Affichage des articles dont le libellé est gare. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est gare. Afficher tous les articles

jeudi 3 octobre 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps

On lit dans  L’Organe de Vielsalm :

Le 24 septembre 1909 :
Nouvelles de l’expédition Laplume au Congo : une colonne de cent  hommes  vient de quitter le district du Bangalla pour se rendre dans l’Ouellé où elle renforcera l’expédition Laplume qui opère contre le sultan Djabbir, sans grand succès jusqu’à présent,  avantages partiels et revers se succédant. Elle enregistre de nombreux cas de désertion : un grand nombre de soldats passe au camp de l’ennemi avec leurs armes perfectionnées.
L’état civil nous apprend la naissance de Marie  Kieffer que de nombreux lecteurs ont encore connue.
 Un personnage !

Dans la nuit du 24 au 25 septembre un malandrin a tenté de cambrioler le moulin Lebecque à Ville-du-Bois. Le meunier rentrant chez lui aperçut de la lumière dans le bâtiment. Sa femme retourna à Ville-du-Bois pour chercher du renfort. Le cambrioleur sauta par la fenêtre et se blessa,  parvint néanmoins à se sauver mais fut rattrapé. Après lui avoir administré une bonne raclée, on l’amena à la gendarmerie de Vielsalm où il avoua qu’il avait un complice. Sur place la gendarmerie constata diverses disparitions dont une machine à coudre. En fait, le duo, des polonais [déjà !] s’était rendu coupable d’autres faits du genre dans la région.

Le 7 octobre 1906 : un terrible accident à la gare du chemin de fer de Vielsalm.
François Pècheux, ouvrier préposé au service des manœuvres s’est fait écraser entre une locomotive et un wagon au quai de déchargement en amont de la gare. La victime eut le bassin complètement déplacé, un bras et une jambe cassés en plusieurs endroits et de nombreuses contusions. Le docteur Tilman fit transporter la victime chez elle où elle mourut quatre heures plus tard dans d’atroces douleurs.
Pècheux était marié et père de deux enfants et habitait depuis quelques temps au passage à niveau de Cierreux. Il était au service de l’État depuis 35 ans.

Le 29 septembre 1907 :
A Ottré, le cordonnier Briol, après avoir verni les fenêtres de son habitation employa du calygène pour nettoyer les taches sur les vitres. Sa petite fille s’empara du bol contenant le produit et en but une gorgée : l’effet fut terrible. Atrocement brûlée, tous les efforts du médecin furent inutiles et elle expira après 24 heures d’atroces souffrances.
A Bovigny, le ruisseau venant de Beho vers Bovigny [le Glain, donc ?] a été chaulé dans les premiers jours de la semaine. La police est sur les traces de ces écumeurs de rivières.

Le 6 octobre 1907.
On apprend d’Aix- la- Chapelle que l’automobile club impérial a entamé avec la ville des pourparlers pour l’établissement d’un autodrome et d’une piste d’essais dans l’Eifel. La province avancera le capital et la ville se chargera des intérêts. Le club automobile de Francfort s’est prononcé contre ce projet car en raison de la proximité de la frontière belge, c’est la Belgique qui profitera des avantages commerciaux que procureront ces réunions.
[S’agit-il du fameux Nürburgring près de Adenau, à proximité du château de Nürburg à une centaine de km de Vielsalm ? Si oui, on a mis le temps puisque la construction de cette piste date de 1925, son inauguration de 1927 !]
A partir de samedi prochain commencera le chauffage de nuit des trains de voyageurs partant entre 11h du soir et 4 h du matin. A partir du 3 novembre, tous les trains seront chauffés jour et nuit.


                                                                               Robert NIZET

samedi 16 mars 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps



  
Dans l’Organe du 18 février 1906 on annonce la mort de monsieur Auguste Cahay, 76 ans, hôtelier à Vielsalm, veuf en 1ères  noces de Deroitte Marie-Elisabeth et en 2èmes noces de Moreau Lambertine. Dans celui du 8 avril suivant, les études de Mes Gomez et Caprasse annoncent pour cause de décès l’adjudication provisoire d’immeubles à Vielsalm : l’Hôtel de la Station mieux connu sous le nom d’Hôtel Cahay avec annexes, écuries, remises et pré y attenant, joignant la gare de Vielsalm et la rivière La Salm.

Les terrains situés à cet endroit étaient propriété depuis l’origine du cadastre et jusqu’en 1889 de Charles-Joseph Otte, cultivateur, puis après son décès, de sa veuve Joséphine Olivier, rentière.
 En 1890, cette propriété passe à Auguste Cahay, négociant en bois puis hôtelier. C’est donc lui qui entre 1890 et 1893 construisit là une maison à usage d’hôtel qu’il agrandira au moins une fois.
(Cahay fut élu aux élections du 15 octobre 1899 comme conseiller de la commune de Vielsalm, élection invalidée par la Députation Permanente du fait que le domicile dudit Cahay entre la gare et la rivière est situé sur le territoire de Rencheux !)
Le tout mis à prix à 22.300 Fr a été adjugé après différentes enchères pour 22.600 Fr à la fille du défunt, Julie, épouse assistée de Monsieur Victor Jeunejean, marchand de bestiaux.
Le couple Jeunejean-Cahay n’exploite cet hôtel (ayant porté plusieurs dénominations) que moins de trois ans car dès 1909, il appartient à Joseph Molhan-Renard, transporteur en malles-poste et hôtelier établi en face.

Deux avis dans l’Organe attirent inévitablement l’attention  quand on compare leur contenu à ce que nous connaissons actuellement.
Le 22 février 1914 le journal nous apprend en effet que le bureau des postes de Vielsalm sera ouvert les dimanches et jours fériés de 9 à 10 heures !
Le 5 avril de la même année, la Chambre de commerce nous informe que, comme suite à ses démarches, le bureau de la poste qui fermait à 6 heures du soir restera dorénavant ouvert jusque 7 heures !

 Quand on sait qu’à la même époque et encore bien plus tard, un envoi posté à Vielsalm dans la matinée était distribué à Bruxelles ou à Liège vers 16 ou 17 heures le même jour, que deux tournées par jour avaient lieu et une encore le dimanche, on peut se poser des questions sur l’efficacité actuelle de ce qui est malgré tout toujours considéré comme un service public.
                                               ***


Les premières courses automobiles organisées dès 1884 se déroulèrent de ville à ville mais les accidents causés par le passage de ces épreuves dans les localités populeuses, l’augmentation des vitesses atteintes et la recherche du nouveau firent naître l’idée de courir en circuit fermé. Elle prit forme, pour la première fois, en Belgique, avec le Circuit des Ardennes tracé autour de Bastogne. Il eut lieu de 1902 à 1907 et était l’équivalent de nos courses actuelles de Formule 1.
Peu d’entre vous le savent, sans doute. Il s’agissait donc d’un évènement mondial déplaçant les foules ( voir, pour les plus curieux, notamment, le n°16 de Glain et Salm, Haute Ardenne)  qui, on va le voir, engendrait donc de la jalousie chez certains.

L’Organe de Vielsalm  du 2 février 1908 reprenait l’information suivante du journal L’Auto : Je puis vous annoncer de façon formelle que le Circuit des Ardennes changera cette année d’itinéraire. Nous avons été trop longtemps accoutumés à la façon par trop commerciale des Ardennais et particulièrement des gens de Bastogne. En plus la ville de Spa paraît devenir le vrai centre sportif de la Belgique et (…) peut-être pourrait-on  aménager dans ses environs un circuit idéal.

L’Organe du 23 février  dévoile ce nouveau circuit : Trois-Ponts- Basse-Bodeux-Chevron- Werbomont- Baraque de Fraiture- Salmchâteau-Vielsalm-Trois-Ponts, soit 64 km à travers les Ardennes dans ce qu’elles ont de plus charmant et de plus pittoresque. L’article insiste sur la qualité des routes, le peu d’agglomérations traversées, l’absence de passage à niveau. Les autorités locales seraient très favorables à la course.

Mais tous ces espoirs seront déçus.
Tout d’abord le Circuit des Ardennes 1908 n’aura pas lieu : trop peu de concurrents s’étaient inscrits.
Ensuite, le projet de nouveau circuit fera long feu : il faudra attendre en 1920 la découverte du site de l’Eau rouge et la possibilité qu’il offre de constituer ce qui deviendra le Circuit national de Francorchamps. A ce moment, le Circuit des Ardennes de Bastogne n’est plus que souvenirs et regrets.


                                                                                     Robert NIZET



mardi 15 janvier 2013

Dans l'Organe de Vielsalm, il y a bien longtemps


L’Organe du dimanche 17 décembre 1905


Dans la Chronique régionale on lit, repris d’un autre journal – L’Express – l’article suivant signé J.A.
Les voyageurs de la ligne Trois-Ponts - Trois -Vierges ont remarqué un phénomène à première vue inexplicable.
Au pied de l’agreste colline qui supporte le coquet bourg de Vielsalm se trouve la halte de Rencheux qui dessert donc l’agglomération salmite (sic) et plusieurs communes voisines. Or tous les bâtiments de services de cette halte sont représentés par une vieille voiture de troisième classe séparée de son châssis et déposée sur l’accotement.
A trois kilomètres de là la ligne traverse le gentil village (…) de Salmchâteau. Un ancien compartiment tient lieu de station, tellement étroit, bas et exigu qu’il ne pourrait guère servir qu’aux minuscules nutons peuplant les légendes ardennaises.
Un peu plus loin cependant, le paysage change et la gare aussi : Cierreux ! Un arrêt en plein bois, auprès d’une unique ferme, accostée d’une maison cossue. Là, on a construit, pour abriter les voyageurs et l’employé, un bâtiment de belle allure, chauffé, éclairé, spacieux, agréable, pourvu de tous les services, notamment du télégraphe, et qui a coûté une bonne quinzaine de milliers de francs.
Cierreux, un hameau de Bovigny, compte 37 maisons éparses dans les bois avec une population de 176 habitants très casaniers, n’exerçant aucun commerce, aucune industrie. Aussi le mouvement est nul à la gare de Cierreux.  Lorsqu’y descend un voyageur, on pavoise la station et l’unique maison voisine est bien près d’illuminer ! Quant aux correspondances télégraphiques, les mauvaises langues du pays racontent que chaque dépêche expédiée ou reçue par Cierreux coûte à l’Etat 2,85fr
(…)
Comment justifier ces deux poids et ces deux  mesures ?
La métairie qui constitue à elle seule la presque totalité du hameau de Cierreux est la maison de campagne de M. Henry Delvaux, député clérical de la circonscription. Faut-il voir là l’explication du phénomène ?

