « le Sr Jean Louis Coster cède au Sr Jean Raphaël bourgeois marchand résident à la Vielle Saulme […] une place de maison scituée au dit Vielle Saulme au lieu nommé le vieux château, joindant du dessous aux écuries du Sr Foccart et du deseur au jardin du Sr Louis Meurice procureur d’office moderne du comte de Salme … ».
- 1776, 18 janvier. – « la demoiselle Marie Catherine Meurice veuve de Bartholomé Comté de Vielsalm […] et Pierre Meurice natif du dit Vielsalm résidant à Mont Petit Halleux, lesquels déclarent d’avoir vendu […] au Sieur Jean Bernard Otte mayeur et receveur du comté de Salme et au sieur Servais Lemoine marchand à Rencheux, ici présens acceptans un terrain et vieilles masures gisans au lieu dit le Vieux Château contigu derrière au Neuf Bâtiment construit par les acquerans au même lieu … ».



Jean Bernard Otte (1719 – 1793) finira par posséder à lui seul toute la place. Après lui, son fils Jean François Joseph (1760 – 1838), puis les héritiers de celui-ci jusque bien avant le 19e siècle.
- 1835, 7 octobre. – « les habitants du bourg de Vielslam s’obligent solidairement à mettre à la disposition de l’entrepreneur qui sera chargé de la construction de la partie de cette route, depuis la maison du Sr Jean Nicolas Wathelet situé à Vielsalm jusqu’au mur qui ceint, vers le midi, la prairie ou enclos, nommé le vieux château, appartenant au sieur J.F.J. Otte de Vielsalm, toutes les corvées ou mains d’œuvre nécessaire pour enlever et transporter les pierres et terres existant sur ce point, afin d’opérer les déblai et remblai déterminés par les plans… ».
Ce dernier texte se rapporte au projet de construction de la grand-route de Trois-Ponts à Salmchâteau, qui ne sera toutefois réalisé que dix ans plus tard.
Malgré l’abandon du château avant 1362, puis sa ruine, le souvenir de cette demeure seigneuriale s’est donc conservé plusieurs siècles durant dans la toponymie de Vielsalm.
La « vieille Saulme ».
Le sens du déterminatif accompagnant le terme Salm pour composer le nom de Vielsalm devait être, aux 16e et 17e siècles, bien mieux connu que de nos jours ; on se trouvait en effet, à ce moment, plus près des origines de l’endroit.
Or, une quantité de documents de cette époque, dont ne fait pas état M. VANNÉRUS, donnent sans nul doute à ce déterminatif le sens de vieux.
Nous avons recueilli à ce propos une abondante documentation qu’il n ‘est pas possible de détailler ici.
Aux actes de la Cour de Salm, par exemple, George WIROTTE, qui est clerc juré de la Cour durant une trentaine d’années aux environs de 1600, mentionne toujours Vielsalm par « vieille Saulme ». ses graphies de cette forme sont innombrables. Or, Georges WIROTTE n’est pas un étranger dans le pays, ignorant du passé de Vielsalm ; son père et son grand-père étaient de Goronne où la famille WIROTTE se trouve déjà vers 1450.
D’autres documents de l’époque parlent même de « Salme la vieille ».
Un peu plus tard, à partir de 1636, les actes de la paroisse de Salm nous donnent aussi des indications intéressantes.
Dans ses actes de baptême, par exemple, et jusqu’à la fin de son pastorat en 1661, l’abbé Pierre GOMÉ, curé de Salm, mentionne toujours Vielsalm par « veteri Salma » ; il y a ainsi des centaines de mentions. Or, Pierre GOMÉ, lui aussi, connaît bien Vielsalm, parce qu’étant du pays et peut-être de Vielsalm même ; on rencontre des familles GOMÉ dans la région vers 1600, à Vielsalm, Cahay, Bêche.
Du 13 mars 1661 à 1700, les successeurs de Piere GOMÉ continueront de donner au déterminant viel le sens de vieux. Nous avons relevé dans les actes de baptêmes, pour cette période, 323 mentions de Vielsalm, soit 200 veteri Salma, 114 antiqua Salma, et 9 mentions en langue française (vielle Salm, viele Salm, viel Salm).
Par contre, à plusieurs reprises, apparaît la graphie Salma nova ; mais elle concerne Salmchâteau, ou plutôt une partie de cette localité. À cette époque, cette dernière localité comporte deux groupes habités considérés comme tout à fait distincts : l’un Bas château ; l’autre, signalé généralement sous le nom Salm, parfois comme « Salma nova », « Salmis de Castro », « Salma ad arcem ». avec le 18e siècle, le terme Salmchâteau finira par s’imposer.
D’autres considérations pourraient encore intervenir au sujet du passé de Vielsalm.
Ainsi, comment expliquer la présence du siège paroissial à cet endroit, déjà au 18e siècle pour le moins, sinon par le fait du voisinage de la demeure seigneuriale. De gré ou de force, dans l’esprit de l’époque, la vie du château aura fixé là le centre de vie religieuse.
Il est toutefois deux autres questions que n’aborde pas l’étude publiée de M. VANNÉRUS ; elles en dépassent d’ailleurs le cadre.
D’une part, que signifie le terme SALM, et comment expliquer sa présence dans l’appellation de Vielsalm ?
D’autre part, qu’y avait-il, avant la construction du château, sur le promontoire ayant servi de berceau à la localité ?
Deux problèmes intéressants pour l’histoire de la localité et de la région.
Gaston REMACLE
lundi 27 juillet 2009
Connaissons notre région. (XXI)
À l’origine de Vielsalm.
C’est à l’endroit, en face de l’église, occupé maintenant par la villa dite villa Mouton, que les premiers seigneurs qui prirent le nom « de Salm » bâtirent leur maison forte, cela vers l’an mille. L’endroit, jusqu’alors désert, était un promontoire rocheux s’élevant au-dessus du cours d’eau, mais il a été déformé depuis le siècle dernier par le passage de la route de l’Etat et la voie du chemin de fer Vielsalm – Saint-Vith. Aux abords de cette maison forte, peu à peu l’une ou l’autre maison s’est élevée pour vivre dans l’entourage du manoir. Il y avait huit maisons déjà vers l’année 1500, constituant l’origine d’une localité devenue Vielsalm. Cette localité s’appela longtemps SALM, et plus tard son nom est devenu Vielsalm comme nous l’indiquerons prochainement.
Gaston REMACLE
Ndlr :
La « villa Mouton » occupait l’emplacement actuel de l’établissement « Les contes de Salm ».