L.G. (Louis Gillet ???) rétorque que la gare de Cierreux est récente et qu’il faut bien commencer les travaux de modernisation par quelque part. Quant au mouvement de cette gare, le chiffre de recettes faites par cette halte prouve qu’au lieu d’être casaniers les habitants de la Haute Ardenne ne détestent pas les excursions. De plus Cierreux est la gare la plus rapprochée de Bovigny, Rogery, Honvelez, Langlire, Commanster, etc…
Correspondances pédestres assurées par tous temps !

L’Organe du dimanche 14 mai 1905

Depuis que Lierneux est pourvu d’un vicinal ( le tram Vielsalm-Lierneux fonctionne depuis 1904) il ne doit plus y avoir de station de chemin de fer portant son nom. Le ministre des chemins de fer signale par deux lettres adressées l’une à Mr Henry Delvaux, l’autre à Mr François, représentants,  qu’il vient de remplacer la dénomination du point d’arrêt de « Rencheux-Lierneux » par celle de « Rencheux » qu’il portait primitivement. Le second avait fait une démarche en ce sens !

Dans les pages intérieures, on demande pour Bruxelles une fille à tout faire, pour se placer, comme fille de quartier.
 Qu’est-ce à dire ?
Dans l’état civil on signale la naissance de Pauline, fille d’Edouard Triolet et de Marie Mignon, mes anciens voisins du quartier de la Gare et le décès de Catherine-Jos. Gillet, 76 ans,  veuve Benoît à Priesmont.

L’Organe du dimanche 14 décembre 1913

Baraque de Fraiture : la voiture de Mr A. Renard, boulanger en notre ville, faisait le 11 ct vers 6 h du soir son service de distribution de pains, lorsque arrivé à la Baraque le cheval qui conduisait la dite voiture alla par suite de l’obscurité donner contre une charrette remplie de sapins qui était garée sur le côté de la route. Le cheval fut assez grièvement blessé et un fermier voisin fut requis pour le soigner. Il est en bonne voie de guérison.
La chose intéressante dans ce fait divers est de savoir qu’un boulanger allait à cette époque, et même en hiver, livrer son pain (rassis ?) aussi loin.

L’Organe du dimanche 7 décembre 1913

Vendredi dernier à 4h30 l’automobile du docteur Otte de Stavelot démarrait de la propriété Beaupain (Actuellement Place de Salm) et vint prendre en écharpe le vicinal Lierneux-Vielsalm qui arrivait à ce moment. L’automobile fut projetée contre le mur de clôture et le vicinal continuant sa course arracha au passage le marche-pied de la voiture.

L’Organe du dimanche 21 décembre 1913

Neuville est érigé(e) en paroisse. L’installation du nouveau curé, M. Jacquemart, qui y était vicaire, a eu lieu jeudi dernier.
La ligne de chemin de fer Stavelot-Malmedy entrera en exploitation le 5 janvier. Malmedy, cette cité wallonne, sera reliée à notre pays. Cette ligne se rattache en réalité à Trois-Ponts et de là par la ligne de l’Amblève et de l’Ourthe à Liège. Le trajet de Liège à Trois-Ponts réclame un peu moins de deux heures ; pour se rendre de là à Malmedy  par la voie nouvelle, il faut prévoir 45 minutes. Pourvu que les correspondances soient bien assurées il y a là une excursion charmante pour la belle saison qui pourra s’effectuer en une journée.
Dans les pages d’annonces, on remarque la publicité de Jules Clesse, docteur en médecine, chirurgie et accouchements, route de Bodeux, 106 à Trois-Ponts !
Autres temps, autres mœurs.

                                                                                        Robert NIZET

lundi 7 mai 2012

LE QUARTIER DE LA GARE DE MON ENFANCE

Je vous parle d’un temps que les moins de cinquante ans et les actuels nouveaux habitants du quartier ne peuvent pas connaître : celui des années cinquante à soixante, vieux donc d’une soixantaine d’années. Les souvenirs que j’en ai sont les miens ; mes contemporains en ont d’autres, différents, complémentaires.

Venant du centre de Vielsalm et tout juste après avoir dépassé le Salm-Home du baron Janssen, nous arrivons donc au quartier de la gare bien distinct du reste de la localité, surtout dans la mentalité des gens. Qu’y trouve-t-on à ce moment-là ?



1ère partie : le côté gauche de la rue

La vieille chapelle St-Gengoux et N.D. de Luxembourg perchée sur son talus entre les arbres – un monument en hommage aux coloniaux y sera érigé plus tard – précède la grosse maison Cottin. La première partie de celle-ci est occupée par Charles Maus et son épouse d’origine française, la seconde par la famille de Marcel Rulmont.



Au Bazar de la Salm chez Halconruy, plus tard chez Dejosé, on trouve presque tout mais notamment des sacoches, des valises, du papier peint, des articles religieux, des cartes postales, etc…

Le magasin d’ameublement de Raymond Monfort fournit tous les meubles de la maison : il en fabrique certains car il est menuisier.

Après les entrepôts de chez Payon, le garage Louis Barbette, concessionnaire des motos Saroléa et taxi à l’occasion avec sa grosse Chevrolet toujours garée en face.

La boulangerie Au Pré Fleuri de Paul Remacle où son épouse Suzanne vend, notamment, des délicieuses gosettes à la pâte feuilletée. Je salive.

A l’angle des Chars-à-Bœufs, un petit square, avec une grande croix de bois, entretenu par la famille Payon. Dans les Chars-à-Bœufs, se trouve la maison et le cabinet du bon docteur Remacle et bien sûr le Pensionnat du Sacré-Cœur où ma maman est allée à l’école. Elle en était, à l’époque, la plus jeune élève. Nous y allons parfois à la messe célébrée par l’abbé Cateau. Dans la ruelle adjacente de la Chapelle, citons, entre autres, la famille nombreuse Clotuche et chez Grégoire. Et dans les maisons du bas des Chars-à-Bœufs : Fernand Bock, le marchand de glace que l’on trouve lors de tous les événements et aux points stratégiques les jours d’été et la famille Billiet, notamment.

Le Garage de l’Etoile où Arthur Jeunejean vend annuellement une quantité étonnante de Renaul 4CV, Dauphine, Frégate, etc… Sur la vitrine à gauche de la porte d’entrée est peinte de temps à autre une scène rappelant les innombrables victoires en rallye des Dauphine Gordini. L’artiste inconnu sait y faire !

A côté, la forge des frères Roger et Emile Guillaume. J’entends les marteaux qui frappent l’enclume. Dans le travail, un cheval est ferré à neuf. Je sens la corne de ses sabots qui fume et grésille. On peut acheter là des écrémeuses Mélotte et – le progrès est déjà bien en route – des tracteurs Deutz.

La vitrine de la modiste Andrée Remacle propose des chapeaux qui actuellement auraient encore du succès.

Le petit magasin de Madame Habotte propose tabacs et chiques de toutes sortes. Ici aussi je sens un mélange de tabac, de cannelle et de je ne sais quoi de sucré.

Le café et la pension de la famille Orianne. Joseph travaille aux carrières du Gros Thier, a mon Gômez. Je le vois sortir de la galerie poussant avec deux ou trois autres ouvriers de fond un wagonnet chargé de blocs de schiste à scier ou à fendre. Les jours de fête à la gare, c’est lui l’homme-orchestre. Son épouse : Léna ; ses filles Geneviève et Fanny.

Après le Bureau luxembourgeois d’assurances et immobilier de Marcel Rulmont et chez Jean André ( Jean Mâtchwè)qui a épousé Flore en secondes noces nous voici à la librairie de Joseph Goldstein. S’il fait beau il est assis dans son fauteuil en osier devant la porte et porte une penne qui le protège du soleil. On y trouve journaux, films, cartes- routières, timbres-poste, etc… Une année (au moins) était-ce au moment du Tour de France ou pendant toutes vacances, je ne sais plus, un avion lui amène en début de soirée un paquet de journaux qui est largué dans un champ sous la beurrerie.

Madame Delvaux-Bovy, elle, est la propriétaire de l’Hôtel de la Salm possédant une magnifique cave creusée dans le roc. Sa fille Simone la seconde tandis que son fils Lolo navigue au loin sur des navires dont il est le cuistot.

Après chez Nottet, voici une autre boulangerie, celle de Louis Bruyère. Nous disons chez Smet (peut-être parce qu’il y avait eu là auparavant un Schmets ?) Nous n’y allions pas pour une rancune dont j’ignore la cause, futile à coup sûr.



Trois ou quatre maisons où habitent Gaston Jacques, son épouse Nestorine et deux filles de deux mariages différents, la veuve Burnotte et son fils Jean-Marie, les Rondeux et nous arrivons chez le menuisier Gustave Duvivier. Ici je hume la bonne odeur du bois, des copeaux et de la sciure qui s’amoncelle au sol. Gustave tient aussi deux ou trois vaches. Vers 1960 ou 1961 un terrible incendie détruira tout sauf le corps de logis.



Après chez Léopold Georges et Laure Wampach (dont une fille établie à Bruxelles et revenue pour la fête à la gare décèdera dans la nuit suivant le bal, je ne sais plus en quelle année) voici les établissements René Cottin : aliments pour bétail, charbons et station essence Purfina. Plusieurs véhicules et un personnel déjà nombreux mais c’est Marie Dantine qui retient mon attention : installée à l’étage, elle reprise les sacs en jute. Elle est déjà bien âgée cependant. Son fils Charles fait aussi partie du personnel. Un soir, grosse animation dans la rue : des moteurs vrombissent, le Tour de Belgique auto patronné par Purfina se ravitaille ici. Aloys Schonne, le comptable, ne sait où donner de la tête pour servir tous ces pilotes. Les Cottin ont construit plus loin une villa assez haut perchée : je ne sais qui l’habite. Plus tard, ce sera le Docteur Caprasse et sa famille venus de Salmchâteau.

Au-delà trois terrains dits Pré le Comte ne sont pas bâtis. Dans le premier, ce même Docteur Caprasse va bientôt y construire une grosse maison dont les travaux seront pour nous un petit événement. Dans l’autre, mon papa met ses jeunes veaux et c’est par là que nous grimpons aux carrières pour y faner un champ qu’il y loue, ou simplement pour jouer, explorer… Les carrières et leur réseau de rails pour wagonnets, avec plaques tournantes, les machines pour scier et fendre les blocs, une activité incessante : quelle source d’émerveillement pour un gamin ! Je sens la fraîcheur venant des profondeurs quand, l’été, on se place à l’entrée de la galerie. Lorsque la société a construit le moulin à schiste, il a d’abord fallu agrandir les ouvertures des portes car les machines n’entraient pas. Et au début de l’exploitation, tous les champs alentour seront couverts de poussière de schiste !

Au bas du dernier champ en bord de route se trouve un fortin juste au bord de la route et quelqu’un (qui ? pourquoi ?) y a dressé une grosse croix faite de deux troncs d’arbre. Tout au bout de la rue et donc de la localité, sur un petit terre-plein, Ernest Lassine a installé sa roulotte et son dépôt de ferraille et de vieilles voitures. Il y a de la brouille dans la famille comme l’indique l’avis affiché « Ce n’est pas la même maison d’en face » (sic). En bord de route, un tuyau débite une eau claire et abondante de façon continue. C’est la trûtchète qui évacue le trop plein d’une ancienne galerie de carrière. On va encore parfois y chercher des cruches d’eau mais elle sert surtout à laver les voitures.

Plus loin, voici le défilé majestueux de ma Fosse-Roulette.


2ème partie : le côté droit de la rue

Après la belle maison de chez Robertfoid dans son parc arboré, la maison Winand-Martin fournit tout ce qu’il faut aux dames et dans le même immeuble, Jacques Winand propose tous les travaux d’imprimerie et édite le journal Le Pays de Salm.

Les établissements Payon gérés par Marcel Payon et son fils Gustave vendent des charbons et des aliments pour le bétail. Une bascule permet de peser tout camion avant et après déchargement.



La Place du Tram est le terminus de la ligne Lierneux-Vielsalm depuis que les voies dans la localité ne sont plus utilisables en raison des dégâts causés par la guerre. Juste à côté, le dépôt de matériaux de l’entrepreneur Englebert.

Sur la route vers la gare, on trouve d’abord l’épicerie tenue par la veuve d’Odon Jeunejean. Le drame du Côreû est encore tout récent mais ce n’est que bien plus tard que j’en aurai vraiment connaissance. Lucienne est secondée par son père Lucien Ruche, un homme calme et tranquille qui, en outre, effectue des travaux de jardinage dans plusieurs propriétés de la localité. Passé le pont sur le Glain que, ignorants des dérangeantes fantaisies de l’hydrographie locale, nous appellerons encore longtemps La Salm, nous voici chez Carle : café, hôtel, restaurant. Eugène, après avoir été employé à la chasse à courre fait le taxi au volant de ses Ford successives. En face, seul bâtiment à droite sur cette portion de rue, l’ancien relais des malles-poste avec ses caves sur deux étages est occupé par la famille Jacques : Maria épouse Benoît, René, handicapé profond, Clémence et Arthur à la démarche zigzagante et saccadée.

Et là devant nous, LA gare où règne une activité incroyable. En aval un vaste quai de découpe de bois chargés directement sur les wagons du chemin de fer à destination des mines de charbon. En amont, l’entrepôt des colis d’où partent chaque jour plusieurs camions dont le Hanomag de Henri Malchaire de Ville-du-Bois et puis une aire de chargement et déchargement des marchandises avec de part et d’autre deux voie ferrées réservées à cet effet. En outre, on y trouve une rampe de chargement pour les véhicules militaires, chars, jeeps et half-tracks utilisés à la caserne. Chaque matin, une locomotive procède aux « manœuvres » : elle répartit les wagons amenant les marchandises pour permettre leur transbordement sur les camions et constitue un convoi avec ceux expédiant d’autres marchandises vers des destinations parfois lointaines. Lors des grèves de 1960, de nombreux wagons restèrent bloqués là et devinrent le temps que l’activité reprenne un terrain de jeu nouveau donc intéressant : nouveau pâturage ravit le baudet !

Demi tour.
Après le café de Clémentine Lugens, bières Haecht, où viendront plus tard Yvon et Jeanne Meurice, voici les grands magasins du Centenaire, a mon Djan Hinri : Jean, avec sa maman Clarisse et souvent la servante Rosa venue des cantons de l’Est vend épicerie, articles de ménage, papiers peints et couleurs au rez- de -chaussée, de la vaisselle en tout genre au sous-sol, des jouets au premier et des valises au second. A l’approche de la saint Nicolas nous pouvions aller nous « documenter » au premier qui était alors particulièrement bien fourni. Le papa Joseph et le fils José, eux, s’occupent de la quincaillerie, des poêles et de l’outillage.

Passé la route vers Rencheux, les commerces deviennent plus rares au profit des maisons d’habitation.

Omer et Anna Richelle sont au service de chez Cottin. Ils ont deux filles : Raymonde et Jacqueline.

Lucie Cottin qui avait épousé Marcel Close était une femme instruite et je pense qu’elle sera la première femme à siéger au Conseil communal. Ses parents Victor Cottin et Jane Delsinne habitèrent un temps avec elle.

René Cottin est incontestablement le plus gros commerçant du quartier ; c’est même un industriel car il possède aussi une usine à Chokier en bord de Meuse. Au service de son épouse et de leur quatre enfants, il y a une servante, Gerda, venant elle aussi des cantons de l’Est.

André Jeunejean continue le commerce de son père Arnold qui, lui, était plutôt fabricant et expédiait des machines agricoles jusqu’au Congo, comme en témoigne une carte postale. Lui se limite à des essoreuses, lessiveuses, réchauds à gaz, petit matériel pour les agriculteurs. Deux filles Myriam et Nadine que je n’ai jamais revues.

A côté, chez désiré Nizette, la fille Suzanne, couturière, a épousé Armand Lesage qui travaille « au téléphone ». Quand il revient en moto, leur chienne lui fait chaque jour un accueil long et bondissant. Le frère Albert, aussi érudit autodidacte que misanthrope, a élu domicile dans la cave qui sent toujours son savon à barbe ! Suzanne, devenue veuve, sera une des premières dans le quartier sinon la première, à posséder la télévision et elle nous invite souvent à aller voir certaines émissions.

Gilbert Brasseur est mon coiffeur : il a son salon chez ses parents Georges et Marie. On y trouve aussi des cannes à pêche et même des carabines. C’est donc aussi le rendez-vous des chasseurs et des pêcheurs.

Le gros Edouard Triolet est son voisin. Tellement gros qu’il profite de ce que mon père vend un veau ou un cochon qu’il faut peser sur la bascule pour vérifier son poids. Sa fille, veuve, s’est remariée avec Maurice Rouxhet de Stavelot. L’épouse de ce dernier et leurs quatre enfants de 7 à 14 ans ont été assassinés le 19 décembre 1944 par les Nazis lors des tueries de Stavelot. Pas étonnant que Maurice ne rit pas tous les jours. C’est à lui que je dois mon baptême de l’air ; il volait en effet à partir de Spa et de Verviers.

François Triolet avait épousé une brave flamande, Léonie ; ils hébergèrent les parents de celle-ci devenus vieux mais ne connaissant malheureusement pas un mot de français. François se déplaçait toujours avec son vélo, car il avait des difficultés pour marcher, et son chien ; celui-ci sera un jour attrapé et tué par la voiture d’un jeune instituteur, Joseph D. juste avant le pont du chemin de fer et presque sous mes yeux.

Et nous voilà à ma maison natale. Je suis le premier enfant de Marcel Nizet et de Marie-José Jeunejean. Une sœur et un frère viendront ensuite. Mon père est fermier, a une bonne douzaine de vaches, un cheval, quelques veaux, un temps des cochons. Ma vieille Nénenne Mélanie Lansival vit avec nous. Une de ses occupations est de servir le lait à une douzaine de clients quotidiens : une chaise basse est installée dans le corridor ; dessus un litre et un demi-litre pour l’appoint.
Ici, j’entends le roulement du tram qui, quatre à six fois par jour, rythme notre activité, là-haut aux carrières le bruit de l’armure sciant les blocs de schiste et celui des wagonnets déversant les déchets sur les vèrdôs , à l’arrière les innombrables trains de marchandises transportant quotidiennement le coke vers le Grand-Duché et tirés par deux énormes machines à vapeur, plus tard des Diesel, l’incessant bruissement de la grande eau, l’êwe du Sâm, qui s’intensifie deux fois par jour lorsque Cierreux lâche. J’ai rédigé à l’intention de mes filles une longue description de notre maison et de notre vie au long des jours.

Quelle belle époque ! Et pourtant…

Mes yeux s’embuent. Une larme perle, roule et s’écrase sur mon clavier…

Il convient de signaler une particularité de la plupart de ces dernières habitations : elles ont presque toutes un banc sur le trottoir ; on l’occupe tard le soir en été ou les dimanches après-midi pour regarder le spectacle de la rue, car c’en est un. Simple et naïf passe-temps d’une époque révolue.

Nos premiers voisins à droite sont Aloys et Zoé Schonne et leurs trois filles. Je suis en conflit permanent avec Zoé et traquer ses poules est un de mes passe-temps préférés : ça me vaudra une fois la visite des gendarmes !

Le greffier Bozet est passionné de photographie : il a réussi un très beau cliché de sa fille Chantal en train de m’embrasser. Nous avons 5 ou 6 ans…

Vient ensuite Pierre Clause, menuisier, charpentier, charron avec sa deuxième épouse Thérèse et son fils, le grand Maurice, notre meilleur voisin : toujours là pour rendre service, faire plaisir..., et s’engueuler avec mon papa à propos de football ou de coureurs cyclistes.

Chez Magotiaux : encore un petit magasin tenu par Léonie. Son mari Victor est un personnage peu commun. Il ne tolère pas, par exemple, que nous jouions derrière chez lui, dans l’eau des carrières, petit ruisseau charriant de la poussière de schiste où nous créons un réseau de canaux et de barrages avant qu’il ne se jette dans la rivière.

Après chez Lengler qui seront remplacés par la famille (nombreuse) Laurent, voici la maison basse de chez Lesenfants. Edouard Lesenfants qui ne manqua pas d’aller voir au Casino (ou était-ce déjà au Lido ?) le film Les enfants d’Edouard ! Son fils Gilbert deviendra notre instituteur.

René André dit Tchanmathî est transporteur routier et possède un des premiers camions Mercédes d’après-guerre avec lequel il parcourra plus de 800.000 km. De ce fait, il reçoit une revue de la firme dont il me fait cadeau.

Le dépôt de vieux fers et vieilles voitures de Louis Lassine est assez impressionnant et cache presque les roulottes dans lesquelles habite sa nombreuse famille. Nous allions souvent lui vendre des vieux fers que, sans vergogne, nous allions rechercher par derrière ou alors nous posions négligemment le pied sur la bascule lors de la pesée. Une fille, Mariette, construit une petite maison qui sera plus tard achetée et rehaussée par Raymond Parmentier. Le fils de celle-ci, Jeannot, se tuera en vélomoteur du côté de Gouvy tandis que son cousin Alex sera une des quatre victimes de l’accident au bout de la ligne droite de La Bedinne dans la Neckar d’Eric Dupré.

La dernière maison est celle d’Aline triolet dont le mari a été tué pendant la guerre par une balle (allemande, je présume) juste à côté de notre maison. Elle-même sera victime d’une explosion de gaz. Elle a deux enfants : Edouard et Fernande.

Derrière chez elle une passerelle sur la rivière permet de rejoindre la route de Rencheux près du pont du chemin de fer. Là se trouve une cabine de signalisation où travaille souvent Maurice Clause et un quai de découpe du bois où nous jouons souvent. Je sens la bonne odeur de la résine de sapin.



Passé le Pont des Perches, deux habitations adossées : chez Bastin, Jules (maçon) et Irma ( employée « au téléphone » dans le même immeuble que la poste dans la rue du Général Jacques) et chez Emile Lallemand. Devant ces maisons, un immense garage de chez Cottin où est entreposé du fourrage. Nous y jouons souvent à l’insu des propriétaires mais nous en sommes parfois délogés par Aloys.

Derrière les magasins Lallemand, un passage est le vestige de l’ancien chemin venant de Vielsalm et se dirigeant vers Salmchâteau par le gué du Pont des perches. Cela, je ne le saurai que bien plus tard. Pour le moment le passé de la localité n’est pas une préoccupation. Dommage car j’aurais appris des choses qui m’ont échappé à tout jamais. Il y a là une habitation occupée un temps par la famille Billiet puis par la famille Labarbe-Barbette ; Marcel faisait saint Nicolas pour le quartier. Par une gripette courte mais abrupte entre chez Lugens et chez Jeunejean nous revenons sur la place.

Ici se termine cette évocation du quartier de la gare de mon enfance et j’aurais pu être bien plus long; je l’ai quitté depuis trente-cinq ans mais, on l’aura compris, une partie de moi-même y est restée. Tout cela a bien changé. Est-ce en mieux ? Est-ce en moins bien ? Presque toutes les personnes citées nous ont quittés. Ne restent des vrais de la gare encore sur place que ( sauf erreur de ma part) Gilbert Lesenfants, Nicole Triolet, Guy et Odette Cottin, Freddy Lallemand, Anne-Michèle Delvaux, Jacquelmine Carle, Jacqueline Winand ; ajoutons-y le notaire Cottin : ce n’est pas pour cinquante mètres ! Enfin, il me plaît de citer Odon et Jean-Claude qui sont restés eux aussi dans la localité et avec lesquels j’échange souvent des souvenirs de la gare. Puissions-nous le faire encore longtemps.

RN / ronizetvielsalm (signe habituel)hotmail.com

vendredi 6 novembre 2009

Burtonville.

SOMMAIRE :


1. Origine de la localité.
2. La population.
3. Les chefs de ménage.
4. Personnages divers.
5. La chapelle. Les desservants.
6. Le presbytère.
7. Deux anciennes fermes importantes.
8. Petites industries.
9. L’enseignement.
10. Faits divers.
11. Les noms de lieux.


1. Origine de la localité

Burtonville n'est pas cité aux dénombrements de 1472, 1495, 1501, 1525, 1561.
Il est mentionné à celui de 1575, et avec cette remarque : « Burtonville qui sont maisons nouvellement érigées ».
Ces faits portent à admettre que la localité est née dans la deuxième moitié du XVIe siècle.
Le village est né au passage de deux voies fort fréquentées jusqu'à la moitié du siècle dernier. L'une descend vers Sart Hennard et Petit-Thier ; elle conduisait à Stavelot et Malmedy, presque en ligne droite, les habitants de Rogery, Ourthe, Bèche, Cierreux, Bovigny.

L'autre chemin, venant de Vielsalm et Salmchâteau, court vers la direction de Saint-Vith, et le langage local l'appelle toujour « vôye deu saint Vé ».
Une eau de bonne qualité abonde à ce croisement : une fontaine près de la maison Octave, et un ruisselet issu de Laguespré (aujourd'hui capté pour alimenter une grande partie de la commune de Vielsalm).
Rien d'étonnant donc que des habitations se soient établies à cet endroit de passage.
A l'autre extrémité du village, du côté de l'Ouest, de vieux bâtiments pourraient être du XVIIe siècle. Toutefois, l'approvisionnement de ce lieu en eau n'a pu se faire que par un bief artificiel, toujours visible, d'environ 500 m., amenant une partie de l'eau de Laguespré.
Le nom de la localité signifie, semble-t-il bien ; village de Burton. Ce dernier terme sera repris, à la fin du XVIe siècle, comme surnom de « Jehan marteau dicte Burthon », habitant et originaire de l'endroit. Nous pensons que ce terme « burton » est un nom de métier, celui de creuseur de « beur » (terme wallon local signifiant : galerie, fosse, excavation), ou y travailler, activité en rapport avec les fosses et galeries des environs créées pour l'extraction du schiste ardoisier notamment.

(Aux actes de la Cour de Salm (AESTH), on note: « Jehan dict Burthon leur frère » (des enfants Marteau), le 14.3.1579 ; et « Jehan marteau dict le burthon » (AESTH, Cour de Salm, 1614, 22.2., et 1579, 14.5., registres 4.117 V° et 16/53))

2. La population.

Divers dénombrements et recensements donnent 1e nombre de feux ou d'habitants de Burtonville, à diverses dates:

En 1575 : 7 ménages « qui sont maisons nouvellement érigées ».
En 1589 : 6 ménages.
En 1604 : 9 ménages.
En 1611 : 11 ménages.
En 1656 : 12 ménages.
En 1766 : 19 ménages et 97 habitants.
En 1846 : 43 ménages et 210 personnes.
En 1896 : 213 habitants.
En 1900 : 233 personnes.
En 1910 : 208 personnes.
En 1922 : 145 ; la frontière du pays, à l’Est, ayant été déplacée, les douaniers résidant à Burtonville ont quitté la localité avec leur famille.
En 1947 : 104 personnes.
En 1964 : 102 personnes.

(AELUX, Dénombrements de 1589, 1604, 1611, 1656 ; AGR, Dénombrements de 1575 et 1766 ; AC Vielsalm)



3. Les chefs de ménage.

En 1575 :

ISRAËL - Léonard QUELIN - Henry BLAISE - Léonard COLETTE - La vefve Léonard gros HENRY -Georges MARTEAU - Jean le BURTON - Total : 7 ménages.

(AGR, Chambre des comptes, 718)

En 1604 :

Jean LEONARD - Henry BLAISE - Jean FRANÇOISE - ISRAËL - Jean le Buisson - Henry le ROCQ - Jean LEONARD - Colla MIGEAU - Vefve Georges MARTEAU.

(AELUX, Archives du Gouvernement)



En 1611 :

Jean MARTEAU - Guilleaume Henri GERARD - Jean FRANÇOISE - La vefve Matthieu GERARD - ISRAËL - Léonard COLLETTE - La vefve Colla MIGAU - Jean LEONARD - Henry Jean BLAISE - Henry BLAISE.

(AELUX, Archives du Gouvernement)

En 1656 :

Henry Jean LEONARD - Jean CHRISTOPHE - Jean RENA - Jennon vefve du HOURY - Catherine vefve BLAES - Magdalaine vefve ISRAËL - Servais COUVELIER - Closs WILLEM - Henry le CUVELIER - Henry HOURY.

(AELUX, Archives du Gouvernement)

En 1766 :

COMTE Gérard, époux de ENGLEBERT Catherine. 9 personnes.
CUVELIER Servais, époux de LEJEUNE Marguerite. 7 pers.
GAYE Hubert. 9 personnes.
RENARD Elisabeth, veuve de BODEUX Jean-Henri, 3 pers.
ISRAEL Jean-Joseph, époux de SCHEUREN Anne-Gertrude. 5 pers.
CAHAY Jean-Joseph, époux de Burton Marie-Jeanne. 7 pers.
HOURY Noël, époux de COMTE Anne-Catherine. 6 pers.
RENARD Jean. 4 pers. veuf.
BLAISE Nicolas, époux de PITER Catherine. 4 pers.
CUVELIER Jeanne-Elisabeth, veuve de DEROCHETTE Jean-Henri. 4 p.
CLOSSE Jacques, époux de GERARD Marguerite. 2 pers.
LEBECQUE Henri, époux de Catherine. 6 pers.
JEUNEJEAN Jean, époux de COMTE Marie-Catherine. 10 pers.
WOZ Barthé1emey, époux de HOFFAY Marie-Elisabeth. 4 pers.
BURTON Guillaume. 4 pers.
SCHMITZ Jean, époux de WOZ Marie-Joseph. 5 pers.
NELIS Henri~Joseph, époux de RENARD Marie-Agnès. 4 pers.
RENARD Catherine. 2 pers.
COMTÉ Servais; vicaire. 2 pers.

(AGR, Comité pour le dénombrement du Luxembourg ; RP Salm, baptêmes et mariages).

En 1846 :

COLLIN Marie-Thérèse, 45 ans, veuve Henri-Joseph PAHAUT. 4 pers.
GOFFINET Henri-Joseph, vicaire, 26 ans. 4 personnes.
BURTON Jean, 42 ans, époux de Marie-Catherine ANDRIANNE, 43 ans. 5 personnes.
ERNOTTE Guillaume, 67 ans, époux de Marie-Catherine BRIANT, 53 ans. 5 pers.
FREDRICH Jean-Hubert, 46 ans, époux de JEUNEJEAN Marie-Catherine, 40 ans. 10 personnes.
SCHAUS Pierre, 49 ans, époux de THOMAS Marie-Jeanne, 46 ans. 5 personnes.
SCHMLTZ François-Joseph, cordonnier, 20 ans, époux de SCHAUS Marie-Catherine. 6 pers.
GABRIEL Jean-Pierre, 48 ans, veuf de BONTEMS Marie-Elisabeth. 4 personnes.
BONTEMS Guillaume-Joseph, 48 ans, époux de KLEIN Jeanne. 6 pers.
COUNSON François-Joseph, 37 ans.
GOFFINET Jean-Henri, 44 ans, époux de JEUNEJEAN Marie-Pétronille, 36 ans. 6 pers.
ZINNEN Nicolas, 70 ans, époux de SCHMITZ Marie-Catherine, 62 ans. 4 pers.
LABERGER Pascal, 69 ans, époux de HOURY Marie-Catherine, 66 ans. 4 pers.
COMTE Jean-Laurent, 52 ans, époux de LABERGER Marie-Anne, 37 ans. 6 pers.
COMTE Jean- Mathieu, 48 ans, époux de CUVEILLER Agnès, 38 ans. 5 personnes.
HOURY Jean-Henri, 40 ans, époux de SIMETTE Marie-Catherine, 35 ans. 6 personnes.
THOMAS Jean-Mathieu, 41 ans, époux de GREGOIRE Marie-Anne, 26 ans. 4 personnes.
HOURY Thérèse, 53 ans, veuve de Clément-Joseph CUVELLIEZ. 3 pers. DEROCHETTE Guillaume, veuf de BEAUPAIN Marguerite, 89 ans. 5 pers. BONTEMPS Pierre-Joseph, 53 ans, époux de BARTHELEMY Anne-Catherine. 8 pers.
BONTEMPS Antoine-Joseph, 38 ans, époux de BONTEMPS Marie-Thérèse. 7 pers.
BONTEMPS Anne-:Marie, 63 ans, veuve de LESAINT Jean-Antoine. 3 pers.
HOURY Jean-Henri, 64 ans, époux de DEPRELLE Marie-Catherine. 3 pers.
HOUPERTZ Nicolas, 42 ans, époux de HANTZEN Marie-Marguerite. 5 pers.
HOURY Michel, 2 ans, époux de COTTIN Catherine-Thérèse. 3 pers.
PAQUAY François, 49 ans, époux de LIGNOUL Marie-Joseph. 5 pers.
CAHAY Jean-Joseph, 25 ans, époux de RENARD Marie-Catherine, 4 pers.
TOUSSAINT Clément, 64 ans, veuf. 2 personnes.
CAHAY Jean-Henri, 44 ans, époux de JEUNEJEAN Madeleine. 5 pers.
RAULET Jean-Baptiste, brigadier-douanier, 35 ans, époux de GUYOT Jeanne-Marie. 5 pers.
DESOIS Théophile, sous-brigadier douanier, 27 ans, époux de GERIN Félicie. 4 pers.
DUBUISSON Henri-Joseph, douanier, 45 ans; époux de JADOT Marie-Thérèse. 6 pers.
LABERGER Nicolas, 44 ans, époux de ISRAEL Marie-Elisabeth. 4 pers.
GABRIEL Jean-Joseph, veuf. 5 pers.
SCHMITZ Jean-Joseph, 53 ans, veuf de CAHAY Marie-Elisabeth. 6 pers.
CAHAY Nicolas, 49 ans, époux de LEMAIRE Catherine. 3 pers.
ADAM Marie-Jeanne, 45 ans, veuve de JACQUEMIN Laurent. 3 pers.
HERMAN Henri-Joseph, 27 ans, époux de PIRARD Marie-Catherine. 5 pers
SCHMITZ Barthélemi, 37 ans, époux de GENGOLFS Catherine. 4 pers.
ANDRIANNE Clément-Joseph, 45 ans, époux de THEIS Catherine. 3 pers.
SCHAUS Thérèse, 65 ans, veuve de COMTE Joseph. 2 pers.
COMTE Louis, 56 ans, époux de RENTMEISTER Marie-Barbe. 5 pers.
LAMBERT Pierre-Joseph, 37 ans, célibataire. 5 pers.
GUILLAUME François-Alexandre, douanier, 32 ans; époux de KEMP Marie-Jeanne, 36 ans, 5 personnes.
COMTE Jean, 64 ans, époux de ISRAEL Anne-Marie, 59 ans. 4 pers.

(AC Vielsalm, Registre de population)

4. Personnages divers.

1655. Hommes capables de porter les armes.

Sevais COUVELIER, 45 ans
Henry COUVELIER , 42
Geore CHRISTOPHE, 19
Jean BLAESE, 25
Henry HOURY, 40
Englebert HOURY, 28

1805. Propriétaires fonciers.

Paul JEANPIERRE, 15,41
Jean HANSEN, 9,35
Nicilas COLLIN, 5,72
Barthélemy BONTEMS, 5,32
Guillaume DEROCHETTE, 25,20
Jean Henry HOURY, 6,23
Héritiers Jean SCHMITZ, 13,35
Henri François MELCHIOR, 6,5
Veuve Nicolas SCHMITZ, 12,95
Aubin SERVAIS, 2,19
Gengoux BONTEMS, 9,94
Jean JEUNEJEAN, 75,3
Nicolas BURTON, 5,37
Paul CAHAY, 8
Nicolas CORNESSE, 100,73
Veuve Jean COMTE, 30,25
Clément ANDRIANNE, 26,69
Jean LESAINT, 12,59
Guillaume ISRAEL, 7,8
Michel SCHMITZ, 1,61
Eustache BODEUX, 5,11
Mathieu BEAUPAIN, 30,10
Henri-Joseph RENARD, 11,92
Noël HOURY, 11,52
Gérard COMTE, 6,93
A. FAVRAY, 0,36
Burtonville, pour ses bois, 26,57

(AEL, Fonds français, 1816. Document du 7 floréal 13, extrait du rôIe foncier de la commune de Vielsalm. Les nombres sont en francs et centimes; ils sont ceux du montant de contribution foncière)



1809, 4 septembre.

HANZEN Jean, 54 ans
COLLIN Nicolas, 51
BONTEMS Jean Barthélemi, 22
DEROCHETTE Guillaume, 49
HOURY Jean-Henri, 29
COMTE Gérard, 54
BERGER Pascal, 34
SERVAIS Aubin, 59
SCHMITZ Michel, 46
BONTEMPS Gengoux, 48
JEUNEJEAN Nicolas, 46
THOMAS Mathieu, 39
CAhay Paul, 59 ans
GABRIEL Godfroid
GABRIEL Joseph
COMTE Joseph, 32
COMTE Jean-françois, 36
COMTE Jean, 26
SCHMITZ Jean, 34
LESAINT Jean-Joseph, 22
ISRAEL Guillaume , 52
BODEUX Eustache, 45
GENGOUX Jean-Joseph, 35
RENARD Henri-Joseph, 46

(AEL, Fonds français, 426)

Conseillers communaux :

Ont été conseillers de la commune de Vielsalm :
FREDRICH Jean-Hubert. De 1840 à son décès, le 27 septembre 1871, à 71 ans.
CLOTUCHE Louis. Né le 22 février 1843. Conseiller en 1876, puis réélu jusqu'à son décès le 16 octobre 1898. Echevin nommé par arrêté royal du 28 juin 1881.
DEROCHETTE Jean-Servais. Né le 24 novembre 1868. Succéda à CLOTUCHE, puis réélu en 1903.
RINCK Camille. Né le 12 juillet 1860. Elu le 15 octobre 1911.
COMTE Théophile. Né en 1879.

5. La chapelle.

Une première chapelle a été construite vers 1703.

(D. GUILLAUME, L'archidiaconé d'Ardenne, 1913. - Et notes de l'abbé Cél. GUILLAUME)

Son emplacement, le même que celui de l'édifice actuel, était contigu à la propriété de l"ancienne famille CUELIER, celle-ci fort aisée, et le premier desservant de la chapelle fut le fils Pierre CUVELIER. On peut dès lors, raisonnablement penser, de ces faits, que c'est la famille Cuvelier qui a cédé cet emplacement pour la construction de l'édifice religieux, à quelques pas de sa demeure.

(AC Vielsalm, Plans cadastraux)

Monseigneur LIBOY, évêque de Liège, vint la consacrer en 1714.

(D. GUILLAUME, L'archidiaconé d'Ardenne, 1913)

Elle a été démolie en 1878, pour permettre l'édification d'une nouvelle chapelle; la première avait donc vécu 175 ans. Moins grande en longueur, mais aussi large et haute à l'intérieur que la chapelle actuelle, elle avait un porche extérieur qui en garantissait l'entrée contre pluie et vent.
En 1878, devenue défectueuse, sans doute, elle fit place à une nouvelle construction. Pendant les travaux s'y rapportant, les offices eurent lieu dans la grange du presbytère, les hommes étant perchés sur le fenil, les femmes occupant l'aire. On y avait transporté l'autel d'aujourd'hui, mais sans son couronnement, de même que les bancs, des statues, et le banc de communion, qui servait de balustrade au fenil pour empêcher de tomber. L·unique cloche de la chapelle avait été suspendue à une branche de cerisier où on la mettait en branle pour lui permettre de remplir son office

(Souvenirs recueillis auprès de personnes âgées, et notes de Cél. GUILLAUME)

La nouvelle chapelle, l'actuelle, ne manque pas de beauté, étant bien proportionnée, de style dans toutes ses parties. Les murs sont en pierre d'arkose, extraite des environs , au lieu-dit « Les fosses » ; les encadrements des fenêtres et des portes sont en pierre blanche de France. Malheureusement, on ignore le nom de l'architecte : créateur des plans de l'édifice.
Le meuble le plus intéressant de la chapelle en est le magnifique autel. C'est l'autel de la première chapelle. Il est du maître-menuisier Thomas SCOLLE, de Saint-Vith.

(AELUX, requêtes au Conseil provincial, liasse 215. SHOLL effectua ces ouvrages à la demande de Jean CUVELIER, de Burtonville (requête du 4 mai 1720)).


Un tableau de bonne facture, représentant la résurrection du Christ, figure entre les colonnes à chapiteaux corinthiens surmontant la table d'autel.
Dans l'entablement de l’autel, une statue en bois, de saint Fiacre, patron de la chapelle. De chaque côté de l'autel, surmontant les portes de la sacristie, une statue de saint François d'Assise, du côté de l'Epître, et une statue de saint Ignace du côté de l'Evangile ; ces deux saints étant les patrons secondaires de la chapelle.
Autres statue s: dans le chœur, de Notre-Dame de Lourdes, et du Sacré-Cœur ; puis, à d'autres endroits, de saint Joseph, sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, saint Monon, et saint Donat.
L'Agneau symbolique de l'Apocalypse en cuivre doré, qui se trouve sur le devant de l'autel, y a été placé par l'abbé FRAITURE.
Le chemin de croix a été donné par la famille DHAENENS, de Saint-Nicolas-Waes, laquelle a des propriétés dans le voisinage.
Il a été bénit le 19 novembre 1911 par l'abbé HALLET, curé-doyen de Vielsalm.
Les cloches. une vient de la première chapelle. La seconde, « Marie », qui donne le mi-bémol, en haut, est une ancienne cloche de Ville-du-Bois et a été rachetée en 1884 quand on renouvela le clocher de Ville-du-Bois.

En 1930, l'autel de la chapelle et même la chapelle faillirent être la proie des flammes, par suite d'une imprudence des enfants de chœur. La partie endommagée de l'autel fut restaurée dans d'excellentes conditions par les frères Alfred et Louis OCTAVE, de Burtonville.


Les desservants de la chapelle.

Voici quels ont été les prêtres vicaires de résidence à Burtonville, et connus :

- CUVELIER Pierre, né en 1650 à Burtonville, fils de Henri et Catherine. Vicaire jusqu’à son décès le 7 octobre 1722.
- GERARDY Georges, cité en 1724.
- LATOUR Jean-François. 1735-1738.
- BILLIARD Nicolas. Cité en 1754. le 11 novembre 1754, signe le testament de Guillaume BAPTISTE de Neuville. (CS 1749-1763/316)
- COMTE Servais, cité au dénombrement de population de 1766. Né le 25 avril 1719, fils de Henri et de Catherine. Décédé le 26 juillet 1782 à Vielsalm.
- ISRAEL Jean-Henri, de Burtonville. Né le 7 janvier 1726, fils de Guillaume et d’Anne-Marie ENGLEBERT. Décédé le 5 août 1793.
- RAPHAEL Jean-Baptiste, de Vielsalm. Né le 1er septembre 1731, fils de Jean et de Barbe-Catherine. Décédé le 23 décembre 1802.
- BREYRE. Cité en 1804.
- MICHEL Bertrand-Joseph, de Neuville. Baptisé le 28 janvier 1755. Fils de Bertrand, et Jeanne-Thérèse DAIROMONT. Cité en 1804 et 1807. Décédé le 22 octobre 1807.
- GOFFINET Henri-Joseph, de Dochamps. Né en 1820. A Burtonville à partir de 1845.

La présence d’un vicaire à Burtonville a été interrompue à plus d’une reprise, notamment de 1880 à 1910.

- RASKIN. Jusqu’en 1880. Retraité à Soy-Fisenne.
- BAUREK Jean-Marie. Du 4 novembre 1910 à 1912. Né à Les Bulles. Parti à Gomery.
- AUBRY Alphonse. Né à Moircy le 28 octobre 1886. Décédé à Resteigne le 11 janvier 1973. A Burtonville de 1912 à fin 1918, puis curé à Neuville.
- SELECK Nicolas. Né à Odeigne. A Burtonville en 1924, parti à Chêne-al-Pierre.
- VERDAY Hubert. Né à Harre le 28 janvier 1893. Ordonné le 26 mars 1921. A Burtonville en 1924, puis à Courtil-Bovigny en 1925. Décédé à Moscou (URSS) le 3 septembre 1977.
- FRAITURE Servais. De Goronne. Parti à Rogery.
- GUILLAUME Célestin. Né à Courtil-Bovigny le 15 janvier 1868. A Burtonville de 1931 à son décès le 28 décembre 1944, à 9 h. du matin. Enterré à Courtil, mais d’abord en son potager, au cours de l’offensive des Ardennes.


6. Le presbytère.

La première chapelle, de 1703, occupait l’emplacement de la chapelle actuelle, et orientée comme elle.
(Notes de l’abbé Célestin GUILLAUME)

A côté, vers le Sud, était une maison vicariale ; vrasemblablement pour le moins aussi âgée que la chapelle, elle fut démolie en même temps que celle-ci, en vue de la construction d’une nouvelle chapelle en 1878.

(Plans cadastraux de la commune de Vielsalm)

toutefois, peu auparavant, le desservant local avait pu disposer d’une autre maison vicariale, nouvellement construite, et certainement plus confortable.

Celle-ci était le résultat d’une donation à la Fabrique d’église, par Henri-Joseph BONTEMPS, originaire de Burtonville, curé de Xhoris, et selon son testament du 2 octobre 1871.

(Acte notaire LEURQUIN, de Liège. Donation approuvée par arrêté royal du 20 avril 1873, et comportant d’autres biens immobliliers que la maison vicariale, et à charge de célébration de messes (RP Vielsalm). Henri-Joseph BONTEMPS était né à Burtonville le 28 février 1796. Etait fils de Barthélemy BONTEMPS et Marie-Catherine HOURY.)

Avant la destruction du premier presbytère et lors de la construction de la chapelle actuelle, on célébra les offices durant quelque temps, dans la grange, les hommes perchés sur le fenil, les femmes occupant l’aire.

Comme on peut le constater actuellement encore, le presbytère actuel, tout en restant proche de la chapelle, s’en écarte toutefois un peu ; il n’a donc pas été construit sur l’emplacement de l’ancien.

Après le décès de l’abbé Célestin GUILLAUME, dernier desservant, le 28 décembre 1944, le bâtiment est resté longtemps inoccupé, ayant d’ailleurs été endommagé lors de l’Offensive des Ardennes, puis, finalement, il a été vendu publiquement avec le terrain d’aisance, le 10 novembre 1972, pour 365 000 frs., à Mr. CHOQUE.

7. Deux anciennes fermes importantes.

Deux groupes de bâtiments importants d’exploitation agricole sont à remarquer à Burtonville : celui qu’occupe la famille BAILLY, et celui de la ferme ANTOINE.

Le premier montre, sur le mur longeant le chemin, une pierre portant la date de 1765.

En 1766, y habite « Jean Jeune Jean senior, marchand ». Il est, à ce moment, propriétaire d’un bien important. Originaire de Ville-du-Bois, né le 18 mars 1709 (fils de Paul et Anne REMACLE), il a épousé, le 3 août 1738, Marie-Catherine COMTE, de Burtonville, originaire d’une autre maison de Burtonville (née le 21.2.1712, fille de Jean, et Catherine CUVELIER). D’autre part, la date de 1765 figure en évidence sur une pierre du bâtiment. Ces faits permettent d’en déduire, sans doute, que JEUNEJEAN aura été le constructeur du bâtiment et peut-être sur un bien de la famille COMTE.

(AEA, Cadastre de Marie-Thérèse, tabelle 11 de Burtonville)

Après lui (décédé le 5 mars 1777), selon des souvenirs de famille et des sources documentaires, le bien est resté longtemps dans sa descendance. D’abord lui a succédé son fils prénommé Jean également (1739 – 1819), marié le 21.11.1764 à Marie-Catherine MIGEAL, puis le fils de ceux-ci, Jean-Nicolas (1765 – 1830), époux de Elisabeth SCHNEIDERS ; puis les deux filles de ces derniers, qui se partagèrent l’immeuble pour en faire deux demeures : Anne-Catherine (épouse de François-Joseph DANTINE), et Marie-Catherine (épouse de Jean-Hubert FREDRICH).

La part d’Anne-Catherine a été vendue par les enfants de la propriétaire, le 28 janvier 1845, ce à Jean-Aubin MICHEL, de Stavelot, pour 4 660 frs, puis est passée plus tard en d’autres mains.

(Acte du notaire DENIS, Vielsalm)

la part de Marie-Catherine, la principale, est restée dans sa descendance jusqu’aux environs de 1950, et a été achetée par l’occupant actuel, BAILLY Jacques-Joseph, auparavant à Christine PONCELET.

L’autre bâtiment important de Burtonville est celui qu’occupe actuellement le fermier ANTOINE, locataire.

Au début du XVIIe siècle, s’établirent, à Burtonville, les frères Servais et Henri CUVELIER, originaires de Ville-du-Bois, nés respectivement en 1610 et 1613. (Ils ont respectivement 45 et 42 ans en 1655 (AEA, Hommes capables de porter les armes).
Défricheurs et travailleurs, sans doute, ils arrivèrent à constituer un bien immobilier d’importance, effectuant même la fabrication et le transport de « potasse ».

(AEA, Dénombrement de 1656)

Petits-enfants de Servais, et enfants de Jean et Catherine, Jean (1668 – 1742), Catherine (1666 – 1749) et Eve ( 1679 – 1743) se partagèrent la succession de leurs parents en 1713.

(AELUX, Cons. prov. Requête du 4.2.1719, liasse 211)

Catherine, épouse CORNESSE, de Stavelot, eut la moitié des biens, et le reste finit par aller à Eve, puis de celle-ci, célibataire, à son filleul Nicolas-Jacques CORNESSE (né en 1706) de Stavelot, puis à un fils de ce dernier, c’est-à-dire Nicolas-Denis CORNESSE.

En 1766, la propriété CORNESSE à Burtonville comprenait notamment environ 15 hectares de terres labourables et 12 de prairies. Elle était louée à un censier pour 130 écus annuels.

(AEA, Cadastre de Marie-Thérèse, tabelle 15 de Burtonville)

Le 10 avril 1810, Nicolas CORNESSE était encore propriétaire à Burtonville, puisque à cette date il est repris comme tel à une liste de contribuables de Burtonville, et avec sa cote d’imposition qui était la plus forte de celles qui frappaient les habitants de Burtonville.

(AEL, Fonds français, liasse 1191)

Vers 1820, acheta le bien Jean-Baptiste BURNAY, de Courtil-Bovigny, mais établi à Lisbonne (Portugal). Son beau-père, Mathieu BEAUPAIN, de Cierreux, assurait la gérance du bien., le louant, le 2 novembre 1823, à Godefrin MARQUET, de Rogery, pour 219,24 florins annuels. Bail renouvelé le 16 janvier 1833, moyennant 464 frs. Par an.

(Acte notaire Pierre-Joseph JACQUES, Vielsalm)

En 1835, apparaît Charles NIELLON, général français retraité à Bruxelles. Il loue la ferme pour trois ans, à raison de 600 frs. Par an. Le 24 décembre 1836, il achète le bien pour 21 164 frs. Fin 1840 déjà, la propriété de NIELLON était à vendre, par expropriation forcée.

(Journal L’écho du Luxembourg, du 2 décembre 1840, qui donne le détail des immeubles à vendre)

Acheteur : Toussaint-Joseph LAMBERT, de Hourt-Grand-Halleux, ingénieur à Gand.

(On le retrouve comme propriétaire à L’Atlas des chemins vicinaux, de Vielsalm, de 1844 (au secr. Comm. de Vielsalm))

Nouvelle vente en 1862, ce à Théodore PETY de THOSEE, président de la Cour d’appel de Liège ; il dirigeait alors lui-même, durant quelque temps, l’exploitation de la ferme.

(Archives du cadastre, Vielsalm)

En 1871, devient propriétaire, Adèle, fille de Th. PETY de THOSEE, épouse Adolphe MAILLET, d’Avenailles, et décédée en 1879. Montant de la vente : 55 000 frs.

A. MAILLET-PETY étant décédé en 1879, la propriété passe à sa fille Catherine-Julia, chanoinesse au monastère de Berlaymont. Le 25 mars 1889, cette dernière vend le bien, pour 55 000 frs. A Marie-Catherine ARRASSE (1838 – 1897), épouse TOUBON Jean-François, de Menil-Arbrefontaine.

(Archives de l’Enregistrement, Vielsalm)

La descendance de M.C. ARRASSE est toujours, actuellement, propriétaire du bien, en la personne de Mme DUSSART-GEORIS, de Vielsalm.

N.B. Sur cet immeuble, voir aussi G. REMACLE, Les destinées d’une vieille ferme, à Burtonville, dans Ardenne et Famenne, 1966, n°4.

8. Petites industries.

Le recensement des manufactures en Luxembourg, de 1766, note la présence à Burtonville d’une fabrique de potasschen (à l’aide de cendres de bois), depuis 1756.

Une seule personne, mais dont on ignore le nom, s’en occupait.

La production en était de 25 000 livres, annuellement, évaluée à 420 florins ; elle s’écoulait en Brabant, en Flandre, par transporteurs et attelages.

(AGR, Conseil des Finances, n°6439)


Brasserie. Les souvenirs ont rappelé la présence, près de la ferme ANTOINE actuelle, d’un petit bâtiment pourvu d’un ancien matériel de brasserie.
De fait, Jean CUVELIER, qui habitait l’endroit à ce moment, à fourni, en février 1687, « une tonne de bière » au curé de Salm, pour paiement à l’occasion d’un décès, de « Henri le Houri » de Burtonville.

(RP Salm, décès)

Tannerie. Le recensement des manufactures, de 1766, signale l’existence à Burtonville, depuis 1753, d’une petite tannerie, dépendant du propriétaire à ce moment – c’est-à-dire Nicolas CORNESSE, de Stavelot – de la ferme ANTOINE actuelle.

(AGR, Conseil des Finances, n°6439)

En fait, selon des documents de l’époque et certains souvenirs, le travail des cuirs, qui avait besoin d’eau, se faisait à Beaufays en des bâtiments aujourd’hui démolis et que nous avons encore vus, près de la maison TALBOT.

En 1766, la tannerie occupait 16 cuves, et tannait annuellement 6 000 livres de cuir à semelles, évaluées à 3 000 florins. Les cuirs finis étaient entreposés à Burtonville même, dans un bâtiment qui subsiste encore, en face de la ferme ANTOINE ; et, dit le document de 1766, le débit s’en faisait « partie à Francfort et partie en France » ; le transport vers ces endroits devait se faire nécessairement par attelage de chevaux.

Un moulin à tan, à moudre les écorces de chênes, se trouvait en amont de la tannerie, et depuis 1753 également. Il payait annuellement 2 florins 2 sols au comte de Salm pour le coup d’eau .
(D’après notamment document AGR, Conseil des Finances, n°6.139)

A la fin du siècle suivant, le petit bâtiment de ce moulin a été agrandi et transformé en maison d’habitation. La mouture des écorces s’est alors effectuée près de la tannerie, l’établissement d’un moulin à tan y ayant été autorisée par le Conseil communal le 22 avril 1889.

Vers 1815, la famille CORNESSE vendit ses biens de Burtonville et environs à Jean-Baptiste BURNAY, de Bovigny, gendre de Mathieu BEAUPAIN qui, de Burtonville, venait de s’établir à Cierreux. Pau après, l’existence d’une tannerie, sous le nom « d’usine » est bien signalée à Beaufays en 1839 déjà, et appartenant à la famille BEAUPAIN ; celle-ci l’exploitait encore en 1917, mais elle cessera son activité peu après.

(Des fournitures d’écorces de chêne pour fabrication de tan ont encore été effectuées en 1917 par des personnes de Ville-du-Bois et que nous avons vues travailler à l’écorçage des chênes. La tannerie payait les écorces à 11 frs les 100 kgs, à ce moment-là. Le dernier ouvrier tanneur à Beaufays a été Henri-Joseph REMACLE (né en 1859) de Ville-du-Bois.)

Les environs de Burtonville, à l’Est et au Sud, et jusque dans la partie boisée vers Beaufays, sont parsemés d’une quantité de blocs d’arkose.

Parmi eux, nous avons découvert un grand nombre, plus de septante, de meules de moulin circulaires, en arkose, à différents degrés d’achèvement, ainsi que bien des déchets du travail de taille de pierres qui ont été probablement enlevées après achèvement. Vu leur type et leurs dimensions, ces pierres ne peuvent que se rapporter à une industrie des premiers siècles de notre ère.

Dans la même région, nous avons trouvé également, gisant sur le sol, quelques petites meules ovoïdes, de même nature, et de type préhistorique.

(Cfr. G. REMACLE, Les meules en arkose de la région de Salm, dans Ardenne et Famenne, 1960)

Les hommes qui ont taillé ces pierres, en quantité, devaient certainement avoir leur habitation non loin de leur travail. Etait-ce, du moins partiellement, au site devenu Burtonville ? On l’ignore.

La fabrication de « potasse » (potaschen) a aussi occupé autrefois quelques personnes de Burtonville.

Il s’agit d’un produit provenant de cendres de bois, dont le lessivage donne ces carbonates impurs, utilisés en savonnerie, chamoisage des peaux, blanchiment, etc.

Le dénombrement de 1656 note que « Servais Couvelier » de Burtonville est « faiseur de potasse ».

(AELUX)

En 1766, le rencensement des manufactures au comté de Salm note aussi, pour Burtonville, la fabrication de potaschen, depuis 1756, pour une quantité de 2 500 livres évaluées à 420 florins, et que le débit de ce produit s’en faisait en Brabant et en Flandre.

(AGR, Conseil des Finances, n°6.139)

Nous avons vu, venus de familles de Burtonville, plusieurs blocs de pierre dite « de Prüm », de nature sableuse, creusés en forme de réservoirs et qui, de tradition, servaient de dépôt pour la potaschen ; le plus grand portait la date de 1763.

9. L’enseignement.

C’est à partir de l’application de la loi scolaire du 23 septembre 1842 que Burtonville comporta une école primaire publique ; l’administration communale de Vielsalm la créa à ce moment, ainsi qu’en d’autres sections de la commune. Auparavant, l’école la plus proche de Burtonville était à Neuville, créée par l’Administration communale de Vielsalm pour Neuville et Burtonville, à partir du 1 décembre 1828.

Instituteur désigné : MICHEL Henri-Joseph, de Neuville (né le 4 octobre 1799), au traitement mensuel de 92 florins (environ 190 francs) dont il fallait déduire 10,97 florins pour bois de chauffage de l’école.

L’école devait se tenir à partir du 1er décembre (plus tard, à partir du 15 novembre) et jusqu’au 30 juin de l’année suivante. En été, les enfants qui le désiraient, pouvaient alors fréquenter l’école de Vielsalm qui, elle, était permanente sauf en septembre.

L’application de la loi organique de l’enseignement primaire, du 23 septembre 1842, modifia sans doute quelque peu la tenue de l’école. Comme dans les autres sections de la commune, il y eut désormais à Burtonville une école primaire permanente, et communale. Elle était mixte, et tenue par un instituteur.

Voici le nom des membres du personnel enseignant de Burtonville :

- COUTURIER Antoine, de Tavigny. Epousa, en 1846, 13 juillet, Marie-Thérèse SCHMITZ, de Burtonville, et devait donc, à ce moment, résider à Burtonville depuis quelque temps déjà. Démissionna en 1848, à l’âge de 24 ans.
- COLLIN Jean-Félix, de Tavigny. Né le 20 décembre 1824. Nommé le 28 février 1848. En fonctions jusqu’à septembre 1882. Avant sa nomination, il exerçait déjà depuis trois mois, ses fonctions, provisoirement. Epousa Catherine-Joseph GABRIEL, de Burtonville, le 10 octobre 1849.
- SERVAIS Jean-François-Adolphe, de Rettigny. Nomé le 15 septembre 1882. En fonctions jusqu’à fin 1903. Décédé à Petit-Thier.
- SERVAIS Gustave. Fils du précédent. Nommé le 18 février 1906. En fonctions à Burtonville jusqu’à 1920. En fonctions temporaire au début de 1905. Parti pour Géromont-Malmedy.
- SANTKIN Léopold, de Bèche. Nommé le 27 mars 1920. Démissionna en 1923, et nommé à Bèche le 1 juin 1923.
- GERARD Gabrielle, de Wanne. Intérimaire désignée le 7 juillet 1923.
- MALCHAIRE Firmin, de Neuville. Nommé le 20 octobre 1923. Transféré à Ville-du-Bois en 1937, l’école de Burtonvile étant supprimée.

La maison d’école a été bâtie vers 1850. Auparavant, et durant quelque temps, l’ancienne maison vicariale a servi d’école, ont rapporté des souvenirs de personnes âgées.

Le 18 janvier 1848, les habitants de Burtonville désirant faire construire une salle d’école et à leurs frais, demandèrent à l’administration communale de Vielsalm de pouvoir exploiter, au profit de la dite salle d’école, la coupe ordinaire de bruyères de 1847 se trouvant dans le Grand-Bois, sur la parcelle de la section, cette coupe n’ayant pas été exploitée.

(Les notes qui précèdent sont basées notamment sur des donées des archives communales de Vielsalm, et sur des informations recueillies par nous auprès de personnes âgées de Burtonville à l’époque, dont notamment l’abbé Cél. GUILLAUME, vicaire de l’endroit.)

10. Faits divers.

En 1766, le bétail agricole de Burtonville comportait, pour les 19 ménages de la localité : 20 chevaux, 124 bêtes à cornes, 240 moutons, 18 porcs.

(AGR. Comité pour le dénombrement du Luxembourg, n°86)

Après la construction de la voie du chemin de fer Saint-Vith-Vielsalm, en service actif de 1917 à 1940, une gare exista entre Burtonville et Beaufays, et dénommée de « Burtonville ».

Après la suppression du trafic ferroviaire, à partir du 10 mai 1940, des ponts sur la voie ayant été détruits ce jour, peu à peu les déprédations au bâtiment de la gare ont fini pa la démolir.

En février 1906, des voleurs s’étant introduits en la chapelle de Burtonville, ils y enlevèrent le contenu des troncs, comme ils le firent également à Neuville.

(Journal « L’Organe de Vielsalm », 11 février 1906)

Au cours de difficultés religieuses de la fin du XVIIIe siècle, sous le régime français, un prêtre, parent de la famille se cacha en la maison de Jean-Nicolas JEUNEJEAN, actuellement maison BAILLY. Il y occupait une pièce, fermée, dont l’accès était interdit aux serviteurs de la maison.
Mais une servante, curieuse, regarda par le trou de la serrure et vit, étonnée, le « priesse » lisant son bréviaire. Elle ne résista pas à l’envie de divulguer la chose ; le prêtre dut alors chercher une autre résidence.

Il s’agit vraisemblablement de l’abbé Jonas SCHNEIDERS, ou Jean-Jacques GRITTEN, respectivement cousin et oncle d’Elisabeth SCHNEIDERS, épouse de Jean-Nicolas JEUNEJEAN.

(Souvenirs de famille)

Des traces d’une maison subsistent au Sud de Burtonville, dans le bois des « Bouchons ». Aucun recensement n’en fait mention.

On peut penser qu’il s’agit de la demeure des « Jean des Buissons » et « Léonard des Buissons » son père, signalée plusieurs fois au début du XVIe siècle aux registres de la Cour de Salm.

(AESTH, Cour de Salm)

Le 19 février 1844, Jean-Hubert FREDRICH, de Burtonville, acheta, à Nicolas ENGLEBERT, cet endroit, « place d’un vieux bâtiment avec les décombres, ainsi que les terrains y annexés d’une contenance d’environ onze ares, pour le prix de vingt francs ».

(Acte notaire DENIS, Vielsalm)

Au début de 1905, une société d’agrément se constitua à Burtonville, sous le nom de « L’aurore ».
(Organe de Vielsalm, 15 janvier 1905)

Elle a fêté joyeusement son cinquantième anniversaire en juin 1956.
(Pays de Salm, 3 juin 1956)

Le canton de Saint-Vith, auparavant était du duché de Luxembourg, ayant été annexé à l’Allemagne après 1815, un service de douanes fut établi à la nouvelle frontière.

C’est ainsi que, plus tard, un poste de douaniers exista à Burtonville. Voici quelques noms d’agents de ce poste :

En 1846 :

LEPORCQ Isidore-Joseph, 36 ans, né à Pesches le 13.6.1816.
COUNSON François-Joseph, 37 ans. Entré en 1845. Né à Vaux de Bodeux en 1809.
RAULET Jean-Baptiste, 35 ans. De 1844 à 1848. Né à Saite-Cécile en 1809.
DESOIS Théophile, 36 ans. De 1836 à 1867. Né à Sart-la-Buissière le 22.9.1819.
DUBUISSON Henri-Joseph, 45 ans. De 1843 à 1848. Né à Bonsin.
GUILLAUME François-Alexandre, 32 ans. En 1842. Né à Chantemelle en 1810.

(Registre de population de Vielsalm)

Plus tard, on relève d’autres noms :

BIOT Hubert. Etait à Burtonville en 1893.
FOGUENNE Emile, en 1900.
MACHUROT Léopold, 1901.
PETIFRERE Gustave, 1903.
CHWINNEN Jean-Pierre, 1905.
LAMBERT Jules, 1908.
ROBERT Nicolas-Joseph. 1908.
SEVRIN Alphonse, 1911.
LACHENAL François, 1911.
NEYENS Joseph, 1914.
WINKIN Camille, 1915.
DERNIVOY Aimé, 1917.
KOOP Henri-Joseph, 1920.
HUBERT Alphonse, 1923.

Après la guerre de 1914-1918 et le déplacement de la frontière à l’Est, le poste de douaniers de Burtonville a été supprimé.

(Registre de fréquentation scolaire de Burtonville, qui donne le nom des parents dont les enfants fréquentaient l’école du lieu)

11. Les noms de lieux.

Beurtonvèye
O mayârt sârt
O grand prî
Drî lès rowales
O pachis
O l’acin
O l’raspaye
O l’bayâde
Divant l’bwès
Drî mon blâse
Tchan mitchî
Vôye dès grands prîs
Prî Dumont
Ozès longs sârts
Dizo l’fayi
O l’fagne
A bwès Vincent
Tère do sègneûr
Noû tchan
Dizo lès hèsses
Prî r’bâ
A mon Yanne
Ozès èreus
Prî Bosquèye
Vôye di Saint-Vé
Vôye di C’mansteur
Vôye di Rodj’rî
A laguès’prï
Drî lès rowales
O pachis
A mo Mitchî
Tchan grand Henri
Tchan dès cènes
A l crû tchan Pîre
Tchan Maintelette
A sainfoin
Prî do maire
Azès trôs d’sâvion

(D’après le langage local)


Gaston REMACLE

dimanche 13 septembre 2009

Le chemin de fer. (24)

(publié le ? )


C’est le 20 février 1867 que la voie du chemin de fer de Spa à Luxembourg, suivant le Glain de Trois-Ponts à Bovigny, fut livrée au service public. Auparavant, le train venant de Pepinster arrivait déjà à Spa, mais ne dépassait pas cette ville.
En 1885, la ligne de l’Amblève, de Trois-Ponts à Rivage rejoignit la ligne de l’Ourthe construite en 1866.





Les habitants de Vielsalm auraient voulu voir s’édifier la gare à l’emplacement de l’actuelle halte de Rencheux. Mais elle fut placée là où elle se trouve encore maintenant, afin de la rendre plus centrale pour tous les environs. Plus tard, le point d’arrêt de Salmchâteau fut établi à partir du 3 janvier 1895 ; celui de Rencheux à partir du 1er mai 1899.







Le tracé de la ligne fut terminé au début de 1863. Dès le mois de février, les travaux commencèrent. Il fallut détourner le Glain en amont de Trois-Ponts, avant de percer le tunnel qui mesure 330 mètres.

Fin août 1866, le bourgmestre de Vielsalm, Jean-Henri ROUCHE, de Salmchâteau, se rendit à Bruxelles afin de plaider en faveur de l’établissement de la gare là où elle se trouve maintenant. Il réussit dans sa tâche. Hélas ! Trois jours après son retour, le 5 septembre, il mourait du choléra contracté à Bruxelles.





En 1870, la France vaincue dut payer à l’Allemagne une indemnité de guerre de 5 milliards. C’est le 7 mai 1872 que Vielsalm et Grand-Halleux furent traversés par un convoi de trois wagons, chargés d’or et escortés par des militaires.

Gaston REMACLE